Les contrôles antidopage de l’AMA (urinaires, sanguins, passeport biologique, test ADN) sont désespéréement inefficaces avec des résultats pathétiques de 1% de cas positifs
Dans les cas de décès suspects, l’autopsie peut-elle confirmer la prise de médocs de la performance ?
Analyse du cas Tom Simpson décédé sur les pentes du Ventoux le jeudi 13 juillet 1967
Pédaler sur les pentes abruptes la bouche légèrement ouverte est-il un signe objectif de dopage ?
Deux éléments m’ont motivé pour aborder l’autopsie comme preuve éventuelle du dopage.
Pendant le dernier Tour de France, la suspicion à l’encontre des duettistes Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard survolant les pentes escarpées, s’est amplifiée au prétexte qu’ils dominent outrageusement le reste du peloton et, qu’en plein effort, ils grimpent la bouche fermée.
Pour ce dernier constat relayé par les réseaux sociaux, c’est bien sûr faux. Pour s’en convaincre, il suffit de consulter le Une de L’Equipe du 18 juillet qui montre Pogi en plein effort, la bouche ouverte dans la montée d’Hautacam. D’ailleurs, si on observe le Slovène et le Danois, sur les cinq derniers kilomètres de cette 12e étape, chacun des deux isolés à l’avant, Pogacar en tête, Vingegaard le suivant à 1’30 les deux hommes ont le visage très marqué par l’effort… et la bouche ouverte.
La confusion vient du fait que tous les cyclistes-amateurs ignares et jaloux, n’ayant évidemment pas leur forme physique ni leur entraînement, pensent que pour grimper de telles pentes, il faut obligatoirement avoir la bouche grande ouverte comme des poissons hors de l’eau.
Cette suspicion malsaine sans la moindre preuve a inspiré (sans jeu de mots) le dessinateur Soulcié dans L’Equipe du 25 juillet.
L’étude toxicologique des cheveux est-elle l’arme absolue pour débusquer la triche biologique ?
La légende est humoristique. Comme les vélos du Tour de France sont passés aux détecteurs d’assistance électrique, l’illustrateur suggère de passer Pogacar et Vingegaard aux rayons X corps entier afin « de vérifier que vous n’êtes pas des robots ». Sur le ton du dépit, le membre de l’antidopage de l’UCI pourrait aussi demander une autopsie.
Bien sûr l’idée absurde de l’autopsie démontre que la lutte antidopage a plusieurs trains de retard puisque le dernier test positif sur le Tour remonte à 2015 !
En fait, l’examen postmortem ne peut aider qu’à déterminer la responsabilité de la présence de la catégorie des stimulants tels les amphétamines (viscères, liquides biologiques, poils, cheveux et ongles) mais beaucoup moins facilement sur des substances prises sous forme de cures ayant été arrêtées en amont de la compétition.
Les résultats seront aléatoires. L’examen capillaire et des phanères détecte de nombreux dopants mais ni l’EPO ni les peptides mimétiques (grosses molécules qui ne peuvent migrer dans le poil), ce qui bien sûr en limite l’efficacité pour le diagnostic.
L’Agence mondiale antidopage (AMA) n’a pas inclus dans sa batterie de tests antidopage l’examen capillaire car, selon elle, les stéroïdes anabolisants, les glucocorticoïdes et les modulateurs sélectifs des récepteurs aux androgènes (SARMS) s’incorporent mal dans les cheveux. Et comme ceux-ci représentent ces dernières années environ 50% des cas positifs, l’examen capillaire n’est utilisé que dans des cas-ciblés.
EN FICHIERS JOINTS :
Contre-enquête – Analyse du cas Tom Simpson décédé sur les pentes du Ventoux le 13 juillet 1967
Autopsies des sportifs décédés subitement au repos ou lors de défaillance en compétition
Références bibliographies sur le décès de Thomas Simpson le 13 juillet 1967
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com – Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD
A minima, c’est une conduite dopante. Le procédé n’est pas référencé dans le Code mondial antidopage, en revanche si on y ajoute des médocs tels que diurétiques, stéroïdes anabolisants, hormones de croissance ou thyroïdienne, c’est du dopage pur et dur. Décryptage.
Le dopage morphologique est pratiqué depuis la mythologie grecque. Les historiens rappellent que les Amazones, femmes guerrières montées sur des chevaux, vivant de pillages et de rapine, se faisait brûler la mamelle droite pour faciliter leurs mouvements de tireuses au cours des combats. Depuis lors, à l’ablation de la rate pour courir plus vite, des seins pour mieux piloter une voiture de course ou jouer au football sont venus s’ajouter à la panoplie d’autres méthodes consistant à modifier le corps (forme et volume) pour mieux performer.
Récemment, la cycliste Pauline Ferrand-Prévot, après qu’elle eut remporté la classique Paris-Roubaix le 12 avril 2025, décide, alors qu’elle est déjà affûtée (1,65 m / 53 kg, soit une différence de 12), de perdre plusieurs kilos supplémentaires en peu de temps. Et le 26 juillet au départ du Tour de France Femmes 2025 avec Swift, elle se présente très amaigrie. Certaines de ses concurrentes vont alerter par voie de presse cette dérive de la maigreur pour être plus efficace dans les cols.
Perdre 4 kg dans l’objectif de gagner une épreuve alors que l’on est déjà affûtée, c’est l’équivalent de médicaliser la performance.
Les modifications du corps en tant que paramètres influençant les résultats sportifs de haut niveau que l’on constate dans différentes spécialités s’apparentent a minima à une conduite dopante mais lorsqu’il y a utilisation de substances illicites, à du dopage pur et dur.
Les culturistes, pour avoir des muscles hypertrophiés plus rapidement qu’avec l’utilisation de machines high tech, prennent des stéroïdes anabolisants.
Les sportifs des spécialités à catégorie de poids (judo, karaté, boxe, etc.) maigrissent de plusieurs kilos en de courtes périodes pour intégrer de justesse la catégorie inférieure à leur poids de forme naturel pour mieux combattre et performer. Certain (es) y arrivant difficilement associent à leur régime drastique un médicament diurétique qui a l’inconvénient de figurer sur la liste des substances illicites de l’AMA et d’être détectable. D’où le risque d’être contrôlée positive et sanctionnée.
Il a été prouvé que la femme enceinte, dans les deux premiers mois de la grossesse pouvait, grâce à un surplus de globules rouges naturels, acquérir 30% d’amélioration du transport de l’oxygène à la disposition des fibres musculaires féminines. D’où la dérive de certaines se faisant mettre enceintes par leur compagnon, voire l’entraîneur, 2 à 3 mois avant des compétitions majeures (JO, Championnat du monde). Des témoignages crédibles en ont apporté la preuve.
L’histoire du sport à travers les étapes des modifications morphologiques imposées au corps pour performer qui sont décrites dans ce fichier démontre que ces pratiques sont anciennes tout en étant, pour certaines d’entre elles, toujours d’actualité. Il faut préciser que lorsque le but ultime d’un sportif est de performer sans se préoccuper réellement de l’impact sur la santé de la méthode morphologique utilisée, on est dans le cadre d’une conduite dopante. La différence avec le dopage c’est que la conduite dopante n’est pas référencée dans le Code mondial antidopage mais le but est le même : utiliser un truc qui fait la différence avec les adversaires.
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EN FICHIER JOINT – DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La fiche actualisée sur le dopage morphologique (quelques exemples)
Il fut l’un des premiers à faire bouger les lignes sur la présence de la dope dans les vestiaires des courts.
Lors de ses débuts de journaliste en 1980, l’Homme en Noir réalise une interview de Yannick Noah, à l’époque star montante du tennis tricolore. Les révélations du futur chanteur seront confirmées au fil des années. Dans ce papier, le dopage est abordé sans langue de bois et déclenchera un tsunami dans le monde du tennis. Comme d’habitude dans une telle situation, le milieu de la petite balle jaune fait front en niant sur les courts toute présence d’amplificateurs artificiels de performance.
Même Noah va se rétracter. Par exemple, dans Paris-Match du 12 septembre 1980 : « Des drogues au tennis ?… je blaguais ! » ; « Au tennis, il est impossible de jouer dopé », ou dans L’Equipe du 29 août 1980 : « Je ne sais rien… ». Le président de la Fédération internationale et Française, Philippe Chatrier, est consterné par les déclarations de Noah dans Rock and Folk : « Je serais étonné que les faits invoqués par Yannick soient vrais (…) Je nie tout en bloc (…) La nature de notre sport ne se prête pas à cela. Toutefois, pour l’instant rien n’est prouvé et je crains un peu que l’on se serve de toute cette histoire, que l’on aille chercher toutes sortes de médecins pour faire du scandale et jeter ainsi le discrédit sur le tennis. C’est dramatique.»
Comme d’habitude, les instances sportives se trompent de cible. Pour elles, ce n’est pas le dopage qui est l’adversaire à combattre sans défaillance mais ceux qui témoignent de la présence des médocs de la performance chez les joueurs.
En 2010, le 28 août dans L’Equipe magazine, Thierry Ardisson est revenu sur l’ITW parue en 1980 dans le magazine Rock and Folk : « On s’est revu il y a 10 ans (Ndlr : avec Noah). Il m’a serré la main, c’est tout. Il savait que tout était vrai. Il a juste regretté l’importance que ça avait pris. » Malgré témoignages et contrôles positifs, le milieu du tennis a continué, les décennies suivantes, à utiliser la langue de bois pour nier le dopage.
Les forçats de la langue de bois
Arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidon du milieu de la petite balle jaune :
« On ne connaît pas à l’avance la durée du match »; « Les dopants perturbent la durée du match »; « Avec tous ces contrôles, on ne peut pas tricher »; « Trop compliqué pour se doper »; « Parce que le tennis n’est pas un sport d’équipe mais un sport individuel »; « Les joueurs de tennis sont trop individualisés et ne font que se croiser »; « La cocaïne n’améliore pas les performances »; « Les joueurs ont une haute idée de l’éthique »; « On nous teste 20 fois par an, il est impossible de tricher »
Ajoutons que le dopage, ce n’est pas que prendre une pastille avant de pénétrer sur le court mais d’améliorer par des programmes de soins utilisant des méthodes répréhensibles (microdoses, transfusions sanguines, etc.), la vitesse de jambes, la détente verticale, la condition physique, la résistance à la fatigue, le temps de réaction, le tout permettant d’être plus performant raquette en mains.
Un contrôle antidopage négatif n’est pas la preuve que l’on n’a rien pris (cf Lance Armstrong et ses 500 tests négatifs) mais tout simplement que l’on n’a pas été pris par la patrouille.
Des tests positifs et des témoignages écrits prouvent que, de longue date, les autodromes et les circuits d’endurance sont impactés par la dope malgré le martèlement du milieu niant avec des arguments peu crédibles l’absence d’amplificateurs artificiels de performance dans les écuries de course.
Un pilote se prépare comme une voiture de course, bien avant le jour de l’épreuve ! C’est dans cette optimisation de la ‘’caisse’’ humaine que le dopage est particulièrement efficace.
Pour convaincre les sceptiques et les hésitants, je propose différents fichiers basés sur des faits objectifs et non sur des affirmations fumeuses.
Arguments sans preuve ou plus simplement bidon colportés par le milieu du sport auto
Sport automobile face au dopage : témoignages et cas positifs
GP F1 : « Piloter, un métier de gros bras »
Débat/controverse : les langues de bois face aux adeptes du parler vrai
entraînant agressivité, violence physique et même meurtre / assassinat
Plusieurs sportifs de renom ont été impactés par les dégâts de cette pratique dopante, notamment des culturistes, des footballeurs américains, des boxeurs. Parmi eux, le running back américain O.J. Simpson, l’athlète paralympique sud-africain Oscar Pistorius.
Un protocole d’ascension aménagé, escamotant les difficultés, et suroxygéné grâce au Xénon
En amont, passer ses nuits sous tentes hypoxiques pendant des semaines et respirer du Xénon dans une clinique allemande, un gaz stimulant la production endogène d’EPO et de GR augmentant le transport d’O2 aux tissus.
Sur place, monter dans un hélico pour éviter la marche d’approche et atterrir au camp de base (5 364 m) préinstallé avec un confort VIP.
Pendant la grimpe : utiliser les cordes fixes, les sherpas ayant déjà équipés les camps d’altitude ; inhaler de l’oxygène artificielle pendant l’ascension.
Une ‘’grimpette’’ de seulement 3 500 m !
Où est l’exploit des ex-soldats de l’armée britannique ? Ils sont adaptés à l’altitude à domicile et, au final, ils ne grimpent réellement qu’une montagne de… 3 500 mètres !
Pour tous ceux qui prônent « des valeurs de la montagne antinomiques avec le dopage », rappelons que depuis les véritables premières ascensions au XIXe siècle, les viatiques ergogéniques accompagnent les grimpeurs jusqu’aux cimes (voit tableau joint de 1883 à 2025).
Les vraies valeurs dans tous les sports ne concernent que de rares individus. L’ensemble du peloton des adeptes de l’effort physique en compétition n’a qu’un objectif : être reconnu et performer ce qui impose d’atteindre le top 10, voire le podium. De préférence s’il y a des règles, ne pas se faire épingler.
En 2025, la médicalisation de la performance est une constante malgré la profession de mauvaise foi de l’AMA
Aujourd’hui, malgré le CIO, l’AMA, l’ITA, le TAS et les nombreuses agences antidopage nationales, la médicalisation du sport de compétition est voisine de 100% : caféine, anti-inflammatoires, antalgiques, aspirine… font partie de la pharmacie quotidienne des adeptes de l’effort. Et qui plus, ce sont des surdoses qu’ingurgitent les sportifs.
A titre d’exemple, voici le protocole de ‘’dopage légal’’ – expression utilisée par Henriette Albon, une traileuse norvégienne de top niveau qui a partagé un visuel sur la médicalisation du trail Transgrancanaria du 25 févier 2025, qu’elle a remporté en 15 heures 02’ 50’’. Pendant l’épreuve de 126 km et 7 000 m de dénivelé positif, Albon a absorbé 1 720 mg de caféine et 3 000 mg de paracétamol (antalgique).
Ces doses ne sont pas sans danger, notamment lorsqu’elles sont associées à un effort de course en moyenne montagne avec hyperthermie corporelle et déshydratation. Ces quantités de caféine en moins de 24 heures sont-elles sans danger alors qu’à partir de 500 mg/jour, on tutoie la surdose et que Melle Albon dépasse trois fois la dose ? De même, l’impact du paracétamol sur le foie n’est pas bon pour la santé, notamment lors d’un effort prolongé de 15 heures non-stop avec déshydratation et hyperthermie voisine de 39-40°, habituels dans une telle activité énergivore.
Protocole de dopage légal d’une spécialiste du trail
Protocole « Legal Doping » d’Henriette Albon : une publication choc et assumée
Sur son compte Instagram, Henriette Albon, traileuse norvégienne et récente vainqueure de la Transgrancanaria 2025, a partagé un visuel qui n’a laissé personne indifférent : un tableau minutieux intitulé « Legal Doping », accompagné d’un smiley ironique et d’un commentaire en bas de page : Ultra running ain’t good for you. Une provocation ? Une blague entre initiés ? Ou un vrai plan d’action partagé publiquement avec légèreté ? C’est cette ambiguïté qui alimente aujourd’hui la polémique.
Screenshot
Ce que révèle le tableau :
Le document détaille un protocole de course planifié à l’heure près, intégrant des doses précises de caféine et de paracétamol, ainsi que d’autres compléments alimentaires identifiés comme potentiellement de la créatine ou des marques type Solgar.
Les quantités indiquées sont significatives :
– Jusqu’à 200 mg de caféine toutes les deux heures,
– Et jusqu’à 500 mg de paracétamol à plusieurs reprises.
Même si rien n’est interdit sur le plan réglementaire, ce type de protocole s’apparente clairement à une conduite dopante, c’est-à-dire une utilisation de substances non interdites, dans le but d’augmenter artificiellement la performance.
En 2025, le dopage et la médicalisation de la performance sont omniprésents dans les enceintes sportives bien que l’Agence mondiale antidopage (AMA) dans ses communiqués, régulièrement, se targue style méthode Coué que : « La santé et le bien-être des sportifs sont la priorité de l’AMA ». Il n’y a que les journalistes complices qui peuvent croire un tel engagement de l’instance mondiale.
Quoi qu’il en soit, le dopage est omniprésent dans notre société et rien n’est entrepris d’efficace pour le combattre, surtout avec l’AMA en tête de gondole.
En fichiers joints 1/ Alpinisme : les médocs de la performance depuis 1883 (tableau); 2/ Document – Everest et dopage : les étapes des premières expéditions 1921-1922 à la victoire des Britanniques le 29 mai 1953 à 11h30
Peu probable si l’on en croit les différents ouvrages des pionniers des 14‘’huit mille mètres’’ où l’on découvre que les différents produits qui vont intégrer la liste des substances illicites lors des premières réglementations antidopage au milieu des années 1960, sont déjà présentes en 1950 en nombre dans les pharmacies itinérantes des expéditions pour la marche d’approche, les camps d’altitude et l’assaut final.
Idée reçue véhiculée par le milieu de l’alpinisme : ‘’aucune substance ne booste l’aptitude des grimpeurs !’’
Comme pour toutes les spécialités sportives, le milieu de la montagne (officiels, médecins, grimpeurs) va nier la présence du dopage dans leurs rangs avec de pseudo-arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidons.
Par exemple, le médecin français Jean-Pierre Herry, un temps médecin fédéral FFME ose affirmer en 1989 : « A l’heure actuelle, aucune substance dopante connue ne peut améliorer le comportement du grimpeur en période d’entraînement ou de compétition. » [Tonus, 12.12.1988, p 8]
Visiblement, ce médecin qui se dit aussi spécialiste du trail et des raids d’altitude, a zappé les cours sur le dopage ! Rappelons que le fléau numéro un du sport de compétition améliore le rendement physique du corps et, par-là même, permet d’être plus efficace dans la pente, la durée de l’effort et la gestuelle. C’est bien connu, plus le corps est fort, plus il obéit, plus il est faible, plus il commande. Et le dopage est efficace pour construire un corps plus énergique se pratique sous forme de cure préalable aux courses en montagne, notamment à base de stéroïdes anabolisants – triple action bénéfique à la fois sur le rendement musculaire, le transport d’O2 par les globules rouges et le mental – pendant plusieurs semaines en amont de la compétition ou du sommet convoité.
Idée reçue : par d’argent, pas de dopage !
Autre argument spécieux : « Les enjeux financiers restent modestes », sous-entendu la victoire pour la seule gloire n’est pas attractive, le dopage ayant un coût plus ou moins élevé cela freine les tentatives d’avoir recours au coup de pouce artificiel.
C’est Sylvain Jouty, écrivain et ancien rédacteur en chef d’Alpinisme et Randonnée qui nous propose la tirade suivante : « Aujourd’hui, ce sont les formes les plus sportives et les plus intenses (escalade ou ski- alpinisme de compétition) qui sont les plus sujettes au dopage. Heureusement, elles demeurent marginales et les enjeux, notamment financiers, restent modestes. » [in« Montagne. Les grandes premières». – Paris, éd. Sélection Reader’s Digest, 2000. – 207 p (p 149)]
Or, on trouve des cas positifs dans les épreuves de masse (marathon, cyclotourisme…) où il n’y a pas un fifrelin à gagner. Autre cas en haltérophilie où pratiquement tous les concurrents sont dopés et leur seule récompense c’est une poignée de main de félicitation d’un dirigeant également ancien haltérophile.
L’étude de Georg Röggla et de son équipe confirme en 1993 la présence des amphets chez les alpinistes amateurs
A titre d’exemple, signalons que dans l’alpinisme d’été où il n’y a pas d’argent, pas de spectateurs et où la compétition se fait surtout par rapport à soi-même, on a pu comptabiliser 7,1% de dopés aux amphétamines parmi les grimpeurs « anonymes » (non-sponsorisés) dépassant 3 300 m d’altitude. Ce chiffre est tiré de l’étude dirigée par le scientifique autrichien Georg Röggla et son équipe qui a analysé la fréquence de la consommation d’amphétamines chez l’alpiniste de loisir en moyenne altitude (1). Au sein des substances facilitant les ascensions, seules les amphétamines ont été testées. En 1993, au moment de l’étude, on ne détectait pas encore les corticoïdes (1999) et l’érythropoïétine (2000), autres substances prisées des grimpeurs. D’autre part, depuis les années 1950, les amphétamines jouissent dans le milieu de l’alpinisme d’une bonne réputation de produit performant pour lutter contre la fatigue et le froid. Selon Karl Herrligkoffer, le médecin allemand patron de l’expédition victorieuse au Nanga Parbat (8 125 m) en juillet 1953, l’amphétamine qu’il a étudié en haute altitude, stimule le cœur et la circulation sanguine, augmente la ventilation des poumons et pallie le manque d’oxygène. Rappelons que les quatorze plus hauts sommets de la planète, les seuls à dépasser la barre mythique des 8 000 mètres, ont tous été conquis grâce à l’apport des amphétamines.
En ce qui concerne le travail de Röggla et de son équipe, 253 prélèvements d’urine ont été effectués sur des alpinistes masculins présents sur les pentes d’une montagne autrichienne culminant à 3 797 m (le pic Grossglockner). 7,1% des sujets grimpant au-dessus de 3 300 mètres et ayant réussi l’ascension étaient positifs. Parmi ceux qui s’arrêtaient entre 2 500 et 3 300 m, 2,7% avaient des traces urinaires d’amphétamines. Chez les alpinistes qui n’allaient pas plus haut que 2 500 m, aucun échantillon positif n’a été détecté. Précisons qu’au sommet, il n’y avait pas les caméras de TF1 pour réaliser un direct dans un journal d’information tel que le 13 h ou le 20 h, de même pas de spectateurs pour applaudir, pas d’argent, pas de podium, pas de journalistes ni photographes, pas de légion d’honneur remise par le président de la République… En réalité, les alpinistes ayant foulé le sommet pouvaient, le lendemain devant leurs collègues de travail ou leurs amis, se valoriser en commentant fièrement qu’ils avaient explosé leur meilleur temps de l’ascension ou qu’ils avaient battu d’autres grimpeurs.
Les auteurs de l’enquête concluent que pour réaliser une ascension plus rapide, les consommateurs de produits pharmaceutiques ne sont pas rares dans l’alpinisme de loisir. Au total, s’il est certain que l’ensemble des sportifs, quel que soit leur niveau, sont exposés au dopage, on peut affirmer aujourd’hui que plusieurs facteurs vont potentialiser la tentation d’y avoir recours : la médiatisation – de la simple citation de son nom ou de la publication de sa photo imprimés dans la « feuille de chou » locale jusqu’au passage sur les écrans des chaînes de télévisions régionales ou nationales -, les retombées financières peu attractives au début, les reconnaissances officielles (légion d’honneur etc.). Plus on grimpe dans la hiérarchie du haut niveau, plus on est confronté à ces boosters de la dope.
(1) Georg Röggla et al., Dopage aux amphétamines chez les alpinistes de loisir en altitude moyenne (en allemand), Schweiz Sportmed, 1993, 3, pp 103-105
Compétition : la cause n° 1 du dopage
Autre argument tout aussi bidon prononcé par le Dr Jean-Paul Richalet, physiologiste et médecin du sport spécialité dans les activités de montagne expliquant benoîtement : « Je crois que le dopage existe là où il y a compétition, ce qui n’est pas le cas de l’alpinisme. » [Libération, 23.01.1997]
Ajoutons que de tout temps, l’esprit de compétition a fait partie intégrante des courses en haute montagne. Le journaliste Paul Herr, du mensuel Sport Sélection, en témoigne dès les années 1950 : « Si l’alpinisme ne permet pas l’homologation de records ni la désignation de champions, l’esprit de compétition existe néanmoins dans ce sport si particulier » [Sport Sélection, 1954, n° 27, juillet, p 135].
De même, deux ans plus tôt, Jean-François Tourtet, journaliste et grimpeur amateur, avait fait un constat identique : « Aujourd’hui, la montagne est morte. Du monde de nos rêves, on a fait un ‘’alpinodrome’’, un gymnase de glace et de rocher, aux agrès catalogués et munis de pitons. La compétition s’est installée en maîtresse. » [in « Les alpinistes de demain grimperont au chronomètre. – Sport-Digest, 1952, n° 41, avril, p 62]
Afin de tempérer la suspicion du dopage en alpinisme, le Dr Jean-Paul Richalet, après avoir écarté sans argument pertinent, l’absence de dopage parce qu’il n’y aurait pas ‘’compétition’’ chez les grimpeurs de sommets, ajoute : « Pour les alpinistes, des médicaments, pas des dopants » en distinguant trois ‘’remèdes’’ efficaces contre les effets de l’altitude : le Diamox® – un diurétique -, l’aspirine et les glucocorticoïdes. Signalons à ce pseudo-spécialiste du dopage que le Diamox® et les glucocorticoïdes sont listés comme produits dopants dans le Code mondial antidopage depuis les années 1980.
Le Dr Richalet ajoute à propos de ces trois produits : « Ce n’est pas du dopage et cela n’a pas d’effet direct sur la performance musculaire. » C’est bien sûr faux et cela a bien été prouvé en milieu hippique dans les années 1980. Il a été démontré sur les chevaux que parmi les trois seules substances améliorant la performance chronométrique des quadrupèdes figuraient les glucocorticoïdes.
Autre expérience en 1997 sur les coureurs du Tour de France. En 3e semaine de course, 70% du peloton carburait aux glucocorticoïdes. D’ailleurs, quand Jean-Paul Richalet nous dit : « Pour les alpinistes, des médicaments, pas des dopants », les cyclistes face à la suspicion du dopage répondent : « On ne se dope pas, on se soigne ! »
De 1950 à 1964, les 14 ‘’8 000’’ étaient en compétition entre la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Autriche, la Suisse, les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne…
En réalité, en montagne, l’esprit de compétition est omniprésent pour atteindre le sommet, établir une première, vaincre une voie réputée hors limite, battre d’autres équipes de grimpeurs, faire tomber le record d’une ascension emblématique.
À cette époque, la lutte faisait d’ailleurs rage entre la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, les Etats-Unis, le Japon et la Suisse pour être la première nation à inscrire un 8 000 m à son palmarès. La France avait créé un Comité de l’Himalaya, qui avait sélectionné en 1950 une équipe avec pour capitaine Maurice Herzog et pour mission celle de vaincre un 8 000 m. De même, la Grande-Bretagne, en vue de de la conquête du Toit du monde, avait créé dès 1921 le Comité de l’Everest britannique. Il faut rappeler que les amphétamines, le dopant n° 1 des sportifs des années 1950-1970, étaient omniprésentes dans les expéditions des 14 ‘’huit mille’’ plus hauts sommets de la planète. Avant d’aborder la bataille de ces sommets, il faut revenir aux années 1940 et la découverte des amphets.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les amphétamines ont été utilisées massivement par tous les belligérants pour améliorer la performance des soldats, principalement pour compenser la privation de sommeil et améliorer la vigilance : le Pervitin® par l’Allemagne ; la Dexédrine® par les États-Unis ; la Benzédrine® et la Méthédrine® par la Grande-Bretagne ; la Simpamina® par l’Italie ; le Philopon® par le Japon. Lors de la bataille d’Angleterre,
72 000 comprimés ont été distribués aux pilotes britanniques pour repousser les attaques de l’aviation allemande, au point que les journaux anglais ont pu titrer : « La Méthédrine® a gagné la bataille de Londres». À partir des années 1950, ces produits arrivent dans le sport et dans les expéditions en haute montagne. Pendant quinze ans, de 1950 à 1964, les quatorze plus hauts sommets de la planète, dépassant tous la barrière mythique des 8 000 m, ont été vaincus par des grimpeurs sublimés aux amphétamines. Les Français Maurice Herzog et Louis Lachenal sont les premiers à gravir une telle altitude, en parvenant à la cime de l’Annapurna (8 091 m) le 3 juin 1950 en absorbant du Maxiton®.
L’Everest (8 849 m) est conquis par Edmund Hillary (Nouvelle-Zélande) et Norgay Tenzing (Népal) le 29 mai 1953 avec l’aide de la Benzédrine®. Les Allemands parviennent au sommet du Nanga Parbat (8 125 m) grâce à l’exploit de l’Autrichien Hermann Buhl qui atteint seul la cime le 3 juillet 1953 en ayant recours au Pervitin®.
Les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedelli s’adjugent le K2 (8 611 m) le 31 juillet 1954 en prenant de la Simpamina®. À l’époque, ces différents types d’amphétamines sont considérées comme des produits de soutien en vue de la marche d’approche et de l’assaut final. Dès 1987, dans Le Point mais surtout dans un ouvrage intitulé Drogues et dopages, j’avais consacré un chapitre entier à la consommation des stimulants dans l’alpinisme de haut niveau.
CHRONOLOGIE des amines de l’éveil dans les sports de compétition : alpinisme, 24 Heures du Mans, Tour de France
Pendant le deuxième conflit mondial, elles seront omniprésentes chez les combattants américains (Benzédrine®), britanniques (Méthédrine®), allemands (Pervitin®), italiens (Simpamina®), japonais (Philopon®).
Dès la signature de l’armistice, le 08 mai 1945, elles pénétreront à grande échelle les universités et les stades français mais pas que.
De 1950 à 1964, elles vaincront dans la chaîne de l’Himalaya les quatorze 8 000 m plus hauts sommets de la planète (témoignages des comptes rendus d’expéditions) [recherches Dr JPDM]
Au 24 Heures du Mans 1955, accident tragique le 11 juin : 83 morts et 120 blessés. L’implication des amphets dans le comportement des trois pilotes impliqués est fortement probable. A l’époque, les amphets sont omniprésentes dans les courses d’endurance et rallyes. [recherches Dr JPDM]
Dans le Tour de France, elles accompagneront les vainqueurs de l’épreuve de 1947 à 1965.
En 1967, le 13 juillet, leur responsabilité sera bien établie dans le décès du cycliste britannique Tom Simpson sur les pentes du Mont Ventoux (Vaucluse) en direct à la télé.
L’oxygène fait débat – Une substance artificielle utile aux grandes altitudes supérieures à 7 000 m mais créant une controverse entre les vrais puristes et la masse des pseudos
Pour le Suisse Erhard Loretan, lauréat des 14 ‘’8 000’’ entre 1982 et 1995, 90% des personnes qui grimpent sur le Toit du monde ont utilisé l’oxygène en bouteilles démontrant par là-même que ce gaz améliore les performances des grimpeurs et qu’aujourd’hui il fait toujours débat entre « triche et éthique ».
Quelques grimpeurs de renom donnent leur avis :
Erice Escoffier (Français), himalayiste (5 sommets à plus de 8 000 m entre 1985 et 1997) : « Grimper avec de l’oxygène aujourd’hui, c’est tricher ; je ne vois pas de différence avec Ben Johnson. » [L’Équipe Magazine, 29.10.1988]
Erhard Loretan (Suisse), himalayiste (14 ‘’8 000’’ entre 1982 et 1995) : « Quatre-vingt-dix pour cent des 600 personnes qui, à ce jour [Ndlr : mai 1997], ont atteint le sommet de l’Everest ont utilisé l’oxygène. Il faut jouer le jeu de la haute altitude. Seuls ceux qui sont capables de monter sans bouteilles doivent pouvoir effectuer cette ascension. Les autres se dirigeront vers des sommets moins élevés. » [Le Monde, 16.05.1997]
Francis Younghusband (Anglais), président du Comité de l’Everest britannique en 1921, coordonna les expéditions britanniques à l’Everest en 1921, 1922 et 1924 : « Celui qui monterait à l’Everest sans oxygène serait considéré comme ayant accompli une action plus belle que celui qui y monterait en utilisant l’oxygène. Il semblait impossible à plusieurs hommes de science que le sommet ne pût jamais être atteint sans aide artificielle. » [L’épopée de l’Everest .- Paris, éd. Arthaud, 1947 .- 340 p (pp109-110)]
Aujourd’hui, en 2025, une expédition commerciale innove en proposant dans le prix d’inscription, le dopage au gaz xénon en amont de l’ascension favorisant la production d’érythropoïétine (EPO), une hormone facilitant le transport d’oxygène par les globules rouges via le sang jusqu’aux tissus périphériques, cerveau compris et permettant une marche d’approche et une adaptation écourtée.
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
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EN FICHIER JOINT – ALPINISME : ‘’positive attitude’’ – Arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidon
La fenêtre la plus favorable pour conquérir l’un des quatorze sommets de 8 000 m se situe au mois de mai. 7 des ascensions victorieuses lors des ‘’premières’’ l’ont été pendant le 5e mois de l’année.
C’est l’occasion de fêter et honorer tous ces grimpeurs victorieux entre mai 1953 et mai 1964.
Cela fait très longtemps, des dizaines d’années, que j’ai établi ce tableau où figurent les noms des 14 sommets mythiques avec les dates et heures locales des premiers pas sur les cimes, les noms des grimpeurs et l’utilisation ou non d’oxygène.
Sur les 14 pics, seuls 6 ont été réalisés en l’absence d’oxygène artificielle. Sur les 7 sommets vaincus en mai, seul le Dhaulagiri (7e plus haut des 14 avec 8 167 m) l’a été sans oxygène. Il faut préciser que l’équipe suisse avait été aidée d’un avion qui déposa 6 tonnes de matos à 5 200 m et 5 700 m.
Autre particularité, le Kangchenjunga (3e sommet / 8 586 m) atteint les 25 et 26 mai 1955 par les Britanniques, ces derniers sont restés à 2 mètres du sommet pour ne pas déplaire aux traditions religieuses locales, respectueuses des Dieux.
A titre personnel, l’énumération régulière de ces quatorze 8 000 m, au même titre que les 64 lauréats du Tour de France depuis 1903 et les 50 Etats américains me permettent d’entretenir et de vérifier si le lobe temporal de mon cerveau est toujours en forme !
La Roumaine Irina Fetecău a été suspendue pour une période de 10 mois après avoir consommé un supplément contaminé de pré-entraînement « Gorillalpha Yeti Juice ». Pour sa défense, elle invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.
Dans toutes ces affaires de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs, on constate l’absence d’infos sur la composition précise : aucune mention du produit dopant en cause sur l’emballage, la notice, la pub d’internet.
C’est le rôle de l’instance antidopage de poursuivre les fabricants coupables de ces manquements. Ces structures de régulation du dopage ont beaucoup plus de moyens : financiers, juridiques (avocats), scientifiques que le sportif démuni face à ce commerce illicite.
Que ce soit l’AMA, l’ITA, l’ITIA, l’AFLD qui se targuent d’être des acteurs de la prévention du dopage, on attend toujours qu’ils le démontrent en poursuivant avec pugnacité ces fabricants de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs avec un seul objectif, celui de les rendre efficaces avec l’ajout d’une substance illicite,
Deux options pour tenter d’éradiquer ces histoires de compléments alimentaires contaminés :
Soit on considère que le sportif est pleinement responsable pour ne pas avoir fait certifier son complément alimentaire et alors la sanction doit être entière, sans aucune restriction.
Soit on considère qu’involontairement, il s’est fait piéger et les instances aident réellement le sportif en poursuivant juridiquement le fabricant du complément alimentaire en cause.
Le fameux additif nutritionnel de la Roumaine contenait un stimulant, le 4-méthylpentan-2-amine ou 1,3-diméthylbutylamine (DMBA), des noms barbares, apparentés à la fameuse méthylhéxanamine omniprésente dans les urines des sprinters, notamment jamaïcains des années 2010.
Selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia : « Le sels de chlorhydrate et de citrate de DMBA ont été détectés comme des ingrédients non approuvés présents dans certains compléments alimentaires en vente libre dans lesquels ce stimulant est utilisé dans une tentative apparente de contourner les interdictions sur la méthylhéxanamine.
Cette dernière, depuis 2004, en tant qu’apparentée, est interdite en compétition par l’Agence mondiale antidopage (AMA) sans que sa dénomination apparaisse en toutes lettres.
En réalité, il faudra attendre 2010 pour que la méthylhéxanamine figure précisément en liste rouge. En revanche, le 1,3-diméthylbutilamine (DMBA) fait son apparition sur la nomenclature de l’AMA le 01 janvier 2018 entant que stimulant spécifié seulement en compétition.
Wikipedia ajoute : « La Food and Drug Administration (FDA, Etats-Unis) considère tout complément alimentaire contenant du DMBA comme frelaté ».
Malgré l’opposition de la FDA, le DMBA continue d’être vendu aux Etats-Unis. En mai 2015, la FDA mettait en garde 14 fabricants de compléments alimentaires pour sportifs contre la présence illégale de DMBA (citrate d’AMP).
Dans ce contexte d’illégalité des compléments alimentaires, selon une récente étude, 30% contiennent des dopants non-listés sur l’emballage ou sur internet. Irina Fetecău, pour sa défense, invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.
L’Agence internationale pour l’Intégrité du tennis (ITIA) justifie dans un communiqué mis en ligne le 12 mai 2025, les 10 mois de suspension à l’encontre de la joueuse roumaine mais sans vraiment convaincre sur l’absence de faute ou de négligence de cette dernière
La résolution de l’affaire Jannik Sinner par les instances (ATP, AMA, FIT, ITIA) interpelle le monde des joueurs et des scientifiques. Par ailleurs, le dopage à travers la peau offre de meilleures possibilités de feinter les radars que les injections et les comprimés.
Rappel – Le n° 1 mondial de tennis l’Italien Jannik Sinner, il y a un an, en mars 2024 pendant le tournoi ATP 1000 d’Indian Wells, est testé positif à deux reprises au clostébol, un stéroïde anabolisant.
Il a fallu attendre cinq mois pour que le public soit informé de cette VRAD (violation des règles antidopage). D’autant plus que dans un premier temps, Sinner sera blanchi par un tribunal dit indépendant et, dans un deuxième temps en raison d’un accord entre l’AMA et le joueur, il écopera de trois mois de suspension calés dans une période sans compétition emblématique afin de ne pas rater le tournoi de Rome et les Grands Chelems.
Difficile de comprendre cette mansuétude lorsqu’on sait que la loi italienne impose de faire figurer, sur tous les produits renfermant une substance dopante, un pictogramme indiquant clairement que le médicament peut aboutir à un test positif.
Le spray en cause, Trofodermin®, contenant le clostébol comporte à la fois sur le conditionnement et le flacon le pictogramme Doping cerclé de rouge.
Sur les emballages, le mot doping cerclé et barré de rouge : certains sportifs auraient-ils des problèmes de lecture ou de vue ?
La crème Trofodermin® signale les mêmes informations.
Que le tribunal indépendant du tennis affirme qu’il n’y a eu aucune négligence de Sinner et de son staff, est une contrevérité.
Rappelons que le staff du joueur comporte plusieurs personnes qui, a priori, savent lire un pictogramme :
2 entraîneurs : Darren Cahill et Simone Vagnozzi
1 préparateur physique diplômé en pharmacie : Umberto Ferrara
1 kiné : Giacomo Naldi.
Les deux derniers ont été remerciés après la bavure du spray Trofodermin® anabolisé au clostébol. En plus, il a trois conseils/avocats : Kendrah Potts, Jamie Singer et George Cottle.
Après cette mascarade de tests positifs restés silencieux pendant cinq mois, plusieurs joueurs ont manifesté leur opposition à la gestion du cas Sinner. Par exemple, le Suisse Stan Wawrinka, lauréat de trois Grands Chelems, explique sur X : « qu’il ne pensait plus que le tennis était un sport propre ». L’ancien n° 1 mondial de 1999, le Russe Yevgeny Kafelnikov, s’interrogeait sur l’accord de 3 mois de suspension proposé par l’AMA et accepté par le clan Sinner : « Si vous êtes sûr à 100% de votre innocence, pourquoi accepter une suspension de trois mois ? Cela n’a aucun sens. »
De même, sa compatriote Daria Kasatkina, professionnelle depuis 2014, qui a remporté huit titres en simple et un en double dames sur le circuit WTA, exprime ses forts doutes sur l’entourage des joueurs italiens : « Je ne comprends pas pourquoi en Italie ils continuent à se faire contrôler avec la même substance. Se faire attraper de cette manière c’est vraiment stupide. »
Un pictogramme très visible sauf… pour certains sportifs !
D’autant que le pictogramme doping en rouge est présent sur les conditionnements du spray et de la crème Trofodermin® au moins depuis 2016.
De plus, en Italie, les cas positifs se succèdent sans temps morts tout en étant fortement médiatisés depuis 1998. Des footeux, des athlètes, des tennismen, des basketteurs… alimentent régulièrement la chronique du dopage avec Trofodermin® crème et spray.
Pour confirmer l’épidémie au clostébol, le journal Honest Sport spécialisé dans les affaires de dopage a révélé récemment que trente-huit sportifs italiens ont été testés positifs au clostébol entre 2019 et 2023. Selon l’AMA, la moitié des cas détectés l’ont été en Italie (Trofodermin® est surtout commercialisé en Italie, au Brésil et sur Internet). Cela paraît invraisemblable avec la présence du pictogramme doping en rouge sur les emballages italiens.
‘’Prendre’’ 3 mois au lieu de 4 ans = tout bénef avec Trofodermin®
La question se pose : est-ce que Trofodermin® spray et crème ne permet pas aux dopeurs de profiter du clostébol, stéroïde anabolisant, avec des taux urinaires présents à l’état de traces (moins d’un nanogramme/mL, soit l’équivalent d’un milliardième de gramme par mL) pour pouvoir invoquer la contamination à l’insu et ne récolter qu’une sanction dérisoire au lieu des quatre ans de suspension, le tarif habituel d’un test positif au clostébol ?
Etrange absence dans le dossier Sinner : pas d’examen capillaire
A l’encontre de Sinner, on peut également s’interroger sans faire preuve de suspicion exagérée, dans son dossier de défense, de l’absence d’analyses des cheveux alors que les affaires de dopage par contamination accidentelle (viande, rapports sexuels, baisers appuyés, contacts cutanés…) se multiplient avec souvent l’intervention déterminante d’un examen capillaire. Celui-ci permettant, notamment avec les stéroïdes anabolisants, de distinguer un usage accidentel d’une cure de stéroïdes dans un but de performance. Etrange absence !
Mêmes circonstances de contamination : 3 mois de suspension pour le n° 1 mondial… mais 4 ans pour le 760e !
Toujours à charge sur la gestion calamiteuse par l’antidopage du tennis du cas Jannik Sinner qui n’a pris que trois mois alors que Steffano Battaglino, son compatriote 760e mondial, en juillet 2022 a été condamné à 4 ans pour un test positif au clostébol contracté dans les mêmes conditions que le n° 1 mondial.
Après la disqualification infligée par l’International Tennis Integrity Agency (ITIA) en octobre 2023, Battaglino a soutenu que la contamination était due à un massage effectué par le physiothérapeute présent à un tournoi au Maroc en 2022. Le TAS a confirmé la suspension de 4 ans. Sinner-Battaglino : deux poids, deux mesures. Depuis, Battaglino a arrêté le tennis de compétition et dorénavant travaille dans l’entreprise familiale.
Rappelons que pour le clostébol, il n’y a pas de seuil et c’est la présence dans les urines, même à 1 ng/mL qui signe la violation des règles antidopage (VRAD).
Aucune étude effectuée par l’AMA qui peut donc sanctionner à son gré
Y-a-t-il une étude effectuée par l’AMA ou ses collaborateurs pour corréler les taux urinaires et les quantités de clostébol appliquées sur la peau ? La réponse est simple : NON !
L’Agence fait des recherches sur les détections urinaires des substances, jamais sur l’efficacité des produits. Finalement c’est bien l’AMA le maillon faible de la lutte antidopage.