Les podiums de l’athlétisme russe : corruption, dopage, racket…

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Depuis 1952 et leurs premiers Jeux olympiques à Helsinki, les Soviétiques (Russes depuis décembre 1993) n’ont qu’une idée fixe : remporter le plus de médailles possibles grâce à un « truc » d’avance sur toutes les autres nations, notamment les Etats-Unis.

1952 – « ARME SECRÈTE POUR HELSINKI » 

C’est le titre d’un article paru dans Sport Sélection de juillet 1952 qui ‘’détaille’’ sans beaucoup de précision la technique – l’électropneumatique – mise au point par les savants soviétiques pour amasser des médailles olympiques.

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1952-1967 – ATHLÈTES HERMAPHRODITES (FAUSSE FEMMES) 

En 1967, 60% des records féminin sont détenus par des ‘’hommes’’ ou des fausses femmes.

 HOLD UP

  • 1964 : vingt pour cent des médailles d’or étaient des Soviétiques hommes
  • 1967 : vingt pour cent des records du monde sont détenus par des soviétiques ‘’intersexués’’

1963-1964 – CHAMBRES D’ALTITUDE : UNE LONGUEUR D’AVANCE POUR LES ATHLÈTES ARBORANT L’EMBLEME DE LA FAUCILLE ET DU MARTEAU 

Afin de tenter de limiter « l’hypoxie motrice » inhérente à toute activité physique intense et prolongée, les Soviétiques avaient imaginé, dès le début des années 1960, d’utiliser – dans un but d’adaptation à l’effort physique accru – d’autres formes d’insuffisance d’oxygène, en particulier l’hypoxie respiratoire et l’expérience acquise par la physiologie de l’aviation confrontée à l’adaptation à l’insuffisance d’oxygène des pilotes. Ces considérations théoriques avaient déjà été confirmées par l’expérience acquise dans l’entraînement des coureurs de demi-fond et de fond, en altitude moyenne, où l’acclimatation à un air appauvri en oxygène allait de pair avec le développement de l’endurance spécifique des athlètes spécialistes de l’effort plus ou moins prolongé.

Dans l’optique des Jeux olympiques de 1968 devant se dérouler à Mexico (2 240 m), plusieurs pays organisèrent des stages d’entraînement en altitude. La France, dès 1965, s’installa à Font Romeu dans les Pyrénées Orientales (1850-2200 m). À cette époque, la seule préoccupation des spécialistes est de favoriser l’adaptation des athlètes à la diminution de la pression partielle en oxygène que l’on rencontre à Mexico. En revanche, les Russes voient plus loin et, compte tenu des données en leur possession, espèrent que l’insuffisance d’oxygène peut être un complément à l’entraînement sportif, accélérant et approfondissant le développement de l’adaptation à « l’hypoxie motrice » chez les coureurs d’endurance. Dans ce but, de mai 1963 à juin 1964 au centre de recherches de médecine sportive de l’Institut Central de recherches sportives, sous la direction des professeurs S. Letounov et D. Rosenblum, en collaboration avec les spécialistes chevronnés des questions d’hypoxie, ils sont passés aux « ascensions » systématiques et de courte durée à une altitude de 4 000 m en chambre barométrique. Quinze athlètes ont été observés. Ils avaient derrière eux 4 à 6 années d’entraînement régulier. Ces études ont permis de constater la bonne adaptation des coureurs à l’hypoxie respiratoire. Les observations de l’état de santé ont montré qu’ils commençaient à mieux supporter les charges d’entraînement. On a noté une meilleure résistante à la fatigue, un rétablissement plus rapide de la capacité de rendement, une respiration plus efficace pendant le travail physique et une surmotivation pour l’entraînement.

Pendant cette période, les performances des athlètes se sont constamment améliorées. Les meilleurs résultats obtenus en compétition l’ont été immédiatement après le cycle d’entraînement en chambre barométrique. Les entraîneurs émérites F. Vanine, A.Diessyat-Chikov et N. Popov, dont les « poulains » ont participé à l’expérience ont remarqué que ces derniers sur des distances allant du 800 au 5000 m amélioraient leurs temps de trois à vingt-quatre secondes.

1972 – LES STÉROÏDES ANABOLISANTS PRESCRITS PAR L’ÉTAT

L’Union Soviétique a effectué au début des années 70 dans le plus grand secret une large étude mesurant les effets de l’usage des anabolisants sur des athlètes, ouvrant la voie à un système de dopage d’Etat similaire à celui de l’ex-RDA, rapporte le Journal allemand de médecine sportive dans son dernier numéro de décembre 2002. L’article de cette revue mensuelle décrit par le menu le contenu d’une étude secrète de 39 pages menées par l’Institut de culture physique de Moscou et adressée en juillet 1972 à quelque 150 responsables scientifiques et sportifs tenus à la plu stricte confidentialité. Selon le professeur américain d’origine géorgienne Michael Kalinski, enseignant en médecine sportive à l’Université Ken State (Ohio) et auteur principal de l’article « l’importance de ce document encore jamais présenté en Occident réside dans le fait que, pour la première fois, preuve est faite que l’Etat a organisé et dirigé l’usage de stéroïdes anabolisants dans le sport ».

1976 – JO DE MONTREAL : LABORATOIRE SECRET

Les Soviétiques, dans le port de Montréal, mouillent un bateau dans lequel est installé un labo antidopage destiné à contrôler la délégation soviétique avant les joutes olympiques et vérifier ainsi qu’on écarte les sportifs qui n’ont pas encore éliminé toutes les traces de produits dopants.

1980 – UNE PLANTE MIRACLE : L’ELEUTHEROKOKK

Cette plante serait à l’origine des prouesses des athlètes soviétiques.

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1980 – JO DE MOSCOU : TOUS LES CONTRÔLES SONT NÉGATIFS

Pour Alexandre de Mérode, président de la Commission médicale du Comité international olympique (CIO), ce sont « les Jeux les plus propres de l’historie olympique ». Bel euphémisme lorsqu’on sait que ce sont les Soviétiques qui dirigent les opérations de contrôle.

1988 – JO DE SÉOUL : UN LABORATOIRE SECRET COMME A MONTREAL

Comme en 1976 à Montréal, un laboratoire secret officie en prévention pour les Soviétiques. Les athlètes ayant encore des traces de dopants dans leur liquide biologique sont écartés avant de fouler la piste.

1989 – L’URSS EXCLUE DE LA COUPE DU MONDE D’ATHLÉTISME

 L'URSS EXCLUE 

1996 – JO D’ATLANTA : LE BROMANTAN, L’ARME BIOLOGIQUE DES RUSSES

Bromantan, substance fabriquée par les Russes ayant à la fois une action stimulante et masquante alors qu’elle ne figure pas encore sur la liste rouge. Elle y sera incluse en janvier 1997. Commentaires de l’avocat suisse Jean-Philippe Rochat, membre du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) : « Lors des Jeux olympiques d’Atlanta, deux athlètes furent sanctionnés par le CIO pour avoir enfreint la règle 25.1.2.1. de la « Charte olympique ». Ces cas concernaient la prise de métandiénone et de stanozolol. Cependant, la Commission médicale du CIO fut secouée par la mise en évidence chez plusieurs athlètes d’une substance tout récemment détectable : le Bromantan. Cette substance était fabriquée depuis plusieurs années dans une usine soviétique à l’usage, d’après certaines déclarations, de l’armée, des cosmonautes et des athlètes de haut niveau. Par ailleurs, l’usine était fermée depuis six mois avant l’ouverture des Jeux. La substance n’était pas enregistrée comme médicament et n’existait donc pas officiellement. Les recherches pharmacologiques à son sujet n’étaient guère documentées et le laboratoire responsable était en vacances durant les Jeux. Il semble que cette substance puisse avoir un effet psychostimulant et possède un effet masquant sur les techniques usuelles. Le TAS accorda le bénéfice du doute aux athlètes incriminés mais interdit également l’usage de cette substance. Sept athlètes, un entraîneur et un médecin étaient concernés par l’usage du Bromantan »

[in « Trente ans de Commission médicale au Comité international olympique » par Albert Dirix et Xavier Sturbois . – Lausanne, éd. Comité international olympique, 1998. – 74 p (p 38)]

2010 – PRÉLÈVEMENTS : OBSTRUCTIONS ET SABOTAGES ORGANISES PAR L’ÉTAT 

« La Russie aurait massivement empêché des contrôleurs antidopage d’exercer correctement leurs activités sur son territoire selon un rapport confidentiel de l’agence mondiale antidopage que s’est procuré la 2e chaîne de télévision publique allemande (ZDF). Cette accusation qui repose sur des sources fiables arrive une semaine avant l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Vancouver. Jusqu’il y a récemment, les autorités russes auraient ainsi déployé un puissant arsenal pour gêner au maximum, voire saboter les contrôles d’athlètes figurant parmi les plus titrés du monde. Un membre de l’AMA au moins, aurait même été emprisonné. Le prélèvement des échantillons, leur transfert, les déplacements du personnel et du matériel de l’AMA auraient été contrecarrés par tous les moyens. David Howman, le secrétaire-général de l’organisme, n’a pas voulu commenter le rapport. Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO) a en revanche déclaré à ZDF que l’état russe avait commis des ‘’négligences’’ mais ne pouvait être accusé der ‘’dopage organisé’’. Les jeux d’hiver de 2014 doivent être organisés par la Russie à Sotchi. »[RTBF Sport, 05.02.2010]

 2014 – JO DE SOTCHI : GLISSER « PLEIN GAZ » GRÂCE AU XÉNON

 Selon un reportage de la chaîne de télévision allemande WDR diffusé lundi 24 février 2014, l’équipe olympique de Russie a utilisé « massivement » un gaz asphyxiant – le xénon – afin de stimuler la production endogène d’ÉPO, une hormone multipliant le nombre de globules rouges et par là-même augmentent le rendement des athlètes.

Comment ça marche ?

Le xénon est un gaz asphyxiant qui, dans un but de performance, s’utilise en inhalation (masque ou spray) comme pour les chambres d’altitude. Dans les deux cas, en créant une diminution de l’apport d’oxygène, le corps réagit en produisant plus d’ÉPO endogène (fabriquée par le sujet lui-même) qui, elle-même, va stimuler la moelle osseuse pour une fabrication supplémentaire de globules rouges.

Dans le sport, quelle que soit la spécialité mais surtout dans les épreuves d’endurance, un surplus de globules rouges peut s’avérer déterminant pour monter sur le podium. A ce sujet, rappelons le bilan des Jeux de Sotchi où les Russes arrivent nettement en tête avec 33 médailles dont 13 d’or et sept longueurs d’avance sur la Norvège qui pointe en seconde position ayant engrangé un total de 26 breloques. Selon The Economist, un hebdomadaire britannique relayé par la revue VO2 Mag, la technique d’introduction du xénon dans l’organisme se fait avec un masque permettant au sportif d’inhaler un mélange composé à parts égales d’oxygène et de xénon pendant quelques minutes avant de se coucher. La posologie recommandée par les spécialistes russes comprend trois inhalations par semaine. Les conclusions de leur apport sur le gaz xénon signalent à la fois son efficacité, son innocuité et son absence nominale dan la liste rouge des substances et méthodes prohibées : « Augmentation du niveau de performance et réduction du stress sur 97% des sujets traités. Aucun effet secondaire, ni aucune intolérance constatée. Ne peut pas être considéré comme dopant puisqu’en plus il ne figure pas sur la liste de l’Agence mondiale antidopage (AMA). »

La méthode est-elle prohibée ? 

Même si au moment des Jeux de Sotchi le xénon n’était pas listé en toutes lettres dans la nomenclature du Code mondial antidopage, par assimilation on devait considérer l’inhalation de ce gaz comme une « méthode manipulant le sang » (M1 du Code). Le xénon peut également trouver sa place dans la liste rouge au paragraphe SO substances non approuvées : « Toute substance pharmacologique non incluse dans une section de la liste de l’Agence mondiale et qui n’est pas actuellement approuvée pour une utilisation thérapeutique chez l’homme par une autorité gouvernementale réglementaire de la Santé (par ex. médicaments en développement préclinique ou clinique ou qui ne sont plus disponibles, médicaments à façon, substances approuvées seulement pour usage vétérinaire) est interdite en permanence. » (*)

Cependant, ce gaz rare, en agissant selon un mécanisme similaire à celui des chambres d’altitude (hypoxique), exposant le sujet à un apport réduit en oxygène provoquant par réaction la stimulation de la sécrétion d’ÉPO endogène, s’avère difficile à interdire alors que l’on autorise les chambres hypoxiques. 

Le bonus du xénon

 Ce gaz rare qui, en France, depuis 2008, est utilisé en anesthésie générale mais aussi au service de l’imagerie médicale, présente un avantage non négligeable par rapport à la chambre d’altitude, c’est que son utilisation est beaucoup moins contraignante que cette dernière. Quelques minutes au coucher trois fois par semaine contre huit heures de sommeil en chambre hypoxique pendant une quinzaine de jours. Un bémol : si les proportions du mélange entre oxygène et xénon ne sont pas respectées, des effets secondaires plus ou moins fâcheux sont possibles. Par ailleurs, vu qu’à ce jour aucune étude scientifique digne de ce nom portant sur des humains n’a été validée par d’autres travaux que ceux des Russes, on peut s’interroger sur la réelle efficacité du fameux gaz. A ce sujet, mentionnons le fabuleux succès commercial au sein de la gent sportive de la créatine en poudre qui dure depuis 1995 alors que les effets positifs sur la performance sont toujours en discussion…

Qu’en pense l’Agence mondiale antidopage (AMA) ? Pas grand-chose ! 

Alors que l’on sait par la même source – la télévision allemande – que le xénon est utilisé par les Russes depuis 2004 et les Jeux d’Athènes – soit douze ans d’avantages supposés pour leurs sportifs – l’AMA, avant février 2014, n’avait pas pris le temps de diligenter une quelconque enquête sur ce gaz

Alerté lors des Jeux de Sotchi, le président de l’AMA, le Britannique Craig Reedie, élu quelques semaines avant ce rendez-vous olympique, n’a pas trouvé mieux que de répondre : « La commission qui s’occupe de ce genre de question va se pencher sur le sujet dès sa prochaine réunion ». On n’est pas loin d’une réponse du style « Je vais en parler à mon cheval »

Devant tant d’impéritie, on a envie d’applaudir : « Bravo les Russes pour ce superbe pied de nez à la lutte antidopage et au CIO ».

(*) A la suite des révélations de la télévision allemande, l’AMA, à partir de janvier 2015, a inclus en toutes lettres le xénon sur sa nouvelle nomenclature.

2015 – CORRUPTION DES DIRIGEANTS ET DOPAGE ENDÉMIQUE DES ATHLÈTES

Laboratoire antidopage officiel masquant les contrôles positifs ; existence d’un laboratoire B (officieux comme à Montréal (1976) et à Séoul (1988) et qui permet aux athlètes en cure dopante de vérifier que les traces ont disparu avant de retourner en compétition ; athlètes épinglés en nombre, etc.

2016 – DIFFICILE DE CROIRE UNE SECONDE QUE DORÉNAVANT LA RUSSIE VA LA JOUER ‘’PROPRE’’ !

C’est l’occasion de lui envoyer un message fort en interdisant à toute la délégation russe d’athlétisme (dirigeants et compétiteurs) de participer aux Jeux 2016. Il est quasi certain que cette mesure courageuse ne verra jamais le jour dans la mesure où c’est l’IAAF qui doit se tirer une balle de gros calibre dans le pied.

Dr JPDM (le 1er décembre 2015)

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