RUGBY – L’éthique médicale bafouée, piétinée, plaquée depuis des lustres

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Dans la série « Le Grand Témoin », L’Equipe revisite chaque jeudi un évènement passé avec l’un des acteurs de l’époque. Le 12 mai, le quotidien sportif revient sur la finale du championnat de France 1990 remportée par le Racing contre Agen (22-12 AP), la dernière finale du club ciel et blanc avant celle contre les Saracens. Philippe Guillard, l’ailier du Racing, raconte comment il a pu jouer le 26 mai 1990 avec une luxation des péroniers (cheville) anesthésiée par injection.

PAGE EQUIPE

Les 4 jours précédant la finale, je marche avec des béquilles 

Revenons aux faits. Le mardi précédant la finale lors de l’entraînement, La Guille (son surnom) rappelle : « Je m’étais écroulé d’un coup, lors de l’échauffement, sans que personne ne me touche. ‘’Oh non ! Pas ça’’ La gaine du long péronier, le tendon qui passe sous la malléole et qui te permet de faire les appuis, les extensions, avait lâché. En clair, je ne pouvais plus marcher. Le tendon se baladait au-dessous du pied. Dans les vestiaires, je me mets à chialer (…) A partir du mercredi où on est partis préparer le match à la Voisine, le centre d’entraînement du Quinze de France, j’ai passé trois jours de calvaire au bord du terrain, avec mes béquilles. On me faisait des séances d’acupuncture, des massages pour enlever l’inflammation. Le soir, je ne dormais pas. Je cauchemardais toute la nuit : je vais rater la finale… »

GUILLARD

Philippe Guillard

Me faire piquer au dernier moment 

Le feu vert pour être sur le terrain en tenue de joueur sera effectué le samedi matin de la finale. Pizzaïolo, son autre surnom, raconte la scène : « On m’avait fait une piqûre d’antidouleur pour tenir une demi-heure. Je ne sentais plus ma jambe. J’ai dû me tester sous les chandelles, sur les contre-pieds, les appuis. Le président du club, Jean-Pierre Labro, était là avec Robert Paparemborde et Christian Lanta, notre entraîneur. Au bout d’un moment, Robert me dit : ‘’C’est bon La Guille, tu joues ce soir’’. Mais Lanta lui en voulait plus : ‘’Je te mets deux plots et tu fais quinze allers-retours en prenant appui sur le pied où tu as mal. Si tu sors de là, tu joues’’. Je pensais que ça n’allait pas tenir, mais je l’ai fait à fond, j’étais comme sous anesthésie. » Ensuite, c’est le transfert au Parc des Princes. Guillard se souvient parfaitement de ces instants : « Je suis descendu du bus avec mes béquilles. Un journaliste de Sud-Ouest me lance : ‘’Tu ne joues pas finalement ?’’ Je lui réponds : ‘’Qu’est ce qui te fais dire ça ?’’ Mon but, c’était de me faire piquer au dernier moment et je suis resté dans les vestiaires jusqu’au bout. Pas d’échauffement, pas de traditionnelle photo d’avant-match, d’ailleurs, je ne suis pas dessus. »

Dominique Issartel, la journaliste intervieweuse, pose une dernière question à Guillard dont la réponse est à la hauteur de l’ignorance abyssale du corps des sportifs de compétition.  Que vous reste-t-il de cette expérience vingt-six après ? « Un seul joueur aurait dit : on ne peut pas prendre La Guille, on a envie d’être champions et il nous met en danger, je n’aurais pas disputé cette finale. Mais ce mec, il n’existait pas dans ce groupe, il n’existait pas dans le rugby de cette époque où on jouait des années ensemble. Pourtant, que les mecs m’aient laissé jouer avec cette blessure – ce n’était pas une côte cassée ou un coup à l’épaule – alors que je n’étais pas un joueur utile, je n’en reviens toujours pas. Il y aurait eu un autre mec à ma place, ils étaient champions pareil. Alors, d’avoir pris le risque, je leur dis merci. »

Contraire à l’éthique médicale

 De tout temps et aujourd’hui plus que jamais, le mépris du corps fait partie intégrante du comportement des sportifs face à la douleur. Tout le monde comprend que consommer des amphétamines quand on a un coup de mou, c’est du dopage alors qu’à l’inverse se piqouzer pour jouer un match malgré une blessure, ça n’a rien à voir avec un coup de pouce artificiel, ce n’est que de la médecine ! Belle subtilité de langage !

En réalité, de jouer blessé grâce à une piqûre anesthésiante est aux antipodes de l’éthique médicale. On peut remonter dans le temps, on trouvera des cas similaires en pagaille. Depuis la finale Racing-Agen en 1990, l’état d’esprit des combattants des pelouses n’a pas changé. En milieu hippique, il y a des vétérinaires indépendants qui examinent les chevaux avant les courses. Tout quadrupède blessé ou malade est interdit de départ. Pourquoi dans un but de préserver leur santé, on règlemente leur présence sur les champs de course alors que dans les enceintes sportives humaines les instances, les dirigeants, les staffs médico-sportifs ferment les yeux ? Au final, pour assister aux prémices d’un véritable changement de comportement, il est clair qu’il n’y a pas grand-chose à attendre du milieu du rugby puisque cela perdure depuis plus d’un siècle.

DOCUMENT –  Joueurs blessés : le mépris du corps (quelques cas exemplaires)

1965 – Jean-Baptiste  Amestoy (FRA) : quatre piqûres anesthésiantes avant et pendant le match 

Rugbyman international en 1964 au poste de pilier, le Basque originaire d’Ustaritz se plie aux exigences du sportif de compétition qui doit jouer coûte que coûte. Un écho paru dans Le Miroir des Sports confirme cette pratique contraire à l’éthique médicale : « Bel acte de courage à l’actif de Jean-Baptiste Amestoy, le pilier du stade Montois : il a joué dimanche 1er novembre contre Lourdes avec une tendinite très prononcée. Il dut subir quatre piqûres anesthésiantes qui lui furent faites, avant et pendant le match. » [Le Miroir des Sports, 1965, n° 1104, 4 novembre, p 39]

AMESTOY

Jean-Baptiste Amestoy

 1978 – Pascal Ondarts (FRA) : « Orbite fracturée, mais je n’avais pas quitté le terrain »

« Mon premier derby entre le BO et l’AB c’était en 1978, j’avais perdu à Biarritz contre Bayonne. C’était chaud. J’avais eu l’orbite fracturée au bout de cinq minutes de jeu. Francis Haget (deuxième ligne du BO, 40 sélections de 1974 à 1987) poussait derrière moi. Il avait loupé le pilier en face et j’avais chargé. Orbite fracturée mais je n’avais quitté le terrain ! Ça c’était le derby. Ce n’est pas parce qu’on avait l’épaule pétée ou l’arcade arrachée qu’on sortait, on était là pour défier le mec en face. Et puis, un derby, si tu ne le finissais pas avec un marron, le match d’après, il n’y avait personne au stade ! C’était la moindre des choses, il fallait bien prouver qu’on avait envie de jouer (il rigole). »

ONDARTS

Pascal Ondarts, international (42 sélection) [L’Equipe, 25.05.2015]

 2005 – Raphaël Poulain (FRA) – Jouer malgré une blessure

« L’échauffement d’avant match est bientôt terminé. Je­ pique une dernière accélération le long de la ligne d’en-­but : « Clac ». Le bruit me résonne du mollet jusqu’aux tempes. La déchirure est brutale. Le muscle est fissuré, ce n’est pas une simple contracture. Tout craque. Je rejoins les copains dans le vestiaire, sans rien laisser paraître. J’avale un cri de douleur au moment de serrer les lacets de mes crampons. Je prends ma place, à l’aile, face a une meute de Corréziens bien  décidés à défendre leur terre contre les parigots. La déchirure s’accentue à chaque course. A la vingtième minute, idéalement place, en surnombre, je reçois une passe parfaite de Jérôme Fillol. Je n’ai que cinq mètres à courir vers le poteau de coin pour marquer l’essai. Mais je ne peux courir que tout droit. Je fonce dans un défenseur briviste, perd le ballon et gâche l’action. Sur le banc de touche, l’entraîneur a de la foudre dans les yeux et un masque grimaçant. » Raphaël Poulain (FRA) [in « Quand j’étais superman ». – Paris, éd. Robert Laffont, 2011. – 248 p  (p 106)

POULAIN

Raphaël Poulain

2015 – Jacques Burger (Namibie) – « Chaque partie de mon corps me fait mal »

Témoignage du capitaine de l’équipe de Namibie lors de la Coupe du monde 2015 : « Souvent, après un match, je me réveille en plein milieu de la nuit et je crie : aie ! Je ne peux plus sortir de mon lit. Chaque partie de mon corps me fait mal comme si je venais d’avoir un accident de voiture. Le rugby est un sport de brutes mais je n’en changerais pour rien au monde. » [L’Equipe, 25.09.2015]

BURGER

Cyclisme – Chronique de la triche ordinaire

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Télévision : « rien n’est plus contagieux que l’exemple »

Ces derniers mois, la fraude technologique ou pour être plus clair le vélo électromagnétique, a alimenté l’actualité cycliste. Depuis cinquante ans, le dopage biologique secoue le peloton. La presse des deux roues sans moteur s’insurge sur le procès  orienté exclusivement à l’encontre de son cher sport en titrant « Haro sur le cyclisme… et les autres ?». Problème : je n’ai jamais lu dans un mensuel spécialisé « Haro sur les tricheurs du vélo » ! Ces derniers temps, avec la multiplicité des épreuves cyclistes télévisées, j’ai assisté à plusieurs faits de triche ordinaire sans que cela ne mobilise le MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible) ni l’UCI (Union cycliste internationale).

Coup de pouce ‘’légal’’ n° 1 : bidons motorisés

Le premier acte se déroule pendant le Tour de Romandie. C’est la chaîne qatarie Bein Sports qui assure la couverture télévisée de l’épreuve suisse. On y voit un échappé qui, a une trentaine de kilomètres de l’arrivée, plafonnait avec une minute d’avance sur le peloton. Visiblement, il y avait peu de chance qu’il termine en vainqueur. Le consultant, Cédric Vasseur – ancien professionnel vainqueur d’une étape sur le Tour – s’est interrogé, alors que la voiture du directeur sportif était aux côtés de l’homme seul, pourquoi celui-ci ne sollicitait pas un bidon pour bénéficier d’un coup de pouce motorisé. Pour ce consultant, s’accrocher à un bidon-motorisé fait donc partie du métier et, visiblement n’est pas répréhensible. Signalons que ces jeux de mains ne sont pas récents puisque dès les années 1950, la presse sportive s’en faisait l’écho. Ainsi, Albert Baker d’Isy, le journaliste envoyé spécial sur le derby de la route – la classique Bordeaux-Paris – légendait une photo où l’on voyait un concurrent s’accrocher à un ‘’bidon’’ : « Savez-vous qu’en tenant solidement un gobelet, on peut se faire aider un peu… sur 100 mètres’’.

TIRE LE GOBELETLa deuxième triche ordinaire se déroule pendant le Tour de Croatie (19-24 avril). La retransmission télévisée étant assurée par Eurosport. Toujours un homme seul en tête, le Canadien Guillaume Boivin, échappé avec 1’30 sur le peloton.

BIDON MOTORISE

 

 

Aujourd’hui, la banalisation des bidons motorisés fait partie des mœurs du peloton

 

Coupe de pouce ‘’légal’’ n° 2 : coupe-vents motorisés

 Le vent défavorable de ¾ face est de la partie. Pendant que l’isolé peine dans le vent, le peloton se met en mode éventail pour essayer en les mettant dans la bordure  afin de provoquer des cassures dans la file, d’écarter certains leaders. Là, la sélection se fait à la régulière. Sauf que pendant le même temps, on voit l’échappé protégé par la voiture de son directeur sportif venu à sa hauteur sur le côté droit pour l’abriter du vent et ce sur plusieurs centaines de mètres. Curieusement, pendant cette manœuvre sauvetage le véhicule du directeur de course est étrangement absent. Quoi qu’il en soit, pendant que Boivin est préservé du vent par sa voiture, on entend à l’antenne le consultant Steve  Chaisnel – ancien pro de 2007 à 2015 – nous annoncer tout de go que le directeur sportif de Cycling Academy Nicki Sorensen a ’’du métier’’ et que cette pratique est autorisée’’. Le comble c’est que le journaliste présent à côté du consultant acquiesce sans réserve. Ben voyons…

coureur derrière voitureLe coup de pouce du coupe-vent motorisé

Bref dans le milieu cycliste c’est connaître les ficelles du métier !

Ces deux anecdotes m’en rappellent une troisième qui concerne l’athlétisme et le saut à la perche.

Coups de main des équipiers et des spectateurs 

1952 – Coppi - Ses équipiers le poussent de temps en temps 

Témoignage du Français Pierre Pardoen, un « anonyme » du Tour de France : « Ce qui m’a frappé le plus, c’est l’organisation des Italiens. Certes, leurs leaders sont de grands champions, Coppi surtout, mais il faut voir comme Fausto est aidé. On lui donne à boire, on lui verse de l’eau sur la tête, on le pousse de temps en tempsIl ne quitte jamais la tête du peloton, il reste dans les dix premiers. Mais il ne mène presque jamais car dès qu’il se trouve en tête, un de ses domestiques surgit pour se placer devant lui.» [Miroir-Sprint, 28.07.1952]

2014 – Tirreno-Adriatico – « Sans les pieds » 

Professionnel depuis 2008, Yoann Offredo n’a pas eu peur de la pente pourtant effrayante (passages à plus de 30%) du mur de Guardiagrele, dans Tirreno-Adriatico 2014. ‘’Après que les coureurs qui jouaient la gagne sont passés, le public s’est mis à pousser tous ceux qui arrivaient. J’ai dû mettre trois coups de pédale dans la bosse. Derrière, dans le gruppetto, certains avaient gardé des barres vitaminées et des bidons. Ils les tendaient aux spectateurs, en disant Spingi, spingi (pousse, pousse).’’ »[L’Equipe, 23.03.2014]

« Avoir du métier »

On est dans les années 1990, je m’entretiens avec un ancien recordman du monde devenu rédacteur dans un mensuel de course à pied. Je lui fais remarquer que sa spécialité athlétique me pose problème. En effet, à l’époque, lors du passage de la barre, il était autorisé si elle tremblait de la maintenir avec la main afin bien sûr qu’elle ne chute pas. Tout cela n’est plus de mise. Mais l’ancien sauteur défendait mordicus que ce n’était pas de la triche. C’était probablement là aussi avoir du métier.

Dernier exemple récent. C’est l’Allemand Simon Geschke qui s’insurge. Professionnel depuis 2009 et lauréat de la 17e étape du Tour de France 2015, membre de l’équipe Giant-Alpecin, il n’a pas vraiment été enthousiasmé par la victoire du Français Nacer Bouhanni le 18 février à Cordoue dans le Tour d’Andalousie 2016. Le barbu de Giant témoigne : « Pas fan des sprinteurs qui sont poussés par leurs coéquipiers dans la dernière côte et gagnent l’étape ensuite. »

« Avoir du métier » et « se soigner » sont deux doux euphémismes

Même si la majorité du peloton ne connaît pas la signification exacte du mot euphémisme, il s’en sert à longueur de commentaire lorsqu’il évoque son activité de cycliste de compétition confronté aux fraudes en tous genres et au dopage. Dans le premier cas, il nous sert l’expression « avoir du métier » lorsqu’il profite de l’abri de la moto ou d’une voiture, surtout si c’est trop voyant ; de même pour évacuer la suspicion de la consommation de drogues de la performance, il se défend en affirmant que plus simplement il se soigne. Rappelons qu’euphémisme se définit comme une expression atténuée d’une notion dont l’expression directe (triche, dopage) aurait quelque chose de choquant, de déplaisant.

Au final, ces différents actes de triche ordinaire tempèrent de plus en plus fortement mon intérêt à suivre les courses cyclistes. Parallèlement, on peut s’interroger : pour réguler les fraudes aveuglantes sur les écrans que font d’efficace l’UCI et le MPCC ? Poser la question, c’est y répondre …

 

 

 

 

Cyclisme – Mononucléose : attention aux retours de manivelle

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Julian Alaphilippe, comme d’autres ces derniers temps, a été arrêté plusieurs mois depuis septembre par une mononucléose infectieuse (MNI). Cette maladie entraîne une fatigue sévère et des accès de température qui mettent à plat. Le risque principal est la rechute parce que l’on ne respecte pas suffisamment le temps de récupération qui peut être plus ou moins long suivant les sujets. Lors de sa reprise au Tour de Provence fin février, il bâche pour un accès de fièvre et doit attendre fin mars pour retrouver des jambes de compétition : « J’ai commencé à me sentir mieux à partir du Tour de Catalogne » reconnaît le puncheur tricolore. A partir de là, en avril, il va enchaîner de bonnes prestations : 6e à La Flèche Brabançonne le 13 avril, cinq jours plus tard 6e à l’Amstel Gold Race et 2e à la Flèche Wallonne le 20. Et là, on apprend dans L’Equipe que durant les semaines précédant les courses ardennaises, il s’est offert un marathon en guise de préparation. « 9 h 40 de selle, précise-t-il. 315 km tout seul. C’est mon record. Mais quand on veut être en mesure de jouer la gagne au bout d’une course de 250 km, il faut être capable d’en faire plus à l’entraînement. » Pour perturber le rendement des enzymes et des hormones impliquées dans la restauration des réserves, il est difficile de faire mieux ! Ainsi avec un tel régime, on comprend mieux pourquoi Alaphilippe n’avait plus de carburant dans la dernière bosse de Liège-Bastogne-Liège (23e sur la ligne) !

ALAPHILIPPE

Julian Alaphilippe

Dans la suite d’une MNI, la sortie de 315 km (quel intérêt ? Bordeaux-Paris pro n’est plus organisé depuis 1989), associée à l’enchaînement des courses de haut niveau forcément à intensité maximale, équivaut à un programme a priori indigeste pour un organisme qui a subi plusieurs mois d’arrêt pour maladie.

Cyclisme – Entraînement spécifique : le vélo à assistance électrique (VAE) remplace la moto

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Le Mythe – alias le pygmalion de Lance Armstrong, à l’état civil Michele Ferrari – s’est invité dans les commentaires sur la réalité de la présence des vélos avec assistance électrique (VAE) dans le peloton professionnel en activité. Il témoigne qu’ils ont été utilisés en course depuis 2005 mais il ajoute une précision intéressante : « Certains professionnels en ont chez eux pour remplacer l’entraînement derrière véhicule motorisé (moto, vespa, mobylette, quad, auto…) » Ce type de préparation derrière engin motorisé est connu depuis les années Coppi (un cador italien des années 1950 ayant révolutionné l’entraînement), il a pour objectif de rouler à des allures voisines voire plus rapides que celles de la compétition tout en ayant un rythme de pédalage élevé alors que seul dans le vent ou même en groupe cet exercice d’intensité est forcément limité dans le temps.

FERRARI

                                                 Dr Michele Ferrari

Au final, cette révélation du Dottore tend à confirmer que les VAE sont beaucoup plus nombreux que la chronique cycliste voudrait nous le faire croire et que cet outil autorisé en dehors des compétitions permet de s’entraîner à des intensités plus élevées qu’en solitaire ou même en équipe.

Paris-Roubaix – Cavendish trop chétif pour espérer le podium…

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Dans L’Equipe du 06 avril, Rolf Aldag – un ancien professionnel de 1990 à 2005 (16 saisons), 10 participations au Tour de France – un grand gabarit lui-même (1,91 m – 75 kg) mais aussi patron de Mark Cavendish chez Dimension Data, estime le coureur britannique avec « son petit gabarit peut être un atout pour passer les pavés. Il peut aussi profiter de son agilité acquise sur la piste ». 

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 Le Cav avec sa morphologie de 1,75 m-70 kg a peu d’espoir de figurer un jour sur le podium de l’Enfer du Nord. Pour l’édition 2016, il a pris la 30e place à 7’12 du lauréat l’Australien Mathew Hayman (1,90 m pour 82 kg). Un coureur courtaud sur un petit vélo est beaucoup moins stable sur les pavés qu’un grand lourd et costaud. Les derniers vainqueurs gaulés comme Cavendish remontent aux années 1980. C’était une autre époque, révolue depuis la victoire de l’Ukrainien André Tchmil (1,76 m/67 kg) en 1993.

CAVENDISH

 

Mark Cavendish, 30e de

Paris-Roubaix 2016

 

 

 

PARIS-ROUBAIX – Les grands gabarits sur le haut du pavé

Dans Cyclosport Magazine, à partir de l’étude du poids, de la taille et de l’âge des lauréats de Paris-Roubaix, nous avions publié en mai 2014 un dossier : « Pourquoi les « hors gabarits » font la cours en tête ? » Vous avez probablement suivi comme moi le final de cette édition époustouflante réservée aux hommes forts. A 20 km de l’arrivée, ils ne sont plus que cinq qui vont se tirer la bourre jusqu’au vélodrome. Le vainqueur, Mathew Hayman, mesure 1,90 m pour 82 kg ; le 2e, Tom Boonen, déjà lauréat à quatre reprises, culmine à 1,92 m pour 82 kg ; le troisième Sep Van Marcke atteint 1,90 m pour 77 kg ; le quatrième Ian Stannard lui aussi fait 1,90 pour 80 kg ; le cinquième est le maigrichon de la bande puisque ses chiffres sont effectivement plus modestes : 1,81 m pour 74 kg.

HAYMAN 1                        Mathew Hayman, vainqueur

                         de Paris-Roubaix 2016

 Pour confirmation, si on fait la moyenne des paramètres morphologiques et de l’âge des gagnants de 2001 à 2016, on peut dresser le portrait-robot du vainqueur de la Pascale : il mesure au moins 186,4 cm, pèse 78,9 kg et est âgé de 30 ans 3 mois. Mathew Hayman associant 15 participations (l’expérience) et ces trois critères (taille, poids, âge) pour performer sur les pavés de Paris-Roubaix avait indiscutablement les atouts pour atteindre le podium. Par ailleurs, ce n’est pas pour demain que les moins de 70 kg déboucheront en tête à Roubaix. Le dernier vainqueur sous ce chiffre – Andrei Tchmil : 67 kg – remonte à 1994.

PARIS-ROUBAIX – Morphotype des 47 derniers lauréats

Poulidor a-t-il fauté ? La question est toujours en suspens alors que l’on vient de fêter ses 80 ans

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POULIDOR 3

Raymond Poulidor, l’Eternel second qui, en réalité, sur l’ensemble de sa carrière professionnelle poursuivie de 1960 à 1977 (18 saisons) a terminé beaucoup plus souvent premier (181 victoires) que deuxième (92 fois) vient de fêter ses 80 ans le 15 avril 2016.

Pour mémoire le Quadragêneur (surnom signé Antoine Blondin) n’est pas né à St-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne où il habite toujours mais à Masbaraud-Mérignat, un petit village du département de la Creuse. Pendant sa période de cycliste de haut niveau, le dopage a souvent défrayé la chronique du peloton. Dès 1966, Poulidor inaugure le premier contrôle antidopage sur le Tour de France. C’était au terme de l’étape reliant Royan à Bordeaux le 28 juin. Ensuite, il a vécu l’effondrement de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux le 13 juillet 1967. Puis, c’est la Grande Boucle 1968 –  en réaction au décès du Britannique surnommée par les organisateurs Le Tour de la Santé – et pour bien enfoncer le clou, le départ se fera de la station thermale Vittel. En 1969, au Giro, c’est l’exclusion d’Eddy Merckx pour contrôle positif à une amphétamine. Cinq ans plus tard en 1974, une ‘’épidémie’’ de cas positifs à un stimulant jusqu’alors indécelable décime les cadors du peloton. En 1977, rebelote. Une nouvelle affaire d’un produit jusqu’alors indétectable, touchant 90% du peloton, devient repérable dans les urines. Résultat des courses : 14 gros poissons tombent dans les mailles du filet des gardiens de l’éthique.

Pendant ses 18 ans de carrière, le nom de Poulidor n’a jamais fait la une du dopage ni dans les médias cyclistes et encore moins dans les organes de presse nationaux. Est-ce à dire qu’il a toujours roulé à ‘’l’eau de source’’ ? Oui, si l’on en croit les résultats – tous négatifs – des quelques 200  contrôles subis. Malheureusement, une analyse vierge de substances prohibées, depuis le début de la lutte en 1965, n’est la preuve de rien du tout !

Au final, on ne peut se baser que sur les propres commentaires de l’homme sans maillot jaune ainsi que de quelques témoignages d’autres cyclistes contemporains. Avec les écrits sur le dopage listés ici et recueillis depuis les débuts du Limougeaud pendant tout son parcours de cycliste professionnel mais aussi longtemps après sa retraite des pelotons, chers lecteurs de ce blog, la balle est dans votre camp pour vous faire une opinion.

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