Le Mans 1955 – Quand les amphétamines conduisaient : l’accident qu’on préfère oublier
Depuis 1955, organisateurs, justice et une grande partie de la presse répètent la même antienne. On entretient l’illusion d’une enquête impossible, d’un drame sans cause, d’un accident tombé du ciel. Et surtout, on passe sous silence un élément omniprésent dans les sports mécaniques des années 1950 : les amphétamines.
Pourtant, malgré :
– une enquête judiciaire close 17 mois après les faits,
– un livre-enquête signé par un journaliste du Mans,
– un documentaire diffusé depuis 2024 au cinéma et sur Canal+,
personne n’a jamais désigné le moindre responsable. Comme si le “chaînon manquant” n’existait pas.
Mais ce chaînon, tout le monde l’a vu sans vouloir le nommer : les amines de l’éveil, consommées massivement dans le sport de compétition — voile, alpinisme, football, rugby, cyclisme — et dans les paddocks d’endurance, notamment au Mans. Conduire à plus de 170 km/h pendant des heures sous amphétamines, et prétendre que cela n’a aucun impact sur la lucidité, la perception, les réflexes ? Une fable !
En France, ce lien n’a jamais été évoqué. Il a fallu attendre 2025 pour qu’un journal belge ose enfin poser la question. La même année, j’ai sollicité Le Monde, Paris-Match,Le Point et d’autres rédactions. Silence radio. L’un d’eux m’a même répondu : « Cela nous intéresse »… avant de disparaître derrière sa boîte vocale.
Documentaire d’Emmanuel Reyé « Le Mans 1955, une tragédie française ». Canal+, 2025
Motus et bouche cousue.
Soixante et onze ans plus tard, la “fatalité” sert toujours de cache-misère. Dans les sports mécaniques, moins on parle des adjuvants pharmaceutiques, mieux on se porte.
Pourtant, plus de 80 morts, des dizaines de familles brisées, et toujours aucune réponse solide de l’organisateur. Juste une langue de bois bien huilée, relayée par une presse trop proche du milieu.
Je propose donc, pour faire le lien avec les amphétamines, une contre-enquête, fondée sur la lecture minutieuse des reportages publiés par les envoyés spéciaux du 11 juin 1955, et sur de nombreux témoignages d’acteurs de la compétition automobile des années 1950.
En fichiers joints – Le dossier amphétamines versus 24 Heures du Mans (déjà publié le 11.06.2026)
Contre-enquête JPDM : il y aura 70 ans ! En juin 2025, commémoration de l’effroyable accident du Mans, la plus grande catastrophe de l’histoire du sport automobile
Des stimulants omniprésents dans les paddocks des courses d’endurance, notamment au Mans
La liste des pilotes décédés à l’occasion des 24 Heures du Mans : en course, aux essais et lors de circonstances en rapport avec l’épreuve.
Ce stéroïde anabolisant a été commercialisé chez l’homme de 1972 à 1975 et après interruption de 4 ans et changement d’identité de 1980 à 1997
Retiré du marché en septembre 1997 sur recommandation de l’Agence du médicament pour détournement de l’AMM par certains professionnels de santé.
Fichier TRENBOLONE enrichi et actualisé
Aujourd’hui, ce stéroïde anabolisant est toujours source de controverse car une possible contamination accidentelle par de la viande est admises par les instances.
Un cas exemplaire en témoigne :
Un jeune sprinteur américain, Erryon Knighton, âgé de 20 ans, star du 200 m en devenir, a été hors compétition testé positif à la trenbolone le 26 mars 2024.
Bien que suspendu provisoirement par l’Agence antidopage américaine – Usada), on a appris le 20 juin suivant qu’il avait été blanchi par la Commission antidopage au prétexte que la contamination à son insu par de la viande avait été démontrée et que Knighton n’avait commis aucune faute ou négligence.
Quelques dates jalonnent le parcours de la trenbolone :
synthétisée en 1963,
commercialisée en 1972,
prohibée en compétition par la France depuis 1989,
retirée du marché pharmaceutique français en 1997,
inscrite pour la 1re fois sur la liste de l’Agence mondiale antidopage (AMA) le 1er janvier 2004
première détection dans l’Hexagone en 2011
en 2026, la trenbolone est classée dans la section S1.1 stéroïdes anabolisants androgène (SAA). Elle est interdite en et hors compétition et fait partie des substances non spécifiées
Signalons à tous les consommateurs inconscients que la trenbolone agresse spécialement les reins et majore ‘’triple XXL’’ l’agressivité (rage des stéroïdes).
En fichier joint : Fiche du Dictionnaire du dopage sur la trenbolone, actualisée et enrichie
Pour en savoir plus – Blog JPDM – Dictionnaire du dopage – Fiches actualisées et enrichies en 2026
Dictionnaire du dopage – Les anti-inflammatoires, ces médicaments autorisés qui dopent les sportifs… mais qui font disqualifier les chevaux de compétition ! AINS – Substances légales devenue la norme – publié le 07 mars 2026
Dictionnaire du dopage – Ammoniaque : l’inhalation qui déclenche éveil instantané et concentration maximale. L’ammoniaque en solution aqueuse de gaz ammoniac est un stimulant du système nerveux central avec effet instantané – publié le 21 mai 2026
Dopage – La Ritaline®, puissant psychostimulant, était autorisée aux Enhanced Games, ces Jeux « optimisés » revendiquant l’amélioration de la race humaine – Retour sur le méthylphénidate, un proche parent des amphétamines, qui a commencé sa carrière sportive notamment dans le peloton cycliste des années 1960 à 1974 – publié le 31 mai 2026.
En 1950, à Roland-Garros, l’Américain Bill Talbert a atteint les demi-finales en simple et remporté le double-messieurs et le double mixte. A cette époque – il y a 76 ans – trois diabétiques de type 1 faisaient partie du Top 10 :
– William Talbert (Usa), 3e mondial en 1949, 9e en 1950
– Hamilton Richardson (Usa), 3e mondial en 1956, 6e en 1958
– Lennart Bergelin (Suède), 9e mondial en 1948, double-messieurs des Internationaux de France 1948. De 1971 à 1983 il sera l’entraîneur du prodige suédois Bjorn Borg.
En 2026, c’est la 2e fois que l’Allemand Zverev atteint la finale à la Porte d’Auteuil. En 2024, il avait perdu en 5 sets face à Carlos Alcaraz.
Peut-être le 7 juin sera-t-il le premier diabétique insulinodépendant à vaincre sur le terrain ocre de l’Ouest parisien ?
Retour sur les débuts de l’exercice physique dans le traitement du diabète de type 1, avant la découverte de l’insuline.
Avant la découverte de l’insuline en 1921, l’exercice physique faisait partie intégrante de la thérapeutique du diabète
Depuis très longtemps, les médecins recommandent le sport à leurs diabétiques et, sans devoir remonter au déluge, il convient de rappeler qu’à la fin du XIXe siècle, un médecin du sport, Fernand Lagrange (1845-1909), auteur de « L’exercice chez les adultes« , rapporte le cas du doyen de la Faculté de Médecine qui fréquentait assidûment un grand gymnase de la rue de Vaugirard. « Là, nous rencontrions chaque soir le professeur Adolphe Wurtz (1817-1884) et nous étions surpris de l’ardeur toute juvénile que déployait notre maître, alors âgé de soixante ans, dans ces exercices si rarement pratiqués à son âge. Mais, il nous donna un jour la raison de son zèle pour la gymnastique. Il était diabétique et venait faire travailler ses muscles, pour « brûler » son sucre. Ce mode de traitement avait d’ailleurs, nous disait-il, amélioré son état mieux que tous ceux qu’il avait essayés. »
Bien avant cette époque, l’efficacité indéniable de l’exercice musculaire dans le traitement du diabète avait été signalée par Apollinaire Bouchardat (1806-1983) qui conseillait à ses patients diabétiques : « la chasse, l’escrime, les exercices musculaires, ramer, patiner, les jeux de paume, de billard, les travaux actifs de labourage et de jardinage. »
Plus récemment, en 1959, Elliot P. Joslin (1869-1962) fait du sport l’un des trois éléments, avec le régime et l’insuline, de la triade thérapeutique du diabète sucré.
Le pionnier, tennisman de haut niveau et traité à l’insuline, était un Américain William ‘’Bill’’ Talbert, 3e mondial en 1949
En fait, c’est véritablement vers les années 1950 que, grâce à l’un des meilleurs tennismen de l’époque, William Talbert, que la voie de la pratique sportive s’ouvrit aux diabétiques.
Le Professeur Henri Lestradet (19921-1997) qui l’avait rencontré aux Etats-Unis en 1952, le classait parmi les trois malades ayant le plus influencé sa compréhension du diabète insulinodépendant : « C’est grâce à lui que je me suis orienté vers le diabète. Je l’ai rencontré aux USA où je bénéficiais d’une bourse d’études. A l’époque, en France, et dans bien d’autres pays, les diabétiques étaient considérés comme des malades difficiles nécessitant plusieurs mois d’hospitalisation chaque année, des doses fixes d’insuline et un régime alimentaire restreint. Toutes choses qui les bloquaient dans leur vie scolaire, professionnelle et familiale. Bill Talbert était diabétique mais il menait une vie normale, faisait du sport de façon intensive, avait remplacé son régime fixe par une certaine liberté alimentaire, et les doses constantes d’insuline par une adaptation permanente des doses. Tout cela parce qu’il avait eu la chance de tomber sur un médecin non conformiste. Nous prenions souvent notre petit déjeuner ensemble au drugstore. Il me disait: « Les médecins ne connaissent rien en diabétologie ».
J’avais lu également un article où il faisait part de son expérience de diabétique sportif : « Des années de tâtonnement et pas mal d’erreurs m’ont permis d’élaborer un système raisonnable concernant l’insuline et le régime alimentaire compatible avec une activité physique intense. J’en suis venu à penser que l’un des deux, soit l’individu, soit le diabète, doit triompher de l’autre. Être diabétique ressemble beaucoup à élever un enfant; celui-ci doit apprendre à vivre avec nous et non pas nous avec lui ».
C’est alors que j’ai dérivé des études métaboliques que l’on m’avait demandé, vers l’étude du diabète pour essayer de bien comprendre ce qui me semblait une révolution étonnante. A mon retour en France, en accord avec le Professeur Robert Debré (1882-1978) et le Professeur Pierre Royer (1917-1995), nous avons mis en place une thérapeutique « non conformiste » du diabète, dont les points les plus intéressants étaient la variation de traitement et la prise en charge de ce dernier par le malade lui-même. A l’époque, beaucoup ont crié « au fou ! « , sur ce parti qu’aujourd’hui tout le monde a adopté.
Et c’est en quelque sorte grâce à Bill Talbert que nos enfants diabétiques ont maintenant une vie normale faite d’activité variées ».
Dessin d’Albert
William ‘’Bill’’ Talbert souvent confondu avec son presque homonyme Tony Trabert qui, lui, n’était pas diabétique
Malheureusement pour ce novateur apparut, pratiquement à la même époque, aux Etats-Unis, Tony Trabert, son homonyme à une lettre près, de onze ans son cadet, qui allait devenir le numéro un mondial du tennis. Tony Trabert eut comme professeur, à partir de 1942, William Talbert. En 1950, très jeune encore, Tony débarqua à Roland-Garros en compagnie de Bill, son mentor. Mieux, son mécène puisqu’il finança entièrement le voyage et le séjour européen de Trabert. Il pouvait se le permettre car il était vice-président d’une puissante banque. A Paris, les deux hommes gagnèrent tout simplement le double- messieurs des Internationaux de France après avoir triomphé à Rome. C’est le début d’une fort brillante collaboration puisqu’entre 1950 et 1953, les deux champions disputeront ensemble vingt-huit tournois et n’en perdront qu’un. Et dans l’intervalle, Talbert sera, en outre, le capitaine de l’équipe des Etats-Unis en Coupe Davis.
C’est certainement cette étrange ressemblance entre leurs noms qui a fait de Trabert le plus connu des deux en raison de son palmarès (27 victoires en Coupe Davis sur 35 matches, Petit Chelem en 1955, Roland-Garros, Wimbledon, Forest Hills), un diabétique insulinodépendant dans la plupart des communications médicales ou grand public consacrée aux rapports entre cette affection métabolique et les activités sportives.
Nous espérons que cette mise au point permettra dorénavant de réhabiliter les mérites respectifs de chacun et surtout le rôle considérable qu’a joué Bill Talbert dans l’évolution de la thérapeutique des « diabètes » et notamment de l’insulinodépendant.
Interview consacrée au diabète de Zverev parue dans L’Equipe du 07 juin 2023
Quentin Moynet, journaliste à L’Equipe : « Avez-vous discuté avec des athlètes diabétiques dans d’autres sports ? » Alexander Zverev :« J’ai parlé avec plusieurs athlètes de l’équipe olympique d’Allemagne. Mais il n’y a pas beaucoup d’athlètes diabétiques dans des sports d’endurance comme le tennis. Il y a des champions olympiques diabétiques, mais pas dans des sports d’endurance. Je pense que, comme moi, on leur a dit dès leur plus jeune âge qu’ils ne pourraient pas y arriver. Il faut changer cette façon de penser » [L’Equipe, 07.06.2023]
Il est difficile de croire que Zverev et le journaliste du quotidien du sport ignorent autant l’existence des champions diabétiques du passé !
Déjà, il y a 70 ans, trois joueurs de tennis ont atteint le haut niveau tout en état diabétique de type 1. A l’époque, il n’y avait pas de lecteur de glycémie connecté. Dans d’autres sports encore plus endurants que le tennis, on trouve un cycliste professionnel – Dominique Garde – qui a couru trois Tours de France alors qu’il était diabétique (1987 : 54e ; 1988 : 93e ; 1989 : 52e). Il lui arrivait aussi de stopper complètement les piqûres d’insuline pendant la durée de l’épreuve.
Dans le même sport, il existe une équipe cycliste Novo Nordisk, entité composée exclusivement de coureurs professionnels diabétiques.
Toujours dans le haut niveau, on trouve des footballeurs internationaux ayant participé à des Coupes du monde ou ayant remporté une Coupe européenne : Gary Mabbutt (Grande-Bretagne), Danny McGrain (Ecosse), Pär Zetterberg (Suède).
Finalement, il est quand même surprenant que Zverev ignore totalement ces champions qui ont contribué à une meilleure connaissance des diabétiques confrontés à la compétition de haut niveau. Pour mémoire, William Talbert, le tennisman pionnier, avait atteint la demi-finale de Roland-Garros en 1950 tout comme l’a fait Alexander Zverev à trois reprises en 2021, 2022 et 2023.
Rayon lecture – Texte paru dans Moustique, hebdo belge du 13 mai 2026.
Entretien du Dr JPDM avec Philippe Lambert, journaliste scientifique
Afin d’avancer sur la réalité de l’impact des dopants sur la durée de vie des sportifs, il faut réaliser des recherches sur les culturistes : Mr America depuis 1939, Univers (1948), Olympia (1965). Cette population de consommateurs de stéroïdes anabolisants doit permettre d’appréhender la réalité des effets délétères des engrais musculaires. De même, un travail sur la durée de vie des sportifs de RDA dopés à grande échelle de 1968 à 1988 doit chiffrer les véritables conséquences de cette médicalisation de la performance. Le problème dans ce genre de recherches c’est que personne au sein du milieu sportif ne souhaite entreprendre un tel travail qui, forcément, démontrera que les valeurs du sport naviguent aux antipodes de l’éthique médicale et sportive. Pour la RDA, il y a peu d’espoir pour voir aucune étude crédible être effectuée. En revanche, sur les culturistes des Mrs America, Univers et Olympia, cela doit être réalisable.
Moustique 2026, n° 20 / n° 5232, 13 mai, pp 27-29
En fichier joint (PDF) : Moustique, n° 20, 13 mai 2026
Depuis deux ans et l’annonce de l’organisation des Enhanced Games fin mai 2026, et plus encore dans les jours précédant cet événement très médiatisé, plusieurs figures du « sport propre » ont multiplié les prises de position. L’actuelle ministre des Sports, certaines de ses prédécesseures, ainsi que les présidentes de l’AFLD et du CNOSF ont publiquement dénoncé, d’une même voix, une compétition assumant l’usage de produits dopants. Malgré cette mobilisation, aucune d’entre elles n’a apporté d’éléments tangibles sur la « catastrophe sanitaire » annoncée. Aucun chiffre, aucune étude, aucune donnée scientifique n’est venue étayer les mises en garde. Sur la réalité du dopage, même silence : au‑delà de déclarations indignées — parfois proches du registre parlementaire — les responsables interrogées sont restées évasives sur le fond.
Ce déficit d’information ouvre un espace considérable aux approximations et aux discours anxiogènes de pseudo‑experts. Deux intervenants issus du milieu médical, confortés par la rhétorique alarmiste de ces décideuses, contribuent ainsi à brouiller davantage le message adressé au public sportif.
Natation – Il congèle son sperme avant de débuter sa préparation aux Jeux du dopage. Une alternative jamais évoquée par les responsables du sport ‘’propre’’
Ainsi, l’un des concurrents aux Enhanced Games, un nageur allemand, Marius Kusch, alerté par l’inquiétude de sa compagne, a fait congeler son sperme en amont du protocole dopage proposé qu’il a suivi avant les Jeux améliorés.
Dans un document diffusé dans l’émission allemande Galileo, sa compagne Emily a émis quelques réserves : « La seule chose qui m’a mise mal à l’aise, c’était la question suivante : Que se passera-t-il si nous voulons un jour avoir des enfants ? En prévention d’un risque quelconque pour notre progéniture, Marius a fait congeler son sperme. »
Cet aspect concernant les éventuelles malformations dues aux médocs de la performance, méritent une approche scientifique par des gens compétents au cursus universitaire à la hauteur !
Les réactions épidermiques des responsables actuels ne font jamais avancer la connaissance et la maîtrise d’un tel risque pour les enfants d’athlètes de haut niveau.
Parmi les responsables du sport ‘’propre’’, qui s’intéressent aux nourrissons d’athlètes dopés ?
POST-IT en EXERGUE – Les champions se dopent, les enfants trinquent
Il fallait s’attendre à ce que des manipulations hormonales chez les parents altèrent la santé des enfants. Certains sont pour le dopage et se justifient en disant : « L’athlète a le libre choix de sa méthode d’entraînement ou de ses médicaments. Il fait ce qu’il veut avec son corps. »
A cela, on peut rétorquer que l’interdiction des produits médicamenteux facilitant l’effort, repose sur plusieurs arguments : dangers pour le sportif lui-même, pour autrui (chute d’un peloton cycliste provoquée par un coureur surexcité), mauvais exemple du champion pour la jeunesse et pratique contraire à l’éthique sportive.
Mais, depuis les déclarations en 1989 de la nageuse est-allemande Christiane Knacke, qui a précisé que sa fille a dû rester dix-huit mois hospitalisée en raison des répercussions des dopants qu’elle-même avait dû absorber pendant sa carrière, on peut ajouter que la descendance est, elle aussi, exposée. Celle qui fut la première femme à descendre sous la minute au 100 m papillon (59 sec. 78/100) en 1977 à l’âge de quinze ans, a déclaré dans un entretien au quotidien Kronenzeitung qu’en RDA, les sélectionnables pour les Jeux olympiques étaient systématiquement dopés. Les sportifs de haut niveau qui se dopent savent plus que quiconque et ce depuis longtemps, que leur progéniture est surexposée aux risques de malformations.
Dès 1913, les vétérinaires suspectaient les dopants de dégrader les aptitudes génétiques des étalons. C’est ainsi que le professeur Gustave Barrier, inspecteur générale des écoles vétérinaires, déclarait au congrès hippique du 19 juin 1913: « Je viens combattre le doping, non tant parce que c’est une manœuvre déloyale qui fausse les résultats des courses, que parce qu’il constitue un danger pour le cheval qui le subit et porte atteinte à l’intégrité de ses aptitudes génésiques s’il doit être ultérieurement utilisé comme reproducteur. »
En pièce jointe :Dictionnaire du Dopage – Descendance impactée par le dopage des parents depuis 1913 (fichier non exhaustif)
Retour sur le méthylphénidate, un proche parent des amphétamines, qui a commencé sa carrière sportive, notamment dans le peloton cycliste des années 1960 à 1974
Après une longue éclipse, le méthylphénidate réapparaît sur le marché en 1996. Très vite, la Ritaline® s’invite dans le sport de haut niveau. Plusieurs stars américaines se retrouvent alors sous les projecteurs pour en avoir utilisé :
Justin Gatlin (athlétisme, 100 m)
Simone Biles (gymnastique)
Michael Phelps (natation)
Leur ligne de défense est identique : tous trois sont diagnostiqués TDAH (trouble du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité) et disposent d’une AUT leur permettant de prendre de la Ritaline®. C’est le paradoxe du sport officiel : on peut s’y doper légalement grâce aux AUT, véritable dopage institutionnalisé.
Le 24 mai 2026, les Enhanced Games poussent cette logique à son extrême : le dopage, encadré par des médecins, y est non seulement autorisé mais encouragé. Parmi les substances de la liste rouge de l’AMA, les 42 athlètes engagés en athlétisme, haltérophilie et natation pouvaient choisir entre quatre grandes familles de produits. Selon les chiffres fournis par les organisateurs, 62 % d’entre eux ont utilisé des psychostimulants, notamment l’Adderall® (sels d’amphétamines) et la Ritaline®, deux médicaments habituellement prescrits pour le TDAH.
Depuis longtemps, on sait que les amphétamines — et en particulier le méthylphénidate — ont un effet paradoxal : calmantes à faible dose, ce qui explique leur usage chez l’enfant dès 6 ans, mais stimulantes et dopantes à dose plus élevée. La Ritaline® est d’ailleurs interdite en compétition depuis les premières listes officielles de 1966, classée parmi les pipéridines apparentées aux amphétamines.
Le méthylphénidate apparaît pour la première fois noir sur blanc dans la liste publiée par la Fédération française de cyclisme le 26 juin 1969. Deux ans plus tard, le 17 mai 1971, le CIO l’intègre à son tour dans sa nomenclature des substances prohibées.
Index des sigles utilisés – AUT : Autorisation d’usage à des fins thérapeutiques – CIO : Comité international olympique – TDAH : trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité
Mais seuls les sportifs passent au contrôle. Cherchez l’erreur
Mise à jour actualisée et enrichie par rapport à la version prédédente de 2020
La preuve par les témoignages
Cette corporation comme toutes les autres – médecins, avocats, hommes politiques, conférenciers, etc. – est soumise aux lois de la concurrence, du scoop, des cadences infernales, de la dernière ligne droite, du dépassement pour boucler dans les temps une enquête mais aussi pour avoir des interviews exclusives dues au copinage avec les acteurs emblématiques des stades, des pistes et des routes.
Des pisse-copies face à la feuille blanche ou à l’écran vide… Des commentateurs face à la panne des cordes vocales…
Rester éveillé en nocturne pour boucler un papier, ne pas avoir le trac devant la feuille blanche, le clavier de l’ordi, un micro, une caméra, doper sa voix qui s’éteint en direct… mais aussi faire la fête entre collègues et champions, sont des contraintes qui poussent certains à consommer des raccourcis chimiques comme les sportifs. Des histoires vécues par des plumitifs témoignent de cette relation à risques.
EN FICHIER PDF – Journalistes dopés pour exercer leur boulot : quelques exemples (non exhaustifs)
Ambiguité XXL : après ces Jeux améliorés reste UNE SEULE VÉRITÉ
Certains champions olympiques, mondiaux ou européens qui jubilent devant les contre‑performances des athlètes des Jeux améliorés feraient mieux de rester discrets. Car un constat s’impose : si des sportifs dopés, assumés et encadrés n’arrivent pas à rivaliser avec ceux qui sont officiellement “propres” et contrôlés par les laboratoires de l’AMA, alors des questions — sérieuses — se posent !
Des chiffres et des infos
Selon les données officielles publiées sur les athlètes participant aux épreuves :
athlétisme [100 m, 110 mh/100 mh],
natation [50 m et 100 m en NL et papillon],
haltérophilie,
4 familles de dopants étaient utilisées : testostérone et stéroïdes anabolisants, hGH, stimulants/psychotoniques puissants, EPO.. Entre les épreuves, le grand écran du stade éphémère indiquait aux spectateurs les produits pris par les athlètes : esters de testostérone et / ou stéroïdes anabolisants (91%), hormone de croissance (hGH 79%), stimulants type Adderall /Ritaline (62%), EPO (41%)
Aucun record du monde dû au dopage n’a été battu
Conclusion : les dopés des Jeux améliorés n’ont pas réussi à battre des records officiels de soi-disant non-dopés ! Or, on sait de longue date que le sport officiel carbure aux 4 familles citées : testostérone, hormone de croissance (hGh), stimulants, EPO. Pour certains c’est dû au fait que les super cracks du sport officiel étaient absents. A Las Vegas il n’y avait pas vraiment de stars. Autre hypothèse, les médecins des EG étaient probablement d’un niveau inférieur ou moins expérimentés que les Ferrari, Conconi et autres Fuentes du sport officiel.
Le soutien de la testostérone et des stéroïdes anabolisants même en natation
Les trois sports sélectionnés ont bénéficié en masse d’un soutien aux esters de la testostérone et stéroïdes anabolisants (91% des participants). On constate ainsi que la testostérone est utilisée dans un but de performance en athlétisme, en haltérophilie ainsi qu’en natation. Au sujet de la natation, rappelons que pendant des décennies, en France, les responsables fédéraux de la FFN et les médecins ont martelé que la testo était inefficace au prétexte – faux – que trop de puissance nuisait à la flottabilité ! Or, on sait que dès 1994, les Chinoises armées de testostérone avaient démontré que cela facilitait les performances.
Adderall / Ritaline : des stimulants puissants sur plusieurs paramètres de la performance
Il est également signalé que 62% des sélectionnés ont utilisé des stimulants puissants tels que la Ritaline/Adderall. Dans les 3 spécialités des Enhanced Games, les stimulants pouvaient jouer un rôle efficace en agissant sur le temps de réaction, la concentration, la vigilance. le tout favorisant la mise en action ultrarapide et l’hyperconcentration.
Dans le sport officiel, l’excuse de l’AUT pour l’Adderall/Ritaline – Aux EG, pas besoin d’AUT bidon pour se dopER 0 L4Adderall :Ritaline, un psychotonique puissant
Le stimulant Ritaline autorisé aux EG l’est également dans le sport officiel sous couvert d’une AUT (Autorisation de prendre un médicament dopant pour se soigner, souvent sans aucun motif sérieux). La Ritaline (Fra) / Adderall (Usa) est bien confirmée comme produit dopant et pourtant chaque fois qu’un sportif d’une épreuve officielle est testé à l’Adderall, on nous sort l’excuse de l’AUT.
Un faux record battu grâce à un dopage technologique
Les EG démontrent que l’éthique réglementaire n’est pas la priorité. Le seul record du monde battu l’a été par un nageur dopé mais surtout amélioré grâce au dopage technologique de la combinaison intégrale prohibée depuis 2010 dans le sport officiel. La nageur grec Gkolomeev, avec une combinaison spéciale interdite, a réalisé 20.81 sec sur 50 m NL améliorant de 0,08 sec le temps établi par l’Australien McEvoy en mars dernier. Ajourons que ce type de combinaison permet un gain de plus d’une seconde sur 50 m. Donc, Gkolomeev peut faire beaucoup mieux mais son record ne sera jamais officialisé sur les tables du sport mondial.
Y avait-il un seul athlète ‘’propre’’ au EG ? On en doute !
Parmi les 42 athlètes inscrits aux EG, 3 concourraient paraît-il sous la bannière ‘’propre’’ et ont gagné. Mais comme aucun contrôle antidopage n’a été effectué pendant ces Jeux laissant la porte ouverte à la suspicion, on n’est pas obligé de croire ce trio sur la non-utilisation de produits ni les autres concurrents d’avoir respecté les règles antidopage des organisateurs. (pas de cocaïne, etc.)
Des organisateurs ravis d’avoir fait progresser la connaissance de l’homme ‘’augmenté’’
Les organisateurs crient victoire en ayant pris le contrôle d’internet pendant une semaine et en estimant que grâce à eux et à leurs sportifs dopés et encadrés médicalement, ils ont posé la première pierre de l’améliorations de la race humaine et de la longévité. Rien que çà ! On risque d’attendre longtemps un début de preuve. Les instances françaises du sport officiel : deux ministres des Sports, des présidentes de l’AFLD et du CNOSF ainsi qu’une journaliste du service public de la radio ont décrié, vent debout, les EG avec des mots , déconnectés de la réalité avant les épreuves. Après ce ’’cinq majeur ‘’ est devenu muet alors que l’on attend leurs commentaires ‘’éclairés et pertinents’’ d’experts chevronnés du dopage !
Pour secouer le tambour médiatique
Les Jeux améliorés n’avaient qu’un seul objectif : que l’un des 42 sportifs conviés à la fête, batte un record du monde pour faire la ‘’nique’’ au sport officiel. On a vu qu’un nageur grec avait battu le record du 50 m NL mais avec une combinaison spéciale non validé pour le sport officiel. Donc le record ne sera pas homologué. Même coup de pouce hors règlement pour un haltérophile canadien du nom de Boady Santavy ayant échoué à 3 levées autorisées pour battre le record mondial de l’arraché, a bénéficié d’un essai supplémentaire. Ça n’a pas marché ! Visiblement, la rigueur des Jeux améliorés laisse à désirer.
POUR EN SAVOIR PLUS sur les Enhanced Games (Jeux améliorés) – BLOG JPDM – Autres liens à consulter :
Dopage – Jeux améliorés ‘’encadrés’’ versus Jeux olympiques organisés par le CIO avec dopage légalisé par des contrôles passoires dus à une réglementation absurde. Objectif vérité de l’entrepreneur Aron D’Souza contre l’hypocrisie généralisée du CIO et de l’AMA – publié le 19 septembre 2025
Dopage – Sarkozy, Samaranch, Laporte, des décideurs garants de l’éthique au cœur d’une supercherie monumentale, bien orchestrée : la lutte antidopage ! Comment des instances antidopage qui n’ont jamais démontré leur efficacité à limiter la médicalisation de la performance, peuvent-elles s’offusquer de l’organisation des Jeux améliorés qui, eux, ont pour objectif ‘‘d’encadrer’’ le dopage et donc d’en limiter les risques ? – publié le 10 novembre 2025
Dopage – Triche récompensée (2e volet) – La grande hypocrisie du sport mondial face au dopage encadré des Jeux « améliorés ». Focus sur des athlètes qui ont été testés positifs au dopage et qui malgré ce fait de triche évident et connu des instances ou de leur pays ont été honorés du titre d’athlète de l’année ou d’une distinction similaire – publié le 12 novembre 2025
Dopage – Le quotidien Sud-Ouest piégé par ses propres outrances sur les Jeux améliorés. Pour décrédibiliser les Enhanced Games (Jeux « améliorés »), Sud-Ouest assure que tous les cyclistes dopés finiront avec un cancer des testicules à 40 ans. Sous-entendu : le dopage encadré mènerait à une véritable hécatombe sanitaire. Mais cette envolée démontre surtout une chose : entre le cyclisme et la presse, c’est bien cette dernière qui semble la plus malade.
Dopage – Enhanced Games, les Jeux du dopage encadré, décriés au prétexte que le dopage est mauvais pour la santé et qu’il tue. Le défilé des partisans de la pensée dominante, convaincus, sur la foi des discussions au Bar des Sports, que le dopage a des effets durables négatifs sur la santé et la longévité des sportifs entraînant des séquelles irréversibles – publié le 20 décembre 2025
Dopage -Les Jeux améliorés arrivent : Las Vegas va transformer le dopage en show défiant l’éthique sportive – publié le 08 mai 2026
Même Sophie, sa fille, en comptabilise trois. Pourtant, la vérité est tout autre : Anquetil est remonté sur un vélo au moins neuf fois, et pas seulement pour faire bonne figure devant un objectif.
Plusieurs témoignages et documents photographiques démontrent que Jacques Anquetil a refait du vélo au moins 9 fois
Dans L’Equipe du 17 novembre 2017, Philippe Brunel, le journaliste spécialiste du cyclisme revient sur la carrière de Jacques Anquetil, l’une de ses deux idoles avec Eddy Merckx. Le Normand est décédé le 18 novembre 1987, à cinquante-trois ans 10 mois. Trente ans après sa disparition, le ‘’grand reporter’’ du quotidien aux archives inexistantes, revient sur quelques hauts faits de la carrière du Viking de Quincampoix. Nous prendrons un seul exemple. Brunel, dans un encadré « Adieux discrets à Anvers » nous raconte que le premier quintuple vainqueur du Tour descend de vélo le 27 décembre 1969 (et non en novembre comme indiqué par Philippe Brunel autoproclamé fils spirituel de Pierre Chany et Antoine Blondin…) sur la piste du Sport Palais d’Anvers pour le pendre au clou définitivement.
En réalité, dans cet articulet signé P. Br. (initiales de Philippe Brunel), le journaliste de L’Equipe raconte une histoire fausse. Le Critérium de l’Ile de Man (île située entre l’Irlande et l’Angleterre) remporté par le Normand devant Eddy Merckx, date du 22 juin 1965, soit 4 ans avant sa retraite de cycliste pro. Donc le commentaire de Janine n’a pu avoir lieu après ce critérium puisque les mois et années suivantes, Anquetil a ajouté à son palmarès : 2 GP des Nations (1965 et 1966), Liège-Bastogne-Liège (1966), un titre de vice-champion du monde sur route (1966), un Tour de Catalogne (1967), etc.
Afin de contribuer à la connaissance du parcours sur deux roues du Mozart du vélo selon l’expression de Robert Chapatte, nous proposons les activités cyclistes du quintuple lauréat du Tour après sa carrière de 1970 à 1987.
L’ammoniaque en solution aqueuse de gaz ammoniac est un stimulant du système nerveux central avec effet instantané.
DÉCRYPTAGE d’une conduite dopante utilisée principalement dans quatre spécialités sportives : boxe, football américain, haltérophilie et hockey sur glace
Son absorption intervient dans l’environnement immédiat du début d’une compétition ou lors du soulevé d’une barre record en haltérophilie.
Les sels d’ammoniaque ne figurent pas dans la liste des substances illicites de l’AMA depuis 2004, année où l’Agence mondiale est devenue l’organisateur et responsable de la lutte antidopage internationale.
POST-IT – Effets recherchés par les sportifs
Stimuler la respiration et la circulation sanguine par un effet mécanique : l’irritation des membranes nasales par le gaz ammoniac déclenche instantanément un réflexe pulmonaire (une brusque et profonde inspiration). Cela provoque une accélération du rythme cardiaque, une augmentation de la pression artérielle, le tout aboutissant à une réaction de type « combat ou fuite » augmentant immédiatement la vigilance du sportif. L’inhalation du gaz ammoniac est utilisée pour :
Donner un coup de fouet, du courage, du punch
Lutter contre le stress précompétitif
Soulever une barre »record »
Les fabricants ont trouvé le filon pour se faire du blé sur le dos des sportifs. En cliquant sur le net, on trouve des préparations d’alcali volatil où il est mis en avant que l’AMA ne le considère pas comme un dopant ; ce n’est pas parce qu’il n’est pas interdit par l’AMA qu’il est ipso facto non-dopant et sans risques pour la santé. Le tour est joué, les sportifs tombent dans le panneau. Signalons aux sportifs que de nombreux produits réputés dopants ne sont pas en liste rouge pour ne pas gonfler le nombre de molécules prohibées afin de ne pas surcharger les laboratoires de l’AMA. Exemple : la caféine – un superdopant – n’est pas interdite. Elle définit parfaitement la conduite dopante. Précisons qu’un produit dopant pris dans un but de performer qui ne figure pas en liste rouge doit être considéré comme une conduite dopante. La compétition n’est pas une maladie que l’on doit soigner et stimuler avec des médocs.
Régulièrement, la presse canadienne se fait l’écho de ces pratiques, notamment dans le hockey sur glace, un sport très prisé en Amérique du Nord.
Pour ouvrir le sujet, nous proposons mon commentaire sur une affaire qui a secoué le hockey sur glace canadien fin novembre 2019.
HOCKEY SUR GLACE – Même les joueurs de 17 ans carburent aux « inhalations stimulantes »
Un jeune joueur canadien de hockey a bu de l’ammoniaque lors d’un match le dimanche 24 novembre 2019. Le liquide avait été amené par des coéquipiers qui désiraient, pour améliorer leurs performances sportives, l’inhaler au moment de pénétrer sur la glace.
A la suite de la révélation de ce cas d’ammoniaque ingéré par un joueur des Panthères Midget de Granby (hockey sur glace), la presse canadienne s’est réveillée en rangs serrés afin de solliciter l’avis de pseudo-experts pour nous débiter des platitudes d’un autre âge.
Selon un expert canadien, l’inhalation d’un sel d’ammoniaque n’est pas plus efficace qu’une ‘’bonne gifle’’. Pas sûr que les sportifs gobent cette fable !
Dans la Voix de l’Est, la journaliste Marie-Eve Martel donne la parole à deux soi-disant spécialistes de l’antidopage : « Il aurait pu demander à son copain de lui donner une claque dans la face ; ça lui aurait fait le même effet » illustre Claude Goulet, qui s’intéresse aux déterminants psychosociaux du dopage et de l’amélioration des performances sportives dans le cadre de ses recherches. « Ça n’a aucune utilité et ça ne devrait pas être encouragé. Ça ne donne strictement rien, c’est un stimulant qui procure un petit boost d’adrénaline qui ne dure que quelques instants. Après, c’est fini. » confirme pour sa part le Dr Alain Poirier, directeur de la Santé publique de l’Estrie (Québec).
Comme souvent avec les incompétents, il se contredit quelques lignes plus loin. Un produit qui n’a qu’un effet mineur sur les sportifs devient capable de ressusciter les pertes de connaissances : « L’inhalation d’ammoniaque a longtemps été une pratique médicale utilisée pour réanimer un patient après une perte de conscience. Mais ce n’est plus recommandé, précise le médecin, car ça donne un choc au patient. Sa réaction rapide, si son état est précaire, peut nuire davantage qu’aider. »
Idée reçue : « pas sur la liste donc sans effet sur la perf »
Un autre avis du même tonneau explique que si la substance était efficace, elle serait prohibée par l’AMA. Pas sûr que cela soit la bonne explication.
Il faut rappeler aux ignorants les trois critères qui font qu’un produit consommé dans un but de performance peut se retrouver en liste rouge :
Amélioration de la performance,
Contraire à l’éthique sportive, et médicale,
Potentiellement dangereux pour la santé.
Rappelons que les sels d’ammoniaque sont inhalés par les sportifs depuis, au moins, … 1891 ! Cette pratique a d’abord surtout contaminé le noble art mais ensuite s’est répandu dans l’alpinisme, les six jours cyclistes, l’haltérophilie, le football, la lutte, le tennis, le hockey sur glace…
Ammoniaque ou alcali volatil
Solution aqueuse de gaz ammoniac (gaz dissout dans l’eau) incolore, à odeur pénétrante et aux propriétés alcalines, d’où son nom d’alcali volatil. L’ammoniaque s’emploie en inhalation par voie orale sous forme de 5 à 6 gouttes dans un verre d’eau. Elle influe sur le système nerveux central par excitation de la muqueuse nasale et de cette façon agit comme stimulant. A ce jour, elle fait toujours partie de la panoplie des soigneurs de boxe, d’haltérophilie et de hockey sur glace.
Dès le début de la lutte antidopage au mitan des années 1960, le seul discours des médecins pour décourager les sportifs, était de leur affirmer que les ‘’médocs énergisants’’ étaient inefficaces. Ainsi, on pouvait lire dans la presse sportive les avis des gardiens de l’éthique affirmant haut et fort que :
les amphétamines n’amélioreraient pas les performances,
les anabolisants n’avaient aucun effet pour prendre du muscle,
les corticoïdes étaient un non-sens pour booster son potentiel, etc.
Inutile de préciser que ces ‘’sapiteurs à la manque’’ s’étaient copieusement discrédités auprès de la gent sportive adepte des ‘’grains marginaux pharmaceutiques’’.
D’autres substances boostant les perfs ne sont pas sur la liste rouge
Ajoutons, pour enfoncer le clou, que de nombreuses substances plus performantes que les sels d’ammonium, elles non plus ne sont pas listées dans la nomenclature officielle des interdictions :
La triméthylxanthine (caféine)
Les hormones thyroïdiennes
Le Néoton® (créatine injectable)
La trinitrine (vasodilatateur coronarien)
Le Viagra® (sildénafil) (vasodilatation des vaisseaux sanguins pulmonaires)
Etc. (liste ouverte)
Au final, se référer à l’AMA, pour classer une substance en liste rouge ou l’écarter, n’est pas la bonne réponse. Par exemple, la caféine – un stimulant utilisé larga manu depuis bien au-delà d’un siècle par tous les athlètes de la planète et encore aujourd’hui – a été prohibé par le CIO de 1982 à 2003 pour être ensuite retirée des substances illicites afin de faire plaisir à Coca-Cola, le sponsor n° 1 de l’olympisme.
EN FICHIER joint – Dictionnaire du dopage – Fiche AMMONIAQUE et SELS D’AMMONIUM