Football américain (NFL) – Dopage, violence, crimes, suicide : les 4 dérives de ces gladiateurs modernes

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Le 60e Super Bowl a eu lieu le 08 février au Levi’s Stadium de Santa Clara (San Francisco, Californie) devant 68 500 spectateurs et près de 200 millions de téléspectateurs. Les Seahawks de Seattle (Washington) ont battu 29 à 13 les News England Patriots. En nombre de victoires au Super Bowl, Les Seahawks en sont à deux titres ; les Patriots toujours devant avec 6 trophées Vince Lombardi (nom de l’entraîneur principal de la franchise lauréate des deux premiers Super Bowl)

Un sport de combat controversé autant par les valeurs qu’il véhicule que par sa transgression permanente de l’éthique médicale

Le Super Bowl, vitrine mondiale du football américain met en scène un sport fondé sur la violence extrême et les chocs répétés. Derrière le spectacle, les conséquences sont lourdes : dopage (cannabis XXL, cocaïne, stéroïdes anabolisants), blessures graves, commotions cérébrales et encéphalopathie traumatique chronique (ETC).
De nombreux anciens joueurs présentent des trajectoires marquées par la dépression, les addictions, la criminalité et un taux de suicide anormalement élevé. Le cas d’Aaron Hernandez, star devenue meurtrier puis suicidé, illustre tragiquement ces dérives (L’Affaire Aaron Hernandez, un fait divers emblématique des dérives de ce sport – lire l’enquête de James Patterson (334 pages), publiée aux USA en 2018 et traduite en français en 2024 chez Hachette).

Études scientifiques et faits divers révèlent un lien préoccupant entre violences sur le terrain et comportements destructeurs hors du stade.
Cette accumulation interroge la responsabilité des instances sportives et le modèle d’un sport devenu, selon certains, l’un des plus toxiques et mortifères au monde.
Même des figures politiques comme Barack Obama ont publiquement mis en garde contre l’omniprésence des brutalités avec les risques pour le cerveau et qu’aucun père ne pouvait laisser un fils s’engager dans le foot US.

Football américain : la déglingue des physiques et des cerveaux

Ces quelques titres de la presse depuis plus d’un siècle permettent de comprendre que ce sport est la déglingue du corps programmée autant au physique qu’au mental

1922   « Deux épisodes du jeu le plus brutal du monde » – Le Miroir des Sports, 1922, n° 124, 16  novembre, p 314

1923   « Le rugby américain produit souvent l’effet d’une décharge de mitrailleuse ou d’un  bouleversement sismique » – Le Miroir des Sports, 1923, n° 174, 01 novembre, p 276

1926   « Dans le rugby américain, l’obstruction est non seulement permise mais encore recommandée et pratiquée. » – Le Miroir des Sports, 1926, n° 342, 02 novembre, p 330

1938   « Le sport le plus viril du monde » – Le Miroir des Sports, 1938, n° 1035, 01 novembre, p 14

1954   « Aux USA, une saison se solde par trente morts » – Miroir Sprint, 1954, n° 395, 4 janvier,  p 3

2000   « De bien tristes gladiateurs : le football américain tue en dehors et à l’intérieur des stades » – Le Figaro, 21.02.2000

Etc.

COMMENTAIRES du Dr JPDMen 11 tweets sur les dérives de ces joutes sportives hyperviolentes où l’on devrait poursuivre pour non-assistance à personne en danger les dirigeants de la NFL, les présidents des franchises, les coachs, les staffs médico-techniques, les médias et les spectateurs !

Les joueurs, pendant leur période d’activité, ignorent tout sur les conséquences physiques et mentales pour le reste de leur vie.

1.
Foot US / Super Bowl : le 8 février, finale du 60e Super Sunday. Un show ultra-médiatisé où la violence et les blessures s’exhibent en direct. Une partie du public vient surtout voir ses joueurs « démolir » l’adversaire, au mépris des corps.

2.
Dopage, violence et blessures graves font partie du spectacle. Mais l’après est sombre : commotions cérébrales, agressions, homicides, suicides et espérance de vie parmi les plus basses de toutes les professions aux États-Unis.

3.
La finale oppose les New England Patriots (6 titres) aux Seahawks de Seattle (1 titre). Côté anciens Patriots, Aaron Hernandez s’est illustré bien au-delà du terrain : deux tentatives de meurtre, un double homicide et un assassinat et finalement un suicide.

4.
Condamné à perpétuité, Aaron Hernandez se suicide 4 ans après son incarcération. L’autopsie de son cerveau révèle une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) majeure, liée aux commotions cérébrales, favorisant pulsions meurtrières et suicidaires.

5.
Selon The Lancet, le taux de suicide chez les joueurs de foot US serait 65 fois supérieur à la moyenne américaine. Autre étude : sur 1 590 joueurs analysés, 32 % possédaient un casier judiciaire. Des chiffres qui interrogent.

6.
Cannabis (75 % des joueurs), cocaïne, stéroïdes anabolisants : ces produits, associés aux commotions cérébrales, alimentent violence et perte de contrôle. Résultat : braquages, violences conjugales, séquestrations et autres crimes.

7.
Super Bowl XLII (2008) : 9 joueurs avec un passé judiciaire sur le terrain. Super Bowl XXXIV : deux joueurs du Tennessee jouaient en liberté conditionnelle, condamnés pour violences conjugales et homicide. Le spectacle continue malgré tout.

8.
Depuis des années, le foot américain cumule violences sur le terrain, crimes hors stade, dopage et trafic de drogue. Des affaires d’homicide impliquant des stars surgissent régulièrement et saturent l’espace médiatique.

9.
L’accumulation de ces dérives, à l’opposé des valeurs sportives, pose une question centrale : le foot américain, sur et hors du terrain, n’est-il pas l’un des sports de compétition les plus destructeurs au monde ?

10.
En 2014, Barack Obama, président des USA, lance un message fort : conscient de la brutalité et du mépris du corps dans le foot US, il déclare : « Si j’avais un fils, je ne l’aurais pas laissé jouer. »

11.
Pour comprendre la chute d’Aaron Hernandez — violence, meurtres, suicide — lire l’enquête de James Patterson (334 pages), publiée aux USA en 2018 et traduite en français en 2024 chez Hachette.

6 tweets JPDM sur l’affaire O.J Simpson

  1. Stéroïdes anabolisants (SA) – O.J. Simpson, l’ancienne gloire du football américain décédé le 10 avril à l’âge de 76 ans avait été il y a 30 ans la star du procès du siècle où il avait été acquitté du meurtre de son ex-épouse et de son ami.
  • SA – Néanmoins, il sera reconnu responsable du double meurtre lors d’un procès civil en 1997 et condamné à verser aux familles des victimes 33 millions d’euros. Ces dernières ne toucheront jamais le moindre centime !
  • SA – En novembre 2016 Canal+ a présenté une série de 10 épisodes The People vs OJ Simpson sur le double meurtre perpétré par l’ex-Running back. Son ex-femme découverte égorgée et son ami gisant près d’elle le corps lardé de coups de couteaux.
  • SA – En toile de fond de ce double meurtre, la consommation de stéroïdes anabolisants. Depuis une trentaine d’années, de plus en plus de gros bras – footballeurs américains et bodybuilders notamment – se retrouvent, pour des actes de meurtres sauvages, en conflit avec la justice.
  • SA – Cet effet secondaire des engrais musculaires surnommé depuis le mitan des années 1980 ‘’la rage des stéroïdes’’ (roid rage en anglais) expose le consommateur assidu à des accès de violence incontrôlés. Oscar Pistorius en est aussi un autre exemple.

En pièces jointes (PDF) –

  • Décès prématurés : l’hécatombe des gladiateurs des temps modernes de 1905 à 2005 (pour la suite, consulter les sites accès sur ce thème)
  • En chiffres – Des données qui permettent de mieux appréhender les dérives du foot US

Dopage ton histoire – Centenaire du Tour de France 1925. En ce temps-là, à quoi carburaient les Géants de la route ?

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Dès les premières compétitions cyclistes organisées pendant le dernier quart du XIXe siècle, les stimulants et autres substances revigorantes d’aide à la performance étaient consommés.

Nous proposons de détailler les pharmacies des cracks de la pédale. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les textes publiés il y a un siècle. Ces textes sont issus de l’environnement immédiat de 1925.

Dopage – SNUS (nicotine) : une substance efficace sur la performance sportive

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Mais toujours en liste d’attente dans le Code mondial antidopage, donc sans risque de sanction pour les consommateurs

L’usage du SNUS est parfaitement connu et très répandu depuis des décennies dans de nombreux sports mais ses effets stimulants et cognitifs sur la sphère mentale des compétiteurs sont toujours mésestimés par l’Agence mondiale antidopage (AMA)

Rappelons que le Snus contient de la nicotine, un stimulant cérébral

– améliorant l’énergie mentale,

– inhibant l’appétit et la douleur,

– augmentant l’anabolisme protidique (effet anabolisant),

– boostant la rapidité des réponses sensorielles, visuelles, motrices.

– facilitant la mise en action en augmentant la fréquence cardiaque et la libération du glucose.

le tout caractérisant les aptitudes dopantes d’une substance.

D’ailleurs depuis 2012 l’Agence mondiale antidopage a inscrit la nicotine sur sa liste d’attente (programme de surveillance) mais cette présence risque de s’éterniser car les labos ne peuvent pas faire la différence entre fumer une à deux cigarettes et se doper à la nicotine.

TWEETS (parus sur X) JPDM

Dopage Football – Affaire MBappé – Dans Le Figaro, un témoin proche d’un International Bleu, explique l’attraction des footeux pour la Suède : les femmes sont plus discrètes qu’ailleurs mais ils trouvent aussi plus facilement dans les pays nordiques du SNUS, un stimulant à base de nicotine.

Dopage Football – Depuis 1920 la nicotine fait partie de la panoplie dopante des footeux. Le Gallois Bill Meredith, 48 fois international (il l’était encore à plus de 45 ans) chiquait du tabac pendant les matchs. A l’époque, prendre un truc pour se sublimer n’était pas réglementé.

Dopage Football – L’AMA ne fait jamais d’étude sur la réalité dopante d’un produit mais seulement sur la fiabilité de la détection. Ainsi, en liste rouge on trouve des molécules inefficaces mais détectables (DHEA, TMZ) donnant droit de 2 à 4 ans de suspension. Ineptie XXL !

Dopage Football – De même il existe de nombreuses substances dopantes efficaces mais non listées dans le Code car difficiles à détecter telles la nicotine, la caféine, les hormones thyroïdiennes, etc.

Dopage. Paradoxe – Pogba, Sinner, Stockholm (ville plaisir pour les footeux). Le 1er, Paul, condamné à 18 mois d’arrêt pour DHEA inefficace sur la performance ; le 2e Jannik, blanchi pour un anabolisant performant ; les 3e font le plein de Snus (nicotine, un stimulant hors règlement)

Dopage. La nicotine depuis des années envahit le sport. En 2011, pour le laboratoire suisse antidopage, sur 2 200 tests omnisports, 23% sont positifs. En 2009, lors des Championnats du monde de hockey, la nicotine est présente dans 53% des tests. Depuis 2012 et son inscription en liste d’attente, les instances de la lutte antidopage ne communiquent plus.

Montrer avant les grands évènements (Tour de France, Jeux olympiques, Championnats du monde) qu’elle maîtrise la situation grâce à la presse-lige mais, en réalité, l’enjeu est de ne pas attraper grand monde pour ne pas dézinguer les valeurs du sport. Le 1% de cas positif satisfait tout le monde.

Rugby – Depuis les années 2000, la cocaïne étend sa progression sur les pelouses du Top XIV et la Pro D2 du ballon ovale

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De multiples témoignages font état de l’entrée de la poudre blanche dans le milieu rugbystique depuis déjà de nombreuses années.

Dès 2002, un international français, Pieter De Villiers, avait été testé positif à la cocaïne alors qu’il s’entraînait dans une salle de muscu de l’Aquaboulevard de Paris.

Qui a pu imaginer une telle réglementation dans laquelle la prise de cocaïne est tout à fait autorisée en dehors des matchs ?

Les sportifs l’on bien compris : l’excuse de la prise de cocaïne dans un cadre festif en dehors d’un match, n’expose à aucune sanction alors qu’un contrôle non-négatif en compétition expose à 4 ans de mise à l’écart des terrains.

Le président de la Fédération française de rugby, Florian Grill, commence à s’en inquiéter et de façon audible réclame auprès de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) plus de contrôles inopinés sur cette substance.

Mais l’instance elle-même, soumise au règlement de l’AMA, n’est pas en mesure de mettre en place ces contrôles.

ou alors il faut que cela se fasse sous l’égide de World Rugby comme l’a fait le cyclisme (UCI) avec le tramadol, un puissant antalgique, interdit seulement dans les courses cyclistes depuis le 1er mars 2019 en tant que risque pour la santé.

Depuis le 1er janvier 2024, l’AMA – pour l’ensemble des fédérations – a enfin inscrit le tramadol en liste rouge comme dopant.

Pour éradiquer l’extension de l’épidémie de cocaïne dans le rugby et toutes les autres spécialités sportives, il faut interdire la poudre blanche en permanence.

Pour rappel, en 2003, l’UCI interdisait la coke en et hors compétition.

En 2024, elle a dû se soumettre au pouvoir omnipotent de l’AMA qui ne pourchasse la cocaïne qu’en compétition !

Quelques tweets JPDM récents pour éclairer le problème : Rugby et cocaïne

  •  La lutte antidopage est en grande partie responsable de l’extension de ce stimulant en milieu sportif puisque dès 2004 le Code mondial ne l’interdit qu’en compétition. D’où déduction des pros de l’effort : bonus, la coke n’est pas prohibée en dehors des matchs.
  • Compte tenu que la cocaïne disparaît des urines 48 h après la dernière ligne, ils la consomment après le match pour booster la 3e mi-temps alcoolisée mais aussi pour augmenter les jours suivants les charges d’entraînement du lundi au jeudi.
  • Ainsi le samedi ou le dimanche suivant, les joueurs seront négatifs au contrôle d’après-match. Si les sportifs sont testés positifs en semaine de façon inopinée, ils ne seront ni signalés à leur club ni sanctionnés.
  • En revanche, si le résultat analytique anormal a lieu après un match, ils pourront toujours s’en sortir en plaidant la consommation festive. Or, depuis le 1er janvier 2021, la cocaïne émarge dans la catégorie des substances d’abus.
  • Cela signifie que si le sportif peut prouver que son utilisation s’est produite hors compétition sans intention d’améliorer son rendement, la suspension sera de 3 mois, voire 1 mois s’il accepte de suivre un programme de réhabilitation.
  • Au final, consommer de la coke en 3e mi-temps ou à l’entraînement pendant plusieurs jours, le joueur risque zéro sanction. S’il est testé positif après une partie et qu’il avance l’excuse que c’est dans un cadre festif, la peine sera non dissuasive.
  • Au lieu de 4 ans de suspension pour dopage à la cocaïne, si l’excuse de l’usage festif est bien ficelée avec témoins, c’est 3 mois, voire 1 seul en faisant acte de contrition !
  • Cette réglementation interdisant la poudre blanche seulement le jour du match a forcément était initiée par un esprit dérangé appartenant au camp du dopage avec pour effet collatéral de pousser à la dérive sportive actuelle.
  • Solliciter l’AFLD pour faire des tests inopinés hors des matchs ne peut se concevoir dans le cadre de la lutte antidopage puisque contraire au Code mondial. Il faut que la Fédération française de rugby (FFR) réglemente la cocaïne comme un problème de santé en permanence et y ajoute des sanctions dissuasives.
  • Pour sortir du marasme, les présidents de la FFR et celui de World Rugby doivent trouver du soutien auprès des n° 1 d’autres Fédés emblématiques – foot, tennis, athlé – afin d’imposer à l’AMA que la réglementation permissive à l’entraînement soit abrogée. C’est pas gagné !

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Commentaires de l’actualité médico-sportive et du dopage en quelques tweets JPDM (réseau X)

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TENNIS – Propos de Nick Kyrgios sur l’affaire Jannik Sinner

08.10.2024

  • Tennis dopage – Affaire Sinner – Nick Kyrgios, toujours à l’arrêt, envisage de reprendre la compétition à l’occasion de l’Open d’Australie soit 579 jours après son dernier match. Il a quand même balancé un scud au n° 1 mondial : « Je ne joue qu’avec des joueurs propres »
  • Tennis dopage – Mais Nick, avez-vous déjà rencontré un joueur vraiment propre ? Peu probable puisque les sportifs de haut niveau sont médicalisés à 100% en raison des douleurs inflammatoires provoquées par la multitude des impacts de balle et des coups de raquette.
  • Tennis dopage – Certains joueurs consomment plusieurs comprimés avant de jouer une partie. Ce qu’ils ne font pas pour aller au cinéma ou regarder leurs adversaires à la TV. Toutes ces médications sont des aides à la performance définissant la conduite dopante
  • Tennis dopage – Affaire Sinner – Pourquoi l’AMA a interjeté appel ? Le milliardième de gramme de clostébol décelé dans les urines de Sinner ne permet pas d’éliminer la suspicion de dopage. En revanche, il y a bien négligence puisque sur la boite figure le logo ‘’Dopage’’.

AGENCE MONDIALE ANTIDOPAGE – L’arnaque des no-shows

  • Dopage  – L’AMA toujours dans la manipulation de l’information. A propos de l’Agence russe antidopage (Rusada), l’instance mondiale estime que cette dernière au vu des nombreux no-shows débusqués chez les athlètes russe, joue malgré tout la transparence !
  • Dopage – Le défaut de localisation est plus attractif pour un sportif puisqu’il risque, pour 3 manquements, au maximum deux ans de suspension alors que, épinglé lors d’un test positif inopiné, il prendrait quatre ans. A moins d’être débile, l’athlète a compris l’intérêt du no-show.

  • Dopage – Le système des no-shows c’est la porte ouverte au dopage dissimulé. Sans explication crédible, il en faut 3 en une année pour risquer une sanction. Au début de la lutte antidopage 1970-1990, ne pas se présenter à un contrôle coûtait le même tarif qu’un test positif.
  • Dopage – L’AMA affirme lutter contre la triche, pourtant les sportifs devraient remercier le brillant esprit de l’instance qui a inventé cette clause des 3 no-shows dans l’année leur permettant ainsi de filouter légalement, esquivant ainsi une sanction plus lourde.

Dopage – Suspension de Paul Pogba. Analyse du scandale DHEA

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De 4 ans en première instance, la mise à l’écart est passée à 18 mois pour une substance sans effet sur la performance, connue depuis les années 1980-1990, à l’époque aux résultats bidonnés par des scientifiques avides de gloire, amplifiés par la presse grand public et certains people. Les effets miraculeux annoncés ont fait plouf quelques années plus tard.

Le manque de cohérence entre les juridictions antidopage est inacceptable au plan du sérieux de la lutte avec en plus l’impact négatif sur la vie des sportifs. Décryptage.

PITCH

Le joueur de la Juventus Turin a été contrôlé positif à la DHEA, une substance produite naturellement par la glande surrénale et qui fait partie des stéroïdes androgéniques.

Elle est en liste rouge depuis 1998 mais détectable seulement depuis 2009 (avec un 1er cas positif enregistré). Le résultat analytique anormal (RAA) de l’international français champion du monde 2018, est survenu à la suite d’un match de série A où il était resté sur le banc. C’était le 20 août 2023.

Le tribunal antidopage italien l’a sanctionné de 4 ans de suspension sans tenir compte de la défense du joueur qui indiquait avoir pris aux Etats-Unis, un complément alimentaire prescrit par un médecin ami, en ignorant qu’il renfermait une substance prohibée en et hors compétition.

Paul Pogba dit La Pioche. Milieu de terrain international depuis 2013, 91 sélections, champions du monde 2018

Paul Pogba ayant interjeté appel devant le tribunal arbitral du sport (TAS), ce dernier le 04 octobre 2024, réduit la sanction à 18 mois.

La Pioche, très heureux à l’annonce de la décision d’appel, a publié dans la foulée sur son compte X sa photo, crampons aux pieds avec le commentaire suivant : « Enfin, le cauchemar est terminé. Suite à la décision du TAS, je peux maintenant envisager le jour où je pourrai de nouveau poursuivre mes rêves. J’ai toujours affirmé que je n’avais jamais enfreint consciemment les règlements de l’AMA (Agence mondiale antidopage) lorsque j’ai pris un complément nutritionnel qui m’avait été prescrit par un médecin et qui n’affecte, ni n’améliore la performance des athlètes masculins (… ) Cette période a été extrêmement éprouvante pour moi car tout ce pour quoi j’ai travaillé si dur a été mis en suspens (…) J’ai tellement hâte de revenir sur le terrain ».

Première instance et défense de Paul Pogba

A priori, en première instance, le tribunal italien a considéré que Pogba avait été testé positif avec une substance interdite en et hors compétition, que la DHEA figurait en toutes lettres sur la liste du Code mondial de l’Agence mondiale antidopage (AMA) et que le joueur n’avait pas respecté la règle de la Responsabilité objective qui implique que tout sportif de compétition est responsable des substances que l’on trouve dans ses prélèvements. N’ayant pas vérifié la composition du complément alimentaire, il était de facto fautif d’où la sanction maximale de 4 ans pour ce genre de substance.

En appel, le TAS, après les explications du joueur, a admis que le complément nutritionnel n’avait pas été utilisé dans un but de performance, d’où la réduction de la mise à l’écart ‘’Hors stade’’ de 4 ans à 18 mois.

Le produit pris par Paul Pogba : une arnaque délivrée par une gynécologue-obstétricienne

En contradiction avec cette défense le Daily Mail a révélé que le produit consommé par Pogba était commercialisé par une société américaine de bien-être ‘’10X Health Systems’’.

Or, le complément incriminé ‘’10X Alpha’’ lui a été prescrit par une docteure-amie de Miami où il passait régulièrement des vacances. Sauf que le médecin en question est une gynécologue-obstétricienne spécialiste des hormones féminines et masculines et que le complément alimentaire en cause dans le contrôle positif est – selon la notice – capable de favoriser  le développement musculaire, booster les capacités physiques mais aussi d’augmenter la production de testostérone.

C’est bien sûr une arnaque même si la molécule ’10 X Alpha’’ a été ingurgité dans un but d’amélioration du rendement musculaire alors qu’elle n’a aucun effet validé par une expertise effectuée par un sachant reconnu. En vérité, la défense du joueur ne me choque pas puisqu’aucune étude scientifique n’a démontré qu’elle pouvait être efficace pour doper un sportif.

Une substance connue depuis les années 1980-1990 aux effets bidonnés

Dans les années 1980-1990, la DHEA était très prisée, notamment chez les séniors en tant que soi-disant hormone de jouvence grâce à un marketing médiatique bien orchestré et relayé par quelque people de l’époque. Aujourd’hui, et ce depuis des années, la DHEA est totalement passée de mode et a même pris la direction des oubliettes.

Deux faits percutants démontrent la réalité de cette absence d’effets sur la forme des 3e âge et, a fortiori, sur les athlètes de haut niveau.

  • Aucune étude scientifique de consensus au monde n’a démontré que la DHEA modifiait les aptitudes d’un sportif. Si par extraordinaire, l’AMA en possède une, pourquoi ne pas la présenter ? L’affaire Paul Pogba aurait été close immédiatement.
  • Mais surtout, culturistes et autres gros bras, les plus grands consommateurs de stéroïdes anabolisants, n’utilisent jamais la DHEA pour atteindre les podiums et performer.

Compte tenu que la DHEA est inefficace sur les ‘’vieux’’ et les sportifs qui s’entraînent quotidiennement, elle n’a aucune justification à figurer dans la liste rouge de l’AMA. Qui plus est avec le qualificatif de ‘’substance non spécifié’’ indiquant par là que c’est un produit lourd imposant en première décision une suspension de 4 ans.

In fine, en raison de l’absence d’effet sportif de la DHEA, on ne peut reprocher à Paul Pogba la moindre négligence mais au contraire c’est l’AMA qui devrait être poursuivie pour avoir inscrit cette substance dans la liste rouge sans vérification de ses effets supposés sur la performance.

L’Agence mondiale antidopage, une institution irresponsable et déconsidérée, malheureusement toute-puissante même dans ses dérives :

  • substances inefficaces abusivement inscrites en liste rouge – DHEA et trimétazidine (TMZ), …
  • substances dopantes non listées et donc utilisées sans risque de contrôle positif),
  • etc.

En résumé : l’AMA est une institution irresponsable d’interrompre pendant plusieurs mois, voire années, la carrière d’un sportif pour une substance inefficace. Cela relève de l’abus de pouvoir, entériné sans broncher par tous les pays signataires du Code mondial antidopage permettant aux membres de l’AMA de parader avec leurs résultats dérisoires voisins de 1% alors que pour le reste des activités humaines, le pourcentage des tromperies dépasse 50%.

EPILOGUE – Déjà plus d’un an sans pouvoir jouer ni avoir le droit de s’entraîner dans une structure officielle (gymnase, terrain de foot…) et, cerise sur le gâteau, son club La Juventus Turin n’en veut plus. Merci l’AMA !

Dopage – Le clostébol, un stéroïde anabolisant souvent administré par voie cutanée fait parler de lui

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En épinglant Jannik Sinner, le n° 1 mondial du tennis, mais pas que lui…

Des tweets du Dr JPDM qui font le tour de la question sur ce produit illicite qui plombe les sportifs, notamment les tennismen italiens. Des basketteurs, des footballeurs, des tennismen… se font épingler avec comme excuse une contamination fortuite par une crème ou un spray commercialisés dans la péninsule sous le nom de Trofodermin et destinés à accélérer la cicatrisation d’une plaie

ACTUALITE du 21 septembre 2024 – TWEETS Dr JPDM

Dopage actualité – Stefano Battaglino, tennisman italien 760e mondial en juillet 2022, est testé positif au mois de septembre suivant au clostébol – le stéroïde anabolisant trouvé dans les urines de Jannik Sinner. Ce dernier a été blanchi alors que Battaglino a pris 4 ans par le TAS.

  • Dopage actualité – Battaglino soutenait que la contamination était due au massage d’un kiné lors d’un tournoi au Maroc. Sauf que le joueur n’a pas réussi à retrouver le masseur démontrant sa bonne foi. Le TAS s’est basé sur l’absence de preuve soutenant la contamination involontaire.
  • Dopage actualité – Rappelons que le clostébol est prohibé depuis 1980 et quelque soit la voie d’administration, notamment cutanée. Que cette dernière excuse par contamination transdermique est avancée depuis 1998 chez un footeux italien avec le même produit Trofodermin que Sinner.
  • Dopage actualité – Le clostébol a été hyper médiatisé en 2016 par le cas de la skieuse de fond norvégienne Th. Johaug, multimédaillée, qui a mis en cause une crème pour les lèvres. C’était encore le Trofodermin italien. Le TAS malgré cette excuse lui avait infligé 18 mois ferme.
  • Dopage actualité -D’autres cas se sont accumulés depuis, notamment en Italie. Or, sur la boîte de Trofodermin (spray et crème) commercialisée dans la péninsule figure un logo hypervisible matérialisé par le mot doping entouré et barré de rouge !
  • Dopage actualité – Compte tenu de l’ancienneté de cette cause de contamination devenue virale et du logo doping, aucune 1re instance ne devrait mollir, sinon un long processus d’appel superflu débouchera inévitablement sur une audience devant le TAS avec la sanction prévue un stéroïde anabolisant.
  • Dopage actualité – Le clostébol, comme la testostérone, administrés par voie cutanée, st des dopants appréciés en raison de leur diffusion progressive n’entraînant que des traces au niveau des analyses. Seul l’examen capillaire peut distinguer contamination ou dopage.
  • Dopage actualité – En raison du packaging très clair de cette crème, certains sportifs et leur staff doivent de toute urgence suivre un cursus lecture de rattrapage ou alors la crème Trofodermin n’est-elle pas une excuse bidon pour les gogos de l’AMA ?
  • Dopage actualité – Triste époque pour la lutte antidopage où l’AMA se trouve confrontée à la trimétazidine – inefficace – et au Clostébol en crème. En revanche, la transfusion sanguine autologue et les 16 substances dopantes autorisées du programme de surveillance sont disponibles.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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EN FICHIER JOINT – AUTRES TWEETS JPDM sur le clostébol

Genre – Violette Morris, au temps des années 1920, une garçonne hyperandrogène chez les féminines…

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Des performances hors normes dans plusieurs sports réputés réservés aux hommes

La totalité de ses biographes – quatre ouvrages et un documentaire de France 5 (52 mn) – ont confondu ses ‘’exploits’’ aux lancers de poids et de javelot comme étant effectuées à deux mains, sur un seul jet, alors qu’en réalité c’était la somme de deux lancers  réalisés avec un bras puis l’autre et ce successivement.

De plus, les combats de boxe de Violette et ses confrontations à vélo étaient plus des exhibitions que des compétitions.

SUR X, QUELQUES TWEETS JPDM A LA SUITE DE LA DIFFUSION SUR FRANCE 5 DU DOCUMENTAIRE SUR VIOLETTE MORRIS

26.08.2024

  1. Genre/sport- le 30.06 France 5 (F5) diffusait un doc. sur ‘‘Violette Morris (VM) une femme à abattre’’ de M.Ch. Gambart. Sportive de haut niveau dans plusieurs spécialités, lesbienne revendiquée, habillée en homme et sans doute hyperandrogène vu ses perfs et son comportement.

2. Genre/sport – En raison de l’intérêt que je porte depuis + de 40 ans aux transgenres dans les compétitions féminines, j’ai visionné ce document riche en images d’archives mais malheureusement avec des commentaires de soi-disant spécialistes-historiens du sport et autres sociologues.

3. Genre- Ces pseudo-experts ne st pas crédibles vu leur ignorance abyssale en sport. Ex. : l’historienne parle des 2 grandes femmes sportives des années 1920. VM habillée en homme au look de garçonne et Suzanne Lenglen, star du tennis, aux allures féminines nommée ’’La Diva’’. En réalité, Suzanne Lenglen qui va remporter 6 fois les tournois de Wimbledon et de R. Garros entre 1919 et 1926, est surnommée ‘’La Divine’’, rien à voir avec la Diva, appellation réservée plus à l’opéra qu’aux enceintes de tennis.

4. Genre – Plus fort ! Ces pseudos nous vantent les performances hors normes de VM aux lancers (poids, javelot) dignes des hommes. En réalité, à l’époque avec ces deux types d’engins, la distance comptabilisée chez les femmes est la somme des deux  jets additionnés de chaque bras.

5. Genre- Imposture XL du doc de F5 ! Il est dit que VM bat les records du poids avec un jet de 16,29 m et du javelot (41,53 m l’améliorant de + de 6 m) obtenant les médailles d’or mais sans préciser 1 seule fois que ces 2 perfs sont la somme de 2 jets successifs avec les 2 bras !

6. Afin de nous vanter les différentes perfs de VM, dans l’hebdo sur lequel se sont appuyées les spécialistes sollicitées par F5 – Le Miroir des Sports du 03.06.1925 – il est bien précisé qu’au poids et au javelot les jets mesurés sont dus aux 2 bras additionnés. Pourquoi l’occulter ?

7. Genre – La meilleure perf de VM au poids (1 seule bras) en 1922 est de 9,42 m ! Précisons que l’engin réservé aux femmes pèse 4 kg et celui des hommes 7,257 kg. En 1922, Raoul Paoli, compagnon éphémère de VM, est ch. de France avec un jet de 13,25 m (1 seul bras).

8. Genre – Quel spectateur sait que les perfs. annoncées dans ce document de F5 sont la somme de 2 jets successifs avec les bras G et D ? Probablement aucun ! C’est une imposture de faire croire que VM rivalisait avec les hommes et que les femmes doivent concourir avec ces derniers.

9. Genre- Compte tenu des carences sur le fond de ce doc, j’ai du mal à croire aux commentaires successifs voulant restaurer l’image de VM en conflit permanent avec les instances sportives féminines, alors qu’aucun des spécialistes sollicités n’étaient présents à l’époque.

28.08.2024

  1. Genre – Récemment, j’ai signalé le doc de France 5 sur Violette Morris, une sportive éclectique aux allure masculines – comportement et habillement – qui était présentée comme une sportive majeure alors que plusieurs de ses perfs sont bidonnées.

2. Genre – Autre singularité de la Morris. Selon sa biographe MJ Bonnet, Violette « n’hésite pas à doper ses camarades de foot pour les pousser à la victoire ou à contester les décisions d’arbitrage qu’elle estime injustes ».

3. Genre – D’ailleurs – leader d’un club de foot féminin – c’est pour avoir donné des excitants à ses joueuses qu’elle est suspendue 2 ans par la Fédération française sportive féminine (FFSF) avant d’être réintégrée. Preuve que le dopage des femmes existait dès 1923 !

4. Genre – Rien de surprenant lorsqu’on sait que la Morris affirmait constamment : « Ce qu’un homme fait, Violette peut le faire » : les sports dits masculins (foot, auto, athlé – lancers du poids, disque, javelot – , vélo, boxe…) et le dopage !

5. Genre – Tout le monde n’est pas d’accord sur la véritable raison de sa double mastectomie de février 1929. Les uns c’est pour mieux conduire en raison des grands volants de l’époque alors qu’elle a remporté le Bol d’Or auto (course de24 h) en 1927 avec sa forte poitrine.

6. Genre – En revanche, M.Th. Eyquem, dirigeante du sport féminin, autrice d’un livre complet sur ce thème, décrit Morris comme une originale à l’allure d’homme, amazone moderne pour lancer le poids plus facilement. Sauf qu’elle a arrêté de jeter l’engin 3 ans avant l’ablation des seins

7. Genre – Concernant ses ‘’exploits’’ à vélo sur la route ou sur la piste en tant que stayer, je vous recommande de lire le doc de Patrick Police sur « de La Morris » à « l’infernale Morris » particulièrement bien documenté.

Sexe controversé – Sans jugement moral ou fausse polémique féministe

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Uniquement des faits pour distinguer un homme d’une femme cisgenre

Chaque sexe possède cinq déterminants différents de type masculin ou de type féminin qui, s’ils sont réunis chez un même individu, caractérisent soit le fils d’Adam ou la fille d’Eve.

Ainsi, pour appartenir au genre féminin ou masculin, il faut que les cinq critères soient présents. En revanche, toutes les transitions naturelles sont possibles si l’on ne possède pas l’ensemble des paramètres sexuels définissant l’homme ou la femme cisgenre.

Mais c’est, bien sûr, le sexe hormonal qui au total grâce à son effet direct sur le muscle, différencie les performances athlétiques des deux sexes. C’est pourquoi une femme se stimulant à l’hormone mâle devrait accepter de concourir avec les hommes… non dopés.

Afin d’éclairer les accros de l’information juste et équitable grâce aux chiffres du corps nous proposons les multiples différences entre les hommes et les femmes sur les plans morphologiques, physiologiques, psychologiques, mentaux et sur leurs aptitudes physiques sport par sport. Des différences en nombre détaillées.

EN FICHIER JOINT – SEXES – Les chiffres du corps

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