


Victime le 3 juin d’une lésion du ménisque interne (médial) droit dite en anse de seau lors de son huitième de finale gagnant en cinq sets face à l’Argentin Francisco Cerundolo, Novak, pour avoir une chance de conquérir une médaille aux JO de Paris, a décidé deux jours plus tard de passer par la case opération.
Contrairement à ce qu’annonce sans nuance une certaine presse : « Novak Djokovic peut oublier les JO s’il se fait opérer », alors qu’en réalité ses chances de jouer à Roland-Garros le tournoi olympique du 27 juillet au 4 août sont bien réelles.
Avantages dus à deux petites ouvertures de 5 mm de diamètre et à la miniaturisation du matériel optique et chirurgical
Depuis la fin des années 1970, l’arthroscopie – méthode chirurgicale peu invasive – a révolutionné la durée d’immobilisation. Cette technique a permis de transformer complètement les suites : les opérés reprennent beaucoup plus rapidement la marche et leur activité – professionnel et sportive – et la présence à l’hôpital est de courte durée, une journée maximum. L’arthroscopie, principal artisan de ce changement, permet dans le même temps, grâce à la miniaturisation des instruments et en particulier d’un tube optique, de regarder directement à l’intérieur du genou, de faire l’inventaire des anomalies et de retirer tout élément gênant notamment d’origine méniscale en pratiquant seulement deux mini-ouvertures de la taille d’une très petite boutonnière. Avantage considérable par rapport à la technique classique ou arthrotomie qui en raison d’une incision beaucoup plus importante de 5 à 6 cm, voire plus. et d’une hospitalisation de plusieurs jours, provoquait une fonte musculaire considérable nécessitant une longue rééducation. L’arthroscopie réalisée par des mains expertes n’impose, quant à elle, qu’un bref séjour en clinique avec dans la plupart des cas, une reprise d’activité sportive ultrarapide d’autant plus que la lésion est récente.
En revanche, si l’on ne se fait opérer qu’après plusieurs mois de tergiversations, la musculature a le temps de s’affaiblir, la synchronisation des circuits articulaires et musculotendineux de se ‘’dérégler’’ et le retour sur la scène sportive sera en conséquence beaucoup plus long.
Plusieurs cas emblématiques d’athlètes de haut niveau notamment dans le ski démontrent parfaitement l’intérêt d’un diagnostic précoce et d’une arthroscopie chirurgicale immédiate. Ce fut le cas du skieur suisse Pirmin Zurbriggen remportant la descente des championnats du monde 1985 à Bormio (Italie), vingt-deux jours après une opération du ménisque par arthroscopie. Sa compatriote Erika Hess, à l’époque la meilleure spécialiste de slalom dans l’histoire de la Coupe du monde, avait subi le même traitement en décembre 1982 avec un retour sur les planches en moins de 15 jours, leurs genoux étant particulièrement protégés par des haubans musculaires hyperpuissants, les skieurs semblent avantagés pour que l’interruption soit la plus courte possible.
Il faut reconnaître cependant que tous les athlètes de niveau international retrouvent le stade ou le gymnase avec un minimum d’interruption d’autant qu’une rééducation spécifique peut être entreprise sans dommages quelques heures après l’intervention.
L’exemple de la marathonienne américaine Joan Benoit doit motiver Djoko. L’ancienne recordwoman du monde des 42,195 km, opérée du ménisque par arthroscopie le 25 avril 1984, remporta le marathon sélectif pour les Jeux olympiques le 12 mai à Olympia dans l’état de Washington, soit 17 jours après le geste chirurgical. Dans la foulée, le 05 août, Mme Benoit était devenue la première femme championne olympique du marathon.
Arthroscopie – Des suites opératoires accélérées
Arthrotomie : opération avec ouverture de plusieurs centimètres
Cas emblématique du passé : Just Fontaine, footballeur international de 1953 à 1960 (21 sélections), meilleur buteur de la Coupe du monde 1958 et recordman des retours rapides après arthrotomie du ménisque interne : « Just Fontaine, qui est sans doute pour l’époque, le recordman des retours rapides sur le terrain puisqu’il reprit son activité quarante jours seulement après avoir été opéré du ménisque interne du genou droit le 03 décembre 1957 (reprise le 12 février 1958 en Coupe de France) et fut la même année le meilleur buteur de la Coupe du monde en Suède. » [Le Miroir des Sports, 1958, n° 722, 29 décembre, p 19]
DOCUMENT : On le sait depuis… 40 ans !

Le public, en raison de facteurs plus ou moins constants tels qu’agapes, chaleur, position assise prolongée, peut se retrouver hors-jeu en assistant à une rencontre de tennis, notamment lorsque le soleil tape et que la partie se conclue au 5e set.
Explications du Dr Jean-Pierre de Mondenard
De temps en temps, au cours des rencontres de tennis de la quinzaine de Roland-Garros, les caméras de la TV s’immobilisent dans les gradins pour nous montrer des gens qui s’agitent autour d’une personne affaissée sur son siège ou allongée à même le sol. L’arbitre, agacé par ce brouhaha dont il ignore la plupart du temps l’origine et en raison de ses répercussions inévitables sur la concentration des joueurs, demande énergiquement le silence. Quelques instants plus tard, des infirmiers évacuent au pas de charge sur un brancard la personne défaillante, victime d’un évanouissement. Les rediffusions de cette séquence-type augmentent généralement avec le nombre de spectateurs, l’ardeur du soleil, la durée des matches, l’intensité de la lutte et l’importance de l’enjeu ! De nombreuses personnes passionnées par les joutes des internationaux de France s’interrogent : « Docteur, pourquoi cette perte de connaissance ? Quelles en sont les causes. Comment l’éviter ? »
Où est la panne ?
La conscience qui caractérise l’état de veille normal et les facultés qu’elle commande (penser, se tenir debout, agir etc.) dépendant du bon fonctionnement du système nerveux et, par conséquent, d’une circulation cérébrale efficace. Si, pour une raison quelconque, celle-ci diminue au-delà d’une certaine limite (laquelle est assez restreinte), le cerveau réagit en réduisant d’abord son activité, puis en arrêtant toutes les fonctions vitales. On observe la réalisation la plus évidente de ce processus dans la syncope. Cette dernière, marquée par un évanouissement, consiste en une perte de conscience temporaire, qui survient brusquement ; elle est provoquée par une insuffisance en oxygène qui correspond le plus souvent à une diminution de la circulation sanguine dans le cerveau. La lipothymie (du grec Leipo, je perds et thumos conscience), obéit au même mécanisme mais se caractérise par un simple obscurcissement de la conscience : c’est le premier degré de la syncope qui porte également le nom d’évanouissement.
Symptômes
Il peut être utile de connaître les symptômes annonçant un évanouissement car il suffit parfois seulement d’écarter les genoux et placer sa tête entre eux de façon que le sang afflue librement au cerveau pour éviter de s’affaisser sur le sol avec les risques de traumatisme que cela comporte. Le sujet éprouve d’abord un malaise diffus et indéfinissable qui l’empêche de prendre conscience de ce qui se passe autour de lui ; il commence à avoir des ‘’sueurs froides’’ et parfois une sensation de nausée mais qui va rarement jusqu’aux vomissements. Simultanément, il ressent une fatigue intense, tandis que son visage pâlit de plus en plus et que ses pupilles se dilatent. La tête commence à tourner ; il a des bourdonnements d’oreille et sa vue se trouble. A ce point, la situation se précipite, il voit « noir » et perd contact avec le milieu qui l’entoure ; les bruits lui semblent lointains et irréels ; finalement, tout disparaît et il tombe à terre. Ce phénomène, en dehors d’une cause organique (infarctus du myocarde[1], embolie cérébrale, épilepsie) est le plus souvent due à un déséquilibre circulatoire privilégiant le stockage du sang à la périphérie, c’est-à-dire dans les jambes ou sous la peau au détriment du cerveau [2]. Certains facteurs favorisent sa survenue :
La digestion : pour assimiler un repas, l’estomac et surtout l’intestin ont besoin d’une quantité supplémentaire de sang. C’est un mécanisme physiologique naturel et cette digestion dure 2 h 30 à 3 heures pour un repas moyen. Si pendant cette période on s’expose au soleil, le sang se trouve en partie dirigé vers la peau afin d’évacuer le surplus de chaleur. Or, la quantité de sang de notre organisme n’est pas variable (entre 5 et 7 litres suivant le poids et la taille du sujet). Dans cette situation particulière de digestion au soleil, le cerveau se trouve alors en manque de sang et manifeste son désaccord par une perte de conscience.
La chaleur surtout humide et son corollaire, la déshydratation : lorsque le mercure grimpe, le sang se déplace sous la peau et la sueur s’écoule en abondance. En position assise, selon les sujets, leur état d’acclimatation plus ou moins grand vis-à-vis de la chaleur et l’humidité de l’air, la quantité maximale produite varie en moyenne de 600 à 800 millilitres par heure. Cette fuite d’eau fait baisser le volume de liquide disponible pour le cerveau.
L’alcool : l’absorption de boissons alcoolisées (bière, vin etc.) favorisant la dilatation des vaisseaux sous-cutanés, réalise, comme la digestion et la chaleur, un « vol » sanguin au détriment e la commande cérébrale.

Varices : lors d’une exposition immobile aux rayons du Dieu Râ, la dilatation veineuse des jambes augmente, a fortiori si on a des varices, et détermine une accumulation importante de sang vers les membres inférieurs. Cela entraîne par voie de conséquence une réduction de l’apport veineux au cœur, une diminution du débit cardiaque avec chute de la pression artérielle et un ralentissement de l’afflux sanguin dans le cerveau.
Un choc émotionnel : l’écrasement ou à l’inverse la victoire de son favori – Cette situation déclenche un brutal ralentissement cardiaque par une excitation excessive du système nerveux dit parasympathique dont le rôle est de faire baisser le rythme cardiaque.
Des vêtements trop serrés : (corset, guêpière, ceinture). Cette dernière cause est celle qui expliquait à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, lors des premiers tournois de Wimbledon et de Forest Hills, la grande fréquence des évanouissements féminins, favorisés par le port de guêpières et de corsets étroitement lacés. C’est d’ailleurs pourquoi les femmes du peuple, qui ne portaient pas de tels sous-vêtements, étaient rarement exposées à ce type d’évanouissement.
Certains médicaments sont susceptibles de perturber la régulation de la tension artérielle. Par exemple, un étourdissement peut se manifester lorsque, pour applaudir un point exceptionnel, on passe brutalement de la position assise à la position debout. En effet, certains médicaments (antidépresseurs, diurétiques etc.) peuvent entraver (dans le changement soudain de position pris comme exemple), les mécanismes de régulation de la tension artérielle, qui en temps normal provoquent instantanément une constriction des veines afin de faciliter le retour du sang vers le cœur et le cerveau.
Comment l’éviter
Que faire quand on se sent défaillir ?
Comment, en attendant le médecin, se rendre utile à une personne évanouie?
[1] Une étude suédoise a recensé 50 décès de sujets plus ou moins cardiaques qui suivaient à la télévision la finale de Wimbledon. Il ressort de cette enquête que si l’on est tout à la fois cardiaque et passionné de tennis, il faut à contrecœur regarder les matchs en différé.
[2] Autres causes : hypoglycémie, insolation, coup de chaleur
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
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Dr J.P. de Mondenard - Tennis médecine sportive - éd. Amphora, 1987














