Lutte antidopage : verrouillée à double tour par le monde du sport… pour la rendre inefficace

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Pourquoi cela perdure-t-il depuis cinq décennies ?  C’est la sempiternelle question que me posent les journalistes. Le monde du sport (ministère des Sports, Fédérations, Comité national olympique et sportif français (CNOSF) reçoit des subsides (+ contrats avec les médias) en fonction des médailles obtenues et du nombre de licenciés forcément boostés par les perfs médiatisées des dopés, très attractives pour les jeunes. A part les décérébrés, qui peut croire encore que c’est le monde du sport qui va être performant pour épingler les tricheurs ?

Cet état de fait dure depuis …. 50 ans et le mouvement sportif (CNOSF, ministère des Sports, Fédérations, etc.) – grand hypocrite s’il en est – joue les vierges effarouchées en s’insurgeant contre la suspicion du public qui voit dans tout exploit l’influence des drogues de la performance. Résumons les intérêts spécifiques de chaque institution et différents partenaires du sportif pour comprendre qu’il y a conflit d’intérêt avec une lutte antidopage efficace.

Le Ministère des Sports, dit de la performance et de l’exploit, veut des médailles et un budget à la hauteur

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Le CNOSF : veut des médailles et des subsides

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La Fédération : veut des subsides et des licenciés

Le Dirigeant : est souvent arrivé à son plus haut niveau d’incompétence accompagné de petits pouvoirs et de bombances régulières

Le Sportif : veut être sur le podium et reconnu (sinon à quoi bon faire de la compétition ?)

Le Parent : ‘’trop fier’’ de son enfant

Le Politique : veut plastronner à côté du champion

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Le Pays : veut se valoriser par les résultats et les médailles de ses sportifs

Le Sponsor : de facto veut des résultats et des médailles pour son image

Le Médecin : face au champion, redevient supporter et il est prêt à tout pour gagner sa confiance, son ‘’amitié’’ et être sur la photo à ses côtés ainsi qu’à sa table

Le Laboratoire national antidopage : malgré les demandes réitérées à l’infini par ses responsables successifs, manque toujours de moyens autant humains que financiers pour faire à la fois des analyses en nombre et des recherches efficaces sur les nouvelles molécules

Le Directeur sportif (ou l’entraîneur) : très souvent ancien sportif, lui-même dopé, se moque (ou pire encourage) les comportements déviants de ses ouailles.

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Le Média : ne ‘’vit’’ que par les évènements sportifs qu’il a souvent créé lui-même

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L’Entrepreneur : ‘’vit’’ lui aussi des évènements sportifs (constructions et infrastructures diverses)

Conclusion : Tout est donc organisé pour que seule la performance soit valorisée au détriment du bien-être et de la santé du sportif.

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Denis Masseglia, le président du CNOSF, lors du 12e colloque national de lutte contre le dopage à Paris début mars 2012 a  » regretté la tendance à caricaturer et à dire que les tricheurs ont toujours un peu d’avance. Avec les produits du type sang ou urine congelés qui permettent par la suite de livrer toutes les indications, un tricheur est tout le temps démasqué ». [Agence France-Presse, 23.03.2012]

 

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