Dopage – Beaucoup de sportifs de compétition en croquent ! Mais les politiques, à quoi carburent-ils ?

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[publié le 20 avril 2017]

Une élection, qu’elle quelle soit – a fortiori majeure –  est une compétition de haut niveau. Pour être sénateur, député ou président de la république, il faut atteindre la plus haute marche du podium.

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Assemblée nationale française

Dès qu’il y a confrontation entre les hommes (mais également avec les femmes), la recherche du ‘’truc’’ qui fait la différence est au centre des préoccupations des candidats. Depuis que les joutes politiques existent, les drogues facilitant les performances mentales et physiques se sont invitées dans les campagnes électorales.

A moins d’être un ‘’martien’’, peu d’entre eux échappent à « la prise de la pastille » qui est supposée faire la différence.

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Palais de l’Elysée

Pour enrichir le débat, nous vous proposons quelques témoignages éclairants les relations entre hommes et femmes politiques et consommation de drogues facilitant les performances cognitives et physiologiques.

Fichiers joints :

  • Les hommes politiques face au dopage
  • Le mauvais exemple des ministres sportifs français

la suite…

Punchline Dr de Mondenard

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N° 58

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Pourquoi le dopage est-il de plus en plus attractif pour les footballeurs ? C’est Benoît Pedretti, l’expérimenté milieu nanceien qui, dans L’Equipe du 13 novembre, en décryptant l’évolution du jeu en quinze ans de carrière, nous met sur la piste : « Aujourd’hui, c’est beaucoup plus de physique : on nous demande avant tout de courir, d’aller au duel ». Or les drogues de la performance sont hyperefficaces sur le physique.

 

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Benoît Pedretti

 

Voile, courses au large, drogues de la performance (suite)

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Les affaires de dopage dans le milieu de la voile sont peu nombreuses, les tests pour épingler les fraudeurs étant rares et inefficaces car réalisés à l’arrivée des courses où tous les skippers se sont organisés pour être négatifs à ce moment-là. En réalité, il faudrait effectuer des contrôles en cours d’épreuve (impossible en pleine mer) et de façon inopinée le reste de l’année. stop-voile

 Principales affaires (extraits de presse)

 1968  – VITAMINES – Bernard Moitessier (FRA) : un tube de vitamine C pour un tour du monde

Le Français Bernard Moitessier, lors de son tour du monde en solitaire sans escale, raconte dans son ouvrage La Longue Route : « J’ai consommé un tube de vingt comprimés de vitamine C pour tout le voyage (10 mois) et un comprimé par jour de Pentavit Fort® Midy (vit. B) à partir du troisième mois jusqu’à l’arrivée. » [Moitessier B. .- La longue route .- Paris, éd. Arthaud, 1971 .- 315 p (p 299)]

1976  – ÉPHÉDRINE – Lorne Leibel (CAN) : premier régatier olympique positif

 Un concurrent canadien des épreuves de yachting a été testé positif à la phénylpropanolamine au contrôle olympique.

 1982 – RÉGLEMENTATION – Route du Rhum : une question de vie ou de mort

 « Madame Catherine Defoligny, médecin chef du ministère des Sports, me citait (Germain Simon, président de la FFC) dernièrement une anecdote qui prouve bien qu’il y a une limite aux contrôles : avant le départ de la Route du Rhum, la fédération de voile internationale avait décidé de procéder à des contrôles. Il est évident que les participants s’y sont opposés en faisant valoir que, de deux choses l’une, ou on leur demandait de disputer une course en solitaire, auquel cas ils se devaient de rester éveillés s’ils étaient pris dans une tempête et que si la tempête durait plusieurs jours, tous seraient positifs à l’arrivée, c’était tout simplement une question de vie ou de mort… ils avaient à choisir ! » [Sprint International, 1982, n° 21, p 8]

 

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Dr Catherine Defoligny

 

1986  – ACIDES AMINÉS (phénylalanine) et BHT – Dr Marc Guérin (FRA) : usage parfaitement licite pour lutter contre le sommeil

Commentaires du Dr Marc Guérin, médecin du sport : « Les trois skippers interviewés (Philippe Poupon, François Boucher, Eric Loizeau) et partants pour la Course du Rhum 1986 ont renoncé au café jusqu’au départ de la course pour conserver toutes les facultés excitomotrices de cette boisson.  Sans tomber dans l’usage des amphétamines, je constate qu’il existe de nombreuses substances appartenant à notre alimentation quotidienne, dont l’usage est parfaitement licité, et dont l’effet sur la diminution de la sensation de sommeil est bien connu. Exemple : la phénylalanine, un acide aminé existant dans des aliments comme la viande, le fromage ou les sucres de régime à base d’aspartam, du type Canderel® vendu en pharmacie et dans les magasins diététiques.

Autre exemple : le butylhydroxytoluène, alias BHT (nom de code : E 321), conservateur alimentaire utilisé surtout dans les purées en flocons, et dont les doses journalières admissibles fixées par les instances médicales sont largement suffisantes pour réduire le temps de sommeil. » [Guérin M. .- Les dégâts de la marine .- Lui, 1986, n° 274, novembre, p 38]

1986 – STIMULANT (Ordinator®) – Eric Tabarly (FRA) : dans le tiroir « vitamines-reconstituants » en quantité suffisante pour tous les équipiers

Catherine Chabaud est la première femme à avoir accompli un tour du monde en solitaire et sans escale dans le Vendée Globe 1996. En 2016, elle est nommée Déléguée à la mer et au littoral par Ségolène Royal, ministre de la l’Environnement, de l’Energie et de la Mer. En 1986, la navigatrice est une jeune journaliste (23 ans). Le 17 juin de cette année, elle signe un article pour la Tribune médicale sur la course autour du monde par équipages. La native de Bron détaille la pharmacie de « Côte d’Or », l’un des bateaux concurrents barré par Eric Tabarly. On trouve onze tiroirs à médicaments pour soigner différentes pathologies (digestives, cardiovasculaires, ORL, pulmonaires, etc.). Le 6e tiroir intitulé Vitamines-reconstituants contient des polyvitamines (Alvityl®) et l’Ordinator® (fénozolone), qui n’a rien à voir avec un reconstituant puisque son action principale consiste à stimuler le système nerveux central.

 

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La navigatrice Catherine Chabaud

 

Ce médicament mis sur le marché en 1967 et retiré de la vente en pharmacie en 1997, est un booster de vigilance. La quantité de comprimés d’Ordinator® indiquée par Catherine Chabaud n’est pas anecdotique. Pour un équipage de quinze personnes, sont embarquées 20 boîtes de 30 comprimés chacune, soit un total de 600, ce qui équivaut en moyenne à 40 unités pour chacun des membres de « Côte d’Or ».

 POST-IT : la fénozolone (Ordinator®)

Mis sur le marché (MSM) en 1967

Retiré (RDM) en 1997

Liste Fédération française de cyclisme : en liste rouge de 1973 à 1998

Liste ministère des Sports : de 1978 à 1998

Liste Union cycliste internationale (UCI) : non mentionnée de 1966 à 2003 mais interdit car assimilée aux apparentés

Liste Comité international olympique (CIO) : non mentionnée de 1968 à 2003 (idem qu’UCI)

Liste Agence mondiale antidopage (AMA) : non listée depuis 2004 (arrêt officiel de commercialisation en 1997)

Dictionnaire Vidal : mise en garde aux sportifs de 1989 à 1997

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1987  – EFFETS SECONDAIRES – Florence Arthaud (FRA) : « Des hallucinations suspectes »

 – On dit que certains navigateurs ont des hallucinations. Ils voient, sur le pont de leur bateau, des vaches, une voiture…

« Je crois que ces navigateurs doivent prendre un peu trop de remontants pour tenir le coup physiquement. Moi, je n’ai jamais vu de vaches ! » [Propos recueillis par Béatrice Fontanel, Paris Match, 30.01.1987]

 

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La navigatrice Florence Arthaud

 

1989 –  RÉGLEMENTATION – Solitaire du Figaro : 1ers contrôles antidopage… tous négatifs

 1 – « A l’arrivée à La Trinité-sur-Mer, les quatre premiers de l’étape, ainsi qu’un concurrent tiré au sort, en l’occurrence Reginald Pressard ( ?) , ont été contraints à se soumettre à un contrôle antidopage. C’est la direction technique de la fédération française de voile qui a pris l’initiative de cette opération, la première qui ait jamais eu lieu dans le domaine de la voile, à l’exception des Jeux olympiques. Notre journal est connu pour les campagnes très fermes qu’il mène en permanence sur ce problème. Dès Perros-Guirec, le docteur Jean-Yves Chauve, médecin de la course, avait attiré l’attention des concurrents sur cette question et leur avait remis une liste de produits interdits. Le Figaro ne peut qu’approuver une vérification qui, nous en sommes persuadés, lavera les navigateurs de tout soupçon. Le choix d’un tel contrôle souligne, d’autre part, l’importance prise dans le domaine de la voile par la Solitaire du Figaro. » [Le Figaro, 16.08.1989]

2 – « A l’arrivée de la Solitaire du Figaro, la Fédération française de voile avait fait effectuer un contrôle antidopage sur les quatre premiers de l’étape ainsi que sur un concurrent tiré au sort, en l’occurrence Yves Pagès, un cardiologue brestois. Les analyses ont toutes aboutit à un résultat négatif. » [Le Figaro, 19.12.1989]

3 – Le « sage » petit jus des solitaires – « Les concurrents le savent : en quinze jours de course, les courtes escales ne leur ont accordé en tout qu’une cinquantaine d’heures de sommeil, parfois moins pour les derniers arrivés. La presque totalité d’entre eux sont arrivés à Perros-Guirec déjà fatigués par une année de travail : la Solitaire, ils la courent pendant leurs vacances. Mais, le plus souvent, il leur faudra près d’un mois pour chasser complètement l’immense fatigue accumulée en près de trois semaines de course implacable. Aux escales, ne croyant pas qu’un organisme humain puisse résister aussi longtemps sans sommeil, les gens interrogent les solitaires : quelle drogue miracle prennent -ils donc ? Les concurrents se taisent. Certains, les plus faibles, les moins entraînés, les nouveaux parfois, font effectivement appel aux stimulants pharmaceutiques, aux poudres plus ou moins interdites. Feux d’artifice dangereux ! Le dopé s’effondre plus vite encore, incapable de tenir le choc aussi longtemps. Les effets secondaires sont multiples : on a vu en 1988 un concurrent ne pas dormir pendant quarante-huit heures mais aussi ne pas boire, ni manger… La plupart des solitaires se contentent plus sagement de café, de vitamine C.

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Café et vitamine C, les deux seuls  »dopants » des navigateurs…

 Parfois de rien d’autre que d’aliments concentrés ou énergétiques. De mémoire de concurrent, aucun n’a jamais pu gagner la Solitaire du Figaro en se droguant. Non, le véritable doping de ces grands solitaires qui mènent la course, c’est leur extraordinaire énergie, une ténacité, un courage et une passion de vaincre si puissants qu’ils les soutiennent au-delà des forces humaines habituelles. Leur victoire, au bout de tant d’efforts, c’est la lutte gagnée contre les autres mais aussi sur eux-mêmes. » [Réale A. et Vigouroux Th. .- La « Solitaire du Figaro ». – Versailles (78), éd. les 7 Vents, 1989. – 208 p (p 152)]

4 – Solitaire du Figaro : incompatible avec le dopage ! – « Officiellement, les coureurs ne boivent que du café. Certains, d’ailleurs, s’en privent le reste de l’année pour que son effet soit efficace pendant la course. Il est indéniable que des coureurs font appel à d’autres excitants mais ils n’apparaissent pas aux places d’honneur de la Solitaire du Figaro car le rythme de cette course n’est pas compatible avec la pratique du dopage. En effet, si, à l’issue de la première étape, on rencontre parfois des concurrents très volubiles qui n’ont pas envie de dormir (signes extérieurs qui ne trompent pas), ils accusent l’inévitable contrecoup lors des étapes suivantes. Après une place honorable au début, ils arrivent avec dix à vingt heures de retard, le temps payé au sommeil qu’ils n’ont pu vaincre. Se doper sur une étape, à la rigueur deux, est possible, pas pendant quatre actes dont on ne sait jamais au départ quelle en sera la durée.

Depuis 1989, avec l’accusé-réception de leur engagement, les coureurs reçoivent la liste des produits prohibés par les autorités sportives avec l’avertissement d’un possible contrôle médical aux escales, après tirage au sort ou si le comportement d’un coureur laisse penser qu’il a fait usage de produits interdits. » [Réale A. et Vigouroux Th. .- La « Solitaire du Figaro ». – Versailles (78), éd. les 7 Vents, 1989. – 208 p (pp 167-168)]

1990  – CAFÉINE – Titouan Lamazou (FRA) : 30 tasses par jour pour vaincre le Globe      Challenge

 « Titouan Lamazou a d’autant plus apprécié le champagne du vainqueur, que, tout au long de la course, ils ‘est imposé une règle spartiate. Pour s’y préparer, avant son départ, il a passé au CHU de Bordeaux des nuits sous électrodes, pour calculer son rythme de sommeil : « J’étais programmé pour manger et dormir régulièrement. Ce n’est que lorsque Jean-Luc Van den Hedde et Loïck Peyron me talonnaient que j’ai débloqué et laissé tomber ma discipline de vie. Huit jours durant, j’ai cessé de m’alimenter et j’avalais trente cafés par jour. Quand on est en tête, on ne souffre pas physiquement. » [VSD, 1990, n° 655, 22 au 28 mars, p 66]

 

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Le navigateur Titouan Lamazou

 

1992  – CONTRÔLE DE FÉMINITÉ – Florence Lebrun (FRA) : même les mères de famille

« Un mois après avoir donné naissance à un fils, les médecins du Comité olympique français m’ont obligé à passer des tests pour prouver ma féminité. » (Florence Lebrun, navigatrice française). [Sport Magazine, 06.08.1992]

1992  – MODAFINIL – Damien Davenne (FRA) : expérimenté chez les navigateurs

Interview du neurophysiologiste Damien Davenne, enseignant et chercheur au Laboratoire d’études et de recherches sur la performance sportive (LERPS) de Dijon : « S. & V. : Ces derniers temps, on a évoqué une molécule anti-sommeil, le modafinil. Qu’en penser ?

Damien Davenne – Ce produit ne se trouve pas encore disponible sur le marché ; on l’a testé chez l’animal et expérimenté sur les navigateurs, ou encore dans l’armée et auprès des pilotes de l’aérospatiale. Cette substance semblerait plus efficace que d’autres dotées d’une action analogue, comme les amphétamines, pourtant encore très utilisées sur la « Solitaire du Figaro » par exemple. Pourquoi cette supériorité ? Elle n’induirait aucun effet rebond. Le conditionnel reste cependant de rigueur, car on n’en connaît pas les effets à long terme, ni en prise régulière ni en prise occasionnelle. On sait qu’elle constitue un très bon médicament pour les sujets souffrant d’hypersomnie. Mais je ne pense pas qu’il s’agisse de l’idéal pour les martins. Ils possèdent en eux-mêmes, de toue façon, assez de ressources pour gérer au mieux ce problème. Et on commence à savoir comment faire… » [Riché D. .- Damien Davenne, neurophysiologique : « Il y a des sportifs du matin et des sportifs du soir » .- Sport et Vie, 1992, n° 11, mars-avril pp 56-57 (p 57)]

 

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Une boîte de Modafinil

 

1994  – CAFÉINE – Olivier Joly (FRA) : résultats discrètement enterrés

Récit du journaliste Olivier Joly : « Médecin des skippers, Jean-Yves Chauve s’est fait une spécialité d’assistance médicale en course. Avant le départ d’une épreuve très exigeante, il fait le point sur la question du dopage dans la voile.

Si je vous dis qu’un grand skipper aurait été contrôlé positif à la caféine, il y a quatre ans, mais les résultats discrètement enterrés…

– Un contrôle positif à la caféine est quantitatif. Le café est un excitant admis. Le problème est qu’il ne faut pas dépasser une certaine dose. Il est effectif, peut-être qu’un coureur a dépassé cette dose. J’en ai entendu parler. Ensuite, la législation s’applique ou ne s’applique pas.

Était-ce du dopage ?

– Légalement oui, Mais ça n’a pas été officialisé. » [Le Journal du Dimanche, 02.08.1998]

 NDLR : La caféine, un psychostimulant efficace, a été prohibée par les instances antidopage de 1982 à 2003 inclus

 1994  – RÉGLEMENTATION – Route du Rhum : 1ers contrôles

« Pointe-À-Pitre – Pour la première fois dans l’histoire de la Route du Rhum, un contrôle antidopage a été effectué à l’arrivée sur Laurent Bourgnon et sur Paul Vatine, et le sera sur le skippeur qui finira en troisième position. C’est à la demande de la Fédération française de voile que le ministère de la Jeunesse et des Sports a délégué un médecin pour procéder à ce contrôle, dont les résultats seront connus d’ici une quinzaine de jours. Une procédure qui n’a cependant rien d’exceptionnelle, les concurrents de la Solitaire du Figaro ayant subi ce type de contrôle à plusieurs reprises, toujours négativement. » [L’Équipe, 22.11.1994]

 1995  – STATISTIQUES – Solitaire du Figaro : tous négatifs depuis 1989

 « Huit contrôles antidopage ont été effectués dans la nuit d’arrivée, concernant les huit premiers. Depuis 1989, date des premières vérifications, aucun marin n’a été contrôlé positif. » [Le Figaro, 12.08.1995]

1995  – CANNABIS – Sanctions : il faut harmoniser

« Les navigateurs ne dédaigneraient pas non plus tirer sur le joint : c’est au tour de la Fédération française de voile, selon France Info, de dévoiler dans ses rangs plusieurs cas de consommation de cannabis. Six compétiteurs dont deux véliplanchistes, trois équipiers de match racing et un coureur de dériveur olympique ont fait l’objet d’un contrôle positif. De son côté, le président du Comité national olympique et sportif français, Henri Sérandour, regrette l’amalgame entre drogue et dopage. « On ne peut pas parler de dopage mais d’utilisation de produit interdit » a-t-il déclaré hier, tout en affirmant que les athlètes consommateurs de cannabis « doivent être pénalisés » Il prévoit que la réunion de mardi avec le ministre des Sports Guy Drut et la Commission nationale de lutte contre le dopage débouche sur une harmonisation des sanctions. » [Le Parisien, 25.01.1996]

2000  – RÉGLEMENTATION – Coupe de l’America : les contrôles sont trop compliqués à mettre en œuvre…

 Récit des journalistes Florence de Changy et Patricia Jolly : « Les règlements internationaux devraient s’appliquer à l’épreuve mais les organisateurs affirment que la logistique nécessaire est trop lourde à installer et soutiennent que le bénéfice des pratiques illicites serait « négligeable sur le résultat d’ensemble d’une équipe ». « La Coupe de l’America est une épreuve sportive alliant haute technologie et tradition » , martèlent ses inconditionnels et ses organisateurs. En matière de lutte contre le dopage, toutefois, l’option du charme suranné l’emporte clairement sur celle du progrès. A Auckland (Nouvelle-Zélande), depuis le début de la Coupe Louis-Vuitton, épreuve éliminatoire, le 18 octobre 1999, aucun participant n’a été soumis au moindre contrôle. L’Association des 11 Challengers (ACCA) y avait pourtant souscrit le 14 octobre 1999 « à la quasi-unanimité », à partir des demi-finales de la compétition, avant d’être « découragée » le 8 décembre, par un courrier signé du président de l’ACCA, Dyer Jones.

 

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Le président de la Coupe de l’America Dyers Jones

 

Il y arguait de la « confusion » du code olympique antidopage, à l’heure de sa refonte par « l’Agence mondiale de lutte contre le dopage récemment créée ». La Fédération internationale de voile (ISAF) – qui régit toutes les compétitions mondiales – aurait pu agir, en s’appuyant sur le règlement déjà existant, comme le font les autres fédérations « olympiques ». Mais Paul Henderson, son président canadien, également membre de la commission antidopage du CIO, s’y est refusé : « Ce domaine est en chantier total. Quand le Comité international olympique, les Fédérations internationales et les gouvernements décideront quand et où les procédures seront effectuées, une action s’ensuivra. Il est impossible de mettre en place un système avant qu’il soit défini. »

Cette position a permis à l’ACCA (contre l’avis du Défi français) et à l’organisation de la Coupe de l’America composée du defender (Team New Zealand) et du challenger de référence (Le New York Yacht Club) de s’épargner des dépenses supplémentaires. « Le dopage n’est pas un problème, déclarait Peter Blake mi-janvier, et les contrôles sont trop compliqués. Nous n’avons pas les structures. » Les échantillons prélevés n’auraient, en effet, pu être analysés qu’à Sydney (Australie), au laboratoire le plus proche accrédité par le CIO, situé à 3 heures d’avion d’Auckland. « Les bénéfices [du dopage] seraient négligeables sur le résultat d’ensemble d’une équipe », a renchéri Sean Reeves, l’avocat de Team New Zealand.

L’article 5 des règles de course de voile a donc prévalu, évacuant pudiquement la question : « Un compétiteur ne doit ni absorber une substance ni utiliser une méthode interdite (…) Une brèche supposée à cette règle ne devra pas être sujette à une protestation ». Drapé dans sa dignité, le petit milieu de la Coupe de l’America réfute la pensée même d’une possible entorse à son corde d’honneur et évoque la « complexité » des mesures de contrôle. Les protagonistes de l’épreuve sont pourtant issus en majorité de la voile olympique, rompue aux procédures antidopage. Mais l’idée que la voile, sport de « penseur », exige plus de sens stratégique et tactique que de muscles est bien ancrée. Le gabarit de certains wincheurs la met cependant à mal. Selon le quotidien néo-zélandais The new Zealand Herald, Johnathan Macbeth, préposé remplaçant au « moulin à café » kiwi, aurait pris 24 kilos de muscles pour cette campagne. Craig Monk, titulaire au même poste et médaillé de bronze en Finn aux Jeux olympiques d’Atlanta (1996) en aurait pris 16. Ben Sheehan, un culturiste qui préside à la préparation physique de Team New Zealand depuis un an et demi, explique : « Craig était gros et gras, je lui ai surtout appris à mieux se nourrir. »

Le résultat est impressionnant mais l’intéressé admet avoir eu recours à la créatine tout en jurant que lui et son équipe ne prennent « rien d’interdit ». L’entraîneur grimace. La controverse autour de ce produit – interdit en France mais en vente libre en Nouvelle-Zélande comme en Italie – lui paraît infondée. « Tous n’ont pas besoin de créatine », conclut-il. Les membres du défi italien Prada Challenge n’ont pas non plus échappé à la transformation physique due au régime de renforcement musculaire concocté par Umberto Panerai, ex-gardien international de water-polo, médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Montréal (1976). Ils utilisent des « suppléments alimentaires », mais pas de créatine « qui a mauvaise réputation ». Tout traitement médical est prescrit par le seul médecin de l’équipe. Malgré tout, les navigants de la Coupe de l’America sont soumis à la juridiction de leur fédération nationale. Contrairement à d’autres, les membres du Défi français ne l’ont pas oublié. La Fédération française de voile (FFV) a été dûment informée des traitements médicaux administrés au sein de l’équipe. Quelques adeptes du cannabis y auraient renoncé ; en août 1999, à leur base de Lorient (Morbihan), un médecin du sport, dépêché par la FFV, les avait mis en garde sur les mécanismes et les conséquences du dopage, volontaire ou non. Les équipiers ont été surpris de ne subir aucun test pendant leur séjour à Auckland. » [Le Monde, 01.03.2000]

 2003  – CARENCE – Kenny Pierce (USA) : l’excuse de la retraite

 « Le navigateur américain Kenny Pierce, qui avait déjà annoncé sa retraite, a été suspendu deux ans pour s’être soustrait à un contrôle antidopage inopiné en août à Miami, a annoncé lundi l’Agence antidopage américaine (USADA). Pierce, 35 ans, avait déjà émis son souhait de prendre sa retraite quand il a refusé de se soumettre à ce contrôle hors compétition. La sanction ne pourra donc s’appliquer que s’il décide de revenir sur sa décision de se retirer de la compétition. » [Agence France-Presse, 20.10.2003]

2003 – EFFETS ERGOGÉNIQUES – La vigilance sans troubles du comportement

1 – Texte du Dr Jean-Pierre de Mondenard : « Le déroulement de la dernière Route du Rhum a confirmé que la gestion du sommeil était bien la clé de la performance dans les courses à la voile en solitaire. Seulement, on regrette qu’un paramètre soit totalement absent des débats : il s‘agit de l’usage éventuel de substances dites « éveillantes ». Il existe en effet des produits très efficaces pour lutter contre le sommeil, notamment le modafinil. « Le modafinil est utilisé en milieu hospitalier sous le nom commercial de Modiodal® pour soigner les hypersomniaques » expliquait le docteur Jean-Yves Chauve au journal Le Parisien(1) : « S’en servir en course est effectivement tentant, c’est pourquoi cette substance a été inscrite depuis trois ou quatre ans sur les listes de produits interdits, notamment celle du CIO . Et le Modiodal® est parfaitement décelable aux tests antidopage ». Voilà ce qu’il disait en 1998. Seulement, c’était faux à l’époque et ça l’est toujours aujourd’hui ! En réalité, seule la France prohibe le modafinil (et l’adrafinil dont il est tiré) depuis 1993. Le CIO n’a jamais relayé la prohibition. Quant à son dépistage, le moins que l’on puisse dire c’est que la situation reste floue. Il semblerait en effet que les responsables en soient restés à une étude publiée en 1996 sous la responsabilité de la mission Médecine du sport et lutte contre le dopage, au ministère de la Jeunesse et des Sports(2). Sur la base de l’analyse de 100 échantillons d’urine, les auteurs avaient conclu à l’époque que le modafinil n’avait pas encore percé dans les milieux sportifs. Comme aucun autre document n’a filtré depuis, on ne serait pas surpris d’apprendre que le médicament n’est toujours pas recherché aujourd’hui ! » [de Mondenard J.-P..- Sur le front du dopage : à dormir debout .- Sport et Vie, 2003, n° 76, janvier-février, pp 70-73 (p 74)]

2 – Dans un ancien numéro de Sport et Vie(3), le neurophysiologiste Damien Davenne signalait l’existence d’un nouveau produit expérimenté par les armées américaines pendant la guerre du Golfe en 1990, pour lutter contre le sommeil : « Le modafinil semblerait plus efficace que d’autres substances dotées d’une action analogue, comme les amphétamines, pourtant encore très utilisées sur la Solitaire du Figaro ». Depuis cette époque, plusieurs études ont pu confirmer ces qualités. En consommant ce médicament, on retarde le besoin de sommeil et on accroît la vigilance sans encourir les effets secondaires classiques des amphétamines : troubles du comportement, perte d’appétit, risques pour le cœur, accoutumance. En médecine, on l’utilise désormais dans le traitement d’une maladie appelée narcolepsie caractérisée par des bouffées de sommeil profond qui surviennent sans crier gare au milieu de phase d’éveil. Les Anglo-Saxons parlent de « sleep attack » (attaque de sommeil). Dans le sport, il pourrait servir aussi à tenir le coup sans dormir lors d’épreuves comme des raids ou de courses à la voile qui se déroulent sur plusieurs jours. » [de Mondenard J.-P. .- Sur le front du dopage : mieux que les allumette ! .- Sport et Vie, 2003, n° 76, janvier-février, pp 70-73 (p 74)]

 2007 – COCAÏNE – Alinghi percuté par la coke

Simon Daubney, équipier néo-zélandais du vainqueur suisse Alinghi de la Coupe de l’America, a démissionné à la suite d’un contrôle antidopage positif pendant la compétition cet été, a annoncé fin septembre dernier le syndicat suisse.

 

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Simon Daubney, régleur de voile sur Alinghi

 

Il s’agit du premier contrôle positif jamais enregistré dans l’histoire de la Coupe de l’America depuis sa création en 1851. Daubney, 48 ans, régleur de voile avant (genoa trimmer), précise dans un communiqué diffusé par Alinghi qu’un test effectué le 23 juin a découvert des traces d’une substance « récréative » dans son urine et qu’il avait été convoqué mercredi 26 septembre à Londres par un jury de la Coupe. Le quotidien sportif italien la Gazzeta dello Sport avait affirmé le lendemain qu’un des équipiers d’Alinghi, non identifié, avait été contrôlé positif à une substance « assimilable au cannabis ». En réalité c’est de la cocaïne. Le Néo-Zélandais précise dans son communiqué que le jury a reconnu qu’il n’y avait pas eu « faute ou négligence de sa part » dans la mesure où il estime avoir été victime d’une « contamination ou d’une boisson trafiquée ». Daubney argumente sa défense en martelant n’avoir jamais sciemment consommé de la cocaïne et en invoquant la consommation d’une boisson « trafiquée » par une main malveillante cherchant à se venger de son transfert du camp néozélandais dans le camp suisse. Il ajoute qu’il a démissionné, espérant réintégrer un jour Alinghi une fois l’affaire éclaircie. Selon la Gazzetta dello Sport, Alinghi qui a remporté la Coupe de l’America aux dépens de Team New Zealand, ne risque pas de perdre le trophée car le règlement de la Coupe prévoit expressément que ce sont les équipiers et non le bateau qui sont responsables en cas de dopage. Les « sages » qui ont pondu ce règlement tordu ignorent probablement que ce n’est pas le bateau tout seul qui « met les voiles ». Rappelons que pour la Coupe de l’America, dont la première édition remonte à 1851, les premiers contrôles antidopage n’ont été instaurés qu’en 2003. Dans le cas de Daubney, ce n’est pas la Fédération internationale de voile (ISAF) qui, le 26 septembre, a entendu ses explications, mais le jury de la Coupe de l’America composé de cinq membres dont un représentant des deux nations finalistes tous sélectionnés par America’s Cup Management (ACM), l’entité créée par le défi suisse Alinghi après 2003 pour encadrer l’organisation de l’événement.

Jugé non responsable par le jury de la Coupe dont l’indépendance pose problème, l’équipier du défendeur suisse pour être fixé définitivement sur son sort doit attendre que son dossier soit transféré à l’ISAF. Le barème peut varier d’un avertissement à deux ans de suspension pour les épreuves gérées par la Fédération internationale. Daubney est un marin très expérimenté, considéré comme un des meilleurs spécialistes d’Alinghi. Il avait remporté la « Cup » à deux reprises en 1995 et 2000 avec Team New Zealand avant de la gagner à nouveau deux fois en 2003 et 2007 avec le syndicat suisse d’Ernesto Bertarelli. Le skipper néo-zélandais d’Alinghi, Brad Butterworth a regretté cette « malheureuse affaire », tout en apportant son soutien à Daubney et à sa famille. Il souligne qu’Alinghi « n’accepte en aucune façon l’utilisation de la moindre drogue » parmi les membres de son équipe. Le communiqué indique que Daubney avait été testé le 23 juin, jour du premier match – gagné par Alinghi – de la finale de la Coupe remporté par les Suisses face aux Kiwis d’Emirates Team New Zealand (5-2) Il ajoute que les résultats du test effectué par l’organisme antidopage Norway ont été connus le 13 juillet et confirmés début août. Daubney précise qu’il n’a jamais sciemment pris de substance interdite et qu’il a passé un test polygraphe (détecteur de mensonges) pour prouver sa bonne foi. A ce propos, le jury a fait appel à un spécialiste britannique en matière de détecteur de mensonges, Bruce Burgess, qui affirme n’avoir aucun doute quant à la sincérité du navigateur, avec une marge d’erreur possible quant à la véracité des propos de 0,01%, soit la plus faible sur l’échelle d’un tel détecteur. Sauf que le recours à ce procédé ne fait pas partie des techniques des laboratoires antidopage officiels listées par le Code mondial antidopage.

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2016 – JEUX OYMPIQUES (RIO) : Pavel Sozykin (RUS) : déclaré inéligible par la FIV

« La Fédération internationale de voile (FIV) a déclaré mardi 26 juillet inéligible pour les Jeux olympiques de Rio le Russe Pavel Sozykin, engagé en 470, en vertu des critères imposés par le Comité international olympique (CIO). Sozykin, 3e aux championnats du monde 2015 avec son partenaire Denis Gribanov, est exclu ‘’en raison des révélations du rapport McLaren’’ indique World Sailing dans un communiqué. Le Russe étant engagé en 470, un bateau mené par deux équipiers, la Fédération russe de voile pourra nommer un remplaçant pour accompagner Denis Gribanov qui a lui été repêché. La Fédération internationale a repêché quatre autres Russes pour les épreuves de voile. Le CIO a chargé les diverses fédérations de trier parmi les sportifs russes et d’éliminer ceux qui seraient impliqués dans le scandale de dopage d’Etat dévoilé par le rapport McLaren ou qui auraient un passé de dopé. » [Le Télégramme, 27.07.2016]

 

 

(1) Le Parisien, 19 novembre 1998

(2) La recherche en France sur la lutte antidopage. – Le Spécialiste de Médecine du Sport, n° 1, septembre, 1996

(3) Sport et Vie, n° 11, mars-avril 1992

 

Football – Jamie Vardy, l’attaquant anglais, aime les drogues de la performance : caféine, nicotine, alcool, etc.

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Qu’en pensent la FIFA et l’UEFA, deux instances qui martèlent que la culture du dopage n’existe pas dans le foot et que tous les joueurs de la planète carburent à l’eau minérale ?

 

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Jamie Vardy

 

Contre exemple : Jamie Vardy, qui, dans sa biographie publiée en feuilleton dans Le Sun révèle qu’il s’était longtemps soigné à la vodka-Skittles mais aujourd’hui il boit trois verres de porto (soit 25 cl) chaque veille de match : « Ça m’aide à m’endormir plus facilement » témoigne l’attaquant de Leicester.

 Pour être en forme : caféine + nicotine

Il ajoute que pour être en forme le jour de la rencontre de Premier League ou lors d’une joute internationale, il s’administre trois cannettes de boissons énergisantes (caféine) et un double expresso. L’alcool n’est pas prohibé dans le foot. Depuis 2004, la caféine a été retirée de la liste rouge alors qu’à partir de 1982, elle était proscrite par les instances internationales antidopage.

On peut estimer avec les puristes que le porto n’est pas la mer à boire… Mais Jamie Verdy est un adepte de stimulants tous azimuts puisqu’il consomme aussi bien de la caféine (déjà signalée)  mais aussi à l’occasion du dernier Euro joué en France de la nicotine en sachet. Là, c’est moins cool par rapport à l’éthique sportive. La consommation de ce coup de pouce est mise au jour par le site web@20minutes.ch : « L’attaquant Jamie Vardy a été repéré mardi 14 juin 2016 à la sortie d’un kiosque avec à la main des stimulants qu’on ne classe généralement pas parmi les plus sains : une canette de boisson énergisante sucrée ainsi qu’une boîte de tabac à chiquer (aussi appelé snuff ou snus). Caféine et nicotine, il n’en fallait pas plus pour exciter les médias du pays, à deux jours d’un choc fratricide capital contre le Pays de Galles à Lens. Si les deux substances incriminées ne sont pas sur la liste des produits dopants interdits par l’Agence mondiale antidopage (AMA), elles figurent toutefois parmi les produits faisant l’objet d’une recherche avancée. En compétition, de nombreux sportifs utilisent des poches de tabac à chiquer sous leurs lèvres, au contact de leurs gencives, où on estime qu’elles produisent au mieux leur effet stimulant. »

 

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Une boîte de tabac à chiquer (Snus)

 

 Pour plaire à Coca-Cola

 On le sait depuis que la lutte antidopage officielle a été mise en place au milieu des années 1960 que caféine et nicotine sont des stimulants efficaces sur les aptitudes du corps à l’effort. La caféine, prohibée par le CIO de 1982 à 2004, date à laquelle elle a été retirée de la liste pour ne pas ‘’contrarier’’ Coca-Cola le sponsor principal de l’instance olympique dont les revenus sont basés sur la boisson caféinée.

En revanche, même si la nicotine n’a jamais figuré sur la liste rouge, elle est apparue en 2012 sur le programme de surveillance de l’AMA afin de vérifier sa fréquence dans les urines des sportifs pour, éventuellement, si des abus sont signalés par des structures analytiques, la coucher en toutes lettres sur la liste rouge.

Le comportement de Jamie Vardy, qui chique du tabac dans l’environnement immédiat de l’Euro 2016, nous ramène quasiment un siècle en arrière pour un cas similaire, celui de William Meredith – un international Gallois au CV footballistique étonnant :

 

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William  »Billy » Meredith (1874-1958) – sous les couleurs de Manchester United

 

 Ailier droit de Manchester City (1894-1906) puis de Manchester United (1906-1921) puis retour à Manchester City (1921-1924), il disputa quelques mois avant son 50e anniversaire, le 24 mars 1924, la demi-finale de la Coupe d’Angleterre contre Newcastle faisant ainsi de lui l’un des plus vieux joueurs à avoir participé à la Coupe d’Angleterre.

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 A noter qu’il a été 48 fois international entre 1895 et 1920, soit pendant un quart de siècle. Toujours sur le registre de la longévité en crampons, il a longtemps été le joueur le plus âgé ayant disputé une rencontre internationale (45 ans et 229 jours) quand il a affronté l’Angleterre avec le Pays de Galles, le 15 mars 1920.

 Déjà en 1920, dans un but de performance, on chiquait du tabac sur le terrain

 Devant cette aptitude exceptionnelle à se maintenir au sommet, certains spécialistes du football s’en étonnaient d’autant plus : « Lorsqu’on sait qu’il chiquait  du tabac sur le terrain ». Malheureusement nos experts de la presse du ballon rond ignorent que cette voie d’administration non fumée n’altère pas les performances respiratoires et même booste certaines caractéristiques favorables au ballon rond telles que temps de réaction, capacité visuelle, concentration, mise en action, vigilance… Il faut signaler que depuis quelques années, cette pratique stimulante avec du TNF (tabac non fumé) est revenue à la mode, notamment dans le baseball et le basketball US, dans les pays nordiques (ski, slalom, biathlon). Par contagion, cette pratique s’est répandue en France chez les skieurs de compétitions puis dans les écoles de ski et parmi les adolescents des régions montagneuses. C’est un vrai dopant, difficile à interdire et à sanctionner dans la mesure où il est quasi impossible de faire la distinction entre un sportif dopé au TNF et un fumeur.

 Depuis 2012 sur la liste de surveillance de l’AMA

Depuis le début de l’année 2012, l’Agence mondiale antidopage (AMA) estimant que ce type de dopage n’était pas anecdotique et pouvait avoir des effets délétères pour la santé des ‘’chiqueurs’’, a décidé d’inclure la nicotine dans son programme de surveillance.

Pour en revenir à Jamie Vardy, le monde du foot va le défendre mordicus en nous édulcorant ses penchants (alcool, caféine, nicotine) comme étant des drogues sociales ou récréatives, donc acceptable puisqu’il faut bien sûr que jeunesse se passe, sauf que ces trois adjuvants, il les prend pour mieux jouer au foot !

Différentes études ont bien montré l’influence positive de la caféine et de la nicotine sur les performances gestuelles du joueur. Et en plus, on ne sait pas ce qu’il absorbe ou s‘injecte à l’abri des regards indiscrets. Les tabloïds anglais sont restés à la porte des vestiaires et de son habitation.

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Efficacité des drogues de la performance : la preuve par les études de terrain

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Au début des années 1960, dans la revue Médecine éducation physique et sport, l’organe officiel de la médecine du sport, on pouvait trouver dès la deuxième page, une publicité qui incitait les médecins à prescrire à leurs patients sportifs du Durabolin® (nandrolone), un stéroïde anabolisant.

Depuis cette époque, ce dérivé de l’hormone mâle est l’un des deux ou trois dopants les plus consommés par la gent athlétique.

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Apparentés à de simples vitamines

A cette époque, les experts de la chose médicale pensaient tout simplement que les hormones en général et les anabolisants en particulier, s’apparentaient à de simples vitamines. De même, pendant la grande période des amphétamines, de la fin de la Deuxième guerre mondiale et jusqu’au début des années 1970, les sportifs – notamment les cyclistes – en consommaient régulièrement et pourtant de nombreux scientifiques d’alors en niaient l’effet positif sur la performance. On a su plus tard, avec des travaux plus rigoureux, qu’elles étaient réellement des dopants et provoquaient des lésions vasculaires cérébrales graves.

 « Inefficaces et dangereux… »

Les écrits de ce médecin spécialiste du dopage, le docteur Jean-Jacques S’Jongers, démontre que le corps médical a souvent eu plusieurs longueurs de retard par rapport à la réalité des vestiaires et du terrain : « La prévention apparaît comme la seule voie possible de lutter contre le dopage : chacun doit savoir que les dopants actuels sont inefficaces et qu’ils présentent un danger majeur pour la santé de ceux qui les utilisent. » [Tonus, 25.04.1979]

Encore très récemment, lors d’une conférence-débat, un représentant de la Jeunesse et des Sports martelait que les coups de pouce biologiques n’avait qu’un très faible impact sur le résultat final d’une confrontation sportive.

En dehors des médecins et dans le but de défendre l’image de sport sain, non contaminé par la société ambiante, l’affirmation globale de l’inefficacité du dopage est souvent mise en avant par les dirigeants de la majorité des fédérations. Par exemple, le monde du football certifie sans sourcilier : « La multiplicité et la complexité des habiletés psychomotrices mises en jeu dans notre discipline sont incompatibles avec le dopage. » (sic)

 Des études trompeuses

Souvent, pour asseoir leur jugement péremptoire, ils mettent en avant certains travaux scientifiques qui nient la pertinence de telle ou telle substance dopante. Afin de permettre à chacun d’aiguiser sa réflexion sur la fiabilité des études scientifiques effectuées soit en laboratoire, soit sur le terrain, nous leur soumettons les résultats d’un cas exemplaire. Douze volontaires, conducteurs d’automobiles expérimentés, se sont prêtés à une intéressante expérience ; ils ont reçu soit un placebo, soit un antihistaminique à des doses de 25, 50 et 100 mg. En fait, ils ont fait tout cela deux fois, soit dans des conditions de laboratoire et on les a soumis à divers tests de performance et de vigilance – soit dans des conditions normales, et ils devaient alors conduire sur un circuit. Leurs performances ont été beaucoup plus altérées au laboratoire que dans les conditions réelles de conduite… Cela signifie qu’en choisissant bien ses tests, plus ou moins sensibles, on peut prouver ce que l’on veut ! Méfiance donc avant d’interpréter des résultats de laboratoire, positifs ou négatifs, concernant les effets d’une substance sur la performance sportive.

Au final, les travaux effectués sur un terrain de sport ou dans l’environnement de la compétition modifient favorablement l’efficacité des drogues de la performance.

Les exemples suivants en témoignent.

 

1961 – CYCLISME – Jacques Anquetil (FRA) : un débours de 5,7% sur une épreuve de

 86,6 km chronométrée…efficacite-des-produits-dopants

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Efficacité des drogues de la performance – Depuis 1990, le dopage transforme un  »cheval de bois en pur-sang »… Mais avant ?

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Depuis les années sixties, soit trois décennies en amont, Jacques Anquetil le maître du chrono et du dopage, lui qui ne connaissait que les amphétamines, a contrario de la majorité des plumitifs de son époque, affirmait que la dynamite ou Bomba influençait et pas qu’un peu le rendement athlétique : « Le doping change un cheval de labour en pur-sang d’un jour ».

anquetilDans une interview parue dans Pédale !, un magazine annuel publié par So Foot, Laurent Brochard – l’ancien champion du monde 1997 –  accrédite la thèse du cheval de bois dominant le pur-sang grâce au dopage. Sauf que cette affirmation était régulièrement niée par les discours pro domo des cyclistes et des journalistes de la génération Merckx-Hinault.

 Avant les meilleurs restaient les meilleurs

 A la question posée par un journaliste de So Foot, lui-même convaincu qu’avant les années1990, le dopage était dérisoire, interpelle sur ce thème La Broche : « Avant, avec le dopage à papa, les meilleurs restaient les meilleurs. Mais avec l’ÉPO, la hiérarchie a commencé à être bouleversée, les bourrins pouvaient devenir des étalons… », La Broche rétorque : ‘’ Oui, on s’en est aperçu. Le problème, c’est que ceux-là, ils ont sûrement vraiment joué avec leur santé ; il y a des produits comme ça qui peuvent tout changer et donc sûrement changer ton corps.’’

 

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Laurent Brochard

 

 Tout en répondant à la question, Brochard s’aperçoit que d’accréditer le changement surnaturel dû au dopage à l’ÉPO et alors que lui-même en prenait, décrédibilise ses performances. Ainsi, après son acquiescement initial, son discours change radicalement : « Mais quand même, la hiérarchie restait conforme aux qualités intrinsèques des coureurs, je pense, en tout cas chez Festina, il n’y a pas eu d’abus dans ce genre de choses, en tout cas pour moi c’est sûr. »

Au final, le milieu cycliste – journalistes compris – veut nous faire avaler qu’avant l’apparition de l’ÉPO au début des années 1990, le dopage ne changeait pas la hiérarchie du peloton. Et donc, par corollaire, qu’il n’y avait pas lieu de s’en offusquer. C’est bien sûr l’argumentation de nombreux journalistes ayant assisté sans broncher à l’extension de la triche pharmaceutique et de la plupart des cyclistes, espérant ainsi, pour les premiers, minimiser leur complicité passive et, pour les seconds, nier l’influence du dopage dans leurs performances.

 Anquetil : les amphets « changent un cheval de labour en pur-sang d’un jour »

 En réalité, des géants du Tour tels Jacques Anquetil – dès le début des années 1960 – affirmaient l’inverse en expliquant que le dopage aux amphétamines « change un cheval de labour en pur-sang d’un jour. » Quelques semaines plus tôt, dans l’émission culte de la télévision ‘’Cinq colonnes à la une’’, le Normand s’était exprimé sur le thème de l’efficacité du dopage : « Sans stimulants, les grandes performances ne seraient jamais battues. »

Félix Lévitan, l’un des patrons du Tour de France, observateur privilégié de la gent cycliste depuis le début des années 1930, croyait mordicus à l’efficacité des pilules dynamisantes en le martelant le 20 avril 1965 dans l’hebdomadaire Le Miroir des Sports : « Celui qui ne se dope pas est un pauvre type, voué par avance à la défaite ». Afin de quantifier l’effet des amphétamines sur ses temps de course, Anquetil s’était prêté à une expérience lors de tests grandeur nature dans une compétition contre la montre.

Cette évaluation effectuée sur une épreuve chronométrée italienne, le Grand Prix de Forli, avait donné – en l’absence de Bomba (dynamite) – une détérioration de la vitesse moyenne de 2,5 km à l’heure sur un parcours de quatre-vingt-sept kilomètres, soit 5,7 % de débours. A titre de comparaison, signalons que Jean-Marie Leblanc, patron du Tour de 1989 à 2006, évaluait à trois kilomètres/heure le gain de vitesse moyenne procuré par l’ÉPO. Par ailleurs, certains font passer les corticoïdes pour des dopants de catégorie inférieure. Par exemple, Laurent Fignon qui minimisait son recours aux substances ergogéniques en affirmant qu’à son époque toutes les substances étant détectables, il était donc difficile voire impossible de passer à travers les mailles du filet mais il précisait toutefois que du temps de sa splendeur les corticos n’étaient pas détectés par les radars. Une lecture attentive entre les lignes donne le message suivant : le double vainqueur du Tour 1983-1984 nous dit que l’ensemble du peloton fonctionnait avec les mêmes armes et que cela ne l’empêchait en rien de faire la course en

David Millar, professionnel de 1997 à 2014, a un avis plus tranché sur ces fameux corticos : « J’en ai pris. Et, pour moi, c’est ce qui faisait le plus de différence. Presque plus que l’ÉPO. Ça t’assèche. Aujourd’hui, c’est un miracle si j’arrive à descendre sous les 77 kilos. Une injection de Kenacort® (un corticoïde synthétique) et j’étais à 75 après une semaine, dix jours ! Tu t’imagines le niveau de performance. Deux kilos à ce niveau-là, c’est énorme. Et en course, ça te rend plus fort. La première fois que j’en ai pris après la Vuelta 2001, c’était sur un chrono. J’avais tellement de force que tous mes tendons me faisaient mal. »

 

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David Millar

 

En résumé, il n’y a pas que les plus faibles qui se dopent, les cadors aussi. Et les aides biologiques à la performance (ÉPO, anabolisants, corticos, etc.) mais aussi les stimulants à base d’amphétamines, apparues au décours du second conflit mondial, modifient la hiérarchie entre les adeptes de la pharmacie et les non-consommateurs.

Article publié dans Cyclosport Magazine n° 106, juin 2015

 La litanie du cheval de bois insensible aux armes biologiques

Pendant des décennies, l’argument numéro un des sportifs – notamment des cyclistes – et afin de préserver l’image positive de leurs performances – était de nier l’efficacité des dopants en utilisant la métaphore du cheval de bois qui ne peut se transformer en pur-sang grâce à la magie d’un quelconque orviétan. En effet, depuis 1965 et la loi antidopage française, le dopage s’apparente à une tricherie et bien sûr aucun sportif ne veut admettre que ses succès trouvent leurs sources dans la chimie.

C’est seulement au décours des années 1990 et suivantes avec la mise en évidence par les autorités judiciaires (gendarmes, policiers, douaniers) des affaires Festina (1998), Giro (2001), Puerto (2006)… que la réalité du dopage touchant une très grande partie du peloton est apparue et dans la foulée l’existence d’un cyclisme à plusieurs vitesses. A l’inverse de leurs glorieux aînés, la génération EPO a enfin admis que le cheval de bois sous influence biologique pouvait devenir un pur-sang !

 CYCLISTES PROFESSIONNELS

 Louison Bobet (FRA), cycliste professionnel de 1947 à 1961 : « Un cheval de labour ne fera jamais un cheval de course, même si on lui administre tous les produits de laboratoire imaginables. »  [in « Louison Bobet, le cycliste d’orgueil » de Robert Ichah. – Paris, éd. PAC, 1981. – 170 p (p 76)]

 Thierry Bourguignon (FRA), cycliste professionnel de 1990 à 2000 :

  1. « Donnez des kilos de vitamines à un âne, vous n’en ferez jamais un vainqueur du Grand Prix. J’appartiens à la génération qui a vu exploser le dopage. A mes débuts, autour de 1990, il existait déjà de nombreux produits, en particulier les corticoïdes et les anabolisants, sans oublier les bonnes vieilles amphétamines. Cependant, au sein du peloton, il était entendu que ces saletés ne pouvaient pas transformer un âne en cheval de course. » (pp 93-94)

bourguignon 2.  « L’apparition de l’ÉPO et de l’hormone de croissance, vers 1992-1993, a fait basculer la situation. Des coureurs jusqu’alors anonymes ont soudainement réalisé d’énormes progrès ; des bourricots se sont métamorphosés en pur-sang.»     [in « Bourgui, tours et détours ». – Paris, éd. Botega, 2000. – 193 (p 94)]

Pino Cerami (BEL), cycliste professionnel de 1948 à 1963 : « On n’a jamais fait gagner le Grand Prix de l’Arc de triomphe à un baudet. »

Robert Chapatte (FRA), cycliste professionnel de 1944 à 1954 : « Aucun orviétan ne saurait faire d’un cheval de fiacre un vainqueur du derby d’Epsom. » [Le cyclisme, la télé et moi .- Paris, éd. Solar, 1966 .- 316 p (p 144)]

Claude Criquielion (BEL), cycliste professionnel de 1979 à 1991 : « Moi, je prétends qu’en donnant des produits dopants à un mulet ou à un canasson, on n’en fera jamais un cheval de course. » [L’Équipe, 21.10.1987]

Albert De Kimpe (BEL), directeur sportif belge de 1943 à 1989 : « Vous pouvez donner quelque chose à un baudet, il ne gagnera jamais le Prix de l’Arc de Triomphe. »

Gilbert Duclos-Lassalle (FRA), cycliste professionnel depuis 1978 : «  Il y a des produits, mais on peut les donner à un bourricot, jamais on n’en fera un cheval de course. » [L’Équipe, Magazine, 04.07.1992, p 44]

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Raphaël Géminiani (FRA), cycliste professionnel de 1946 à 1960, 3e du Tour de France 1958 et directeur sportif de 1961 à 1986 :

  1. « Un cheval de trait ne fera jamais un cheval de course même s’il est drogué à ras bord !» [L’Équipe, 30.03.1960]

2.  « Un percheron face à des purs-sangs n’a jamais gagné l’Arc de triomphe à Vincennes.» [http:// www.passpass.net/geminiani/100 cons.2001]

Daniel Gisiger (SUI), cycliste professionnel de 1977 à 1988 : « De toute façon, aucun artifice ne permet de faire d’un âne un cheval de course. » [Le Figaro, 19.10.1987]

Bernard Hinault (FRA), cycliste professionnel de 1974 à 1986, quintuple vainqueur du Tour de France :

  1. « On n’a jamais pu transformer un mulet en cheval de course. » [Paris Match, 05.10.1984]

2.  « Ce n’est pas en dopant un baudet que l’on va en faire un champion. » [L’Équipe, 11.04.1989]

3.  « Avec un âne, on ne fera jamais un cheval de course. » [Le Sport, 1998, spécial n° 2, juillet, p 11]

 

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Bernard Hinault

 

André Leducq (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939 : « Les drogues n’ont jamais transformé un cheval de labour en pur-sang. » [But et Club, Le Miroir des Sports, 1957, n° 641, 17 juillet, p 17]

 Greg LeMond (USA), cycliste professionnel de 1981 à 1994 : « Il y a toujours eu un problème avec le dopage dans notre sport, depuis dix ans, les produits sont tellement performants qu’ils peuvent changer un athlète physiologiquement. On peut transformer une mule en un étalon ! » [Le Monde, 16.07.2004]

Marc Madiot (FRA), cycliste professionnel de 1980 à 1994 et directeur sportif de La Française des Jeux : « Ce n’est pas en donnant une potion magique à un cheval de bois qu’on obtient un cheval de course… Il faut arrêter de prêter au dopage des qualités qu’il n’a pas. On laisse croire que le dopage est une source de victoire. C’est faux. Un coureur ne réalise pas une grande carrière en se dopant. » [Le sport, 13.12.1996]

 

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Marc Madiot

 

Antonin Magne (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939, vainqueur des TDF 1931-1934 :

  1. «Le doping n’a jamais fait d’un cheval de labour un gagnant  de grand prix hippique. » [in « Vélo 1939 » de Jean Leulliot .- Paris, éd. René Raillet, 1939 .- 303 p (p 7)]

2.   « Aucune « dynamite » ne fera jamais gagner le grand prix à un percheron si les pur-sang ont pris le départ. » [Le Miroir des Sports, 26.04.1965, p 12]

Eddy Merckx (BEL), cycliste professionnel de 1965 à 1978 :

  1. « On n’a jamais fait d’un âne un cheval de course. » [L’Équipe, 30.03.1977 ; Le Figaro, 29.01.1979]

2.  « Le dopage n’a jamais transformé un âne en cheval de course. » [L’Express, 04.04.1977 ; L’Express, 24.07.1978]

3.  « Aucun produit au monde n’a jamais permis à un âne de devenir un pur-sang. » [in « Eddy Merckx » homme et cannibale » de Rik Vanwalleghem et Joël Godaert. – Gand (BEL), éd. Pinguin Productions, 1993. – 236 p (p 120)]

 

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Eddy Merckx

 

Charles Pélissier (FRA), cycliste professionnel de 1919 à 1931 : « Vous pouvez faire ce que vous voulez avec le doping, vous ne ferez pas gagner le Grand Prix à un cheval de fiacre. »  [Miroir du Cyclisme, 1965, n° 64, octobre, p 3]

Francis Pélissier (FRA), cycliste professionnel de 1913 à 1931 : « Tu peux toujours bourrer la gueule d’un percheron avec tout l’étalage d’un pharmacien, tu ne lui feras pas gagner le Grand Prix de l’Arc de Triomphe. » [cité par Abel Michéa L’Humanité, 20.11.1964]

Georges Wambst (FRA), cycliste professionnel de 1925 à 1940 : « Un bon soigneur ne fera jamais avancer un ‘’tréteau’’ »  [Cité par Jean-Paul Séréni in « Le sport à nu » .- Paris, éd. Calmann-Lévy, 1975 .- 215 p (p 168)]

 JOURNALISTES DU VÉLO

 Pierre Chany (FRA), journaliste sportif :

  1. « Aucun dopage ne fera jamais d’un cheval de trait le vainqueur d’un Grand Prix » [in « Vingt cinq Tours de France dans les coulisses ». – Lausanne (SUI), éd. Tribune de Lausanne-Le Matin, 1971. – 94 p (p 66)]

2.  « Le jour où un bourrin détrônera un pur-sang grâce à une piqûre, alors là, oui, et seulement dans ces conditions-là, nous pourrons affirmer que le cyclisme sera en danger de mort. » [in « Tour de France, une belle histoire ? ». – Paris, éd. de Maule, 2008. – 201 p (p 99)]

Jean Chimberg (FRA), journaliste : « En réalité, on n’a jamais réussi par des procédés mystérieux à faire courir un cheval de labour aussi vite qu’un pur-sang. » [Sport Digest, 1949, n° 7, juin, p 68]

Jean-Emmanuel Ducoin (FRA), journaliste à L’Humanité depuis 1986 : Avant 1996 : « On pouvait encore clamer ‘’A dopage égal, la classe l’emporte toujours.’’. Ou encore : ‘’Un produit ne transformera jamais un cheval de trait en pur-sang’’. Ces évidences ressassées n’en étaient plus. Et le Tour de France en fut le témoin passif, en 1996, l’année où le crime fut total et presque parfait. » [in « Tour de France, une belle histoire ? ». – Paris, éd. de Maule, 2008. – 201 p (p 100)]

Roger Frankeur (FRA), journaliste sportif : « En vérité, le meilleur muscle du monde ne peut donner que ce qu’il peut et nul « dynamisant » chimique ou psychique n’a jamais fait gagner le Grand Prix à un percheron, si des pur-sang ont pris le départ. » [Miroir du Cyclisme, 1974, n° 181, janvier, pp 36-38 (p 37)]

Jean-Michel Joly (FRA), journaliste scientifique : « Aucun des produits dopants et interdits par les différentes instances sportives ne fera gagner le Prix de l’Arc de Triomphe à la première rosse venue. Et « Monsieur tout le monde » ne sera pas champion olympique grâce à son armoire à pharmacie. » [Science et Vie, 1978, n° 123, hors série, juin, p 120]

Jack Plunkett (FRA) : « Doper un toquard, c’est exactement comme si l’on faisait une piqûre intraveineuse à un cheval de bois pour le faire ruer… »  [Match L’Intran, 22.05.1928, n° 85]

 MÉDECINS DU VÉLO

Dr Pierre Dumas (FRA), médecin chef du Tour de France de 1955 à 1967 : « Ils peuvent bien employer tous les doping de la terre, on ne fait pas un champion d’une cloche. Le Tour, on doit être capable de le faire, et aucun moyen ne le fera faire si on en est physiquement incapable. »  [Miroir Sprint, 02.06.1958]

 

dumas

Pierre Dumas

 

Dr Roland Marlier (BEL), membre de la Commission médicale de l’UCI : « Si vous prenez un âne et essayez d’en faire un pur-sang, vous vous ruinerez en amphétamines. »  [Paris-Match, 1970, n° 1106, 18 juillet, p 53]

 

 

Athlétisme – Depuis les années 1960, les athlètes américains investissent les podiums olympiques et mondiaux grâce à la dope

Par défaut

Il n’y a pas que les Russes qui carburent aux drogues

de la performance

Punchline Jean-Pierre de Mondenard : « Pour connaître les pays les plus pointus sur la médicalisation de la performance (euphémisme du dopage) il suffit de consulter le classement des médailles par nation aux Jeux olympiques et aux différents mondiaux (athlé, natation, cyclisme, etc.).Amoureux du sport, on aimerait vraiment croire que les médailles sont propres mais l’impéritie des instances sportives internationales et nationales (corruption, racket, truquage, etc.) nous conforte dans notre analyse. »

 Alors que tout le monde se focalise sur un dopage d’état en Russie faisant croire que le reste de la planète sportive est épargnée et, à la demande d’un lecteur du réseau Facebook, nous reproduisons un article écrit en décembre 2004 sur la course aux armements biologiques des athlètes américains dès le début des années 1960. 

Suite aux révélations de Victor Conte, le nutritionniste du sport exerçant en Californie, l’élite du sport américain s’enfonce dans le scandale. Mis à part les naïfs et les incompétents très présents dans toutes les instances sportives, notamment du côté de Lausanne (ville où se trouve le CIO), qui peut croire une seconde que ces pratiques sont nouvelles et que tous les podiums investis depuis près de quarante ans par les athlètes à la bannière étoilée, et ce malgré la prohibition du dopage, l’étaient par des champions carburant uniquement à l’eau de source ?

 

STUPEFIANTES

L’Equipe, 28 juin 1966 –  [en 1966, le Dianabol (un stéroïde anabolisant) ne figure pas encore sur la liste rouge mais il est consommé exclusivement pour booster les performances sportives

Des qualités naturelles et un entraînement novateur seraient les seules explications des exploits des athlètes américains !!!

 Qui peut encore avaler aujourd’hui que les Etats-Unis ont été jusqu’à l’affaire Balco épargnés par le fléau et que leur domination sur la piste ne serait que la résultante de leurs qualités naturelles associées à un entraînement particulièrement novateur ? Dans l’affirmative, cela voudrait dire qu’il existe des surhommes dont le gène est répandu exclusivement aux Etats-Unis. Cette éventualité n’est, bien sûr, pas crédible.

Sans remonter aux premières joutes athlétiques des Jeux de 1896 à Athènes, signalons que le coach américain Tom Eckner révélait au décours des années 1960 « que ces derniers temps, 70% de tous les athlètes US ont consommé plus ou moins régulièrement du Dianabol®, un stéroïde anabolisant préparé par le laboratoire suisse CIBA Il paraît que très rapidement après l’absorption, on constate une augmentation considérable du potentiel musculaire » L’épidémie de Dianabol® est confirmée par le perchiste Ron Morris : « Je ne connais aucun athlète américain de concours qui n’emploie pas le Dianabol®. Tous sont enthousiastes et je connais même des lutteurs et des boxeurs qui l’utilisent. » Des sprinters ayant émis l’avis que la vitesse initiale pouvait être diminuée, Bill Tooney (le futur champion olympique du décathlon 1968) a confirmé que les stéroïdes anabolisants bien au contraire amélioraient la vitesse : « Avec le Dianabol®, je me sens aussi plus rapide ». A l’époque déjà, certains émettaient des doutes sérieux sur l’innocuité de telles substances, notamment au niveau cardiaque et mental.

bill tooney

Bill Tooney (USA), champion olympique du décathlon en 1968 (8193 pts)

 

 « De jour en jour, je me sens de plus en plus fort »

La connaissance d’un risque n’étant pas un argument suffisant pour freiner les chercheurs d’or olympique d’autant plus qu’il faut du temps pour en subir les contraintes négatives, les commentaires de Bill Tooney résumaient bien le comportement des athlètes face à ce type d’inquiétudes : « Je n’ai aucune crainte. Depuis dix-huit mois, j’utilise régulièrement ce produit. Tout ce que je constate c’est que de jour en jour, je me sens de plus en plus fort. » Avec de tels effets, nul doute que le produit attire d’autres compétiteurs. L’un des meilleurs lanceurs de poids français, Alain Drufin, témoigne : « Lorsque je suis parti pour les Etats-Unis en 1965, j’ignorais tout des anabolisants. C’est en arrivant à l’université de Californie du Sud à Los Angeles que j’en ai découvert l’existence. Tous les lanceurs en prenaient, certains à hautes doses. »

A la même époque, la chronique des vestiaires faisait état de la présence de saladiers remplis de pilules multicolores dans lesquels, à l’occasion des entraînements, les athlètes piochaient à pleines mains.

Autre révélation qui démontre qu’outre-Atlantique la culture du dopage est très fortement implantée dans les enceintes sportives, notamment dans la Ligue Nationale de Football (LNF). L’ancien joueur des Cardinals de Saint Louis, Dave Meggyesy, s’est lancé dans un violent réquisitoire afin de démontrer que le football professionnel est une industrie déshumanisante. Dans son ouvrage « Out of Their League » paru en 1971, Meggyesy fera état de fraudes, manipulations de combats, de tactiques d’intimidation, de racisme, de violence extrême et d’utilisation massive de dopants : « Dans la LNF, j’ai vu des joueurs se gaver de stéroïdes anabolisants, d’amphétamines et de barbituriques, à un rythme effarant. La plupart des entraîneurs sont d’ailleurs au courant de cette question et, pour autant que le rendement de jeu augmente, ils encouragent cette pratique. »

Autre dérive : l’implication des dirigeants sportifs. Un an avant les Jeux de 1984 à Los Angeles, le Comité olympique américain (USOC) décida d’éduquer les sportifs à la bannière étoilée à déjouer les contrôles antidopage.

 Un programme éducatif pour contourner les tests de dopage

C’est le journaliste d’investigation, de nationalité anglaise, Andrew Jennings qui dans son livre « Main basse sur les JO », paru en 1992 aux éditions Flammarion, révèle la manœuvre : « L’USOC lança ce que, par euphémisme, on appela un « programme éducatif et non répressif sur les tests de dopage » au laboratoire agréé du CIO installé en Californie pour la préparation des JO. Officiellement, ce dispositif était destiné à familiariser les athlètes avec les procédures de contrôles avant les Jeux. La farce était transparente ; pas besoin de cours pour apprendre à uriner dans un flacon. C’était un don du ciel pour les dopés. Ils se pressèrent pour utiliser le laboratoire et découvrir plus précisément à quelle vitesse leur organisme se débarrassait des traces suspectes de stéroïdes. » Parallèlement, à chaque fois qu’un athlète américain était pris dans la nasse du contrôle antidopage, il était immédiatement blanchi pour vice de forme par sa fédération nationale ou une commission d’enquête made in USA.

 

main basse

Andrew Jennings : « Main basse sur les JO », éditions Flammarion, 1992

 

Des athlètes protégés par la Fédération

Voici la liste non exhaustive des athlètes ayant été soutenus et protégés : Mary Slaney, ex-Decker, championne du monde des 1500 et 3000 m en 1983, Sandra Farmer-Patrick, vice-championne olympique du 400 m haies, Stephen Flenoy, spécialiste du 400 m haies, tous les trois contrôlés positifs à la testostérone (hormone mâle) en juin 1996 lors des sélections pour Atlanta. Randy Barnes, le recordman du monde du lancer de poids,  Harry Butch Reynolds recordman du monde du 400 m, contrôlé positif à la nandrolone en août 1992, le sprinter Denis Mitchell contrôlé positif à la testostérone le 1er avril 1998 et qui avait invoqué, pour expliquer ce test hors norme, avoir fait quatre fois l’amour avec sa femme la nuit précédant le contrôle…

 

denis mitchell

Denis Mitchell (USA), 3e au 100 m des JO d’Atlanta en 1996

 

Pendant les Jeux de Sydney en 2000, un responsable de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a révélé que les États-Unis ont passé sous silence des cas de dopage concernant 10 à 12 athlètes au cours des deux dernières années.

Sur ces cas, Arne Ljungqvist, patron de la Commission médicale de l’IAAF, avait affirmé à la télévision britannique Channel 4 que la Fédération américaine d’athlétisme (USATF) n’avait jamais communiquée à l’IAAF des rapports de cas positifs transmis par le laboratoire d‘Indianapolis. La controverse concernant l’aptitude de l’USATF à camoufler ses problèmes de dopage s’est trouvée confortée lorsque la presse australienne avait découvert que le lanceur de poids américain C.J Hunter, mari de Marion Jones, la double championne olympique du 100 et 200 m, avait subi plusieurs contrôles positifs à la nandrolone, un anabolisant très répandu dans les urines de la gent athlétique.

 Préserver l’anonymat le plus longtemps possible

La fédération américaine n’avait évoqué le nom de Hunter qu’après les révélations de l’IAAF et du Comité international olympique (CIO). Pour sa défense, l’USATF estime que l’anonymat doit être préservé tant que l’enquête sur une affaire n’est pas terminée. Ce à quoi lui répond le vice-président du CIO, le Canadien Dick Pound : « Rien ne permet de s’exonérer de l’obligation de nommer les personnes impliquées. Si vous êtes accusés de meurtre, c’est rendu public. On n’attend pas le verdict pour l’annoncer. » De son côté, l’un des responsables du comité olympique américain, Norm Black, se rebiffe en dénonçant la chasse aux sorcières contre les athlètes de l’Oncle Sam.

 

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Dick Pound, vice-président du CIO de 1987 à 1991 et de 1996 à 2000; président de l’AMA de 1999 à 2007

 

Plus récemment, en avril 2003, le docteur Wade Exum, responsable de la lutte antidopage de l’USOC entre 1991 et 2000, a fourni plus de 30 000 pages de documents aux magazines Sports Illustrated et Orange County Register. Selon lui, ils contiennent des preuves que des athlètes comme Carl Lewis ou la joueuse de tennis Mary Joe Fernandez ont été contrôlés positifs mais autorisés à concourir par l’USOC.

 Carl Lewis contrôlé positif à trois reprises

Exum affirme que Lewis avait été contrôlé à trois reprises à des stimulants interdits par le Comité international olympique (CIO) lors des sélections américaines de 1988. Le Comité olympique américain avait d’abord disqualifié Lewis avant d’accepter son appel sur la base d’un usage par inadvertance. Aux JO de Séoul, Lewis avait ensuite obtenu la médaille d’or du saut en longueur et du 100 mètres après la disqualification de Ben Johnson, vainqueur sur la piste et auteur d’un nouveau record de monde, pour usages de stéroïdes anabolisants.

 

carl lewis

Carl Lewis (USA), 9 médailles d’or aux Jeux olympiques (4 en 1984, 2 en 1988, 2 en 1992, 1 en 1996) 

 

 

L’USOC a affirmé que les accusations d’Exum étaient non fondées. Pour sa défense, cette dernière affirme que depuis le mois d’octobre 2000, les contrôles antidopage sont de la responsabilité de l’Agence américaine antidopage, une nouvelle organisation indépendante.

Ce comportement laxiste, qui n’est pas propre à la fédération américaine d’athlétisme, montre bien que les contrôles et les sanctions pour croître en efficacité se doivent impérativement de ne plus être sous la responsabilité d’un pouvoir sportif. Le changement ne peut venir que d’un organisme réellement indépendant au milieu sportif.

Qui connaît dans nos démocraties occidentales un tribunal où c’est sa propre famille qui juge un prévenu ?

 Dr Jean-Pierre de Mondenard (publié le 17.12.2004)

URSS-RUSSIE : 65 ans de saga dopante ininterrompue

Par défaut

 En compulsant les archives du dopage, on constate que les Soviétiques et ensuite les Russes, leurs successeurs depuis 1992, ont une attirance marquée pour les drogues de la performance.

Florilège de cette cohabitation inspirée et encadrée par l’Etat (ouvrir document ci-dessous).

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