Tour de France ton histoire – Hommage aux 33 Géants de la Grande Boucle disparus en 2024

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Ils étaient 36 en 2022 et 28 en 2023. Les 33 Tour de France décédés en 2024 avaient atteint une longévité moyenne de 82 ans 5 mois.

MISE A JOUR : par rapport à la version publiée le 4 janvier 2025, l’Anglais John Clarey, décédé en décembre 2024 mais seulement révélé fin janvier, s’est ajouté à la liste

Afin d’honorer la mémoire de ces cyclistes qui ont versé des litres et des litres de sueur sur l’asphalte pendant leur participation à la Grande Randonnée de juillet et qui, en 2024, ont rejoint d’autres parcours invisibles, nous proposons de rappeler pour chacun des 32 disparus quelques repères qui aideront à les  garder dans nos mémoires. Ils ont su nous captiver par leurs performances sur les routes du Tour.

Certains tels Raphaël Geminiani (12), Rolf Wolfshohl (9), Lily Bergaud (7) ou Rik Van Looy (7), ont plusieurs Boucles au compteur alors que d’autres n’ont participé qu’à une seule édition. Pour ces derniers, prendre le départ d’une unique Randonnée de Juillet est déjà un titre de gloire qui les a marqués à vie.

POINT DE VUE

C’est l’organisateur du Tour de France qui devrait, chaque année, honorer ses serviteurs que sont les coureurs ayant participé à la Grande Boucle, en rappelant lors de la présentation du Tour, la totalité de ceux qui nous ont quittés et non deux ou trois maillots jaunes emblématiques ainsi que ceux qui ont pris leur retraite de cycliste professionnel.

Lors de cette manifestation à grand spectacle ce sont surtout les sponsors et la ville du Grand Départ qui sont célébrés. Le Livre de Route du Tour de France remis au départ à tous les concernés par l’épreuve (coureurs, caravane publicitaire, staffs médico-techniques, officiels..) devrait comporter la liste des disparus et des retraités du peloton de l’année écoulée. Pour l’organisateur, la moindre des choses serait de faire un hommage appuyé – qu’ils soient leaders ou équipiers – à ces contributeurs incontournables au service de la gloire du Tour de France.

Tour de France ton histoire – Un ancien vainqueur d’étapes, Emile Idée, s’est éteint le 30 décembre à l’âge de 104 ans 5 mois

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Surnommé Le Roi de Chevreuse pour ses performances dans le final d’épreuves empruntant cette région bosselée d’Ile-de-France – notamment lors de ses cinq succès dans le Critérium National.

Emile Idée n’est pas le plus âgé des cyclistes ayant fréquenté la Grande Boucle, à avoir dépassé 104 ans. Il est devancé de deux mois par le Belge Emile Brichard (décédé à 104 ans 7 mois) qui avait abandonné au cours de la 1re étape du Tour 1926.

           

Le premier Tour de France à dépasser 100 ans a été l’Italien Pietro Righetti en janvier 1999, le 2e le Belge Emile Brichard en décembre 1999, le 3e le Français Marcel Renaud en 2009, le 4e Emile Idée en 2020.

Depuis le premier Tour de France en 1903, seuls quatre coureurs avaient passé la barre mythique des 100 ans.

Aujourd’hui, en moins de 365 jours, trois nouveaux centenaires ont rejoint le ‘‘club‘‘ : les Français Charles Coste et Antonin Rolland ainsi que l’Espagnol Bernardo Ruiz Navarette (le 08 janvier prochain).

Cette tendance ne fait que s’intensifier puisqu’à ce jour nous recensons six Tour de France encore en vie à moins de trois ans des 100 ans.

Cette évolution de la longévité touche toute la société. En 1901, ils étaient 100 centenaires pour 39 millions d’habitants; en 2009, 20 000; en 2024, 31 000 pour 68 millions.

Afin de rendre hommage à Emile Idée, nous avons regroupé quelques data et repères enregistrés tout au long de sa carrière.

Tour de France ton histoire – Anniversaire à souhaiter à Jacques Marinelli qui, ce jour 15 décembre, fête ses 99 ans !

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C’est une performance de haut niveau pour un coureur du Tour de France (3e de l’édition 1949) qui rejoint d’autres Géants du Tour encore en vie : Emile Idée (104 ans), Antonin Rolland (100 ans), Charles Coste (100 ans),Bernard Ruiz Navarette (99 ans), Eugène Telotte (98 ans), Gilbert Bauvin (97 ans).

Jacques Marinelli, cycliste professionnel de 1948 à 1954

Jacques Marinelli a atteint également le haut niveau professionnel.

Après une formation d’ajusteur-outilleur, à sa retraite, il devient vélociste puis ouvre un magasin d’électroménager pour, ensuite, prendre la direction du Castorama de Melun (Seine-et-Marne) et obtenir la magistrature de cette ville et ce jusqu’en 2001.

Le renom d’un coureur cycliste s’étalonne sur le nombre de surnoms. J’en ai comptabilisé 10 : La Perruche (par Albert de Wetter ou Roger Bastide en référence au maillot jaune et la casquette verte, couleur de l’équipe) ; Marinette (ses coéquipiers de l’Ile-de-France dans le Tour 1949) ; Môme Marinette ; La Puce de Blanc-Mesnil ; Vitamine (par José Beyaert) ; Le Coureur de poche ; Le Petit Poucet ; Le Géant Digest ; L’Enfant du Tour ; Le Petit Jacques.

Dopage ton histoire – Années 1950-1960 : plusieurs décès de cyclistes en course vont déclencher la lutte officielle (2e volet)

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La constance dans l’origine de ces morts prématurées est due à l’utilisation de stimulants dans les courses cyclistes mais pas seulement puisque les Quatorze sommets de la planète dépassant 8 000 m et vaincus de 1950 à 1964, l’ont été grâce à l’utilisation de l’Alpha-méthyl-phényléthyl-amine, plus connue sous le nom d’amphétamine.

Définition

Ce sont des substances synthétiques agissant essentiellement comme stimulant du système nerveux central. Elles réveillent l’esprit (c’est pour cela qu’on s’en sert pour lutter contre la somnolence et le sommeil) et provoquent une exaltation des activités motrice et psychique, ce qui a pour effet de faciliter le travail physique et intellectuel. Après l’absorption de ces produits, le sujet se sent euphorique, plus sûr de lui, plus décidé, plus efficace; la fatigue et l’apathie diminuent considérablement, la faim se fait moins sentir. C’est pour cet effet tonique,  » stimulant « , que les dérivés amphétaminiques sont largement utilisés dès la sortie du 2e Conflit mondial par les personnes qui cherchent à accroître leur rendement physique ou intellectuel (certains sportifs, des étudiants en période d’examen, etc.). Deux slogans ont facilité sa diffusion auprès du public:  » donne du nerf aux gens fatigués  » et « deux pilules valent mieux qu’un mois de vacances’’.

Dans un document publié début 1968 par la Revue de médecine du sport intitulé ‘’Combattez le doping’’, rédigé par le Bureau médical du ministère de la Jeunesse et des Sports, il est rappelé que de nombreux accidents ont été publiés dans la littérature médicale ou paramédicale mettant en cause l’utilisation d’amphétamines à l’effort : « Le danger de ces produits réside dans la suppression des signes et symptômes de la fatigue. Des souris traitées aux amphétamines deviennent capables de faire des sauts disproportionnés à leurs possibilités habituelles mais désordonnés. Mais alors que l’animal peut être forcé et atteindre la limite physiologique de l’effort, la dépasser et succomber, l’homme, au cours de l’effort sportif, garde son ‘’libre arbitre de l’effort’’. Ce n’est que lorsqu’il est drogué ou dopé qu’il perd cette liberté de décision. Certes, cette liberté de choix peut être annihilée dans certaines conditions dramatiques de survie ; nous ne sommes plus alors dans le cas de l’effort sportif. »


[1] 1er volet – Les tout débuts des premières expertises antidopage : 1952-1955 en France et en Italie – Blog JPDM publié le 07 décembre 2024

Dopage – Les tout premiers contrôles ont eu lieu en juillet 1952 dans le cyclisme

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Alors que les instances olympiques s’attribuent la paternité des premiers tests et réglementations aux Jeux de Mexico, en 1968

C’est bien sûr une fake news !

Une idée reçue qui a la vie dure colportée par les toutologues et autres ultracrépidariens

En réalité, les pionniers de l’antidopage exerçaient dans le cyclisme au début des années 1950. Témoignages des contemporains.

Le dopage n’est pas seulement stimulé par la compétition entre les hommes mais aussi par l’ignorance de tous ceux qui sont chargés de commenter l’actualité des médocs amplificateurs artificiels de performance. D’où le nombre pléthorique des idées reçues sur les dérives biologiques des ‘’semeurs d’énergie’’, notamment sur les tout premiers contrôles antidopage effectués dans le monde du sport.

Comme souvent dans l’histoire du dopage et de son contrôle, les pionniers sont ignorés, voire remplacés, et leurs actions novatrices reprises pour leur propre compte par des personnages arrogants autant qu’ignares

C’est l’Espagnol Juan Antonio Samaranch, président du CIO de 1980 à 2001, qui va étaler sa pseudo-science d’historien sur le dopage en répétant que : « Le CIO est la première organisation à avoir commencé la lutte en 1968 aux Jeux de Mexico. Il y a eu ensuite, à Séoul en 1988, la suspension par nous-mêmes de l’athlète le plus populaire. Les fédérations internationales et les comités olympiques nationaux ont commencé à lutter contre le dopage à partir de ce moment-là. » [Le Monde, 15.09.2000]

Un commentaire de cette tirade s’impose.

Avant les Jeux de Mexico en octobre 1968, il y a eu la même année les Jeux d’hiver à Grenoble où les premiers contrôles olympiques ont été effectués sous la conduite d’Alexandre de Mérode président de la commission médicale du CIO. Par ailleurs, son autosatisfaction d’avoir épinglé Ben Johnson à Séoul ne manque pas de sel lorsqu’on sait qu’à l’époque du test positif du Canadien le 24 septembre 1988, Samaranch en a voulu  à de Mérode. Le mot est faible puisqu’il ne lui a plus adressé la parole pendant six mois.

Dans un deuxième temps, Samaranch a compris que d’avoir sanctionné la star n° 1 des Jeux de Séoul crédibilisait l’action antidopage du CIO et devenait un argument de promotion de l’action olympique. Comme tous ceux qui atteignent de hautes fonctions, ils deviennent les champions du monde du volte-face.

En réalité, la lutte antidopage a pris corps dans le cyclisme au début des années 1950 à la suite de plusieurs défaillances en course se terminant par un décès. L’Italie et la France, les deux nations les plus impliquées dans les épreuves sur route vont débuter des expertises au départ et à l’arrivée des courses.

C’est à Helsinki, ville organisatrice des JO en 1952 que des tests sont effectués sur les seuls cyclistes tricolores à l’initiative des dirigeants français sans que l’organisme olympique soit partie prenante dans cette investigation innovante.

EN FICHIER JOINT (PDF) : Fake news : la lutte antidopage a débuté en 1968 aux Jeux de Mexico (suite de l’article)

Dopage – Marion Sicot, la cycliste épinglée à l’EPO en juin 2019, a reconnu devant la justice qu’elle se dopait depuis 2016

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Alors qu’on nous avait vendu des aveux médiatiques de Marion Sicot en 2020, deux ans plus tard, la cycliste passe à table devant le tribunal de Montargis. Elle fait des révélations crédibles. Son dopage plus complet a débuté en 2016.

Tour de France ton histoire – 79 cadors sont distingués pour avoir réussi à terminer 10 Grandes Boucles, certaines consécutivement

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De 1903 à 1939, aucun des finishers n’a réussi à boucler 10 rotations complètes.

A partir de la reprise, en 1947, on trouve en tête des stakhanovistes de la pédale, le Clermontois Raphaël Geminiani qui vient de nous quitter à 99 ans. Il a participé à 12 Boucles et en a fini 10 de 1947 à 1959.

Le deuxième au plan chronologique, c’est Antonin Rolland, natif de Ste-Euphémie dans l’Ain ; il va avoir 100 ans le 03 septembre prochain et a accompli ses dix Tours entre 1949 et 1960. Visiblement, cette sommation par milliers de bornes kilométrique n’a pas impacté leur longévité de centenaire. Et ce malgré la consommation d’amphétamines omniprésentes par le peloton des années 1950. Comme quoi à dose mesurée, elles ne mettent pas la vie des Géants de la Route en péril. Probablement que les effets positifs au plan santé de la pratique cycliste, même professionnelle, compense avantageusement les effets négatifs de la Bomba (cocktail : amphets + caféine).

Tour de France 2024 – Bilan exclusif et calibré après la 111e édition – Les chiffres JPDM

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Un plus pour analyser et comprendre – à travers son histoire – la Grande Boucle, le monument n° 1 du cyclisme international

Il est courant de dire dans les milieux bien informés qu’il y a – selon la formule du romancier Mark Twain – trois sortes de mensonges : « Les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques ». Etant complètement d’accord avec cette métaphore, je ne crois qu’à mes propres statistiques.

Après cette 111e édition – oh combien passionnante – je vous invite à une découverte sur les chiffres remarquables de cette  Grande Boucle 2024 avec ces deux adversaires emblématiques qui ont remporté les cinq dernières éditions : le Slovène Tadej Pogacar et le Danois Jonas Vingegaard. Mais aussi sur les data des 111 éditions de 1903 à 2024.

Tour de France – Raphaël Geminiani, coureur légendaire, s’est éteint à 99 ans

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Deux podiums dans la Grande Boucle : 2e en 1951 et 3e en 1958,

Un remarquable coureur de grands tours ayant affronté la crème des Géants de la Route de son époque (Gino Bartali, Fausto Coppi, Hugo Koblet, Ferdi Kubler, Louison Bobet, Jean Robic…), un directeur sportif s’engouffrant dans les failles du règlement et un conteur hors-normes sur les petites et grandes histoires du Tour de France mais prenant trop souvent des libertés avec les faits.

J’ai l’ai côtoyé pendant trois Tours de France (1973, 1974, 1975) et été auditeur direct de quelques anecdotes cyclistes – très souvent totalement fausses – mais sorties de sa riche imagination, notamment lorsqu’il logea dans ma famille lors du jour de repos à Toulouse après la 14e étape du Tour 1974, Lodève-Colomiers.

Pour tous les passionnés du Grand Fusil, surnom donné par Louison Bobet en raison de l’aptitude de Gem à flinguer souvent, je propose trois documents :

  • Sa fiche détaillée de coureur professionnel,
  • Son album photo (un extrait)
  • Sa riche bibliographie (articles et livres)