Suite de la saga du Tour de France 1927 (en 5 étapes) : 4e volet
Des massifs montagneux à franchir dans des conditions éprouvantes entre météo hostile et routes dégradées
Lors de la 21e édition du Tour de France, l’organisateur réunit sur le parcours la plupart des cols les plus emblématiques : l’Aubisque, le Tourmalet, l’Aspin, le Peyresourde, le Puymorens dans les Pyrénées, puis les cols d’Allos, du Galibier, de l’Izoard et de Vars dans les Alpes.
En 1927, aucun Grand Prix de la Montagne
En 1927, le Grand Prix de la Montagne n’existe pas encore — il ne sera instauré qu’en 1933. À l’époque, aucun point n’est attribué aux coureurs franchissant les cols en tête, mais un prix en argent leur est tout de même accordé. Dans cet exercice, c’est Nicolas Frantz, futur vainqueur de l’épreuve, qui se distingue. Malgré son gabarit (1,78 m pour 72 kg), il s’impose comme le meilleur grimpeur de ce Tour exigeant, avec 9 sommets passés en tête, dont le Tourmalet, l’Aspin et le Peyresourde. À Luchon, le Luxembourgeois s’empare du maillot jaune et relègue son dauphin au général le Belge Maurice Dewaele à 38 minutes 27 secondes.
Les coureurs deviennent des Forçats ou Martyrs de la Route
À cette époque, les routes de montagne ne sont ni goudronnées ni bitumées, mais simplement stabilisées. En cas de fortes pluies, elles se transforment en bourbiers, contraignant les coureurs à porter leurs vélos ou à les pousser à pied, comme en cyclo-cross.
Le patron du Tour autorise une partie de l’ascension du Galibier en mode pédestre.
Lors de cette 21e édition, Henri Desgrange – compte tenu de fortes précipitations dans le massif alpin – neutralisa le début de la montée du Galibier à partir de l’embranchement avec la route du Lautaret. Les coureurs accomplirent cette partie de l’ascension à pied, certains empruntant même le sentier pédestre leur offrant un raccourci appréciable.
Tour de France 1927 : 17e étape remportée par le Belge Pé Verhaegen (équipe JB Louvet) – Antonin Magne passe en tête au sommet du Galibier (tunnel : 2556 m)
Référence : Les Sports illustrés (Bruxelles) relayés par Henri Bressler. – Nicolas Frantz. – éd. St-Paul, 2007. – p 58
Entre l’avant et l’après-Première Guerre mondiale, ces chemins ressemblent davantage à des sentiers muletiers qu’à des routes, causant de nombreux dégâts : roues et fourches cassées, pneus crevés, blessures diverses (furoncles, chutes, poignets meurtris, etc.). C’est durant cette période que les participants du Tour seront surnommés les « Forçats » ou « Martyrs de la Route ».
Dans ce quatrième volet, nous examinons en détail les 43 cols et côtes figurant au programme du Tour de 1927 : le nom de chaque col, son versant emprunté, son altitude d’après les données cartographiques de l’époque, sa localisation (étape et département), ainsi que le nom du premier coureur à l’avoir franchi.
Un travail inédit, car la majorité des sources actuelles — comme le Dico du Tour, Wikipédia ou même le site officiel du Tour de France — ignorent largement les cols franchis avant 1947.
En fichier joint (PDF) – Tour de France 1927 : les massifs montagneux au programme de cette édition



