Erythropoïétine -24 mars 1990 : la première alerte sur les effets collatéraux majeurs de l’EPO

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Dans Le Figaro du 24 mars 1990, le docteur Jean-Pierre de Mondenard informe la planète sportive que l’EPO – la fameuse hormone qui booste la production endogène de globules rouges et, par ricochet, le transport de l’oxygène – favorisant l’énergétique musculaire fait des ravages au sein du peloton. A cette époque, les dottore du dopage haute performance ne maîtrisent pas encore les doses adaptées à la compétition cycliste. D’où une cascade de morts suspectes.

L’article titré « Sept morts sans ordonnance » paru le 24 mars 1990 dans Le Figaro sera utilisé par Daniel Delegove, le président du tribunal correctionnel de Lille lors du procès Festina afin de mettre en cause les dirigeants du cyclisme qui n’ont rien fait dès cette alerte lancée par mes soins. Tous vont répondre qu’ils ne savaient pas, notamment Hein Verbruggen (président de l’Union cycliste internationale – UCI-), Daniel Baal (président de la Fédération française de cyclisme – FFC-) et Jean-Marie Leblanc, patron du Tour, en expliquant qu’ils n’ont entendu parler de l’EPO qu’en 1994 après la victoire hallucinante du trio de la Gewiss le 20 avril à La Flèche Wallonne.

Rappelons à ce beau monde que la responsabilité d’un dirigeant commence avec le refus de savoir.

Résumons : Le premier article hexagonal sur les dangers de cette hormone a été publié dans Le Figaro le 24 mars 1990, signé par mes soins, et non par Philippe Brunel qui sortira son texte dans L’Equipe deux mois plus tard. Et pourtant, le spécialiste cyclisme du quotidien sportif va faire accréditer sa thèse de lanceur d’alerte liminaire par Pierre Ballester, son confrère à l’Equipe et Le Monde.

La preuve documents à l’appui…

SEPT MORTS

24 mars 1990

ENQUETE

 

 Tribunal de Lille : 7 morts sans ordonnance  (31.10.2000)

 Daniel Delegove (président de la 7e chambre du tribunal correctionnel de Lille) :

« Suivant Willy Voet, les coureurs hollandais étaient déjà utilisateurs d’EPO alors qu’ils se trouvaient encore dans l’équipe hollandaise PDM. Cette révélation qu’il reçoit du docteur Eric Rijckaert avant le début de l’épreuve du Critérium du Dauphiné Libéré en juin 1993 se trouve corroborée par deux indices : en juillet 1992 (NDLA : en réalité en 1991), toute l’équipe PDM s’est trouvée dans l’obligation de quitter le Tour de France avant la fin de l’épreuve en invoquant comme motif une intoxication alimentaire qui n’avait pas suffi à écarter le soupçon de dopage ; moins de deux ans plus tôt (NDLA : un an), un membre de cette équipe dont le chef de course était alors Sean Kelly, Johannes Draaijer, vingt-sept ans, décédait le 27 février 1990 d’un arrêt cardiaque ; il était le septième cycliste néerlandais à décéder pour cette cause en quelques mois et l’hypothèse avait été émise que ces décès avaient pu avoir pour origine une thrombose provoquée par la prise excessive d‘EPO ainsi que le docteur Jean-Pierre de Mondenard le relatait dans un article paru dans le journal Le Figaro en septembre 1990 » (NDLA : le 24 mars 1990).

[Affaire Festina : attendus du jugement du Tribunal de Grande Instance de Lille du 22 décembre 2000, président Daniel Delegove (pp 31-32)]

 Pierre Ballester (FRA), envoyé spécial de L’Equipe à Lille :

« Ainsi, Hein Verbruggen dut se résoudre à admettre que sa propre conscience de l’existence de l’EPO n’eut pas lieu « en 1993, par un article de la presse italienne », mais bien en 1990, date d’un article paru dans L’Équipe qui ne pouvait pas lui échapper. Or, les premières recherches de dépistage de l’EPO sous l’égide de l’UCI ont débuté en 1995. Afin d’étayer son propos, le président Delegove s’appuya sur ces « sept cas de morts suspectes de coureurs cyclistes » relevés avant 1990 aux Pays-Bas « votre pays ». » [L’Équipe, 01.11.2000] 

Christophe Bouchet (FRA), envoyé spécial du Nouvel Observateur :

« Le président de l’Union cycliste internationale (UCI), le Néerlandais Hein Verbruggen, affirme qu’il a été informé des ravages de l’EPO en 1993 ; le président Daniel Delegove (celui du tribunal) doute et lui rappelle les sept cyclistes néerlandais morts d’un arrêt cardiaque dans des conditions suspectes. Il brandit un article datant de 1990 [NDLA : le 24 mars 1990], signé du docteur Jean-Pierre de Mondenard dans Le Figaro au titre évocateur : « Sept morts sans ordonnance ». [Le Nouvel Observateur, 09.11.2000]

Philippe Brunel (FRA), journaliste à L’Equipe depuis 1980 :

« En 1990, alors que l’érythropoïétine (EPO) faisait ses premiers ravages, Philippe Brunel réalisa, aux Pays-Bas, une enquête inédite sur ce produit. » [NDLA : ‘’Enquête sur des morts suspectes’’, parue dans L’Equipe le 25 mai 1990] [Anonyme. – Le  Monde, 28.07.2001 (encadré de présentation du parcours de Philippe Brunel intitulé ‘’Un observateur minutieux du peloton’’] …

CITATIONS PHILIPPE BRUNEL

 

 

 

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