Dopage – Rugby – Joe Rokocoko apprend à ses dépens la confusion du mot stéroïde qui l’a fait passer dans les médias anglo-saxons pour un dopé aux anabolisants….

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l'equipe

[publié le 07 avril 2017]

Rappelons que le mot stéroïde pris isolément définit à la fois les glucocorticoïdes et les stéroïdes anabolisants aux effets diamétralement opposés. Cette méprise dommageable pour les sportifs provient en première ligne de l’ignorance des journalistes sportifs sur les médications de la performance.

 Le groupe des hormones stéroïdes comprend à la fois celles qui proviennent des glandes génitales et celles qui sont issues des glandes corticosurrénales. Les stéroïdes de ces deux organes sont formés à partir du cholestérol mais ont des effets totalement opposés.

 Stéroïdes à contresens

 Dans la pharmacopée, il existe deux types de stéroïdes : les corticoïdes ou glucocorticoïdes et les stéroïdes anabolisants.

En France, implicitement, le terme stéroïde est synonyme d’anabolisant. Afin de ne pas s’exposer à un contresens dommageable pour les sportifs, cet amalgame mérite d’être dénoncé.

CORTI

Dianabol : stéroïde anabolisant en comprimés (aujourd’hui retiré du marché)

Cortancyl : glucocorticoïde en comprimés

Deux stéroïdes : l’un est anabolisant, l’autre catabolisant

Régulièrement, dans la presse, on constate la confusion entre glucocorticoïdes (cortisol, cortisone, …) et stéroïdes anabolisants (testostérone, nandrolone, stanozolol, Turinabol®…) qui sont tous les deux des stéroïdes. Les premiers sont des anti-inflammatoires puissants qui bloquent un processus général réactionnel de tout ou partie de l’organisme à une agression, qu’elle soit chimique, physique (tendinite), bactérienne (angine) ou virale alors que les stéroïdes anabolisants agissent sur la croissance des tissus d’où le terme anabolisant (ils construisent le corps). Donc, leurs effets sont diamétralement opposés.

Rugby Mag : la revue fédérale ne publie aucune information sur le corps, le principal partenaire du joueur

Dans le dopage, on distingue :

  • les glucocorticoïdes, sont interdits uniquement en compétition et peuvent bénéficier d’une justification thérapeutique lorsqu’ils sont consommés par voie systémique (orale, sanguine, musculaire, rectale) ; les sanctions sont variables.
  • les stéroïdes anabolisants dont le chef de file est la testostérone (hormone mâle) sont prohibés pendant et hors compétition avec des sanctions non modulables.

Au final, lorsqu’on écrit  stéroïdes sans précision sur leurs fonctions, surtout à propos du dopage, on n’est pas très explicite sur la nature de la substance incriminée. D’où l’intérêt de préciser la famille du stéroïde – anabolisant ou corticoïde – impliquée dans tel ou tel cas de sportif contrôlé positif. C’est comme lors d’un commentaire radiophonique d’un match de rugby opposant le Racing 92 au RC Toulon si le journaliste parle des joueurs sans préciser à quel club ils appartiennent – en dehors des initiés – les auditeurs seront rapidement et complètement largués, ce qui les poussera à changer de fréquence.

On peut se demander à quoi sert Rugby Mag, la revue fédérale, qui ne comporte quasiment jamais des informations sur le corps, pourtant le principal partenaire du rugbyman !

La FFR devrait se préoccuper en priorité de la santé des licenciés en publiant des articles sur les blessures, la nutrition, la physiologie de l’effort, les médicaments, le dopage et non faire la guéguerre avec la Ligue nationale du rugby (LNR).

Y-a-t-il un capitaine à la fédé ?

STOP CORTICOIDES

POST-IT

Dans l’interview de Joe Rokocoko parue dans L’Equipe du 05 avril, figure deux autres bévues.

Ø  Lorsque le joueur du Racing 92 explique ‘’la différence entre infiltration de cortisone et la prise d’un anti-inflammatoire par voie orale, c’est le temps de gagné’’. C’est vrai mais il faut préciser la nature de l’anti-inflammatoire. Si c’est de la cortisone par voie orale, il n’y a pas de différence, en revanche si c’est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), l’injection locale agit plus vite.

Ø  ‘’Mais le gars qui fait ça [NDLR : se dope] ne pourra pas échapper au contrôle.’’ Visiblement Rokocoko n’a jamais entendu parler des substances indétectables, des AUT fictives, des masquants, etc.

 

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