Le 60e Super Bowl a eu lieu le 08 février au Levi’s Stadium de Santa Clara (San Francisco, Californie) devant 68 500 spectateurs et près de 200 millions de téléspectateurs. Les Seahawks de Seattle (Washington) ont battu 29 à 13 les News England Patriots. En nombre de victoires au Super Bowl, Les Seahawks en sont à deux titres ; les Patriots toujours devant avec 6 trophées Vince Lombardi (nom de l’entraîneur principal de la franchise lauréate des deux premiers Super Bowl)
Un sport de combat controversé autant par les valeurs qu’il véhicule que par sa transgression permanente de l’éthique médicale
Des gladiateurs aux cerveaux commotionnés et aux muscles hypertrophiques se sont affrontés ce dimanche 08 février avec la finale du 60e Super Sunday.
Le Super Bowl, vitrine mondiale du football américain met en scène un sport fondé sur la violence extrême et les chocs répétés. Derrière le spectacle, les conséquences sont lourdes : dopage (cannabis XXL, cocaïne, stéroïdes anabolisants), blessures graves, commotions cérébrales et encéphalopathie traumatique chronique (ETC).
De nombreux anciens joueurs présentent des trajectoires marquées par la dépression, les addictions, la criminalité et un taux de suicide anormalement élevé. Le cas d’Aaron Hernandez, star devenue meurtrier puis suicidé, illustre tragiquement ces dérives (L’Affaire Aaron Hernandez, un fait divers emblématique des dérives de ce sport – lire l’enquête de James Patterson (334 pages), publiée aux USA en 2018 et traduite en français en 2024 chez Hachette).
Études scientifiques et faits divers révèlent un lien préoccupant entre violences sur le terrain et comportements destructeurs hors du stade.
Cette accumulation interroge la responsabilité des instances sportives et le modèle d’un sport devenu, selon certains, l’un des plus toxiques et mortifères au monde.
Même des figures politiques comme Barack Obama ont publiquement mis en garde contre l’omniprésence des brutalités avec les risques pour le cerveau et qu’aucun père ne pouvait laisser un fils s’engager dans le foot US.
Football américain : la déglingue des physiques et des cerveaux
Ces quelques titres de la presse depuis plus d’un siècle permettent de comprendre que ce sport est la déglingue du corps programmée autant au physique qu’au mental
1922 « Deux épisodes du jeu le plus brutal du monde » – Le Miroir des Sports, 1922, n° 124, 16 novembre, p 314
1923 « Le rugby américain produit souvent l’effet d’une décharge de mitrailleuse ou d’un bouleversement sismique » – Le Miroir des Sports, 1923, n° 174, 01 novembre, p 276
1926 « Dans le rugby américain, l’obstruction est non seulement permise mais encore recommandée et pratiquée. » – Le Miroir des Sports, 1926, n° 342, 02 novembre, p 330
1938 « Le sport le plus viril du monde » – Le Miroir des Sports, 1938, n° 1035, 01 novembre, p 14
1954 « Aux USA, une saison se solde par trente morts » – Miroir Sprint, 1954, n° 395, 4 janvier, p 3
2000 « De bien tristes gladiateurs : le football américain tue en dehors et à l’intérieur des stades » – Le Figaro, 21.02.2000
Etc.
COMMENTAIRES du Dr JPDM – en 11 tweets sur les dérives de ces joutes sportives hyperviolentes où l’on devrait poursuivre pour non-assistance à personne en danger les dirigeants de la NFL, les présidents des franchises, les coachs, les staffs médico-techniques, les médias et les spectateurs !
Les joueurs, pendant leur période d’activité, ignorent tout sur les conséquences physiques et mentales pour le reste de leur vie.
1.
Foot US / Super Bowl : le 8 février, finale du 60e Super Sunday. Un show ultra-médiatisé où la violence et les blessures s’exhibent en direct. Une partie du public vient surtout voir ses joueurs « démolir » l’adversaire, au mépris des corps.
2.
Dopage, violence et blessures graves font partie du spectacle. Mais l’après est sombre : commotions cérébrales, agressions, homicides, suicides et espérance de vie parmi les plus basses de toutes les professions aux États-Unis.
3.
La finale oppose les New England Patriots (6 titres) aux Seahawks de Seattle (1 titre). Côté anciens Patriots, Aaron Hernandez s’est illustré bien au-delà du terrain : deux tentatives de meurtre, un double homicide et un assassinat et finalement un suicide.
4.
Condamné à perpétuité, Aaron Hernandez se suicide 4 ans après son incarcération. L’autopsie de son cerveau révèle une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) majeure, liée aux commotions cérébrales, favorisant pulsions meurtrières et suicidaires.
5.
Selon The Lancet, le taux de suicide chez les joueurs de foot US serait 65 fois supérieur à la moyenne américaine. Autre étude : sur 1 590 joueurs analysés, 32 % possédaient un casier judiciaire. Des chiffres qui interrogent.
6.
Cannabis (75 % des joueurs), cocaïne, stéroïdes anabolisants : ces produits, associés aux commotions cérébrales, alimentent violence et perte de contrôle. Résultat : braquages, violences conjugales, séquestrations et autres crimes.
7.
Super Bowl XLII (2008) : 9 joueurs avec un passé judiciaire sur le terrain. Super Bowl XXXIV : deux joueurs du Tennessee jouaient en liberté conditionnelle, condamnés pour violences conjugales et homicide. Le spectacle continue malgré tout.
8.
Depuis des années, le foot américain cumule violences sur le terrain, crimes hors stade, dopage et trafic de drogue. Des affaires d’homicide impliquant des stars surgissent régulièrement et saturent l’espace médiatique.
9.
L’accumulation de ces dérives, à l’opposé des valeurs sportives, pose une question centrale : le foot américain, sur et hors du terrain, n’est-il pas l’un des sports de compétition les plus destructeurs au monde ?
10.
En 2014, Barack Obama, président des USA, lance un message fort : conscient de la brutalité et du mépris du corps dans le foot US, il déclare : « Si j’avais un fils, je ne l’aurais pas laissé jouer. »
11.
Pour comprendre la chute d’Aaron Hernandez — violence, meurtres, suicide — lire l’enquête de James Patterson (334 pages), publiée aux USA en 2018 et traduite en français en 2024 chez Hachette.
6 tweets JPDM sur l’affaire O.J Simpson
- Stéroïdes anabolisants (SA) – O.J. Simpson, l’ancienne gloire du football américain décédé le 10 avril à l’âge de 76 ans avait été il y a 30 ans la star du procès du siècle où il avait été acquitté du meurtre de son ex-épouse et de son ami.
- SA – Néanmoins, il sera reconnu responsable du double meurtre lors d’un procès civil en 1997 et condamné à verser aux familles des victimes 33 millions d’euros. Ces dernières ne toucheront jamais le moindre centime !
- SA – En novembre 2016 Canal+ a présenté une série de 10 épisodes The People vs OJ Simpson sur le double meurtre perpétré par l’ex-Running back. Son ex-femme découverte égorgée et son ami gisant près d’elle le corps lardé de coups de couteaux.
- SA – En toile de fond de ce double meurtre, la consommation de stéroïdes anabolisants. Depuis une trentaine d’années, de plus en plus de gros bras – footballeurs américains et bodybuilders notamment – se retrouvent, pour des actes de meurtres sauvages, en conflit avec la justice.
- SA – Cet effet secondaire des engrais musculaires surnommé depuis le mitan des années 1980 ‘’la rage des stéroïdes’’ (roid rage en anglais) expose le consommateur assidu à des accès de violence incontrôlés. Oscar Pistorius en est aussi un autre exemple.
En pièces jointes (PDF) –
- Décès prématurés : l’hécatombe des gladiateurs des temps modernes de 1905 à 2005 (pour la suite, consulter les sites accès sur ce thème)
- En chiffres – Des données qui permettent de mieux appréhender les dérives du foot US


























