maillot jaune
Tour de France – Le Maillot Jaune porté le premier jour de course par le lauréat de l’année précédente date de 1948 et la règle a été supprimée lors de l’édition 2004. Pourquoi ?
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Tour de France – La tunique d’or, une fabuleuse »drogue de la performance » … licite
Par défaut[publié le 05 juillet 2017]
19 juillet 1919 – « La première » en course…
Le maillot jaune
apparaît officiellement sur les épaules d’Eugène Christophe, le 19 juillet 1919 pendant la 11e étape Grenoble-Genève. Ce dernier raconte son entrevue avec Henri Desgrange, le créateur de la Grande Randonnée de juillet : « Vieux Gaulois, me dit-il – on m’appelait Vieux Gaulois à cause de mes grosses moustaches blondes qui retombaient – c’est toi qui porteras le maillot jaune pour la première fois. J’espère que tu le porteras jusqu’au bout. Au départ, qu’est ce j’ai pris ! Tout le monde me blaguait :
– Eh ! l’maillot jaune !
– Oh ! Qu’il est beau le canari !
– Dis donc ! Qu’est-ce qu’elle fait madame Cri-cri ?
A l’époque, la couleur jaune n’avait rien de très valorisant. C’était plutôt la couleur des traîtres et des maris trompés. Aujourd’hui, et depuis des décennies, la Casaque d’or a plutôt des effets positifs que négatifs sur le comportement en course de celui qui l’a acquis à la force des jarrets.
Comme tout ce qui rend fier, le Paletot emblématique stimule la sécrétion endogène des endorphines, substances à la fois euphorisantes et antalgiques.
Ni l’AMA, ni l’AFLD n’ont listé le maillot jaune comme substance illicite.

Eugène Christophe, tout premier porteur du maillot jaune en course le 1er juillet 1919 – Le Vieux Gaulois l’endossa au départ de la 11e étape Grenoble-Genève

Avec cinq Tours de France remportés et 111 tuniques jaunes, Eddy Merckx est le recordman absolu

Lance Armstrong et sa collection de sept maillots jaunes du Tour de France
En jaune pour l’éternité – Trois coureurs reposent dans leur tombe vêtus de leur maillot jaune :
Ø Eugène Christophe, 13 maillots jaunes lors des Tours 1919 et 1922
Ø Firmin Lambot, 5 maillots jaunes lors des Tours 1919 et 1922
Ø Marcel Dussault, 1 fois lors du Tour 1949 pendant la 2e étape
POST-IT
En 1919, le Belge Firmin Lambot fut le premier possesseur définitif du maillot jaune. Le Père Firmin conserva religieusement son trophée et, à sa mort, le 11 janvier 1964, on l’enterra avec cette relique sur laquelle était encore épinglé son dossard N° 45
Libres-échanges
Nous vous proposons quelques témoignages de cycliste convaincus de l’effet maillot jaune sur le rendement cycliste.
Joseph Bruyère (BEL), cycliste professionnel de 1970 à 1980 : « Le paletot jaune est le seul produit dopant qui passe au contrôle. », [Coups de Pédales, 1988, n° 9, septembre, p 12]
Robert Cazala (FRA), maillot jaune durant six jours sur le Tour de France 1959 – En 1959, il a tout donné pour que son aventure en jaune dure le plus longtemps possible : « Je me suis battu tous les jours, mais ça ne m’a pas semblé difficile. On est tellement heureux, on se surpasse. » [L’Equipe, 22.07.2015]
Dr Louis Delezenne (FRA), médecin du sport : « Le maillot jaune, c’est le meilleur des dopings. » [Méd. Éd. Phys. Sport, 1964, 38, n° 1, p 30]
Chris Froome (GBR), cycliste professionnel depuis 2007 : « J’étais en position de leader et le regard des gens avait changé, du fait que j’avais le maillot rouge (leader du Tour d’Espagne 2011). C’était vraiment agréable et cela me porta. Je me souvins qu’un maillot de leader, c’était plus que des contrats ou de l’argent. » [in « Mon ascension ». – Paris, éd. Solar, 2016. – 535 p (p 300)]

Le Maillot Jaune en 1949, en laine et en couleur, Paris-Match, 1949, n° 15, 02 juillet, p 17
Gustave Garrigou (FRA) (1884-1963), cycliste professionnel de 1907 à 1914, vainqueur du Tour de France 1911 : « Je vous assure que dès que je me sentis premier au classement général, cette situation me donna des ailes. » [NDLA : à son époque de pleine activité (six podiums sur le Tour), le maillot jaune n’existait pas] [VGA, 05.08.1911, p 526]
Jan Janssen (NED), cycliste professionnel de 1962 à 1972 et lauréat du Tour de France 1968 : « Là il y avait 53 km (dernière étape du TDF 1968). Au bout de 3 km, on m’avait indiqué mon avance de 15’’ sur Herman Van Springel, alors maillot jaune. J’entendais la foule hurler ‘Janssen maillot jaune’. Ça me motivait, c’est le meilleur des dopings, je comprenais qu’il se passait quelque chose, que j’étais en train de gagner le Tour. » [Vélo Légende, 1997, n° 2, nov.-déc.-janv., pp 8-9]
André Leducq (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939 et gagnant des Tours de France 1930 et 1932 : « Avec un maillot jaune sur le dos, je sentais mes forces décuplées. Mais si je commençais à rétrograder, j’avais tendance à laisser aller. » [in « Une fleur au guidon » (collaboration de Roger Bastide) .- Paris, éd. Presses de la Cité, 1978 .- 279 p (p 166)]
Pascal Simon (FRA), cycliste professionnel de 1979 à 1991 et porteur du maillot jaune de la 10e à la 16e étape lors du Tour 1983 : « Le seul fait de porter un maillot de leader vous permet d’avoir à valeur égale encore plus de ressources que vos adversaires. Mon épisode du Tour de France m’en a appris un bout sur la question. » [L’Equipe, 01.04.1985]
Tour de France – Georges Groussard n’est pas l’unique porteur du maillot jaune culminant à 1,59 m
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Dans L’Equipe du 4 juillet, on nous annonce que la route du Tour lors de la 3e étape Granville-Angers passe à Fougères (km 87,5), commune de Bretagne dans le département de l’Ile-et-Vilaine, où est né Georges Groussard, maillot jaune pendant neuf jours lors du Tour 1964.
Le quotidien sportif à propos du Petit Coq de Fougères (surnom de Georges Groussard) ajoute une précision sujette à contestation : « Le plus petit (1,59 m) maillot jaune du Tour ».

l’Equipe, 4 juillet 2016
Une fois de plus, on constate que les historiens de L’Equipe ont des archives pour le moins incomplètes. En dehors de Georges Groussard, trois autres coureurs ont porté la précieuse tunique alors que leurs tailles ne dépassaient pas 1,59 m. Ainsi le Français Jacques Marinelli, maillot jaune du Tour 1949 de la 4e à la 9e étape, mesurait 1,59 m tout comme Jean Robic (visite médicale du Tour 1959 : 1,58 m), lauréat du Tour 1947 mais porteur de la tunique de leader seulement le dernier jour sur le podium après l’arrivée au Parc des Princes.

Jacques Marinelli

Jean Robic après sa victoire dans le 34e Tour de France
Donc, il n’a pas porté le maillot jaune pendant ce Tour mais lors de la 11e étape de l’édition Tour 1954. On trouve également dans la confrérie des moins de 1,60 : l’Allemand Karl Künde qui portait le paletot doré pendant le Tour 1966 de la 12e à la 15e étape. Il culminait sous la toise à 1,59 m pour 50 kg. Il faut préciser que la taille varie avec l’heure de la visite médicale (début ou fin de journée) et après une activité sportive prolongée (1 à 2 cm de moins).

Tour 1966 : Karl Künde maillot jaune de 1,59 m

