Tour de France – Pourquoi ne doit-on pas croire aux classements des performances basés sur les calculs des watts…

Par défaut

De la pseudo-science ou l’art de transformer des approximations en vérités absolues

Même dans ‘’la preuvepar21’’, l’auteur – un irréductible des watts – reconnaît enfin : « Pour bien évaluer les w/kg réels sur le dernier col il faudrait peser les coureurs à l’arrivée des étapes. » [Post sur X le 22.07.2026]

3e article

Tour de France 2026 – Alpe d’Huez : un record de plus pour Tadej Pogacar

Par défaut

Mise à jour des datas sur l’ascension de l’Alpe d’Huez

Article publié le 24 octobre 2026 après la présentation du Tour le 23 octobre 2025

En fichiers joints (PDF) : Dossiers Alpe d’Huez + l’Alpe d’Huez en dates et chiffres

Tour de France actualité – Idée reçue : avant le dopage était dérisoire et les exploits énormes…

Par défaut

La désinformation sur le dopage ne faiblit jamais !

 En recyclant uniquement les papiers de leurs confrères – souvent aussi mal informés qu’eux – sans jamais creuser un sujet pourtant récurrent, en se fiant uniquement aux causeries entre amis avec les coureurs qui, à travers les époques, ont souvent minimisés la réalité des soins reçus, en oubliant tout du passé, les journalistes servent aux lecteurs une pseudo-expertise pour bisounours et non les commentaires réfléchis d’un phénomène scientifique, médical, historique.

Alexandre Roos, un disciple de cet enfumage, explique dans L’Equipe du 22 juillet 2026 : « avant 1990, le dopage était artisanal, voire folklorique ».

ENFUMAGE : Selon Alexandre Roos, le dopage avant 1990 était artisanal, voire folklorique ! « Entre le dopage ‘’artisanal’’ d’avant 1990, aujourd’hui souvent vu comme folklorique, avec ses anecdotes pittoresques, amusantes et donc toléré dans le récit, et celui de la période d’après, industriel, moralement réprimé. » [L’Equipe, 22.07.2026]

La preuve du contraire par les faits et les références. Piqûres de rappel pour amnésiques, naïfs, ignares ou complices passifs

CONSTATS :

  • Les transfusions sanguines ont fait leur apparition victorieuse dès le Tour 1976
  • Finalement, mis à part l’EPO, les produits de l’époque Armstrong étaient déjà utilisés dans les années 1960-1985 : testostérone et corticoïdes (1960), transfusions sanguines (1976), hormone de croissance (1983).

Tour de France – Des watts, encore des watts : une pseudo-preuve du dopage !

Par défaut

Au final, un diagnostic de triche pas plus scientifique qu’une rumeur !

2e article

par Laurent Heurtois

Spécialiste datas et optimisation de la performance (ergonomie, biomécanique); a travaillé chez Wattbike France, un importateur d’ergomètre

Les ignorants persistent à ne parler que de watts (dans les compétitions amateurs et même sur les cyclos comme Paris-Nice ou l’Etape du Tour), ils n’ont que ça à la bouche du matin au soir.

Mais que faire de ces données aléatoires surtout si l’on n’est pas data scientist?

Même les commentateurs et consultants de France Télévisions s’y mettent en admettant du bout des lèvres qu’ils n’ont pas les compétences!

Jeter en pâture des chiffres, pour en déduire qu’untel est chargé, sans tenir compte :

  • de ce que nous avons abordé dans un précédent article (publié le 11 juillet),
  • du coureur caché derrière la voiture d’un directeur sportif pour bénéficier de l’aspiration,
  • du bidon collé à répétitions qui fausse littéralement les données en temps
  • ou encore, par exemple, Nairo Alexander Quintana Rojas (spécialiste de la triche), qui s’agrippe à une moto au Tour de France 2016 et 2022 et adepte du tramadol, un antalgique puissant qui lui a fait perdre sa 6e place finale du Tour 2022.

Et les gains marginaux ? Comment, également, ne pas tenir compte des gains marginaux (vélo, équipement, aérodynamisme,…) ?

Il n’y a rien d’étonnant à ce que les moyennes évoluent positivement et qu’il y ait moins d’abandons dans les étapes difficiles.

Toujours les watts ? Stop à cette pseudo-science égarant les naïfs sans culture scientifique

Arrêtons de parler des watts et W/kg surtout lorsque l’on ne connaît pas les subtilités physiologiques (poids du coureur et de son équipement, avec ou sans bidon au départ de la course et déshydratation durant l’épreuve…) 

Comment indiquer des w/kg quand la presse donne souvent des chiffres erronés sur les poids des coureurs, poids qui peut varier de plusieurs kilos par rapport à la réalité! Les pseudos experts ne connaissent pas le poids réel au moment de leur calcul !

Autre exemple : un directeur sportif qui indique aux oreillettes de ses coureurs que la montée va se faire à tant de W/KG alors que ses propres coureurs n’ont pas du tout le même poids et le même objectif, et le plus désolant, c’est publié en direct à la télé, c’est totalement lunaire!

Par contre, tout le monde s’offusque lorsque des coureurs sont contrôlés en pleine nuit (il est vrai que des pratiques similaires de traque antidopage n’existent pas dans les autres disciplines), allant même – par un ancien coureur français impliqué dans des révélations – jusqu’à se poser la question de savoir si Jonas Vingegaard n’a pas chuté dans cette 15e étape du TDF 2026, à cause du contrôle antidopage nocturne un comble!

Ces contrôles antidopage ont été diligentés par l’International Testing Agency (ITA, fondée en 2018) et en partenariat avec l’UCI depuis 2020, pour, d’après les instances, des suspicions concordantes!

Seule la lutte antidopage – avec les noms des molécules détectées et pour celles qui ont un seuil de positivité leurs quantités trouvées dans les urines et/ou le sang – peut prouver qu’un athlète est dopé mais certainement pas les watts ou W/kg.

Laurent Heurtois

COMMENTAIRES Dr JPDM le 21 juillet 2026

Watts : méthode scientifique ou calculs-horoscope des pseudos s’exprimant sur le réseau social X ?

Les calculs de puissance d’un prof d’EPS (coach cycliste) et d’un ingénieur, publiés sur X, ne sont pas une preuve scientifique du dopage Ce sont des estimations biomécaniques dont la validité dépend de la précision des hypothèses, mais qui ne permettent pas, à elles seules, de conclure qu’un coureur est dopé.

La méthode repose sur des principes physiques réels. À partir de la vitesse, de la pente, de la longueur de l’ascension, du poids estimé du coureur et du vélo, de la résistance au roulement et de l’aérodynamique, le ‘’binôme des watts’’  estime la puissance développée. En ce sens, il ne s’agit pas d’inventer des watts « devant la télévision » : les calculs utilisent les lois de la mécanique.

En revanche, plusieurs limites importantes rendent les chiffres beaucoup moins percutants :

  • le vent est souvent mal connu,
  • le poids exact du coureur varie et est, le plus souvent faux,
  • la position aérodynamique et la surface frontale sont estimées,
  • l’aspiration derrière d’autres coureurs est difficile à modéliser,
  • les données de puissance réellement mesurées par le capteur du coureur ne sont généralement pas disponibles.

Ces incertitudes peuvent modifier le résultat de plusieurs pourcents, ce qui est loin d’être négligeable lorsqu’on cherche à distinguer une performance « humaine » d’une performance « suspecte ». Des physiologistes et spécialistes de la performance ont contesté l’idée que ces calculs puissent servir de preuve individuelle de dopage.

Le point le plus controversé est l’utilisation de seuils (410 W, 430 W, 450 W. .. ) pour qualifier des performances de ‘’suspectes’’, ‘’miraculeuses’’ ou ‘’mutantes’’. Ces seuils ne sont pas reconnus comme des critères officiels par les instances antidopage telles que l’Agence mondiale antidopage (AMA) ou l’UCI.

En pratique, les calculs du ‘’binôme des watts’’ sont utiles comme outil d’analyse ou comme indice. Si une performance estimée est très supérieure à ce qui est habituellement observé, cela peut justifier de s’interroger.

En revanche, cela ne constitue pas une démonstration scientifique qu’un coureur soit dopé. Pour établir un dopage, il faut des preuves analytiques : contrôles biologiques, passeport biologique, analyses de laboratoire mais aussi aveux ou éléments d’enquête pouvant témoigner du dopage.

Pourquoi cela séduit quand même ?

Parce que ça donne l’illusion d’un savoir scientifique : ça flatte l’ego du pseudo (« moi je vois ce que les autres ne voient pas »), ça lui permet de lancer des accusations sans preuves, d’avoir le soutien, sur les réseaux, de milliers de followers au bagage scientifique nul, incapables de discerner le vrai du faux… sans lesquels il n’existerait pas.

C’est le dopage des ‘’experts du Bar des Sports’’ : tout pour l’effet, rien pour l’éthique, et zéro courage derrière car :  « Je sais tout ce que prennent d’illicite les coureurs mais… je ne dis rien de concret, je crains les procès en diffamation.»

En réalité, ce qu’il sait sur les produits ne ferait pas avancer plus vite un escargot de compétition !

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES WATTS – Blog JPDM – Tour de Fance – Watts : des comparaisons à la louche ! POINT de VUE Laurent Heurtois (1er article) – publié le 11 juillet 2026 – publié le 11 juillet 2026

Tour de France ton histoire – La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’inédit

Par défaut

La Grande Boucle sous canicule n’a rien d’un phénomène nouveau. Si certains pointent le dérèglement climatique pour expliquer la multiplication récente des épisodes de surchauffe, la chaleur écrase le Tour depuis des décennies. Les éditions 2019, 2023 ou 2026 ont rappelé que la fournaise fait désormais partie du décor estival, mais l’histoire du Tour regorge déjà de journées brûlantes où les coureurs ont dû composer avec des températures extrêmes.

Les clichés des Tours anciens rappellent ces journées écrasantes où l’ingéniosité valait autant que les jambes. On y voit des coureurs cherchant l’ombre, s’aspergeant à chaque fontaine, ou bricolant des systèmes de refroidissement maison pour tenir jusqu’à l’arrivée. La canicule n’a jamais épargné la Grande Boucle. Elle s’est simplement invitée plus souvent ces dernières années.

En fichier PDF – Des archives qui témoignent d’une lutte permanente contre la chaleur

POUR EN SAVOIR PLUSBLOG JPDM – Autre lien sur surchauffe de l’air et effort physique prolongé

Tour de France ton histoire – Canicule : attention à la surchauffe boostée par la compétition. Aspersions et ablutions, deux techniques efficaces limitant la montée des degrés corporels – publié le 29 juin 2019

Jeux olympiques de Paris – La surchauffe va perturber les épreuves et les entraînements programmés dans Paris et sa région. Alerte aux méfaits des médicaments associés à de fortes contraintes thermiques. L’été, en plus des athlètes olympiques, il y a de très nombreuses personnes qui continuent à se maintenir en forme en courant, pédalant ou en jouant au tennis – publié le 31 juillet 2024.

Tour de France 2026 – Antisurchauffe : l’équipe Visma porte un maillot noir malgré les fortes chaleurs annoncées. Pourquoi le maillot noir de Visma en 2026, de Sky de 2010 à 2018 et de Tudor depuis 2023, n’est pas pénalisant face à la surchauffe de l’été ? Depuis 1906, les scientifiques à juste raison en l’état actuel des connaissances, expliquent que les couleurs claires, notamment le blanc, sont plus adaptées face à l’intensité du rayonnement solaire – publié le 05 juillet 2026

Tour de France / Physiologie – La surchauffe s’invite sur la Grande Boucle. Comprendre ce qu’il faut faire pour ne pas cramer. Une image, des infos – publié le 10 juillet 2026

Tour de France ton histoire – Ravitaillement liquide de 1903 à 2026

Par défaut

Des récipients en verre interdits dès 1911, à l’autorisation du ravitaillement en boissons en pleine course — qui ouvrira la voie au bidon‑motorisé — jusqu’à l’apparition de la moto fraîcheur en 1998 : le texte et l’image retracent 123 ans d’évolution du ravitaillement cycliste.

FICHIER PDF – Evolution du transport liquide sur les routes du Tour de France de 1903 à 2026

POUR EN SAVOIR PLUS – BLOG JPDM – Autre lien à consulter sur le ravitaillement du cycliste TDF

Tour de France – Jour de repos : récupérer en roulant au train, sans forcer, et non faire relâche

Par défaut

Pour un cycliste du Tour de France, un jour de repos n’est pas un véritable jour de repos. C’est une journée de récupération active dont l’objectif est de restaurer les capacités physiologiques tout en évitant les effets négatifs d’une inactivité complète. Cette journée présente plusieurs contraintes.

Après 9 étapes consécutives à haute intensité (moyenne du peloton : 41,8 km/h), les muscles présentent :

  • des microlésions des fibres musculaires,
  • une inflammation locale importante,
  • une diminution des réserves de glycogène, même avec une alimentation adaptée.

Le jour de repos est consacré à :

  • entraînement léger (1 à 2 heures à faible intensité, soit 50 à 60% de la PMA (puissance maximale aérobie) pour maintenir l’activité de la circulation sanguine en mode endurance,
  • massages,
  • séances de compression, de cryothérapie ou d’immersion en eau froide selon les équipes,
  • alimentation riche en glucides et en protéines.

L’objectif est d’accélérer la réparation sans créer de fatigue supplémentaire.

Un arrêt complet de l’exercice peut entraîner :

  • une diminution du volume plasmatique,
  • une sensation de jambes« lourdes » le lendemain,
  • une perte temporaire de sensations neuromusculaires.

C’est pourquoi presque tous les coureurs roulent durant le jour de repos.

On parle souvent d’une récupération active, généralement à moins de 55-60 % de leur PMA

Après 1 421,5 km parcourus :

• le cortisol reste élevé,

• la testostérone diminue,

• certaines hormones impliquées dans la récupération sont perturbées.

Le sommeil et la nutrition deviennent donc essentiels pour rééquilibrer progressivement ces paramètres.

Les efforts répétés provoquent une baisse transitoire des défenses immunitaires

• augmentation du risque d’infections ORL,

• plus grande sensibilité aux virus circulant dans les hôtels ou les transferts,

Les équipes limitent les contacts extérieurs (certains coureurs portent des masques en zone à risques, par exemple Jonas Vingegaard et Pauls Seixas ), surveillent l’hygiène et adaptent parfois les apports en vitamines et en énergie.

Un coureur peut dépenser entre 5 000 et 8 000 kcal lors d’une étape de montagne. Le jour de repos, il faut :

• continuer à reconstituer les réserves de glycogène,

• réparer les tissus musculaires (ajout de protéines),

• en raison de la détente psychologique lors des repas du jour : éviter de se suralimenter.

L’équilibre est délicat : manger suffisamment pour récupérer, mais pas davantage par rapport à la diminution de la dépense énergétique du jour

Le cœur et le système circulatoire sont fortement sollicités pendant les 9 étapes

Le jour de repos permet :

• une diminution de la fréquence cardiaque de repos,

• une meilleure réhydratation,

• une restauration du volume sanguin.

Cependant, la récupération est loin d’être complète, car la course reprend dès le lendemain.

La charge psychologique est considérable ,

• concentration permanente (rouler en peloton pendant des heures guidon contre guidon),

• stress lié aux chutes (plus fréquentes en première semaine),

• pression des objectifs de performance (différents classements mobilisent de nombreux coureurs)

• sollicitations médiatiques(leaders, échappés, régionaux).

Le jour de repos comprend souvent :

• des interviews,

• des réunions d’équipe,

• des soins médicaux,

• des déplacements,

• des contacts en live ou par téléphone avec la famille (compagne, enfants, parents).

Le temps réellement consacré au repos est donc plus limité qu’il n’y paraît.

De nombreux coureurs rapportent que l’étape suivant le jour de repos est souvent l’une des plus difficiles. Plusieurs mécanismes peuvent l’expliquer :

• perte de rythme liée à une baisse d’activité,

• récupération incomplète malgré le repos,

• modification des sensations musculaires,

• changements hormonaux et métaboliques.

Les staffs médico-sportifs cherchent donc à maintenir une légère stimulation de l’organisme sans ajouter de fatigue.

Certains y trouvent un effet réparateur si c’est avec sa partenaire habituelle.

D’autres un contrecoup néfaste. C’était l’avis de Jacques Anquetil, quintuple lauréat du Tour qui, à la question sexe ou pas ?, répondait : « Le jour de repos où j’ai sacrifié à la bagatelle, le lendemain j’ai subi un coup de mou ! Dès lors, je me suis abstenu. »

POST-IT – Récupération – Depuis 2005, les injections ou perfusions de 100 ml sur une période de 12 heures sont interdites même si la substance injectée n’est pas dopante (exemple : réhydratation par du sérum physiologique).

Problème : la perfusion de récupération avec du sérum physiologique n’est pas détectable lors d’un contrôle. Il faut que l’inspecteur antidopage surprenne sur le fait le contrevenant. Peu probable !

En résumé

Le jour de repos vise à trouver un équilibre entre récupération et maintien des adaptations physiologiques. Les principales contraintes sont :

• réparer les muscles sans perdre le rythme,

• reconstituer les réserves énergétiques,

• limiter l’inflammation et la fatigue hormonale,

• préserver le système immunitaire,

• gérer la fatigue mentale,

• préparer l’organisme à repartir à très haute intensité dès le lendemain.

Chez les meilleurs coureurs du Tour, cette journée est minutieusement planifiée. Chaque heure est optimisée (entraînement léger, soins, nutrition, sommeil et récupération) afin d’aborder la deuxième semaine avec le moins de fatigue résiduelle possible et un mental ressourcé vers l’objectif.

En fichier joint : Album photos des jour de repos du Tour de France, années 1970

Tour de France – Watts : des comparaisons à la louche !

Par défaut

Laurent Heurtois

Spécialiste datas et optimisation de la performance (ergonomie, biomécanique), a travaillé chez Wattbike France, un importateur d’ergomètres

QUESTION DU Dr JPDM :

Yoann Offredo, ancien coursier aujourd’hui consultant sur France Télévisions, évoque, suspicieux, l’ascension du Tourmalet dans laquelle Tadej Pogacar a maintenu une puissance de 6,7 watts par kilo de poids corporel [La Dépêche, 09.06.]

Alors peut-on se fier aux chiffres des watts pour évaluer la puissance développée et le niveau de performance du Slovène ?

Pas sûr ! En tout cas, le point de vue de Laurent Heurtois émet un gros doute.

En fichier joint (PDF) – Le texte de Laurent Heurtois