
















Blessé aux ischio-jambiers droits, Dimitri Payet sort du match Marseille-Athletico Madrid





Alejandro Valverde au départ du clm de la 1re étape du Tour de France 2017
Lors de la 1re étape du Tour de France – un contre-la-montre de 14 km dans les rues de Düsseldorf – Alejandro Valverde, l’un des favoris, a chuté lourdement sur la route mouillée. Dans un virage, il a fait un tout-droit dans une barrière.

Chute d’Alejandro Valverde lors de la 1re étape du Tour de France 2017
Résultats traumatologiques : fracture de la rotule gauche, plaie au tibia gauche et fracture de l’astragale ou talus (os de la cheville).

Un schéma pour comprendre pourquoi la rotule est un rouage essentiel du pédalage
On ne peut que souhaiter un grand courage au leader bis de la Movistar. La rotule, ce petit os sur le devant du genou, est essentiel au pédalage. De ombreux coureurs ont dû arrêter leur carrière pour une ‘’patella’’ défaillante.
Précisions que la fracture rotulienne arrive en 13e position de l’accidentologie routière des Semeurs d’énergie selon la formule d’Henri Desgrange, créateur du Tour en 1903.



A la suite de l’article paru sur ce blog le 29 avril sur les lésions des footballeurs : « Blessures du footballeur – Les ménisques comme les ligaments croisés vont par paire dans un genou mais les deux croisés sont exceptionnellement rompus en même temps » , l’un de nos lecteurs nous a adressé la question suivante :
« Comment doit-on comprendre la fracture de rein de Philippe Gilbert ? »
En consultant mes archives sur les blessures des cyclistes de compétition, la région rénale est – lors des chutes – beaucoup moins exposée aux traumatismes que la tête (crâne, os de la face), les épaules (clavicules), les poignets (scaphoïdes), les hanches (fémurs).
Les reins sont bien protégés par la colonne vertébrale, les côtes et les masses musculaires lombaires.
En ce qui concerne Philippe Gilbert, l’exploit c’est bien sûr d’avoir remporté l’Amstel Gold Race le 16 avril – la classique néerlandaise – pour la 4e fois, mais surtout d’avoir roulé 140 km après une chute sérieuse ayant provoqué une lésion rénale.
Phil témoigne dans L’Equipe : « J’ai chuté effectivement assez lourdement. Ma respiration était coupée, je suis resté longtemps à terre mais j’ai eu sans doute la chance de tomber sur l’herbe. Ensuite, j’ai eu le soutien de mes équipiers et je suis rentré dans le peloton. La douleur a commencé à s’estomper. »
Quand le Belge Rik Van Looy dit l’Empereur d’Herentals, se gamelle lors de la 11e étape du Tour de France 1962 avec en prime une lésion du rein, il ne fera que 30 km avant de monter dans l’ambulance. Visiblement Philippe Gilbert a une aptitude à souffrir hors du commun. C’est ce qu’il révèle au journaliste du quotidien sportif : « Je n’ai pas peur de me faire mal et je sais que je peux le faire longtemps. » On espère pour sa santé future que le champion de Belgique n’a pas roulé pendant 3 h 30 grâce à des antalgiques !
Quoi qu’il en soit, et compte tenu de la fréquence des chutes collectives provoquée par les coussins berlinois, ilots directionnels et autres giratoires, au final les lésions rénales sont peu fréquentes dans le peloton du World Tour.
En revanche, la rupture de la rate est plus fréquente. Elle se produit lorsque le guidon pénètre dans la partie gauche de l’abdomen supérieur ainsi qu’en cas de rupture de côte.
Les deux reins sont protégés par la partie inférieure du gril costal

L’Equipe, 13 février 2017
Quand on n’a aucune compétence médicale, IL VAUT MIEUX S’ABSTENIR DE JOUER AU SACHANT. La fracture pertrochantérienne concerne les deux apophyses (protubérances osseuses) situées à l’extrémité supérieure du fémur. La tête du fémur, c’est la partie sphérique s’articulant avec le cotyle (hanche) située à plusieurs centimètres du massif trochantérien.
L’illustration jointe permet de faire la différence.

En général, en raison du mécanisme de la chute – contact direct du massif trochantérien – c’est ce dernier qui prend l’impact. La tête est plus rarement touchée.
EN TOUT CAS CE SONT DEUX ZONES ANATOMIQUES DIFFÉRENTES.

Parmi les vainqueurs du Tour de France qui se sont brisé la clavette à plusieurs reprises, on trouve en tête, détaché, le gagnant du Tour de France 2011, l’Australien Cadel Evans avec 4 cassures.

Cadel Evans, vainqueur du Tour de France 2011
Trois autres lauréats du Tour sont classés ex-aequo en deuxième position avec 3 cassures.
Par ailleurs, en dehors des vainqueurs du Tour, il faut noter que Michel Pollentier entre 1972 et 1980 s’est rompu 8 fois la clavicule.

Michel Pollentier, coureur professionnel de 1973 à 1983
Mais le record toutes catégories du cycliste récidiviste au nombre de fractures de la clavicule, mais pas que, appartient au stayer américain Boby Walthour qui exerçait son talent au début du XXe siècle. C’est l’hebdomadaire cycliste La Pédale qui en témoigne :
« Le vieux stayer américain, Bobby Walthour, qui fut l’un des plus prestigieux de la catégorie et qui a remporté le titre de champion du monde en 1904 et en 1905, détient un record, celui des blessures. Au cours de sa longue carrière sportive, il a totalisé : 28 fractures de la clavicule droite, 18 fractures de la clavicule gauche, 32 côtes brisées ou rebrisées, 16 points de suture à la jambe, plus de 100 cicatrices sur tout le corps, 60 cicatrices sur la tête, 6 chutes qui eussent pu être mortelles, 2 chutes dont on crût qu’il ne réchapperait pas et 6 doigts écrasés ! » [La Pédale, 1924, 2, n° 18, 22 janvier, p 6]

Signalons qu’à l’époque de Walthour, les épreuves derrière moto étaient très dangereuses : taille et vitesse des engins, nombre de concurrents par rapport à la largeur des pistes.


1 |
Clavicule |
31 / 61 |
50,8% |
| 2 | Genou (tendinite, cartilage, plaies, coups) | 27 / 61 | 44,3 % |
| 3 | Maux du séant (irritations et indurations du périnée par microtraumatismes) | 16 / 61 | 26,2 % |
| 4 | Poignet (scaphoïde) ; mains-doigts | 14 / 61 | 23 % |
| 5 | Colonne vertébrale (hernie discale, problème de dos) | 13 / 61 | 21,3 % |
| 6 | Traumatismes crâniens (fracture du rocher, commotion cérébrale) | 12 / 61 | 19,7 % |
| 7 | Fracture du col du fémur | 8 / 61 | 13,1 % |
| 8 ea | Traumatisme facial (nez, maxillaires, dents) | 7 / 61 | 11,5 % |
| 8 ea | Fracture de jambe et plaies sérieuses | 7 / 61 | 11,5 % |
| 8 ea | Cheville, orteils | 7 / 71 | 11,5% |
| 10 | Fracture du coude | 6 / 61 | 9,8 % |
| 10 ea | Fractures de côtes | 6 / 61 | 9,8 % |
| 12 | Tendinite d’Achille | 4 / 61 | 6,6 % |
| 13 | Fracture de la rotule (genou) | 2 / 61 | 3,3 % |
| 14 | Endofibrose iliaque externe (EIE) | 0 / 61 | 0 % |
Copyright Dr Jean-Pierre de Mondenard
10 – 15 Les fractures de la clavicule, extrêmement fréquentes, représentent 10 à 15 pour cent de l’ensemble des fractures [La Pratique méd. Quot., 12.03.1986]
20 Dans 20 pour cent des cas, c’est un choc direct survenu au cours d’un accident de circulation (rôle de la ceinture de sécurité) [La Pratique méd. Quot., 12.03.1986]
33 Bien que les fractures de la clavicule s’observent à tout âge, elles représentent le tiers (33%) des fractures de l’enfant [La Pratique méd. Quot., 12.03.1986]
80 Parmi les sujets atteins, 80 pour cent sont de sexe masculin [La Pratique méd. Quot., 12.03.1986]
80 Dans 80 pour cent des cas, la fracture résulte d’un choc indirect à la suite d’une chute sur le moignon de l’épaule. Ce mécanisme est souvent celui des fractures sportives : cyclisme, judo, rugby [La Pratique méd. quot., 12.03.1986]