Tour de France ton histoire – Les vainqueurs du Tour : héros, légendes… et fémurs explosés !

Par défaut

Le chiffre de 15,6% porte sur les lauréats de la Grande Boucle car cette population réduite est la plus documentée par les médias. L’étude sur l’ensemble des pros – des milliers de coureurs – serait impossible.

Mon expertise de médecin du sport, spécialiste du cyclisme pendant cinq décennies, m’a permis de constater que cette fracture était omniprésente parmi les amateurs qui dépassent les 10 000 km d’entraînement par an (collision routière, pertes d’adhérence sous la pluie, etc.)

Les lauréats du Tour et leurs adversaires directs (30 000 à 40 000 km/an) ont :

  • Des milliers d’heures de course et d’entraînement,
  • Des pelotons denses (chutes collectives)

Les lauréats du Tour et leurs adversaires directs ont :

  • 10 à 15 ans de carrière professionnelle, voire plus,
  • 70 à 100 jours de course par an,
  • 800 à 1 200 courses cumulées.
  • Impact direct du fémur sur le bitume lors d’une chute latérale avec perte d’adhérence de la roue arrière sans décrochage automatique du pied chaussé, fixé à la pédale,
  • Choc direct : bordures, trottoirs, mobilier urbain, glissières,
  • L’un des dix TDF s’est fracturé le fémur en raison d’un bidon éjecté au passage d’un gendarme couché, le TDF roula alors sur l’objet.
  • Collision d’un véhicule à pleine vitesse. Dans la série des 10 TDF, sur 64 lauréats du Tour, 3 ont été victimes d’un engin motorisé (bus, voitures) à l’entraînement, soit 30%.

Interprétation

  • Le fémur est l’os le plus solide du corps humain.
  • Une fracture nécessite un traumatisme majeur avec percussion sur le macadam ou un mobilier urbain (gendarme couché, coussin berlinois, etc.). Dans les autres sports avec chute de 1 à 2 mètres de hauteur, les sportifs tels les cavaliers de concours complet et les jockeys ne tombent pas sur le bitume. Les motards qui chutent, eux, glissent le plus souvent sur la chaussée pendant plusieurs mètres sans percussion directe sur la zone trochantérienne.
  • Que 15,6% des vainqueurs du Tour de France aient subi cette fracture signifie que le cyclisme professionnel est l’in des sports les plus traumatiques en termes de fractures graves.

LA CLAVICULE : l’autre fracture du cycliste du Tour de France – 35 vainqueurs sur 64 (54,7%)

Mais le cycliste est également exposé à d’autres fractures, notamment la plus courante : la cassure de la clavicule à la suite d’une chute sur l’épaule avec contact sur le bitume.

L’étude sur les lauréats du Tour de France de 1903 à 2026 dénombre 35 vainqueurs sur 64 victimes d’une fracture de la clavicule, soit 54,7% !

Il faut ajouter que certains de ces 35 TDF ont été victimes de leur clavette plusieurs fois.

Les instances (UCI, organisateurs) doivent prendre des mesures efficaces pour limiter l’hécatombe

Tous ces chiffres montrent bien que le cycliste pro est surexposé à la casse osseuse et ce depuis toujours.

Il est grand temps que les experts se réunissent pour repenser l’organisation des courses cyclistes en terme du nombre de partants, de sprints massifs, d’obstacles urbains et de géométrie des vélos.

En fichier joint : Liste des fractures du fémur et du bassin chez les lauréats du Tour de France de 1903 à 2026