Tour de France – L’Equipe et les blessures – On constate que les journalistes du quotidien sportif ne maîtrisent pas le sujet

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[publié le 22 mars 2017]

Le 21 mars, L’Equipe publie une page sur « la nouvelle vie d’Andy Schleck », lauréat du Tour 2010 sur tapis vert pour un contrôle positif de l’Espagnol Alberto Contador ayant entraîné le déclassement de ce dernier.

Il est rare de péter les deux

Dans le texte consacré au cadet des frères Schleck, le journaliste auteur de l’article, explique les raisons de l’arrêt de la carrière du Luxembourgeois : « Il s’est retiré prématurément du peloton, à vingt-neuf ans seulement, à cause d’une blessure de footballeur (rupture des ligaments croisés) d’un genou. »

Déjà l’auteur de ces lignes ignore qu’il est rare que dans un accident sportif (foot, chute à vélo, etc.), on se rompt les deux croisés en même temps. C’est même exceptionnel. D’autre part, dans les suites de rupture du LCAE, le croisé antérieur le plus souvent touché, on propose le vélo comme rééducation. Lors du Tour de France 2014, le 07 juillet à l’occasion de la 3e étape Cambridge-Londres, Andy a chuté, se rompant un croisé probablement, l’antérieur. Pour que sa carrière soit définitivement stoppée, il fallait qu’en plus l’articulation fémoro-patellaire soit touchée. Effectivement, la jointure rotulienne (avec le fémur) étant l’articulation du pédalage c’est surtout lorsqu’elle est abîmée qu’elle devient le talon d’Achille du géant de la route. De nombreux cyclistes ont mis un point final à leur parcours sur deux roues pour une patella en mauvais état.

Ajoutons que plusieurs footballeurs ont continué leur carrière internationale malgré un ligament croisé rompu non opéré.

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L’Equipe, 21 mars 2017

POST-IT

AFFECTIONS DU GENOU QUI STOPPENT LA CARRIERE D’UN CYCLISTE DE COMPETITION

–       Fracture de la rotule

–       Syndrome rotulien

–       Chondropathie rotulienne

Le cartilage avait lui aussi morflé

 Afin d’avoir une réponse cohérente sur le véritable responsable de cet arrêt définitif du lauréat du Tour 2010, j’ai consulté la presse du 10 juillet 2014 qui relate le détail des blessures du cadet des Schleck victime d’une chute due à un spectateur mal placé, provoquant une vague en tête du peloton. Une IRM a révélé une rupture partielle des ligaments croisés ainsi que des collatéraux (dits aussi latéraux), une lésion du ménisque du genou droit (NDLA : lequel ? Il y en a deux : interne ou externe ?). « En plus de cela, selon le médecin de l’équipe Trek, le docteur Andreas Gösele, le cartilage derrière le genou a été endommagé ».

Il est donc plus que probable que l’arrêt de la carrière d’Andy soit en relation directe avec cette atteinte du cartilage.

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L’Equipe, 10 juillet 2014

Attention à la faute d’impression

 Chers lecteurs, il faut toujours avoir en mémoire la punchline de Mark Twain, le célèbre romancier et journaliste américain, auteur de Tom Sawyer qui avait bien repéré le maillon faible de l’information : « Faites attention quand vous lirez des livres (NDLR : ou des journaux) sur la santé. Vous pourriez mourir d’une faute d’impression. »

Une image pour comprendre

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RUGBY – La casse toujours en première ligne des bilans. Les dirigeants changent, le problème demeure en l’état au moins depuis… 1912 ! Comment changer de braquet ?

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[publié le 27 décembre 2016]

Cela fait donc plus d’un siècle que les ‘’gros pardessus’’ ne font rien d’efficace. Un grand coup de balai s’impose.

 En début d’année 2016, c’est Mourad Boudjellal – le patron du RC Toulon – qui déplore l’épidémie de pépins physiques concernant ses joueurs.

 Le nombre de blessures est démentiel

« Quand on voit le nombre de blessés c’est démentiel. La coupe du monde nous aura coûté très cher car on a  perdu quatre joueurs clés à cause de cette compétition (outre Paul O’Connell, Leigh Halfpenny, Matt Giteau et Frédéric Michalak). Je me demande même s’il ne va pas falloir lâcher une compétition (Top 14 ou coupe d’Europe). Si cela continue comme ça, on sera effectivement contraint de le faire. Aujourd’hui, avec l’effectif qu’il nous reste, on ne peut plus prendre le risque, sachant que l’on aura le plus de chance d’être au complet en mai seulement. »

Cette ‘’sortie’’ du président toulonnais a été publiée dans La Provence du 9 février dernier. Plus récemment, L’Equipe s’inquiète des commotions cérébrales en hausse et donne la parole à des experts en neurologie qui critiquent la fiabilité du protocole institué par World Rugby et les délais de repos insuffisants après un traumatisme crânien avec commotion cérébrale.

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                                                               L’Equipe, 26 décembre 2016

Rappelons que comme pour le dopage rien d’efficace ne sera fait tant que ce sont les instances sportives – ici celles du rugby – qui devront mettre en place les bonnes mesures et les faire appliquer.

Des conflits d’intérêt omniprésents

 C’est toujours pareil quand il y a conflit d’intérêt, on assiste au surplace des instances. Déjà en 1912, l’hebdomadaire La Vie au Grand Air s’insurgeait contre les dégâts traumatiques du rugby. C’était il y plus d’un siècle. On constate ainsi que le milieu du rugby est incapable de gérer les dérives inhérentes à la compétition.

Le nombre de blessures est en hausse sur tous les terrains. Refrain connu depuis… 1912 !

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  Indépendants du pouvoir fédéral

 Comme pour tout ce qui concerne le sport, quel que soit le niveau, c’est seulement la mise en place d’organismes totalement indépendants du pouvoir fédéral qui fera changer les comportements. On attend depuis des lustres que le dopage, la triche, la violence, le suivi médical, la casse, l’arbitrage soient sous la coupe de commissions affranchies des instances.

A chaque nouvelle élection à la tête du rugby, on nous annonce : « Vous allez voir comme cela va changer » et au final c’est toujours la même chose.

L’Equipe et les blessures, c’est pas gagné !

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Les analphabètes du corps qui sévissent à L’Equipe sont omniprésents dans les sports co pour exprimer leurs carences sur les blessures.

L'EQUIPELe talonneur Jean-Charles Orioli,

ORIOLI

lors du match Toulon-Pau du 27 août, tente un shoot de footballeur, manque le ballon et se blesse. Le journaliste de L’Equipe en conclusion de son articulet nous informe : « Il va passer une IRM à Toulon pour savoir s’il s’agit d’une contracture ou d’une déchirure ».

 

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L’Equipe, 29 août 2016

 

Pourtant, il n’y a pas photo : dans un tel geste de tir dans le vide, le muscle est étiré au-delà de sa longueur et se déchire (voir résultats de l’IRM : 15 cm de déchirure).

 

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L’Equipe, 05 septembre 2016

 

En revanche, une contracture se voit surtout à la fatigue (fin de partie, répétitions de matchs, ambiances thermiques défavorables, chaussures neuves…) et se caractérise par une détérioration neuromusculaire (le muscle reste contracté) plutôt qu’une détérioration anatomique des fibres musculaires.

Visiblement, les journalistes de L’Équipe n’ont jamais été éduqués sur le fonctionnement du corps à l’effort ainsi que sur les pannes de moteur et autres blessures.

Ces carences répétées (j’en ai déjà signalé de nombreuses) doivent pousser la direction du journal à faire un effort sur l’éducation de ses collaborateurs. Si rien ne change c’est qu’à L’Equipe on se fiche royalement du lecteur !

Sport de compétition – Face à une blessure, l’éthique médicale est régulièrement bafouée par les staffs médico-techniques et les responsables fédéraux

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ABALO

L’Equipe, 30.08.2016

 

Une fois de plus un sportif handicapé par un problème de santé, joue malgré une blessure et se retrouve à l’arrêt plusieurs semaines.

Sans grand espoir de changer le comportement du milieu sportif, nous rappelons que le corps est le partenaire privilégié de l’athlète et n’a qu’une façon de manifester son désaccord : la douleur. Occulter celle-ci, c’est mépriser ‘’le cri’’ de la charpente musculo-tendineuse et par ricochet ses partenaires et ses adversaires.

Ce n’est pas du courage c’est de la bêtise !

Et on nous parle à longueur de discours, débités par les responsables sportifs (ministère, fédérations, clubs, etc.), des valeurs du sport…

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Luc Abalo

 

 

L’Equipe traite les blessures par-dessus la jambe

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Les connaissances des journalistes du quotidien sportif sont, sur tout ce qui concerne la traumatologie et la physiologie des footballeurs et autres compétiteurs, du niveau du « Café des Sports ». Exemples.

BAR DES SPORTS (3)

« Mathieu s’en va aussi » – L’Equipe du 29.05

JEREMY MATHIEU Jérémy Mathieu

« Le Barcelonais n’avait pas ménagé ses efforts pour disputer sa première compétition internationale, le grand objectif de sa fin de carrière : blessé au genou face à la Russie (4-2), le 29 mars dernier, il avait préféré se faire retirer entièrement le ménisque plutôt que de suturer pour intégrer les 23. Quitte à boiter à soixante-dix ans. »

Le mot entièrement est de trop puisque depuis 40 ans, on ne retire plus un ménisque dans sa totalité. L’un des derniers footballeurs à avoir subi une méniscectomie totale est Michel Platini en avril 1977 (ménisque interne gauche).

A partir des années 1980, les spécialistes ont compris que pour préserver au maximum le devenir de l’articulation du genou (arthrose), il fallait pratiquer « une méniscectomie la plus partielle possible ». Depuis une quinzaine d’années, on suture les lésions méniscales localisées chez un sujet jeune. Dans le cas de Jérémy Mathieu, il a subi une ablation partielle de la zone abimée (mobile) mais comme d’habitude il n’est pas précisé par le rédacteur si c’est le ménisque interne ou externe..

MENISQUES

Les ménisques interne et externe du genou

« Tsonga les pleurs du mal » – L’Equipe du 29.05

 TSONGA Jo Wilfried Tsonga

« Contraint à l’abandon après s’être à nouveau blessé à l’adducteur droit J.W Tsonga a quitté Roland-Garros… »

Les muscles adducteurs de la cuisse sont au nombre de quatre : le grand adducteur, le moyen (ou long) adducteur, le petit adducteur et le muscle pectiné. On sait exactement par échographie ou IRM l’adducteur touché et on précise alors lequel. Si on ne le connaît pas, on écrit blessé aux adducteurs droit ou gauche suivant le côté. Mais en aucun cas, on écrit ‘’blessé à l’adducteur droit’’. Dans un compte rendu médical, on ne trouvera jamais une telle expression. Pour sortir de l’impasse, il faut vraiment qu’un professionnel de la traumatologie sportive briefe l’ensemble de la rédaction de L’Equipe. Si rien ne bouge, cela prouve que l’information au lecteur n’est pas la priorité du quotidien sportif.

ADDUCTEURS

Les 4 muscles adducteurs de la cuisse

L’Equipe –  »L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie »

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Un journaliste sportif a pour mission numéro un de commenter et d’expliquer aux lecteurs les performances du corps. Or, la lecture de L’Equipe montre qu’il est anormalement carencé sur la question. Prenons trois types de blessures fréquentes dans les sports d’équipe, d’autant qu’avec l’Euro de foot elles vont faire l’actualité : les ligaments croisés et les ménisques des genoux ainsi que la confusion entre contracture et lésion musculaire.

Les croisés – Il y en deux par genou : un antérieur (LCAE), un postérieur (LCP)

Pour se rompre les deux croisés en même temps, il faut percuter un camion ! Difficile à imaginer sur un terrain de foot. Le croisé antérieur est 10 fois plus touché que le postérieur. De la même manière, il est exceptionnel que l’on se fracture les deux jambes d’un coup sur un tacle ! Donc, pour cette lésion, on doit écrire : un tel s’est blessé au ligament croisé antérieur (LCAE) du genou droit ou gauche mais on n’écrit pas que le footballeur ’’X’’ s’est rompu les croisés du genou.

Les ménisques – Là aussi, ils sont deux par genou : un externe (latéral) et un interne. L’interne est plus souvent touché (81%) que l’externe (19%).

POIROTL’Equipe, 04.05.2016

Cela a son importance de préciser quel est le ménisque impliqué car la récupération est beaucoup plus longue pour l’externe. Christophe Dugarry et Bernard Lama peuvent confirmer que la lésion du ménisque externe peut demander plusieurs mois avant de pouvoir retrouver les pelouses.

Amalgame entre contracture et lésion musculaire.

Contracture : détérioration de la commande neuromusculaire sans lésion des fibres,

Lésions musculaires (un contingent plus ou moins important de fibres est déchiré) : élongation, claquage, déchirure.

L’Equipe du 15.05.2016 : Dan Carter « juste avant la mi-temps, j’ai ressenti une contracture ». Laurent Labit (entraîneur  du Racing) : « priant que le mollet de son ouvreur n’ait pas saigné »

Ligaments croisés des genoux

L’Equipe, 21.05.2016

P 21 Aurélie Kaci indisponible plusieurs mois « victime d’une rupture du ligament croisé d’un genou » (il y a deux ligaments croisés par genou. Il faut préciser lequel)

L’Equipe, 30.03.2016, p 31 – « après une rupture des ligaments croisés » Quel genou ? Quel ligament ?)

L’Equipe, 07.04.2016 – « Les croisés pour Mory Koné » Quel genou ? Quel ligament ?

LES CROISES L’Equipe, 07.04.2016

Ménisques

L’Equipe, 03.05.2016 – « Lésion au niveau de son ménisque du genou droit »Quel ménisque : interne ou externe ?

L’Equipe, 04.05.2016« Jefferson Poirot opéré du ménisque gauche » – Lequel : interne ou externe ?

L’Equipe, 07.05.2016« Trémoulinas met un terme à sa saison après avoir été victime du ménisque externe du genou gauche » Pour une fois c’est correct !

L’Equipe, 08.05.2016« Jérémy Mathieu blessé au ménisque gauche » Lequel : interne ou externe ?

L’Equipe, 09.05.2016« Opération du genou droit » mais la veille L’Equipe écrit le gauche.

L’Equipe, 23.05.2016 – « L’ancien bordelais s’est blessé au ménisque gauche » Lequel : interne ou externe ?

BOUFAL L’Equipe, 03.05.2016

Ces différents exemples – et encore ce ne sont qu’un faible échantillon – tirés du journal L’Equipe, montrent que cette publication n’est pas relue par un sachant alors qu’elle se targue d’apprendre à ses lecteurs l’anatomie du corps humain.

ECORCHE Illustration parue dans L’Equipe du 24 février 2016 

On constate que celui qui a légendé l’écorché n’a pas étudié l’anatomie même élémentaire. Il écrit ischio-jambiers au pluriel. Effectivement il y a plusieurs muscles ischio-jambiers. Pour la même raison, il doit écrire adducteurs avec un S (4 adducteurs par cuisse) ainsi que ménisques (2 par genou), ligaments croisés (2 par genou), malléoles (2 par cheville), ligaments externes de la cheville (3 par cheville). Lorsqu’on signale une blessure sur un membre, il faut préciser le ménisque en cause (interne ou externe), le ligament croisé touché (antérieur ou postérieur), et. Les suites opératoires ne sont pas les mêmes suivant l’élément lésé.

 Aujourd’hui, L’Equipe et la presse pour une grande part sont plus dans le créneau de la désinformation que dans celui de l’info.