






L’Equipe, 29 décembre 2016
Compte tenu de la notoriété de l’international français, la clinique en a profité pour publier sur son compte Twitter une photo de Samir Nasri en compagnie d’une infirmière de l’établissement accompagnée d’une légende révélant que le joueur de Séville a reçu un traitement par injection pour « le maintenir hydraté et au top de sa santé durant sa saison chargée de football avec son club espagnol ».

Samir Nasri et l’infirmière de l’établissement spécialisé en soins vitaminés
Sur ce, l’Agence antidopage espagnole (AEPSAD) s’est crue autorisée d’ouvrir une enquête sur la nature des produits et la quantité de liquide injectées.
Déjà, c’est une première mondiale que sur la foi de tweets et d’images et en l’absence de tout prélèvement officiel, une Agence antidopage poursuive un sportif ! Mais là où ça devient comique c’est que le gendarme antidopage soit de nationalité espagnole alors que ce pays – depuis des décennies – a contribué efficacement à l’extension du dopage sportif notamment avec l’affaire Puerto en 2006.
Mais sur quels critères peut-on poursuivre Nasri dans la mesure où il n’a jamais subi – pour cette affaire – un contrôle antidopage dans les règles (urines, sang) ? Si le test a lieu dans les jours qui viennent, il est probable qu’il sera négatif de chez négatif. En ce qui concerne la perfusion, on voit mal comment l’AEPSAD peut l’épingler. Rappelons que les perfusions intraveineuses sont prohibées par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis janvier 2005. Elles figurent dans la rubrique « Manipulation chimique et physique » au paragraphe 2 : « Les perfusions intraveineuses et/ou injections de plus de 50 ml par période de 6 heures, sauf celles reçues légitimement dans le cadre d’admissions hospitalières, les procédures chirurgicales ou lors d’examens clinique ».

Liste Agence mondiale antidopage 2016-2017
Au final, l’Agence antidopage espagnole sera bien sûr en peine d’apporter la preuve que Nasri a subi une perfusion supérieure à 50 ml.

Samir Nasri sous les couleurs du club espagnol de Séville
Ajoutons que l’Agence antidopage espagnole se trompe de cible. En effet, tout le monde l’a compris : ce sont les médecins et les établissements qui pratiquent ce genre de soins qui doivent en priorité maximale être éradiqués.
Lorsqu’elle dépasse 50 ml toutes les 6 heures [précisons que le principe de la perfusion est proscrite en dehors d’un acte thérapeutique (voir plus haut les exemples de l’AMA : collapsus…) car cette injection accélère de façon sensible les délais de la récupération hydrique et énergétique]
Lorsqu’elle contient bien sûr une substance interdite ; c’est seulement dans ce cas précis que le sportif peut être contrôlé positif et sanctionné,
Lorsqu’elle est administrée dans l’environnement immédiat d’une compétition mais aussi lorsqu’elle est utilisée en dehors d’une épreuve sportive,
Mais tout cela – en dehors du point 2 – n’a qu’une valeur théorique car même si la perfusion ne contient aucune substance figurant sur la liste de l’AMA, cette technique est indétectable par un contrôle antidopage classique portant sur l’urine et le sang.