Tour de France 1927 – Les forçats de la route ont eu la vie dure mais… longue !

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Longévité : une durée de vie toujours très supérieure à la moyenne nationale des hommes

3e volet

Depuis quatre décennies, j’enregistre avec d’autres chercheurs, notamment Philippe Fetter, les états civils des coureurs du Tour de France (actes de naissance / de décès).

Précisons que pour un petit nombre, nous n’avons pas réussi à retrouver leurs dates de vie. Leur faible nombre n’impacte pas les données statistiques.

Depuis la 1re édition de la Grande Boucle en 1903 et ce jusqu’en 1949 inclus, tous les concurrents sont aujourd’hui décédés.

Ces dernières années, j’ai publié la durée de vie de ceux qui ont participé aux éditions suivantes : 1903, 1926, 1947, 1951.

Aujourd’hui, c’est l’étude statistique des participants à la 21e édition (1927).

  • En 1927, ils sont 142 au départ, 39 à l’arrivée et 103 qui se sont arrêtés en cours de route.
  • Sur l’ensemble, 15 états civils sont encore inconnus à ce jour, ce qui signifie que 89,4% des états civils sont documentés.

Controverse : l’impact du dopage sur la santé, la durée de vie et l’éthique !

Une plongée dans les témoignages des acteurs des années 1925-1930 – coureurs, journalistes, médecins – montre que l’usage souvent tabou -alors que ce n’était pas prohibé par les instances officielles – des amplificateurs de performance était omniprésent dans les pharmacies des Forçats de la Route.

Les écrits d’époque consultés contredisent les gros naïfs ou pseudo-experts qui croient que le dopage est né avec Richard Virenque et Lance Armstrong  au décours des années 1990.

Dès les premières compétitions cyclistes organisées pendant le dernier quart du XIXe siècle, les stimulants et autres substances revigorantes d’aide à la performance étaient consommés.

Dans l’environnement immédiat de la 21e édition du Tour de France 1927, le viatique pharmaceutique des cracks de la pédale comportait au choix : alcool, arsenic, caféine, cocaïne, éther, Hémostyl® (sérum de cheval), nicotine (+ monoxyde de carbone), nitroglycérine (trinitrine), Porto Flip (alcool + 2 jaunes d’œufs), strychnine, ‘’vin de viande’’.

Visiblement, compte tenu de la durée de vite des 127 coureurs du Tour 1927, l’impact possiblement négatif du dopage au plan santé a été nettement compensé par la pratique cycliste à haute dose associée à une hygiène de vie stricte spécifique à cette spécialité.

En revanche, la majorité des dopants de l’époque favorisait les performances, ce qui bien sûr par rapport à l’égalité des chances devait être réglementé.

Dès 1904, le milieu hippique instaure une réglementation avec contrôle salivaire et, si positif, des sanctions attenantes. En milieu humain, il faudra attendre 60 ans pour qu’une première loi dite Loi Herzog antistimulants soit votée et appliquée.

Le dopage étant contraire à l’éthique, il doit être contrôlé et sanctionné. En revanche, au plan santé, rien n‘est prouvé. Les différentes études publiées sur la longévité des cyclistes – supposés les sportifs les plus ‘’chargés’’ – à ce jour montrent que l’incidence négative sur la santé est fantasmée sur la base de quelques cas emblématiques liés à des surdoses tout comme en thérapeutique quotidienne.

En résumé, comme toujours, l’important, c’est la dose. Le risque c’est la surdose pour les médocs en thérapeutique humaine.

En fichier joint (PDF) : Classement – Les coureurs du Tour de France 1927