- Les contrôles antidopage de l’AMA (urinaires, sanguins, passeport biologique, test ADN) sont désespéréement inefficaces avec des résultats pathétiques de 1% de cas positifs
- Dans les cas de décès suspects, l’autopsie peut-elle confirmer la prise de médocs de la performance ?
- Analyse du cas Tom Simpson décédé sur les pentes du Ventoux le jeudi 13 juillet 1967
Pédaler sur les pentes abruptes la bouche légèrement ouverte est-il un signe objectif de dopage ?
Deux éléments m’ont motivé pour aborder l’autopsie comme preuve éventuelle du dopage.
Pendant le dernier Tour de France, la suspicion à l’encontre des duettistes Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard survolant les pentes escarpées, s’est amplifiée au prétexte qu’ils dominent outrageusement le reste du peloton et, qu’en plein effort, ils grimpent la bouche fermée.
Pour ce dernier constat relayé par les réseaux sociaux, c’est bien sûr faux. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter le Une de L’Equipe du 18 juillet qui montre Pogi en plein effort, la bouche ouverte dans la montée d’Hautacam. D’ailleurs, si on observe le Slovène et le Danois, sur les cinq derniers kilomètres de cette 12e étape, chacun des deux isolés à l’avant, Pogacar en tête, Vingegaard le suivant à 1’30 les deux hommes ont le visage très marqué par l’effort… et la bouche ouverte.
La confusion vient du fait que tous les cyclistes-amateurs ignares et jaloux, n’ayant évidemment pas leur forme physique ni leur entraînement, pensent que pour grimper de telles pentes, il faut obligatoirement avoir la bouche grande ouverte comme des poissons hors de l’eau.
Cette suspicion malsaine sans la moindre preuve a inspiré (sans jeu de mots) le dessinateur Soulcié dans L’Equipe du 25 juillet.

L’étude toxicologique des cheveux est-elle l’arme absolue pour débusquer la triche biologique ?
La légende est humoristique. Comme les vélos du Tour de France sont passés aux détecteurs d’assistance électrique, l’illustrateur suggère de passer Pogacar et Vingegaard aux rayons X corps entier afin « de vérifier que vous n’êtes pas des robots ». Sur le ton du dépit, le membre de l’antidopage de l’UCI pourrait aussi demander une autopsie.
Bien sûr l’idée absurde de l’autopsie démontre que la lutte antidopage a plusieurs trains de retard puisque le dernier test positif sur le Tour remonte à 2015 !
En fait, l’examen postmortem ne peut aider qu’à déterminer la responsabilité de la présence de la catégorie des stimulants tels les amphétamines (viscères, liquides biologiques, poils, cheveux et ongles) mais beaucoup moins facilement sur des substances prises sous forme de cures ayant été arrêtées en amont de la compétition.
Les résultats seront aléatoires. L’examen capillaire et des phanères détecte de nombreux dopants mais ni l’EPO ni les peptides mimétiques (grosses molécules qui ne peuvent migrer dans le poil), ce qui bien sûr en limite l’efficacité pour le diagnostic.
L’Agence mondiale antidopage (AMA) n’a pas inclus dans sa batterie de tests antidopage l’examen capillaire car, selon elle, les stéroïdes anabolisants, les glucocorticoïdes et les modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes (SARMS) s’incorporent mal dans les cheveux. Et comme ceux-ci représentent ces dernières années environ 50% des cas positifs, l’examen capillaire n’est utilisé que dans des cas-ciblés.
EN FICHIERS JOINTS :
- Contre-enquête – Analyse du cas Tom Simpson décédé sur les pentes du Ventoux le 13 juillet 1967
- Autopsies des sportifs décédés subitement au repos ou lors de défaillance en compétition
- Références bibliographies sur le décès de Thomas Simpson le 13 juillet 1967
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com – Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD













































