Dopage – Le Captagon, de 1964 à 1993, était-il le déclencheur des batailles rangées sur les terrains de rugby ? (*)

Par défaut
[publié le 24 avril 2017]

Le Dr Jacques Mombet, un médecin qui exerçait chez les XV pendant toute cette période, associe les amphétamines telles que le Captagon® à ces dérives violentes : « Les amphétamines ont toujours existé dans le rugby et ailleurs. Dans les années 1970, des équipes entières en prenaient, d’autres non. Je me souviens d’un match de championnat entre Fleurance et Marmande, je crois, au cours duquel l’arbitre a pris peur ! Les joueurs avaient tous la bave aux lèvres, ils se mettaient des marrons même entre équipiers ! Il a dû arrêter le match. » (**)

POST-ITAutres substances dopantes favorisant les ‘’batailles en réunions’’

Amphétamines;

Métamphétamines;

Cocaïne;

Anabolisants (stéroïdes) : la rage des stéroïdes;

Testostérone

Quelques histoires recueillies de ci-delà crédibilisent ces étranges bals « de coups tordus en tous genres ».

 (*)  Voir deux articles sur Bernard Laporte face au Captagon® et publiés récemment dans ce blog
– Le dopage selon… Bernard Laporte – 21 avril 2017
– Le Captagon – un psychostimulant dope niveau – n’était pas une substance anecdotique dénuée d’impacts sur l’agressivité non maîtrisée – 22 avril 2017
Ainsi qu’un article sur la violence dans le rugby :
– Le rugby : est-ce un sport avec des ‘’valeurs’’ ou un combat de rue encensé par la presse sportive ? – 12 février 2016
(**)   [in « Rugby à charges. L’enquête choc » de Pierre Ballester. – Paris, éd. de La Martinière, 2015. – 293 p (p 94)]
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Quelques actions violentes ‘’non maîtrisées’’

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 VALEURS DU RUGBY – Des coups bas, tordus, de pouce, des fourchettes dans les yeux, des gnons tous azimuts, des plaquages cathédrales… 

 1971 – FRANCE – André Herrero (FRA) : coup de pied anonyme…

Texte de Jacques Verdier : « Finale du championnat de France, Toulon-Béziers, le 16 mai 1971. Consultons la très remarquable Encyclopédie du rugby français de Jean-Pierre Bodis et Pierre Lafond : Cette finale est restée dans les mémoires : pour l’avènement de la méthode biterroise, la contre-attaque de Jack Cantoni et surtout la blessure si douloureuse aux côtes d’André Herrero. Le monde du rugby se perdit en conjecture sur le nom du coupable : Alain Estève, Georges Senal ? On dit qu’Herrero, qui revint dans la fournaise après avoir été bandé, le sait. Mais il se tait et sa décision lui appartient (…) Victoire de Béziers après prolongations, oui. Mais Herrero avait joué pendant plus de 83 minutes avec une double fracture des côtes. Le rugby est parfois cruel. ‘’Je n’ai certes jamais su qui était l’auteur du coup de pied, avoue, immédiatement André Herrero. On a tout dit et n’importe quoi sur cet incident. Pour ma part, j’ai longtemps soupçonné Alain Estève, dans la mesure où cinq minutes avant que je ne reçoive ce coup de pied, j’avais déjà été victime d’une chaussure biterroise dans un regroupement, laquelle m’avait largement ouvert l’oreille. J’avais pu alors me cramponner à la chaussure qui venait de me frapper et tout au bout je devais découvrir Estève…’’

Mais cette première sommation ne saurait faire un coupable. Et comme la vidéo ne dit rien, toutes les interprétations sont possibles en ce mois de juin 1971. Daniel, le frère d’André, qui effectue son service militaire au Bataillon de Joinville en compagnie d’Armand Vaquerin, croit comprendre de la bouche même du pilier biterrois que le coupable pourrait bien être Yvan Buonomo, le numéro huit de l’ASB. Quand il le retrouve, trois ans plus tard, sous les couleurs de Nice cette fois, à l’occasion d’un quart de finale à Lyon, Daniel, que cette affaire obsède, crache son mépris à la figure de Buonomo qui de toute évidence semble ne pas comprendre. Estève de son côté jure à Georges Pastre, ancien grand reporter du Midi-Olympique, qu’il n’est pas responsable. Alors qui ? A Béziers, dans le catimini des conversations entre amis, on murmure que le coupable, au vrai, serait Olivier Saïsset, le brillant flanker international.

Estève, Buonomo, Saïsset ? André Herrero ne sait pas et crève de ne pas savoir. ‘’J’aurais aimé connaître le coupable de cette agression parce que celle-ci avait quelque chose de prémédité qui m’est insupportable. Quelques jours avant la finale, des amis étaient venus me prévenir que les Biterrois avaient ordre de me démolir le plus rapidement possible au cours de ce match, ainsi qu’ils l’avaient fait de tous les leaders des équipes qu’ils avaient rencontrées jusque-là.’’

Mais impossible donc de mettre un visage sur l’auteur de coup du pied dont André dit aujourd’hui qu’il a bouleversé sa vie… Nous sommes passés très près du titre de Champion de France à l’occasion de cette finale et tout me porte à croire que nous aurions eu d’autant plus de chances de l’emporter si j’avais été opérationnel tout au long de cette rencontre. » [Jacques Verdier. – Herrero – Le rugby dans la peau. – Paris, éd. plein Sud, 1996, 182 p (pp 63-66)]

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Jacques Verdier. – Herrero- Le rugby dans la peau – éd. Plein Sud, 1996

1978 – FRANCE – Pascal Ondarts (FRA) : « Orbite fracturée, mais je n’avais pas quitté le terrain »

« Mon premier derby entre le BO et l’AB c’était en 1978, j’avais perdu à Biarritz contre Bayonne. C’était chaud. J’avais eu l’orbite fracturée au bout de cinq minutes de jeu. Francis Haget (deuxième ligne du BO, 40 sélections de 1974 à 1987) poussait derrière moi. Il avait loupé le pilier en face et j’avais chargé. Orbite fracturée mais je n’avais pas quitté le terrain ! Ça c’était le derby. Ce n’est pas parce qu’on avait l’épaule pétée ou l’arcade arrachée qu’on sortait, on était là pour défier le mec en face. Et puis, un derby, si tu ne le finissais pas avec un marron, le match d’après, il n’y avait personne au stade ! C’était la moindre des choses, il fallait bien prouver qu’on avait envie de jouer (il rigole). » Pascal Ondarts, international (42 sélections de 1986 à 1991) [L’Equipe, 25.05.2015]

 1990 – FRANCE – La honte du rugby mondial

1 – Témoignage d’Abdel Benazzi : « En juin 1990, au terme de ma première saison agenaise, nous avons perdu la finale contre le Racing Club de France. Repêchés in extremis, les Parisiens faisaient figure de miraculés tandis que nous, favoris, avions dominés le championnat au terme d’une belle saison. Albert Ferrasse, président de la FFR, grand seigneur, n’avait pas hésité à requalifier deux joueurs du Racing qui, pour des raisons diverses, n’auraient jamais dû disputer cette finale : le talonneur Jean-Pierre Genet et le pilier sud-africain Murray Dawson. Nous étions tellement confiants et eux tellement remontés qu’ils nous massacrèrent à chaque mêlée. Ce fut un match déplorable, violent et malsain dont je garde un très mauvais souvenir. Laurent Seigne avait quitté le terrain défiguré par les coups de poing balancés sous la mêlée, sans que l’arbitre pénalise qui que ce soit. Deux jours après cette finale pourrie, Albert Ferrasse nous avait lu une lettre envoyée par l’International Board dans laquelle son président regrettait que la France ait été, le temps de ce match, la honte du rugby mondial ! » [Benazzi A. . – Une vie à l’essai (collaboration de Richard Escot). – Paris, éd. Flammarion, 2005. – 291 p (p 122)]

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Abdel Benazzi – Une vie à l’essai, éd. Flammarion 2005

  1. Témoignage de Steve Bale, journaliste sportif au Daily Express: « En 1990, avec mon confrère Stephen Jones, on couvrait la finale du Championnat de France Racing-Agen. Je n’hésite pas à dire que c’est le match le plus pourri auquel j’aie jamais assisté. L’ambiance était fanatisée et les joueurs se sont mis des marrons pendant toute la rencontre sous les yeux d’un arbitre qui laissait faire ! Le pire, c’est qu’on a eu droit à vingt minutes de prolongation… bref, on était installé juste derrière Clem Thomas, un ancien international gallois qui était réputé pour être un joueur, disons… rugueux et, en milieu de deuxième mi-temps, il se tourne vers nous et nous dit : « Ce match est totalement indigne ! » Avec Stephen, on s’est regardé et on s’est dit en même temps : « Mais non, au contraire, c’est fantastique ». J’ai eu l’occasion d’assister à d’autres grands moments comme un match entre les Springboks et une sélection de Provence, en 1992, où même les remplaçants étaient entrés sur le terrain pour participer à une bagarre générale mais cette finale, c’était vraiment le pompon… En 1991, on est revenu pour la finale Toulouse-Bègles-Bordeaux. D’avance, on s’en pourléchait les babines. Malheureusement, la FFR avait confié la rencontre à un arbitre expérimenté. Pour nous, ça a été une grosse déception. » [L’Équipe, 12.10.2007]

1991 – FRANCE – Bernard Laporte (FRA) : « Pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur sur un terrain »

Texte de Bernard Laporte sur la rencontre Toulon-Bègles au stade Mayol le 24 avril 1991 : « Pendant le voyage, alors que les gros sommeillent et que les petits tâtent du carton, à même le sol, prisonniers de la belote et du tarot, on se retrouve à trois ou quatre à l’avant du bus où Serge Simon, ancien Niçois censé connaître tout ce qui se trame ici, d’un clin d’œil me convoque. Pour parer à toute attitude susceptible de nous déstabiliser, il nous repasse tous les stratagèmes des Varois. Serge en connaît un rayon sur les provocations méditerranéennes « à deux francs » comme il dit. Il ne fait aucun doute que Toulon va nous le faire à l’embrouille. Il prend en charge la préparation psychologique. Il est dans son élément, lui qui ne croit ni aux héros ni à la notion de courage, seulement aux circonstances héroïques. Il n’a donc pas besoin d’ajouter de pression, l’événement se suffit à lui-même.

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Nous avons opportunément choisi un lieu de retraite à l’écart : l’île des Embiez, propriété de la famille Ricard, à une demi-heure de Toulon (…). Nous sommes seuls sur la plage, abandonnés à nous-mêmes, soudés les uns aux autres. Serge prévient, évoque tour à tour l’arrivée en car par la grande avenue qui mène au stade Mayol, les provocations et insultes de toutes sortes qui vont s’ensuivre, fleurir et fuser au fil des mètres parcourus, les supporters varois faisant en sorte de ralentir, voire de bloquer le car, histoire de faire monter l’adrénaline des occupants. Quant aux joueurs, ils attendent leurs adversaires pour la traditionnelle séance d’intimidation, selon un rituel bien rodé. Ils se trouvent tous à la terrasse du bar du coin : Eric Champ, le capitaine, sort toujours le premier, flanqué de Thierry Louvet dit « L’Indien », cheveux longs, sacs en bandoulière, bientôt rejoints par les autres joueurs. D’un pas décidé, ils parcourent les cinq mètres qui les séparent du car visiteurs, déambulant volontairement au milieu des paquetages adverses, décochant des regards belliqueux et si possible quelques coups d’épaules avant de pénétrer dans le stade par leur porte souterraine. La bataille de Mayol se gagnera là.

Sur cette plage de l’île des Embiez, à l’évocation de ce qui nous attend, nous ne bougeons pas, ne bronchons pas. Je ne perçois aucune peur, aucune appréhension particulière dans les regards que je croise mais à chaque fois que Serge retient sa respiration, soignant les détails, alors les bras, tous les bras se resserrent presque instinctivement. C’est fort. Ce jour-là, je comprends que rien ni personne ne nous fera reculer. Un même fil conducteur nous électrise tous. Simon ne se trompe pas : l’arrivée à Mayol est conforme à nos craintes. Je reconnais qu’une équipe non préparée à un « cérémonial » a d’entrée de quoi y laisser des plumes. Je ressens à notre encontre une haine exacerbée, injustifiée, comme si les supporters varois avaient peur que nous puissions leur gâcher la fête : leurs adieux à Daniel Herrero.

Je m’attends alors au pire et j’ai le pire : je retrouve Eric Champ dans le vestiaire de l’arbitre, M. Jean-Claude Doulcet. Là, je comprends qu’il va se passer quelque chose de pas ordinaire, comme un raz de marée. Durant plusieurs minutes, il me fixe de son regard noir, impavide. Aucune trace d’amour dans ses yeux ! Pas un mot, pas un geste ; il ne lorgne même pas le lancer de pièce et je suis persuadé qu’il n’écoute pas davantage le discours de l’arbitre. Je retourne dans nos vestiaires et préviens les joueurs. Serge et moi décidons alors de mettre dehors tous les ballons. Aujourd’hui, il n’est pas question de rugby mais plutôt de nous, d’eux, de Mayol et de trente hommes, des imbéciles, qui vont s’affronter. Nous nous préparons à la sortie sous le tunnel et à l’ultime traquenard des Varois. Leur grand classique. A chaque fois que l’équipe visiteuse pénètre sur le terrain, Eric Champ ressert, en grand filou qu’il est, le coup du lacet qu’il met cinq bonnes minutes à refaire. Juste le temps nécessaire pour laisser cuire au soleil et dans le four de Mayol des adversaires qui subissent les affres d’un stade, debout, scandant : « Tou-lon, Tou-lon ». Rien de tel pour vous ramollir le cerveau.

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Bernard Laporte – Au bout de mes rêves, éd. Robert Laffont, 2003

Simon a prévu le coup et, au moment d’entrer sur la pelouse, se tourne vers l’arbitre. Il lui demande de vérifier si le lacet de Champ est bien attaché, car il ne veut pas que le capitaine varois se prenne les pieds dans le tapis. Bingo ! Judicieuse intervention, du meilleur effet. S’ensuivent échauffourées, prises de bec et collages de tête. Après maintes palabres, l’arbitre remet tout le monde à sa place, dans le bon couloir, et invite, sur le ton de la colère, les trente acteurs à s’élancer. Ce que nous refusons. Ce sera avec les Varois ou pas du tout. C’est dantesque. Dehors, les Varois ultras de la tribune face se rendent bien compte qu’il se passe quelque chose d’anor­mal, ce qui a le don de les galvaniser. Du coup, le stade, déjà en transe, chauffé à bloc, brûle.

Après dix coups de sifflet et quelques mots aigres-doux supplémentaires, nous rentrons tous au pas, dans un Mayol électrisé : quinze mille spectateurs vociférant « Tou-lon, Tou­-lon, Tou-lon ! » Les deux équipes ne sont séparées que par la ligne blanche médiane et les insultes fusent. Il y a même un nouvel accrochage : le pilier varois Henri Chapus donne un coup d’épaule à Philippe Gimbert.

La minute de silence à la mémoire de l’ancien trésorier de Toulon n’y change rien. Certains joueurs trouvent encore le moyen de s’adresser quelques amabilités, obligeant l’arbitre à intervenir.  « Respectez au moins cela ! », leur intime-t-il avant de siffler. L’engagement du plus scandaleux match de ma vie.

Christophe Deylaud envoie directement le ballon en touche : la première mêlée, tant désirée, n’aura pas lieu. Simon, qui s’agrippe au short de l’arbitre, se voit sanctionné. Je crois que l’arbitre a peur alors que Serge cherche simplement à l’écarter pour attaquer la mêlée, bille en tête. Du match, je ne parle pas. Vingt-sept coups de pied au milieu des perches (18 à 9 pour Toulon) et autant, ou presque, sur le terrain. Des coups de poing, des coups de pied, des coups de boule, des coups de casque, deux grosses bagarres générales, sur la pre­mière desquelles l’arbitre est blessé à la main. Midi Olympique titrera : « Mayol, à feu et à sang ». Sept avertissements (cinq Toulonnais), une licence retenue et neuf interventions des juges de touche pour signaler des coups bas.

Pour la première fois de ma vie – la dernière aussi -, j’ai eu peur sur un terrain. Ce n’est pas une peur physique, c’est plus grave. Un sentiment désagréable m’envahit à la pause. Je me rends compte qu’il n’y a plus de limites, de règles. Tout est à craindre car nous ne cédons pas d’un pouce, ni en mêlée, ni dans les bagarres. Nous sommes prêts, conditionnés à aller jusqu’au bout, si nécessaire. Si l’un d’entre nous tombe, nous tombons tous, sans exception. Et, c’est là que je prends conscience de l’engrenage infernal dans lequel nous sommes pris. Bien qu’agressés, nous ne lâchons rien. Parfois, même, nous rallumons la mèche et faisons de la surenchère au mauvais coup tordu, celui qu’on ne voit pas venir. C’est ce qui m’inquiète le plus.

Serge Simon n’est plus tout à fait sur le terrain ; il scrute sans cesse l’horizon vers la tribune ouest, à la recherche de ses parents qui viennent le voir pour la première fois. Il n’a pas peur pour lui, mais pour eux. Pendant vingt bonnes minutes, il n’a que ça en tête. Qu’il puisse leur arriver quelque chose de grave. Qu’une bagarre générale se déclenche. Les dernières minutes de cette triste parodie sont pitoyables. L’arbitre, tremblotant, désespère de siffler la fin.

Dans le tunnel, alors que les insultes fusent encore, notre ailier Max Bouché perd son self-control et exprime vertement son mécontentement à l’arbitre qui lui retire sa licence : six matches de suspension. Il n’a pas touché un ballon de l’après-midi, dit un seul mot sur le terrain, c’est peut-être le seul joueur à n’avoir pas donné un seul coup de poing, un seul coup de pied, et il se voit privé définitivement de phase finale. Nous reparlerons de cette incroyable sanction.

La vie est ainsi faite : elle est parfois injuste. Au fond de moi, je suis écœuré. Pour la première fois de ma carrière, je pense à arrêter. Mais une petite voix me dit que je ne revivrai plus jamais cela. Plus tard, l‘arbitre me confiera qu’un ressort s’est cassé après ce match, le convainquant d’arrêter l’arbitrage. Sur l’instant, nous ne traînons pas. Nous nous douchons rapidement et boycottons la réception d’après match.

En quittant Mayol par la grande porte, des sifflets nous escortent mais point d’injures comme si les supporters varois font le deuil d’une qualification alors que leur équipe enre­gistre neuf points d’avance. Dans le car, les mines sont défaites, nous sommes marqués physiquement. Il règne une atmosphère étrange. Ce match que nous venons de perdre suscite chez nous des sentiments contradictoires : de l’abatte­ment, de l’espoir, mais aussi la conviction d’avoir remporté une victoire sur nous-mêmes et sur nos adversaires. Et le fait qu’elle soit laide n’y change rien. Simon, le Juste, est de mon avis et le fait savoir : « Soyez certains d’une chose, aucune équipe jusqu’alors ne s’est comportée, à Toulon, comme nous l’avons fait. Aucune équipe ne leur a tenu tête comme ça. Nous avons déjà gagné le retour. » Le retour, justement. Les radios s’en donnent à cœur joie. Pas un seul flash sur la bande FM qui n’évoque avec force les incidents du jour, l’ambiance délétère, dramatique. À chaque prise d’antenne, les commentaires sont plus durs les uns que les autres : la Gironde est en ébullition. » [Laporte B. .- Au bout de mes rêves. – Paris, éd. Laffont, 2003. – 237 p (pp 58-63)]

1992 – FRANCE – Abdel Benazzi (FRA) : privé d’Argentine

Témoignage d’Abdel Benazzi : « En juin 1992, j’aurais dû m’envoler pour l’Argentine avec l’équipe de France, en tournée. Mais j’en étais privé, puni pour avoir voulu me faire justice sur un terrain de rugby. L’épisode est connu. Lors d’une demi-finale de challenge Du-Manoir, compétition censée valoriser le fair-play, nous affrontions Toulon et, copieusement insulté par un de mes anciens coéquipiers en équipe de France, je n’ai pas pu résister à l’envie de lui flanquer mon poing dans la gueule. Sur le coup, l’arbitre nous expulsa tous les deux. Pour mon adversaire, cette sanction n’avait pas grande importance. Pour moi, si ! Pierre Berbizier, alors entraîneur des Tricolores, me priva d’équipe de France. Les circonstances ne pouvaient pas lui donner tort même si c’était à mon détriment. Après l’expulsion de Vincent Moscato et de Grégoire Lascubé au Parc des Princes contre l’Angleterre dans le Tournoi 1992, Pierre souhaitait plus que tout redorer l’image du rugby français en renforçant la discipline. » [Benazzi A. .- Une vie à l’essai (collaboration de Richard Escot). – Paris, éd. Flammarion, 2005. – 291 p (pp 154-155)]

 

ARRET SUR IMAGE

 

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Les belles valeurs du rugby au féminin – L’Equipe, 05 février 2017

 

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