Dans ce deuxième chapitre de notre série consacrée au Tour de Frantz 1927, nous mettons volontairement de côté les récits de course et de tactique pour braquer les projecteurs sur ceux qui, dans l’ombre, ont rendu possible la plus grande course cycliste du monde. Sans eux, ni l’épreuve ni sa légende ne tiendraient la distance.

Ce volet s’intéresse à l’envers du décor : à l’état-major du Tour de 1927, à la direction de course et à ses nombreux services – de la logistique au ravitaillement, en passant par les massages – ainsi qu’aux représentants de l’Union vélocipédique de France (UVF), garants du bon déroulement de l’épreuve. Nous explorons notamment :
Présence des médias, avec un zoom sur les envoyés spéciaux de l’époque et le rôle central de la presse dans la médiatisation et le suivi de la course ;
Innovations de cette 21e édition, souvent ignorées, mais qui ont discrètement façonné l’avenir du Tour :
- Amarré sur le toit d’une voiture dite ‘’publiphonie’’, ressemblant à un carton à chapeaux, un speaker muni d’un double mégaphone, avant le passage des coureurs, renseigne les populations sur le déroulement de la course,
- Un minibus (18 places) portant le patronyme de ‘’Virginie’’ suit le peloton avec à son bord plusieurs journalistes. Le chauffeur, Domnique Lamberjack – un ancien cycliste – pilote avec « maestria et éloquence son énorme Virginie plus rapide et confortable qu’un pullman ».
Coulisses insolites, comme l’usage de la cigarette par de nombreux coureurs au départ, en course ( ! ), à l’arrivée et après le bain. A l’époque, l’usage de la clope est assimilé à un gain marginal. Le Miroir des Sports et Match L’Intran s’en font l’écho.
Surnoms des équipes et des touristes-routiers
A travers la lecture de la presse évoluant sur le Tour de France 1927, j’ai listé les surnoms attribués aux quatre équipes de la catégorie des ‘’groupés’’ mais aussi de celle des ‘’touristes-routiers’’. Il est fort utile de bien connaître tous ces pseudos sinon dans la lecture des documents d’époque on se perd en confondant les Canaris, les Moineaux et les Perroquets !
Avec ces éléments oubliés ou méconnus, se dessine une autre histoire du Tour 1927 – celle des invisibles, des indispensables, et des anecdotes qui révèlent toute la richesse humaine et culturelle de cette épreuve créée pendant la Belle Epoque devenant phare au décours des années folles (1919-1929).
