entraînant agressivité, violence physique et même meurtre / assassinat
Plusieurs sportifs de renom ont été impactés par les dégâts de cette pratique dopante, notamment des culturistes, des footballeurs américains, des boxeurs. Parmi eux, le running back américain O.J. Simpson, l’athlète paralympique sud-africain Oscar Pistorius.
Un protocole d’ascension aménagé, escamotant les difficultés, et suroxygéné grâce au Xénon
En amont, passer ses nuits sous tentes hypoxiques pendant des semaines et respirer du Xénon dans une clinique allemande, un gaz stimulant la production endogène d’EPO et de GR augmentant le transport d’O2 aux tissus.
Sur place, monter dans un hélico pour éviter la marche d’approche et atterrir au camp de base (5 364 m) préinstallé avec un confort VIP.
Pendant la grimpe : utiliser les cordes fixes, les sherpas ayant déjà équipés les camps d’altitude ; inhaler de l’oxygène artificielle pendant l’ascension.
Une ‘’grimpette’’ de seulement 3 500 m !
Où est l’exploit des ex-soldats de l’armée britannique ? Ils sont adaptés à l’altitude à domicile et, au final, ils ne grimpent réellement qu’une montagne de… 3 500 mètres !
Pour tous ceux qui prônent « des valeurs de la montagne antinomiques avec le dopage », rappelons que depuis les véritables premières ascensions au XIXe siècle, les viatiques ergogéniques accompagnent les grimpeurs jusqu’aux cimes (voit tableau joint de 1883 à 2025).
Les vraies valeurs dans tous les sports ne concernent que de rares individus. L’ensemble du peloton des adeptes de l’effort physique en compétition n’a qu’un objectif : être reconnu et performer ce qui impose d’atteindre le top 10, voire le podium. De préférence s’il y a des règles, ne pas se faire épingler.
En 2025, la médicalisation de la performance est une constante malgré la profession de mauvaise foi de l’AMA
Aujourd’hui, malgré le CIO, l’AMA, l’ITA, le TAS et les nombreuses agences antidopage nationales, la médicalisation du sport de compétition est voisine de 100% : caféine, anti-inflammatoires, antalgiques, aspirine… font partie de la pharmacie quotidienne des adeptes de l’effort. Et qui plus, ce sont des surdoses qu’ingurgitent les sportifs.
A titre d’exemple, voici le protocole de ‘’dopage légal’’ – expression utilisée par Henriette Albon, une traileuse norvégienne de top niveau qui a partagé un visuel sur la médicalisation du trail Transgrancanaria du 25 févier 2025, qu’elle a remporté en 15 heures 02’ 50’’. Pendant l’épreuve de 126 km et 7 000 m de dénivelé positif, Albon a absorbé 1 720 mg de caféine et 3 000 mg de paracétamol (antalgique).
Ces doses ne sont pas sans danger, notamment lorsqu’elles sont associées à un effort de course en moyenne montagne avec hyperthermie corporelle et déshydratation. Ces quantités de caféine en moins de 24 heures sont-elles sans danger alors qu’à partir de 500 mg/jour, on tutoie la surdose et que Melle Albon dépasse trois fois la dose ? De même, l’impact du paracétamol sur le foie n’est pas bon pour la santé, notamment lors d’un effort prolongé de 15 heures non-stop avec déshydratation et hyperthermie voisine de 39-40°, habituels dans une telle activité énergivore.
Protocole de dopage légal d’une spécialiste du trail
Protocole « Legal Doping » d’Henriette Albon : une publication choc et assumée
Sur son compte Instagram, Henriette Albon, traileuse norvégienne et récente vainqueure de la Transgrancanaria 2025, a partagé un visuel qui n’a laissé personne indifférent : un tableau minutieux intitulé « Legal Doping », accompagné d’un smiley ironique et d’un commentaire en bas de page : Ultra running ain’t good for you. Une provocation ? Une blague entre initiés ? Ou un vrai plan d’action partagé publiquement avec légèreté ? C’est cette ambiguïté qui alimente aujourd’hui la polémique.
Screenshot
Ce que révèle le tableau :
Le document détaille un protocole de course planifié à l’heure près, intégrant des doses précises de caféine et de paracétamol, ainsi que d’autres compléments alimentaires identifiés comme potentiellement de la créatine ou des marques type Solgar.
Les quantités indiquées sont significatives :
– Jusqu’à 200 mg de caféine toutes les deux heures,
– Et jusqu’à 500 mg de paracétamol à plusieurs reprises.
Même si rien n’est interdit sur le plan réglementaire, ce type de protocole s’apparente clairement à une conduite dopante, c’est-à-dire une utilisation de substances non interdites, dans le but d’augmenter artificiellement la performance.
En 2025, le dopage et la médicalisation de la performance sont omniprésents dans les enceintes sportives bien que l’Agence mondiale antidopage (AMA) dans ses communiqués, régulièrement, se targue style méthode Coué que : « La santé et le bien-être des sportifs sont la priorité de l’AMA ». Il n’y a que les journalistes complices qui peuvent croire un tel engagement de l’instance mondiale.
Quoi qu’il en soit, le dopage est omniprésent dans notre société et rien n’est entrepris d’efficace pour le combattre, surtout avec l’AMA en tête de gondole.
En fichiers joints 1/ Alpinisme : les médocs de la performance depuis 1883 (tableau); 2/ Document – Everest et dopage : les étapes des premières expéditions 1921-1922 à la victoire des Britanniques le 29 mai 1953 à 11h30
Peu probable si l’on en croit les différents ouvrages des pionniers des 14‘’huit mille mètres’’ où l’on découvre que les différents produits qui vont intégrer la liste des substances illicites lors des premières réglementations antidopage au milieu des années 1960, sont déjà présentes en 1950 en nombre dans les pharmacies itinérantes des expéditions pour la marche d’approche, les camps d’altitude et l’assaut final.
Idée reçue véhiculée par le milieu de l’alpinisme : ‘’aucune substance ne booste l’aptitude des grimpeurs !’’
Comme pour toutes les spécialités sportives, le milieu de la montagne (officiels, médecins, grimpeurs) va nier la présence du dopage dans leurs rangs avec de pseudo-arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidons.
Par exemple, le médecin français Jean-Pierre Herry, un temps médecin fédéral FFME ose affirmer en 1989 : « A l’heure actuelle, aucune substance dopante connue ne peut améliorer le comportement du grimpeur en période d’entraînement ou de compétition. » [Tonus, 12.12.1988, p 8]
Visiblement, ce médecin qui se dit aussi spécialiste du trail et des raids d’altitude, a zappé les cours sur le dopage ! Rappelons que le fléau numéro un du sport de compétition améliore le rendement physique du corps et, par-là même, permet d’être plus efficace dans la pente, la durée de l’effort et la gestuelle. C’est bien connu, plus le corps est fort, plus il obéit, plus il est faible, plus il commande. Et le dopage est efficace pour construire un corps plus énergique se pratique sous forme de cure préalable aux courses en montagne, notamment à base de stéroïdes anabolisants – triple action bénéfique à la fois sur le rendement musculaire, le transport d’O2 par les globules rouges et le mental – pendant plusieurs semaines en amont de la compétition ou du sommet convoité.
Idée reçue : par d’argent, pas de dopage !
Autre argument spécieux : « Les enjeux financiers restent modestes », sous-entendu la victoire pour la seule gloire n’est pas attractive, le dopage ayant un coût plus ou moins élevé cela freine les tentatives d’avoir recours au coup de pouce artificiel.
C’est Sylvain Jouty, écrivain et ancien rédacteur en chef d’Alpinisme et Randonnée qui nous propose la tirade suivante : « Aujourd’hui, ce sont les formes les plus sportives et les plus intenses (escalade ou ski- alpinisme de compétition) qui sont les plus sujettes au dopage. Heureusement, elles demeurent marginales et les enjeux, notamment financiers, restent modestes. » [in« Montagne. Les grandes premières». – Paris, éd. Sélection Reader’s Digest, 2000. – 207 p (p 149)]
Or, on trouve des cas positifs dans les épreuves de masse (marathon, cyclotourisme…) où il n’y a pas un fifrelin à gagner. Autre cas en haltérophilie où pratiquement tous les concurrents sont dopés et leur seule récompense c’est une poignée de main de félicitation d’un dirigeant également ancien haltérophile.
L’étude de Georg Röggla et de son équipe confirme en 1993 la présence des amphets chez les alpinistes amateurs
A titre d’exemple, signalons que dans l’alpinisme d’été où il n’y a pas d’argent, pas de spectateurs et où la compétition se fait surtout par rapport à soi-même, on a pu comptabiliser 7,1% de dopés aux amphétamines parmi les grimpeurs « anonymes » (non-sponsorisés) dépassant 3 300 m d’altitude. Ce chiffre est tiré de l’étude dirigée par le scientifique autrichien Georg Röggla et son équipe qui a analysé la fréquence de la consommation d’amphétamines chez l’alpiniste de loisir en moyenne altitude (1). Au sein des substances facilitant les ascensions, seules les amphétamines ont été testées. En 1993, au moment de l’étude, on ne détectait pas encore les corticoïdes (1999) et l’érythropoïétine (2000), autres substances prisées des grimpeurs. D’autre part, depuis les années 1950, les amphétamines jouissent dans le milieu de l’alpinisme d’une bonne réputation de produit performant pour lutter contre la fatigue et le froid. Selon Karl Herrligkoffer, le médecin allemand patron de l’expédition victorieuse au Nanga Parbat (8 125 m) en juillet 1953, l’amphétamine qu’il a étudié en haute altitude, stimule le cœur et la circulation sanguine, augmente la ventilation des poumons et pallie le manque d’oxygène. Rappelons que les quatorze plus hauts sommets de la planète, les seuls à dépasser la barre mythique des 8 000 mètres, ont tous été conquis grâce à l’apport des amphétamines.
En ce qui concerne le travail de Röggla et de son équipe, 253 prélèvements d’urine ont été effectués sur des alpinistes masculins présents sur les pentes d’une montagne autrichienne culminant à 3 797 m (le pic Grossglockner). 7,1% des sujets grimpant au-dessus de 3 300 mètres et ayant réussi l’ascension étaient positifs. Parmi ceux qui s’arrêtaient entre 2 500 et 3 300 m, 2,7% avaient des traces urinaires d’amphétamines. Chez les alpinistes qui n’allaient pas plus haut que 2 500 m, aucun échantillon positif n’a été détecté. Précisons qu’au sommet, il n’y avait pas les caméras de TF1 pour réaliser un direct dans un journal d’information tel que le 13 h ou le 20 h, de même pas de spectateurs pour applaudir, pas d’argent, pas de podium, pas de journalistes ni photographes, pas de légion d’honneur remise par le président de la République… En réalité, les alpinistes ayant foulé le sommet pouvaient, le lendemain devant leurs collègues de travail ou leurs amis, se valoriser en commentant fièrement qu’ils avaient explosé leur meilleur temps de l’ascension ou qu’ils avaient battu d’autres grimpeurs.
Les auteurs de l’enquête concluent que pour réaliser une ascension plus rapide, les consommateurs de produits pharmaceutiques ne sont pas rares dans l’alpinisme de loisir. Au total, s’il est certain que l’ensemble des sportifs, quel que soit leur niveau, sont exposés au dopage, on peut affirmer aujourd’hui que plusieurs facteurs vont potentialiser la tentation d’y avoir recours : la médiatisation – de la simple citation de son nom ou de la publication de sa photo imprimés dans la « feuille de chou » locale jusqu’au passage sur les écrans des chaînes de télévisions régionales ou nationales -, les retombées financières peu attractives au début, les reconnaissances officielles (légion d’honneur etc.). Plus on grimpe dans la hiérarchie du haut niveau, plus on est confronté à ces boosters de la dope.
(1) Georg Röggla et al., Dopage aux amphétamines chez les alpinistes de loisir en altitude moyenne (en allemand), Schweiz Sportmed, 1993, 3, pp 103-105
Compétition : la cause n° 1 du dopage
Autre argument tout aussi bidon prononcé par le Dr Jean-Paul Richalet, physiologiste et médecin du sport spécialité dans les activités de montagne expliquant benoîtement : « Je crois que le dopage existe là où il y a compétition, ce qui n’est pas le cas de l’alpinisme. » [Libération, 23.01.1997]
Ajoutons que de tout temps, l’esprit de compétition a fait partie intégrante des courses en haute montagne. Le journaliste Paul Herr, du mensuel Sport Sélection, en témoigne dès les années 1950 : « Si l’alpinisme ne permet pas l’homologation de records ni la désignation de champions, l’esprit de compétition existe néanmoins dans ce sport si particulier » [Sport Sélection, 1954, n° 27, juillet, p 135].
De même, deux ans plus tôt, Jean-François Tourtet, journaliste et grimpeur amateur, avait fait un constat identique : « Aujourd’hui, la montagne est morte. Du monde de nos rêves, on a fait un ‘’alpinodrome’’, un gymnase de glace et de rocher, aux agrès catalogués et munis de pitons. La compétition s’est installée en maîtresse. » [in « Les alpinistes de demain grimperont au chronomètre. – Sport-Digest, 1952, n° 41, avril, p 62]
Afin de tempérer la suspicion du dopage en alpinisme, le Dr Jean-Paul Richalet, après avoir écarté sans argument pertinent, l’absence de dopage parce qu’il n’y aurait pas ‘’compétition’’ chez les grimpeurs de sommets, ajoute : « Pour les alpinistes, des médicaments, pas des dopants » en distinguant trois ‘’remèdes’’ efficaces contre les effets de l’altitude : le Diamox® – un diurétique -, l’aspirine et les glucocorticoïdes. Signalons à ce pseudo-spécialiste du dopage que le Diamox® et les glucocorticoïdes sont listés comme produits dopants dans le Code mondial antidopage depuis les années 1980.
Le Dr Richalet ajoute à propos de ces trois produits : « Ce n’est pas du dopage et cela n’a pas d’effet direct sur la performance musculaire. » C’est bien sûr faux et cela a bien été prouvé en milieu hippique dans les années 1980. Il a été démontré sur les chevaux que parmi les trois seules substances améliorant la performance chronométrique des quadrupèdes figuraient les glucocorticoïdes.
Autre expérience en 1997 sur les coureurs du Tour de France. En 3e semaine de course, 70% du peloton carburait aux glucocorticoïdes. D’ailleurs, quand Jean-Paul Richalet nous dit : « Pour les alpinistes, des médicaments, pas des dopants », les cyclistes face à la suspicion du dopage répondent : « On ne se dope pas, on se soigne ! »
De 1950 à 1964, les 14 ‘’8 000’’ étaient en compétition entre la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Autriche, la Suisse, les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne…
En réalité, en montagne, l’esprit de compétition est omniprésent pour atteindre le sommet, établir une première, vaincre une voie réputée hors limite, battre d’autres équipes de grimpeurs, faire tomber le record d’une ascension emblématique.
À cette époque, la lutte faisait d’ailleurs rage entre la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, les Etats-Unis, le Japon et la Suisse pour être la première nation à inscrire un 8 000 m à son palmarès. La France avait créé un Comité de l’Himalaya, qui avait sélectionné en 1950 une équipe avec pour capitaine Maurice Herzog et pour mission celle de vaincre un 8 000 m. De même, la Grande-Bretagne, en vue de de la conquête du Toit du monde, avait créé dès 1921 le Comité de l’Everest britannique. Il faut rappeler que les amphétamines, le dopant n° 1 des sportifs des années 1950-1970, étaient omniprésentes dans les expéditions des 14 ‘’huit mille’’ plus hauts sommets de la planète. Avant d’aborder la bataille de ces sommets, il faut revenir aux années 1940 et la découverte des amphets.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les amphétamines ont été utilisées massivement par tous les belligérants pour améliorer la performance des soldats, principalement pour compenser la privation de sommeil et améliorer la vigilance : le Pervitin® par l’Allemagne ; la Dexédrine® par les États-Unis ; la Benzédrine® et la Méthédrine® par la Grande-Bretagne ; la Simpamina® par l’Italie ; le Philopon® par le Japon. Lors de la bataille d’Angleterre,
72 000 comprimés ont été distribués aux pilotes britanniques pour repousser les attaques de l’aviation allemande, au point que les journaux anglais ont pu titrer : « La Méthédrine® a gagné la bataille de Londres». À partir des années 1950, ces produits arrivent dans le sport et dans les expéditions en haute montagne. Pendant quinze ans, de 1950 à 1964, les quatorze plus hauts sommets de la planète, dépassant tous la barrière mythique des 8 000 m, ont été vaincus par des grimpeurs sublimés aux amphétamines. Les Français Maurice Herzog et Louis Lachenal sont les premiers à gravir une telle altitude, en parvenant à la cime de l’Annapurna (8 091 m) le 3 juin 1950 en absorbant du Maxiton®.
L’Everest (8 849 m) est conquis par Edmund Hillary (Nouvelle-Zélande) et Norgay Tenzing (Népal) le 29 mai 1953 avec l’aide de la Benzédrine®. Les Allemands parviennent au sommet du Nanga Parbat (8 125 m) grâce à l’exploit de l’Autrichien Hermann Buhl qui atteint seul la cime le 3 juillet 1953 en ayant recours au Pervitin®.
Les Italiens Achille Compagnoni et Lino Lacedelli s’adjugent le K2 (8 611 m) le 31 juillet 1954 en prenant de la Simpamina®. À l’époque, ces différents types d’amphétamines sont considérées comme des produits de soutien en vue de la marche d’approche et de l’assaut final. Dès 1987, dans Le Point mais surtout dans un ouvrage intitulé Drogues et dopages, j’avais consacré un chapitre entier à la consommation des stimulants dans l’alpinisme de haut niveau.
CHRONOLOGIE des amines de l’éveil dans les sports de compétition : alpinisme, 24 Heures du Mans, Tour de France
Pendant le deuxième conflit mondial, elles seront omniprésentes chez les combattants américains (Benzédrine®), britanniques (Méthédrine®), allemands (Pervitin®), italiens (Simpamina®), japonais (Philopon®).
Dès la signature de l’armistice, le 08 mai 1945, elles pénétreront à grande échelle les universités et les stades français mais pas que.
De 1950 à 1964, elles vaincront dans la chaîne de l’Himalaya les quatorze 8 000 m plus hauts sommets de la planète (témoignages des comptes rendus d’expéditions) [recherches Dr JPDM]
Au 24 Heures du Mans 1955, accident tragique le 11 juin : 83 morts et 120 blessés. L’implication des amphets dans le comportement des trois pilotes impliqués est fortement probable. A l’époque, les amphets sont omniprésentes dans les courses d’endurance et rallyes. [recherches Dr JPDM]
Dans le Tour de France, elles accompagneront les vainqueurs de l’épreuve de 1947 à 1965.
En 1967, le 13 juillet, leur responsabilité sera bien établie dans le décès du cycliste britannique Tom Simpson sur les pentes du Mont Ventoux (Vaucluse) en direct à la télé.
L’oxygène fait débat – Une substance artificielle utile aux grandes altitudes supérieures à 7 000 m mais créant une controverse entre les vrais puristes et la masse des pseudos
Pour le Suisse Erhard Loretan, lauréat des 14 ‘’8 000’’ entre 1982 et 1995, 90% des personnes qui grimpent sur le Toit du monde ont utilisé l’oxygène en bouteilles démontrant par là-même que ce gaz améliore les performances des grimpeurs et qu’aujourd’hui il fait toujours débat entre « triche et éthique ».
Quelques grimpeurs de renom donnent leur avis :
Erice Escoffier (Français), himalayiste (5 sommets à plus de 8 000 m entre 1985 et 1997) : « Grimper avec de l’oxygène aujourd’hui, c’est tricher ; je ne vois pas de différence avec Ben Johnson. » [L’Équipe Magazine, 29.10.1988]
Erhard Loretan (Suisse), himalayiste (14 ‘’8 000’’ entre 1982 et 1995) : « Quatre-vingt-dix pour cent des 600 personnes qui, à ce jour [Ndlr : mai 1997], ont atteint le sommet de l’Everest ont utilisé l’oxygène. Il faut jouer le jeu de la haute altitude. Seuls ceux qui sont capables de monter sans bouteilles doivent pouvoir effectuer cette ascension. Les autres se dirigeront vers des sommets moins élevés. » [Le Monde, 16.05.1997]
Francis Younghusband (Anglais), président du Comité de l’Everest britannique en 1921, coordonna les expéditions britanniques à l’Everest en 1921, 1922 et 1924 : « Celui qui monterait à l’Everest sans oxygène serait considéré comme ayant accompli une action plus belle que celui qui y monterait en utilisant l’oxygène. Il semblait impossible à plusieurs hommes de science que le sommet ne pût jamais être atteint sans aide artificielle. » [L’épopée de l’Everest .- Paris, éd. Arthaud, 1947 .- 340 p (pp109-110)]
Aujourd’hui, en 2025, une expédition commerciale innove en proposant dans le prix d’inscription, le dopage au gaz xénon en amont de l’ascension favorisant la production d’érythropoïétine (EPO), une hormone facilitant le transport d’oxygène par les globules rouges via le sang jusqu’aux tissus périphériques, cerveau compris et permettant une marche d’approche et une adaptation écourtée.
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
Suivre sur X (ex-twitter) mes commentaires au jour le jour de l’actualité médico-sportive : @DeMONDENARD
EN FICHIER JOINT – ALPINISME : ‘’positive attitude’’ – Arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidon
La fenêtre la plus favorable pour conquérir l’un des quatorze sommets de 8 000 m se situe au mois de mai. 7 des ascensions victorieuses lors des ‘’premières’’ l’ont été pendant le 5e mois de l’année.
C’est l’occasion de fêter et honorer tous ces grimpeurs victorieux entre mai 1953 et mai 1964.
Cela fait très longtemps, des dizaines d’années, que j’ai établi ce tableau où figurent les noms des 14 sommets mythiques avec les dates et heures locales des premiers pas sur les cimes, les noms des grimpeurs et l’utilisation ou non d’oxygène.
Sur les 14 pics, seuls 6 ont été réalisés en l’absence d’oxygène artificielle. Sur les 7 sommets vaincus en mai, seul le Dhaulagiri (7e plus haut des 14 avec 8 167 m) l’a été sans oxygène. Il faut préciser que l’équipe suisse avait été aidée d’un avion qui déposa 6 tonnes de matos à 5 200 m et 5 700 m.
Autre particularité, le Kangchenjunga (3e sommet / 8 586 m) atteint les 25 et 26 mai 1955 par les Britanniques, ces derniers sont restés à 2 mètres du sommet pour ne pas déplaire aux traditions religieuses locales, respectueuses des Dieux.
A titre personnel, l’énumération régulière de ces quatorze 8 000 m, au même titre que les 64 lauréats du Tour de France depuis 1903 et les 50 Etats américains me permettent d’entretenir et de vérifier si le lobe temporal de mon cerveau est toujours en forme !
La Roumaine Irina Fetecău a été suspendue pour une période de 10 mois après avoir consommé un supplément contaminé de pré-entraînement « Gorillalpha Yeti Juice ». Pour sa défense, elle invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.
Dans toutes ces affaires de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs, on constate l’absence d’infos sur la composition précise : aucune mention du produit dopant en cause sur l’emballage, la notice, la pub d’internet.
C’est le rôle de l’instance antidopage de poursuivre les fabricants coupables de ces manquements. Ces structures de régulation du dopage ont beaucoup plus de moyens : financiers, juridiques (avocats), scientifiques que le sportif démuni face à ce commerce illicite.
Que ce soit l’AMA, l’ITA, l’ITIA, l’AFLD qui se targuent d’être des acteurs de la prévention du dopage, on attend toujours qu’ils le démontrent en poursuivant avec pugnacité ces fabricants de compléments alimentaires contaminés à l’insu des consommateurs avec un seul objectif, celui de les rendre efficaces avec l’ajout d’une substance illicite,
Deux options pour tenter d’éradiquer ces histoires de compléments alimentaires contaminés :
Soit on considère que le sportif est pleinement responsable pour ne pas avoir fait certifier son complément alimentaire et alors la sanction doit être entière, sans aucune restriction.
Soit on considère qu’involontairement, il s’est fait piéger et les instances aident réellement le sportif en poursuivant juridiquement le fabricant du complément alimentaire en cause.
Le fameux additif nutritionnel de la Roumaine contenait un stimulant, le 4-méthylpentan-2-amine ou 1,3-diméthylbutylamine (DMBA), des noms barbares, apparentés à la fameuse méthylhéxanamine omniprésente dans les urines des sprinters, notamment jamaïcains des années 2010.
Selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia : « Le sels de chlorhydrate et de citrate de DMBA ont été détectés comme des ingrédients non approuvés présents dans certains compléments alimentaires en vente libre dans lesquels ce stimulant est utilisé dans une tentative apparente de contourner les interdictions sur la méthylhéxanamine.
Cette dernière, depuis 2004, en tant qu’apparentée, est interdite en compétition par l’Agence mondiale antidopage (AMA) sans que sa dénomination apparaisse en toutes lettres.
En réalité, il faudra attendre 2010 pour que la méthylhéxanamine figure précisément en liste rouge. En revanche, le 1,3-diméthylbutilamine (DMBA) fait son apparition sur la nomenclature de l’AMA le 01 janvier 2018 entant que stimulant spécifié seulement en compétition.
Wikipedia ajoute : « La Food and Drug Administration (FDA, Etats-Unis) considère tout complément alimentaire contenant du DMBA comme frelaté ».
Malgré l’opposition de la FDA, le DMBA continue d’être vendu aux Etats-Unis. En mai 2015, la FDA mettait en garde 14 fabricants de compléments alimentaires pour sportifs contre la présence illégale de DMBA (citrate d’AMP).
Dans ce contexte d’illégalité des compléments alimentaires, selon une récente étude, 30% contiennent des dopants non-listés sur l’emballage ou sur internet. Irina Fetecău, pour sa défense, invoque la responsabilité d’un complément alimentaire contaminé.
L’Agence internationale pour l’Intégrité du tennis (ITIA) justifie dans un communiqué mis en ligne le 12 mai 2025, les 10 mois de suspension à l’encontre de la joueuse roumaine mais sans vraiment convaincre sur l’absence de faute ou de négligence de cette dernière
La résolution de l’affaire Jannik Sinner par les instances (ATP, AMA, FIT, ITIA) interpelle le monde des joueurs et des scientifiques. Par ailleurs, le dopage à travers la peau offre de meilleures possibilités de feinter les radars que les injections et les comprimés.
Rappel – Le n° 1 mondial de tennis l’Italien Jannik Sinner, il y a un an, en mars 2024 pendant le tournoi ATP 1000 d’Indian Wells, est testé positif à deux reprises au clostébol, un stéroïde anabolisant.
Il a fallu attendre cinq mois pour que le public soit informé de cette VRAD (violation des règles antidopage). D’autant plus que dans un premier temps, Sinner sera blanchi par un tribunal dit indépendant et, dans un deuxième temps en raison d’un accord entre l’AMA et le joueur, il écopera de trois mois de suspension calés dans une période sans compétition emblématique afin de ne pas rater le tournoi de Rome et les Grands Chelems.
Difficile de comprendre cette mansuétude lorsqu’on sait que la loi italienne impose de faire figurer, sur tous les produits renfermant une substance dopante, un pictogramme indiquant clairement que le médicament peut aboutir à un test positif.
Le spray en cause, Trofodermin®, contenant le clostébol comporte à la fois sur le conditionnement et le flacon le pictogramme Doping cerclé de rouge.
Sur les emballages, le mot doping cerclé et barré de rouge : certains sportifs auraient-ils des problèmes de lecture ou de vue ?
La crème Trofodermin® signale les mêmes informations.
Que le tribunal indépendant du tennis affirme qu’il n’y a eu aucune négligence de Sinner et de son staff, est une contrevérité.
Rappelons que le staff du joueur comporte plusieurs personnes qui, a priori, savent lire un pictogramme :
2 entraîneurs : Darren Cahill et Simone Vagnozzi
1 préparateur physique diplômé en pharmacie : Umberto Ferrara
1 kiné : Giacomo Naldi.
Les deux derniers ont été remerciés après la bavure du spray Trofodermin® anabolisé au clostébol. En plus, il a trois conseils/avocats : Kendrah Potts, Jamie Singer et George Cottle.
Après cette mascarade de tests positifs restés silencieux pendant cinq mois, plusieurs joueurs ont manifesté leur opposition à la gestion du cas Sinner. Par exemple, le Suisse Stan Wawrinka, lauréat de trois Grands Chelems, explique sur X : « qu’il ne pensait plus que le tennis était un sport propre ». L’ancien n° 1 mondial de 1999, le Russe Yevgeny Kafelnikov, s’interrogeait sur l’accord de 3 mois de suspension proposé par l’AMA et accepté par le clan Sinner : « Si vous êtes sûr à 100% de votre innocence, pourquoi accepter une suspension de trois mois ? Cela n’a aucun sens. »
De même, sa compatriote Daria Kasatkina, professionnelle depuis 2014, qui a remporté huit titres en simple et un en double dames sur le circuit WTA, exprime ses forts doutes sur l’entourage des joueurs italiens : « Je ne comprends pas pourquoi en Italie ils continuent à se faire contrôler avec la même substance. Se faire attraper de cette manière c’est vraiment stupide. »
Un pictogramme très visible sauf… pour certains sportifs !
D’autant que le pictogramme doping en rouge est présent sur les conditionnements du spray et de la crème Trofodermin® au moins depuis 2016.
De plus, en Italie, les cas positifs se succèdent sans temps morts tout en étant fortement médiatisés depuis 1998. Des footeux, des athlètes, des tennismen, des basketteurs… alimentent régulièrement la chronique du dopage avec Trofodermin® crème et spray.
Pour confirmer l’épidémie au clostébol, le journal Honest Sport spécialisé dans les affaires de dopage a révélé récemment que trente-huit sportifs italiens ont été testés positifs au clostébol entre 2019 et 2023. Selon l’AMA, la moitié des cas détectés l’ont été en Italie (Trofodermin® est surtout commercialisé en Italie, au Brésil et sur Internet). Cela paraît invraisemblable avec la présence du pictogramme doping en rouge sur les emballages italiens.
‘’Prendre’’ 3 mois au lieu de 4 ans = tout bénef avec Trofodermin®
La question se pose : est-ce que Trofodermin® spray et crème ne permet pas aux dopeurs de profiter du clostébol, stéroïde anabolisant, avec des taux urinaires présents à l’état de traces (moins d’un nanogramme/mL, soit l’équivalent d’un milliardième de gramme par mL) pour pouvoir invoquer la contamination à l’insu et ne récolter qu’une sanction dérisoire au lieu des quatre ans de suspension, le tarif habituel d’un test positif au clostébol ?
Etrange absence dans le dossier Sinner : pas d’examen capillaire
A l’encontre de Sinner, on peut également s’interroger sans faire preuve de suspicion exagérée, dans son dossier de défense, de l’absence d’analyses des cheveux alors que les affaires de dopage par contamination accidentelle (viande, rapports sexuels, baisers appuyés, contacts cutanés…) se multiplient avec souvent l’intervention déterminante d’un examen capillaire. Celui-ci permettant, notamment avec les stéroïdes anabolisants, de distinguer un usage accidentel d’une cure de stéroïdes dans un but de performance. Etrange absence !
Mêmes circonstances de contamination : 3 mois de suspension pour le n° 1 mondial… mais 4 ans pour le 760e !
Toujours à charge sur la gestion calamiteuse par l’antidopage du tennis du cas Jannik Sinner qui n’a pris que trois mois alors que Steffano Battaglino, son compatriote 760e mondial, en juillet 2022 a été condamné à 4 ans pour un test positif au clostébol contracté dans les mêmes conditions que le n° 1 mondial.
Après la disqualification infligée par l’International Tennis Integrity Agency (ITIA) en octobre 2023, Battaglino a soutenu que la contamination était due à un massage effectué par le physiothérapeute présent à un tournoi au Maroc en 2022. Le TAS a confirmé la suspension de 4 ans. Sinner-Battaglino : deux poids, deux mesures. Depuis, Battaglino a arrêté le tennis de compétition et dorénavant travaille dans l’entreprise familiale.
Rappelons que pour le clostébol, il n’y a pas de seuil et c’est la présence dans les urines, même à 1 ng/mL qui signe la violation des règles antidopage (VRAD).
Aucune étude effectuée par l’AMA qui peut donc sanctionner à son gré
Y-a-t-il une étude effectuée par l’AMA ou ses collaborateurs pour corréler les taux urinaires et les quantités de clostébol appliquées sur la peau ? La réponse est simple : NON !
L’Agence fait des recherches sur les détections urinaires des substances, jamais sur l’efficacité des produits. Finalement c’est bien l’AMA le maillon faible de la lutte antidopage.
Sauf que dans certains cas, c’est la vérité…vraie !
Décryptage.
La curleuse canadienne Briane Harris vient d’être blanchie par le Tribunal arbitral du sport (TAS) d’accusation de dopage.
Sa défense : devant le TAS, le 23 août 2024, elle a affirmé ne pas savoir ou soupçonner que son mari avait consommé du ligandrol (un Sarms mimant les effets des stéroïdes anabolisants) ni qu’un contact intime représentait un risque de contamination par des substances illicites.
Ce refrain « Je ne savais pas » est inaudible depuis plus de 20 ans et les premiers tests positifs détectés par l’antidopage à la suite de rapports intimes.
Qui plus est, Birane Harris est Canadienne ! Or, en 2019, un cas similaire – celui de la canoéiste Laurence Vincent-Lapointe, championne du monde à huit reprises – a été hypermédiatisé dans son pays, le Canada.
Rappelons que la règle de la Responsabilité objective (entrée en vigueur le 1er janvier 2004), impose au sportif de maîtriser la provenance de toutes les substances illicites décelées dans les liquides corporels.
Sauf qu’aujourd’hui, en 2025, compte tenu de sa fréquence dans les affaires de dopage, la contamination par transmission des fluides corporels ne peut plus faire partie de ‘’circonstances exceptionnelles’’.
En revanche, l’examen capillaire peut permettra dès le départ de la procédure d’un contrôle positif, de savoir si la substance présente dans les urines relève de la contamination passive (rapports sexuels, baisers buccaux, cunnilingus…) ou du dopage.
Une question majeure demeure : quelle est la raison motivée qui fait que dans le cas de Briane Harris, son conjoint consomme du Ligandrol, une substance non admise comme médicament mais exclusivement dédiée – en tant que complément alimentaire – à accroître forme et musculature ?
Finalement, chez Briane Harris, il y a manquement pour Responsabilité objective non respectée.
Après les excuses plus ou moins alambiquées régulièrement avancées tels que :
Compléments alimentaires contaminés,
Mon kiné m’a massé avec une pommade contenant une substance illicite
Ma sonnette était en panne [pour échapper au contrôle inopiné] ou mon portable était sur silencieux
Voici l’épidémie des débats amoureux contaminants.
Et quand, chez une femme mariée, l’amant sera le contaminant avec un produit destiné à accroître ses performances sous la couette, comment s’en sortira la maîtresse épinglée ? Va-t-elle impliquer le mari ou l’amant afin de lui faire payer les frais de procédure ?
Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com
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En fichiers joints – Contaminations passives : le sexe au rapport – Les principaux cas par contamination sexuelle enregistrés depuis 2006
sur quelques personnages ayant été éclaboussés par l’affaire du Tour de France 1998
Sur Daniel BAAL –
Président de la Fédération française de cyclisme (FFC) de 1993 à 2001;
Vice-président de l’Union cycliste internationale (UCI) de 1997 à 2001,
Dans l’organisation du Tour de France en tant que directeur
Un président de la FFC aux connaissances sur le dopage très approximatives
MICHEL GROS – La passion du cyclisme et quelques vérités…St-Martin-la-Plaine (42), éd Phénicie, 2024. – 509 pages
Michel Gros, directeur sportif de Festina de 1995 à 1999, témoigne d’un rendez-vous pris avec Daniel Baal dans les suites du tsunami Festina du Tour de France 1998 :
« Richard Virenque me dit vouloir rencontrer Daniel Baal, le vice-président de l’UCI. Monsieur Verbruggen est, lui, en vacances aux Maldives, pendant cette crise sans précédent. Le 28 juillet, nous nous retrouvons à Lausanne avec Richard Virenque. Daniel Baal me reçoit en premier et je lui exprime mon inquiétude pour le cyclisme. Il est, pour moi urgent de faire une table ronde avec toutes les parties du cyclisme. Je lui dis carrément que sur 189 coureurs au départ du Tour, il y en a au moins 180 qui fonctionnent à l’EPO, que ce soit par un dopage organisé par leur équipe ou non. Il me répond, esquissant même un sourire, qu’il ne me croit pas du tout. Que le dopage, c’est seulement Festina et peut-être TVM. Si je n’étais pas assis, j’en tomberais sur le cul !
J’ai l’impression qu’il croit vraiment à ce qu’il me raconte. Et c’est bien là le pire, de la part du vice-président de l’UCI ! La discussion est close et je laisse la place à Richard. » [pp 317-319]
Personnellement, en 2000, dans les pages ‘’Débats et opinions’’ du Figaro, j’avais publié un article sur les trois boss du cyclisme exerçant au moment de l’affaire Festina : « Dopage – Les dirigeants du cyclisme sont-ils de faux naïfs ? les forçats de la langue de bois ». J’avais résumé les ‘’états de service’’ de Jean-Marie Leblanc, ancien cycliste pro, ancien journaliste et directeur du Tour de France depuis 1989 et du deuxième homme fort de l’époque, Hein Verbruggen, actif dans les instances internationales du cyclisme depuis 1984 et président de l’UCI de 1991 à 2005. Pour le troisième personnage, Daniel Baal, dans les instances fédérales françaises (comité directeur de la FFC depuis 1981), que Michel Gros vient d’épingler dans ses discours, montrait qu’il n’avait pas une connaissance pointue sur le dopage en général et le cyclisme professionnel en particulier.
Dans Le Figaro du 07 novembre, je stigmatisais son ignorance : « Quant à, Daniel Baal, le président de la FFC, en exercice depuis le 20 février 1993, présent au comité directeur depuis 1981 et ancien coureur cycliste de première catégorie, il ne nous paraît pas être l’homme vraiment providentiel pour éradiquer le fléau. De même, lui aussi n’a découvert que tardivement l’arrivée de l’EPO qu’il situe en 1993. Ces trois dernières années, à chaque fois qu’émergeait un problème ou une situation anormale (dopage organisé sur le Tour de France 1998, premier bilan alarmant du suivi médical longitudinal, charges d’entraînement des féminines), Daniel Baal faisait part de son étonnement : « Je n’imaginais pas … ». On a du mal à comprendre l’ampleur de cette ignorance, d’autant plus qu’il affirme dans son livre témoignage ‘’Droit dans le mur’’ publié en 1999 : « Je continuerai à faire bénéficier l’UCI de mes connaissances, de mon expérience du terrain que je fréquente assidûment depuis plus de vingt-cinq ans » ! [Dr JPDM, Le Figaro, 07.11.2000]
Daniel Baal, un juge pour le moins partial à la solde d’ASO
Page 357 de son ouvrage, Michel Gros raconte un autre évènement dans lequel intervient Baal.
Les faits : l’équipe cycliste Jean Delatour créée au début de l’année 2000 avec, à sa tête, Jean-Pierre Frety, le patron, et Michel Gros le directeur sportif, postule pour une place dans la sélection pour le Tour de France. Delatour est recalée au prétexte que ses résultats sont moins bons que ceux de l’équipe Bonjour, elle aussi nouvelle dans le peloton. Michel Gros s’interroge sur la légitimité de Baal comme ‘’juge’’ de cette décision :
« Le dernier jour du Dauphiné Libéré 2000, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Sallanches, avec un final sur le circuit des Championnats du monde gagné par Bernard Hinault en 1980, superbe étape pour Jean Delatour avec Frédéric Bessy, 2e et Christophe Oriol, 4e . Mais échappés avec Laurent Jalabert, ils n’ont pu répondre à son attaque dans la dernière escalade de la côte de Domancy. Patrice Halgand termine 15e du général. C’est quand même un bon Dauphiné pour nous. Et nous avons été bien meilleurs que l’équipe Bonjour, sélectionnée pour le Tour. D’ailleurs, Jean-Pierre Frety attaque en justice ASO, espérant toujours que nous y serons. Personne n’a jamais osé faire ça ! Un médiateur est nommé, je vous le donne en mille : Daniel Baal, l’homme sans doute le plus impartial pour juger une telle affaire ! Il rend son verdict, 100% favorable à ASO. Un an plus tard, en octobre 2001, il devient directeur du Cyclisme chez ASO ! Jean-Pierre Frety ne faisait pas le poids, face à la grosse machine qu’est ASO. » [pp 357-358]
Dans ce même ouvrage, M. Gros taille aussi un costard à Roger Legeay (directeur sportif de l’équipe Crédit Agricole), à Vincent Lavenu (directeur sportif de l’équipe Casino-AG2R Prévoyance), au Dr Claire Condemine-Piron (médecin de l’équipe Festina une seule saison, en 1999).
Sur ces trois acteurs du cyclisme, tous proches de l’affaire Festina, nous publierons dans un prochain article, les commentaires de Michel Gros croisés avec les miens.
POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme, peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
POST-IT – On a du mal à comprendre comment un homme aux importantes responsabilités dans une fédération sportive mais ignorant – dit-il – autant le phénomène dopage dans le cyclisme, peut être performant à la tête d’une autre structure majeure, une banque neuvième groupe bancaire de la zone euro ! Surtout quand on lit son hagiographie rédigée par le service de communication du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
SERVICE PRESS du Crédit Mutuel Alliance Fédérale :Daniel Baal : Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale
« Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, Daniel Baal a un parcours professionnel singulier. Dirigeant du neuvième groupe bancaire de la zone euro, Daniel Baal est un homme de terrain qui a fait de sa culture sportive un moteur de performance pour son entreprise où l’exigence et la bienveillance guident ses prises de décision. Reconnu pour son leadership et sa vision stratégique, Daniel Baal a ainsi gravi les échelons au sein du groupe et a contribué à faire de Crédit Mutuel Alliance Fédérale l’une des banques les plus performantes en France (…) En parallèle de ses fonctions au sein du groupe mutualiste, Daniel Baal, passionné de sport et notamment de cyclisme, devient à 36 ans le plus jeune président bénévole de la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et le premier dirigeant alsacien élu à la tête d’une discipline olympique française. Durant ses deux mandats (1993-2001), le cyclisme français connaît un grand développement, dépassant les 100 000 licenciés ; il s’est particulièrement engagé dans la lutte contre le dopage et les dérives par rapport à l’éthique. Fin 2001, Daniel Baal met entre parenthèse sa carrière bancaire pour se consacrer pleinement au monde du sport. Ainsi, il occupe les postes de numéro 2 du Tour de France et directeur du cyclisme chez Amaury Sports Organisation. »
Commentaires JPDM – Baal occupera le poste de directeur du cyclisme pendant deux années (2002-2003). N’ayant pas convaincu le patron d’ASO, il sera remercié.
Entretien du Dr Jean-Pierre de Mondenard pour la Revue scientifique Histoire – médecine et santé, n° 26, hiver 2024
Pour tous les passionnés voulant se documenter sur l’usage omniprésent des amplificateurs artificiels de la performance chez les compétiteurs, dans tous les sports, je les invite à lire ma dernière production dans le n° 26 d’Histoire, médecine et santé.
L’ensemble du numéro est consacré aux drogues. J’interviens sous forme d’un entretien de 15 pages sur : Dopage sportif, substances illicites et addictions. Mes débuts actifs comme médecin dans les grandes épreuves cyclistes et mon implication dans la lutte antidopage, mais pas que, sont évoqués sans langue de bois depuis mon implication au tournant des années 1970.
La constance dans l’origine de ces morts prématurées est due à l’utilisation de stimulants dans les courses cyclistes mais pas seulement puisque les Quatorze sommets de la planète dépassant 8 000 m et vaincus de 1950 à 1964, l’ont été grâce à l’utilisation de l’Alpha-méthyl-phényléthyl-amine, plus connue sous le nom d’amphétamine.
Définition
Ce sont des substances synthétiques agissant essentiellement comme stimulant du système nerveux central. Elles réveillent l’esprit (c’est pour cela qu’on s’en sert pour lutter contre la somnolence et le sommeil) et provoquent une exaltation des activités motrice et psychique, ce qui a pour effet de faciliter le travail physique et intellectuel. Après l’absorption de ces produits, le sujet se sent euphorique, plus sûr de lui, plus décidé, plus efficace; la fatigue et l’apathie diminuent considérablement, la faim se fait moins sentir. C’est pour cet effet tonique, » stimulant « , que les dérivés amphétaminiques sont largement utilisés dès la sortie du 2e Conflit mondial par les personnes qui cherchent à accroître leur rendement physique ou intellectuel (certains sportifs, des étudiants en période d’examen, etc.). Deux slogans ont facilité sa diffusion auprès du public: » donne du nerf aux gens fatigués » et « deux pilules valent mieux qu’un mois de vacances’’.
Dans un document publié début 1968 par la Revue de médecine du sport intitulé ‘’Combattez le doping’’, rédigé par le Bureau médical du ministère de la Jeunesse et des Sports, il est rappelé que de nombreux accidents ont été publiés dans la littérature médicale ou paramédicale mettant en cause l’utilisation d’amphétamines à l’effort : « Le danger de ces produits réside dans la suppression des signes et symptômes de la fatigue. Des souris traitées aux amphétamines deviennent capables de faire des sauts disproportionnés à leurs possibilités habituelles mais désordonnés. Mais alors que l’animal peut être forcé et atteindre la limite physiologique de l’effort, la dépasser et succomber, l’homme, au cours de l’effort sportif, garde son ‘’libre arbitre de l’effort’’. Ce n’est que lorsqu’il est drogué ou dopé qu’il perd cette liberté de décision. Certes, cette liberté de choix peut être annihilée dans certaines conditions dramatiques de survie ; nous ne sommes plus alors dans le cas de l’effort sportif. »
[1] 1er volet – Les tout débuts des premières expertises antidopage : 1952-1955 en France et en Italie – Blog JPDM publié le 07 décembre 2024