Dopage – Le stanozolol, un stéroïde anabolisant très connu du monde sportif depuis le contrôle positif de Ben Johnson en 1988, est toujours d’actualité

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En 2024, grâce à la détection des métabolites de longue durée, un sportif dopé au stanozolol, s’avère facile à débusquer et pourtant la sanction de 4 ans qui est lourde, devrait freiner les ardeurs des tricheurs. Eh bien non ! Un grimpeur de paroi dopé au stanozolol vient de tomber dans les filets de l’antidopage.

Le sprinteur canadien Ben Johnson testé positif au stanozolol sera disqualifié de la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Cet évènement planétaire a donné un coup de boost médiatique à ce stéroïde anabolisant.

Le stanozolol, un stéroïde anabolisant, est utilisé dans le monde de la compétition sportive depuis le milieu des années 1960. Avec la nandrolone – un autre stéroïde anabolisant  dérivé de la testostérone – il est devenu la star des enceintes athlétiques.

Par rapport à l’hormone mâle, le stanozolol est moins virilisant mais plus anabolisant. En résumé, ses effets masculinisant sont moindres qu’avec la testo.

Comme tous les stéroïdes anabolisants, le stanozolol peut être profitable, suivant le régime alimentaire de l’athlète (hyperprotéiné ou non) et le type d’entraînement – à toutes les spécialités sportives. Des gros bras (haltérophiles, lanceurs en athlé) aux marathoniens (les plus maigres de tous les athlètes), en passant par les poupées gymnastes.

Le stanozolol a été médiatisé au-delà de l’imaginable en 1988 à la suite du contrôle positif du sprinteur canadien Ben Johnson vainqueur haut la main du 100 m olympique le 24 septembre à Séoul.

Jeux olympiques de Los Angeles 1984 – La vraie raison du boycott de l’Union Soviétique : la détection du stanozolol

Pour la grande histoire, le patron de l’unité analytique antidopage de Moscou, le biologiste Grigory Rodchenkov, nous apprend que l’une des raisons du boycott de l’Union Soviétique aux Jeux de Los Angeles en 1984 est due à l’annonce par Don Catlin – patron du laboratoire d’analyses olympiques d’Ucla – qu’il serait capable de détecter tous les stéroïdes anabolisants, notamment le stanozolol et la testostérone ; ces deux produits utilisés en masse par les athlètes soviétiques.

Au début de son parcours sportif, la détection analytique de ce stéroïde anabolisant était aléatoire. Elle est devenue beaucoup plus fiable en 2013 lorsque le laboratoire de Moscou, dirigé par Grigory Rodchenkov, a découvert conjointement avec le labo de Cologne (Allemagne) qu’il existait des métabolites de longue durée produits par le stanozolol permettant de démontrer la prise de ce stéroïde anabolisant plusieurs mois après son administration.

Alors que le stanozolol est de plus en plus facile à détecter dans un échantillon d’urine, des sportifs continuent à se faire épingler par la patrouille antidopage bien que la sanction pour un tel produit prohibé en et hors compétition, soit de 4 ans de suspension.

Le dernier athlète en date, un escaladeur iranien, illustre que toutes les spécialités sportives sont concernées.

Chez un grimpeur de mur, acquérir de la masse musculaire n’est pas utile, en revanche booster la force et la puissance des quatre membres, influence la rapidité de déplacement sur une paroi.

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En fichier joint (PDF) – Pour aller beaucoup plus loin dans la connaissance du stanozolol, nous proposons la fiche, enrichie et actualisé jusqu’à avril 2024, du Dictionnaire du Dopage.

En particulier les étapes chronologiques de la détection et de la réglementation.

De même, les principales affaires concernant les cas positifs de ce stéroïde anabolisant emblématique sont détaillées.