Cyclisme – Courses à étapes : la fable du home-trainer flingant les toxines…

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En fait, après l’effort, cela permet, en continuant à pédaler sur un home-trainer, de recycler les lactates et donc d’accélérer  la récupération. Au final, le home-trainer n’a rien à voir avec l’élimination des toxines sauf si on considère que l’acide lactique en est une.

Les ‘’Rois de la pédale’’ cogitent dur après les étapes du Critérium du Dauphiné 2016. Ces dernières années,  voir les cadors du peloton – notamment aux termes des étapes montagneuses – sur un home-trainer interpellent les consultants d’Eurosport.

Jacky Durand, David Moncoutié et Marion Rousse-Gallopin, tous les trois nous expliquent que le but de cet exercice est de chasser les toxines. Sauf que depuis qu’ils sont omniprésents aux commentaires des courses, aucun d’eux ne nous a expliqué ce qu’était une toxine de fatigue produite par l’effort.

En revanche, le mot ‘’toxiner’’ est constamment associé aux lactates. En fin d’année 2015, j’avais déjà abordé ce thème pour la revue Cyclosport Magazine.

Cet article doit faire office de piqûre de rappel.

CSMCyclosport Magazine, 2015,n° 110, décembre

 

Tour de France – Les fausses histoires de la Grande Boucle colportées par les pseudo-spécialistes du quotidien L’Equipe

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GALIBIER 1930 Col du Galibier – Le chalet et le tunnel côté sud

Passionnés de vélo, en lisant le seul quotidien sportif français, vous avez plus de chance de lire des contes et légendes que la véritable histoire des Rois de la Pédale  sur la route du Tour.

Quelques exemples : Les Forçats de la Route attribués par erreur au journaliste Albert Londres (Tour 1924) ; la fourche d’Eugène Christophe cassée dans une collision avec une voiture en 1913 ; la première ascension des Pyrénées (Tourmalet) par des cyclistes lors du Tour 1910. Tout cela est faux et pourtant ces récits encombrent les livres sur l’histoire du Tour.

Ces derniers temps, L’Equipe nous a ressorti la fameuse phrase apocryphe d’Emile Georget franchissant le Galibier en 1911. Ainsi, dans l’Equipe Magazine du 18 juillet 2015 Vincent Hubé propose un quiz sur les Alpes. La première question concerne notre sujet :

Lorsque, le premier, il est passé en tête au sommet du Galibier en 1911, qu’a dit Emile Georget aux dirigeants du Tour ?

A : « Vous êtes des criminels, c’est trop dur ! »                                    

B : « Ça vous en bouche un coin ! »                                                       

C : « C’est quoi les écarts ? »                                                         

D : « Si ma grand-mère faisait du vélo… »

Le magazine a donné la réponse B.

Rebelote dans L’Equipe du 05 juin 2016. C’est Jean-Luc Gatelier qui s’y colle en nous la jouant historien : « Ça vous en bouche un coin, hein ? » pour reprendre la célèbre réplique du brave Emile Georget au sommet du Galibier où il fut le premier à s’élever lors du Tour 1911. »

GALIBIER - 2La route du Galibier en 1911

GALIBIER - 4Gustave Garrigou : « J’y étais, c’était le lundi 10 juillet. Je fus 3e là-haut »

En réalité, Henri Desgrange qui, dans L’Auto du 11 juillet 1913, rapporte cette phrase ‘’historique’’ d’Emile Georget n’était pas présent au passage du vainqueur au Galibier. En fait, il suivait François Faber, son chouchou, quelques lacets plus bas. Velocio dans Le Cycliste de décembre 1911, rapporte l’imposture des commentaires d’HD et qu’en réalité c’est LE MOT DE CAMBRONNE que Georget prononça ce jour-là. Tous les témoignages de ce haut fait du Tour 1911 sont rapportés dans « 36 Histoires du Tour de France » que nous reproduisons ici-même.

36 HISTOIRES DU TDF                               Editions Hugo, 2010. – 307 p (Galibier 1911, pp 73-78)

  • Amis lecteurs, à vous de juger
  • Conseils aux journalistes : vérifiez vos sources. C’est le B.A.-BA de votre corporation !

TDF – LES FAUSSES HISTOIRES (Georget).doc

 

 

 

L’Equipe côté blessures : c’est pas encore gagné mais ça progresse…

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Tsonga, c’est une élongation dans L’Equipe du 03 juin

 Dans le corps de l’article, on lit « Pas de déchirure décelée à l’imagerie pour le Manceau, mais une élongation du long adducteur gauche » [NB : appelé également muscle moyen adducteur)

Sauf que le mot élongation définit le premier stade des lésions musculaires. C’est donc bien une déchirure a minima. Même si préciser que c’est le long adducteur gauche qui est touché montre une amélioration de l’information du lecteur, il faut faire encore un effort sur la connaissance des lésions musculaires.

ADDUCTEURS

Athlétisme chinois : une lettre d’aveux de dopage  »postée » il y a 21 ans et révélée seulement en février 2016

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En 1993, les Chinoises dominaient les pistes d’athlé, particulièrement dans les épreuves de demi-fond. Lors des Mondiaux de Stuttgart, l’armée de Ma (nom de leur entraîneur) avait raflé 6 médailles sur 9 possibles. Des ‘’experts’’, notamment français, avaient cru bon de les défendre en expliquant que leurs performances n’étaient pas surhumaines. Dans un courrier écrit en 1995, mais révélé seulement en février 2016, Wang Junxia – la recordwoman du monde du 10 000 m en 29’31’’78 (temps qui tient toujours aujourd’hui) – et ses copines admettent que les drogues de la performance ont joué un rôle déterminant dans leurs temps canons. Pour montrer que nous n’étions pas dupes à l’époque, nous vous proposons  sur cet épisode qui avait agité le monde de l’athlétisme un texte écrit par nos soins : ‘’Chinoises, la rumeur sur le podium’’, publié dans le bimestriel Sport et Vie n° 21 des mois de novembre-décembre 1993.

MA JUNREN L’entraîneur Ma Junren

« Nous sommes des êtres humains, pas des animaux »

Dans la fameuse lettre signée en 1995 par neuf athlètes, dont Wang Junxia, les sportives faisaient part de leur souffrance et de certaines pratiques. Ce courrier avait été adressé au journaliste Zhao Yu, auteur en 1997 d’un livre intitulé « Enquête sur l’Armée de Ma ».

WANG JUNXIA Wang Junxia

 Cette lettre n’était pas présente dans la première version de l’ouvrage, mais dans la réédition du livre l’an passé, selon CCTV. La lettre a été publiée cette semaine en mandarin par Tencent Sport, puis reprise en anglais par le South China Morning Post. « Nous sommes des êtres humains, pas des animaux », écrivent notamment les signataires. « Pendant de nombreuses années, Ma Junren nous a forcées à prendre de grandes quantités de produits interdits. C’est vrai. Nous sommes également inquiètes d’entacher la gloire de notre pays et de minimiser la valeur de nos médailles d’or, qu’il nous a été si difficile de gagner. »

Quelques semaines après avoir été sacrée championne du monde du 10 000 m à Stuttgart (Allemagne) en 1993, Wang Junxia avait établi les records du monde du 3 000 m et du 10 000 m lors eds championnats nationaux, en septembre. Elle avait alors amélioré la précédente marque mondiale de plus de quarante-deux secondes sur 10 000 m, pour la porter à 29 min 31 s 78 et devenir la première femme sous les trente minutes. En 1995, Wang Junxia s’était ensuite éloignée de Ma Junren, menant une sorte de fronde avec d’autres athlètes. Ce qui ne l’avait pas empêchée de devenir championne olympique du 5 000 m un an plus tard, en 1996, aux JO d’Atlanta et d’y décrocher l’argent olympique sur le 10 000 m.

Agence France-Presse, 05.02.2016

ARTICLE ARMEE DE MA

L’Equipe du 06 février 2016 témoigne de ce courrier de 1995 resté en rade pendant 21 ans la suite…