Athlétisme – Après celle du disque, Ria Stalman décroche la médaille d’or de l’hypocrisie

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Depuis 24 ans, on sait déjà que Ria Stalman, la Néerlandaise championne olympique du lancer du disque à Los Angeles en 1984, s’était dopée – et pas qu’un peu comme aujourd’hui elle le susurre – aux stéroïdes anabolisants pour grimper sur la plus haute marche du podium. Le 8 janvier dernier, à la télévision néerlandaise, elle avoue sa triche vieille de 32 ans en la minimisant comme tous les sportifs. « Au cours de mes deux dernières années de carrière, j’ai pris quotidiennement un dosage léger de stéroïdes anabolisants ».

LEQUIPE

Rappelons à tous les journalistes qui n’ont pas d’archives que, dès 1992, elle avait défrayée la chronique dans la presse de son pays pour trafic d’anabolisants. C’est le quotidien français Libération qui à l’époque, reprenait le journal du dimanche De Krant op Zondag (KOZ) lequel avait publié une longue enquête le 15 mars 1992 (voir article joint). On y apprend que Ria aurait été arrêtée à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis avant les JO de Los Angeles en possession de 800 comprimés de Winstrol®, un stéroïde contenant le fameux stanozolol qui a fait tomber le sprinteur canadien Ben Johnson en 1988 : « C’était triste de la voir chaque matin s’épiler les poils de la barbe » a témoigné Jennifer Smit, son ancienne rivale nationale.

LIBE

Au final, 32 ans après les faits, des aveux minimalistes du bout des lèvres. Pour un sportif, c’est toujours difficile d’expliquer que ses performances sont dues au dopage. Comment se valoriser auprès de sa famille, son entourage, ses fans, son pays… sur des performances factices ? En clair, c’est l’échec d’une vie !

 

 

 

Langue de bois – Vaches valaisannes de combat  »certifiées » propres à cent pour cent par les contrôles du cru. En vérité les tests antidopage négatifs ne prouvent rien

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Un article du Nouvelliste (quotidien valaisan) nous commente avec le concours d’un véto local pourquoi les vaches de combat reines d’Hérens (Suisse) sont clean par rapport au dopage. On n’est pas obligé de croire ce que l’on nous raconte

Ci-dessous l’article et les commentaires du Dr JPDM

« Introduits en 1996, les contrôles antidopage des vaches valaisannes qui luttent se sont toujours révélés négatifs. Ils seront malgré tout maintenus en 2016.

Jamais une seule vache positive !

Les vaches valaisannes qui participent aux combats de reines ne sont pas dopées. Malgré l’absence de contrôle positif, les prises de sang sur les bêtes seront maintenues pour la saison 2016. « Il n’y a jamais eu un seul contrôle positif » a confié le vétérinaire cantonal, Jérôme Barras. La question de maintenir ces contrôles, qui coûtent 500 à 600 francs suisses par combat aux organisateurs, a été discutée. Mais plusieurs éleveurs ont demandé de continuer. Les contrôles avaient été introduits en 1996. Ils faisaient suite à une polémique de l’organisation internationale pour la protection des animaux qui accusait les éleveurs de vaches d’Hérens [NDLR : race de bovins du Valais dotée d’un tempérament vif et belliqueux] de doper leurs animaux aux amphétamines pour les combats. Six ans plus tard, le laboratoire lausannois qui effectuait les analyses a décidé de ne se concentrer que sur l’humain. Les contrôles ont été suspendus, sans avoir décelé de cas de dopage, dans l’attente de trouver un nouveau laboratoire. En 2006, toute la procédure a été revue. Les contrôles maintenus ne sont plus systématiques. Avant, il y avait un tirage au sort d’un certain nombre de bêtes avant chaque combat. Depuis, trois vaches, parmi les vainqueurs, sont contrôlée. Les analyses sont toujours menées dans un laboratoire de Lausanne. Les échantillons sont prélevés par un vétérinaire officiel. Comme pour le dopage chez les sportifs, il y a deux échantillons pour chaque animal. Ils sont anonymisés avant l’analyse en laboratoire.

Trois substances sont contrôlées !

Trois substances sont contrôlées explique Jérôme Barras. Pour le dopage pur, les analyses portent sur les corticostéroïdes qui permettent d’élever le seuil de la douleur et sur les hormones anabolisantes qui augmentent la masse musculaire. Les anti-inflammatoires sont également contrôlés. Ce ne sont pas des produits dopants à proprement parler. Il s’agit plutôt de médication précise M. Barras. Mais il est important que les bêtes qui se battent soient en bonne santé. Si aucune analyse n’a été positive jusqu’à présent, il n’est pas interdit de penser que des animaux dopés ont pu passer entre les mailles du filet. Jérôme Barras n’y croit pas : « Il y a beaucoup de fantasmes autour de ces combats. Ce n’est pas comme un cheval qui doit fournir une prestation à un moment déterminé. Le propriétaire d’une vache ne sait jamais à quel moment sa vache va se battre. Et avant d’entrer dans l’arène, elle traverse le public. Le propriétaire ne peut pas risquer qu’elle ait un comportement agressif qui lui vaudrait une élimination. Le dopage chimique demande aussi une infrastructure qui passera difficilement inaperçue dans le milieu. Et il n’est pas sans risque. L’usage d’hormones peut nuire au vêlage. Aucun éleveur ne prendrait ce risque puisque les vaches doivent vêler régulièrement pour participer aux combats. »

Le vétérinaire cantonal note aussi avec satisfaction que jamais aucun éleveur n’a refusé la prise de sang sur une vache. Les combats de reines ne sont pas un business, financièrement, ils ne rapportent pas grand-chose au propriétaire d’une reine, hormis une notoriété locale. »  [Le Nouvelliste, 05.01.2016]

COMMENTAIRES Dr JPDM Affirmer que des contrôles négatifs sont la preuve qu’il n’y a pas de dopage parmi les vaches valaisannes démontre une belle hypocrisie du milieu encadrant les ruminants de compétition.

Le nombre d’athlètes contrôlés négatifs des centaines de fois qui mettent en avant ces chiffres pour nier leur dopage sont légion et qui, quelques années plus tard, passeront aux aveux pour révéler qu’ils étaient bien dopés à l’époque des tests. Seule les Français Poulidor, Hinault, Jalabert mettent en avant leurs multiples contrôles, tous négatifs, pour nier à vie le dopage. Connaissant les pratiques généralisées de leur époque respective, ils devraient tous les trois être nobélisés dans la section langue de bois.

N’avouent jamais – Pour en revenir aux vaches, elles aussi comme les tricolores de la pédale, n’avoueront jamais rien même sous la torture…

Autre idée reçue colportée par le vétérinaire cantonal consiste à asséner comme preuve irréfutable que « les combats de reines ne sont pas un ‘’business’’ financièrement. Ils ne rapportent pas grand-chose au propriétaire d’une reine, hormis une notoriété locale. » A cette belle envolée, il faut rappeler à ce monsieur que l’argent n’est pas la principale cause du dopage. Par exemple, en cyclisme lorsque le pratiquant débute dans les petites catégories où le seul prix de la victoire est la bise de la miss locale associée au bouquet de fleurs, il carbure déjà aux produits de la victoire. De même, en haltérophilie, ceux qui grimpent sur les Trois marches de la renommée des championnats de France, du monde ou olympique ne gagnent qu’une poignée de main ‘’enrichie’’ d’une peluche-mascotte et d’un bouquet de quelques fleurs. Or, c’est l’un des sports les plus contaminés par les drogues de la performance.

Visiblement, le vétérinaire spécialiste des soins aux vaches suisses ignore que les deux paramètres principaux qui boostent le dopage sont la compétition et l’égo des sportifs ou des propriétaires attirés par la notoriété des podiums. L’argent n’est qu’un potentialisateur n’arrivant, dans le meilleur des cas, qu’en troisième position après la compétition et la reconnaissance.

Chez les humains 300 substances sont disponibles

Troisième entourloupe. On nous raconte que de 1996 à 2002, seules les amphétamines étaient recherchées. Après une interruption de trois ans, les tests ont été reconduits en 2006 en ne s’intéressant plus aux amphétamines ( ? ) mais seulement aux corticostéroïdes, stéroïdes anabolisants et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Quelle plaisanterie ! Chez les humains, pour booster les performances, 300 substances sont potentiellement disponibles mais en liste rouge et les seuls contrôles effectués chez les vaches le sont le jour de l’épreuve, or ce sont les moins pertinents comme chez les humains. L’expérience de cinquante années de lutte antidopage chez les sportifs montre que seuls les contrôles inopinés en dehors des compétitions sont efficaces pour débusquer les tricheurs et leurs mentors.

Quatrième fausse piste sur laquelle nous dirige le véto des vaches Hérens : les prises de sang comme arme absolue afin de débusquer la fraude. En effet, ce dernier martèle : « Jamais aucun éleveur n’a refusé la prise de sang sur une vache ». Pour détecter corticostéroïdes, stéroïdes anabolisants et autres AINS, les prises de sang effectuées le jour du combat ne sont pas très performantes pour identifier les manipulations biologiques surtout si les laboratoires n’ont pas à leur disposition un passeport sanguin regroupant différents tests antérieurs. Pour les trois substances dopantes sélectionnées, c’est plutôt le contrôle urinaire le plus déterminant.

Le véto doit jouer au tennis

Cinquième argument bidon : « Le propriétaire d’une vache ne sait jamais à quel moment sa vache va se battre ». Notre véto doit jouer au tennis car il reprend l’argument numéro un mais fallacieux des spécialistes des courts. En effet, on peut se doper efficacement en amont de la compétition avec effet sur le rendement musculaire pendant et être négatif le jour de l’épreuve. De même, on peut administrer un stimulant avant de passer devant le public avec effet de la drogue seulement quinze à vingt minutes plus tard.

Au final, on a un condensé des faux arguments les plus courants face à la suspicion du dopage. Les vaches d’Hérens bien ‘’préparées’’ peuvent se battre de multiples fois sans grand risque d’être épinglées par la patrouille cantonale.

 

Solutricine maux de gorge : Amaury Leveaux nous enfume…

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En quelques lignes pour lecteur pressé
Amaury Leveaux, en avril 2015, lors de la tournée médiatique qui a suivi la sortie de son livre « Sexe, drogue et natation » et pour faire le buzz - le thème du dopage étant toujours très prisé des journalistes - s’est répandu dans la presse et les plateaux TV qu’un banal produit pour soigner les maux de gorges, Solutricine® à la tétracaïne était, dans le cadre d’une compétition, interdit aux sportifs. Sauf que le médicament en question n’est plus prohibé par le Code mondial antidopage depuis 2004, soit onze ans. Bonjour, la désinformation du quadruple médaillé olympique. Mais encore plus fort, aucun des intervieweurs ne l’a repris pour lui dire qu’il nous racontait des âneries.

En avril 2015, le quadruple médaillé olympique sort un ouvrage intitulé « Sexe, drogue et natation » avec un sous-titre racoleur : « Un nageur brise l’omerta ».

LEVEAUX

Le triton se plante

Dès l’entame des 249 pages, Leveaux s’insurge contre les biographies à l’eau de rose ainsi que des interviews bidon. Sauf que dans son bouquin, on peut lire erreurs et contrevérités à la pelle. Grâce à cet opus, il va mobiliser l’espace médiatique pendant quelques semaines. A l’occasion d’un entretien dans Voici du 13 mai 2015, le triton retraité depuis fin 2013, aborde le thème du dopage, un sujet rarement évoqué par le milieu de la natation. Malheureusement pour lui, il va se planter copieusement en nous parlant d’un produit dopant prohibé qui, en réalité, ne fait plus partie de la liste depuis … 11 ans. Bravo pour le scoop !

Reprenons ce que déclare Maumau (son surnom initié par Philippe Lucas) à propos du sujet qui fâche : « Un jour, quand je nageais (international de 2004 à 2013), j’avais mal à la gorge, on me dit ‘’prends un comprimé de Solutricine®’’. Je dis : ‘’pas possible, c’est sur la liste’’. On me répond : « Mais, c’est bon, tu le prends le soir et le lendemain matin ça part dans les urines direct’’. C’est anecdotique mais révélateur. »

N’est plus en liste rouge depuis 11 ans

Sauf que, et cela peut servir à tous les sportifs de compétition pratiquant l’automédication, Solutricine® maux de gorge utilisé en cas d’irritation peu intense de la gorge, d’aphtes et de petites plaies de la bouche, n’a figuré sur la liste des produits interdits du ministère des Sports que de 1995 à 2005 et pour cette raison, depuis onze ans, ne peut entraîner un contrôle positif puisque les anesthésiques locaux ont été retirés de la liste rouge édictée par l’Agence mondiale antidopage (AMA) le 1er janvier 2004 (dont l’un la tétracaïne est présent dans Solutricine® maux de gorge, comprimés à sucer, le produit mis en cause par Leveaux) !

Dans le dictionnaire Vidal – répertoire des médicaments français dont la couverture est rouge vif – Solutricine® maux de gorge à la tétracaïne depuis le début de sa commercialisation en 1995 et ce jusqu’en 2005 a figuré sur la « liste indicative des spécialités pharmaceutiques françaises contenant des produits dopants », placée en début d’ouvrage et communiquée officiellement par les services du ministère des Sports. Depuis 2005, et encore aujourd’hui en 2016, Solutricine® à la tétracaïne (comprimés à sucer) ne fait plus partie de la liste rouge.Mais, curieusement, tout comme les pastilles Drill® du footballeur masqué (voir par ailleurs dans le blog) pour Solutricine® maux de gorge à la tétracaïne dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) publié dans les mêmes éditions du Vidal entre 2005 et 2015, on peut lire la mention : « L’attention des sportifs sera attirée sur le fait que cette spécialité contient un principe actif (anesthésique local) pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors de contrôles antidopage. » SOLUTRICINE%20TETRACAINE%200,2MG

Réglementation des anesthésiques locaux (AL)

Liste Comité international olympique (CIO) : de 1980 à fin 2003, les AL sont soumis à certaines restrictions et sont inscrits sur la liste rouge.

Liste Agence mondiale antidopage (AMA) : depuis le 1er janvier 2004, les AL ne sont plus considérés comme des substances dopantes et ne font plus partie de la liste rouge.

Les spécialités Solutricine® tétracaïne (comprimés à sucer et solution pour pulvérisation locale) sont apparues dans les pharmacies en 1995 pour les comprimés à sucer et en 2000 pour la pulvérisation locale. Les résumés des caractéristiques de ces produits (RCP) comportent dès 1995 pour la première et de 2000 à 2009 (année de son retrait du marché) pour la seconde, la mise en garde aux sportifs.

En 2004, la liste rouge du ministère des Sports publiée au début du Vidal dans les pages « Informations de l’AFSSAPS » comporte toujours la présence des deux spécialités de Solutricine® à la tétracaïne car le bouclage du dictionnaire des médicaments s’arrête au 31 octobre 2003. A cette date, la réglementation de l’AMA n’a pas encore été entérinée par la France. En revanche, dès le Vidal 2005, les deux Solutricine® à la tétracaïne ont été supprimées des listes ministère des Sports présentent dans le Vidal de 2005 à 2015.

Liste ministère des Sports : Vidal 2005

LISTE AL  Solutricine® tétracaïne n’y figure plus

Malheureusement pour les pratiquants licenciés dans une fédération, la mention « Mise en garde aux sportifs » est en 2015 toujours inscrite dans les RCP du Vidal et dans la notice présente dans les boîtes de Solutricine® à la tétracaïne comprimés à sucer (la commercialisation de la forme en pulvérisation a été arrêtée en 2009).

Les contradictions du Vidal 

9782850912061FS

En clair, au début du Vidal, dans les pages « Informations pratiques » comportant la liste rouge officielle des interdictions, Solutricine® n’est pas référencé comme substance prohibée alors que dans la notice du médicament placée dans le corps de l’ouvrage, à la lettre S, on lit la mise en garde aux sportifs. Cette aberration se retrouve également dans la notice placée dans la boîte du médicament. Ce défaut d’harmonisation dure depuis dix ans et concerne la majorité des spécialités contenant un anesthésique local. Le responsable de ce mastic sera-t-il sanctionné ? Pas sûr…

Quoi qu’il en soit, on constate que le staff technique d’Amaury Leveaux du Lagardère Racing Club ( ?) ou de l’équipe de France ( ?) (ce n’est pas précisé dans la biographie du quadruple médaillé olympique) qui lui donne la martingale pour ne pas être positif avec Solutricine® maux de gorge n’est pas très professionnel puisque lui aussi ignore que ce médicament n’est plus prohibé depuis 2004. D’autre part, on constate que l’Agence du médicament ne fait pas son boulot car la rédaction des Résumés caractéristiques des produits (RCP) présents dans le Vidal sont de sa responsabilité.

Anesthésiques locaux : ils sont tous autorisés

Au final, pour réparer les carences des instances antidopage et gouvernementales françaises mais aussi Sanofi-Aventis France, le laboratoire commercialisant Solutricine® maux de gorge tétracaïne,   nous publions la liste des 29 spécialités pharmaceutiques concernées par les anesthésiques locaux (soit 67,4%) dont la mention aux sportifs figure toujours par erreur dans le Vidal 2015. En revanche, il faut préciser que sur 43 médicaments à base d’anesthésiques locaux présents dans le Vidal, 14 – soit 32,5% – ont intégré que ces substances ne sont plus prohibées depuis 2004 et ne comportent plus la mise en garde aux sportifs.

AL

AFLD et ministère des Sports complices passifs de la désinformation depuis… 11 ans

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FOOTBALLEUR MASQUÉ – Il dévoile sa grande ignorance sur le dopage

En janvier 2015, les éditions Hugo Sport publient un ouvrage racoleur « Je suis le footballeur masqué ».  FOOTBALLEUR MASQUE

Mais pourquoi lis-tu de tels livres ?

Mes amis me disent toujours : « Mais pourquoi lis-tu des livres aussi nuls ? » En réalité, ce qui m’intéresse c’est de comprendre pourquoi on écrit un ouvrage pour débiter de grossières erreurs ? Dans ce but, je lis toujours avec un surligneur jaune en main. Sur les 221 pages du bouquin en question, je n’ai rien trouvé qui vaille la peine d’en faire état, seulement 45 lignes sont consacrées au dopage. Elles montrent cependant l’étendue abyssale de l’ignorance du footballeur masqué. D’ailleurs, je ne suis pas sûr que l’auteur soit vraiment footeux.Revenons aux révélations sur le sujet n° 1 qui fâche le milieu du ballon rond. Le joueur masqué français balance avec l’air de celui qui est au parfum : « En France, dans le protocole, tu n’as même pas droit aux pastilles Drill®. C’est considéré comme dopant. » Sauf que ces pastilles destinées à soigner les maux de gorge ne sont plus prohibées depuis 2004, soit onze ans. Bravo pour la désinformation distillée par le footballeur masqué professionnel qui, ainsi, dévoile sa grande ignorance.

Pastilles Drill® : ne sont plus en liste rouge depuis 2004 !

DRILL  En effet, les spécialités Drill® en pastilles ou en collutoire contiennent de la tétracaïne, un anesthésique qui ne figure plus sur la liste depuis le début de l’année 2004. Pour être précis, on doit ajouter que le laboratoire Pierre Fabre Santé qui commercialise les spécialités Drill®, porte une part de responsabilité dans ce mastic puisque la notice incluse dans la boîte des pastilles à sucer contre les maux de gorge comporte toujours en 2015 la mention : « L’attention des sportifs sera attirée sur le fait que cette spécialité contient un principe actif pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors des contrôles antidopage ». Cette même fausse indication figure en toutes lettres dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) du Vidal, le dictionnaire des médicaments.

DRILL 2   Je conçois que pour le sportif lambda, il est compliqué de s’y retrouver. Mais si ce dernier clique « Liste des substances interdites dans le cadre des compétitions sportives » du ministère de la Jeunesse et des Sports, il constatera que les pastilles Drill® n’y figurent plus depuis 2004.

Une désinformation partagée entre l’AFLD, le Vidal, l’ANSM et le footballeur masqué 

Au final, on constate que la désinformation, en dehors du footballeur masqué, provient d’une responsabilité multiple. En premier lieu, le laboratoire Pierre Fabre qui commercialise les pastilles Drill® et dans la foulée le Vidal sous contrôle de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament de santé). Mais on peut également s’interroger sur l’inaction de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et du ministère des Sports qui depuis onze ans restent les bras croisés. A chaque affaire de dopage, ils nous affirment pourtant que ‘’Ça va changer’’ et en réalité c’est toujours la même chose.

 

 

Pour financer magouille, dopage et breloques : merci le CNOSF

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La candidature de Paris pour les JO 2024 manque d’argent.

Les dons pour financer une partie de la candidature de Paris aux JO font chou blanc ! Environ 60 millions d’euros seraient nécessaires uniquement pour permettre un lobbying et seuls 629 000 euros seraient actuellement dans les caisses du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). D’où l’idée « de génie » de Denis Masseglia – président du CNOSF – de pratiquer une petite ponction sur chaque licence amateur. Ainsi, chaque sportif amateur licencié – avec cette participation OBLIGATOIRE – sera content d’apprendre qu’il pourrait collaborer au plus grand mouvement planétaire de corruption, de nationalisme, de dopage, de triche et dans lequel seuls les intérêts économiques sont toujours mis en avant mais surtout pas la santé des athlètes avec l’entraînement à outrance des jeunes qui doivent être « prêts » pour 2024 ou les blessures qui pourraient les handicaper à vie.

Car il faut le marteler : la conception du sport moderne c’est l’école de la triche, de la magouille, de la corruption, du racket et surtout le MÉPRIS DU CORPS (football américain et rugby avec leur cortège de commotions cérébrales ; football, handball, ski… où les ligaments croisés ‘’pètent’’ de plus en plus ; athlétisme avec ses lésions musculaires et tendineuses, mettant à pied pour des semaines, des mois, voire plus…). Au final, c’est la Sécu qui paye.

BEN JOHNSON

Rappelons que contrairement à la réalité des faits (ces derniers étant têtus) le mouvement olympique nous rabâche à longueur de messages dans la presse écrite, parlée ou visuelle que le sport – avec les nombreuses valeurs colportées par le CNOSF – c’est la santé autant physique que mentale.

15 millions de licenciés amateurs – on se demande pourquoi les professionnels sont épargnés de la dîme – devront remercier le CNOSF, la mairie de Paris et le ministère des Sports pour cet objectif à haute valeur morale !

MASSEGLIA

En 2014, j’ai acquis le dernier ouvrage de Denis Masseglia, président du CNOSF depuis le 19 mai 2009. Le texte a été rédigé par Pascal Boniface directeur de longue date de l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques). Trois mois après la lecture des 364 pages, j’étais dans l’incapacité de commenter les idées développées par les auteurs. Il ne me restait qu’un grand blanc … comme la couverture du livre ! Rien ne s’était imprimé dans ma mémoire.

 

Dans la roue des corticoïdes

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CORTICOIDES

Terminologie

Dans le langage sportif, le terme corticoïde ou « cortico » est synonyme de glucocorticoïdes, lequel regroupe l’ensemble des hormones sécrétées par la zone moyenne dite fasciculée de la corticosurrénale (cortisone, hydrocortisone ou cortisol…), de leurs dérivés et, par extension, de leurs dérivés dits synthétiques car fabriqués par les laboratoires pharmaceutiques (prednisone, bétaméthasone, triamcinolone…). La zone réticulée la plus interne de la corticosurrénale sécrète des stéroïdes sexuels (synonymes de stéroïdes anabolisants), essentiellement et ce, chez l’homme comme chez la femme, une petite quantité d’androgènes dont la nature est différente de celle de la testostérone testiculaire. Si la surrénale sécrète à la fois des glucocorticoïdes et des stéroïdes anabolisants, elle sécrète aussi d’autres hormones : aldostérone (à la périphérie la plus externe de la glande), adrénaline et noradrénaline (par la partie centrale dite médullaire).

UCI – Huit jours de mise à pied obligatoire

Les corticostéroïdes, anti-inflammatoires efficaces, sont prohibés en pratique sportive pour leurs effets euphorisants et stimulants. Ils sont prescrits en médecine sportive pour soigner des problèmes de l’appareil locomoteur (tendinites…) Mais ils sont constamment voués à l’échec si, par exemple, on se fait injecter des corticos pendant une course par étapes et que l’on continue à pédaler. Puisque le geste de plier les genoux à l’infini va entretenir le mal.

Depuis juin 2011, l’Union cycliste internationale (UCI), a déjà réglementé cette situation en imposant un repos de quarante-huit heures après toute injection de ce genre, obligeant dans une course par étapes le coureur ayant subi ce type de traitement à abandonner. Le 11 février 2013, l’instance fédérale a durci sa réglementation en allongeant à huit jours la durée de l’arrêt de course après une injection de corticoïdes à des fins thérapeutiques. Le repos du geste douloureux étant le meilleur anti-inflammatoire, il est contraire à l’éthique médicale de pratiquer de telles injections au décours d’une épreuve cycliste notamment par étapes ainsi que dans les jours précédents une compétition sportive, quelque soit la spécialité et ce même si l’athlète est demandeur.

Pour une fois, l’UCI se préoccupe de la santé de ses licenciés…

Stéroïdes à contresens

 Dans la pharmacopée, il existe deux types de stéroïdes : les corticoïdes ou glucocorticoïdes et les stéroïdes anabolisants. En France, implicitement, le terme stéroïde est synonyme d’anabolisant. Afin de ne pas s’exposer à un contresens, cet amalgame mérite d’être dénoncé.

DIANABOL

Régulièrement, dans la presse, on constate la confusion entre glucocorticoïdes (cortisol, cortisone, …) et stéroïdes anabolisants (testostérone, nandrolone, stanozolol,…) qui sont tous les deux des stéroïdes. Les premiers sont des anti-inflammatoires puissants qui bloquent un processus général réactionnel de tout ou partie de l’organisme à une agression, qu’elle soit chimique, physique (tendinite), bactérienne (angine) ou virale alors que les stéroïdes anabolisants agissent sur la croissance des tissus d’où le terme anabolisant (ils construisent le corps). Donc, leurs effets sont diamétralement opposés. Ainsi, lorsqu’on parle de stéroïdes sans autre précision, on définit des groupes d’hormones (génitales et corticosurrénales) dont la formule chimique dérive de la famille des stérols qui sont formés à partir du cholestérol.

Dans le dopage, on distingue les glucocorticoïdes qui sont interdits uniquement en compétition et qui peuvent bénéficier d’une justification thérapeutique, les sanctions sont variables. De leur côté, les stéroïdes anabolisants dont le chef de file est la testostérone (hormone mâle) sont prohibés pendant et hors compétition avec des sanctions non modulables. Au final, lorsqu’on écrit stéroïdes sans précision, surtout à propos du dopage, on n’est pas très explicité sur la nature du produit. D’où l’intérêt de singulariser le stéroïde impliqué dans tel ou tel cas de sportif contrôlé positif. C’est comme lors d’un commentaire radiophonique de match de foot opposant l’OM au PSG si le journaliste parle des joueurs sans préciser à quel club ils appartiennent – en dehors des initiés – les auditeurs seront rapidement largués.

 

De la musculation naturelle sans engrais à l’hypertrophie artificielle avec adjuvants hormonaux

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Le boxeur Tyson Fury, nouveau champion du monde unifié des poids lourds depuis le 28 novembre dernier, en plus de ses déclarations sexistes et homophobes vilipendées par un large public, s’est cru inspiré d’aborder la thématique du dopage.

Lequipe.fr du 24.11.2015 se fait le relais du géant natif de Manchester : « Je peux regarder un homme et vous dire s’il est dopé simplement en jetant un coup d’œil à son corps. Vous ne pouvez pas dire qu’un athlète n’est pas dopé alors qu’il ressemble à un Dieu grec. Vous pouvez vous entraîner pendant 100 ans, votre corps ne ressemblera jamais à ça. »

Les athlètes qui exerçaient dans les olympiades antiques et qui ont servi de modèles aux sculpteurs afin d’ériger des statues à la gloire des Dieux grecs avaient un développement musculaire ciselé, bien découplé, athlétique mais naturel, leur poids de corps était en harmonie avec leur taille. Ces ‘’mannequins’’ sélectionnés parmi les olympiens des Jeux antiques ne pouvaient avoir consommé des anabolisants hormonaux – seules drogues efficaces pour acquérir un volume hors norme ou effet bœuf – car les engrais musculaires ne sont commercialisés que depuis le milieu des années 1930 pour l’hormone mâle ou testostérone et à la fin des années 1950 pour les stéroïdes anabolisants.

En revanche, si la phrase de Fury, inattendu vainqueur de l’Ukrainien Wladimir Klitschko, l’inamovible lauréat de la ceinture des lourds depuis 9 ans : « Vous pouvez vous entraîner pendant 100 ans, votre corps ne ressemblera jamais à ça » concerne les culturistes vainqueurs depuis la fin des années 1960 du titre de M. Olympia – distinction attribuée au champion du monde toutes catégories des hypertrophiés musculaires – alors bien sûr, je suis tout à fait d’accord. Mais ne comparons pas les gros bras du culturisme aux Dieux grecs ou au corps magnifiquement équilibré du David de Michel-Ange.

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Dieu grec : Poséidon

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David de Michel-Ange

MARCEL ROUET   Comme pour les Dieux grecs, Mr Apollon   1935 avait développé sa musculature sans anabolisant.

Culturiste 2015

  CULTURISTE

Le chiffre : 43

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En trois ans (2013-2015), quarante-trois athlètes kenyans ont été suspendus pour dopage. [L’Equipe, 29.11.2015]

Comme quoi, l’hypoxie des hauts plateaux n’est pas suffisante pour dominer le reste du monde dans les courses de fond ! [Dr JPDM]