Dopage – Rugby Mag, la revue fédérale, joue la grande muette sur le fléau n° 1 du sport de compétition…

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[publié le 01 mars 2017]

Pas sûr que les ténors de l’ovalie soient très impliqués dans la prévention du fléau. Ces derniers risquent de se réveiller avec la « gueule de bois » !

 

rugby-mag-octobre-2017

n° 1156, octobre 2016

 

rugby-mag-novembre-2017

n° 1157, novembre 2016

 

rugby-mag-decembre-2017

n° 1158, décembre 2016

 

rugby-mag-janvier-2017

n° 1159, janvier 2017

 

rugby-mag-fev-2017

n° 1560, février 2017

Couplet minimaliste

Régulièrement, et à chaque fois qu’un joueur de rugby se fait épingler par la section prélèvement de l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage), le milieu du rugby – au quart de tour – nous chante le couplet minimaliste au choix :

–       que ce n’est pas un produit dopant,

–       que le joueur n’a pas voulu tricher,

–       que dans le rugby, il n’existe pas de dopage organisé,

–       que selon Bernard Lapasset, l’ancien président de la fédé (1991-2008) puis président de World Rugby (2008-2016) : « le dopage ne gangrène pas le rugby ».

OK ! Mais il faut le prouver car les contrôles antidopage ne sont pas un moyen très efficace de quantifier la triche. Rappelons qu’il existe depuis le début de la lutte antidopage, en 1965, des substances indécelables ; de même, l’AMA (Agence mondiale antidopage) dans son programme de surveillance, liste une quinzaine de substances dopantes non prohibées. Par ailleurs, les joueurs ont à disposition des produits borderline qui répondent à deux sur trois critères du dopage et qui sont ignorés des instances.

POST – IT  – 2017 – La compétition à 4 vitesses sous le contrôle bienveillant de l’AMA

 A l’inverse des automobiles, la plus rapide est la 1 devant la 2, la 3 et la 4

 1.  Substances indétectables : EPO génériques, transfusions autologues, etc.

2.  AUT : glucocorticoïdes, salbutamol

3. Programme de surveillance (Liste jaune) : caféine, nicotine, tramadol

4. Borderline : dopants non listés (Actovegin®, L.carnitine®, Néoton®, Viagra®, etc.)

Au final, un contrôle négatif est la preuve de rien du tout

 Lorsque le journaliste Pierre Ballester a publié « Rugby à charges. L’enquête choc », son brûlot très documenté, toutes les grandes gueules de l’Ovalie lui ont fait savoir qu’il n’était plus le bienvenu dans le milieu, on l’a même viré de la revue fédérale pour avoir osé enquêter sur les drogues de la performance consommées par les internationaux. Question subsidiaire : qui l’a poussé vers la porte (sans jeu de mots) ?

sans-titre

Editions de La Martinière, mars 2015. – 293 p

Sur le même thème, L’Equipe du 26 février, a listé les affaires qui ont perturbé – le mot est faible – la saison 2016-2017 du Racing 92. Mais d’autres clubs et certains de leurs joueurs ont eu des problèmes liés à des substances prohibées, notamment le RC Toulon. Tout cela montre bien que le dopage est présent dans le rugby actuel (mais ce n’est pas nouveau, loin de là) et que le milieu fait l’autruche.

Racing 92 – saison 2016-2017, de Charybde en Scylla

Pour preuve, on a appris début octobre 2016 que trois équipiers du Racing 92 avaient été testés positifs à des corticoïdes mais ‘’couverts’’ par une AUT. En janvier, deux internationaux du même club ont été flashés avec un stimulant respiratoire, l’higénamine. Le célèbre Dan Carter, dans la nuit du 15 au 16 février, subit une contrôle d’alcoolémie dépassant quasiment du double la limite légale (0,98 g/l pour 0,50). Dans la nuit du 24 au 25 février, deux joueurs – l’un du Racing 92, l’autre du RC Toulon – sont mis en garde à vue pour détention de coke. Face à toutes ces affaires qui se sont déroulées depuis la finale du Top 14 2016 à Barcelone, j’ai voulu vérifier si dans a revue fédérale Rugby Mag on s’intéressait à la thématique du dopage et, particulièrement, à sa prévention. J’ai donc consulté les cinq numéros qui se sont succédé entre octobre (n° 1156) et février (n° 1160).

Pas un seul article, même pas un écho !!!

Pas un seul article n’est consacré au dopage ni aux affaires. Même pas un écho. Rien, nada ! Sur le total des 270 pages (5 numéros), pas une seule fois le mot dopage sauf après l’élection de Bernard Laporte à la page 13 du numéro de janvier où sont listées les premières décisions avec la nomination, en remplacement de celui qui exerçait précédemment la fonction,  d’un médecin « chargé de mission de lutte contre le dopage et les addictions ». Soit pas une seule fois, je me répète pour enfoncer le clou, le dopage n’est une préoccupation de la revue fédérale.

Au final, comme beaucoup de dirigeants et de commissions fédérales, le rugby adhère à fond à la règle du « motus et bouche cousue » qui, en clair signifie : « moins on parle de dopage, moins il y en a », c’est de la méthode Coué top niveau.

POST-IT – Rugby Mag et la prévention du dopage

 Mensuel qui au mois de février 2017 en est à son n° 1160

les-deux

Serge Simon et Bernard Laporte, tous deux en charge de la revue fédérale depuis le n° de janvier 2017

Il est dirigé par le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte.

–       depuis deux numéros, figure en tête de l’ours au titre de directeur de la publication, le responsable de la revue Serge Simon, ancien rugbyman et médecin

–       parmi les intervenants, le manageur-sélectionneur de l’équipe de France, Guy Novès.

Nous avons analysé les cinq derniers numéros (270 p au total). A aucun moment, nous n’avons trouvé une information sur :

–       glucocorticoïdes et AUT

–       compléments alimentaires en général et higénamine en particulier

–       troisièmes mi-temps hyperalcoolisées

–       cocaïne

En réalité, pas un mot sur le dopage. Visiblement, ce n’est pas la priorité de la FFR. Il est quasi certain que les mis en cause vont se révolter, voire attaquer, celui qui sonne le tocsin tout en oubliant volontairement de s’intéresser à ceux qui transgressent la réglementation des molécules facilitant l’effort.

Ce comportement classique parmi les dirigeants et autres responsables politiques avait été bien stigmatisé dès la fin du XVIIIe siècle par le moraliste Nicolas de Chamfort (1741-1794) : « En France, on laisse au repos ceux qui mettent le feu, on persécute ceux qui sonnent le tocsin ».

 

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