Voile, course au large et positive attitude – Mis à part ceux qui croient au Père Noël, qui peut gober que le dopage reste à quai ?

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(Mise à jour le 11 novembre 2016)

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Le dimanche 6 novembre à 13 h 02, vingt-neuf solitaires – un record – sont partis des Sables-d’Olonne pour le Vendée Globe, une course autour du monde surnommée Le Graal des navigateurs solitaires, sans escale et sans assistance vers les mers du Sud avec les quarantièmes rugissants. Un défi technologique mais surtout mental et physique du skipper. Rarement sont évoquées les drogues de la performance accompagnatrices de ce périple autour du monde.

Or, aucun sport n’est épargné par le dopage ; c’est l’homme face à la compétition avec les autres ou avec lui-même qui recherche – en étant meilleur grâce aux coups de pouce biologiques – à se valoriser auprès de son entourage, voire beaucoup plus (populaire auprès des spectateurs). Dans ce blog, nous avons déjà épinglé les forçats de la langue de bois ainsi que les adeptes indécrottables de la méthode Coué nous expliquant que dans leur sport favori pour ‘’différentes raisons’’ le dopage était inconnu.

Après l’alpinisme, le judo, la natation et le tennis (tous les quatre déjà publiés), nous vous proposons la voile et son cortège de valeurs de courses au large, d’aventures, de passions de la mer, d’esprit d’équipe, de confrontations avec ses limites mentales et physiques, mais aussi… de dopage comme les autres ! Il n’y a pas d’extraterrestres qui fréquentent les océans sur des voiliers ou alors c’est de la science-fiction. En fait ce sont des hommes plus ou moins doués, avec leurs faiblesses humaines d’ego, de compétition, de gloire, de reconnaissance.

Dans les jours prochains, nous aborderons différentes aspects de la voile versus dopage, ce couple méconnu qui mérite que l’on s’y intéresse.

Impossible, impensable… VOILE : positive attitude

                          « Les forçats de la langue de bois »

ONZE arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidons :

 « Un sport complètement pur : dopage et voile sont antinomiques » (on nous sert le même  discours dans le milieu de l’alpinisme)

« Impossible de se doper pendant trois semaines ; sur une aussi longue durée il n’y aurait        pas les résultats attendus »

« Les navigateurs de course au large ne sont pas des machines »

 « On ne peut pas connaitre à l’avance la durée exacte de l’épreuve »  (tiens, tiens, il y en a   qui fréquentent des tennismen de compétition)

 « Il n’y a pas de contrôle positif »

« Il n’y a pas de problème dans la voile »

« La gestion d’un produit dopant reste trop compliquée dans la coure au large » (on nous sert la même excuse dans le tennis où l’on ne connaît pas à l’avance la durée d’une partie)

« C’est tellement secondaire et peu important »

« Ce n’est pas ce petit plus qui changerait le résultat d’une régate »

« Ils ne sont pas dans les bateaux de tête. Ce ne sont pas les plus brillants » (argument copié sur le milieu cycliste des années 1970)

« On nous en demande de plus en plus. On finira peut-être par se doper » (argument du rugby en 1995 lors du passage au professionnalisme)

 Florence Arthaud  (FRA) (vainqueur de la Route du Rhum 1990)

 « Les sportifs d’aujourd’hui sont des machines. Nous, navigateurs, non. C’est impossible de se doper pendant trois semaines. La navigation c’est un sport complètement pur. » [Votre Beauté, 1988, n° 614, février, p 9]

 

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La navigatrice Florence Arthaud

 

 Bernard Bonneau (FRA) (responsable fédéral)

 « En se dopant aux amphétamines on s’expose à un contrecoup catastrophique. Et sur une course dont on ne peut connaître par avance la durée exacte, il est impossible de prévoir le contrecoup et de s’assurer qu’il ne surviendra pas alors qu’on est toujours en mer. »[Le Parisien, 09.11.1998]

 Dr Jean-Yves Chauve (FRA) (spécialiste d’assistance médicale des courses au large)

 « Faute de contrôle positif, pour moi, la course au large reste un sport propre. »[JDD, 08.11.1998]

 « Il n’y a jamais eu de contrôle positif dans les courses au large » (NDLR : comme pour les plus gros filous du peloton, Lance Armstrong et Richard Virenque qui, malgré de multiples tests, n’ont jamais été épinglés dans le Tour de France, l’épreuve la plus contrôlée au monde) [Le Figaro, 16.08.2005]

 « La gestion d’un produit dopant reste beaucoup trop compliquée dans la course au large. Personne ne franchit le pas car les risques sont trop grands : le fin ne justifie pas les moyens.» [Le Figaro, 31.07.2004]

 

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Docteur Jean-Yves Chauve

 

 Jean-François Coste (FRA) (médecin et participant du 1er Vendée Globe en 1989)

 « Le dopage et la voile sont antinomiques. On ne prend pas la mer chargé mais pour se rapprocher des éléments. Comme une sorte de face-à-face. » [Libération, 23.01.1997]

 Michel Etevenon (FRA) (organisateur de la Route du Rhum et président de la Course au large)

 « Ce n’est pas une chose possible en matière de transat. Sur une aussi longue distance, il n’y aurait pas les résultats attendus (…) les conséquences seraient trop lourdes (…). Le gars qui est sublimé, il peut aller jusqu’à marcher sur l’eau. La sanction serait immédiate. Et dans les grandes transats, ce n’est même pas pensable… » [Régate International, 1989, n° 8, février-mars, p 34]

 Jones Dyer (USA) (directeur des régates de la Coupe de l’América, en charge du dossier lutte antidopage)

 « Il n’y a pas de problème dans la voile. Mais on veut s’assurer que cette image reste propre pour la compétition et nos sponsors. »[L’Humanité, 11.09.2004]                          

 

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Jones Dyer

 

 Dr Lucien Mas (FRA), commission médicale de la FFV 

 Et dans les transats ? « Ce serait assez catastrophique. À la rigueur pour les dernières 24 heures, mais ce serait très limite. On l’a évoqué en commission médicale, mais on n’a pris aucune décision. C’est tellement secondaire et peu important qu’on ne s’est pas excité dessus. » [Régate International, 1989, n° 7, février-mars, p 38]

 Dr Jean Simonnet (FRA), médecin de l’équipe de France de voile

 « Ce n’est pas ce petit plus (amphétamine) qui changerait le résultat d’une régate. Trop de paramètres techniques ou physiques sont à suivre pour rajouter celui-là. » [Régate International, 1989, n° 7, février-mars, p 36]

 Olivier Talabot (FRA), journaliste

 « Eric Loizeau (participant à la Route du Rhum 1982) emporte aussi des excitants (comme le Captagon®) ou des amphétamines ; mais seulement pour se rassurer, pas pour s’en servir. La grande majorité des concurrents préfère d’ailleurs oublier ces produits sur le quai. » [in « La santé des marins de l’impossible ». – VSD Médecins et Médecine, 1982, n° 50, 11 novembre, pp 4-6 (p 6)]

Autres sports déjà épinglés et mis en ligne sur ce blog :

  • Alpinisme (4.11.2016)
  • Judo (1.07.2016)
  • Natation (10.09.2016)
  • Tennis (19.04.2016)
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