

- Détecteur de mensonge : le grand bluff au service des dopés
- Chronologie – Sportifs confrontés au polygraphe
- Historique – Une hypothèse plus que millénaire, une technique séculaire.
- Chiffres – Détecteur de mensonge : des performances aléatoires

Elle ose affirmer : « Si j’avais fait ça, j’en aurais pris pour 20 ans ! » – et pourquoi pas à vie ?

9 dérogations médicales (AUT) accordées à la joueuse Serena Williams. Merci l’AMA !
Passe-droit : pour moi, oui ! mais pour les autres, c’est injuste !
Un peu d’histoire

Hackers russes : dévoilent les autorisations de complaisance pour se doper légalement au prétexte de se soigner
Serena prend la défense de son ex-rivale, la Russe Maria Sharapova


ou comment refroidir les extrémités des membres supérieurs des tennismen au changement de côté ou garder l’échauffement des mains avant de nager en compétition
Dernièrement, lors du ¼ de finale S. Korda contre N. Djokovic le 27 mars 2025, les spectateurs ont pu constater avec étonnement que Novak, aux changements de côté, portait de grands gants bleus.
Novak Djokovic, entre les échanges à l’Open de Miami, enfilait ses gants ‘’de glace’’ lui permettant rapidement de limiter la surchauffe de l’effort par le refroidissement des extrémités des membres supérieurs
Martina Navratilova, la joueuse 59 fois titrée en Grands Chelems (18 en simple, 31 en double dame et 10 en double mixte), dans une interview donnée à Sky Sports, a expliqué pourquoi le Serbe portait ces gants : « Les tennismen pros disposent de cette technologie depuis des années. Les gants peuvent abaisser la température du corps en 30 secondes. Ils refroidissent ainsi la circulation sanguine. Je ne sais pas pourquoi les autres joueurs ne les utilisent pas. Mais, bien sûr, Novak a une longueur d’avance sur tout le monde an matière de technologie. C’est magique et je ne sais pas pourquoi les tournois n’en disposent pas. »

Sur ce même thème de la lutte contre la surchauffe depuis quelques années lors des mêmes tournois où le soleil frappe très fort les corps, sont apparus les colliers de glace. Autre innovation anti-cou-de-surchauffe inventée – cela va surprendre – il y a plus d’un siècle en 1910 !
C’est Tommy Murphy, un champion de boxe américain actif de 1905 à 1914, qui va utiliser pour la première fois un collier de caoutchouc contenant de la glace que son homme de coin lui plaçait derrière le cou entre les rounds. A l’époque, il prétendait que « cela suffisait pour rendre un boxeur frais et dispos » [source : La Vie au Grand Air, 1910, n° 593, 29 janvier, p 73]
Jeux olympiques de Los Angeles en juillet 1984 : des tenues hivernales en chambre d’appel pour affronter une compétition de natation estivale
Cette information sur le refroidissement du corps par gants interposés me ramène en 1984 aux Jeux de Los Angeles que je suivais à la télévision pour le compte du quotidien Libération. Tous les jours, je publiais une chronique sur « le corps et son environnement ». Le 04 août 1984, mon texte était consacré à une innovation : les gants portés par les nageurs américains. C’était il y a… 41 ans !

D’ailleurs, aux Jeux de Paris en 2024, les nageurs de la plupart des nations se présentaient en chambre d’appel avec des vêtements chauds style doudoune plus ou moins longue. Certains portaient également des gants. « Mieux on connaît son corps, mieux on sait s’en servir ». Cette maxime en sport de compétition est toujours d’actualité.
JO de Paris 2024 – Léon Marchand emmitouflé dans sa doudoune à la sortie de la chambre d’appel

Le rendement d’un routier dépend en grande partie de l’apport énergétique adapté aux efforts de longue durée
Le ravito : la saga du contenu de la musette du routier ‘’Tour de France’’ depuis 1903
« Les géants de la croûte passent à table »
Le cyclisme est un sport à part où la durée de l’effort, notamment chez les professionnels, impose un à plusieurs ravitaillements en course suivant la distance kilométrique de l’épreuve ou de l’étape, sous peine pour le compétiteur d’être fortement pénalisé dans son rendement. Signalons que de 1919 à 1924, une étape du Tour de France Les Sables-d’Olonne-Bayonne faisait 482 km. Sous peine de pannes de jambes, le ravitaillement en cours de route jouait un rôle déterminant.
Cet apport énergétique s’est modifié considérablement à travers les époques. Composé d’aliments classiques au début des courses cyclistes (1900) : viande (côtelettes), poulet (cuisses), fruits (bananes), pain et alcools en tout genre, le contenu de la musette s’est progressivement réduit. On y trouve aujourd’hui différentes barres énergétiques protéinées et des bidons contenant des aliments liquides, des boissons énergétiques et de l’eau.
Afin de mieux appréhender l’intérêt de l’évolution de cet apport énergétique, nous vous proposons, au fil du temps, de détailler les musettes du Tour de France.
Signalons que de 1919 jusqu’à la fin des équipes nationales en 1968, le règlement de la grande randonnée de juillet prévoyait que tous les concurrents, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartenaient, devaient être ravitaillés en nourriture au cours de chaque étape, par les soins de l’organisateur de l’épreuve, en l’occurrence l’Auto jusqu’en 1939 et de 1947 à 1968 (sauf de 1962 à 1966 où le Tour fut couru par équipe de marque) par l’Équipe et la société du Tour de France. A partir de 1969, ce sont les équipes de marque qui composent et préparent le contenu des musettes.
(…)
En fichiers joints (PDF) :
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
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Un déficient visuel de para ski de fond et de para biathlon, le Russe Nikolay Polukhin, vient d’être disqualifié de sa médaille d’or et de ses deux d’argent pour substitution d’urine.
Dans son ouvrage ‘’Dopage organisé’’, Grigory Rodchenkov, le patron du labo antidopage de Sotchi, pensait pourtant dur comme fer avoir ‘’effacé’’ l’épidémie de TMZ des sportifs paralympiques russes aux Jeux 2014.
Rodchenkov détaille pages 211 à 213 les manipulations d’urine des paralympiques russes pour les rendre propres dès la fin des Jeux.
JEUX PARALYMPIQUES de Sotchi
Une épidémie russe ‘’effacée’’ par Grigory Rodchenkov
L’ancien patron des labos de Moscou et Sotchi témoigne : « Les Jeux paralympiques débutèrent le 7 mars 2014 (jusqu’au 16 mars) et poursuivirent sans incident jusqu’à ce que nous commencions à détecter plusieurs cas positifs chez les vainqueurs russes. Nous trouvions plus précisément de la trimétazidine (Préductal®), un stimulant cardiaque commun très fréquemment utilisé dans l’ancien bloc de l’Est. L’AMA et le Comité international paralympique (CIP) l’avaient ajouté à leur liste de produits prohibés en 2014 mais apparemment, les paralympiques russes n’étaient pas au courant.
Nous n’avions pas reçu d’avertissements ou d’instructions, aussi avions-nous analysé normalement ces échantillons contaminés. Il n’y avait plus aucun expert ou observateur étranger dans le laboratoire de Sotchi et donc aucun risque qu’ils soient témoins de ces analyses. Cependant le vrai risque était que le CIP nous demande de transférer tous ces échantillons à Lausanne après les Jeux pour préservation et nouvelle analyse, auquel cas nous serions obligés d’effectuer de nouvelles substitutions (sur le flacon B). Pour ne rien arranger, les athlètes paralympiques continuèrent à remporter des médaillés d’or en ski et en biathlon et chaque nouvelle médaille d’ or était assortie d’un contrôle positif.
Grigory Rodchenkov – Dopage organisé – éd. Michel Lafon, 2021
Les athlètes paralympiques russes et leurs entraîneurs étaient traités avec les mêmes égards que les champions olympiques valides, à savoir des primes de plusieurs dizaines de milliers de dollars, des voitures neuves, des appartements cossus et un accès à des camps d’entraînement de haut niveau. Les enjeux, pour eux comme pour nous, étaient équivalents à ceux des «vrais » Jeux olympiques. Il fallait à tout prix que ces médailles restent russes. J’informai Evgeny Blokhine [l’agent du service secret chargé de surveiller le labo] que la situation dérapait et qu’il fallait envoyer au plus vite nos magiciens (agents du FSB spécialistes de l’ouverture et de la fermeture des flacons prétendument sécurisés sans laisser de traces) à Sotchi et il fallut deux jours au vice-ministre des sports Yuri Nagornykh pour les rassembler. Cette fois-ci, en l’absence d’observateurs étrangers, nous procédâmes aux échanges pendant la journée. Nous gardâmes les magiciens avec nous trois jours de plus, jusqu’à la fin des Jeux paralympiques, et effectuâmes le dernier échange le 15 mars. Les choses étaient assez calmes à cette période, aussi demandai-je à Yuri Tchijov (le directeur adjoint du labo de Sotchi) de diriger la séance : il avait acquis assez d’expérience à présent. Le problème était de savoir où se procurer de l’urine «propre». Je n’avais pas souvenir d’avoir conservé de l’urine propre d’athlètes paralympiques en 2013. (1)

Nous reçûmes les derniers échantillons d’urine propre le 17 mars et les expédiâmes tous à Lausanne le 19. Le laboratoire de Sotchi pouvait enfin fermer ses portes (…). Je quittai Sotchi pour Londres afin d’assister à une réunion des directeurs de laboratoire de l’AMA. Le président de l’instance Greg Reedie (2014-2020) me remit une copie dédicacée et mise à jour du Code mondial antidopage. (…). De là, je rentrai à Moscou, où j’assistai à l’ultime inspection de notre laboratoire par les experts qualifiés d’indépendants appointés par l’AMA. Ils nous remirent un certificat de conformité, estimant que notre laboratoire « obtenait des résultats antidopage exacts dans le cadre des normes d’accréditation de l’AMA ». L’AMA entérina ces conclusions et la suspension de six mois dont on nous avait menacés n’entra jamais en vigueur. Voilà qui mettait le point final aux 18 mois cauchemardesques de l’enquête de l’AMA. » [Grigory Rodchenkov. – Dopage organisé. – Paris, éd. Michel Lafon, 2021. – 333 p (pp 211-213)]


