Sauf que dans certains cas, c’est la vérité…vraie !
Décryptage.
La curleuse canadienne Briane Harris vient d’être blanchie par le Tribunal arbitral du sport (TAS) d’accusation de dopage.
Sa défense : devant le TAS, le 23 août 2024, elle a affirmé ne pas savoir ou soupçonner que son mari avait consommé du ligandrol (un Sarms mimant les effets des stéroïdes anabolisants) ni qu’un contact intime représentait un risque de contamination par des substances illicites.
Ce refrain « Je ne savais pas » est inaudible depuis plus de 20 ans et les premiers tests positifs détectés par l’antidopage à la suite de rapports intimes.
Qui plus est, Birane Harris est Canadienne ! Or, en 2019, un cas similaire – celui de la canoéiste Laurence Vincent-Lapointe, championne du monde à huit reprises – a été hypermédiatisé dans son pays, le Canada.
Rappelons que la règle de la Responsabilité objective (entrée en vigueur le 1er janvier 2004), impose au sportif de maîtriser la provenance de toutes les substances illicites décelées dans les liquides corporels.
Sauf qu’aujourd’hui, en 2025, compte tenu de sa fréquence dans les affaires de dopage, la contamination par transmission des fluides corporels ne peut plus faire partie de ‘’circonstances exceptionnelles’’.
En revanche, l’examen capillaire peut permettra dès le départ de la procédure d’un contrôle positif, de savoir si la substance présente dans les urines relève de la contamination passive (rapports sexuels, baisers buccaux, cunnilingus…) ou du dopage.
Une question majeure demeure : quelle est la raison motivée qui fait que dans le cas de Briane Harris, son conjoint consomme du Ligandrol, une substance non admise comme médicament mais exclusivement dédiée – en tant que complément alimentaire – à accroître forme et musculature ?
Finalement, chez Briane Harris, il y a manquement pour Responsabilité objective non respectée.
Après les excuses plus ou moins alambiquées régulièrement avancées tels que :
Compléments alimentaires contaminés,
Mon kiné m’a massé avec une pommade contenant une substance illicite
Ma sonnette était en panne [pour échapper au contrôle inopiné] ou mon portable était sur silencieux
Voici l’épidémie des débats amoureux contaminants.
Et quand, chez une femme mariée, l’amant sera le contaminant avec un produit destiné à accroître ses performances sous la couette, comment s’en sortira la maîtresse épinglée ? Va-t-elle impliquer le mari ou l’amant afin de lui faire payer les frais de procédure ?
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En fichiers joints – Contaminations passives : le sexe au rapport – Les principaux cas par contamination sexuelle enregistrés depuis 2006
sur quelques personnages ayant été éclaboussés par l’affaire du Tour de France 1998
Sur Daniel BAAL –
Président de la Fédération française de cyclisme (FFC) de 1993 à 2001;
Vice-président de l’Union cycliste internationale (UCI) de 1997 à 2001,
Dans l’organisation du Tour de France en tant que directeur
Un président de la FFC aux connaissances sur le dopage très approximatives
MICHEL GROS – La passion du cyclisme et quelques vérités…St-Martin-la-Plaine (42), éd Phénicie, 2024. – 509 pages
Michel Gros, directeur sportif de Festina de 1995 à 1999, témoigne d’un rendez-vous pris avec Daniel Baal dans les suites du tsunami Festina du Tour de France 1998 :
« Richard Virenque me dit vouloir rencontrer Daniel Baal, le vice-président de l’UCI. Monsieur Verbruggen est, lui, en vacances aux Maldives, pendant cette crise sans précédent. Le 28 juillet, nous nous retrouvons à Lausanne avec Richard Virenque. Daniel Baal me reçoit en premier et je lui exprime mon inquiétude pour le cyclisme. Il est, pour moi urgent de faire une table ronde avec toutes les parties du cyclisme. Je lui dis carrément que sur 189 coureurs au départ du Tour, il y en a au moins 180 qui fonctionnent à l’EPO, que ce soit par un dopage organisé par leur équipe ou non. Il me répond, esquissant même un sourire, qu’il ne me croit pas du tout. Que le dopage, c’est seulement Festina et peut-être TVM. Si je n’étais pas assis, j’en tomberais sur le cul !
J’ai l’impression qu’il croit vraiment à ce qu’il me raconte. Et c’est bien là le pire, de la part du vice-président de l’UCI ! La discussion est close et je laisse la place à Richard. » [pp 317-319]
Personnellement, en 2000, dans les pages ‘’Débats et opinions’’ du Figaro, j’avais publié un article sur les trois boss du cyclisme exerçant au moment de l’affaire Festina : « Dopage – Les dirigeants du cyclisme sont-ils de faux naïfs ? les forçats de la langue de bois ». J’avais résumé les ‘’états de service’’ de Jean-Marie Leblanc, ancien cycliste pro, ancien journaliste et directeur du Tour de France depuis 1989 et du deuxième homme fort de l’époque, Hein Verbruggen, actif dans les instances internationales du cyclisme depuis 1984 et président de l’UCI de 1991 à 2005. Pour le troisième personnage, Daniel Baal, dans les instances fédérales françaises (comité directeur de la FFC depuis 1981), que Michel Gros vient d’épingler dans ses discours, montrait qu’il n’avait pas une connaissance pointue sur le dopage en général et le cyclisme professionnel en particulier.
Dans Le Figaro du 07 novembre, je stigmatisais son ignorance : « Quant à, Daniel Baal, le président de la FFC, en exercice depuis le 20 février 1993, présent au comité directeur depuis 1981 et ancien coureur cycliste de première catégorie, il ne nous paraît pas être l’homme vraiment providentiel pour éradiquer le fléau. De même, lui aussi n’a découvert que tardivement l’arrivée de l’EPO qu’il situe en 1993. Ces trois dernières années, à chaque fois qu’émergeait un problème ou une situation anormale (dopage organisé sur le Tour de France 1998, premier bilan alarmant du suivi médical longitudinal, charges d’entraînement des féminines), Daniel Baal faisait part de son étonnement : « Je n’imaginais pas … ». On a du mal à comprendre l’ampleur de cette ignorance, d’autant plus qu’il affirme dans son livre témoignage ‘’Droit dans le mur’’ publié en 1999 : « Je continuerai à faire bénéficier l’UCI de mes connaissances, de mon expérience du terrain que je fréquente assidûment depuis plus de vingt-cinq ans » ! [Dr JPDM, Le Figaro, 07.11.2000]
Daniel Baal, un juge pour le moins partial à la solde d’ASO
Page 357 de son ouvrage, Michel Gros raconte un autre évènement dans lequel intervient Baal.
Les faits : l’équipe cycliste Jean Delatour créée au début de l’année 2000 avec, à sa tête, Jean-Pierre Frety, le patron, et Michel Gros le directeur sportif, postule pour une place dans la sélection pour le Tour de France. Delatour est recalée au prétexte que ses résultats sont moins bons que ceux de l’équipe Bonjour, elle aussi nouvelle dans le peloton. Michel Gros s’interroge sur la légitimité de Baal comme ‘’juge’’ de cette décision :
« Le dernier jour du Dauphiné Libéré 2000, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Sallanches, avec un final sur le circuit des Championnats du monde gagné par Bernard Hinault en 1980, superbe étape pour Jean Delatour avec Frédéric Bessy, 2e et Christophe Oriol, 4e . Mais échappés avec Laurent Jalabert, ils n’ont pu répondre à son attaque dans la dernière escalade de la côte de Domancy. Patrice Halgand termine 15e du général. C’est quand même un bon Dauphiné pour nous. Et nous avons été bien meilleurs que l’équipe Bonjour, sélectionnée pour le Tour. D’ailleurs, Jean-Pierre Frety attaque en justice ASO, espérant toujours que nous y serons. Personne n’a jamais osé faire ça ! Un médiateur est nommé, je vous le donne en mille : Daniel Baal, l’homme sans doute le plus impartial pour juger une telle affaire ! Il rend son verdict, 100% favorable à ASO. Un an plus tard, en octobre 2001, il devient directeur du Cyclisme chez ASO ! Jean-Pierre Frety ne faisait pas le poids, face à la grosse machine qu’est ASO. » [pp 357-358]
Dans ce même ouvrage, M. Gros taille aussi un costard à Roger Legeay (directeur sportif de l’équipe Crédit Agricole), à Vincent Lavenu (directeur sportif de l’équipe Casino-AG2R Prévoyance), au Dr Claire Condemine-Piron (médecin de l’équipe Festina une seule saison, en 1999).
Sur ces trois acteurs du cyclisme, tous proches de l’affaire Festina, nous publierons dans un prochain article, les commentaires de Michel Gros croisés avec les miens.
POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme, peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme, peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
SERVICE PRESS du Crédit Mutuel Alliance Fédérale :Daniel Baal : Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale
« Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Daniel Baal a un parcours professionnel singulier. Dirigeant du neuvième groupe bancaire de la zone euro, Daniel Baal est un homme de terrain qui a fait de sa culture sportive un moteur de performance pour son entreprise où l’exigence et la bienveillance guident ses prises de décision. Reconnu pour son leadership et sa vision stratégique, Daniel Baal a ainsi gravi les échelons au sein du groupe et a contribué à faire de Crédit Mutuel Alliance Fédérale l’une des banques les plus performantes en France (…) En parallèle de ses fonctions au sein du groupe mutualiste, Daniel Baal, passionné de sport et notamment de cyclisme, devient à 36 ans le plus jeune président bénévole de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et le premier dirigeant alsacien élu à la tête d’une discipline olympique française. Durant ses deux mandats (1993-2001), le cyclisme français connaît un grand développement, dépassant les 100 000 licenciés ; il s’est particulièrement engagé dans la lutte contre le dopage et les dérives par rapport à l’éthique. Fin 2001, Daniel Baal met entre parenthèse sa carrière bancaire pour se consacrer pleinement au monde du sport. Ainsi, il occupe les postes de numéro 2 du Tour de France et directeur du cyclisme chez Amaury Sports Organisation. »
Commentaires JPDM – Baal occupera le poste de directeur du cyclisme pendant deux années (2002-2003). N’ayant pas convaincu le patron d’ASO, il sera remercié.
Entretien du Dr Jean-Pierre de Mondenard pour la Revue scientifique Histoire – médecine et santé, n° 26, hiver 2024
Pour tous les passionnés voulant se documenter sur l’usage omniprésent des amplificateurs artificiels de la performance chez les compétiteurs, dans tous les sports, je les invite à lire ma dernière production dans le n° 26 d’Histoire, médecine et santé.
L’ensemble du numéro est consacré aux drogues. J’interviens sous forme d’un entretien de 15 pages sur : Dopage sportif, substances illicites et addictions. Mes débuts actifs comme médecin dans les grandes épreuves cyclistes et mon implication dans la lutte antidopage, mais pas que, sont évoqués sans langue de bois depuis mon implication au tournant des années 1970.
La constance dans l’origine de ces morts prématurées est due à l’utilisation de stimulants dans les courses cyclistes mais pas seulement puisque les Quatorze sommets de la planète dépassant 8 000 m et vaincus de 1950 à 1964, l’ont été grâce à l’utilisation de l’Alpha-méthyl-phényléthyl-amine, plus connue sous le nom d’amphétamine.
Définition
Ce sont des substances synthétiques agissant essentiellement comme stimulant du système nerveux central. Elles réveillent l’esprit (c’est pour cela qu’on s’en sert pour lutter contre la somnolence et le sommeil) et provoquent une exaltation des activités motrice et psychique, ce qui a pour effet de faciliter le travail physique et intellectuel. Après l’absorption de ces produits, le sujet se sent euphorique, plus sûr de lui, plus décidé, plus efficace; la fatigue et l’apathie diminuent considérablement, la faim se fait moins sentir. C’est pour cet effet tonique, » stimulant « , que les dérivés amphétaminiques sont largement utilisés dès la sortie du 2e Conflit mondial par les personnes qui cherchent à accroître leur rendement physique ou intellectuel (certains sportifs, des étudiants en période d’examen, etc.). Deux slogans ont facilité sa diffusion auprès du public: » donne du nerf aux gens fatigués » et « deux pilules valent mieux qu’un mois de vacances’’.
Dans un document publié début 1968 par la Revue de médecine du sport intitulé ‘’Combattez le doping’’, rédigé par le Bureau médical du ministère de la Jeunesse et des Sports, il est rappelé que de nombreux accidents ont été publiés dans la littérature médicale ou paramédicale mettant en cause l’utilisation d’amphétamines à l’effort : « Le danger de ces produits réside dans la suppression des signes et symptômes de la fatigue. Des souris traitées aux amphétamines deviennent capables de faire des sauts disproportionnés à leurs possibilités habituelles mais désordonnés. Mais alors que l’animal peut être forcé et atteindre la limite physiologique de l’effort, la dépasser et succomber, l’homme, au cours de l’effort sportif, garde son ‘’libre arbitre de l’effort’’. Ce n’est que lorsqu’il est drogué ou dopé qu’il perd cette liberté de décision. Certes, cette liberté de choix peut être annihilée dans certaines conditions dramatiques de survie ; nous ne sommes plus alors dans le cas de l’effort sportif. »
[1] 1er volet – Les tout débuts des premières expertises antidopage : 1952-1955 en France et en Italie – Blog JPDM publié le 07 décembre 2024
Alors que les instances olympiques s’attribuent la paternité des premiers tests et réglementations aux Jeux de Mexico, en 1968
C’est bien sûr une fake news !
Une idée reçue qui a la vie dure colportée par les toutologues et autres ultracrépidariens
En réalité, les pionniers de l’antidopage exerçaient dans le cyclisme au début des années 1950. Témoignages des contemporains.
Le dopage n’est pas seulement stimulé par la compétition entre les hommes mais aussi par l’ignorance de tous ceux qui sont chargés de commenter l’actualité des médocs amplificateurs artificiels de performance. D’où le nombre pléthorique des idées reçues sur les dérives biologiques des ‘’semeurs d’énergie’’, notamment sur les tout premiers contrôles antidopage effectués dans le monde du sport.
Comme souvent dans l’histoire du dopage et de son contrôle, les pionniers sont ignorés, voire remplacés, et leurs actions novatrices reprises pour leur propre compte par des personnages arrogants autant qu’ignares
C’est l’Espagnol Juan Antonio Samaranch, président du CIO de 1980 à 2001, qui va étaler sa pseudo-science d’historien sur le dopage en répétant que : « Le CIO est la première organisation à avoir commencé la lutte en 1968 aux Jeux de Mexico. Il y a eu ensuite, à Séoul en 1988, la suspension par nous-mêmes de l’athlète le plus populaire. Les fédérations internationales et les comités olympiques nationaux ont commencé à lutter contre le dopage à partir de ce moment-là. » [Le Monde, 15.09.2000]
Un commentaire de cette tirade s’impose.
Avant les Jeux de Mexico en octobre 1968, il y a eu la même année les Jeux d’hiver à Grenoble où les premiers contrôles olympiques ont été effectués sous la conduite d’Alexandre de Mérode président de la commission médicale du CIO. Par ailleurs, son autosatisfaction d’avoir épinglé Ben Johnson à Séoul ne manque pas de sel lorsqu’on sait qu’à l’époque du test positif du Canadien le 24 septembre 1988, Samaranch en a voulu à de Mérode. Le mot est faible puisqu’il ne lui a plus adressé la parole pendant six mois.
Dans un deuxième temps, Samaranch a compris que d’avoir sanctionné la star n° 1 des Jeux de Séoul crédibilisait l’action antidopage du CIO et devenait un argument de promotion de l’action olympique. Comme tous ceux qui atteignent de hautes fonctions, ils deviennent les champions du monde du volte-face.
En réalité, la lutte antidopage a pris corps dans le cyclisme au début des années 1950 à la suite de plusieurs défaillances en course se terminant par un décès. L’Italie et la France, les deux nations les plus impliquées dans les épreuves sur route vont débuter des expertises au départ et à l’arrivée des courses.
C’est à Helsinki, ville organisatrice des JO en 1952 que des tests sont effectués sur les seuls cyclistes tricolores à l’initiative des dirigeants français sans que l’organisme olympique soit partie prenante dans cette investigation innovante.
EN FICHIER JOINT (PDF) : Fake news : la lutte antidopage a débuté en 1968 aux Jeux de Mexico (suite de l’article)
Alors qu’on nous avait vendu des aveux médiatiques de Marion Sicot en 2020, deux ans plus tard, la cycliste passe à table devant le tribunal de Montargis. Elle fait des révélations crédibles. Son dopage plus complet a débuté en 2016.
Diego Maradona, Ben Johnson, Lance Armstrong, Jannik Sinner ou Paul Pogba – tous stars dans leur sport – sont connus par leurs performances sur le terrain mais également par la molécule qui les a mis au-devant de la scène, à la une de la presse.
Depuis le début des tests analytiques du dopage en 1966, différents acteurs de la performance physique sont tombés dans les éprouvettes pour avoir pris volontairement un médoc illicite ou par contamination dite à son insu (viande, rapport sexuel, complément alimentaire).
Pour la plupart, en raison de leur rang : maillot jaune, n° 1 mondial, star de sa spécialité, ces sportifs ont indirectement médiatisé un produit illicite jusqu’alors inconnu du grand public mais aussi des journalistes : clenbutérol, probénécide, roxadustat, DHEA, clostébol, meldonium…
La trentaine de cas suivants vont forcément laisser une trace dans l’histoire du dopage et seront cités régulièrement lorsqu’un sportif sera pris par la patrouille avec la même substance. Par exemple, chaque fois qu’un cas positif au stanozolol est révélé dans le commentaire de l’article, il est signalé ‘’le même produit qui a fait tomber le Canadien Ben Johnson lors de la finale aux Jeux de Séoul en 1988.’’
De même, si la substance détectée est de l’éphédrine, il sera rappelé le cas positif de la cycliste Jeannie Longo en 1987.
EN FICHIER JOINT – 30 Stars du sport qui, à leur insu, ont médiatisé le produit détecté dans leurs liquides corporels
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L’avantage pour tous les sportifs c’est que ces trois médocs de la performance ne sont pas référencés en toutes lettres dans la liste de l’Agence mondiale antidopage (AMA) mais qu’en plus ils ne sont pas détectables de façon formelle dans le cadre d’un test antidopage. Donc, aucun risque d’être testé positif et vilipendé pour ce faux-pas par une certaine presse toujours à l’affût de dénoncer alors qu’elle n’y connaît pas grand-chose.
Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur le bicarbonate de sodium utilisé dans le sport de compétition depuis le milieu des années 1920, notamment par le nageur américain Johnny Weissmuller lauréat de cinq médailles d’or aux Jeux olympiques de 1924 et 1928.
Pourquoi le bicarbonate de sodium fait-il partie depuis si longtemps de la pharmacie haute performance des sportifs ?
A l’effort intense, il y a production d’acide lactique, une substance qui apparaît lors du déclenchement du système énergétique en l’absence d’oxygène dit ‘’anaérobie lactique’’. Lorsque l’activité musculaire dépasse un certain seuil d’intensité, cet acide pourrait provoquer des effets négatifs sur la gestuelle musculaire : crampes, jambes raides, douleurs musculaires dans les fesses, les cuisses, les lombaires, céphalées, sensations de sang dans la bouche…Sauf que la preuve de ces effets entravant la contraction musculaire n’ont jamais été démontrés. En contradiction avec cette explication de perturbateur musculaire, une maladie métabolique connue se manifeste par une absence d’augmentation de l’acide lactique à l’effort alors qu’au contraire les muscles souffrent de plus en plus. Quoi qu’il en soit, pour les partisans convaincus, consommer des alcalins (bicarbonate de sodium) dans l’environnement d’un entraînement ou d’une compétition c’est limiter l’élévation des lactates et, par ricochet, les douleurs musculaires.
Eclairons les lecteurs sur trois croyances erronées sur l’acide lactique colportées par des pseudo-experts
L’acide lactique, en l’absence d’oxygène, est produit par l’entremise du système anaérobie lactique, lequel permet au corps humain de créer de l’énergie rapidement grâce à la dégradation des sucres (glucose, glycogène) sans l’utilisation d’oxygène. Dès sa formation dans la cellule musculaire, l’acide lactique se dissocie en une molécule de lactate et un proton d’hydrogène (H+), ce qui signifie que l’acide lactique ne s’accumule jamais dans le muscle.
La biographie de Luc Leblanc, le champion du monde 1994 à Agrigente (Sicile) publiée en 2023 témoigne que l’acide lactique est un produit très mal connu par le peloton mais pas que ! L’acide lactique y figure à la rubrique détoxiner : « Après une étape où on a fourni beaucoup d’efforts et accumulé de l’acide lactique dans les muscles, on enfourche un home-trainer et on tourne les jambes en moulinant pour éliminer les toxines. » [Luc Leblanc. – Moi, Lucho. L’important c’est de rester vivant. – Paris, éd. Solar, 2023. – 296 p (p 287)]
Deux cents pages en amont, Leblanc avait déjà abordé le thème de comment détoxiner avec un home-trainer : « Maintenant, au lieu de récupérer autour de la table, je les vois remonter sur le vélo fixé à un home-trainer et pendant vingt minutes, ils tournent les jambes, à basse fréquence pour ‘’détoxiner’’. » [p 69]
Sur ce, un fidèle lecteur du blog m’a interpellé sur les fausses croyances accolées à l’acide lactique : « Pourriez-vous corriger les ‘’trois croyances erronées sur l’acide lactique’’ ? Que devons-nous savoir à la place ? » [S. Louis – contact blog le 12 juin 2023]
Trois éléments de réponse
Le rôle principal de l’acide lactique est de participer à l’énergétique musculaire. Le lactate constitue une source d’énergie, c’est-à-dire que le corps peut l’utiliser comme carburant pour produire de l’énergie. Au repos son utilisation représente de 3 à 5% de l’énergie fournie et ce taux peut atteindre jusqu’à 10% pendant l’exercice.
L’acide lactique ne s’accumule jamais dans le muscle puisqu’il se trouve dans le sang. A la suite d’un exercice intense, le niveau d’acidité qui a augmenté met environ 10 minutes à revenir à sa valeur de repos. Toutefois, 2 à 3 minutes de repos suffisent au muscle pour retrouver presque complètement sa capacité de performance après un exercice intense ayant provoqué son épuisement. Cette différence de durée minimise l’importance à accorder à la hausse du niveau d’acidité comme cause de fatigue dans une performance d’intensité élevée d’une durée de 20 secondes à 2 minutes.
Enfin, ce n’est pas un déchet qui s’élimine par le foie, les urines ou autre. Lors d’un effort de récupération (home-trainer, footing…) après un entraînement ou une compétition, l’acide lactique est recyclé pour intervenir à nouveau et plus rapidement dans la production énergétique. On sait aussi que cet acide lactique n’est pas un déchet inutile comme souvent affirmé par les sportifs et leurs staffs sous-informés ; en effet, il peut être retransformé par le foie en glycogène, un carburant de l’effort de moyenne et longue durée.
Pourquoi aujourd’hui le bicarbonate de sodium fait-il partie des préoccupations des sportifs de haut-niveau et de leurs staffs ?
Il y a quatre ans, un laboratoire suédois basé à Göteborg a mis au point Maurten Bicarb System, un hydrogel comportant une association de glucides et de bicarbonate permettant une absorption de doses élevées tout en ne provoquant que peu d’effets négatifs sur la sphère digestive. Depuis, avec un grand battage médiatique relayé par des stars de la compétition sportive, notamment cycliste, le Bicard System fait l’objet d’une grande diffusion dans les enceintes athlétiques. D’où la question qui fâche : faut-il le considérer comme un dopant ? En tout cas, selon le concepteur suédois, le produit améliore les performances mais les échos des vestiaires notent quand même des contraintes digestives. Ces deux commentaires pour le moins rangent le bicarbonate de sodium sous l’étiquette de conduite dopante. Effectivement dans la vie courante (cinéma, courses au supermarché, etc.) en dehors des périodes d’entraînement et de compétition, le sportif ne consomme pas le Maurten Bicarb System.
Lecteurs passionnés par la physiologie de l’effort, pour vous faire une opinion plus pointue sur la question : dopant ou pas dopant, substance efficace ou sans effet sur le rendement athlétique, nous proposons la fiche du Dictionnaire du dopage consacrée au bicarbonate de sodium en tant que « médoc de la performance ».
En fichier joint : Dictionnaire du dopage : la fiche actualisée et enrichie sur les ALCALINS (bicarbonate de sodium)
Exemple des participants à l’édition 1947 où les amphétamines font partie des soins courants du peloton
Récemment, un lecteur de ce blog nous a adressé un commentaire mettant en doute l’affirmation de ma part que le dopage n’influençait ni la durée d’une carrière, ni la durée de vie d’un cycliste du Tour de France.
Courrier du lecteur :« Les statistiques restent des chiffres, et comme vous le savez on peut faire dire aux chiffres, ou leur donner une orientation ou un biais selon les résultats auxquels on veut arriver ! Ainsi dans les études concernant les décès elles sont forcément fausses du fait que lors de décès il n’y a quasiment jamais d’autopsie, encore moins dans le milieu amateur. Si je me réfère à mon environnement proche, il ne reste pas beaucoup de coureurs avec qui j’ai pu courir durant de nombreuses années, dans mon ancien club (200 licenciés) je suis le seul à avoir dépassé 75 ans…….! Dans les générations plus jeunes, nombreux sont ceux qui ont des problèmes cardiaques (la même année 4 décès en compétition et aucune autopsie dont mon ancien président de club …! Vous comprendrez mon scepticisme. » – Y.G
REPONSES Dr JPDM – Faisant suite à votre commentaire sur l’effet du dopage non négatif sur la longévité et votre scepticisme que je ne partage pas, je propose plusieurs réflexions et une étude statistique objective. Je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises : je ne crois pas aux statistiques sauf celles que j’établis moi-même grâce à de nombreux documents d’état civils incontournables.
Les autopsies
Toutes celles pratiquées dans l’environnement immédiat du décès d’un cycliste mort jeune, la plupart du temps, ne sont pas pertinentes. Ainsi, plusieurs substances disparaissent rapidement des liquides biologiques : hormone de croissance, EPO….
En revanche, un certain nombre de molécules sont détectables dans les cheveux (voir tableau) mais encore faut-il que la demande en soit faite au médecin-légiste par le procureur ou un membre très proche de la famille.
Rappelons que seuls les décès sur la voie publique ainsi que les soupçons de crimes sont justiciables d’une autopsie.
L’exemple non pertinent d’un club de 200 licenciés
D’écrire « Si je me réfère à mon environnement proche, il ne reste pas beaucoup de coureurs avec qui j’ai pu courir durant de nombreuses années, dans mon ancien club (200 licenciés) je suis le seul à avoir dépassé 75 ans », visiblement ce club a été victime d’une épidémie mortelle.
A ma connaissance, en France, aucune étude statistique ne montre que seulement 0,5% d’une population de 200 sujets n’a atteint 75 ans. Par ailleurs ‘’pas beaucoup’’ et un seul vivant à l’âge de 75 ans démontre que ce genre d’argument ne peut être pris en compte. On attend sans trop y croire la vérification par les états civils. Y avait-il dans cette population des cyclistes de haut niveau avec plusieurs milliers de kilomètres annuels ? Quelle fut leur hygiène de vie durant les années précédant leur décès (prise de poids importante, alcool, tabagisme, sédentarité ?).
Certains, pour expliquer que la longévité des cyclistes est amputée par le dopage, se base sur trois cas isolés qui ont ces dernières années défrayé la chronique, c’est ce qu’on appelle dans le jargon scientifique une statistique au pifomètre, donc anecdotique.
Une étude sérieuse doit d’abord sélectionnerune cohorte bien identifiée
TOUR DE FRANCE 1947 – A titre d’exemple la longévité statistique(à partir de documents officiels d’état civil) des 100 coureurs –
La durée moyenne de leur vie est de 81 ans 6 mois. A la même époque – années 1950 – en comparant avec les footballeurs et les rugbymen internationaux, on constate que les cyclistes au plan de la longévité sont plus performants :
Dans Santémagazine.fr du 29 juillet 2024, Olivier Rabin (OR) – un représentant de l’industrie pharmaceutique basé au siège de l’Agence mondiale antidopage (AMA) à Montréal – qui n’a jamais soigné un seul sportif – donne son avis non autorisé sur les dangers du dopage :
Q : Pourquoi le dopage est-il dangereux pour la santé ?
OR : Si la prise de stimulants, d’EPO ou d’anabolisants augmente les performances des athlètes, elle réduit aussi souvent leur espérance de vie. Le 13 juillet 1967, en pleine étape du Tour de France, le cycliste britannique Tom Simpson s’écroule sur les pentes du mont Ventoux, terrassé par l’abus d’amphétamines et la forte chaleur. Il avait 36 ans. La quête de la performance se transforme parfois en piège mortel pour les athlètes…
Pour valider un concept erroné, on continue à se référer à Tom Simpson, décédé du dopage sur le Tour il y a… 57 ans. Mais depuis, jusqu’au Tour 2024, aucun Géant de la Route n’est mort du dopage pendant l’épreuve
Tom Simpson, 29 ans et non 36 comme indiqué par M. Rabbin, avait consommé des amphétamines pour escalader le Ventoux (1 897 m) au cours de la 13e étape Marseille-Carpentras du Tour 1967.
Au départ de la cité phocéenne, ils sont 104 coureurs. Cinq, en plus du Britannique décédé, vont abandonner. Ce qui est un chiffre courant dans une étape de montagne d’autant plus que la température est élevée, la pente longue et raide. La plupart des coursiers de l’époque carburent aux amphétamines et pas qu’un peu !
Une semaine après le décès de Simpson en Avignon, un contrôle antidopage effectué au terme de la 20e étape au Puy de Dôme détecte deux positifs aux amphets : l’Espagnol Julio Jimenez et le Français Désiré Letort. Visiblement, le décès de leur camarade ne les avait pas ‘’refroidi’’.
Finalement, la vraie question qu’un expert indépendant et objectif doit se poser : pourquoi Simpson fait-il une défaillance mortelle en raison de la prise de stimulants alors que l’ensemble du peloton carbure au même produit sans que cela pose un problème particulier ?
La véritable raison du décès de Simpson
Ce qu’ignore Rabin c’est qu’au pied du Géant de Provence, l’Anglais a absorbé une ½ bouteille de Cognac Bisquit. C’est donc la conjonction de l’hyperthermie liée à la chaleur, à l’effort, à la prise de Tonédron® (amphet.) ainsi qu’à l’alcool qui a provoqué le collapsus cardiovasculaire mortel.
Combien de coureurs sont-ils morts sur le Tour de France, en course, à cause du dopage ? UN seul sur 5 305 qui ont pris le départ depuis 1903, soit 0,019%.
C’est un chiffre beaucoup plus bas que les résultats pathétiques des statistiques annuelles de l’AMA qui, bon an mal an, tourne autour de 1% de positifs. On peut montrer l’absurdité des commentaires de Rabin en comparant le cas Simpson, le bouc émissaire du dopage, avec les 6 cyclistes du Tour de France, toujours sur les 5 305, qui sont devenus centenaires, dont l’un le 19 juillet dernier a fêté ses 104 ans. On se rapproche beaucoup de la réalité en concluant que même sous amphets, le cyclisme de compétition est favorable à la longévité.
CONSTAT : la lutte antidopage se justifie uniquement sur la composante éthique / tricherie.
Une étude scientifique confirme que les cyclistes vivent en moyenne plus longtemps que la population générale. Ce travail a été publié sous l’autorité de la Société européenne de cardiologie, le 03 septembre 2013. Le journaliste scientifique du Nouvel Obs en témoigne :
Selon l’Agence France-Presse, la Française Djenna Laroui, retenue en tant que remplaçante en équipe de France de gymnastique pour les Jeux de Paris, a été testée positive au salbutamol, un stimulant respiratoire qui – en fonction de la dose – peut avoir des effets anabolisants.
La Fédération française de gymnastique a annoncé lundi 22 juillet qu’à la suite d’un résultat d’analyse antidopage anormal (RAA), l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) suspend Djenna Laroui pour une période de six mois à compter du 22 juillet : » Le contrôle effectué par l’AFLD sur Djenna Laroui lors des Championnats de France Elite de gymnastique artistique à Lyon le 7 juin dernier s’est révélé positif au salbutamol (…) La Fédération, se dit « convaincue de la bonne foi de sa gymnaste. La défense de Djenna Laroui affirme que celle-ci n’a jamais eu l’intention de se doper mais qu’elle a été « induite en erreur » par une prescription médicale « ambiguë ». « À la suite de nombreux examens, j’ai été diagnostiquée asthmatique et, pour me soigner, j’ai dû suivre un traitement à base de Ventoline qui contient une substance interdite à tout athlète au-delà d’une certaine dose, sauf à être en possession d’une AUT (autorisation d’usage à des fins thérapeutiques), a-t-elle précisé sur son compte Instagram. Mais, d’après son encadrement médical, une telle autorisation n’était « pas nécessaire ».
L’Equipe, 23.07.2024
Depuis le 1er janvier 2022, l’Agence mondiale antidopage (AMA) a précisé dans sa liste officielle quelle était la réglementation de la prise en spray du salbutamol :
Si le sportif respecte cette posologie, il ne doit pas dépasser le seuil de 1 000 ng/ml dans les urines. Dans cette même réglementation, il est précisé « une telle concentration urinaire supérieure à 1 000 ng/ml n’est pas cohérente avec une utilisation thérapeutique et sera considérée comme un résultat d’analyse anormal (RAA) à moins que le sportif ne prouve par une étude de pharmacocinétique contrôlée que ce résultat anormal est bien la conséquence d’une dose thérapeutique (par inhalation) jusqu’à la dose maximale indiquée ci-dessus [Liste AMA 2022] »
L’AFLD « a considéré que le degré de faute pouvait être regardé comme léger, sans pour autant permettre à Djenna Laroui d’échapper à une sanction » ajoute la Fédération. La gymnaste de 19 ans est suspendue de compétition pour une période de six mois dont quatre mois et demi sans autorisation de pratiquer la gymnastique dans un centre d’entraînement agréé. »
Résultat des courses : la gymnaste qui n’est pas docteur en médecine a pris 6 mois alors que le médecin prescripteur se porte bien et ne sera pas suspendu de soins aux sportifs
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