Tennis/Dopage – Substitution d’urine sous la douche, un classique omnisport de la triche

Par défaut

L’ITIA, Agence antidopage du tennis, demande aux joueurs (ses) de se doucher en restant à la vue de leur accompagnateur ou escorte…

En avril 2025, l’Agence antidopage du tennis (ITIA) édicte une nouvelle règle pour les contrôles :

« L’ITIA et l’ITF ont travaillé d’arrache-pied pour faire en sorte que les douches qui suivent les matchs puissent constituer un retard admissible pour les contrôles antidopage, en particulier lorsque l’absence de douche peut avoir un effet préjudiciable sur la santé et le bien-être d’un joueur. Cependant, prendre une douche n’est pas un droit. Pour cette raison, l’ITIA demande gentiment aux joueurs de se doucher en restant bien à la vue de l’accompagnateur qui les observe à tout moment. Si un joueur ne se sent pas à l’aise sur le fait d’être surveillé durant sa douche, nous suggérons d’examiner s’il est nécessaire de prendre une douche avant de fournir l’échantillon de contrôle antidopage. Le fait de ne pas rester à la vue de l’accompagnateur sera pris extrêmement au sérieux par l’ITIA. »  [communiqué du 18 avril 2025]

Il est clair que cette mesure n’a pas été prise à la légère en raison de plusieurs cas suspects de tentative de substitution d’urine, sous la douche, un lieu où il est plus facile d’’enfumer’’ le (la) contrôleur (se).

Selon le site Motoclismo : « L’Agence internationale d’intégrité du tennis (ITIA) a émis des directives strictes concernant le comportement des joueurs subissant des tests de dopage, soulignant l’importance de maintenir la visibilité du chaperon à tout moment, même pendant des moments apparemment privés comme la douche. Toute déviation de ce protocole ne sera pas prise à la légère, l’ITIA étant prête à infliger de sévères pénalités à ceux qui osent désobéir. »

Depuis les premiers contrôles antidopage, au mitan des années 1960, les sportifs face à cette mesure – alors qu’ils sont pour la plupart soignés avec des substances illicites – étant inexpérimentés face à cet examen vont se faire épingler par la patrouille avec un test positif. Par exemple, lors de la première année des prélèvements en 1966, pour l’ensemble des fédérations, le pourcentage de cas positifs atteint 32,5%. Sur le Tour de France 1966, on comptabilise 50% de positifs.

Très rapidement, grâce à la substitution d’urine, les sportifs vont s’adapter, notamment sur le Tour de France 1967 (43%), 1968 (1,3%), 1969 (4,5%), 1970 (0%).

La lutte antidopage va crier victoire, interprétant ces chiffres comme la démonstration que les cyclistes respectent le règlement en écartant les substances illicites.

Le biais dans cette interprétation valorisant l’efficacité des contrôles s’appelle la substitution d’urine mais aussi un nombre conséquent de substances indécelables.

Le remplacement des urines contenant le produit illicite par celles d’un tiers n’est pas aussi rare qu’on pourrait le penser même aujourd’hui dans toutes les spécialités sportives, notamment le tennis. Une poire en caoutchouc ou un sachet d’urine dissimulé pour les cyclistes dans le cuissard, sous l’aisselle, un préservatif dans le vagin ou le rectum sont des techniques courantes dans tous les sports.

C’est le Dr Pierre Dumas, médecin-chef du Tour de France de 1955 à 1967 et de la Fédération française de cyclisme, qui témoigne à deux reprises de l’efficacité présumée de la lutte antidopage en occultant la tricherie bien huilée des sportifs lors du recueil des urines.

1.  « Lors des premières enquêtes faites depuis une dizaine d’années, et des recherches des stimulants dans les urines, nous retrouvons une proportion d’utilisateurs d’environ 60 %. Depuis la publication de la loi et l’application des règlements, ce chiffre est tombé l’an dernier à 30 % et cette année, lors des derniers contrôles (équipes de France amateurs, Tour de l’Avenir, les premiers de la Course des Nations), il n’a plus été retrouvé de traces de stimulants, et pourtant l’équipe de France amateurs a glané tous les titres de la Course des Nations qui s’est courue à plus de 47 km/h. Le récent exploit de Ferdinand Brake, qui, en se soumettant au contrôle, a pu démontrer que le record était possible sans recourir à l’emploi de produits stimulants. »  
[in « Pourquoi une loi sur le doping en France ? », Vie méd., 1968, 49, spécial 2, juin, pp 49-57]

2.  « Il y a cinq ans, la proportion d’utilisateurs de stimulants de type amphétaminique était de 30% (en Italie : championnats amateurs 46,6% en 1961, championnats professionnels de football : 22%). En 1972, sur près de mille contrôles, la proportion a été ramenée à 2,6%. Ces chiffres démontrent qu’il est possible de réagir contre cette pratique dangereuse : ‘’le doping’’ mais pour cela, il fallait d’abord prendre conscience du problème et de ses dangers, passer par un stade répressif tout en l’associant à l’éducation et à la propagande. Nous devons ici remercier la presse qui nous a beaucoup aidés. Le succès de cette campagne est dû aux efforts du secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, en particulier au directeur des Sports, le colonel Marceau Crespin, au chef du Bureau médical, le docteur Henri Périé, à la compréhension de la FFC, des dirigeants et pratiquants et surtout au dévouement bénévole des médecins fédéraux. » [Gazette médicale de France, 1973, 80, n° 4, 26 janvier, p 503]

« Le docteur Pierre Dumas, responsable du contrôle antidopage, nous avait donné trois ans pour voir disparaître le doping du Tour de France. Il a tenu parole. Il n’y a plus de contrôle positif et la peur de la sanction est devenue le commencement de la sagesse. Une bataille semble avoir été gagnée et le moins que l’on puisse dire est bien qu’on le doit aux efforts patients et persévérants d’un service médical jeune et dynamique, bien pénétré de la question et dont la compétence s’affirme chaque Tour d’avantage. » [La Dépêche du Midi, 07.07.1973]

Effectivement, dès 1970, les cas positifs étaient proches de zéro, cela n’a pas changé puisqu’en 2024, les stats de l’AMA sont inférieures à 1% (0,85).

On comprend pourquoi le tennis en surveillant la douche de façon pointilleuse, essaie de faire obstacle à la substitution d’urine.

Pour que le contrôle sous la douche soit performant, il faut que les accompagnateurs soient du même sexe que le sportif et expérimentés. Ne pas avoir d’état d’âme face à la célébrité du sportif soumis au contrôle de visu.

Pièces jointes (PDF):

1.  Substitution d’urine : les étapes

2.  La réglementation

3.  Chronologie des subterfuges

4.  C’est pour un contrôle : 3 douches sur la sellette.

Tennis / Dopage – Alfredo Casso (Usa) positif au clomifène

Par défaut

Un médicament destiné exclsuivement au traitement de la stérilité féminine

Alfredo Casso a été contrôlé positif au clomifène. L’Agence internationale pour l’intégrité du tennis (ITIA) a estimé que l’infraction n’était pas intentionnelle, au motif que ce produit lui avait été prescrit médicalement pour une courte durée afin de traiter un problème de santé — dont la nature n’a d’ailleurs jamais été précisée par l’ITIA, sauf que l’Agence du médicament n’a validé aucune indication thérapeutique du clomifène chez l’homme.

Problème : le clomifène est indiqué pour traiter des troubles d’hypofertilité chez la femme. L’homme ne figure pas dans ses indications thérapeutiques. En réalité, lorsqu’il est consommé par un homme, le clomifène a pour effet d’augmenter la production testiculaire de testostérone. Il est donc utilisé comme un véritable produit dopant. Les contrôles positifs les plus récents à cette substance concernent d’ailleurs exclusivement des hommes.

Ce dossier illustre une nouvelle fois la manière dont l’ITIA enfume les médias en traitant les affaires de dopage avec indulgence : sanctions atténuées pour J. Sinner, Swiatek, Teso, Martin, Purcell, entre autres.

Le clomifène est un antiestrogène : il inhibe le rétrocontrôle des estrogènes au niveau de l’hypothalamus, centre de commande hormonale du cerveau. Cette inhibition entraîne une augmentation de la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires, notamment la LH, dont le rôle est de stimuler la production hormonale des glandes génitales (ovaires et testicules), en particulier la testostérone, dans les deux sexes.

  • Dès 1989, le Comité international olympique (CIO) interdit le clomifène par assimilation aux gonadotrophines. En 2000, il apparaît explicitement pour la première fois sur la liste française des substances interdites du ministère des Sports. Lorsque l’Agence mondiale antidopage (AMA) reprend la gestion de la liste à l’échelle mondiale, le clomifène est d’abord interdit uniquement chez les hommes.
  • À partir de 2005, il devient prohibé chez les deux sexes, la LH stimulant également la production ovarienne de testostérone endogène. Son interdiction est permanente, aussi bien à l’entraînement qu’en compétition.
  • Sur le plan de la détection, le clomifène ne modifie pas le rapport testostérone/épitestostérone. La seule manière de confondre les tricheurs consiste donc à identifier directement la présence du produit dans les urines, ce qui est relativement aisé puisqu’il y persiste longtemps.

Bien que le clomifène soit interdit chez les femmes depuis 2005, ce sont majoritairement des hommes qui sont contrôlés positifs. Depuis les témoignages des années 1980 et les cas avérés après 2000, les disciplines concernées sont nombreuses : athlétisme, aviron, boxe, culturisme (+++), haltérophilie, MMA, et plus généralement tous les sports recherchant les effets ergogéniques d’un surplus de testostérone.

Tennis/dopage – Thierry Ardisson vient de disparaître à l’âge de 76 ans

Par défaut

Il fut l’un des premiers à faire bouger les lignes sur la présence de la dope dans les vestiaires des courts.

Lors de ses débuts de journaliste en 1980, l’Homme en Noir réalise une interview de Yannick Noah, à l’époque star montante du tennis tricolore. Les révélations du futur chanteur seront confirmées au fil des années. Dans ce papier, le dopage est abordé sans langue de bois et déclenchera un tsunami dans le monde du tennis. Comme d’habitude dans une telle situation, le milieu de la petite balle jaune fait front en niant sur les courts toute présence d’amplificateurs artificiels de performance.

Même Noah va se rétracter. Par exemple, dans Paris-Match du 12 septembre 1980 : « Des drogues au tennis ?… je blaguais ! » ; « Au tennis, il est impossible de jouer dopé », ou dans L’Equipe du 29 août 1980 : « Je ne sais rien… ». Le président de la Fédération internationale et Française, Philippe Chatrier, est consterné par les déclarations de Noah dans Rock and Folk : « Je serais étonné que les faits invoqués par Yannick soient vrais (…) Je nie tout en bloc (…) La nature de notre sport ne se prête pas à celaToutefois, pour l’instant rien n’est prouvé et je crains un peu que l’on se serve de toute cette histoire, que l’on aille chercher toutes sortes de médecins pour faire du scandale et jeter ainsi le discrédit sur le tennis. C’est dramatique

Comme d’habitude, les instances sportives se trompent de cible. Pour elles, ce n’est pas le dopage qui est l’adversaire à combattre sans défaillance mais ceux qui témoignent de la présence des médocs de la performance chez les joueurs.

En 2010, le 28 août dans L’Equipe magazine, Thierry Ardisson est revenu sur l’ITW parue en 1980 dans le magazine Rock and Folk : « On s’est revu il y a 10 ans (Ndlr : avec Noah). Il m’a serré la main, c’est tout. Il savait que tout était vrai. Il a juste regretté l’importance que ça avait pris. » Malgré témoignages et contrôles positifs, le milieu du tennis a continué, les décennies suivantes, à utiliser la langue de bois pour nier le dopage.

Les forçats de la langue de bois

Arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidon du milieu de la petite balle jaune :

« On ne connaît pas à l’avance la durée du match »; « Les dopants perturbent la durée du match »; « Avec tous ces contrôles, on ne peut pas tricher »; « Trop compliqué pour se doper »; « Parce que le tennis n’est pas un sport d’équipe mais un sport individuel »; « Les joueurs de tennis sont trop individualisés et ne font que se croiser »; « La cocaïne n’améliore pas les performances »; « Les joueurs ont une haute idée de l’éthique »; « On nous teste 20 fois par an, il est impossible de tricher »

Ajoutons que le dopage, ce n’est pas que prendre une pastille avant de pénétrer sur le court mais d’améliorer par des programmes de soins utilisant des méthodes répréhensibles (microdoses, transfusions sanguines, etc.), la vitesse de jambes, la détente verticale, la condition physique, la résistance à la fatigue, le temps de réaction, le tout permettant d’être plus performant raquette en mains.

Article de magazine sur Yannick Noah, avec une interview abordant le dopage dans le tennis, accompagné d'une photo de lui sur le court.

Dopage / Tennis – Des compléments alimentaires contaminés écartent des courts Irina Fetecau pendant 10 mois

Par défaut

La Roumaine Irina Fetecău a été suspendue pour une période de 10 mois après avoir consommé un supplément contaminé de pré-entraînement « Gorillalpha Yeti Juice ». Pour sa défense, elle invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.

Affiche dénonçant le dopage avec le message 'STOP L'excuse des Compléments alimentaires (contaminés)' sur fond jaune.

Dans toutes ces affaires de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs, on constate l’absence d’infos sur la composition précise : aucune mention du produit dopant en cause sur l’emballage, la notice, la pub d’internet.

C’est le rôle de l’instance antidopage de poursuivre les fabricants coupables de ces manquements. Ces structures de régulation du dopage ont beaucoup plus de moyens : financiers, juridiques (avocats), scientifiques que le sportif démuni face à ce commerce illicite.

Que ce soit l’AMA, l’ITA, l’ITIA, l’AFLD qui se targuent d’être des acteurs de la prévention du dopage, on attend toujours qu’ils le démontrent en poursuivant avec pugnacité ces fabricants de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs avec un seul objectif, celui de les rendre efficaces avec l’ajout d’une substance illicite,

Deux options pour tenter d’éradiquer ces histoires de compléments alimentaires contaminés :

  • Soit on considère que le sportif est pleinement responsable pour ne pas avoir fait certifier son complément alimentaire et alors la sanction doit être entière, sans aucune restriction.
  • Soit on considère qu’involontairement, il s’est fait piéger et les instances aident réellement le sportif en poursuivant juridiquement le fabricant du complément alimentaire en cause.

Le fameux additif nutritionnel de la Roumaine contenait un stimulant, le 4-méthylpentan-2-amine ou 1,3-diméthylbutylamine (DMBA), des noms barbares, apparentés à la fameuse méthylhéxanamine omniprésente dans les urines des sprinters, notamment jamaïcains des années 2010.

Selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia : « Le sels de chlorhydrate et de citrate de DMBA ont été détectés comme des ingrédients non approuvés présents dans certains compléments alimentaires en vente libre dans lesquels ce stimulant est utilisé dans une tentative apparente de contourner les interdictions sur la méthylhéxanamine.

Cette dernière, depuis 2004, en tant qu’apparentée, est interdite en compétition par l’Agence mondiale antidopage (AMA) sans que sa dénomination apparaisse en toutes lettres.

En réalité, il faudra attendre 2010 pour que la méthylhéxanamine figure précisément en liste rouge. En revanche, le 1,3-diméthylbutilamine (DMBA) fait son apparition sur la nomenclature de l’AMA le 01 janvier 2018 entant que stimulant spécifié seulement en compétition.

Wikipedia ajoute : « La Food and Drug Administration (FDA, Etats-Unis) considère tout complément alimentaire contenant du DMBA comme frelaté ».

Malgré l’opposition de la FDA, le DMBA continue d’être vendu aux Etats-Unis. En mai 2015, la FDA mettait en garde 14 fabricants de compléments alimentaires pour sportifs contre la présence illégale de DMBA (citrate d’AMP).

Dans ce contexte d’illégalité des compléments alimentaires, selon une récente étude, 30% contiennent des dopants non-listés sur l’emballage ou sur internet. Irina Fetecău, pour sa défense, invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.

L’Agence internationale pour l’Intégrité du tennis (ITIA) justifie dans un communiqué mis en ligne le 12 mai 2025, les 10 mois de suspension à l’encontre de la joueuse roumaine mais sans vraiment convaincre sur l’absence de faute ou de négligence de cette dernière

Titre d'un document sur les compléments alimentaires contenant des informations sur le dopage.

Dopage – La perfusion, bien que prohibée par l’AMA depuis 2005, est toujours présente dans les vestiaires des années 2020-2025

Par défaut

Après les frères Quintana, Nairo et Dayer, épinglés par la justice dans le Tour de France 2020 pour perfusion hors d’un objectif thérapeutique – seul le médecin a été condamné – c’est au tour du tennisman Max Purcell spécialiste du double, dans cette configuration vainqueur de Wimbledon en 2022 et de l’US Open en 2024, mais aussi 40e mondial en simple en octobre 2023 qui, quelques semaines plus tard, sera pris pour violation des règles antidopage en raison des perfusions effectuées les 16 et 20 décembre 2023.

Tennis/Dopage – Serena Williams s’invite dans le débat sur la faible suspension de Jannik Sinner

Par défaut

Elle ose affirmer : « Si j’avais fait ça, j’en aurais pris pour 20 ans ! » – et pourquoi pas à vie ?

9 dérogations médicales (AUT) accordées à la joueuse Serena Williams. Merci l’AMA !

C’est dans un entretien accordé au Time Magazine que la cadette des sœurs Williams s’est insurgée sur la faible sanction de Sinner en précisant : « Si j’avais fait ça, j’en aurais pris pour 20 ans » en ajoutant pour noircir le trait : « On m’aurait enlevé des tournois du Grand Chelem » [elle en a remporté 23]. Elle oublie un peu vite la sortie médiatique et accusatrice à son sujet de l’ancien joueur roumain Ion Tiriac, spécialiste du double puis entraîneur de Guillermo Vilas et Boris Becker.

Ce dernier, ex-membre du Comité olympique roumain, affirme : « Durant sa carrière, Serena Williams avait droit à 9 AUT (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques) pour soigner ses maladies avec des produits dopants ».

C’est le journaliste Laurent Trupiano qui pour le site We love Tennis du 15.08.2024, rappelle ce témoignage du triple finaliste en double de Roland-Garros : « Lors de notre entretien à Bucarest avec Ion Tiriac il était impossible de ne pas parler de l’affaire Simona Halep. Quand on évoque le sujet, Ion a rappelé certains cas dont celui de la joueuse américaine. « Que l’on ne se méprenne pas concernant mes propos, il s’agit d’un fait. Durant sa carrière, Serena Williams avait le droit à neuf dérogations sur la liste des produits dopants pour soigner ses maladies, c’est un de plus que le dernier champion olympique du 100 mètres à Paris 2024, l’Américain Noah Lyles. Je connais aussi un joueur qui a une dérogation, et qui se fait une injection par jour mais je ne donnerai pas son nom car je l’aime beaucoup. La question que je me pose c’est comment tu peux décider d’entrainer un enfant à fond pour en faire un champion si tu sais qu’il a déjà neuf maladies. »

Passe-droit : pour moi, oui ! mais pour les autres, c’est injuste !

On peut rappeler aussi un comportement à la marge de Serena lors de la Hopman Cup 2015 à Perth (Australie). En plein match, elle boit une tasse de café bien serrée pour éliminer le jetlag. C’est RTL sport du 05 janvier 2015 qui s’en fait l’écho : « L’Américaine Serena Williams a perdu le premier set 6-0 en seulement 19 minutes face à l’Italienne Flavia Pennetta et a demandé à l’arbitre si on pouvait lui apporter un café. « J’ai demandé si c’était réglementaire d’avoir un expresso en plein match car je ne l’avais jamais fait auparavant mais j’avais besoin de me réveiller à cause du décalage horaire » a expliqué la n° 1 mondiale. Quelques minutes plus tard, son café arrivait et il lui a fait du bien puisqu’elle a remporté facilement les deux sets suivants, 6-3, 6-0. Les Etats-Unis ont finalement dominé l’Italie 3-0 dans ce tournoi par équipes mixtes. [RTLsport, 05.01.2015]

Alors n° 1 mondiale, le 31 janvier elle remporte l’Open d’Australie face à Maria Sharapova. Ce service café sur le court peut être taxé de hors norme et seulement réservé aux numéros Un.

Un peu d’histoire

Sur ce thème, on peut rappeler qu’en 1919, lors de la finale de Wimbledon, la Française Suzanne Lenglen, surnommée plus tard La Divine en raison de ses performances à répétition, en difficulté après le 1er set gagné difficilement 10/8, avait reçu sur le court central un flacon de cognac bu à la vue de tous les spectateurs. Et lors du 3e set, elle avait également absorbé ce breuvage. Finalement, Suzanne avait gagné 10/8, 4/6, 9/7. A l’époque, il n’y avait pas de lutte antidopage même si la consommation de cognac dans le tennis était une pratique courant dans les vestiaires et même sur les courts et ce jusqu’aux années 1970.

Hackers russes : dévoilent les autorisations de complaisance pour se doper légalement au prétexte de se soigner

D’ailleurs, des Hackers russes dans les suites rapprochées des Jeux olympiques de Rio (05-21 août 2016) avaient révélé ces pratiques (AUT) d’aides à la performance alors que l’athlète est momentanément ‘’malade’’. L’Agence France-Presse du 20 septembre 2016 avait donné quelques noms dont ceux de Serena et Venus Williams. – « Le piratage des dossiers médicaux de sportifs de haut niveau par des hackers russes met en lumière l’un des piliers de la lutte antidopage : les autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), qui permettent aux athlètes de se soigner en utilisant des substances figurant sur la liste des produits interdits. Entre le 13 et le 19 septembre, un collectif de pirates informatiques appelé Fancy Bears a mis en ligne en quatre salves des données médicales confidentielles concernant 66 athlètes. Parmi eux, les Américaines Serena et Venus Williams (tennis), Simone Biles (gymnastique), le cycliste britannique Chris Froome, son compatriote coureur Mo Farah ou le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal.

Ces données piratées émanent du système de gestion en ligne de l’Agence mondiale antidopage (AMA), le système Adams, qui lui permet d’assurer le suivi des contrôles antidopage des sportifs. Toutes concernent des AUT. Elles ne prouvent donc aucune infraction ni aucun contrôle antidopage positif puisque les sportifs cités par les hackers ont une autorisation médicale pour utiliser des médicaments interdits. Les Fancy Bears estiment que les AUT équivalent à des « permis de se doper’’. Une affirmation que l’AMA réfute avec force et juge biaisée : selon elle, les Fancy Bears sont russes et leurs accusations sont en fait des « représailles’’ pour lui faire payer sa lutte contre le « dopage d’Etat’ en Russie.[RTBF.be/Agence France-Presse, 20.09.2016]

Serena prend la défense de son ex-rivale, la Russe Maria Sharapova

Dans le même entretien accordé à Time Magazine faisant partie d’un ensemble consacré aux « 100 personnes les plus influentes du monde », la cadette des Williams a défendu son ancienne rivale Maria Sharapova épinglée pour un contrôle positif au meldonium, un modulateur métabolique prohibé depuis le 1er janvier 2016. Elle en fait par ignorance un cas similaire à celui de Jannik Sinner.

En première instance, la Russe est suspendue deux ans mais en appel devant le TAS, la peine est ramenée à 15 mois au prétexte ‘’qu’elle était de bonne foi et n’avait fait aucune faute significative’’. Le TAS, lui aussi comme l’AMA, ne sont pas très pertinents dans leur justification. En réalité, Masha (surnom de Sharapova) aurait dû savoir que le meldonium était apparu dans la réglementation antidopage de l’AMA depuis le 1er janvier 2015 à la rubrique Programme de surveillance. Comme son titre l’indique, les produits présents dans cette liste ne sont pas interdits mais surveillés sans entraîner de sanction.

Un an plus tard, devant la présence répétée de meldonium chez les athlètes, notamment de l’Est, l’AMA inclue le meldonium dans la liste des substances illicites entraînant une sanction. Pendant ce temps-là, Sharapova a reçu des informations l’avertissant de ce changement de statut qu’elle n’a pas lu. Là aussi, comme pour Sinner, les sportifs et leurs staffs sont totalement responsables.

Donc, dans les deux cas, il y a bien eu faute professionnelle. Pour Sharapova, elle a pris volontairement le meldonium pour ses effets supposés sur une arythmie cardiaque, un déficit en magnésium et la prévention du diabète alors que Sinner aurait été contaminé par voie cutanée lors de massages de récupération effectués par avec son kiné.

Actualité médico-sportive – Tennis versus natation : chaud et froid…

Par défaut

ou comment refroidir les extrémités des membres supérieurs des tennismen au changement de côté ou garder l’échauffement des mains avant de nager en compétition

Dernièrement, lors du ¼ de finale S. Korda contre N. Djokovic le 27 mars 2025, les spectateurs ont pu constater avec étonnement que Novak, aux changements de côté, portait de grands gants bleus.

Novak Djokovic, entre les échanges à l’Open de Miami, enfilait ses gants ‘’de glace’’ lui permettant rapidement de limiter la surchauffe de l’effort par le refroidissement des extrémités des membres supérieurs

Martina Navratilova, la joueuse 59 fois titrée en Grands Chelems (18 en simple, 31 en double dame et 10 en double mixte), dans une interview donnée à Sky Sports, a expliqué pourquoi le Serbe portait ces gants : « Les tennismen pros disposent de cette technologie depuis des années. Les gants peuvent abaisser la température du corps en 30 secondes. Ils refroidissent ainsi la circulation sanguine. Je ne sais pas pourquoi les autres joueurs ne les utilisent pas. Mais, bien sûr, Novak a une longueur d’avance sur tout le monde an matière de technologie. C’est magique et je ne sais pas pourquoi les tournois n’en disposent pas. »

Sur ce même thème de la lutte contre la surchauffe depuis quelques années lors des mêmes tournois où le soleil frappe très fort les corps, sont apparus les colliers de glace. Autre innovation anti-cou-de-surchauffe inventée – cela va surprendre – il y a plus d’un siècle en 1910 !

C’est Tommy Murphy, un champion de boxe américain actif de 1905 à 1914, qui va utiliser pour la première fois un collier de caoutchouc contenant de la glace que son homme de coin lui plaçait derrière le cou entre les rounds. A l’époque, il prétendait que « cela suffisait pour rendre un boxeur frais et dispos » [source : La Vie au Grand Air, 1910, n° 593, 29 janvier, p 73]

Jeux olympiques de Los Angeles en juillet 1984 : des tenues hivernales en chambre d’appel pour affronter une compétition de natation estivale

Cette information sur le refroidissement du corps par gants interposés me ramène en 1984 aux Jeux de Los Angeles que je suivais à la télévision pour le compte du quotidien Libération. Tous les jours, je publiais une chronique sur « le corps et son environnement ». Le 04 août 1984, mon texte était consacré à une innovation : les gants portés par les nageurs américains. C’était il y a… 41 ans !

D’ailleurs, aux Jeux de Paris en 2024, les nageurs de la plupart des nations se présentaient en chambre d’appel avec des vêtements chauds style doudoune plus ou moins longue. Certains portaient également des gants. « Mieux on connaît son corps, mieux on sait s’en servir ». Cette maxime en sport de compétition est toujours d’actualité.

JO de Paris 2024 – Léon Marchand emmitouflé dans sa doudoune à la sortie de la chambre d’appel

Dopage – La voie transdermique (à travers la peau) n’a pas livré tous ses secrets

Par défaut

La résolution de l’affaire Jannik Sinner par les instances (ATP, AMA, FIT, ITIA) interpelle le monde des joueurs et des scientifiques. Par ailleurs, le dopage à travers la peau offre de meilleures possibilités de feinter les radars que les injections et les comprimés.

Rappel – Le n° 1 mondial de tennis l’Italien Jannik Sinner, il y a un an, en mars 2024 pendant le tournoi ATP 1000 d’Indian Wells, est testé positif à deux reprises au clostébol, un stéroïde anabolisant.

Il a fallu attendre cinq mois pour que le public soit informé de cette VRAD (violation des règles antidopage). D’autant plus que dans un premier temps, Sinner sera blanchi par un tribunal dit indépendant et, dans un deuxième temps en raison d’un accord entre l’AMA et le joueur, il écopera de trois mois de suspension calés dans une période sans compétition emblématique afin de ne pas rater le tournoi de Rome et les Grands Chelems.

Difficile de comprendre cette mansuétude lorsqu’on sait que la loi italienne impose de faire figurer, sur tous les produits renfermant une substance dopante, un pictogramme indiquant clairement que le médicament peut aboutir à un test positif.

Le spray en cause, Trofodermin®, contenant le clostébol comporte à la fois sur le conditionnement et le flacon le pictogramme Doping cerclé de rouge.

Sur les emballages, le mot doping cerclé et barré de rouge : certains sportifs auraient-ils des problèmes de lecture ou de vue ?

La crème Trofodermin® signale les mêmes informations.

Que le tribunal indépendant du tennis affirme qu’il n’y a eu aucune négligence de Sinner et de son staff, est une contrevérité.

Rappelons que le staff du joueur comporte plusieurs personnes qui, a priori, savent lire un pictogramme :

  • 2 entraîneurs : Darren Cahill et Simone Vagnozzi
  • 1 préparateur physique diplômé en pharmacie : Umberto Ferrara
  • 1 kiné : Giacomo Naldi.

Les deux derniers ont été remerciés après la bavure du spray Trofodermin® anabolisé au clostébol. En plus, il a trois conseils/avocats : Kendrah Potts, Jamie Singer et George Cottle.

Après cette mascarade de tests positifs restés silencieux pendant cinq mois, plusieurs joueurs ont manifesté leur opposition à la gestion du cas Sinner. Par exemple, le Suisse Stan Wawrinka, lauréat de trois Grands Chelems, explique sur X : « qu’il ne pensait plus que le tennis était un sport propre ». L’ancien n° 1 mondial de 1999, le Russe Yevgeny Kafelnikov, s’interrogeait sur l’accord de 3 mois de suspension proposé par l’AMA et accepté par le clan Sinner : « Si vous êtes sûr à 100% de votre innocence, pourquoi accepter une suspension de trois mois ? Cela n’a aucun sens. »

De même, sa compatriote Daria Kasatkina, professionnelle depuis 2014, qui a remporté huit titres en simple et un en double dames sur le circuit WTA, exprime ses forts doutes sur l’entourage des joueurs italiens : « Je ne comprends pas pourquoi en Italie ils continuent à se faire contrôler avec la même substance. Se faire attraper de cette manière c’est vraiment stupide. »

Un pictogramme très visible sauf… pour certains sportifs !

D’autant que le pictogramme doping en rouge est présent sur les conditionnements du spray et de la crème Trofodermin® au moins depuis 2016.

De plus, en Italie, les cas positifs se succèdent sans temps morts tout en étant fortement médiatisés depuis 1998. Des footeux, des athlètes, des tennismen, des basketteurs… alimentent régulièrement la chronique du dopage avec Trofodermin® crème et spray.

Pour confirmer l’épidémie au clostébol, le journal Honest Sport spécialisé dans les affaires de dopage a révélé récemment que trente-huit sportifs italiens ont été testés positifs au clostébol entre 2019 et 2023. Selon l’AMA, la moitié des cas détectés l’ont été en Italie (Trofodermin® est surtout commercialisé en Italie, au Brésil et sur Internet). Cela paraît invraisemblable avec la présence du pictogramme doping en rouge sur les emballages italiens.

‘’Prendre’’ 3 mois au lieu de 4 ans = tout bénef avec Trofodermin®

La question se pose : est-ce que Trofodermin® spray et crème ne permet pas aux dopeurs de profiter du clostébol, stéroïde anabolisant, avec des taux urinaires présents à l’état de traces (moins d’un nanogramme/mL, soit l’équivalent d’un milliardième de gramme par mL) pour pouvoir invoquer la contamination à l’insu et ne récolter qu’une sanction dérisoire au lieu des quatre ans de suspension, le tarif habituel d’un test positif au clostébol ?

Etrange absence dans le dossier Sinner : pas d’examen capillaire

A l’encontre de Sinner, on peut également s’interroger sans faire preuve de suspicion exagérée, dans son dossier de défense, de l’absence d’analyses des cheveux alors que les affaires de dopage par contamination accidentelle (viande, rapports sexuels, baisers appuyés, contacts cutanés…) se multiplient avec souvent l’intervention déterminante d’un examen capillaire. Celui-ci permettant, notamment avec les stéroïdes anabolisants, de distinguer un usage accidentel d’une cure de stéroïdes dans un but de performance. Etrange absence !

Mêmes circonstances de contamination : 3 mois de suspension pour le n° 1 mondial… mais 4 ans pour le 760e !

Toujours à charge sur la gestion calamiteuse par l’antidopage du tennis du cas Jannik Sinner qui n’a pris que trois mois alors que Steffano Battaglino, son compatriote 760e mondial, en juillet 2022 a été condamné à 4 ans pour un test positif au clostébol contracté dans les mêmes conditions que le n° 1 mondial.

Après la disqualification infligée par l’International Tennis Integrity Agency (ITIA) en octobre 2023, Battaglino a soutenu que la contamination était due à un massage effectué par le physiothérapeute présent à un tournoi au Maroc en 2022. Le TAS a confirmé la suspension de 4 ans. Sinner-Battaglino : deux poids, deux mesures. Depuis, Battaglino a arrêté le tennis de compétition et dorénavant travaille dans l’entreprise familiale.

Rappelons que pour le clostébol, il n’y a pas de seuil et c’est la présence dans les urines, même à 1 ng/mL qui signe la violation des règles antidopage (VRAD).

Aucune étude effectuée par l’AMA qui peut donc sanctionner à son gré

Y-a-t-il une étude effectuée par l’AMA ou ses collaborateurs pour corréler les taux urinaires et les quantités de clostébol appliquées sur la peau ? La réponse est simple : NON !

L’Agence fait des recherches sur les détections urinaires des substances, jamais sur l’efficacité des produits. Finalement c’est bien l’AMA le maillon faible de la lutte antidopage.

Tennis – Novak Djokovic, malgré une lésion méniscale opérée récemment, pourrait performer aux Jeux de Paris

Par défaut

et ce grâce à l’arthroscopie, une technique chirurgicale miniaturisée qui, depuis 1978, a révolutionné le traitement de cette affection

Victime le 3 juin d’une lésion du ménisque interne (médial) droit dite en anse de seau lors de son huitième de finale gagnant en cinq sets face à l’Argentin Francisco Cerundolo, Novak, pour avoir une chance de conquérir une médaille aux JO de Paris, a décidé deux jours plus tard de passer par la case opération.

Contrairement à ce qu’annonce sans nuance une certaine presse : « Novak Djokovic peut oublier les JO s’il se fait opérer », alors qu’en réalité ses chances de jouer à Roland-Garros le tournoi olympique du 27 juillet au 4 août sont bien réelles.

Avantages dus à deux petites ouvertures de 5 mm de diamètre et à la miniaturisation du matériel optique et chirurgical

Depuis la fin des années 1970, l’arthroscopie – méthode chirurgicale peu invasive – a révolutionné la durée d’immobilisation. Cette technique a permis de transformer complètement les suites : les opérés reprennent beaucoup plus rapidement la marche et leur activité – professionnel et sportive – et la présence à l’hôpital est de courte durée, une journée maximum. L’arthroscopie, principal artisan de ce changement, permet dans le même temps, grâce à la miniaturisation des instruments et en particulier d’un tube optique, de regarder directement à l’intérieur du genou, de faire l’inventaire des anomalies et de retirer tout élément gênant notamment d’origine méniscale en pratiquant seulement deux mini-ouvertures de la taille d’une très petite boutonnière. Avantage considérable par rapport à la technique classique ou arthrotomie qui en raison d’une incision beaucoup plus importante de 5 à 6 cm, voire plus. et d’une hospitalisation de plusieurs jours, provoquait une fonte musculaire considérable nécessitant une longue rééducation. L’arthroscopie réalisée par des mains expertes n’impose, quant à elle, qu’un bref séjour en clinique avec dans la plupart des cas, une reprise d’activité sportive ultrarapide d’autant plus que la lésion est récente.

En revanche, si l’on ne se fait opérer qu’après plusieurs mois de tergiversations, la musculature a le temps de s’affaiblir, la synchronisation des circuits articulaires et musculotendineux de se ‘’dérégler’’ et le retour sur la scène sportive sera en conséquence beaucoup plus long.

L’arthroscopie autorise des retours ultrarapides au plus haut niveau sportif, entre 15 jours et 3 semaines. Exemples.

Plusieurs cas emblématiques d’athlètes de haut niveau notamment dans le ski démontrent parfaitement l’intérêt d’un diagnostic précoce et d’une arthroscopie chirurgicale immédiate. Ce fut le cas du skieur suisse Pirmin Zurbriggen remportant la descente des championnats du monde 1985 à Bormio (Italie), vingt-deux jours après une opération du ménisque par arthroscopie. Sa compatriote Erika Hess, à l’époque la meilleure spécialiste de slalom dans l’histoire de la Coupe du monde, avait subi le même traitement en décembre 1982 avec un retour sur les planches en moins de 15 jours, leurs genoux étant particulièrement protégés par des haubans musculaires hyperpuissants, les skieurs semblent avantagés pour que l’interruption soit la plus courte possible.

Il faut reconnaître cependant que tous les athlètes de niveau international retrouvent le stade ou le gymnase avec un minimum d’interruption d’autant qu’une rééducation spécifique peut être entreprise sans dommages quelques heures après l’intervention.

L’exemple de la marathonienne américaine Joan Benoit doit motiver Djoko. L’ancienne recordwoman du monde des 42,195 km, opérée du ménisque par arthroscopie le 25 avril 1984, remporta le marathon sélectif pour les Jeux olympiques le 12 mai à Olympia dans l’état de Washington, soit 17 jours après le geste chirurgical. Dans la foulée, le 05 août, Mme Benoit était devenue la première femme championne olympique du marathon.

Arthroscopie – Des suites opératoires accélérées

  • Anesthésie : environ une demi-heure d’anesthésie soit générale (endormi complètement) ou locorégionale (uniquement le membre inférieur). Pour Djoko, l’intervention n’a duré que 15 minutes.
  • Ambulatoire : on entre le matin en clinique et on sort le même jour en fin d’après-midi
  • Ouverture : deux mini-ouvertures de la taille d’une petite boutonnière (quelques millimètres) sur la face antérieure du genou (invisibles au bout de 6 mois). L’arthrotomie classique pouvait laisser une cicatrice de 5 à 10 cm, voire plus.
  • Marche : immédiate
  • Retour sportif : après quelques jours de repos, l’activité physique de réathlétisation peut être débutée sous contrôle d’un spécialiste. Plus le problème méniscal est ancien, plus il faut du temps pour récupérer un genou compétition. Dans le cas de Djokovic, en se faisant opérer 48 heures après la lésion, la récupération sera ultrarapide.
  • Ménisque externe : sa lésion entraîne des suites de récupération plus longues.

Arthrotomie : opération avec ouverture de plusieurs centimètres

Cas emblématique du passé : Just Fontaine, footballeur international de 1953 à 1960 (21 sélections), meilleur buteur de la Coupe du monde 1958 et recordman des retours rapides après arthrotomie du ménisque interne : « Just Fontaine, qui est sans doute pour l’époque, le recordman des retours rapides sur le terrain puisqu’il reprit son activité quarante jours seulement après avoir été opéré du ménisque interne du genou droit le 03 décembre 1957 (reprise le 12 février 1958 en Coupe de France) et fut la même année le meilleur buteur de la Coupe du monde en Suède. » [Le Miroir des Sports, 1958, n° 722, 29 décembre, p 19]