Tennis – Novak Djokovic, malgré une lésion méniscale opérée récemment, pourrait performer aux Jeux de Paris

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et ce grâce à l’arthroscopie, une technique chirurgicale miniaturisée qui, depuis 1978, a révolutionné le traitement de cette affection

Victime le 3 juin d’une lésion du ménisque interne (médial) droit dite en anse de seau lors de son huitième de finale gagnant en cinq sets face à l’Argentin Francisco Cerundolo, Novak, pour avoir une chance de conquérir une médaille aux JO de Paris, a décidé deux jours plus tard de passer par la case opération.

Contrairement à ce qu’annonce sans nuance une certaine presse : « Novak Djokovic peut oublier les JO s’il se fait opérer », alors qu’en réalité ses chances de jouer à Roland-Garros le tournoi olympique du 27 juillet au 4 août sont bien réelles.

Avantages dus à deux petites ouvertures de 5 mm de diamètre et à la miniaturisation du matériel optique et chirurgical

Depuis la fin des années 1970, l’arthroscopie – méthode chirurgicale peu invasive – a révolutionné la durée d’immobilisation. Cette technique a permis de transformer complètement les suites : les opérés reprennent beaucoup plus rapidement la marche et leur activité – professionnel et sportive – et la présence à l’hôpital est de courte durée, une journée maximum. L’arthroscopie, principal artisan de ce changement, permet dans le même temps, grâce à la miniaturisation des instruments et en particulier d’un tube optique, de regarder directement à l’intérieur du genou, de faire l’inventaire des anomalies et de retirer tout élément gênant notamment d’origine méniscale en pratiquant seulement deux mini-ouvertures de la taille d’une très petite boutonnière. Avantage considérable par rapport à la technique classique ou arthrotomie qui en raison d’une incision beaucoup plus importante de 5 à 6 cm, voire plus. et d’une hospitalisation de plusieurs jours, provoquait une fonte musculaire considérable nécessitant une longue rééducation. L’arthroscopie réalisée par des mains expertes n’impose, quant à elle, qu’un bref séjour en clinique avec dans la plupart des cas, une reprise d’activité sportive ultrarapide d’autant plus que la lésion est récente.

En revanche, si l’on ne se fait opérer qu’après plusieurs mois de tergiversations, la musculature a le temps de s’affaiblir, la synchronisation des circuits articulaires et musculotendineux de se ‘’dérégler’’ et le retour sur la scène sportive sera en conséquence beaucoup plus long.

L’arthroscopie autorise des retours ultrarapides au plus haut niveau sportif, entre 15 jours et 3 semaines. Exemples.

Plusieurs cas emblématiques d’athlètes de haut niveau notamment dans le ski démontrent parfaitement l’intérêt d’un diagnostic précoce et d’une arthroscopie chirurgicale immédiate. Ce fut le cas du skieur suisse Pirmin Zurbriggen remportant la descente des championnats du monde 1985 à Bormio (Italie), vingt-deux jours après une opération du ménisque par arthroscopie. Sa compatriote Erika Hess, à l’époque la meilleure spécialiste de slalom dans l’histoire de la Coupe du monde, avait subi le même traitement en décembre 1982 avec un retour sur les planches en moins de 15 jours, leurs genoux étant particulièrement protégés par des haubans musculaires hyperpuissants, les skieurs semblent avantagés pour que l’interruption soit la plus courte possible.

Il faut reconnaître cependant que tous les athlètes de niveau international retrouvent le stade ou le gymnase avec un minimum d’interruption d’autant qu’une rééducation spécifique peut être entreprise sans dommages quelques heures après l’intervention.

L’exemple de la marathonienne américaine Joan Benoit doit motiver Djoko. L’ancienne recordwoman du monde des 42,195 km, opérée du ménisque par arthroscopie le 25 avril 1984, remporta le marathon sélectif pour les Jeux olympiques le 12 mai à Olympia dans l’état de Washington, soit 17 jours après le geste chirurgical. Dans la foulée, le 05 août, Mme Benoit était devenue la première femme championne olympique du marathon.

Arthroscopie – Des suites opératoires accélérées

  • Anesthésie : environ une demi-heure d’anesthésie soit générale (endormi complètement) ou locorégionale (uniquement le membre inférieur). Pour Djoko, l’intervention n’a duré que 15 minutes.
  • Ambulatoire : on entre le matin en clinique et on sort le même jour en fin d’après-midi
  • Ouverture : deux mini-ouvertures de la taille d’une petite boutonnière (quelques millimètres) sur la face antérieure du genou (invisibles au bout de 6 mois). L’arthrotomie classique pouvait laisser une cicatrice de 5 à 10 cm, voire plus.
  • Marche : immédiate
  • Retour sportif : après quelques jours de repos, l’activité physique de réathlétisation peut être débutée sous contrôle d’un spécialiste. Plus le problème méniscal est ancien, plus il faut du temps pour récupérer un genou compétition. Dans le cas de Djokovic, en se faisant opérer 48 heures après la lésion, la récupération sera ultrarapide.
  • Ménisque externe : sa lésion entraîne des suites de récupération plus longues.

Arthrotomie : opération avec ouverture de plusieurs centimètres

Cas emblématique du passé : Just Fontaine, footballeur international de 1953 à 1960 (21 sélections), meilleur buteur de la Coupe du monde 1958 et recordman des retours rapides après arthrotomie du ménisque interne : « Just Fontaine, qui est sans doute pour l’époque, le recordman des retours rapides sur le terrain puisqu’il reprit son activité quarante jours seulement après avoir été opéré du ménisque interne du genou droit le 03 décembre 1957 (reprise le 12 février 1958 en Coupe de France) et fut la même année le meilleur buteur de la Coupe du monde en Suède. » [Le Miroir des Sports, 1958, n° 722, 29 décembre, p 19]

Tennis – Alexander Zverev proche d’un exploit inédit, remporter Roland-Garros en étant diabétique de type 1

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Par le passé deux autres diabétiques de type 1 traités à l’insuline ont atteint la finale, sans vaincre. L’Américain William Talbert en 1950, battu en 5 sets par son compatriote Budge Patty, n° 1 mondial, et en 1955 l’Américain Hamilton Richardson battu par Tony Trabert, n° 1 mondial.

Un formidable message stimulant à l’adresse de tous les diabétiques de type 1, lui qui est touché par cette affection depuis l’âge de 3 ans.

Mais parmi les champions de la raquette, il n’est pas le seul à avoir atteint le très haut niveau. Pour preuve, il y a 70 ans, trois joueurs eux aussi diabétiques de type 1 figuraient dans le top 10.

CONTRIBUTION à la connaissance du diabète de type 1,

celui dont souffre Alexander Zverev

Le joueur allemand classé 4e mondial a réussi à atteindre le top niveau malgré sa maladie et plusieurs praticiens inexpérimentés. Dès l’âge de 7 ans, entravé par les médecins dans son rêve de devenir tennisman professionnel – voire numéro UN si son mental était à la hauteur – d’après ses dires, il n’a cessé d’être confronté à l’ignorance abyssale des professionnels de santé sur l’impact favorable du tennis sur l’équilibre de son diabète de type 1. Aujourd’hui, les diabétologues confirmés savent que l’activité physique n’est pas seulement un moyen pour être en forme mais que le sport, ici le tennis mais également les spécialités permettant une dépense énergétique prolongée font partie du triptyque de la thérapeutique du diabète de type 1 aux côtés de la nutrition et de l’insuline. De même, le diabète de type 2 (dit non insulinodépendant) lié à la malbouffe  et / ou à la sédentarité, bénéficiera d’une nette amélioration grâce à une activité physique régulière et dont la durée n’est pas inférieure à 60 minutes. Dans les deux types de diabètes I et II, un exercice musculaire à dépense énergétique suffisante mais répétée de préférence régulièrement, favorise la pénétration cellulaire du glucose en diminuant les besoins en insuline et en médicaments hypoglycémiants, le tout aboutissant à un meilleur équilibre du diabète.

Précision qu’en France, plus de 4 millions de personnes sont atteintes de diabète. Pour se soigner, elles prennent des médicaments mais doivent aussi impérativement se bouger.

  • Triptyque d’une thérapeutique efficace :
  • 1 – Insuline
  • 2 – Alimentation
  • 3 – Sport

Avant la découverte de l’insuline en 1921, l’exercice physique faisait partie intégrante de la thérapeutique du diabète

Depuis très longtemps, les médecins recommandent le sport à leurs diabétiques et, sans devoir remonter au déluge, il convient de rappeler qu’à la fin du XIXe siècle, un médecin du sport, Fernand Lagrange (1845-1909), auteur de « L’exercice chez les adultes« , rapporte le cas du doyen de la Faculté de Médecine qui fréquentait assidûment un grand gymnase de la rue de Vaugirard. « Là, nous rencontrions chaque soir le professeur Adolphe Wurtz (1817-1884) et nous étions surpris de l’ardeur toute juvénile que déployait notre maître, alors âgé de soixante ans, dans ces exercices si rarement pratiqués à son âge. Mais, il nous donna un jour la raison de son zèle pour la gymnastique. Il était diabétique et venait faire travailler ses muscles, pour « brûler » son sucre. Ce mode de traitement avait d’ailleurs, nous disait-il, amélioré son état mieux que tous ceux qu’il avait essayés. »

Bien avant cette époque, l’efficacité indéniable de l’exercice musculaire dans le traitement du diabète avait été signalée par Apollinaire Bouchardat (1806-1983) qui conseillait à ses patients diabétiques : « la chasse, l’escrime, les exercices musculaires, ramer, patiner, les jeux de paume, de billard, les travaux actifs de labourage et de jardinage. »

Plus près de nous, en 1959, Elliot P. Joslin (1869-1962) fait du sport l’un des trois éléments, avec le régime et l’insuline, de la triade thérapeutique du diabète sucré.

Le pionnier, tennisman de haut niveau et traité à l’insuline, était un Américain William ‘’Bill’’ Talbert, 3e mondial en 1949

En fait, c’est véritablement vers les années 1950 que, grâce à l’un des meilleurs tennismen de l’époque, William Talbert, que la voie de la pratique sportive s’ouvrit aux diabétiques.

Le Professeur Henri Lestradet (19921-1997) qui l’avait rencontré aux Etats-Unis en 1952, le classait parmi les trois malades ayant le plus influencé sa compréhension du diabète insulinodépendant : « C’est grâce à lui que je me suis orienté vers le diabète. Je l’ai rencontré aux USA où je bénéficiais d’une bourse d’études. A l’époque, en France, et dans bien d’autres pays, les diabétiques étaient considérés comme des malades difficiles nécessitant plusieurs mois d’hospitalisation chaque année, des doses fixes d’insuline et un régime alimentaire restreint. Toutes choses qui les bloquaient dans leur vie scolaire, professionnelle et familiale. Bill Talbert était diabétique mais il menait une vie normale, faisait du sport de façon intensive, avait remplacé son régime fixe par une certaine liberté alimentaire, et les doses constantes d’insuline par une adaptation permanente des doses. Tout cela parce qu’il avait eu la chance de tomber sur un médecin non conformiste. Nous prenions souvent notre petit déjeuner ensemble au drugstore. Il me disait: « Les médecins ne connaissent rien en diabétologie ». J’avais lu également un article où il faisait part de son expérience de diabétique sportif : « Des années de tâtonnement et pas mal d’erreurs m’ont permis d’élaborer un système raisonnable concernant l’insuline et le régime alimentaire compatible avec une activité physique intense. J’en suis venu à penser que l’un des deux, soit l’individu, soit le diabète, doit triompher de l’autre. Être diabétique ressemble beaucoup à élever un enfant; celui-ci doit apprendre à vivre avec nous et non pas nous avec lui ».

C’est alors que j’ai dérivé des études métaboliques que l’on m’avait demandé, vers l’étude du diabète pour essayer de bien comprendre ce qui me semblait une révolution étonnante. A mon retour en France, en accord avec le Professeur Robert Debré (1882-1978) et le Professeur Pierre Royer (1917-1995), nous avons mis en place une thérapeutique « non conformiste » du diabète, dont les points les plus intéressants étaient la variation de traitement et la prise en charge de ce dernier par le malade lui-même. A l’époque, beaucoup ont crié « au fou ! « , sur ce parti qu’aujourd’hui tout le monde a adopté. Et c’est en quelque sorte grâce à Bill Talbert que nos enfants diabétiques ont maintenant une vie normale faite d’activité variées ».

William ‘’Bill’’ Talbert souvent confondu avec son presque homonyme Tony Trabert qui, lui, n’était pas diabétique

Malheureusement pour ce novateur apparut, pratiquement à la même époque, aux Etats-Unis, Tony Trabert, son homonyme à une lettre près, de onze ans son cadet, qui allait devenir le numéro un mondial du tennis. Tony Trabert eut comme professeur, à partir de 1942, William Talbert. En 1950, très jeune encore, Tony débarqua à Roland-Garros en compagnie de Bill, son mentor. Mieux, son mécène puisqu’il finança entièrement le voyage et le séjour européen de Trabert. Il pouvait se le permettre car il était vice-président d’une puissante banque. A Paris, les deux hommes gagnèrent tout simplement le double messieurs des Internationaux de France après avoir triomphé à Rome. C’est le début d’une fort brillante collaboration puisqu’entre 1950 et 1953, les deux champions disputeront ensemble vingt-huit tournois et n’en perdront qu’un. Et dans l’intervalle, Talbert sera, en outre, le capitaine de l’équipe des Etats-Unis en Coupe Davis.

C’est certainement cette étrange ressemblance entre leurs noms qui a fait de Trabert le plus connu des deux en raison de son palmarès (27 victoires en Coupe Davis sur 35 matches, Petit Chelem en 1955, Roland-Garros, Wimbledon, Forest Hills), un diabétique insulinodépendant dans la plupart des communications médicales ou grand public consacrée aux rapports entre cette affection métabolique et les activités sportives.

Nous espérons que cette mise au point permettra dorénavant de réhabiliter les mérites respectifs de chacun et surtout le rôle considérable qu’a joué Bill Talbert dans l’évolution de la thérapeutique des « diabètes » et notamment de l’insulinodépendant.

Interview consacrée au diabète de Zverev parue dans L’Equipe du 07 juin 2023

Quentin Moynet, journaliste à L’Equipe :

« Avez-vous discuté avec des athlètes diabétiques dans d’autres sports ? »
Alexander Zverev : « J’ai parlé avec plusieurs athlètes de l’équipe olympique d’Allemagne. Mais il n’y a pas beaucoup d’athlètes diabétiques dans des sports d’endurance comme le tennis. Il y a des champions olympiques diabétiques, mais pas dans des sports d’endurance. Je pense que, comme moi, on leur a dit dès leur plus jeune âge qu’ils ne pourraient pas y arriver. Il faut changer cette façon de penser » [L’Equipe, 07.06.2023]

Il est difficile de croire que Zverev et le journaliste du quotidien du sport ignorent autant l’existence des champions diabétiques du passé.

Déjà, il y a 70 ans, trois joueurs de tennis ont atteint le haut niveau tout en état diabétique de type 1. A l’époque, il n’y avait pas de lecteur de glycémie connecté. Dans d’autres sports encore plus endurants que le tennis, on trouve un cycliste professionnel – Dominique Garde – qui a couru trois Tours de France alors qu’il était diabétique (1987 : 54; 1988 : 93; 1989 : 52e). Il lui arrivait aussi de stopper complètement les piqûres d’insuline pendant la durée de l’épreuve.

Dans le même sport, il existe une équipe cycliste Novo Nordisk, entité composée exclusivement de coureurs professionnels diabétiques.

 Toujours dans le haut niveau, on trouve des footballeurs internationaux ayant participé à des Coupes du monde ou ayant remporté une Coupe européenne : Gary Mabbutt (Grande-Bretagne), Danny McGrain (Ecosse), Pär Zetterberg (Suède).

Finalement, il est quand même surprenant que Zverev ignore totalement ces champions qui ont contribué à une meilleure connaissance des diabétiques confrontés à la compétition de haut niveau. Pour mémoire, William Talbert, le tennisman pionnier, avait atteint la demi-finale de Roland-Garros en 1950 tout comme l’a fait Alexander Zverev à quatre reprises et consécutivement en 2021, 2022, 2023 et 2024.

En fichier joint (PDF) : Palmarès des tennismen diabétiques de type 1 des années 1950


			

Tennis – Défaillances sur les courts de la Porte d’Auteuil :

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Les spectateurs plus exposés que les joueurs…

Explications du Dr Jean-Pierre de Mondenard

De temps en temps, au cours des rencontres de tennis de la quinzaine de Roland-Garros, les caméras de la TV s’immobilisent dans les gradins pour nous montrer des gens qui s’agitent autour d’une personne affaissée sur son siège ou allongée à même le sol. L’arbitre, agacé par ce brouhaha dont il ignore la plupart du temps l’origine et en raison de ses répercussions inévitables sur la concentration des joueurs, demande énergiquement le silence. Quelques instants plus tard, des infirmiers évacuent au pas de charge sur un brancard la personne défaillante, victime d’un évanouissement. Les rediffusions de cette séquence-type augmentent généralement avec le nombre de spectateurs, l’ardeur du soleil, la durée des matches, l’intensité de la lutte et l’importance de l’enjeu ! De nombreuses personnes passionnées par les joutes des internationaux de France s’interrogent : « Docteur, pourquoi cette perte de connaissance ? Quelles en sont les causes. Comment l’éviter ? »

Où est la panne ?

La conscience qui caractérise l’état de veille normal et les facultés qu’elle commande (penser, se tenir debout, agir etc.) dépendant du bon fonctionnement du système nerveux et, par conséquent, d’une circulation cérébrale efficace. Si, pour une raison quelconque, celle-ci diminue au-delà d’une certaine limite (laquelle est assez restreinte), le cerveau réagit en réduisant d’abord son activité, puis en arrêtant toutes les fonctions vitales. On observe la réalisation la plus évidente de ce processus dans la syncope. Cette dernière, marquée par un évanouissement, consiste en une perte de conscience temporaire, qui survient brusquement ; elle est provoquée par une insuffisance en oxygène qui correspond le plus souvent à une diminution de la circulation sanguine dans le cerveau. La lipothymie (du grec Leipo, je perds et thumos conscience), obéit au même mécanisme mais se caractérise par un simple obscurcissement de la conscience : c’est le premier degré de la syncope qui porte également le nom d’évanouissement.

Symptômes

Il peut être utile de connaître les symptômes annonçant un évanouissement car il suffit parfois seulement d’écarter les genoux et placer sa tête entre eux de façon que le sang afflue librement au cerveau pour éviter de s’affaisser sur le sol avec les risques de traumatisme que cela comporte. Le sujet éprouve d’abord un malaise diffus et indéfinissable qui l’empêche de prendre conscience de ce qui se passe autour de lui ; il commence à avoir des ‘’sueurs froides’’ et parfois une sensation de nausée mais qui va rarement jusqu’aux vomissements. Simultanément, il ressent une fatigue intense, tandis que son visage pâlit de plus en plus et que ses pupilles se dilatent. La tête commence à tourner ; il a des bourdonnements d’oreille et sa vue se trouble. A ce point, la situation se précipite, il voit « noir » et perd contact avec le milieu qui l’entoure ; les bruits lui semblent lointains et irréels ; finalement, tout disparaît et il tombe à terre. Ce phénomène, en dehors d’une cause organique (infarctus du myocarde[1], embolie cérébrale, épilepsie) est le plus souvent due à un déséquilibre circulatoire privilégiant le stockage du sang à la périphérie, c’est-à-dire dans les jambes ou sous la peau au détriment du cerveau [2]. Certains facteurs favorisent sa survenue :

La digestion : pour assimiler un repas, l’estomac et surtout l’intestin ont besoin d’une quantité supplémentaire de sang. C’est un mécanisme physiologique naturel et cette digestion dure 2 h 30 à 3 heures pour un repas moyen. Si pendant cette période on s’expose au soleil, le sang se trouve en partie dirigé vers la peau afin d’évacuer le surplus de chaleur. Or, la quantité de sang de notre organisme n’est pas variable (entre 5 et 7 litres suivant le poids et la taille du sujet). Dans cette situation particulière de digestion au soleil, le cerveau se trouve alors en manque de sang et manifeste son désaccord par une perte de conscience.

La chaleur surtout humide et son corollaire, la déshydratation : lorsque le mercure grimpe, le sang se déplace sous la peau et la sueur s’écoule en abondance. En position assise, selon les sujets, leur état d’acclimatation plus ou moins grand vis-à-vis de la chaleur et l’humidité de l’air, la quantité maximale produite varie en moyenne de 600 à 800 millilitres par heure. Cette fuite d’eau fait baisser le volume de liquide disponible pour le cerveau.

L’alcool : l’absorption de boissons alcoolisées (bière, vin etc.) favorisant la dilatation des vaisseaux sous-cutanés, réalise, comme la digestion et la chaleur, un « vol » sanguin au détriment e la commande cérébrale. 

Varices : lors d’une exposition immobile aux rayons du Dieu Râ, la dilatation veineuse des jambes augmente, a fortiori si on a des varices, et détermine une accumulation importante de sang vers les membres inférieurs. Cela entraîne par voie de conséquence une réduction de l’apport veineux au cœur, une diminution du débit cardiaque avec chute de la pression artérielle et un ralentissement de l’afflux sanguin dans le cerveau.

Un choc émotionnel : l’écrasement ou à l’inverse la victoire de son favori – Cette situation déclenche un brutal ralentissement cardiaque par une excitation excessive du système nerveux dit parasympathique dont le rôle est de faire baisser le rythme cardiaque.

Des vêtements trop serrés : (corset, guêpière, ceinture). Cette dernière cause est celle qui expliquait à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, lors des premiers tournois de Wimbledon et de Forest Hills, la grande fréquence des évanouissements féminins, favorisés par le port de guêpières et de corsets étroitement lacés. C’est d’ailleurs pourquoi les femmes du peuple, qui ne portaient pas de tels sous-vêtements, étaient rarement exposées à ce type d’évanouissement.

Certains médicaments sont susceptibles de perturber la régulation de la tension artérielle. Par exemple, un étourdissement peut se manifester lorsque, pour applaudir un point exceptionnel, on passe brutalement de la position assise à la position debout. En effet, certains médicaments (antidépresseurs, diurétiques etc.) peuvent entraver (dans le changement soudain de position pris comme exemple), les mécanismes de régulation de la tension artérielle, qui en temps normal provoquent instantanément une constriction des veines afin de faciliter le retour du sang vers le cœur et le cerveau.

Conseils pratiques

Comment l’éviter

  • Porter des vêtements et un couvre-chef blanc qui réfléchissent les rayons solaires,
  • Avoir son litre d’eau à portée de la bouche. En consommer régulièrement par petites gorgées,
  • Protéger ses jambes si l’on a des varices
  • Manger léger et limiter l’alcool avant d’aller vous asseoir dans les gradins du stade de la porte d’Auteuil
  • Si la partie doit se prolonger, profiter des changements de côté pour contracter les muscles des pieds, des jambes et des fesses en faisant, debout, quelques élévations sur la pointe des pieds.

Que faire quand on se sent défaillir ?

  • Desserrer les vêtements au niveau du cou et de la taille
  • Rester assis, écarter les genoux et placer la tête entre eux de façon que le sang afflue librement au cerveau
  • Maintenir cette position tant que ça tourne
  • Essayer de se lever dès que l’on se sent mieux, mais reprendre immédiatement la station assise si l’impression de malaise persiste.

Comment, en attendant le médecin, se rendre utile à une personne évanouie?

  • L’allonger à l’horizontale, la tête tournée sur le côté, les jambes légèrement surélevées,
  • Dénouer les liens, ceinture, boutons etc., tout ce qui peut empêcher la libre circulation du sang,
  • Ecarter les gens agglutinés autour, afin de ménager un espace libre suffisant, plus propice à une action efficace
  • Placer un linge imbibé d’eau froide sur son front,
  • Ne lui donner aucune boisson tant qu’elle n’a pas repris connaissance ; le faire en revanche dès qu’elle est capable de boire toute seule
  • Le sujet reprend généralement assez vite connaissance mais il vaut toujours mieux s’assurer que le service médical a été alerté.

[1] Une étude suédoise a recensé 50 décès de sujets plus ou moins cardiaques qui suivaient à la télévision la finale de Wimbledon. Il ressort de cette enquête que si l’on est tout à la fois cardiaque et passionné de tennis, il faut à contrecœur regarder les matchs en différé.

[2] Autres causes : hypoglycémie, insolation, coup de chaleur

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                Dr J.P. de Mondenard - Tennis médecine sportive - éd. Amphora, 1987

Dopage – L’alcool, dopant le plus consommé sur la planète et ce depuis le début des compétitions sportives

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ne vous veut pas du bien

Depuis le 1er janvier 2018, l’éthanol ne fait plus parti de la liste des substances illicites ni ne figure dans le programme de surveillance de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Dorénavant, ce sont les Fédérations internationales concernées par la réglementation de l’alcool (aéronautique, automobile, motonautique et tir à l’arc) qui doivent prendre les mesures nécessaires afin de mettre en place des protocoles pour tester la consommation d’alcool et sanctionner adéquatement les athlètes ne respectant pas les règles de leur sport.

L’alcool bénéficie d’une légende tenace de remontant aux effets miraculeux… Certains travailleurs – de force ou pas – ne s’en privent guère et des sportifs sont parfois tentés d’y puiser d’hypothétiques ressources. De nombreux mythes encouragent la consommation de ceux qui recherchent un coup de pouce afin d’améliorer leurs prestations athlétiques  « L’alcool donne des forces », « Il réchauffe », « Il étanche la soif », « Il combat le froid ». La pharmacologie et la physiologie de cette « boisson » universelle nous apprennent que l’alcool ne présente que de très rares avantages alors qu’il occasionne toute une série de pépins, notamment dans le domaine de l’effort.

La preuve par 9

1.   Diminution de la force

2.   Réduction de l’endurance (capacité aérobie)

3.   Baisse de l’adaptation à la chaleur et au froid

4.   Douleurs musculaires post-effort

5.   Temps de récupération majoré

6.   Augmentation du risque des blessures

7.   Cicatrisation des lésions musculo-tendineuses plus lente

8.   Association alcool-stéroïdes anabolisants dangereuse pour le foie

9.   Favorise la prise de « charge » (surpoids) : il s’oppose à la dégradation des lipides.

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EN FICHIERS JOINTS (PDF) :

  • Effort physique : les contre-performances de l’éthanol (la preuve par 9)
  • Fiche du Dictionnaire du dopage (actualisée et enrichie) : L’ALCOOL