Top 15 des ouvrages truffés d’erreurs par des auteurs méprisant les lecteurs
Que les auteurs sélectionnés dans ce TOP 15 se ne trompent pas de cible : ce n’est pas de Mondenard leur adversaire mais leurs carences à la fois sportives et professionnelles.
Par un trio de journaliste de Sud-Ouest, Hevé Mathurin, Jean-Caude Felon, Julien Duby
Des bourdes, des fautes et des approximations à la pelle sur le Monument N° 1 du cyclisme et sur ses serviteurs
57 erreurs ! Oui, 57 !
Des dates d’état civil erronées. Des nombres de victoires faux. Des participations inexactes. Des photos doublées pour illustrer deux coureurs différents avec le même cliché. Des légendes fantaisistes. Et même… un négatif publié tel quel.
Pour un « beau livre » illustré de 141 pages, c’est beaucoup. Beaucoup trop.
Comment les 100 cyclistes sélectionnés — dont la majorité est encore en vie — peuvent-ils se réjouir de figurer dans cet ouvrage face à leurs proches et à leurs supporters ?
Un travail bâclé
Les trois auteurs ne sont pourtant pas des novices. Envoyés spéciaux à de multiples reprises sur le Tour, deux d’entre eux comptent plus de vingt éditions au compteur. On pouvait attendre rigueur et précision. Alors que s’est-il passé ? Copier-coller d’ouvrages déjà truffés d’erreurs, reproduites d’année en année ? Confiance excessive dans des souvenirs non vérifiés ? Course contre la montre éditoriale sans contrôle des sources ni relecture sérieuse ?
Et l’éditeur ? Méconnaissance du sujet ? Absence de relecteur spécialisé, alors qu’il existe de véritables historiens de la Grande Boucle ? Quant au travail iconographique, il laisse lui aussi perplexe.
Le vrai problème
Le plus inquiétant n’est pas là. Signé par trois journalistes chevronnés, témoins de décennies d’épopée du Tour, ce livre risque de devenir une référence. Et donc de servir de base à d’autres ouvrages. Avec, à la clé, une propagation et une amplification des erreurs.
Une déception à 30 euros
Au final, le sentiment est amer. Les lecteurs de Sud-Ouest se retrouvent avec un ouvrage approximatif vendu 30 euros.
Un point positif. Le seul
Dans ce flot de bévues, un seul point mérite d’être souligné : le traitement du dopage. Les auteurs mentionnent clairement ceux qui ont été liés aux pratiques interdites — Jean Malléjac, Cyrille Guimard, Laurent Brochard, Armand De Las Cuevas, Jacky Durand, Luc Leblanc, Laurent Jalabert, Pascal Lino, Pascal Simon, Richard Virenque — et distinguent ceux reconnus comme épargnés : Christophe Bassons, Charly Mottet, David Moncoutié.
En résumé
Sur 57 erreurs relevées, une trentaine ont été détaillées et sourcées, notamment les plus emblématiques. Pour un ouvrage consacré au Monument n°1 du cyclisme, l’approximation ne peut pas être une option.
Fichier joint en PDF : « 100 Français dans l’histoire du Tour de France de 1903 à nos jours » – les erreurs relevées par JPDM
Trop d’erreurs. Trop d’approximations sur le vélo. Trop de confusions et de lacunes historiques, notamment concernant le Tour de France.
Proposer à la vente un ouvrage aussi truffé de fautes relève, au mieux, de la négligence, au pire, d’un profond manque de respect envers les lecteurs.
Douze auteurs ont contribué à ce livre, publié par Hatier — un éditeur qui semble pourtant ignorer les bases du cyclisme, au point de laisser paraître un tel concentré d’erreurs sans la moindre vérification sérieuse.
Le concept
Paru fin 2024 aux éditions Hatier (collection Play Bac), L’Année à bloc – La Passion du vélo propose, sous forme de fiches quotidiennes, un parcours d’infos cyclistes à lire pendant l’année 2025.
Depuis trois ans, j’anime sur ma page Facebook un quiz consacré au cyclisme en général et au Tour de France en particulier. À partir de juin 2025, j’y ai intégré les erreurs relevées dans L’Année à bloc. Elles sont désormais rassemblées dans un article de blog, classées par date de parution.
La sélection présentée ici comporte 13 corrections détaillées. Neuf autres, plus brèves, figurent dans une rubrique « En vrac ». Et malgré ces 22 rectifications, la liste des inexactitudes est loin d’être close.
Amis lecteurs, passionnés de cyclisme et de la Grande Boucle, ces erreurs et leurs correctifs — appuyés sur des sources fiables — vous permettront au moins d’enrichir et de consolider vos connaissances.
Reste une question : quelles sont les méthodes éditoriales de Hatier pour publier un tel ouvrage ? Miser sur la méconnaissance ou la naïveté des lecteurs ne saurait constituer une ligne éditoriale acceptable.
À mes yeux, une seule destination pour ce livre : la poubelle jaune.
Fichiers joints (PDF)
L’Année à bloc – 13 questions/réponses sur Facebook : Jean Pierre Demondenard
L’ITIA, Agence antidopage du tennis, demande aux joueurs (ses) de se doucher en restant à la vue de leur accompagnateur ou escorte…
En avril 2025, l’Agence antidopage du tennis (ITIA) édicte une nouvelle règle pour les contrôles :
« L’ITIA et l’ITF ont travaillé d’arrache-pied pour faire en sorte que les douches qui suivent les matchs puissent constituer un retard admissible pour les contrôles antidopage, en particulier lorsque l’absence de douche peut avoir un effet préjudiciable sur la santé et le bien-être d’un joueur. Cependant, prendre une douche n’est pas un droit. Pour cette raison, l’ITIA demande gentiment aux joueurs de se doucher en restant bien à la vue de l’accompagnateur qui les observe à tout moment. Si un joueur ne se sent pas à l’aise sur le fait d’être surveillé durant sa douche, nous suggérons d’examiner s’il est nécessaire de prendre une douche avant de fournir l’échantillon de contrôle antidopage. Le fait de ne pas rester à la vue de l’accompagnateur sera pris extrêmement au sérieux par l’ITIA. » [communiqué du 18 avril 2025]
Il est clair que cette mesure n’a pas été prise à la légère en raison de plusieurs cas suspects de tentative de substitution d’urine, sous la douche, un lieu où il est plus facile d’’enfumer’’ le (la) contrôleur (se).
Selon le site Motoclismo : « L’Agence internationale d’intégrité du tennis (ITIA) a émis des directives strictes concernant le comportement des joueurs subissant des tests de dopage, soulignant l’importance de maintenir la visibilité du chaperon à tout moment, même pendant des moments apparemment privés comme la douche. Toute déviation de ce protocole ne sera pas prise à la légère, l’ITIA étant prête à infliger de sévères pénalités à ceux qui osent désobéir. »
Pourquoi le tennis s’intéresse-t-il subitement à la surveillance pointilleuse de la douche ?
Depuis les premiers contrôles antidopage, au mitan des années 1960, les sportifs face à cette mesure – alors qu’ils sont pour la plupart soignés avec des substances illicites – étant inexpérimentés face à cet examen vont se faire épingler par la patrouille avec un test positif. Par exemple, lors de la première année des prélèvements en 1966, pour l’ensemble des fédérations, le pourcentage de cas positifs atteint 32,5%. Sur le Tour de France 1966, on comptabilise 50% de positifs.
Très rapidement, grâce à la substitution d’urine, les sportifs vont s’adapter, notamment sur le Tour de France 1967 (43%), 1968 (1,3%), 1969 (4,5%), 1970 (0%).
La lutte antidopage va crier victoire, interprétant ces chiffres comme la démonstration que les cyclistes respectent le règlement en écartant les substances illicites.
Le biais dans cette interprétation valorisant l’efficacité des contrôles s’appelle la substitution d’urine mais aussi un nombre conséquent de substances indécelables.
La substitution d’urine et/ou l’altération des urines.
Le remplacement des urines contenant le produit illicite par celles d’un tiers n’est pas aussi rare qu’on pourrait le penser même aujourd’hui dans toutes les spécialités sportives, notamment le tennis. Une poire en caoutchouc ou un sachet d’urine dissimulé pour les cyclistes dans le cuissard, sous l’aisselle, un préservatif dans le vagin ou le rectum sont des techniques courantes dans tous les sports.
Statistiques : des chiffres faussement rassurants occultant le biais des substitutions d’urine
C’est le Dr Pierre Dumas, médecin-chef du Tour de France de 1955 à 1967 et de la Fédération française de cyclisme, qui témoigne à deux reprises de l’efficacité présumée de la lutte antidopage en occultant la tricherie bien huilée des sportifs lors du recueil des urines.
1. « Lors des premières enquêtes faites depuis une dizaine d’années, et des recherches des stimulants dans les urines, nous retrouvons une proportion d’utilisateurs d’environ 60 %. Depuis la publication de la loi et l’application des règlements, ce chiffre est tombé l’an dernier à 30 % et cette année, lors des derniers contrôles (équipes de France amateurs, Tour de l’Avenir, les premiers de la Course des Nations), il n’a plus été retrouvé de traces de stimulants, et pourtant l’équipe de France amateurs a glané tous les titres de la Course des Nations qui s’est courue à plus de 47 km/h. Le récent exploit de Ferdinand Brake, qui, en se soumettant au contrôle, a pu démontrer que le record était possible sans recourir à l’emploi de produits stimulants. » [in « Pourquoi une loi sur le doping en France ? », Vie méd., 1968, 49, spécial 2, juin, pp 49-57]
2. « Il y a cinq ans, la proportion d’utilisateurs de stimulants de type amphétaminique était de 30% (en Italie : championnats amateurs 46,6% en 1961, championnats professionnels de football : 22%). En 1972, sur près de mille contrôles, la proportion a été ramenée à 2,6%. Ces chiffres démontrent qu’il est possible de réagir contre cette pratique dangereuse : ‘’le doping’’ mais pour cela, il fallait d’abord prendre conscience du problème et de ses dangers, passer par un stade répressif tout en l’associant à l’éducation et à la propagande. Nous devons ici remercier la presse qui nous a beaucoup aidés. Le succès de cette campagne est dû aux efforts du secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, en particulier au directeur des Sports, le colonel Marceau Crespin, au chef du Bureau médical, le docteur Henri Périé, à la compréhension de la FFC, des dirigeants et pratiquants et surtout au dévouement bénévole des médecins fédéraux. » [Gazette médicale de France, 1973, 80, n° 4, 26 janvier, p 503]
Même les journalistes tombent dans le piège de la désinformation des statistiques biaisées – L’exemple de Jean Boudey, journaliste de sport, envoyé spécial sur le Tour de France de 1947 à 1974, en témoigne :
« Le docteur Pierre Dumas, responsable du contrôle antidopage, nous avait donné trois ans pour voir disparaître le doping du Tour de France. Il a tenu parole. Il n’y a plus de contrôle positif et la peur de la sanction est devenue le commencement de la sagesse. Une bataille semble avoir été gagnée et le moins que l’on puisse dire est bien qu’on le doit aux efforts patients et persévérants d’un service médical jeune et dynamique, bien pénétré de la question et dont la compétence s’affirme chaque Tour d’avantage. » [La Dépêche du Midi, 07.07.1973]
Effectivement, dès 1970, les cas positifs étaient proches de zéro, cela n’a pas changé puisqu’en 2024, les stats de l’AMA sont inférieures à 1% (0,85).
On comprend pourquoi le tennis en surveillant la douche de façon pointilleuse, essaie de faire obstacle à la substitution d’urine.
Pour que le contrôle sous la douche soit performant, il faut que les accompagnateurs soient du même sexe que le sportif et expérimentés. Ne pas avoir d’état d’âme face à la célébrité du sportif soumis au contrôle de visu.
Pièces jointes (PDF):
1. Substitution d’urine : les étapes
2. La réglementation
3. Chronologie des subterfuges
4. C’est pour un contrôle : 3 douches sur la sellette.
Victime d’une usurpation d’identité (ma boîte mail piratée) vous recevez peut-être un message « de ma part » vous sollicitant pour m’envoyer de l’argent.
Surtout n’y répondez pas. C’est bien sûr une escroquerie
Merci à vous tous de continuer à lire mon blog pour être informé de l’actualité médico-sportive traitée à la façon JPDM.
Le sexe masculin, instrument et / ou témoin du dopage ?
Quatre situations différentes où le pénis a joué un rôle comme amplificateur de performance
Cas les plus emblématiques
Saut à ski : agrandir son pénis par injection d’acide hyaluronique
Selon le média allemand Bild, repris par lequipe.fr, certains sauteurs à ski auraient recours à des injections à base d’acide hyaluronique in situ pour agrandir leur sexe dans le but de porter une combinaison avec un entrejambe le plus bas possible.
Ce truquage permet d’avoir une plus grande surface de tissu dans l’entrejambe et donc de voler plus longtemps. Selon la revue scientifique ’’Frontiers’’, un ajout de 2 cm à la combinaison permet d’allonger de 5,8 m la distance du saut. Si c’est vraiment le cas, on peut le qualifier de dopage technologique.
Selon la Fédération internationale de ski, aucune preuve ne permet d’affirmer que des sauteurs à ski ont eu recours à un élargissement du pénis. De même, les sauteurs français sont sceptiques. Mais selon l’adage : pas de fumée sans feu, pourquoi pas ?
Rappelons que par rapport aux méthodes de triche saugrenues, au mitant des années 1970, les nageurs ouest-allemands ont expérimenté en marge des JO de Montréal, l’insufflation rectale de 1,8 litre d’air pour booster la flottabilité. L’affaire tourna court par manque d’efficacité.
Contamination sexuelle par un partenaire au pénis ‘’dopé’’, nouvelle excuse pour un contrôle positif
Contamination sexuelle lors d’un rapport non protégé. Cela se fait le plus souvent à l’insu de l’athlète. L’amant, lui aussi sportif, se dope sans prévenir son amie. Ce cas non exceptionnel porte le nom de contamination par fluides corporels.
D’autres histoires de pénis et de substitutions d’urine – Au mitan des années 1990 : un faux pénis pour ‘’enfumer’’ le médecin-contrôleur
Le gadget pour homme – faux pénis – fait son apparition dans les alcôves antidopage au mitan des années 1990. Avec cet appareil destiné à enfumer le médecin officiel, le sportif le remplit à l’avance d’urine propre puis le transvase à l’insu lors du contrôle.
Mike Tyson, le célèbre boxeur, dans sa biographie (2014) raconte avoir utilisé ce subterfuge en 2000 avant un combat contre L. Savarese. Adepte de la cocaïne et de l’herbe, pour ne pas se faire épingler, Tyson avait utilisé un faux pénis rempli de l’urine saine d’un assistant.
Le basketteur Lamar Odom, ancien joueur des Lakers, a avoué lui aussi dans sa bio avoir utilisé un faux pénis (kit disponible sur internet) en 2004. Grâce à cette astuce, Lamar a été sélectionné pour les Jeux d’Athènes où les Etats-Unis ont obtenu la médaille de bronze.
L’athlète italien Devis Licciardi, en 2013, à la fin de l’épreuve du 10 km route des championnats d’Italie, lors du test urinaire suivant l’épreuve, a été surpris en train d’utiliser un faux pénis. Il a été suspendu 3 ans par le Comité olympique italien (Coni).
Cinéma – il faut sauver le sergent Horwath – En 2005, les démêlés avec la justice de l’acteur Tom Sizemore (qu’on a vu notamment jouer dans le rôle du sergent Horwath dans « Il faut sauver le soldat Ryan ») égaient les colonnes des journaux people aux Etats-Unis. Non content de flanquer des volées à sa chère et tendre (laquelle a fait quelques séjours derrière les barreaux pour avoir dirigé un réseau de prostitution), il vient de gagner à son tour la prison pour avoir tenté de tricher lors d’une analyse d’urine, la police le soupçonnant de se droguer. Sizemore, que Hollywood avait rayé de ses tablettes, n’avait pas trouvé mieux que d’utiliser pour ce contrôle… un pénis artificiel ! Il n’y a pas que les sportifs qui pratiquent le tour de passe-passe de la substitution d’urine. (Dr JPDM) – [Front du dopage, Sport et Vie, n° 92, septembre-octobre, 2005]
Une érection remarquable – Même après plus de 250 km de course, on peut présenter une virilité inattendue. Décryptage.
Erection inattendue. Lors du recueil des urines après une épreuve d’endurance (cyclisme, ski de fond, marathon), l’officiel chargé du test peut constater que le sportif présente une érection notable, déroutante dans ces circonstances d’après-course, signant la prise d’amphétamines !
Témoignage du Dr JPDM –
Il y a plus de cinq décennies, un coureur néerlandais spécialiste des courses d’un jour, remportait sous un chaud soleil, une classique de fin de saison. Comme le règlement l’imposait, les trois premiers et deux coureurs tirés au sort devaient se présenter au contrôle antidopage (aujourd’hui la règle est un peu différente). Dans les grandes courses organisées par la société du Tour de France, cette investigation se déroulait habituellement à l’abri des regards indiscrets, dans une caravane réservée à cet effet et située aux abords de la ligne d’arrivée.
A notre grand étonnement – nous étions le médecin mandaté pour le prélèvement des liquides biologiques – le vainqueur se présenta emmitouflé d’un anorak style vainqueur de l’Everest alors qu’il faisait plus de 20 degrés. Nous l’invitons à satisfaire à l’opération en le prévenant que seules seront prises en compte les urines provenant réellement de sa vessie. Cette mise en garde était loin d’être superflue dans la mesure où le garçon avait déjà eu dans le passé quelques difficultés avec le contrôle médical et son accoutrement laissait présager quelques manœuvres sournoises !
Alors qu’en course, devant les caméras de télévision, il arrosait sans retenue et sans complexes les objectifs braqués sur la scène, toujours acrobatique, des routiers se livrant, tout en roulant, à l’opération pipi, là, avec pour seuls témoins le médecin et le contrôleur UCI (Union cycliste internationale), il invoque sa pudeur et sa timidité à opérer de visu. Uriner d’accord mais en tournant le dos, tel est son credo.
Insistance énergique de notre part, petit ballet autour de lui pour tenter d’y voir quelque chose derrière les pans de son harnachement et le flacon qui se remplit silencieusement, sans le bruit caractéristique du jet frappant les parois du récipient en verre. Bien entendu, manœuvre classique du falsificateur, l’urine s’écoulait de la tubulure d’une petite poire en caoutchouc cachée dans les plis de son cuissard. Deuxième surprise de cette expertise qui n’en manquait pas, et preuve accablante de son dopage, il présentait une superbe et incontrôlable érection tout à fait typique d’une consommation d’amphétamines !
Il fut déclassé et sanctionné lourdement pour fraude caractéristique au contrôle antidopage. Comme nous l’avons dit plus haut, il avait déjà eu dans le passé maille à partir avec les tests d’urine. En effet, quelques années auparavant, après avoir remporté une épreuve italienne de renom, il avait réussi, au moment du contrôle, à transvaser avec son système, dans le flacon officiel… les urines de son soigneur.
A son grand étonnement, il fut déclaré positif. Explication de texte : l’épouse de son serviable compagnon avoua qu’il arrivait à son mari de prendre des produits dopants pour combattre la fatigue des heures de route qu’il accomplissait au volant de sa voiture. Pour la compétition incriminée, il était parti de Belgique, avait traversé de nuit, en voiture, tout le nord-est de la France, la Suisse et, bien sûr, n’avait pas failli à la tradition en se « chargeant » au maximum pour ne pas s’assoupir au volant.
Epilogue : notre invétéré tricheur avait été évidemment exclu de la première place.
Le 60e Super Bowl a eu lieu le 08 février au Levi’s Stadium de Santa Clara (San Francisco, Californie) devant 68 500 spectateurs et près de 200 millions de téléspectateurs. Les Seahawks de Seattle (Washington) ont battu 29 à 13 les News England Patriots. En nombre de victoires au Super Bowl, Les Seahawks en sont à deux titres ; les Patriots toujours devant avec 6 trophées Vince Lombardi (nom de l’entraîneur principal de la franchise lauréate des deux premiers Super Bowl)
Un sport de combat controversé autant par les valeurs qu’il véhicule que par sa transgression permanente de l’éthique médicale
Des gladiateurs aux cerveaux commotionnés et aux muscles hypertrophiques se sont affrontés ce dimanche 08 février avec la finale du 60eSuper Sunday.
Le Super Bowl, vitrine mondiale du football américain met en scène un sport fondé sur la violence extrême et les chocs répétés. Derrière le spectacle, les conséquences sont lourdes : dopage (cannabis XXL, cocaïne, stéroïdes anabolisants), blessures graves, commotions cérébrales et encéphalopathie traumatique chronique (ETC). De nombreux anciens joueurs présentent des trajectoires marquées par la dépression, les addictions, la criminalité et un taux de suicide anormalement élevé. Le cas d’Aaron Hernandez, star devenue meurtrier puis suicidé, illustre tragiquement ces dérives (L’Affaire Aaron Hernandez, un fait divers emblématique des dérives de ce sport – lire l’enquête de James Patterson (334 pages), publiée aux USA en 2018 et traduite en français en 2024 chez Hachette).
Études scientifiques et faits divers révèlent un lien préoccupant entre violences sur le terrain et comportements destructeurs hors du stade. Cette accumulation interroge la responsabilité des instances sportives et le modèle d’un sport devenu, selon certains, l’un des plus toxiques et mortifères au monde. Même des figures politiques comme Barack Obama ont publiquement mis en garde contre l’omniprésence des brutalités avec les risques pour le cerveau et qu’aucun père ne pouvait laisser un fils s’engager dans le foot US.
Football américain : la déglingue des physiques et des cerveaux
Ces quelques titres de la presse depuis plus d’un siècle permettent de comprendre que ce sport est la déglingue du corps programmée autant au physique qu’au mental
1922 « Deux épisodes du jeu le plus brutal du monde » – Le Miroir des Sports, 1922, n° 124, 16 novembre, p 314
1923 « Le rugby américain produit souvent l’effet d’une décharge de mitrailleuse ou d’un bouleversement sismique » – Le Miroir des Sports, 1923, n° 174, 01 novembre, p 276
1926 « Dans le rugby américain, l’obstruction est non seulement permise mais encore recommandée et pratiquée. » – Le Miroir des Sports, 1926, n° 342, 02 novembre, p 330
1938 « Le sport le plus viril du monde » – Le Miroir des Sports, 1938, n° 1035, 01 novembre, p 14
1954 « Aux USA, une saison se solde par trente morts » – Miroir Sprint, 1954, n° 395, 4 janvier, p 3
2000 « De bien tristes gladiateurs : le football américain tue en dehors et à l’intérieur des stades » – Le Figaro, 21.02.2000
Etc.
COMMENTAIRES du Dr JPDM – en 11 tweets sur les dérives de ces joutes sportives hyperviolentes où l’on devrait poursuivre pour non-assistance à personne en danger les dirigeants de la NFL, les présidents des franchises, les coachs, les staffs médico-techniques, les médias et les spectateurs !
Les joueurs, pendant leur période d’activité, ignorent tout sur les conséquences physiques et mentales pour le reste de leur vie.
1. Foot US / Super Bowl : le 8 février, finale du 60eSuper Sunday. Un show ultra-médiatisé où la violence et les blessures s’exhibent en direct. Une partie du public vient surtout voir ses joueurs « démolir » l’adversaire, au mépris des corps.
2. Dopage, violence et blessures graves font partie du spectacle. Mais l’après est sombre : commotions cérébrales, agressions, homicides, suicides et espérance de vie parmi les plus basses de toutes les professions aux États-Unis.
3. La finale oppose les New England Patriots (6 titres) aux Seahawks de Seattle (1 titre). Côté anciens Patriots, Aaron Hernandez s’est illustré bien au-delà du terrain : deux tentatives de meurtre, un double homicide et un assassinat et finalement un suicide.
4. Condamné à perpétuité, Aaron Hernandez se suicide 4 ans après son incarcération. L’autopsie de son cerveau révèle une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) majeure, liée aux commotions cérébrales, favorisant pulsions meurtrières et suicidaires.
5. Selon The Lancet, le taux de suicide chez les joueurs de foot US serait 65 fois supérieur à la moyenne américaine. Autre étude : sur 1 590 joueurs analysés, 32 % possédaient un casier judiciaire. Des chiffres qui interrogent.
6. Cannabis (75 % des joueurs), cocaïne, stéroïdes anabolisants : ces produits, associés aux commotions cérébrales, alimentent violence et perte de contrôle. Résultat : braquages, violences conjugales, séquestrations et autres crimes.
7. Super Bowl XLII (2008) : 9 joueurs avec un passé judiciaire sur le terrain. Super Bowl XXXIV : deux joueurs du Tennessee jouaient en liberté conditionnelle, condamnés pour violences conjugales et homicide. Le spectacle continue malgré tout.
8. Depuis des années, le foot américain cumule violences sur le terrain, crimes hors stade, dopage et trafic de drogue. Des affaires d’homicide impliquant des stars surgissent régulièrement et saturent l’espace médiatique.
9. L’accumulation de ces dérives, à l’opposé des valeurs sportives, pose une question centrale : le foot américain, sur et hors du terrain, n’est-il pas l’un des sports de compétition les plus destructeurs au monde ?
10. En 2014, Barack Obama, président des USA, lance un message fort : conscient de la brutalité et du mépris du corps dans le foot US, il déclare : « Si j’avais un fils, je ne l’aurais pas laissé jouer. »
11. Pour comprendre la chute d’Aaron Hernandez — violence, meurtres, suicide — lire l’enquête de James Patterson (334 pages), publiée aux USA en 2018 et traduite en français en 2024 chez Hachette.
6 tweets JPDM sur l’affaire O.J Simpson
Stéroïdes anabolisants (SA) – O.J. Simpson, l’ancienne gloire du football américain décédé le 10 avril à l’âge de 76 ans avait été il y a 30 ans la star du procès du siècle où il avait été acquitté du meurtre de son ex-épouse et de son ami.
SA – Néanmoins, il sera reconnu responsable du double meurtre lors d’un procès civil en 1997 et condamné à verser aux familles des victimes 33 millions d’euros. Ces dernières ne toucheront jamais le moindre centime !
SA – En novembre 2016 Canal+ a présenté une série de 10 épisodes The People vs OJ Simpson sur le double meurtre perpétré par l’ex-Running back. Son ex-femme découverte égorgée et son ami gisant près d’elle le corps lardé de coups de couteaux.
SA – En toile de fond de ce double meurtre, la consommation de stéroïdes anabolisants. Depuis une trentaine d’années, de plus en plus de gros bras – footballeurs américains et bodybuilders notamment – se retrouvent, pour des actes de meurtres sauvages, en conflit avec la justice.
SA – Cet effet secondaire des engrais musculaires surnommé depuis le mitan des années 1980 ‘’la rage des stéroïdes’’ (roid rage en anglais) expose le consommateur assidu à des accès de violence incontrôlés. Oscar Pistorius en est aussi un autre exemple.
En pièces jointes (PDF) –
Décès prématurés : l’hécatombe des gladiateurs des temps modernes de 1905 à 2005 (pour la suite, consulter les sites accès sur ce thème)
En chiffres – Des données qui permettent de mieux appréhender les dérives du foot US
C’est en 1950, au pied d’un platane, à 29 km des Arènes de Nîmes, que naît la légende de la »cuite » de Zaaf
En réalité, c’est un trio de paramètres qui déclenche l’insolation et la défaillance :
Chaleur saharienne entre Perpignan et Nîmes.
Effort énergétique intense : échappée à deux, à partir du 68e km et ce – pour Zaaf – pendant 90 km (15’ 40 d’avance au 162e km).
Absorption de nombreux comprimés d’amphétamines au départ de la 13e étape (témoignage d’un coéquipier et de Zaaf lui-même).
Le principal responsable de la défaillance de Zaaf ce sont les amphets qui potentialisent l’hyperthermie due à la chaleur présente ce jour-là et à l’intensité de l’effort (90 km d’échappée)
Ces trois facteurs se sont potentialisés pour provoquer une hyperthermie (insolation). Le tout provoquant chute et désorientation.
La présence du vin varie suivant les témoignages et la propre version de Zaaf. S’il a été pris en cours d’étape, il n’a pu que précipiter et intensifier la défaillance. Il faut rappeler que ce genre de coup de moins bien par forte chaleur et prise d’amphétamines, n’était pas rare à l’époque des années 1950-1970.
Par exemple, la veille, le lauréat de la 12e étape St-Gaudens-Perpignan, Maurice Blomme, selon la chronique de But et Club : « va terminer exténué. Il est tombé trois fois au cours des deux derniers kilomètres. La 3e fois à quatre mètres de la ligne d’arrivée où on l’a porté pour qu’il puisse être classé. » [But et Club, 1950, n° 249, 28 juillet, p 11]
Toujours lors de la 12e étape, le 26 juillet, le jeune Luxembourgeois Henri Kellen victime d’un coup de chaleur, abandonne. Un mois plus tard, il décédera à l’hôpital de Ruti des suites d’une insolation en course durant le critérium de Rapperswill (Suisse), il avait 23 ans 4 mois.
D’autres défaillances gravissimes, voire mortelles, vont suivre. En 1952, deux cyclistes amateurs décèdent en course (amphets + chaleur) ; en 1955 dans le Ventoux, Jean Malléjac s’en sort de justesse (toujours amphets + chaleur) ; en 1960, à Rome, un cycliste danois s’écroule victime du dopage et de la chaleur ; en 1967, c’est au tour de Tom Simpson de décéder sur les pentes du Ventoux, là aussi les amphets, la chaleur et l’alcool font partie du cocktail fatal.
POST-IT – Pour être complet sur la surchauffe corporelle boostée par l’association de l’effort sous forte chaleur, il faut rappeler qu’à 40 km/h à vélo, le déplacement d’air lié à la vitesse permet – grâce aux mécanismes de transpiration et de convection – d’empêcher la surchauffe du corps.
L’insolation se voit plus fréquemment chez le coureur à pied d’endurance en raison de son déplacement moins rapide. Sauf si le cycliste, lui, se charge aux amphets ! Ajoutons que pour un Géant de la Route en mauvaise condition physique, sur une ascension longue et pentue, sa vitesse devenant identique à celle d’un coureur à pied, il s’expose à une surchauffe du moteur avec une défaillance plus ou moins sévère à la clé.
Finalement il a fallu beaucoup de temps pour que le monde du vélo comprenne que les amphétamines par forte chaleur, ce n’était pas la bonne méthode pour performer et rester en bonne santé.
Après un premier très court essai sur le Tour de France 1948 (abandon à la première étape), deux ans plus tard, Abd-El-Kader Zaaf dispute la Grande Boucle avec la première équipe nord-africaine et acheva sa carrière en 1955. En 1950, il fut le principal acteur de ce qu’on appelle toujours « l’affaire Zaaf ».
Comme s’il avait pris une biture
Zaaf appartient désormais à l’histoire du cyclisme ou, du moins, à son côté folklorique. Cette année-là, l’Algérien originaire de Chebli dans l’Algérois, le 27 juillet 1950 lors de la 13e étape menant les coureurs de Perpignan à Nîmes, est victime d’une défaillance à une trentaine de kilomètres de l’arrivée de la capitale gardoise. Dans un premier temps, il zigzague, s’arrête, repart en sens inverse pour, finalement, s’écrouler comme une masse dans le fossé.
Les suiveurs de la course, accourus, constatent qu’il empeste l’alcool comme s’il avait pris une « biture » carabinée. De ce fait, va naître la romance de la fausse « cuite du père Zaaf ». Ahmed Kebaili [Miroir du Cyclisme, 1970, n° 125, mars-avril, p 26], son coéquipier de l’équipe nord-africaine, témoin privilégié, inamovible compagnon de chambre et futur président de la Fédération algérienne de cyclisme, raconte : « Zaaf avait toujours un tube de « comprimés» (stimulants à base d’amphétamines) sur lui pour les cas d’extrême urgence. Et son raisonnement était le suivant : plus t’en prends, plus tu marches… Alors il en prit une vingtaine en pensant que, là, il allait réellement « casser la baraque ». Sur la route, un brave paysan lui tendit une bouteille de vin blanc pour le rafraîchir. Abd-El-Kader crut en voyant la couleur, que c’était tout bonnement de l’eau et s’en aspergea la tête. Quand on le releva dans le fossé à moitié mort, bien sûr il puait la vinasse mais ce n’était pas ce que les gens ont cru. Et il a préféré laisser courir la légende parce qu’il avait un sens assez poussé de la publicité. En Bretagne il avait été adopté et le matin quand les Bretons prenaient leur petit blanc à la campagne, eh bien ils ne disaient plus « donnez-moi un blanc » mais « donnez-moi un Zaaf ». Cela suffit largement pour établir une notoriété et asseoir une réputation ! Mais il ne faut pas oublier qu’il était resté quand même douze heures dans le coma et que si on en a rigolé par la suite il faillit quand même bien laisser sa peau dans cette histoire. »
Frais comme un gardon
La réalité du coma d’une demi-journée paraît difficile à croire, surtout lorsque la chronique de l’époque rapporte qu’à l’hôpital de Nîmes, dans la nuit, la fièvre [Ndla : due à l’insolation] tombait rapidement et le pouls redevenait normal. À six heures du matin, Zaaf, frais comme un gardon, sautait le mur et déambulait en tenue de coureur dans les rues de la ville, à la recherche du lieu de départ de l’étape :
– Tu ne peux plus repartir puisque tu n’as pas terminé l’étape hier, lui fit-on observer, tu étais dans la voiture-ambulance pour les 29 derniers kilomètres.
– Qu’à cela ne tienne, répondit-il, ces 29 kilomètres, je vais les couvrir tout de suite, tout seul et je pourrai ensuite prendre le départ. On lui opposa que le règlement du Tour ne pouvait autoriser une telle dérogation. »
Marcel Thémar, manager général du Tour, autre témoin privilégié, confirme le souhait de Zaaf de reprendre la course même avec un handicap de 29 kilomètres (*) : « Oh ! Quelle histoire ! la veille, il avait fallu le conduire à l’hôpital en ambulance, après son abandon. Il était mourant. On lui faisait des piqûres d’huile camphrée et les infirmières se demandaient s’il allait passer la nuit. Entre Perpignan et Nîmes, Zaaf avait été foudroyé par le soleil et par le vin. Apollon et Bacchus… Le lendemain, bien entendu, c’est par lui que je commence mes visites. Qu’est-ce que je vois devant l’hôpital ? Mon Zaaf en maillot gris, l’œil frais, la bicyclette à la main. Il demandait partout le chemin des Arènes pour prendre le départ.
– Mais tu ne peux pas partir Zaaf ! Hier, tu as eu un coup de bambou. Tu es tombé d’un seul coup comme un arbre, à vingt-neuf kilomètres de l’arrivée.
– Ça ne fait rien, monsieur Thémar. Aujourd’hui, ça va, je me sens mieux. Pour les vingt-neuf kilomètres, je suis prêt à les refaire ce matin, avant le départ…
Il a fallu s’expliquer, moitié en arabe, moitié en français. Je lui disais que le règlement, malheureusement, est impitoyable, qu’on ne peut pas s’arrêter comme ça en route et repartir le lendemain, mais que lui, Abd-El-Kader Zaaf, avait montré qu’il était un grand coureur, qu’il avait maintenant l’expérience du Tour, pour une autre fois, et qu’au fond c’était la sagesse, ce règlement qui le clouait à Nîmes.
(*) Pierre Macaigne. – Le Tour de France en prise directe. – Paris, éd. de Paris, 1951. – 192 p (p 141)]
Amnésique et baratineur
Avant de solliciter la version de Zaaf lui-même, rappelons que les amphétamines (comprimés consommés par l’Algérien) rendent leur utilisateur amnésique et menteur ; il faut donc savoir en tenir compte lorsqu’un sportif doit apporter sa propre vision des faits.
En 1982, Zaaf était venu à Paris se faire soigner pour une maladie des yeux. A cette occasion, il avait accordé une interview au magazine Vélo (**), dans laquelle il avait une bonne fois pour toutes donné sa vérité (la vérité !) sur son fameux abandon dans l’étape Perpignan-Nîmes du Tour 1950. Écoutons ses explications, recueillies à l’époque par Georges Pagnoud : « Tu vas encore me parler de la fameuse étape Perpignan-Nîmes du Tour de France 1950. Ce qu’on a pu en dire des bêtises à ce propos ! Ça se passait le lendemain de l’abandon des Italiens dans les Pyrénées.
Ce jour-là, avec mon copain Marcel Molinès, nous avons attaqué dès le départ. Et pris jusqu’à 25 minutes d’avance (en réalité 16 minutes). A 20 km de l’arrivée (en réalité à 30 km), un type m’a donné à boire. J’ai accepté parce qu’il faisait aussi chaud que dans le désert. Je ne suis pas un chameau, moi. J’ai commencé à zigzaguer. Puis je suis tombé. Je me suis relevé. J’ai repris ma bicyclette. Encore fait un bout de chemin avant de retomber. La troisième fois, j’étais KO dans le fossé. Je suis quand même reparti, mais en sens contraire. Oh ! Pas longtemps, quelques mètres. Ça n’a pas empêché certains suiveurs de prétendre que j’étais saoul. Évidemment, je sentais un peu le pinard, mais c’était surtout parce qu’on m’avait aspergé le visage avec une bouteille. Oui, je te le demande, tu crois que j’aurais fait 200 km à 42 à l’heure (Ndla : en réalité Molinès a remporté l’étape à la moyenne de 33,6 km/h) si j’avais été saoul ?
Afin d’accréditer la thèse de la fausse cuite, certains chroniqueurs vont même jusqu’à affirmer qu’il n’avait jamais bu d’alcool de sa vie. C’est, par exemple, Abel Michéa – l’envoyé spécial de l’Humanité – qui le raconte à Nounouchette (personnage qu’il a créé en 1947), dans un ouvrage sur le Tour de France (***) : « Et aussi l’histoire officielle de cette fameuse biture. Eh bien moi, mon aimée, je te dis que le père Zaaf, il n’a jamais bu une goutte de vin… C’était en 1950, l’étape Perpignan-Nîmes (…) Si tu avais vu Zaaf tanguer sur la route, la balayer, éviter… un platane avant de s’écrouler dans un fossé, en bordure de vignoble. Et il allait peut-être bien tomber dans les pommes quand un vigneron lui passa sa gourde. Zaaf ne buvait pas de vin mais il s’aspergea le visage, la nuque. A tel point que, quand on s’empressa autour de lui, il puait le pinard. Et tout aussitôt naquit la légende de la biture sensationnelle. »
(**) Vélo, 1982, n° 164, mars, p 39
(***) Histoires drôles et drôles d’histoires du Tour de France. – Paris, éd. 2000, 1970. – 219 p (pp 59-62)
‘’Il roulait sec l’Abd- El-Kader’’
En contradiction avec Michéa, un autre équipier de Zaaf, Marcel Zelasco, présent lui aussi sur le Tour 1950, apporte son témoignage (****) qui tord le cou à la prétendue sobriété du casseur de baraques : « Zaaf, ce sacré flingueur, mais il ne fallait pas oublier qu’il roulait sec l’Abdelkader ! Ce n’est pas par hasard qu’il fit 3e d’un Manche-Océan et obtint une très bonne place aux Nations. C’est vrai que parfois il ne marchait pas très droit et je me souviens, quand j’étais derrière lui et qu’il buvait un coup à son bidon, je recevais des éclaboussures de « Pinard ». Zaaf mettait du « Sidi Brahim » dans ses deux bidons et bourré de sucre en plus ! Il carburait le père Zaaf ! »
Au final, deux thèses s’affrontent. Première version : un spectateur lui a passé une bouteille contenant du vin (blanc) et pour faire bonne mesure, il a été aspergé par du gros rouge pour le ranimer de sa défaillance. Ou alors, l’hypothèse la plus probable, les bidons de Zaaf contenaient déjà du vin comme cela se pratiquait couramment dans le peloton de l’époque et, ainsi, l’effort associé aux amphétamines et à la chaleur, le coup de bambou était inévitable. Un scénario voisin de celui de l’Anglais Tom Simpson en 1967 sur les pentes du Mont Chauve. Mais là, le coup de massue a été fatal au champion du monde 1965.
(****) Coups de Pédales, 1989, n° 15, septembre-octobre, p 9
En fichier joint (PDF) – Morceaux choisis sur la vraie-fausse cuite et le demi-tour du Casseur de Baraque
Suite à l’article paru sur ce blog le 21 janvier : Tour de France – Durée de vie et statistiques : le doute peut se comprendre, pas l’interprétation erronée et malveillante
Afin d’éviter toute confusion liée à des biais de comparaison, il est indispensable de bien distinguer durée de vie et espérance de vie.
L’espérance de vie correspond à l’espérance de vie à la naissance. En France, pour un homme né en 2024, elle est estimée à 80 ans selon les données démographiques les plus récentes de l’INSEE.
La durée de vie, en revanche, renvoie à l’âge moyen au décès. En 2024, la Base nationale de suivi de la population (BNSP) de l’INSEE indique une durée de vie moyenne de 75 ans et 8 mois pour les hommes.
Les durées de vie publiées dans le blog concernent précisément cet âge moyen au décès. En comparant, sur une dizaine d’années, la durée de vie de la population masculine française à celle des cyclistes ayant participé au Tour de France, on observe un allongement moyen d’environ 7 ans en faveur de ces derniers.
Les risques sanitaires du dopage : un dogme sans fondement scientifique solide
Les risques du dopage pour la santé constituent un dogme apparu au début de la lutte antidopage et encore largement véhiculé aujourd’hui, souvent sans preuves scientifiques robustes. Ce discours est principalement porté par des représentants d’institutions antidopage qui, pour beaucoup, ne possèdent aucune qualification médicale.
Dès les années 1960, l’objectif principal de la lutte antidopage — notamment dans le cyclisme — était de dissuader par la peur, en affirmant que :
les produits améliorant la performance étaient inefficaces ;
leurs effets secondaires réduisaient la durée de vie.
Or, empiriquement, les sportifs ont rapidement constaté l’inverse :
ces substances amélioraient effectivement les performances ;
ils côtoyaient d’anciens coureurs tout à fait dispos.
Faute d’études scientifiques validées par la communauté internationale, ces affirmations ont rapidement discrédité la lutte antidopage auprès du milieu sportif.
Longévité des coureurs du Tour de France : un constat historique
Après un travail de compilation minutieux auprès des services d’état civil des communes — un véritable travail de bénédictin — portant sur l’ensemble des coureurs du Tour de France depuis 1903, il apparaît que :
pour la période 1903–1939 (tous les coureurs étant aujourd’hui décédés), la durée de vie moyenne des coureurs est nettement supérieure à celle de la population masculine française ;
cet avantage persiste pour les générations suivantes, notamment depuis 1947, avec les décès observés chez les coureurs actifs dans les années 1950–1960.
Il est important de rappeler que le peloton était majoritairement français :
à 75 % entre 1903 et 1914 ;
encore 48 % entre 1919 et 1939.
Le dopage a toujours existé dès lors qu’il y a compétition : dès le premier Tour de France en 1903, des stimulants tels que la caféine, l’alcool, la cocaïne ou la strychnine étaient utilisés. La « course aux armements » pharmacologiques s’est maintenue sans temps mort. Pourtant, l’hécatombe sanitaire annoncée par les Cassandres de la lutte antidopage ne s’est jamais matérialisée.
Il est donc possible d’affirmer, sans déformer la réalité, que la pratique du cyclisme professionnel au plus haut niveau a, sur le plan sanitaire, un effet globalement favorable, compensant largement les effets négatifs supposés des produits dopants.
Limites des exemples individuels et biais statistiques
Le décès prématuré de certains sportifs (par exemple Jacques Anquetil à 53 ans ou Laurent Fignon à 50 ans) ne permet en aucun cas de tirer des conclusions générales. En statistique, il s’agit de cas anecdotiques, dénués de valeur démonstrative.
Entre le début des années 1950 et l’instauration officielle de la lutte antidopage (1965 en France, 1968 pour les Jeux olympiques), le recours aux amphétamines — réputées dangereuses — était généralisé dans de nombreux sports (cyclisme, alpinisme, voile, rugby, football, etc.). Pourtant, le peloton cycliste des Tours des France des années 1950–1960 présente une longévité exceptionnelle, avec un nombre de nonagénaires quatre fois supérieur à celui observé dans la population générale.
L’utopie d’une étude prospective « dopés vs non-dopés »
Comparer des cyclistes professionnels dopés à des cyclistes professionnels non dopés relève de l’utopie méthodologique. Comment constituer ces groupes ? Sur la base de déclarations individuelles ? Par ailleurs, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) émettrait un avis défavorable, et le Comité de protection des personnes (CPP) interdirait une telle expérimentation sur la durée.
Le dopage est efficace et, aujourd’hui, l’ensemble des cyclistes professionnels est médicalisé dans un objectif de performance. Il est donc impossible d’imaginer une étude prospective comparant un groupe « soigné » à un groupe « non soigné » sur une carrière entière, puis durant la retraite, soit sur plus de 60 ans.
Comparaison avec d’autres sports
Dans d’autres disciplines de haut niveau, on observe en revanche des durées de vie nettement réduites, en raison :
des traumatismes répétés (football américain, rugby, boxe, hockey sur glace) ;
de la suralimentation (sumo) ;
ou de formes extrêmes de dopage (culturisme, avec polydopage et cures prolongées d’anabolisants).
Durée de vie de référence (population masculine française 2024) : 75 ans et 8 mois
Sports associés à une longévité accrue
Cyclisme (Tour de France) : 82 ans et 10 mois (+7 ans et 2 mois) – Étude Dr JPDM, 2025
Course à pied : +3 à +7 ans – Journal of Sports Sciences, 2012
Sports associés à une longévité réduite (estimations)
Football américain : –10 à –15 ans
Bodybuilding : –5 à –15 ans
Sumo : –8 à –12 ans
Boxe : –5 à –10 ans
Rugby : –3 à –7 ans
Une carence majeure des institutions sportives
Ce qui demeure le plus inadmissible est l’absence quasi totale d’études rétrospectives sur la longévité des sportifs de haut niveau menées par les fédérations internationales. On ne dispose d’aucune donnée solide sur la durée de vie des tennismen du top 100, des nageurs, des footballeurs, des haltérophiles ou des lanceurs de poids. Les ministères des Sports sont également absents sur ce terrain de recherche. Depuis cinquante ans, mon objectif est de contribuer à la diffusion des connaissances auprès de mes lecteurs, tout en approfondissant moi-même ces questions.
Point de vue : le paradoxe des AUT « sans risque pour la santé »
Au début des années 2000, la réglementation antidopage introduit le système des AUT (autorisations d’usage à des fins thérapeutiques). Celui-ci reconnaît que certains athlètes peuvent avoir besoin, pour raisons médicales, de substances pourtant inscrites sur la liste des produits interdits.
Par un paradoxe frappant, ces substances perdraient soudainement leurs effets délétères dès lors qu’elles sont utilisées dans le cadre d’une AUT. Cette dérive a notamment permis à Serena Williams de bénéficier de neuf AUT au cours de sa carrière.
Ainsi, des produits considérés comme dangereux pour la santé deviennent, par décision réglementaire, inoffensifs dès lors qu’ils sont médicalement autorisés. Un paradoxe majeur pour une lutte antidopage qui se revendique garante de la santé des sportifs.
Ce genre de défaillance inexpliquée, dans le jargon de la compétition, est connu sous la métaphore : doping to lose (doping pour perdre)
Un joueur présentant un malaise, c’est possible ; trois c’est… étonnant
Qu’un joueur se sente mal avant un match pour le titre, cela peut se concevoir. En revanche, trois d’un coup, c’est pour le moins étrange, sauf si on compulse des histoires similaires de footballeurs sélectionnés et engagés dans un tournoi de haut niveau, donc en pleine forme physique jusque-là… et qui sont victimes de problèmes de santé inattendus les laissant inaptes à jouer.
CONTROVERSE : faits et rumeurs sur trois joueurs sénégalais mis hors de combatpar de mystérieux malaises
Faits avérés
Plusieurs joueurs sénégalais sont tombés malades avant /pendant la finale.
Les examens médicaux n’ont trouvé aucune cause claire.
Il y a eu des tensions logistiques et de sécurité autour du voyage et de l’accueil de l’équipe sénégalaise.
Éléments incertains
L’origine exacte des symptômes des joueurs n’est pas expliquée
Il n’existe aucune enquête publique indépendante révélant une intoxication volontaire.
Rumeurs malveillantes
L’idée que les joueurs sénégalais auraient été empoisonnés délibérément par des Marocains n’est pas étayée par des preuves fiables.
Conclusion
Il y a eu des malaises inexplicables chez plusieurs joueurs sénégalais lors de la finale de la CAN 2025
Aucune preuve officielle ne confirme un empoisonnement volontaire,
La suspicion d’un acte type doping to lose est légitime dans la mesure où trois joueurs d’une équipe ont été out le même jour en raison de mystérieux malaises.
Doping to lose : un grand classique dans tous les sports et particulièrement en football
Par le passé, régulièrement, des affaires de doping to lose ont émaillé des rencontres de haut niveau, notamment dans les sports d’équipe et plus spécialement dans le football.
Dans mon Dictionnaire du dopage, le dossier consacré au thème Doping to lose est particulièrement fourni avec des affaires remontant déjà à la fin du 19e siècle, au tout début des compétitions en boxe, cyclisme ou hippisme !
En fichier PDF – Quelques exemples en football de ces pratiques destinées à amoindrir l’adversaire