TOUR de FRANCE – Idées reçues de l’impact du dopage sur la santé

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La première justification de la loi française antistimulants du 1er juin 1965 concernait les conséquences au plan santé de la consommation de médocs de la performance. Ce motif de promulgation de loi afin de préserver la santé est contredite par les faits.

L’affirmation selon laquelle le dopage, forcément, écourte une carrière n’a jamais été prouvée.

Il suffit de corréler cette dérive de la médicalisation de la performance avec le tabagisme. Avant que cette dernière détruise un organisme, il faut beaucoup plus de temps que la durée d’une carrière sportive. De nombreux exemples démontrent sans ambigüité que l’on peut avoir une activité de routier professionnel prolongée tout en étant dopé.

Ainsi, le grand Américain George Hincapie (1,91 m sous la toise) – deuxième de ce classement du plus grand nombre de participations consécutives (17) et Tours terminés (16) – a fait son mea culpa devant les enquêteurs de l’Agence américaine antidopage en précisant que les « médicaments » consommés pendant sa carrière faisaient partie  du job de son activité de cycliste professionnel.

En troisième position figure le Néerlandais Joop Zoetemelk (16 Boucles complètes) qui a été contrôlé positif à trois reprises mais aussi a subi trois transfusions sanguines pendant le Tour 1976 qu’il a terminé à la 2e place. Sur la quatrième marche, on liste l’Australien Stuart O’Grady (17 participations mais seulement 15 jusqu’aux Champs Elysées) lui aussi ayant avoué son penchant pour les drogues de la performance.

Depuis 1947 jusqu’à 2024, ils sont 79 Géants de l’épreuve à  avoir terminé au moins 10 Grands Boucles, voire plus. Parmi eux, de nombreux dopés (témoignages, aveux, contrôles positifs). Et ces 79 géants ont accompli leurs performances après la reprise en 1947. De 1903 à 1939, aucun concurrent n’a atteint le cap des 10 Tours bouclés.

Sur la durée de vie, là aussi, rien ne prouve que le dopage soit délétère pour la santé

Selon des études scientifiques (*) publiées il y a 10 ans, le Tour de France augmente la durée de vie. Ce constat impose de stopper net la répression du dopage …

Deux études ont démontré que la durée de vie d’un cycliste français ayant participé à la Grande Boucle serait prolongée de six années par rapport à l’individu lambda.

Visiblement, les ministères impliqués aux plans, santé et sport ainsi que les instances concernées, n’ont cru à ces résultats surprenants qui devraient pourtant entraîner l’arrêt immédiat de la lutte antidopage puisque démontrant que les pilules d’énergie accroissent la longévité !

En 2013, ni le ministère de la Santé, ni celui des Sports, ni l’AMA, ni le CIO, ni l’UCI n’ont réagi à ce résultat infirmant l’impact du dopage sur la durée de vie. Pourquoi ?

Parce que la justification de contrôler le dopage pour préserver la santé ne tient plus et que les instances doivent diminuer la voilure de leurs subventions, entraînant au la mise au chômage d’un maximum de travailleurs fictifs.

En conclusion, on peut écrire que les bienfaits de l’activité cycliste professionnelle sur la santé poursuivie même de nombreuses années sont supérieurs aux effets collatéraux négatifs des produits dopants.

Par ailleurs, de justifier l’action antidopage au service des sportifs propres face à leurs concurrents dopés, c’est du vent ! En effet, bon an, mal an, le nombre de cas positifs détectés et sanctionnés est inférieur à 1% et ce depuis des décennies. Pour preuve, en 1998, lors du Tour de France de l’emblématique affaire Festina, l’ensemble du peloton carbure aux drogues de la performance (EPO, hGH, testostérone, transfusions sanguines…) alors que le bilan des tests antidopage à la fin de cette édition ne révèle aucun cas positif.

(*) Mortality of French participants in the Tour de France (1947-2012). European Hast Journal Advance Access published september 3, 2013

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Dopage – La caféine, avec Coca-Cola principal sponsor du CIO et des JO de Paris, sera omniprésente dans tous les lieux de vie des 10500 athlètes

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La triméthylxanthine, un dopant reconnu efficace par le monde du sport et de nombreuses études scientifiques depuis plus d’un siècle va, avec Coca-Cola, couler à flots pendant les Jeux de Paris 2024 du 26 juillet au 11 août.

Et pourtant l’Agence mondiale antidopage (AMA) et le Comité international olympique (CIO) ont retiré la caféine de la liste rouge depuis 2004

Rappelons que deux sports au moins, football et cyclisme [multiples témoignages], vivent avec la caféine du matin au soir.

Nous vous proposons quelques tweets parus sur ‘’X’’ pour synthétiser ce thème mais aussi un article de fond signé Olivier Annichini, journaliste indépendant, et paru dans Causeur du 16 juillet 2024.

Comment Coca-Cola « dope » les Jeux – Causeur

Tour de France 1924 – L’expression  »Les forçats de la route » est attribuée par erreur depuis un siècle à Albert Londres

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En réalité, dès 1906, la métaphore est due à Maurice Genin

Cette contrevérité a été dénoncée dès 2003 avec documents certifiés à l’appui et pourtant la presse, notamment sportive, entretient le mythe de la paternité de l’expression née selon eux à l’occasion de l’abandon des frères Pélissier à Coutances le 26 juin 1924 lors de la 3e étape Cherbourg-Brest longue de 405 km et inventée par le grand reporter natif de Vichy, présent au café de la gare de la commune normande, auteur d’un reportage qui fera du bruit sur les conditions inhumaines des Géants du Tour. En réalité dans aucun de ses écrits, il n’a utilisé la fameuse expression Les forçats de la route.

Forçats de la route – La métaphore est déjà associée aux cyclistes du Tour par Maurice Genin en 1906

A propos du spectaculaire et médiatique abandon des frères Pélissier lors du Tour de France 1924, Albert Londres, le célèbre journaliste présent sur cette édition pour le compte du Petit Parisien, n’a jamais écrit dans aucun de ses textes, l’expression « les forçats de la route ». En fait, l’inventeur de la célèbre métaphore est un journaliste, Maurice Genin, collaborateur de la ‘’Revue de la Chambre syndicale des cycles et automobiles de St-Etienne et du Bassin de la Loire’’, qui l’avait utilisée en 1906, soit… dix-huit ans auparavant. Ce dernier, afin d’exprimer son étonnement de voir les cyclistes du Tour traverser la France en quelques jours alors que les véhicules hippomobiles en étaient incapables, d’où le titre de son article : « Les forçats de la route » publié dans le n° 105 de novembre, page 8.

Trois ans avant le reportage d’Albert Londres interviewant les Pélissier sur leurs rudes conditions d’As de la route, Roule-Lacaisse, reporteur du Miroir des Sports, caché derrière un pseudonyme, dans son commentaire de la troisième étape Cherbourg-Brest utilise la métaphore de forçats : « Nous passons dans un petit village de Bretagne. Toute la population est là égrenée en chapelet dans la Grande-Rue. Nos coureurs passent à 34 kilomètres à l’heure et Bretons et Bretonnes les regardent avec la stupeur mêlée de je ne sais quel respect effrayé de gens qui semblent regarder des forçats. On croit peut-être qu’un champion cycliste sur route doit être un homme qui pousse rageusement sur les pédales, sans penser, sans souffrir, sans calculer son effort et n’être, en somme, qu’une mécanique humaine : c’est tout le contraire. » (Le Miroir des Sports, 1921, n° 53, 07 juillet, p 6 )

Vincent Hubé croit se dédouaner avec la vérité en signalant dans le texte : « Expression que Londres n’emploie jamais ». La manœuvre est tellement ridicule que cela en devient pathétique. Jamais il n’est question du véritable inventeur, Maurice Genin, un journaliste spécialiste du cycle et de l’automobile.

Pour tous les passionnés de l’histoire vraie du Tour de France, nous passons au stéthoscope les différents protagonistes de ce fait de course hypermédiatisé : l’abandon des frères Pélissier et de leur coéquipier Maurice Ville, à Coutances dans la Manche, lors de la 3e étape Cherbourg-Brest (405 km), le 26 juin 1924. Le reportage d’Albert Londres va retranscrire dans Le Petit Parisien les doléances de ce trio sur leurs conditions ‘’inhumaines’’ de galériens de la pédale. A aucun moment, l’expression forçats de la route ne sera mentionnée. Mais en titre selon les éditions publiées dans la journée du lendemain, on lira : « L’abandon des Pélissier ou les martyrs de la route ».

Haute performance – L’importance déterminante du mental dans la répétition des exploits

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En tout cas supérieure au dopage et, probablement, dépassant largement 50%

Entre les cracks pour grimper sur le podium, c’est le mental qui fait la différence. Lance Armstrong l’a bien démontré. Décryptage.

Régulièrement, et de plus en plus, les sportifs et les coachs mettent en avant la part prépondérante du mental pour expliquer la réussite dans telle ou telle spécialité pratiquée à haut niveau.

Des chiffres difficiles à certifier traduisant quand même une réalité admise par la plupart des experts légitimes

Ainsi, le pourcentage annoncé par ces derniers au bénéfice du mental semble considérable, néanmoins il n’y a encore aucun capteur embarqué pour évaluer de façon précise la part du mental dans la perf.

La condition physique et la classe ne sont pas suffisantes pour performer

Le consensus des athlètes semble confirmer que la condition physique optimisée et la classe ne sont pas suffisantes pour dominer les autres. En revanche, et cela est bien établi (mais non chiffré) l’état d’esprit négatif est le plus sûr moyen de contreperformer. Les émotions,  les pensées moroses et le moral en berne ont des effets délétères pouvant affecter chaque cellule du corps et ainsi pénaliser l’optimisation de la physiologie de l’organisme à l’entraînement et en compétition.

  • Fatigue musculaire due à une tension prolongée
  • Coordination perturbée
  • Concentration et motivation en baisse
  • Jugement altéré
  • Blessures : prédisposition et majoration
  • Dépression et fatigue mentale
  • Echec : peur de ne pas pouvoir réussir

D’ailleurs, la relation ‘’mental versus résultats sportifs’’ n’est pas nouvelle puisque dès 1930, un journaliste du Miroir des Sports distinguait la condition physique (le rendement de la ‘’caisse’’) et la forme. Cette dernière associant un parfait état cardiovasculaire et musculaire au mental.

Pour Tadej Pogacar, le superfavori du Tour de France 2024, c’est l’énergie négative autour de lui qui l’a fait craquer mentalement lors de la 110e édition. Il en témoigne dans L’Equipe du 27 juin 2024

Dopage – Morgan Barbançon : 3 No-shows (NS), analyse et conséquences

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De 3 mois en 1re instance à 18 mois en appel par le TAS. Il y a comme un défaut !

La cavalière Morgan Barbançon – un pilier de l’équipe de France de dressage – est suspendue trois mois fin avril pour trois défauts de localisation avec une participation aux JO de Paris très problématique.

Quelle est la légitimité de la Commission des sanctions dite ‘’indépendante’’ ? Visiblement, le maillon faible du système antidopage

La sportive et l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) ont fait toutes les deux appel. La première pour sanction ‘’trop lourde’’ et l’instance pour suspension inférieure au tarif du Code mondial. Selon le site chevalmag.com : « L’audience en appel s’est tenue il y a quelques jours et elle n’a pas joué en faveur de la cavalière. En effet, dans un document publié par l’AFLD rapportant le jugement du TAS du 14 juin, Barbançon en ressort avec une peine largement alourdie à dix-huit mois de suspension à compter du 10 avril 2024 et jusqu’au 10 octobre 2025. Par conséquent, Morgan Barbançon ne pourra prétendre à une sélection pour les Jeux olympiques de Paris 2024, mais également pour les championnats d’Europe de 2025. »

Morgan Barbançon, spécialiste du dressage

Parcours d’obstacles : décryptage du processus aboutissant à la sanction définitive

Morgan Barbançon est convaincue de trois défauts de localisation en moins d’un an. Pour sa défense, la cavalière spécialiste du dressage, invoque la difficulté à se connecter par internet à la plateforme de signalisation. Difficile de gober cette défense peu crédible dans la mesure où sa première participation aux Jeux olympiques remonte à 2012 et qu’aujourd’hui âgée de 31 ans, elle est un pilier de l’équipe de France depuis 2018.

Dans un premier temps, elle écope de trois mois de suspension par la Commission des sanctions indépendante de l’AFLD. Forcément, au terme de l’instruction, l’AFLD avait proposé une suspension cohérente avec le manquement de trois no-shows (NS).

La cavalière avait dû refuser, ce qui a entraîné son passage devant la Commission des sanctions. Cette dernière, avec une mansuétude étonnante, ne lui infligeait que 3 mois de suspension alors que le tarif depuis 2015 est de… 2 ans !

Selon L’Equipe du 30 avril : « Si le délai lui permet de disputer les Jeux de Paris (26 juillet-11 août), en revanche en amont elle ne peut pas concourir à temps pour la qualification des épreuves de dressage devant des juges. D’où sa sollicitation de passer en urgence devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). »

Par ailleurs, l’Instance AFLD non satisfaite de la suspension réduite à 3 mois par la Commission des sanctions a, elle aussi, interjeté appel devant le TAS.

Résultats des courses : le tribunal de Lausanne a retoqué la sanction en la prolongeant de 15 mois. Pour Barbançon, c’est adieu  « les Jeux olympiques de Paris, son objectif de cette année. »

Le tarif normal pour ce genre de défaut est de 2 ans. Rappelons qu’avant l’instauration des 3 NS en 2009, une carence à un contrôle à l’arrivée d’une épreuve coûtait la même durée de suspension qu’un seul test positif. Depuis 2009, la lutte antidopage est beaucoup plus laxiste.

    • Souvent, l’épinglé pour trois NS se défend en affirmant ‘’Ce n’est pas du dopage’’. En réalité c’est la seule façon d’alpaguer les tricheurs qui se font des cures illicites à l’abri des contrôleurs car ceux-ci ne trouveront pas le sportif au jour ou à l’adresse indiqués.
    • Ces trois rendez-vous manqués dans l’année permettent au sportif de bien fignoler le tempo de sa cure de produits illicites afin de passer à travers les contrôles inopinés et le suivi longitudinal.
    • Réglementairement trois NS équivalent à 2 ans de suspension. Hors quasiment à chaque fois, la sanction est allégée même par des instances dites indépendantes. Ainsi la cavalière Morgan Barbançon, en première instance, a écopé de 3 mois par l’AFLD puis 18 mois par le TAS. D’autres ont été suspendus d’entrée de 2 ans.
    • Finalement, c’est plus rentable de manquer 2 NS chaque année que de risquer de se faire épingler par un contrôle positif qui, lui, sera obligatoirement assimilé à du dopage associé à une, étiquette de tricheur collée à la peau pour une longue période.
    • Deux, voire trois NS, passent pour une négligence (sonnette cassée, téléphone sur silencieux, changement d’adresse inattendu…) ou comme pour M. Barbançon une difficulté à se connecter à la plate-forme de localisation. Avec l’augmentation du nombre de NS, on a l’impression que désormais feinter les NS devient un vrai sport de compétition.
    • Pour que les NS ne deviennent pas une parade des tricheurs face à la réglementation antidopage, il est impératif de renforcer la règle des NS en sanctionnant deux manquements de localisation en trois mois. Seule la peur du gendarme et des sanctions plus lourdes vont freiner les apprentis sorciers.

    Les failles de la lutte antidopage

    Ajoutons avec insistance que les sportifs, en dehors de la règle des NS plus ou moins dissuasive, peuvent consommer des substances dopantes non référencées dans la liste des illicites, par exemple, la caféine, stimulant le plus utilisé par la planète athlétique de compétition ; de même, il est possible de se sublimer avec les produits inscrits dans le programme de surveillance de l’AMA sans aucun risque de sanction. Ces derniers sont listés là uniquement pour vérifier leur mésusage et s’il y a lieu de les ajouter ultérieurement dans la liste rouge.

    Troisième carence : il y a des substances catégoriquement interdites en compétition telles que cocaïne, amphétamines, glucocorticoïdes, Captagon®, morphine mais non prohibées à l’entraînement. Merci l’AMA.

    En annexe, nous proposons un tableau des sportifs épinglés par la règle des NS en 2023-2024. Les excuses avancées montrent que les contrevenants sont plus souvent des fantaisistes que des pros.

    Dopage et médias : les failles révélées dans la couverture des affaires de contrôle antidopage

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    Elles mettent la pagaille dans les relations entre presse et antidopage

    Le 14 juin dernier, l’Agence France-Presse (AFP) relayée par de nombreux journaux abonnés à ce serveur, titre : « Dopage : trois nageurs chinois avaient été contrôlés positifs par l’antidopage avant l’affaire de 2021 ».

    POINT DE VUE – Discussion sur la communication erronée d’un seuil de positivité et sur la nécessité de faire preuve de retenue dans les médias pendant les enquêtes en cours. Il faut souligner l’importance d’une couverture médiatique précise des cas de dopage et exhorter les médias à s’abstenir de toute interprétation prématurée des tests révélés.

    Erreur d’interprétation de l’AFP

    Cette dernière info avait défrayé la chronique mondiale le 20 avril où il était révélé que 23 nageurs chinois avaient été contrôlés positifs à la trimétazidine, un modulateur métabolique dont l’effet sur la performance n’est pas prouvé. Quoi qu’il en soit, ces 23 tritons de l’Empire du milieu, ont été blanchis à la fois par l’Agence chinoise antidopage et l’AMA au prétexte que cela était dû à une contamination accidentelle. Sur ce fond  d’histoire de molécules en eau trouble, est venu s’ajouter trois cas de Chinois ayant été testés positifs au clenbutérol en 2016 et 2017 révélés par le New York Times le 14 juin. L’AFP résume les commentaires du média étasunien : « D’après le quotidien américain, trois nageurs chinois avaient été contrôlés positifs au clenbutérol [anabolisant non hormonal] en 2016 et 2017 mais blanchis par l’antidopage qui avait retenu la théorie d’une contamination alimentaire, sans rendre leurs cas publics. Deux des nageurs ont remporté des titres olympiques à Tokyo en 2021 et le troisième détient désormais un record du monde, d’après le New York Times. »

    A posteriori, l’AMA intervient pour clarifier les cas de contamination alimentaire, notamment en Chine

    Peu de temps après, l’Agence mondiale antidopage (AMA) tente de désamorcer le pataquès en clarifiant les choses : « Chacun des trois nageurs avait été contrôlé avec une concentration de clenbutérol si faible qu’elle était entre 6 et 50 fois inférieure au taux minimum de 5 ng/ml introduit en 2019 afin de déclencher un cas pour faire face à l’important phénomène de contamination au clenbutérol par la viande». Le directeur général de l’instance – un juriste (quelle est sa légitimité pour s’exprimer sur un problème analytique ? ) ajoute le commentaire suivant : « Le problème de contamination est réel et bien connu de l’antidopage. Ces dernières années il y a eu des milliers de cas confirmés de contamination, sous diverses formes, dont plus de 1000 pour une contamination après avoir mangé de la viande en Chine, Mexique, au Guatemala, en Colombie, au Pérou, en Équateur et dans d’autres pays (…) Dans ces trois cas de nageurs chinois, la contamination alimentaire a été retenue comme étant à l’origine de la présence de clenbutérol. »

    Dans le communiqué de l’AMA retranscrit par l’AFP le 14 juin, s’est invitée une faute de frappe concernant le seuil de clenbutérol à ne pas dépasser pour être considéré comme dopé. L’AFP indique  nanogrammes par litre (ng/L) alors qu’en réalité le seuil est de 5 nanogrammes/milliltre (ng/ml).

    Que les 3 Chinois aient été testés au clenbutérol en 2016 et 2017 ne change rien sauf que le titre de l’article fait fi de la présomption d’innocence

    Mais il faut ajouter un gros bémol !

    Ce seuil de 5 ng/ml a été instauré en 2019. Or, les trois Chinois ont été contrôlés en 2016 et 2017 sans qu’un seuil soit réglementé officiellement. A cette époque, compte tenu de la nature de la substance (clenbutérol) interdite en et hors compétition, ces tests positifs auraient dû déboucher sur une suspension immédiate, non rendus publics en attendant l’éventuelle contre-expertise et le passage des sportifs devant une commission des sanctions. Visiblement, à la lumière des faibles traces de clenbutérol de l’ordre du picogramme/ml (10-12) inférieur au nanogramme, la commission a admis la contamination passive et, par ricochet, n’a pas sanctionné ces trois sportifs.

    • La presse généraliste n’est pas formée pour commenter les questions de dopage. Dans cette affaire des trois Chinois testés au clenbuterol, le seuil est erroné et pourtant l’ensemble des quotidiens et médias en ligne français ont publié l’erreur de l’AFP telle quelle en laissant dans leur texte 5 ng/L alors que c’était 5 ng/ml. Malgré un rectificatif qui leur a été communiqué, Le Figaro, RMC, etc. n’ont pas, plusieurs jours après, encore corrigé la bévue du seuil.
    • Le titre de l’AFP : « Dopage : trois nageurs chinois avaient été contrôlés positifs par l’antidopage avant l’affaire de 2021 » est une contrevérité. La conclusion de contrôle positif ne pouvait être jugée recevable qu’à la fin de la procédure. Tant que la commission des sanctions n’avait pas statué, ils étaient considérés comme innocents ! Et les résultats du flacon A n’auraient pas dû être divulgués à la presse. Répétons avec insistance que l’affaire aurait dû être ignorée des médias jusqu’au terme du processus d’instruction.

    Finalement, l’ensemble des intervenants – presse, instances antidopage – passent pour des nuls ou des complices.

    Le texte de l’Agence France-Presse retranscrit par lapresse.ca le 17.06,  résume bien les dérives de la médiatisation des contrôles antidopage et de leurs conséquences néfastes sur la crédibilité de l’action antidopage mais aussi sur les sportifs impliqués à leur insu et abusivement stigmatisés par la presse.

      Dopage – L’alcool, dopant le plus consommé sur la planète et ce depuis le début des compétitions sportives

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      ne vous veut pas du bien

      Depuis le 1er janvier 2018, l’éthanol ne fait plus parti de la liste des substances illicites ni ne figure dans le programme de surveillance de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Dorénavant, ce sont les Fédérations internationales concernées par la réglementation de l’alcool (aéronautique, automobile, motonautique et tir à l’arc) qui doivent prendre les mesures nécessaires afin de mettre en place des protocoles pour tester la consommation d’alcool et sanctionner adéquatement les athlètes ne respectant pas les règles de leur sport.

      L’alcool bénéficie d’une légende tenace de remontant aux effets miraculeux… Certains travailleurs – de force ou pas – ne s’en privent guère et des sportifs sont parfois tentés d’y puiser d’hypothétiques ressources. De nombreux mythes encouragent la consommation de ceux qui recherchent un coup de pouce afin d’améliorer leurs prestations athlétiques  « L’alcool donne des forces », « Il réchauffe », « Il étanche la soif », « Il combat le froid ». La pharmacologie et la physiologie de cette « boisson » universelle nous apprennent que l’alcool ne présente que de très rares avantages alors qu’il occasionne toute une série de pépins, notamment dans le domaine de l’effort.

      La preuve par 9

      1.   Diminution de la force

      2.   Réduction de l’endurance (capacité aérobie)

      3.   Baisse de l’adaptation à la chaleur et au froid

      4.   Douleurs musculaires post-effort

      5.   Temps de récupération majoré

      6.   Augmentation du risque des blessures

      7.   Cicatrisation des lésions musculo-tendineuses plus lente

      8.   Association alcool-stéroïdes anabolisants dangereuse pour le foie

      9.   Favorise la prise de « charge » (surpoids) : il s’oppose à la dégradation des lipides.

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      Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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      EN FICHIERS JOINTS (PDF) :

      • Effort physique : les contre-performances de l’éthanol (la preuve par 9)
      • Fiche du Dictionnaire du dopage (actualisée et enrichie) : L’ALCOOL

      Dopage – SARMS, des substances agissant sur les récepteurs aux androgènes mimant l’action de la testostérone

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      Dopage – Le stanozolol, un stéroïde anabolisant très connu du monde sportif depuis le contrôle positif de Ben Johnson en 1988, est toujours d’actualité

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      En 2024, grâce à la détection des métabolites de longue durée, un sportif dopé au stanozolol, s’avère facile à débusquer et pourtant la sanction de 4 ans qui est lourde, devrait freiner les ardeurs des tricheurs. Eh bien non ! Un grimpeur de paroi dopé au stanozolol vient de tomber dans les filets de l’antidopage.

      Le sprinteur canadien Ben Johnson testé positif au stanozolol sera disqualifié de la finale du 100 m aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Cet évènement planétaire a donné un coup de boost médiatique à ce stéroïde anabolisant.

      Le stanozolol, un stéroïde anabolisant, est utilisé dans le monde de la compétition sportive depuis le milieu des années 1960. Avec la nandrolone – un autre stéroïde anabolisant  dérivé de la testostérone – il est devenu la star des enceintes athlétiques.

      Par rapport à l’hormone mâle, le stanozolol est moins virilisant mais plus anabolisant. En résumé, ses effets masculinisant sont moindres qu’avec la testo.

      Comme tous les stéroïdes anabolisants, le stanozolol peut être profitable, suivant le régime alimentaire de l’athlète (hyperprotéiné ou non) et le type d’entraînement – à toutes les spécialités sportives. Des gros bras (haltérophiles, lanceurs en athlé) aux marathoniens (les plus maigres de tous les athlètes), en passant par les poupées gymnastes.

      Le stanozolol a été médiatisé au-delà de l’imaginable en 1988 à la suite du contrôle positif du sprinteur canadien Ben Johnson vainqueur haut la main du 100 m olympique le 24 septembre à Séoul.

      Jeux olympiques de Los Angeles 1984 – La vraie raison du boycott de l’Union Soviétique : la détection du stanozolol

      Pour la grande histoire, le patron de l’unité analytique antidopage de Moscou, le biologiste Grigory Rodchenkov, nous apprend que l’une des raisons du boycott de l’Union Soviétique aux Jeux de Los Angeles en 1984 est due à l’annonce par Don Catlin – patron du laboratoire d’analyses olympiques d’Ucla – qu’il serait capable de détecter tous les stéroïdes anabolisants, notamment le stanozolol et la testostérone ; ces deux produits utilisés en masse par les athlètes soviétiques.

      Au début de son parcours sportif, la détection analytique de ce stéroïde anabolisant était aléatoire. Elle est devenue beaucoup plus fiable en 2013 lorsque le laboratoire de Moscou, dirigé par Grigory Rodchenkov, a découvert conjointement avec le labo de Cologne (Allemagne) qu’il existait des métabolites de longue durée produits par le stanozolol permettant de démontrer la prise de ce stéroïde anabolisant plusieurs mois après son administration.

      Alors que le stanozolol est de plus en plus facile à détecter dans un échantillon d’urine, des sportifs continuent à se faire épingler par la patrouille antidopage bien que la sanction pour un tel produit prohibé en et hors compétition, soit de 4 ans de suspension.

      Le dernier athlète en date, un escaladeur iranien, illustre que toutes les spécialités sportives sont concernées.

      Chez un grimpeur de mur, acquérir de la masse musculaire n’est pas utile, en revanche booster la force et la puissance des quatre membres, influence la rapidité de déplacement sur une paroi.

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      En fichier joint (PDF) – Pour aller beaucoup plus loin dans la connaissance du stanozolol, nous proposons la fiche, enrichie et actualisé jusqu’à avril 2024, du Dictionnaire du Dopage.

      En particulier les étapes chronologiques de la détection et de la réglementation.

      De même, les principales affaires concernant les cas positifs de ce stéroïde anabolisant emblématique sont détaillées.