Dictionnaire du dopage – La trenbolone, un stéroïde anabolisant source de controverse

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Car une possible contamination accidentelle par la viande est admise par les instances

Fiche actualisée et enrichie

Concerne les sportifs où la puissance musculaire fait la différence, notamment chez les spécialistes de la vitesse en athlétisme. Il arrive également que le test positif à la trenbolone soit dû à une contamination accidentelle par de la viande.

La trenbolone, puissant anabolisant stéroïdien à effet androgénique,  normalement retirée du marché depuis près de trente ans, reste toujours en vente sur le net. L’athlète épinglé invoque régulièrement  l’absorption à son insu de la substance lors de la consommation de viande contaminée. Cette défense peut être admise par les Commissions des sanctions antidopage.

Le cas qui motive cette publication

Un jeune sprinteur américain, Erryon Knighton, âgé de 20 ans, star du 200 m en devenir, a été hors compétition testé positif à la trenbolone le 26 mars dernier. Bien que suspendu provisoirement par l’Agence antidopage américaine -Usada), on a appris le 20 juin qu’il avait été blanchi par la Commission antidopage au prétexte que la contamination à son insu par de la viande avait été démontrée et que Knighton n’avait commis aucune faute ou négligence.

Dès le 20 juin, nous avons publié trois tweets sur X (ex-twitter) pour commenter l’efficacité de la procédure suivie par l’Usada :

Trois tweets JPDM

  1. Dopage – Contamination par la viande contenant de la trenbolone, un stéroïde anabolisant dont la présence est de plus en plus en rapport avec la croissance frauduleuse du bétail. Certains pays sont plus exposés : Chine, Colombie, Equateur, Mexique, Pérou.
  2. Une star du sprint américain, Erriyon Knighton, double médaillé mondial du 200 m, depuis le 12 avril était exclu des pistes pour un test positif à la trenbolone, un engrais musculaire. La contamination à son insu a été reconnue par l’Usada qui l’a blanchi.
  3. L’Usada a bien géré cette analyse anormale en suspendant l’athlète provisoirement, sans que la décision soit rendue publique jusqu’au terme de la procédure l’ayant mis hors de course. L’athlète peut ainsi participer aux trials et se qualifier pour les Jeux.

Quelques dates jalonnent le parcours de la trenbolone :

  • synthétisée en 1963,
  • commercialisée en 1972,
  • prohibée en compétition par la France depuis 1989,
  • retirée du marché pharmaceutique français en 1997,
  • inscrite pour la 1re fois sur la liste de l’Agence mondiale antidopage (AMA) le 1er janvier 2004
  • première détection dans l’Hexagone en 2011
  • en 2024, la trenbolone est classée dans la section S1.1 stéroïdes anabolisants androgène (SAA). Elle est interdite en et hors compétition et fait partie des substances non spécifiées

Signalons à tous les consommateurs inconscients que la trenbolone agresse spécialement les reins et majore ‘’triple XXL’’ l’agressivité (rage des stéroïdes).

En fichier joint (PDF) – Dictionnaire du dopage : fiche de la trenbolone

Dopage – Morgan Barbançon : 3 No-shows (NS), analyse et conséquences

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De 3 mois en 1re instance à 18 mois en appel par le TAS. Il y a comme un défaut !

La cavalière Morgan Barbançon – un pilier de l’équipe de France de dressage – est suspendue trois mois fin avril pour trois défauts de localisation avec une participation aux JO de Paris très problématique.

Quelle est la légitimité de la Commission des sanctions dite ‘’indépendante’’ ? Visiblement, le maillon faible du système antidopage

La sportive et l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ont fait toutes les deux appel. La première pour sanction ‘’trop lourde’’ et l’instance pour suspension inférieure au tarif du Code mondial. Selon le site chevalmag.com : « L’audience en appel s’est tenue il y a quelques jours et elle n’a pas joué en faveur de la cavalière. En effet, dans un document publié par l’AFLD rapportant le jugement du TAS du 14 juin, Barbançon en ressort avec une peine largement alourdie à dix-huit mois de suspension à compter du 10 avril 2024 et jusqu’au 10 octobre 2025. Par conséquent, Morgan Barbançon ne pourra prétendre à une sélection pour les Jeux olympiques de Paris 2024, mais également pour les championnats d’Europe de 2025. »

Morgan Barbançon, spécialiste du dressage

Parcours d’obstacles : décryptage du processus aboutissant à la sanction définitive

Morgan Barbançon est convaincue de trois défauts de localisation en moins d’un an. Pour sa défense, la cavalière spécialiste du dressage, invoque la difficulté à se connecter par internet à la plateforme de signalisation. Difficile de gober cette défense peu crédible dans la mesure où sa première participation aux Jeux olympiques remonte à 2012 et qu’aujourd’hui âgée de 31 ans, elle est un pilier de l’équipe de France depuis 2018.

Dans un premier temps, elle écope de trois mois de suspension par la Commission des sanctions indépendante de l’AFLD. Forcément, au terme de l’instruction, l’AFLD avait proposé une suspension cohérente avec le manquement de trois no-shows (NS).

La cavalière avait dû refuser, ce qui a entraîné son passage devant la Commission des sanctions. Cette dernière, avec une mansuétude étonnante, ne lui infligeait que 3 mois de suspension alors que le tarif depuis 2015 est de… 2 ans !

Selon L’Equipe du 30 avril : « Si le délai lui permet de disputer les Jeux de Paris (26 juillet-11 août), en revanche en amont elle ne peut pas concourir à temps pour la qualification des épreuves de dressage devant des juges. D’où sa sollicitation de passer en urgence devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). »

Par ailleurs, l’Instance AFLD non satisfaite de la suspension réduite à 3 mois par la Commission des sanctions a, elle aussi, interjeté appel devant le TAS.

Résultats des courses : le tribunal de Lausanne a retoqué la sanction en la prolongeant de 15 mois. Pour Barbançon, c’est adieu  « les Jeux olympiques de Paris, son objectif de cette année. »

Le tarif normal pour ce genre de défaut est de 2 ans. Rappelons qu’avant l’instauration des 3 NS en 2009, une carence à un contrôle à l’arrivée d’une épreuve coûtait la même durée de suspension qu’un seul test positif. Depuis 2009, la lutte antidopage est beaucoup plus laxiste.

    • Souvent, l’épinglé pour trois NS se défend en affirmant ‘’Ce n’est pas du dopage’’. En réalité c’est la seule façon d’alpaguer les tricheurs qui se font des cures illicites à l’abri des contrôleurs car ceux-ci ne trouveront pas le sportif au jour ou à l’adresse indiqués.
    • Ces trois rendez-vous manqués dans l’année permettent au sportif de bien fignoler le tempo de sa cure de produits illicites afin de passer à travers les contrôles inopinés et le suivi longitudinal.
    • Réglementairement trois NS équivalent à 2 ans de suspension. Hors quasiment à chaque fois, la sanction est allégée même par des instances dites indépendantes. Ainsi la cavalière Morgan Barbançon, en première instance, a écopé de 3 mois par l’AFLD puis 18 mois par le TAS. D’autres ont été suspendus d’entrée de 2 ans.
    • Finalement, c’est plus rentable de manquer 2 NS chaque année que de risquer de se faire épingler par un contrôle positif qui, lui, sera obligatoirement assimilé à du dopage associé à une, étiquette de tricheur collée à la peau pour une longue période.
    • Deux, voire trois NS, passent pour une négligence (sonnette cassée, téléphone sur silencieux, changement d’adresse inattendu…) ou comme pour M. Barbançon une difficulté à se connecter à la plate-forme de localisation. Avec l’augmentation du nombre de NS, on a l’impression que désormais feinter les NS devient un vrai sport de compétition.
    • Pour que les NS ne deviennent pas une parade des tricheurs face à la réglementation antidopage, il est impératif de renforcer la règle des NS en sanctionnant deux manquements de localisation en trois mois. Seule la peur du gendarme et des sanctions plus lourdes vont freiner les apprentis sorciers.

    Les failles de la lutte antidopage

    Ajoutons avec insistance que les sportifs, en dehors de la règle des NS plus ou moins dissuasive, peuvent consommer des substances dopantes non référencées dans la liste des illicites, par exemple, la caféine, stimulant le plus utilisé par la planète athlétique de compétition ; de même, il est possible de se sublimer avec les produits inscrits dans le programme de surveillance de l’AMA sans aucun risque de sanction. Ces derniers sont listés là uniquement pour vérifier leur mésusage et s’il y a lieu de les ajouter ultérieurement dans la liste rouge.

    Troisième carence : il y a des substances catégoriquement interdites en compétition telles que cocaïne, amphétamines, glucocorticoïdes, Captagon®, morphine mais non prohibées à l’entraînement. Merci l’AMA.

    En annexe, nous proposons un tableau des sportifs épinglés par la règle des NS en 2023-2024. Les excuses avancées montrent que les contrevenants sont plus souvent des fantaisistes que des pros.

    Dopage et médias : les failles révélées dans la couverture des affaires de contrôle antidopage

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    Elles mettent la pagaille dans les relations entre presse et antidopage

    Le 14 juin dernier, l’Agence France-Presse (AFP) relayée par de nombreux journaux abonnés à ce serveur, titre : « Dopage : trois nageurs chinois avaient été contrôlés positifs par l’antidopage avant l’affaire de 2021 ».

    POINT DE VUE – Discussion sur la communication erronée d’un seuil de positivité et sur la nécessité de faire preuve de retenue dans les médias pendant les enquêtes en cours. Il faut souligner l’importance d’une couverture médiatique précise des cas de dopage et exhorter les médias à s’abstenir de toute interprétation prématurée des tests révélés.

    Erreur d’interprétation de l’AFP

    Cette dernière info avait défrayé la chronique mondiale le 20 avril où il était révélé que 23 nageurs chinois avaient été contrôlés positifs à la trimétazidine, un modulateur métabolique dont l’effet sur la performance n’est pas prouvé. Quoi qu’il en soit, ces 23 tritons de l’Empire du milieu, ont été blanchis à la fois par l’Agence chinoise antidopage et l’AMA au prétexte que cela était dû à une contamination accidentelle. Sur ce fond  d’histoire de molécules en eau trouble, est venu s’ajouter trois cas de Chinois ayant été testés positifs au clenbutérol en 2016 et 2017 révélés par le New York Times le 14 juin. L’AFP résume les commentaires du média étasunien : « D’après le quotidien américain, trois nageurs chinois avaient été contrôlés positifs au clenbutérol [anabolisant non hormonal] en 2016 et 2017 mais blanchis par l’antidopage qui avait retenu la théorie d’une contamination alimentaire, sans rendre leurs cas publics. Deux des nageurs ont remporté des titres olympiques à Tokyo en 2021 et le troisième détient désormais un record du monde, d’après le New York Times. »

    A posteriori, l’AMA intervient pour clarifier les cas de contamination alimentaire, notamment en Chine

    Peu de temps après, l’Agence mondiale antidopage (AMA) tente de désamorcer le pataquès en clarifiant les choses : « Chacun des trois nageurs avait été contrôlé avec une concentration de clenbutérol si faible qu’elle était entre 6 et 50 fois inférieure au taux minimum de 5 ng/ml introduit en 2019 afin de déclencher un cas pour faire face à l’important phénomène de contamination au clenbutérol par la viande». Le directeur général de l’instance – un juriste (quelle est sa légitimité pour s’exprimer sur un problème analytique ? ) ajoute le commentaire suivant : « Le problème de contamination est réel et bien connu de l’antidopage. Ces dernières années il y a eu des milliers de cas confirmés de contamination, sous diverses formes, dont plus de 1000 pour une contamination après avoir mangé de la viande en Chine, Mexique, au Guatemala, en Colombie, au Pérou, en Équateur et dans d’autres pays (…) Dans ces trois cas de nageurs chinois, la contamination alimentaire a été retenue comme étant à l’origine de la présence de clenbutérol. »

    Dans le communiqué de l’AMA retranscrit par l’AFP le 14 juin, s’est invitée une faute de frappe concernant le seuil de clenbutérol à ne pas dépasser pour être considéré comme dopé. L’AFP indique  nanogrammes par litre (ng/L) alors qu’en réalité le seuil est de 5 nanogrammes/milliltre (ng/ml).

    Que les 3 Chinois aient été testés au clenbutérol en 2016 et 2017 ne change rien sauf que le titre de l’article fait fi de la présomption d’innocence

    Mais il faut ajouter un gros bémol !

    Ce seuil de 5 ng/ml a été instauré en 2019. Or, les trois Chinois ont été contrôlés en 2016 et 2017 sans qu’un seuil soit réglementé officiellement. A cette époque, compte tenu de la nature de la substance (clenbutérol) interdite en et hors compétition, ces tests positifs auraient dû déboucher sur une suspension immédiate, non rendus publics en attendant l’éventuelle contre-expertise et le passage des sportifs devant une commission des sanctions. Visiblement, à la lumière des faibles traces de clenbutérol de l’ordre du picogramme/ml (10-12) inférieur au nanogramme, la commission a admis la contamination passive et, par ricochet, n’a pas sanctionné ces trois sportifs.

    • La presse généraliste n’est pas formée pour commenter les questions de dopage. Dans cette affaire des trois Chinois testés au clenbuterol, le seuil est erroné et pourtant l’ensemble des quotidiens et médias en ligne français ont publié l’erreur de l’AFP telle quelle en laissant dans leur texte 5 ng/L alors que c’était 5 ng/ml. Malgré un rectificatif qui leur a été communiqué, Le Figaro, RMC, etc. n’ont pas, plusieurs jours après, encore corrigé la bévue du seuil.
    • Le titre de l’AFP : « Dopage : trois nageurs chinois avaient été contrôlés positifs par l’antidopage avant l’affaire de 2021 » est une contrevérité. La conclusion de contrôle positif ne pouvait être jugée recevable qu’à la fin de la procédure. Tant que la commission des sanctions n’avait pas statué, ils étaient considérés comme innocents ! Et les résultats du flacon A n’auraient pas dû être divulgués à la presse. Répétons avec insistance que l’affaire aurait dû être ignorée des médias jusqu’au terme du processus d’instruction.

    Finalement, l’ensemble des intervenants – presse, instances antidopage – passent pour des nuls ou des complices.

    Le texte de l’Agence France-Presse retranscrit par lapresse.ca le 17.06,  résume bien les dérives de la médiatisation des contrôles antidopage et de leurs conséquences néfastes sur la crédibilité de l’action antidopage mais aussi sur les sportifs impliqués à leur insu et abusivement stigmatisés par la presse.

      Dopage – L’alcool, dopant le plus consommé sur la planète et ce depuis le début des compétitions sportives

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      ne vous veut pas du bien

      Depuis le 1er janvier 2018, l’éthanol ne fait plus parti de la liste des substances illicites ni ne figure dans le programme de surveillance de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Dorénavant, ce sont les Fédérations internationales concernées par la réglementation de l’alcool (aéronautique, automobile, motonautique et tir à l’arc) qui doivent prendre les mesures nécessaires afin de mettre en place des protocoles pour tester la consommation d’alcool et sanctionner adéquatement les athlètes ne respectant pas les règles de leur sport.

      L’alcool bénéficie d’une légende tenace de remontant aux effets miraculeux… Certains travailleurs – de force ou pas – ne s’en privent guère et des sportifs sont parfois tentés d’y puiser d’hypothétiques ressources. De nombreux mythes encouragent la consommation de ceux qui recherchent un coup de pouce afin d’améliorer leurs prestations athlétiques  « L’alcool donne des forces », « Il réchauffe », « Il étanche la soif », « Il combat le froid ». La pharmacologie et la physiologie de cette « boisson » universelle nous apprennent que l’alcool ne présente que de très rares avantages alors qu’il occasionne toute une série de pépins, notamment dans le domaine de l’effort.

      La preuve par 9

      1.   Diminution de la force

      2.   Réduction de l’endurance (capacité aérobie)

      3.   Baisse de l’adaptation à la chaleur et au froid

      4.   Douleurs musculaires post-effort

      5.   Temps de récupération majoré

      6.   Augmentation du risque des blessures

      7.   Cicatrisation des lésions musculo-tendineuses plus lente

      8.   Association alcool-stéroïdes anabolisants dangereuse pour le foie

      9.   Favorise la prise de « charge » (surpoids) : il s’oppose à la dégradation des lipides.

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      Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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      EN FICHIERS JOINTS (PDF) :

      • Effort physique : les contre-performances de l’éthanol (la preuve par 9)
      • Fiche du Dictionnaire du dopage (actualisée et enrichie) : L’ALCOOL

      Dopage – SARMS, des substances agissant sur les récepteurs aux androgènes mimant l’action de la testostérone

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      Dopage – Le stanozolol, un stéroïde anabolisant très connu du monde sportif depuis le contrôle positif de Ben Johnson en 1988, est toujours d’actualité

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      En 2024, grâce à la détection des métabolites de longue durée, un sportif dopé au stanozolol, s’avère facile à débusquer et pourtant la sanction de 4 ans qui est lourde, devrait freiner les ardeurs des tricheurs. Eh bien non ! Un grimpeur de paroi dopé au stanozolol vient de tomber dans les filets de l’antidopage.

      Le sprinteur canadien Ben Johnson testé positif au stanozolol sera disqualifié de la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Cet évènement planétaire a donné un coup de boost médiatique à ce stéroïde anabolisant.

      Le stanozolol, un stéroïde anabolisant, est utilisé dans le monde de la compétition sportive depuis le milieu des années 1960. Avec la nandrolone – un autre stéroïde anabolisant  dérivé de la testostérone – il est devenu la star des enceintes athlétiques.

      Par rapport à l’hormone mâle, le stanozolol est moins virilisant mais plus anabolisant. En résumé, ses effets masculinisant sont moindres qu’avec la testo.

      Comme tous les stéroïdes anabolisants, le stanozolol peut être profitable, suivant le régime alimentaire de l’athlète (hyperprotéiné ou non) et le type d’entraînement – à toutes les spécialités sportives. Des gros bras (haltérophiles, lanceurs en athlé) aux marathoniens (les plus maigres de tous les athlètes), en passant par les poupées gymnastes.

      Le stanozolol a été médiatisé au-delà de l’imaginable en 1988 à la suite du contrôle positif du sprinteur canadien Ben Johnson vainqueur haut la main du 100 m olympique le 24 septembre à Séoul.

      Jeux olympiques de Los Angeles 1984 – La vraie raison du boycott de l’Union Soviétique : la détection du stanozolol

      Pour la grande histoire, le patron de l’unité analytique antidopage de Moscou, le biologiste Grigory Rodchenkov, nous apprend que l’une des raisons du boycott de l’Union Soviétique aux Jeux de Los Angeles en 1984 est due à l’annonce par Don Catlin – patron du laboratoire d’analyses olympiques d’Ucla – qu’il serait capable de détecter tous les stéroïdes anabolisants, notamment le stanozolol et la testostérone ; ces deux produits utilisés en masse par les athlètes soviétiques.

      Au début de son parcours sportif, la détection analytique de ce stéroïde anabolisant était aléatoire. Elle est devenue beaucoup plus fiable en 2013 lorsque le laboratoire de Moscou, dirigé par Grigory Rodchenkov, a découvert conjointement avec le labo de Cologne (Allemagne) qu’il existait des métabolites de longue durée produits par le stanozolol permettant de démontrer la prise de ce stéroïde anabolisant plusieurs mois après son administration.

      Alors que le stanozolol est de plus en plus facile à détecter dans un échantillon d’urine, des sportifs continuent à se faire épingler par la patrouille antidopage bien que la sanction pour un tel produit prohibé en et hors compétition, soit de 4 ans de suspension.

      Le dernier athlète en date, un escaladeur iranien, illustre que toutes les spécialités sportives sont concernées.

      Chez un grimpeur de mur, acquérir de la masse musculaire n’est pas utile, en revanche booster la force et la puissance des quatre membres, influence la rapidité de déplacement sur une paroi.

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      En fichier joint (PDF) – Pour aller beaucoup plus loin dans la connaissance du stanozolol, nous proposons la fiche, enrichie et actualisé jusqu’à avril 2024, du Dictionnaire du Dopage.

      En particulier les étapes chronologiques de la détection et de la réglementation.

      De même, les principales affaires concernant les cas positifs de ce stéroïde anabolisant emblématique sont détaillées.

      Dopage – La caféine, un stimulant du système nerveux central

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      efficace à la fois sur les aptitudes physiques et mentales, consommée ad libitum par les sportifs

      Dès la première liste officielle des substances illicites publiée en France le 10 juin 1966, la caféine – sous sa dénomination chimique de triméthylxanthine – figure en tête des stimulants prohibés.

      Le Comité international olympique (CIO) n’interdira la caféine qu’à partir de février 1982 en décrétant qu’elle sera soumise à un seuil de 15 mcg/ml.

      Des fluctuations de seuil pour coller à la réalité des pratiques stimulantes avec finalement la décision de l’AMA – afin de faire plaisir à Coca-Cola – de retirer la caféine de la liste à partir du 1er janvier 2004

      Quatre ans plus tard, le seuil sera abaissé à 12 mcg. Dans la foulée, le CIO annonce qu’a priori le seuil sera réévalué à 10 mcg après les Jeux olympiques de Séoul. Mais dans les faits, la barre à ne pas franchir restera à 12 mcg jusqu’en 2003.

      En 2004, l’Agence mondiale antidopage (AMA) prend la liste à son compte et supprime la caféine des produits dopants. A l’époque de cette décision, les deux leaders-pionniers de la lutte antidopage,

      – Le prince Alexandre de Mérode – président de la Commission médicale du CIO – est décédé en 2002

      – Manfred Donike – le biologiste de Cologne en place depuis 1969 qui a mis au point le seuil de caféine – s’est éteint en 1995.

      Les nouveaux dirigeants de l’AMA ont les mains libres !

      Ces derniers expliquent que la plupart des experts consultés estiment que la caféine n’était plus utilisée par les sportifs pour améliorer leurs performances justifiant de facto sa sortie de la liste.

      Sauf que cette analyse de l’AMA est fausse puisqu’en mai 2005, l’Agence envisage de réintégrer la caféine sur sa liste au prétexte que l’équipe d’Australie de rugby la consomme en comprimés avant les matchs. Le directeur de l’Agence, David Howman, décrète que si ce fait est prouvé, il faut réinscrire la substance sur la liste. De même, avant 2004, quand la caféine était encore sur la liste rouge, il était possible de boire une dizaine d’expressos sans être déclaré positif. Or, en 2014, on constate que la caféine est toujours utilisée dans un but de dopage. En effet, on constate que lors d’un sondage analytique, 1% des sportifs contrôlés en cyclisme, athlétisme, natation et ski franchissait le seuil de 12 mcg/ml.

      La mauvaise explication de l’UCI concernant la sortie officielle de la caféine des substances interdites par l’AMA lors de sa prise de pouvoir sur l’antidopage mondial en 2004

      Xavier Bigard, le directeur médical de l’Union cycliste internationale (UCI) croit savoir que la raison du retrait de la caféine de la liste rouge est due à sa détection par seuil pouvant aboutir à des faux positifs ou des faux négatifs. Selon l’homme de l’UCI : « Il y a une très grande variabilité entre les individus dans l’assimilation de la caféine. Certains l’éliminent rapidement et d’autres la métabolisent de manière très lente. Et il y a les mêmes  inégalités sur les effets sur le système nerveux central. On est incapable de déterminer un seuil admissible pour tout le monde. »

      Sauf que l’on sait – c’est l’AMA qui le dit – l’abandon de la caféine de la liste rouge est due plus simplement à sa consommation en baisse dans les enceintes sportives. Mais ça c’est un discours ‘’politique’’.

      En réalité, le changement de statut de la caféine – d’interdite à autorisée – est plus probablement dû au fait que la société Coca-Cola, principal sponsor du CIO depuis 1928, commercialise une boisson caféinée à dose stimulante. Le CIO – parangon des valeurs du sport – ne pouvait pas faire la promotion d’un dopant.

      Le prince de Mérode, patron de l’antidopage olympique de 1967 à 2002, au moment de l’interdiction de la caféine en 1982, ménage avec courbettes la société Coca-Cola

      Si l’on consulte dans L’Equipe du 16 mai 1983 les commentaires d’Alexandre de Mérode, le président de la Commission médicale du CIO de 1967 à 2002, qui, à l’époque des débuts de l’interdiction de la caféine, prenait des gants pour ménager le bienfaiteur sponsor Coca-Cola. Afin de justifier l’interdiction, de Mérode met en avant l’usage sportif par injections massives : « Nous ne voulons pas empêcher les athlètes de boire du café ou du Coca-Cola. Nous voulons simplement éviter un usage abusif de la caféine par injections massives dans le corps humain, comme cela se produit actuellement. Cet excitant du système nerveux central a été ajouté à notre liste en 1982, en raison de la généralisation de son utilisation. Il fallait absolument marquer un coup d’arrêt spectaculaire. »

      Le prince en profite pour faire allégeance à la marque d’Atlanta : « Nous affirmons que notre intention n’est pas de porter tort à la firme Coca-Cola, ni d’entraver l’utilisation de cette boisson. Nous avons, en effet, fixé le seuil critique d’utilisation de la caféine à quinze microgrammes par millilitre. Cela équivaut à l’ingestion de vingt litres de Coca-Cola dans une journée et à plus de quinze litres de café normalement concentré. Quinze microgrammes, c’est déjà énorme. Mais nous savons qu’avec des piqûres on peut atteindre jusqu’à soixante-quinze microgrammes. »      
      Le président de la Commission médicale du CIO révèle que ce sont des tests effectués pendant les Jeux de Montréal en 1976 qui l’on alerté et poussé à réglementer ce stimulant planétaire.

      Aujourd’hui, alors que Coca-Cola, la boisson caféinée dont le monde du sport est addict, se trouve boostée par la firme d’Atlanta qui sponsorise les plus grands évènements planétaires (Mondial de foot, Jeux olympiques, Tour de France). On comprend plus facilement pourquoi la caféine n’est plus considérée comme un dopant par l’AMA. Les sportifs disent merci à Coca-Cola !

      « Nous avons déjà enregistré naguère des concentrations urinaires de caféine atteignant 75 microgrammes par millilitre… C’est la raison pour laquelle nous voulons mettre un terme à cette pratique dangereuse qui date de bien avant les JO de Moscou. Dès Montréal en 1976, nous avons été alertés par des concentrations anormales de caféine. A Lake Placid, ce fut pire et la situation s’aggrava encore à Moscou en 1980. Cela nous a conduits à interdire la caféine, puisque nos méthodes d’investigation le permettaient. »          

      Il est fortement probable que ce sont les relations financières à haut débit entre Coca-Cola et le CIO qui ont incité l’AMA à écarter la caféine de la liste des illicites en 2004 et de la ranger dans un programme de surveillance sans que le sportif risque de se faire épingler par la patrouille. De cette époque remontant à 20 ans, la caféine reste cantonnée dans cette voie de garage.

      Depuis quelques années, des sportifs se manifestent dans la presse pour que la triméthylxanthine réintègre la liste des produits dopants. C’est par exemple Pascal Chanteur, le président du syndicat des coureurs professionnels (UNCP) qui, en 2022, martèle que ‘’cela fait trois ans que je tire la sonnette d’alarme’’.

      Visiblement, le président de l’UNCP ne risque pas d’être entendu par le directeur scientifique de l’AMA, Olivier Rabin, un représentant de l’industrie pharmaceutique sans expérience ni compétence ni pratique de l’encadrement de sportifs de haut niveau, qui dans le quotidien Le Monde du 02.04.2016 expliquait pourquoi la caféine n’est plus dans la liste rouge : « Bien sûr que la caféine augmente la performance. Mais peut-on considérer que c’est une substance dopante quand on la compare à l’EPO, aux stéroïdes anabolisants ou autres ? Il faut garder une certaine mesure : la caféine est consommée par des centaines de millions de gans tous les jours. De plus, les experts de l’AMA sont sensibles au côté naturel d’un produit. »

      Avec l’AMA, la triméthylxanthine a été écartée au profit de substances dénuées d’effets sur la performance

      Contrairement à ce qu’écrit ce Monsieur, il existe dans le codex des substances interdites de nombreux stimulants aux effets nettement inférieurs à ceux de la caféine. Par ailleurs, à plusieurs reprises, j’ai constaté que l’AMA n’avait jamais fait d’études scientifiques afin de déterminer si telle ou telle molécule avait un impact positif sur la performance. Au lieu de réunir des experts de laboratoire complètement décalés avec la réalité, Oliver Rabin ferait mieux de consulter des  praticiens de terrain qui vivent le sport de compétition en direct et non dans les livres mais aussi et surtout les principaux consommateurs que Rabin ne croise jamais dans les couloirs de l’AMA à Montréal.

      Quoi qu’il en soit, le monde sportif – sauf l’AMA – sait que la caféine répond aux trois critères d’inclusion dans la liste rouge :

      • Elle impacte positivement la performance (de nombreuses études scientifiques sont là pour l’attester)
      • Elle expose à des risques (tachycardie élevée, chutes graves en peloton…)
      • Elle est, bien sûr, contraire à l’éthique sportive et médicale.

      Dopage – L’Agence mondiale antidopage (AMA) attribue des prix à ses ex-présidents pour leurs contributions durables et importantes à l’antidopage !

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      Here’s a perfect example of nepotism, where the organization is seen giving awards to its own family members.

      Au royaume des prix bidons l’AMA décerne le ‘’Prix Franc Jeu’’ à un sextuor d’entre-soi. Sur les six primés, trois anciens présidents de l’Agence dont le CV professionnel n’avait rien à voir avec le dopage. Autrement dit, avant leur élection, ils ne connaissaient strictement rien sur le fléau numéro un du sport de compétition.

      • Dick Pound, 1er président de l’AMA (1999-2007), avait admis son ignorance du sujet. Pour preuve, en 1988, avocat de Ben Johnson athlète déchu pour test positif au stanozolol, il avait expliqué que « Bénoïde » était dopé dans son corps mais pas dans sa tête car il avait été dopé à son insu !
      • Craig Reedie avant d’être patron de l’AMA (2014-2019) ne connaissait strictement rien au dopage. En 2014, lors des révélations de la TV ARD sur la triche étatisé en Russie, il avait rassuré le ministre des Sports Vitaly Mutko : « Soyez sans crainte, ce ne sont que des bobards de journalistes. »

      De même, alors que le document TV d’Hajo Seppelt sur le dopage étatisé en Russie venait d’être diffusé le 03 décembre 2014, quelques jours plus tard, le président de l’AMA Graig Reedie avait tenu à affirmer sans sourciller que tous « les athlètes propres à travers le monde soient rassurés sur le fait que le système antidopage travaille dans leur intérêt. » [L’Equipe, 17.12.2014]

      • John Fahey, président de l’AMA (2008-2013). Avocat-financier de formation. En 2008, au moment de son élection il expliquait qu’avant d’être le président, il avait su « qu’il y avait des sportifs qui trichaient mais cela s’arrêtait là. Je n’avais pas la connaissance des détails. »

      Le même Fahey, lors de la destitution de Lance Armstrong en octobre 2012, estimait qu’après ce scandale, l’Union cycliste internationale (UCI) redeviendrait crédible si ses dirigeants se retiraient. Pourtant lors des révélations en 2014-2018 du dopage étatisé en Russie, Reedie alors patron de l’AMA, n’a pas bougé de son poste.

      En réalité l’institution mondiale a lamentablement échoué dans sa mission de défense des athlètes propres.

      En raison de ses contrôles inefficaces avec son bilan pathétique de 1% de positifs, elle a facilité l’accès aux podiums d’un nombre considérable de sportifs-tricheurs au détriment de sportifs intègres.

      Afin de démontrer que cette Agence créée en 1999 sur les cendres de l’affaire Festina, après un quart de siècle de pseudo-activité (sinécure), est loin de faire l’unanimité auprès des spécialistes externes à l’AMA.

      Nous proposons quelques avis circonstanciés sur les carences de l’AMA.

      Dopage – Paul Pogba positif à la DHEA, une substance inefficace sur la performance, écope d’une suspension maximale de 4 ans. Décryptage

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      Paul Pogba surnommé La Pioche, âge de 31 ans, est depuis 2013 un footballeur international français (91 sélections). En 2022, il a signé à la Juventus Turin. Il est contrôlé positif le 20 août 2023 à la fin du match Udinese-Juventus (0-3) alors qu’il était remplaçant et n’était pas entré en jeu.

      Le rapport « officiel » de l’analyse du flacon A mentionnait une présence de testostérone et de ses métabolites. Toutefois, la contre-analyse effectuée le 6 octobre révèle qu’il s’agit en fait de DHEA, ou déhydroépiandrostérone, une hormone produite par la partie corticale de la glande surrénale, située au-dessus des reins. Cette hormone se convertit dans le sang, après métabolisation par le foie, en deux hormones principales : le 17-bêta-estradiol (un estrogène) et la testostérone, la principale hormone masculine n° 1.

      • CONTRIBUTION AU DÉCRYPTAGE du cas de Paul Pogba
      • Qui peut croire une seconde que la DHEA est efficace sur la performance sportive lorsqu’on sait que les deux nations, RDA et Russie, toutes deux sur le podium des pays aux athlètes les plus dopés, n’ont jamais mentionné dans leurs programmes cette hormone stéroïdienne pour engranger des médailles olympiques ou mondiales ? La preuve : enquête du Pr Werner Franke sur les dossiers de la Stasi publiée dans la presse scientifique et dans un ouvrage-document le témoignage de Grigory Rodchenkov, le patron du labo antidopage russe.
      • De même Cyrille de Vergie, un consommateur-dealer d’engrais musculaires de 1988 à 2012, a testé l’ensemble de la famille ‘’stéroïdes anabolisants’’ sans jamais citer une seule fois dans les 301 pages de son autobiographie Confessions d’un dopé, la DHEA.
      • Par ailleurs, Katia Collomp, professeur de physiologie du sport à l’université d’Orléans, dans un article publié en 2015, aborde l’influence de la DHEA sur le rendement athlétique : « La littérature sur les effets ergogènes de l’apport de DHEA est néanmoins très rare et à notre connaissance aucune étude n’a présenté de preuve que l’usage de la DHEA a amélioré les performances sportives. »
      • En revanche, comme souvent, les seules études de l’AMA sont concentrées sur la détection de la DHEA. Dérive attendue lorsqu’on sait que le directeur scientifique et responsable du Comité Liste de l’Agence mondiale antidopage s’est construit dans l’industrie pharmaceutique où ses compétences ne dépassent pas les analyses et les substances en ignorant tout du suivi médico-sportif des athlètes.
      • En ce qui concerne Paul Pogba, champion du monde 2018, on est certain qu’il a pris de la DHEA, son contrôle positif le confirme. En revanche, rien n’est moins sûr sur le fait que cette hormone était présente dans un complément alimentaire étasunien. En effet, il est souvent arrivé qu’en analysant gélules ou compléments alimentaires de cette substance, le biologiste sollicité ne trouve aucune trace de DHEA.

      Afin d’essayer de contribuer à la connaissance de cette carence : substance à l’efficacité contestée, je me suis appuyé sur trois sources d’informations crédibles.

      Les organismes internationaux militants dans le camp du dopage tels que :

      • La RDA (1968-1988)
      • La Russie (2000-2015)
      • Un dealer-consommateur (1988-2012), notamment de stéroïdes anabolisants dans les milieux du bodybuilding et du fitness.

      La DHEA est entièrement absente de ces pharmacies.

      La RDA (1968 – 1989)

      • En 1990, le Dr Werner Franke, membre du Conseil national de la recherche en Allemagne, chargée d’évaluer les anciens instituts de l’Académie des sciences de l’ex-RDA, met la main sur différents documents entreposés à l’Académie militaire et médicale de Bad-Saarow. Cette mise au jour lui fournit la preuve qu’un véritable programme de dopage avait bel et bien existé entre 1968 et 1989 pour plusieurs centaines d’athlètes dans les disciplines les plus variées. Plus de trois cents médecins y ont participé, la plupart étant des médecins du sport ou des spécialistes de l’endocrinologie, de la pharmacologie, de la physiologie ayant un diplôme de ‘’sciences de l’entraînement’’. Certains, agissant comme consultants ou conseillers, étaient des membres haut placés de l’Académie des sciences. L’ensemble du programme (nom de code : ‘’Staatsplanthema 14.25’’) fut lancé, planifié, financé et contrôlé par le gouvernement, en coordination avec le DTSB (Fédération allemande de gymnastique) et l’institut FKS (Institut de recherche sur la culture physique et les sports) à Leipzig. Le principal but du programme était l’amélioration de la performance et de plus en plus aussi le contournement du dépistage lors des contrôles internationaux antidopage. Ce but a été atteint, puisque de 1978 et la lanceuse de poids Ilona Slupianek à 1989 et la chute du Mur de Berlin, aucun athlète de RDA n’a été trouvé positif durant une compétition.
      • En 1997, Werner Franke et son épouse Brigitte Berendonk publient dans Clinical Chemistry, le détail des substances et méthodes dopantes utilisées en RDA : Dopage hormonal et androgénique des athlètes : programme secret du gouvernement d’Allemagne de l’Est (Clinical Chemistry, 1997, 43, n° 7, pp 1262-1279).
      • Alors que les experts scientifiques de RDA étaient à la pointe de la recherche sur l’endocrinologie dopante (sprays nasaux dérivés de la testostérone, précurseur immédiat de cette dernière indétectables, etc.), pas une seule fois la DHEA n’est mentionnée dans ce catalogue des hormones performantes alors que depuis le mitan des années 1970, elle était en vente libre dans les supermarchés et les droguistes américains, notamment sous forme de complément alimentaire.

      POST -ITSur 60 pharmacies top niveau (sportifs et médecins), seuls trois praticiens orientés cyclisme détenaient de la DHEA
      Depuis les années 1970, nous avons étudié l’inventaire des pharmacies des médecins et des sportifs impliqués dans des affaires de dopage, soit une soixantaine. Il ressort de cette étude personnelle et exclusive que seuls trois praticiens orientés cyclisme détenaient de la DHEA au moment où la justice s’est intéressée à leurs cas. En revanche, aucun sportif n’avait en sa possession des gélules contenant de l’hormone ‘’mère des stéroïdes’’.
      l  1998
      Le médecin espagnol de l’équipe Once, le Dr Nicolas Terrados Cepeda, au moment de l’affaire Festina était en possession d’une seule boîte de DHEA. Rappelons que l’équipe Once avait à sa tête le sulfureux directeur sportif Manolo Saiz et comme leader Laurent Jalabert
      l   2002-2004
      Le médecin italien Michele Ferrari est épinglé par la justice de son pays lors d’un procès de 2002 à 2004. Dans sa pharmacie, sont découverts 300 capsules de DHEA. Selon Le Mythe – son surnom attribué par le peloton – les capsules en nombre servaient à son père pour soigner une arthrite (Ndlr : pas très pertinente comme excuse lorsqu’on sait que la DHEA n’est pas un anti-inflammatoire)
      l   2002-2008
      Le vétérinaire belge José Landuyt, acteur central de l’affaire dite ‘’Johan Museeuw’’, une star du cyclisme international où la DHEA figurait en bonne place dans les protocoles ergogéniques. Finalement, le vétérinaire et le soigneur Herman Versele ont été condamnés en décembre 2008 à un an de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende.

      RUSSIE (2006-2015)

      Grigory Rodchenkov, le patron du labo antidopage (le mal nommé !) de Moscou, dans sa biographie sur son activité dopante, ne mentionne jamais parmi les nombreux dopants évoqués la déhydroépiandrostérone (DHEA)

      • Grigory Rodchenkov, l’auteur du second bouquin Dopage organisé, a été le patron du laboratoire antidopage de Moscou de 2006 à 2015. La 4e de couverture de son ouvrage résume son parcours : « Ingénieur chimiste et ancien coureur de fond, Grigory Rodchenkov est l’ex-directeur du laboratoire antidopage de Moscou. Il est celui qui a dénoncé, d’abord dans un documentaire télévisé – Icare – puis dans ce livre, le système de tricherie institutionnel mis en place par le gouvernement russe. Menacé de mort par les services secrets de son pays, il vit désormais aux Etats-Unis. »

      L’homme par qui la Russie est mise au ban de la société du sport mondial, précise son rôle dans cette descente : « Sept mois avant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi en 2014, des informations sur un système de triche organisée des athlètes russes ont commencé à circuler. Deux ans plus tard, l’étendue du programme de dopage étatique au cœur du sport soviétique et russe depuis des décennies fut révélée au monde entier. Ce programme de dopage systématique, le plus efficace de tous les temps, je l’ai mis au point en tant que chimiste et directeur du bien mal nommé centre antidopage de Moscou.

      Et avec le soutien du FSB, de la police secrète et du gouvernement. Depuis, je suis en exil involontaire de ma patrie sous protection, craignant chaque jour pour ma vie. Voici mon histoire. »

      COMMENTAIRES JPDM – Dans les 333 pages, les produits lourds sont évoqués : testostérone, stéroïdes anabolisants, EPO, GW1516, hormone de croissance (hGH), SARMS (ostarine). Pas une seule ligne sur la DHEA, notamment pages 325 à 328 concernant le ‘’récapitulatif des substances’’ utilisées par les Russes.

      ‘’CONFESSIONS D’UN DOPEUR’’

      Par Cyrille de Vergie, un consommateur-dealer de stéroïdes anabolisants dans le milieu du bodybuilding et du fitness. La DHEA semble inconnue de ce « spécialiste » des engrais musculaires.

      • Cyrille de Vergie, le premier auteur, ancien pratiquant de bodybuilding et préparateur physique diplômé d’Etat, explique qu’aucune discipline, pas même le tir sportif, n’est épargnée : tous les athlètes ont besoin de se doper pour maintenir un rythme contre nature. Dans Confessions d’un dopeur, Cyrille de Vergie retrace son parcours atypique, ses rencontres (parfois avec des célébrités) dans le microcosme sportif, évoquant de nombreuses anecdotes éloquentes. En parallèle de sa carrière officielle, il a lui-même préconisé des substances à des sportifs afin de les aider à booster leurs performances jusqu’à devenir un personnage central de l’approvisionnement en produits dopants en France. Il détaille leur fonctionnement, leurs effets sur l’organisme ainsi que les moyens utilisés pour contourner les contrôles. Ancien préparateur physique et biologique, Cyrille de Vergie est désormais musicien professionnel.

      COMMENTAIRES JPDM : Sur les 301 pages, une quarantaine de médicaments sont cités, la plupart figurant dans la liste des substances illicites. La DHEA semble inconnue de Cyrille de Vergie. Dans le milieu du bodybuilding, celui de l’auteur, il est rare qu’une substance inefficace comme la DHEA alimente les conversations des gros bras.

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      Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

      Index des sigles utilisés

      AFPAgence France-Presse
      AMAAgence mondiale antidopage (fondée le 10 novembre 1999)
      DHEAdéhydroépiandrostérone
      RDARépublique Démocratique Allemande

      Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD

      EN FICHIER JOINT :

      • DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La fiche – actualisée et enrichie – pharmaco-médico-sportive de la DHEA