Tour de France – Durée de vie et statistiques : le doute peut se comprendre, pas l’interprétation erronée et malveillante

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Réponse à un ultracrépidarien

Le doute est légitime. En revanche, le commentaire fielleux sur mes travaux actuels l’est beaucoup moins, d’autant plus lorsqu’il s’exprime sous pseudonyme – un procédé qui n’est pas sans rappeler les corbeaux des affaires judiciaires.

En novembre 1998, dans le contexte de l’affaire Festina, Le Nouvel Observateur publiait une enquête portant sur l’ensemble des cyclistes français ayant participé au Tour de France depuis 1947, soit 677 coureurs sur 52 éditions.

Ma contribution s’est strictement limitée à la fourniture de mes archives d’état civil des coureurs, ainsi que, lorsque je les connaissais, des causes de décès. Je n’ai jamais été sollicité pour commenter les résultats ni pour leur donner une interprétation. L’analyse statistique avait été réalisée par deux biostatisticiens reconnus.

Malgré la forte médiatisation de cette enquête — qui fit la couverture de l’hebdomadaire — et la multiplication des interventions médiatiques du journaliste, je n’ai, pour ma part, jamais été invité à m’exprimer. Le dossier intitulé « Quand le sport tue » était en outre associé à une émission de France 2, « Faut-il sacrifier la santé à la performance ? », à laquelle je n’ai pas davantage été convié, alors même que j’intervenais régulièrement sur les questions de dopage. En réalité, je n’étais qu’un maillon périphérique de cette enquête.

Lorsque, quelques années plus tard, plusieurs études — dont une de l’INSERM — sont venues contredire les conclusions du Nouvel Observateur en montrant une longévité supérieure des coureurs du Tour, je n’ai jamais contesté ces résultats favorables.

Parallèlement, je n’ai cessé d’enrichir la base de données d’état civil des coureurs ayant participé au Tour depuis 1903. À partir de 2019, alors qu’il ne restait plus que deux survivants du Tour 1947, j’ai entrepris une étude exhaustive portant non plus sur une espérance de vie extrapolée, mais sur la durée de vie réelle de l’ensemble du peloton.

Il ne s’agissait donc plus de projections de pathologies cardiovasculaires à partir de quelques cas isolés, mais d’une analyse complète fondée sur des données définitives. Contrairement à ce qu’affirme ce compte anonyme, la méthode employée n’a donc rien de commun avec celle de 1998.

Depuis la première publication en 2019 sur la durée de vie des coureurs du Tour 1947, onze autres études ont suivi, toutes basées sur les actes d’état civil officiels. Ces dates et lieux sont systématiquement publiés dans ce blog, permettant à chacun de vérifier l’exactitude des calculs et des pourcentages.

Les résultats les plus récents, portant sur la période 2022-2025, montrent que :

  • la durée de vie moyenne des coureurs du Tour est supérieure de 7 ans et 2 mois à celle de la population masculine générale ;
  • le nombre de nonagénaires y est quatre fois plus élevé.

Pendant sept années, aucun élément critiquable n’a été soulevé à propos de ces travaux. Aujourd’hui, alors que toutes les données sont accessibles et vérifiables, ce compte anonyme choisit l’attaque gratuite. Qu’un twitto anonyme refuse de croire à mes statistiques peu me chaut ! Les chiffres, eux, sont réels, publics et contrôlables.

Je revendique le droit à la remise en question et j’actualise régulièrement mon travail lorsque des informations deviennent obsolètes. Je pratique moi-même la critique — de livres, de personnes ou d’institutions — mais toujours sur la base d’arguments étayés, jamais sur des impressions subjectives répétées à l’envi.

À mon niveau, je mène un travail d’enquête que des institutions comme le Tour de France ou l’Union cycliste internationale (UCI) auraient dû initier depuis longtemps. Les études médicales sérieuses sur ces sportifs de très haut niveau sont inexistantes, alors qu’ils constituent un terrain d’observation exceptionnel : hommes jeunes, activité physique extrême, alimentation spécifique, suivi médical particulier.

Des études scientifiques validées, anonymisées, pourraient apporter une contribution majeure à la connaissance de la physiologie du sportif. Qui s’en préoccupe réellement ?

Depuis que je publie ces données sur la durée de vie des coureurs du Tour de France, personne n’en a sérieusement contesté les résultats, sauf… un pseudo !

Dopage – Projet de loi : les valises sur la sellette

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Quand les valoches passent au contrôle

1952 : tests salivaires ainsi que contrôle des bidons et musettes (Fédération française de cyclisme)

1965 : introduction des tests urinaires

1997 : contrôle sanguin de l’hématocrite

Début des années 2000 : mise en place des AUT (Autorisations d’usage à des fins thérapeutiques), inscrites dans le Code mondial antidopage depuis 2004, après la « justification thérapeutique » (JT) instaurée par la France en 1991
→ Si les règles reconnaissent que certains athlètes peuvent avoir besoin de médicaments interdits pour raisons médicales, cette possibilité est largement détournée à des fins dopantes (exemple emblématique : Serena Williams a bénéficié de neuf AUT au cours de sa carrière).

2005 : système de localisation « No-Shows » (ADAMS), d’abord réservé au cyclisme et à l’athlétisme, puis étendu en 2009 aux sports collectifs et au tennis. Les sportifs doivent indiquer quotidiennement, pour les trois mois à venir, un lieu et un créneau horaire (entre 5 h et 23 h) durant lequel ils peuvent être contrôlés.

2008 : passeport biologique, fondé sur la surveillance régulière des constantes sanguines.

La fouille et l’inspection des valises devraient ainsi être autorisées dans les prochains mois.

Dès juillet 1998, au moment de l’affaire Festina, j’expliquais dans Ouest-France qu’il fallait changer de braquet pour coincer les tricheurs :

« Il faut remplacer les contrôles des urines par celui des valises » (Ouest-France, 17 juillet 1998). Dans le même esprit, j’insistais quelques semaines plus tard dans l’hebdomadaire suisse Info Dimanche : « Au Tour de France 1998, les contrôles antidopage ont donné 0 % de cas positifs. Le contrôle des valises par la police : 100 % ! » (Info Dimanche, 27 septembre 1998). Quatre ans plus tard, je réitérais dans Le Figaro : « Il faut fouiller les valises, pas les urines » (Le Figaro, 26 août 2002).

Entre 2013 et 2020, les cas positifs ont oscillé entre 0,67 % et 1,32 %, tandis que les sanctions effectives variaient entre 0,45 % et 0,81 %. Un bilan tout simplement pathétique.

Tous les experts indépendants savent qu’en 2026, 100 % des athlètes de haut niveau sont médicalisés à coups de poudres, de cachets et d’injections.
Cela ne signifie pas que 100 % des sportifs consomment des substances illicites, mais face aux failles béantes du système antidopage — et au nombre considérable de produits dopants non recherchés, à l’entraînement comme en compétition — on comprend pourquoi une lutte affichant à peine 1 % de cas positifs est totalement inopérante pour garantir l’équité sportive.

Les enquêtes policières passées ont en effet montré que les dopages de grande ampleur, comme celui orchestré par Lance Armstrong, reposaient sur des logistiques sophistiquées : flacons d’EPO transportés par un motard complice empruntant des itinéraires parallèles, ou pour d’autres les produits étaient convoyés par des membres de l’entourage personnel non déclarés officiellement dans l’équipe.

La bataille des valises ne fait donc que commencer.

Afin de compléter l’information sur le thème des valises au service du dopage, nous proposons un texte :

  • Valises et bagages : libre-échanges.

Tennis / Dopage – Alfredo Casso (Usa) positif au clomifène

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Un médicament destiné exclsuivement au traitement de la stérilité féminine

Alfredo Casso a été contrôlé positif au clomifène. L’Agence internationale pour l’intégrité du tennis (ITIA) a estimé que l’infraction n’était pas intentionnelle, au motif que ce produit lui avait été prescrit médicalement pour une courte durée afin de traiter un problème de santé — dont la nature n’a d’ailleurs jamais été précisée par l’ITIA, sauf que l’Agence du médicament n’a validé aucune indication thérapeutique du clomifène chez l’homme.

Problème : le clomifène est indiqué pour traiter des troubles d’hypofertilité chez la femme. L’homme ne figure pas dans ses indications thérapeutiques. En réalité, lorsqu’il est consommé par un homme, le clomifène a pour effet d’augmenter la production testiculaire de testostérone. Il est donc utilisé comme un véritable produit dopant. Les contrôles positifs les plus récents à cette substance concernent d’ailleurs exclusivement des hommes.

Ce dossier illustre une nouvelle fois la manière dont l’ITIA enfume les médias en traitant les affaires de dopage avec indulgence : sanctions atténuées pour J. Sinner, Swiatek, Teso, Martin, Purcell, entre autres.

Le clomifène est un antiestrogène : il inhibe le rétrocontrôle des estrogènes au niveau de l’hypothalamus, centre de commande hormonale du cerveau. Cette inhibition entraîne une augmentation de la sécrétion des gonadotrophines hypophysaires, notamment la LH, dont le rôle est de stimuler la production hormonale des glandes génitales (ovaires et testicules), en particulier la testostérone, dans les deux sexes.

  • Dès 1989, le Comité international olympique (CIO) interdit le clomifène par assimilation aux gonadotrophines. En 2000, il apparaît explicitement pour la première fois sur la liste française des substances interdites du ministère des Sports. Lorsque l’Agence mondiale antidopage (AMA) reprend la gestion de la liste à l’échelle mondiale, le clomifène est d’abord interdit uniquement chez les hommes.
  • À partir de 2005, il devient prohibé chez les deux sexes, la LH stimulant également la production ovarienne de testostérone endogène. Son interdiction est permanente, aussi bien à l’entraînement qu’en compétition.
  • Sur le plan de la détection, le clomifène ne modifie pas le rapport testostérone/épitestostérone. La seule manière de confondre les tricheurs consiste donc à identifier directement la présence du produit dans les urines, ce qui est relativement aisé puisqu’il y persiste longtemps.

Bien que le clomifène soit interdit chez les femmes depuis 2005, ce sont majoritairement des hommes qui sont contrôlés positifs. Depuis les témoignages des années 1980 et les cas avérés après 2000, les disciplines concernées sont nombreuses : athlétisme, aviron, boxe, culturisme (+++), haltérophilie, MMA, et plus généralement tous les sports recherchant les effets ergogéniques d’un surplus de testostérone.

Football – Hommage au coach Rolland Courbis, disparu le 12 janvier

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À titre personnel, j’ai eu l’occasion d’échanger avec Rolland Courbis à deux reprises.

Affaire Anziani : 1er footballeur français sanctionné pour dopage en 1989

La première remonte à l’affaire du contrôle antidopage positif au Di-Antalvic® (antidouleur) concernant l’un de ses joueurs au FC Toulon, l’attaquant Philippe Anziani.
International français à cinq reprises, Anziani avait été contrôlé positif le 30 septembre 1989, à l’issue du match de Division 1 opposant le FC Metz au FC Toulon. Dans Le Figaro du 27 novembre 1989, j’avais signé un long article consacré à ce dossier, premier cas positif jamais enregistré dans le football français. Le titre et le sous-titre choisis par la rédaction étaient explicites :
« Affaire Anziani : les faux arguments de la défense. Son entraîneur condamne la composition de la liste des produits interdits ».

Quelques jours plus tard, Rolland Courbis m’avait contacté par l’intermédiaire de la radio RMC afin de s’expliquer. Une discussion détendue et constructive s’était engagée, durant une dizaine de minutes. Je lui avais alors exposé mon point de vue : prendre un antalgique pour pouvoir disputer un match, lorsque le corps du joueur est incapable de jouer sans cette béquille pharmaceutique, correspond à la définition du dopage, ou à tout le moins à une conduite dopante.

L’Arène de France, émission animée par Stéphane Bern

La seconde rencontre eut lieu le 11 octobre 2006, lors de l’émission L’Arène de France, talk-show diffusé en deuxième partie de soirée et animé par Stéphane Bern, consacré au thème : « Les sportifs font-ils rêver ? »
À ma gauche se trouvait Rolland Courbis, et à ma droite Bernard Maris, économiste et chroniqueur à France Inter, Marianne et Le Figaro Magazine. Bernard Maris sera tragiquement assassiné le 7 janvier 2015, lors de l’attentat terroriste perpétré contre le journal Charlie Hebdo, figurant parmi les douze victimes.

De cette émission, je conserve un souvenir mitigé, principalement en raison de la faible maîtrise du sujet sportif par l’animateur. Le journaliste de L’Équipe avait d’ailleurs bien résumé le déroulé de la soirée en titrant : « Débat en berne ».

Quant à Rolland Courbis, souvent présenté par les médias comme un « bon client » pour son franc-parler et son sens de la formule, il fut fidèle à sa réputation.

Merci à Rolland Courbis pour ces deux moments d’échange.

Tour de France ton histoire – Dès la première édition en 1903, les coureurs ont une durée de vie hors norme

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Et ce malgré le dopage !

Dès l’édition inaugurale de 1903, les Géants de la Route présentent une durée de vie moyenne nettement supérieure à celle de la population française de leur époque. En dépit de l’usage alors courant d’amplificateurs artificiels de performance, autrement dit de produits dopants.

Dès les premiers Tours, la pharmacie des coureurs est bien fournie : alcool (vin Mariani, Désiles, Bénédictine…), caféine (Kola-food), strychnine, éther, quinquina, cocaïne, opium ou encore nitroglycérine.

Les données qui suivent concernent les coureurs ayant participé aux premiers Tours de France depuis 1903. À ce jour, aucun travail n’a analysé de manière systématique la longévité de ces pionniers de la Grande Boucle.

Sur les 60 coureurs au départ de la première édition, 53 ont pu être identifiés grâce aux documents d’état civil. Leur durée de vie moyenne est la suivante :

  • Finishers : 74 ans et 6 mois
  • Non classés : 64 ans et 9 mois
  • Ensemble des coureurs : 68 ans et 5 mois

À titre de comparaison, l’espérance de vie en France autour de 1903 est estimée à environ 48 ans. Autrement dit, la population générale vivait nettement moins longtemps que les coureurs du Tour : environ 45 à 48 ans contre 68 ans et 5 mois pour les Géants de la Route.
En tenant compte de la forte mortalité infantile de l’époque, l’écart réel est probablement inférieur à 20 ans, mais demeure néanmoins très significatif.

Un autre indicateur met en évidence, dès le premier quart du XXᵉ siècle, les bénéfices du cyclisme de haut niveau sur la santé : le pourcentage exceptionnellement élevé de coureurs dépassant l’âge de 60 ans.

Dans Science et Vie, il est précisé qu’en 1936 — année correspondant aux 60 ans des participants du premier Tour de France — la population française ne compte que 14,7 % de personnes âgées de plus de 60 ans.
Or, l’étude des états civils des pionniers du Tour de France 1903 montre que 81 % d’entre eux ont dépassé cet âge dans les années 1930.

De même, alors que la durée de vie moyenne en France atteint 63 ans en 1950, les coureurs des Tours de France 1926 atteignent en moyenne 72 ans et 7 mois.

Toujours selon Science et Vie, en 1955, les personnes de plus de 60 ans représentent 16,2 % de la population française. Comparons ce chiffre avec nos recherches personnelles concernant les coureurs ayant participé aux Tours de 1920 à 1926 :

  • TDF 1920 : 80 %
  • TDF 1921 : 84,3 %
  • TDF 1922 : 84,9 %
  • TDF 1923 : 80,9 %
  • TDF 1926 : 82,6 %

Tous ces chiffres constituent une preuve indiscutable : les coureurs du Tour de France bénéficient d’une longévité exceptionnelle, et ce malgré un dopage omniprésent depuis la première édition en 1903.

Pourquoi, dès lors, le cyclisme est-il perçu depuis des décennies par certains ultracrépidariens comme un sport de dopés mettant en péril la santé de ses pratiquants ?

L’amalgame entre dopage et effets secondaires délétères remonte aux premières lois antidopage et antistimulants du milieu des années 1960. À l’époque, le principal argument avancé par les responsables politiques est le danger supposé pour la santé.

Il est vrai qu’au début des années 1960, plusieurs décès de cyclistes — mais aussi de footballeurs — survenus en pleine épreuve ont choqué l’opinion publique.

Toutefois, l’ensemble de ces décès était lié à une combinaison bien précise : effort physique intense sous amphétamines, associé à un facteur aggravant commun, la forte chaleur.

La conjonction de ces trois éléments – effort prolongé, température élevée et amphétamines – entraînait une hyperthermie conduisant à des défaillances cardiovasculaires. Très rapidement, le peloton a compris que la prise d’amphétamines par forte chaleur était dangereuse.

À ce sujet, au début des années 1970, j’ai vu un cycliste professionnel ouvrir sa valise après une étape. Elle contenait plusieurs médicaments et fioles, chacune accompagnée d’une étiquette indiquant la posologie selon le type de course. Face à la boîte d’amphétamines, une mention figurait en rouge :
« Ne pas prendre lorsqu’il fait chaud ».

Depuis lors, les décès en course liés aux amphétamines ont disparu.

Aujourd’hui, la longévité des 5 393 concurrents ayant pris le départ d’au moins une édition du Tour de France depuis 1903 démontre clairement que les effets positifs du cyclisme de compétition sur la santé sont largement supérieurs aux effets négatifs des produits de la performance.

Le paradoxe persiste pourtant : en 2026, certains continueront de mettre en avant les effets prétendument néfastes des dopants sur la santé des cyclistes, alors que ces derniers présentent, depuis plus d’un siècle, une longévité largement supérieure à celle de la population générale, mais aussi à celle des pratiquants de nombreux sports majeurs comme le football ou le rugby.

Il est temps de changer de paradigme et de passer de l’antienne « le cyclisme est un sport de dopés » à une réalité étayée par les faits : « le vélo, même intense et médicalisé, est bénéfique pour la santé ».

En pièces jointes (PDF), les données chiffrées sur la durée de vie des coureurs du Tour de France 1903 mais aussi 1926 (génération suivante) ainsi que les années 1947 à 1952 (2e génération).

Tous ces résultats démontrent l’effet positif du vélo sur la santé des concurrents du Tour de France depuis sa première édition en 1903.

Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ?

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Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période. Depuis 2022, ma contribution annuelle d’hommages aux disparus montre qu’en 2025, 30 Géants de la Route nous ont quittés. Ils étaient 37 en 2022, 28 en 2023, 33 en 2024. Les 30 Tour de France décédés en 2025 avaient atteint une longévité moyenne de 82 ans 11 mois (voir tableau)

SYNOPSIS –  Et si le Tour de France était un élixir de longévité ?

Les anciens cyclistes du Tour de France bénéficient d’un avantage de longévité d’environ 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale. Depuis 1970, en recensant de manière exhaustive les données d’état civil des 5393 Géants de la Route ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, je constate un allongement constant de la durée de vie, ainsi qu’une proportion très élevée de nonagénaires parmi les anciens coureurs. Entre 2022 et 2025, près de 29 % des cyclistes décédés avaient plus de 90 ans, contre 7,8 % dans la population française (Insee), soit près de quatre fois plus. Ces résultats s’observent également chez les générations anciennes, notamment celle du Tour 1951.

Si le dopage a existé — comme dans d’autres sports — les données suggèrent qu’il n’a pas eu d’impact négatif mesurable sur la longévité des coureurs. Les éventuels effets secondaires seraient largement compensés par les bénéfices sanitaires de la pratique intensive du cyclisme. Ainsi, le dopage apparaît avant tout comme un problème éthique lié à la performance, et non comme un enjeu de santé publique, remettant en cause le discours traditionnel des instances antidopage fondé sur des arguments sanitaires non démontrés.

L’analyse des cyclistes du Tour de France décédés entre 2022 et 2025 met en évidence un avantage de longévité de 7 ans et 2 mois par rapport à la population générale.
L’âge moyen au décès est en effet de 82 ans et 10 mois chez les anciens coureurs, contre 75 ans et 8 mois pour l’ensemble de la population. Ce différentiel concerne notamment des générations ²souvent qualifiées, à tort ou à raison, de « dopées ». Depuis 1970, je recense de manière exhaustive les données d’état civil et de longévité des 5 393 “Géants de la Route” ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France, de 1903 à 2025, soit 112 éditions.

Toutes les périodes étudiées (1903, 1926, 1951, puis 2022-2025) montrent un allongement significatif de la durée de vie des coureurs de cette épreuve mythique.
Deuxième indice objectif en faveur des bienfaits du cyclisme, même pratiqué à très haut niveau : la proportion croissante d’anciens coureurs franchissant 90 ans. Dès mes premières études sur la longévité des Géants de la Route, cette singularité apparaissait nettement par rapport aux sports les plus populaires en France, comme le football ou le rugby.
Ainsi, sur la période 2022-2025, 28,9 % des anciens cyclistes du Tour décédés avaient 90 ans ou plus. De manière comparable, parmi les 121 partants du Tour 1951, aujourd’hui tous décédé (sauf un), 27,6 % ont franchi le cap des 90 ans. À titre de comparaison, dans la population française en 2024, la part des décès concernant des personnes de plus de 90 ans n’atteint pour les hommes que 7,8 %. Autrement dit, le pourcentage observé chez les anciens cyclistes du Tour est près de quatre fois supérieur.

Bien sûr que non ! Le cyclisme n’est ni plus ni moins concerné que d’autres disciplines comme le football, le rugby ou le tennis. En revanche, affirmer que le dopage réduirait la durée de vie des pratiquants de la « petite reine » relève du mythe, voire du bobard, parmi tant d’autres adressés à ce sport et à son fleuron, le Tour de France.

Le gain de 7 ans et 2 mois observé chez les générations ayant couru dans les années 1950-1960 montre que les éventuels effets secondaires du dopage ont été massivement compensés par les bénéfices sanitaires d’une pratique cycliste intensive.
Rappelons qu’à cette époque, dans l’immédiat après-guerre, les amphétamines — aujourd’hui classées comme dangereuses — étaient omniprésentes, non seulement dans le peloton, mais aussi en alpinisme, en football, en voile et dans bien d’autres disciplines. Au regard de ces données vérifiables, il serait temps que les instances antidopage, les dirigeants fédéraux et les responsables politiques cessent d’agiter l’argument sanitaire. Aucun d’entre eux ne dispose d’un véritable cursus universitaire centré sur la santé, et encore moins d’études rétrospectives solides sur la longévité des sportifs de haut niveau.

Prétendre justifier leur statut de dirigeants en affirmant qu’ils protègent la santé des athlètes constitue une imposture, tant dans le discours que dans les faits.

La seule raison valable de lutter contre le dopage réside dans son efficacité sur la performance. En clair, le dopage est avant tout un problème d’éthique sportive, et non un problème de santé publique.

Dopage – Enhanced Games, Jeux du dopage encadré, décriés au prétexte que le dopage est mauvais pour la santé et qu’il … tue !

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Le défilé des partisans de la pensée dominante, sont convaincus, sur la foi des discussions au Bar des Sports, que le dopage a des effets durables négatifs sur la santé et la longévité des sportifs entraînant des séquelles irréversibles.

Affiche critique sur les _Enhanced Games_, dénonçant le dopage au prétexte de risques pour la santé, avec des slogans en lettres colorées sur fond jaune.

Depuis l’annonce des Enhanced Games — compétitions sportives autorisant le dopage sous contrôle médical — une véritable levée de boucliers s’est produite. Institutions sportives auto-proclamées gardiennes de la morale, anciens champions olympiques vivant de leur rente médiatique et chroniqueurs de plateau rivalisent d’indignation pour dénoncer des risques sanitaires prétendument « intolérables » pour des épreuves prévues en mai 2026.

La liste des donneurs de leçons est éloquente : présidents de fédérations internationales (World Athletics, World Aquatics), responsables nationaux (Fédération française d’athlétisme), une ministre des Sports, quelques athlètes décorés, ainsi qu’une cohorte de chroniqueurs médicaux ou généralistes sur RTL, France Inter ou la chaîne L’Équipe. Tous parlent avec une certitude absolue. Aucun, en revanche, n’a jamais produit la moindre étude scientifique sérieuse étayant ses affirmations.

Les arguments ressassés relèvent du catéchisme hygiéniste :

  • « Le dopage tue » : slogan répété en boucle mais jamais démontré scientifiquement à l’échelle de la population sportive. Les quelques cas brandis en exemple sont rarissimes et ne constituent en rien une preuve.
  • Espérance de vie écourtée : aucune étude robuste ne l’atteste.
  • Risques majeurs pour la santé : là encore, aucune validation scientifique.
  • Inégalité entre compétiteurs : seul point réellement étayé, et curieusement le moins mis en avant.

Rappelons une évidence que les moralistes feignent d’ignorer : tous les médicaments sont potentiellement dangereux. Aspirine, paracétamol, anti-inflammatoires provoquent chaque année des milliers d’effets indésirables documentés. Pourtant, personne ne réclame leur interdiction. Pourquoi ? Parce que le problème n’est pas la molécule, mais la dose. Les substances dopantes, issues de la pharmacologie médicale, obéissent exactement à la même logique.

Pour torpiller les Enhanced Games, les apôtres de la pensée hygiéniste se contentent donc d’affirmer que « le dopage tue », sans jamais fournir la moindre preuve. L’exploration des grandes bases de données médicales est pourtant sans appel : aucune n’a démontré un effet létal systématique du dopage.

Les études prospectives citées çà et là portent sur des effectifs ridiculement faibles et sont lourdement biaisées. Quant aux études rétrospectives sérieuses sur la longévité des sportifs dopés, elles brillent par leur absence — non par complot, mais parce qu’elles exigeraient plusieurs décennies de travail rigoureux à partir de données d’état civil fiables, et non de coupures de presse ou de pages Wikipédia approximatives.

Texte rappelant les études sur la longévité des cyclistes, qui suggèrent une durée de vie prolongée malgré l'usage de substances dopantes.

La seule critique intellectuellement honnête des Enhanced Games concerne l’équité sportive.
Non, le dopage n’a jamais été prouvé comme raccourcissant la vie. Oui, en revanche, les produits de la performance améliorent les résultats. Et oui, cette logique favorise ceux qui ont le plus d’argent, les meilleurs médecins ainsi que l’accès aux molécules et protocoles les plus efficaces.

Mais cette réalité existe déjà. Elle prospère sous le vernis hypocrite d’un sport officiellement « propre » et officieusement gangrené par une pharmacologie clandestine. Les Enhanced Games ont au moins le très grand mérite de mettre cette hypocrisie en pleine lumière.

Plutôt que de jouer les vierges effarouchées, les contempteurs des Enhanced Games feraient mieux de balayer devant leur porte et d’améliorer enfin l’efficacité d’une lutte antidopage dont l’échec est manifeste. La majorité des sportifs ne rêvent pas de se transformer en cobayes chimiques ; ils veulent simplement des compétitions honnêtes. Ils sont prêts à renoncer à la course aux molécules, à une seule condition : être certains que leurs adversaires ne puissent pas tricher sans se faire attraper.

Dans le fichier joint sont recensés les discours des pseudo-experts [Margot Chevrier, Héloïse Happio Kane, Dr Jimmy Mohamed] encombrants les médias avec leurs arguments convenus basés sur des interprétations et des amalgames que nous réfutons, preuves à l’appui

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Dictionnaire du dopage – La grossesse  »dopante » mythe ou réalité ?

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Une journaliste en formation au CFJ m’a interrogé sur les rumeurs de dopage par la « méthode » de la grossesse provoquée, supposément utilisée pour améliorer le potentiel physiologique – notamment durant les trois premiers mois – avant de recourir à un avortement. Cette pratique aurait été principalement employée chez les gymnastes soviétiques. Existe-t-il des preuves ?

Affiche colorée avec le texte 'DOPAGE' en haut, 'GROSSESSE' au centre dans un panneau rouge, et 'Mythe ou réalité ?' en bas.

Réponse du Dr JPDM

Depuis plusieurs décennies, de nombreux cas documentés montrent que des femmes enceintes ont obtenu des performances de haut niveau, suggérant que durant les premiers mois de la gestation (trois à quatre mois), les sportives peuvent rester très performantes.

Les éléments avancés relèvent toutefois davantage de témoignages que de preuves formelles : des entraîneurs et médecins de la RDA, de l’Union soviétique et de la Finlande ont évoqué l’existence d’une méthode visant à accroître les capacités féminines à l’effort. Le cas d’une gymnaste soviétique ayant affirmé avoir suivi un protocole de mise enceinte suivie d’un avortement a été rapporté, mais cette athlète est ensuite revenue sur ses déclarations.

Depuis l’instauration des premiers règlements antidopage au milieu des années 1960, la « méthode » de la grossesse n’a jamais figuré sur les listes de substances ou de méthodes interdites.

À titre historique, dès 1942, la Fédération française de basketball prohibait, pour des raisons médicales, la participation des femmes enceintes aux compétitions. La durée d’application de cette règle reste toutefois inconnue.

Les soupçons portaient principalement sur deux disciplines sportives : les sports d’endurance (comme le marathon) et la gymnastique. Ils s’expliquent par certains effets physiologiques du début de la grossesse, notamment l’amélioration du transport de l’oxygène (augmentation du nombre de globules rouges et de l’hémoglobine) ainsi qu’une plus grande laxité des ligaments, tendons et articulations sous l’effet de la progestérone.

En conclusion, il est possible que cette forme de « contamination sexuelle » ait été pratiquée de manière marginale dans certains pays, mais aucune preuve scientifique formelle ne permet de l’affirmer. La consultation de la fiche correspondante du Dictionnaire du dopage, actualisée et enrichie, permettra d’approfondir cette question.

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EN FICHIER JOINT – DICTIONNAIRE DU DOPAGE – La fiche actualisée et enrichie sur LA GROSSESSE DOPANTE

Dopage – Y-a-t-il encore un médecin à l’AMA ?

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Lors de la 6e conférence mondiale sur la triche biologique dans le sport organisée par l’AMA à Busan (Corée), destinée à la révision du Code mondial antidopage 2027, ses dirigeants, sans formation spécifique – donc incompétents – sont toujours omniprésents à la direction de l’instance.

Le dopage, c’est un problème de substances médicamenteuses et pourtant en tête de gondole ce sont des juristes qui dirigent la manœuvre. En leur octroyant une large tribune, la presse, notamment française, crédibilise ces pseudo-spécialistes qui, eux-mêmes, forts de leurs titres dans la hiérarchie de l’Agence, vont critiquer les Enhanced Games. Pathétique ! C’est le carnaval des imposteurs.

Affiche colorée sur le thème du dopage dans le sport, présentant des slogans accrocheurs sur un fond jaune avec un panneau de stop rouge.

Tous ces dirigeants ont été floués pendant des décennies par l’état russe après la RDA et la Chine mais ils viennent s’ériger en défenseurs du sport propre et de la santé des sportifs. Pitoyable !

Lors des affaires de dopage hypermédiatisées, on n’entend jamais – je dis bien jamais – un représentant-médecin à l’AMA venir décrypter l’affaire. Ce sont toujours des avocats, et qui plus est d’un ton docte, qui viennent nous donner des explications sur les effets de la substance illicite en cause !

Une image présentant un texte critique sur l'inefficacité de l'AMA face au dopage dans le sport, mentionnant que 3 personnages expriment leur satisfaction démesurée malgré un problème généralisé de dopage.
Trois dirigeants de l'Agence mondiale antidopage posent ensemble lors d'un événement, avec leurs titres affichés en dessous.

Le praticien est le seul spécialiste légitime : il prescrit les médicaments, connaît leurs molécules, leurs interactions, leurs effets secondaires, notamment lorsqu’ils sont combinés – ce qui est justement le cas dans le dopage.
La lutte antidopage porte exclusivement sur des médicaments : des substances prévues pour soigner, détournées pour améliorer la performance physique. Finalement, les dirigeants de l’AMA ne sont que des cuistres, pseudo-spécialistes des pratiques dopantes, gérant l’instance en arborant leur… impuissance.

Le premier Colloque européen sur le dopage dans le sport date des 26-27 janvier 1963 à Uriage-les-Bains. Qui, à l’AMA, connaît ces précurseurs de la lutte antidopage, qui leur rend hommage ?

Il y a plus de 60 ans, cette lutte initiée par des médecins – les Français Pierre Dumas et Lucien Maigre – inquiets des pratiques dangereuses des sportifs dont ils étaient les témoins, a été au fil des ans et surtout depuis la création de l’AMA en 1999, totalement phagocytée par des administratifs, des avocats, des représentants de l’industrie pharmaceutique. Eventuellement des techniciens mais certainement pas des praticiens. En 1960, face au monde du sport totalement imperméable à toute réglementation et aux accidents mortels provoqués par l’association amphétamines / chaleur extrême, quelques médecins pionniers ont pris à bras le corps le problème du cancer n° 1 du sport en faisant face aux multiples obstacles et sarcasmes rencontrés.

Dopants ou médicaments, ce sont les mêmes molécules, avec les mêmes effets secondaires, souvent dose-dépendants. Les uns soignent, les autres dopent, mais tous (médocs et dopants) peuvent mettre en danger lorsqu’ils sont mal utilisés ou surdosés.

Face aux insuffisances et aux scandales répétés (Chine, Russie, Kenya, Maroc…), les États-Unis menacent de couper les financements. Rien d’étonnant.

Les dirigeants de l’AMA, avant leur nomination, ne connaissaient rien aux produits amplificateurs de performance. Du jour au lendemain, grâce à leurs réseaux et à un bon piston, ils deviennent « experts du dopage », adoubés par une presse tout aussi ignorante.
Résultat : moins de 1 % de cas positifs. Un fiasco.

Dans toutes les activités humaines, la triche concerne 50 à 60 % des individus.
En 2002, une enquête de la FIFA révélait que 92 % des joueurs se déclaraient prêts à commettre une faute intentionnelle si l’enjeu le justifiait (Le Monde, 02.06.2002).
Pourquoi en serait-il autrement avec le dopage ?

C’est en réaction à l’accumulation de scandales et casseroles de l’AMA qu’ont émergé aux États-Unis les Enhanced Games, des Jeux où le dopage serait « encadré ». Ironie : l’un des principaux sponsors n’est autre que le fils de Donald Trump.

Le plus grotesque ? Le CIO et l’AMA s’érigent en opposants farouches, alors qu’ils devraient se faire discrets tant leur incapacité à maîtriser le fléau est flagrante.

À ce jour, aucune étude d’envergure n’a établi un lien net entre dopage et longévité. Le discours dominant se fonde surtout sur des cas isolés, médiatisés car ils touchent des athlètes connus. Mais quid par rapport à l’ensemble de la population sportive versus tout venant ?

Voilà pourtant un beau sujet que l’AMA, grâce à sa base de données mondiales, pourrait initier réellement par des études scientifiques sérieuses.

L’absurdité atteint son sommet : au sein du groupe consultatif d’experts sur les contrôles stratégiques de l’AMA, aucun médecin !
Comment s’étonner ensuite de l’inefficacité de l’agence ?

Aujourd’hui, qui peut croire que la lutte antidopage est entre de bonnes mains ?
Personne, sinon une armée de naïfs et d’ignorants, alors que le phénomène dopage accompagne les compétitions sportives depuis les premières compétitions organisées avec réglementation dès la seconde moitié du XIXᵉ siècle.

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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Dopage : une histoire ancienne – La testostérone, déjà utilisée en 1943 comme soutien des sportifs et des combattants du Reich

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Dès 1943, la testostérone faisait partie de l’arsenal pharmacologique destiné à soutenir aussi bien les sportifs que les soldats du Reich. Ces derniers l’utilisaient dans un seul but : accroître leur agressivité, leur violence tout en supprimant la peur. Aujourd’hui encore, cette hormone masculine est largement détournée comme amplificateur de performance dans de nombreuses disciplines sportives, en raison de ses multiples effets : augmentation de la masse musculaire, amélioration du transport d’oxygène favorisant l’endurance et une action psychotonique intense.

Affiche colorée sur le dopage à la testostérone, mentionnant son rôle dans les stéroïdes anabolisants et son utilisation dès 1940.

Cette réalité historique est illustrée par un objet inattendu : la valise de Jacques Frantz, Français et ancien membre de la Waffen-SS, engagée aux côtés de l’Allemagne nazie. Lors de l’inventaire réalisé en 2010 par son fils Éric, on y découvre, parmi des cigarettes américaines, une boîte d’Acéto-Sterandryl 40 mg, une forme injectable de testostérone.

Cette spécialité pharmaceutique française, produite par le laboratoire du Dr. Roussel, ne mentionnait pourtant aucun effet lié au développement musculaire. Malgré cela, dès cette période, sportifs et militaires — en premier lieu allemands, mais loin d’être les seuls — avaient recours à la testostérone pour améliorer leurs performances.

Notons enfin qu’à partir de 1937, outre les laboratoires du Dr. Roussel, deux autres entreprises commercialisaient déjà la testostérone : Ciba en Suisse et Schering en Allemagne.

Document : le contenu de la valise de Jacques Frantz, un Waffen SS

Une image montrant le contenu de la valise de Jacques Frantz, comprenant une photo d'un soldat et des emballages de médicaments dont une boîte d'Acéto-Sterandryl 40 mg, avec divers documents et objets autour.

En complément d’informations, le Résumé des caractéristiques du produit figurant dans le Dictionnaire Vidal 1939

Document du Dictionnaire Vidal de 1939 décrivant l'Acéto-Sterandryl, un médicament contenant de la testostérone, avec des indications et des posologies énumérées.

Deux articles parus en 1983 et 2000 confirment l’utilisation de testostérone dopante par les Allemands et leurs partisans

1939-1945

TESTOSTÉRONE –  Entrée en scène de l’hormone mâle

« L’un des premiers usages de la testostérone fut, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les nazis ont injecté l’hormone à leurs soldats, pour augmenter leur agressivité. » [Muscle et Fitness,  USA , 1983, 44, n° 9, pp 37 et 141-144

1944

TESTOSTÉRONE – Adolf Hitler : des injections répétées

Texte de Werner Reiterer, discobole international, auteur d’un brûlot sur les magouilles du sport de haut niveau : « Avant la Seconde Guerre mondiale, les stéroïdes anabolisants en étaient à leurs balbutiements technologiques. La communauté médicale les avait utilisé auparavant dans le traitement des problèmes hormonaux et sanguins et dans la réparation des tissus lésés y compris les muscles du squelette. L’usage des stéroïdes anabolisants est très répandu dans la pratique vétérinaire, car ils avaient montré qu’ils aidaient les animaux malades à guérir de leur affection ou traumatisme. Ils étaient efficaces dans l’amélioration de l’alimentation, du gain de poids et de la vigueur des animaux. Les troupes nazies recevaient des injections de testostérone pour augmenter leur agressivité avant d’aller au combat. En 1944, Adolf Hitler recevait de son médecin, Theodor Morel, des injections répétées de Testoviron®(proprionate de testostérone). La testostérone injectable était produite en grandes quantités en Europe dans les années 40 pour aider à accélérer le processus de récupération des personnes sous-alimentées, particulièrement les prisonniers de guerre. » [Reiterer W. .- [Positive] (en anglais). – Sydney (AUS), éd. Macmillan, 2000. – 282 p (pp 73-74)]

COMMENTAIRES JPDM –

La présence de testostérone chez les sportifs et les militaires dès les années 1940, confirme que ce dopant particulièrement efficace, à la triple action : 1/ anabolisant musculaire ; 2/ augmentation de l’hémoglobine et des globules rouges boostant l’endurance ; 3/ effet psychotonique puissant (agressivité et l’impression d’être superman). Ce qui explique que toutes les spécialités sportives peuvent en tirer profit. Que l’on soit petit, grand, gros, maigre, jeune, vétéran pratiquant un sport d’endurance (marathon), de force (haltérophilie), de précision (basket, tir), les anabos ça marche et dès le début du dopage médicamenteux ils sont sur le podium des produits haute performance.

A la fin des années 1950, l’hormone mâle est rejointe dans la pharmacie sportive par ses dérivés, les stéroïdes anabolisants.

Aujourd’hui, les dernières statistiques de l’Agence mondiale antidopage de 2023 montrent que 45% des 3 724 cas positifs sont dus à des agents anabolisants (testo + stéroïdes anabolisants).

Article et illustrations – copyright blog : dopagedemondenard.com

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