Conduite dopante – Football : le Viagra n’évite pas la débandade de l’Argentine face à la Bolivie

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[publié le 30 mars 2017]

Nous rappelions récemment que le team Sky avait testé le Viagra® en 2010 au début de son activité dans l’UCI Pro Teams.

Aujourd’hui, 30 mars, L’Equipe nous apprend que l’Argentine de Léo Messi a tenté de se qualifier pour le Mondial 2018 en prenant la pilule bleue losangique.

Le staff de l’Albiceleste a justifié la prise de ce ‘’gain marginal’ médicamenteux pour compenser l’hypoxie d’altitude due aux 3 600 m de La Paz, lieu de la rencontre entre la Bolivie et l’Argentine. Rappelons que le sildénafil (Viagra®) améliore la fonction respiratoire (vasodilatation pulmonaire sélective) et accélère l’adaptation à l’altitude. Visiblement, cela n’a pas suffit à Messi et à ses coéquipiers.

Résultats Bolivie-Argentine (+ Viagra® + 02) = 2 – 0.

Comme le conclue avec humour le quotidien sportif : « Des précautions insuffisantes pour éviter la débandade ».

Bémol : on ne sait pas quels sont les gains marginaux absorbés par La Verde (surnom de l’équipe nationale de Bolivie).

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 L’Equipe, 30 mars 2017

 

Pour en savoir plus sur le Viagra®, consulter le sujet sur ce thème publié sur le blog le 19 mars.

 

Football – Arrêt sur image

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[publié le 20 février 2017]

En 1958, les footballeurs, sans se cacher, se subliment à la mi-temps.

 Artificiel ou naturel, tout est bon pour vaincre.

Aujourd’hui, selon les instances du ballon rond, le dopage serait inexistant !

Langue de bois ou naïveté pathologique ?

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L’Argentin Omar Sivori, naturalisé italien en 1961, ballon d’or la même année, absorbe de l’oxygène à la mi-temps  – Sport et Vie, 1958, n° 30, novembre, p 28

De nos jours, c’est dans les chambres d’hôtels ou dans les vestiaires – à l’abri des regards – que les footeux avec leur staff pratiquent les « mises à (top) niveau »

Football – Décodage : pourquoi Samir Nasri ne risque rien… alors que dans le même temps l’Agence antidopage espagnole se trompe de cible et se ridiculise

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 énergétique[publié le 30 décembre 2016]

 

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L’Equipe, 29 décembre 2016

 

Les faits : dans une clinique privée de Los Angeles, pendant la nuit du mardi 27 au mercredi 28 décembre, Nasri – le milieu sévillan – a reçu une injection (perfusion ?) composée de polyvitamines (vit. C et B), oligoélément (zinc), acide aminé essentiel (lysine), ‘’combinés avec des nutriments spécialement formulés pour aider à combattre les superbactéries et les virus courants’’. Précisons que ces deux derniers termes n’apparaissent, pour appâter les gogos, que dans des centres anti-Age ou  de remise en forme et dans les instituts de beauté.

 Compte tenu de la notoriété de l’international français, la clinique en a profité pour publier sur son compte Twitter une photo de Samir Nasri en compagnie d’une infirmière de l’établissement accompagnée d’une légende révélant que le joueur de Séville a reçu un traitement par injection pour « le maintenir hydraté et au top de sa santé durant sa saison chargée de football avec son club espagnol ».

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Samir Nasri et l’infirmière de l’établissement spécialisé en soins vitaminés

Sur ce, l’Agence antidopage espagnole (AEPSAD) s’est crue autorisée d’ouvrir une enquête sur la nature des produits et la quantité de liquide injectées.

Commentaires – Pétard mouillé ou scoop sur le dopage d’un footeux ?

Déjà, c’est une première mondiale que sur la foi de tweets et d’images et en l’absence de tout prélèvement officiel, une Agence antidopage poursuive un sportif ! Mais là où ça devient comique c’est que le gendarme antidopage soit de nationalité espagnole alors que ce pays – depuis des décennies – a contribué efficacement à l’extension du dopage sportif notamment avec l’affaire Puerto en 2006.

Mais sur quels critères peut-on poursuivre Nasri dans la mesure où il n’a jamais subi – pour cette affaire – un contrôle antidopage dans les règles (urines, sang) ? Si le test a lieu dans les jours qui viennent, il est probable qu’il sera négatif de chez négatif. En ce qui concerne la perfusion, on voit mal comment l’AEPSAD peut l’épingler. Rappelons que les perfusions intraveineuses sont prohibées par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis janvier 2005. Elles figurent  dans la rubrique « Manipulation chimique et physique » au paragraphe 2 : « Les perfusions intraveineuses et/ou injections de plus de 50 ml par période de 6 heures, sauf celles reçues légitimement dans le cadre d’admissions hospitalières, les procédures chirurgicales ou lors d’examens clinique ».

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Liste Agence mondiale antidopage 2016-2017

 En clair, cela veut dire qu’en dehors et/ou en compétition, les sportifs peuvent recevoir toutes les 6 heures une injection de 50 ml d’un produit de son choix à condition qu’‘il ne soit pas prohibé par l’AMA.

Au final, l’Agence antidopage espagnole sera bien sûr en peine d’apporter la preuve que Nasri a subi une perfusion supérieure à 50 ml.

Signalons que la méthode de la perfusion (500 ml), couramment utilisée dans le monde du sport notamment en récupération entre, par exemple, les matches de foot ou les étapes d’une épreuve cycliste de plusieurs jours, n’entraîne jamais de sanction puisqu’il faudrait que le contrôleur assiste de visu à la perfusion. On sait depuis les propos de François Hollande que les footballeurs ne sont pas fute-fute mais à ce point-là, difficile de croire qu’ils laissent entrer dans la pièce où se déroule la perfusion prohibée l’officiel des expertises biologiques.

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Samir Nasri sous les couleurs du club espagnol de Séville

 Ajoutons que l’Agence antidopage espagnole se trompe de cible. En effet, tout le monde l’a compris : ce sont les médecins et les établissements qui pratiquent ce genre de soins qui doivent en priorité maximale être éradiqués.

4 repères – La perfusion est prohibée depuis janvier 2005 :

  1. Lorsqu’elle dépasse 50 ml toutes les 6 heures [précisons que le principe de la perfusion est proscrite en dehors d’un acte thérapeutique (voir plus haut les exemples de l’AMA : collapsus…) car cette injection accélère de façon sensible les délais de la récupération hydrique et énergétique]

  2. Lorsqu’elle contient bien sûr une substance interdite ; c’est seulement dans ce cas précis que le sportif peut être contrôlé positif et sanctionné,

  3. Lorsqu’elle est administrée dans l’environnement immédiat d’une compétition mais aussi lorsqu’elle est utilisée en dehors d’une épreuve sportive,

  4. Mais tout cela – en dehors du point 2 – n’a qu’une valeur théorique car même si la perfusion ne contient aucune substance figurant sur la liste de l’AMA, cette technique est indétectable par un contrôle antidopage classique portant sur l’urine et le sang.

Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) – L’imposture des chiffres

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Le cyclisme loin devant le foot

Régulièrement, le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) – entité créée en 2007 à l’instigation des groupes cyclistes professionnels français – publie sur son site les cas de dopage de l’année et dans tous les sports. Ces chiffres, on peut les analyser à la manière de Coluche : « C’est comme le bikini : ça donne des idées mais ça cache l’essentiel ». En effet, comment peut-on faire figurer dans le même classement sur le seul chiffre des cas positifs des spécialités sportives telles que cyclisme, haltérophilie, tir à l’arc, curling et… le football, sport planétaire aux milliers de joueurs professionnels ? Sans corréler ces chiffres des cas de dopage par fédération au nombre de contrôles effectués ainsi qu’au total des licenciés professionnels par sport n’est pas digne d’un organisme qui se veut intraitable sur les questions de dopage.

Comparer les  7 cas du cyclisme aux 19 du foot montre clairement la manipulation des chiffres lorsqu’on sait qu’il n’y a sur la planète que quelques centaines de cyclistes professionnels (1 200 en 2015) alors que les footeux sont 45 000 (FIF Pro syndicat mondial).

Si l’on fait le calcul de pourcentage appris en primaire, on trouve 0,6% de positifs (7 sur 1 200) dans le vélo alors que le foot est très, très loin derrière avec seulement 0,04% (19 sur 45 000).

De même, dans son rapport de fin 2015 (l’année 2016 n’est pas terminée), l’Agence mondiale antidopage (AMA) classe les grands sports (foot, athlé, cyclisme) en prenant en compte les cas positifs des trois Fédérations par rapport au nombre de contrôles effectués pour chacun d’elle. Là aussi, le résultat n’est pas aussi angélique que le MPCC veut nous le faire croire puisque c’est le vélo qui arrive en tête des tricheurs avec un résultat double de celui des adeptes du ballon rond:

  • Cyclisme : 1,1% (244 positifs pour 22 652 contrôles au total)

  • Athlétisme : 0,9% (265/30 308)
  • Football : 0,5% (160/32 362)

Il est certain qu’avec le MPCC, on va être bien informé…. Vous avez dit manipulation ? Comme c’est bizarre….

De toute façon, c’est perdre son temps que de vouloir se glorifier aux dépens de chiffres du dopage qui n’ont aucune signification dans la mesure où un contrôle négatif n’est la preuve de rien du tout (substances indécelables, AUT, liste jaune – substances dopantes non interdites, borderlines -)

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« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et…    

                                                l’interprétation statistique du MPCC »

 Que personne dans les médias sportifs n’ait relevé la supercherie montre bien les conflits d’intérêt existants entre les journalistes et le milieu dans lequel ils exercent.

Le Grand Bêtisier de L’Equipe (suite) – Les valeurs du foot à la mode Tapie :  »saler » à son insu la soupe de l’entraîneur !

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Dans L’Equipe du 18 novembre, Yohann Hautbois, journaliste au quotidien sportif, écrit deux pleines pages sur le parcours déterminant de l’entraîneur belge Raymond Goethals sur les performances du Club Marseillais face à l’AC Milan dans la Coupe d’Europe des clubs champions.

 

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Raymond Goethals et Bernard Tapie

 

 Première version en direct sur Paris Première

 Visiblement, le journaliste est un néophyte puisqu’il nous ‘’vend’’ une histoire que lui a raconté Bernard Tapie en off et que ce dernier « nous a fait promettre de ne pas raconter » ajoute Hautbois. Or, cette fable a déjà été relatée par Bernard Tapie lui-même en direct sur  la chaîne de télévision Paris-Première le 16 mars 2004 à 22 h 25.

paris-premiere

Dans mon ouvrage « Dopage dans le football : la loi du silence » paru en 2010, dans un chapitre consacré à « Tapie, l’OM ou la bonne alchimie », j’avais déjà décrit et commenté cette Tapinade sans garantie que les faits rapportés en direct par BT à la TV soient authentiques.

1

Dr JPDM – Dopage dans le football. – Paris, éd. J.C. Gawsewitch, 2010. – 379 p (pp 85-86)

                                pros          p-3   

                            Le ‘’matos’’ destiné aux joueurs selon Bernard Tapie

 2

Yohann Hautbois. – Raymond ramène sa science – L’Equipe, 18 novembre 2016

 Un seul match dans la semaine…

Entre la version en direct de 2004 sur Paris-Première et celle de L’Equipe du 18 novembre 2016, on constate que l’ex-boss de l’OM souffre de trous de mémoire à répétition.

En effet, lorsqu’il explique au journaliste du quotidien sportif que « l’affaire se passe au cœur d’une semaine chargée pour les Phocéens avec trois matches à jouer tous à l’extérieur dont le dernier à Paris, Tapie décide pour éviter la fatigue que le groupe ne rentrera pas à Marseille. »

En réalité, les trois matches concernés se sont déroulés sur douze jours : le 29 mai (finale de la Coupe d’Europe contre l’Etoile Rouge), le 02 juin (1/2 finale de la Coupe de France contre Rodez) et le 08 juin (finale de la Coupe de France contre Monaco). Ce qui fait une semaine d’intervalle entre les deux derniers matches.

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Autre différence beaucoup plus éclairante sur les capacités mnésiques de l’ancien ministre de la ville, le nom du médicament introduit en douce dans la purée de Goethals change entre les deux versions. Le comprimé de Tranxène® de 2004 devient en 2016 du Valium® avec une nuance supplémentaire : le médecin de l’OM est dans le coup ! Ajoutons que ces deux produits sont des benzodiazépines dont l’indication thérapeutique principale est l’anxiété et non l’induction du sommeil, même si dans les effets secondaires on enregistre des troubles de la vigilance.

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 En 12 ans, le Tranxène® se transforme en Valium®

 Rappelons que ces deux médicaments, en 1991 date des faits, appartiennent à la liste I, nomenclature des produits toxiques (ex-tableau A) du marché. L’un comme l’autre comportent des contre-indications, des mises en garde, des précautions d’emploi. L’âge du patient et l’état des reins peuvent augmenter l’efficacité et donc les risques. Par exemple, ce genre de molécule peut provoquer une perte d’équilibre avec des risques de chutes potentiellement graves. Tout le monde sait, mis à part ses affidés, que Tapie est un drôle de voyou. Connaissant le personnage avec toutes les casseroles qu’il trimballe, il n’est pas sûr que l’histoire soit vraie à simplement… 25% !

Mais que dire du journaliste qui gobe ce qu’on lui raconte sans vérifier ? Dernière réflexion : j’ose espérer que le médecin de l’OM n’était pas complice de cette mise en danger de la vie d’autrui !

Rappelons-nous le fait divers de ce père d’un joueur de tennis qui avait mis du Tranxène® dans la bouteille de l’adversaire de son fils et qu’après le match perdu, en reprenant sa voiture, ce jeune concurrent en avait perdu le contrôle et s’était tué. Le père avait été condamné à plusieurs années de prison.

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D’une version à l’autre (2004 – 2016)

 En 2004, Bernard Tapie raconte l’histoire probablement très romancée en direct à la télévision, mais

  • L’OM n’a pas joué – en huit jours – trois matches à l’extérieur

  • Les joueurs étaient rentrés à Marseille entre la ½ et la finale de la Coupe

  • Le médicament anxiolytique utilisé, le Tranxène® (qui n’était pas un somnifère), 12 ans plus tard est devenu le Valium®

    Dans la première version, Tapie fait la manipulation tout seul. Dans celle de 2016, il est aidé par le toubib de l’OM.

Football – Le sport le plus populaire étant de plus en plus physique et alors que le dopage est hyperefficace sur le rendement de l’homme à l’effort, on comprend mieux pourquoi les manipulations biologiques sont omniprésentes dans les vestiaires.

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Pour être un bon, voire un grand footballeur, il faut accroître ses performances athlétiques. Or, le dopage est particulièrement efficace pour booster le rendement énergétique du joueur quel que soit son niveau et aujourd’hui c’est cet aspect qui fait la différence.

Le consensus des experts en témoigne.

Récemment, Benoît Pedretti, l’ancien international toujours en activité à l’AS Nancy, expliquait dans l’Equipe que la principale évolution du jeu au cours de sa carrière (15 ans) concernait le physique : « On nous demande avant tout de courir, d’aller au duel ».

Cette évolution du jeu n’a pas quinze ans mais pratiquement… un SIÈCLE !

Démonstration par les avis successifs des spécialiste du ballon rond depuis 1922. Compte tenu des exigences de plus en plus physiques du foot, on comprend mieux pourquoi il est difficile de ne pas céder à la tentation du coup de pouce pharmacologique.

 Le discours de la méthode FIFA

 

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Carton rouge à la FIFA

Dès que des enquêtes sur le dopage dans le football apparaissent, les joueurs nous parlent d’absorption de vitamines appelées aussi le dopage du pauvre depuis quarante ans – prises sous forme de piqûres juste avant le début de la rencontre, et même à la mi-temps. Il est pourtant admis dans tous les autres sports que les « injections » de vitamines prises dans l’environnement immédiat du match ne servent à rien et que, en réalité, les sportifs se dopent à de multiples produits. Et ce serait exactement le contraire dans le football ?

Face à la suspicion de dopage, le milieu du ballon rond ‘’dégage en touche’’ en affirmant que la triche biologique serait inopérante sur le sens collectif et tactique. De plus, la technique du joueur s’affaiblirait en cours du match. Or, depuis au moins cinquante ans, les experts du rectangle vert affirment que les qualités athlétiques prédominent dans le jeu des meilleurs. C’est par exemple Just Fontaine, l’emblématique attaquant du Stade de Reims et des Bleus, de la fin des années 1950, qui explique les déconvenues des Français dans le concert internationale : « Tant que nos joueurs ne seront pas des athlètes, nous connaîtrons de douloureuses désillusions » Beaucoup plus récemment, c’est Dominique Rocheteau qui, dans son ‘’Guide du football’’ dresse le portrait-robot du « joueur de très, très haut niveau ». Tout de suite après leur influence sur le jeu et leur efficacité au plan collectif, l’Ange vert estime que les meilleurs footballeurs doivent disposer d’énormes qualités athlétiques (vitesse explosive et endurance-puissance).

Sur les dix atouts sélectionnés par Dominique Rocheteau et Denis Chaumier, les qualités athlétiques arrivent en troisième position. Elles font partie du podium.

1 – Des joueurs de haut niveau qui ont une influence sur le jeu, au même titre que des entraîneurs de haut niveau ;

2 – Des joueurs complets et efficaces sur le plan collectif ;

3 – Des joueurs disposant d’énormes qualités athlétiques (vitesse explosive et endurance-puissance) ;

4 – Des joueurs à forte personnalité qui ne craignent pas l’échec et qui ont une mentalité de gagneur ;

5 – Un effectif de grande qualité, avec des remplaçants capables de gagner un match ;

6 – Une grande maturité tactique et la capacité de s’adapter aux circonstances du jeu ;

7 – Une philosophie de jeu bien définie ;

8 – Des éléments créatifs qui peuvent être déterminants pour le succès

9 – De la discipline, de la rigueur et une grande notion de l’effort collectif ;

10 – Une aptitude à dicter le rythme d’un match.

[Didier Chaumier et Dominique Rocheteau .- Le Guide du football 2002. – Paris, éd. de La Lucarne, 2001. – 1231 p (p 1170)]

Or, c’est justement sur le physique que le dopage est efficace. Il va permettre de courir plus vite, donc de déborder plus facilement un adversaire. Il augmente la force physique, donc la puissance de tir (pied et tête) mais aussi la détente verticale (tête). Et cerise sur le gâteau, il permet de courir sans baisse de régime pendant quatre-vingt dix minutes et même au-delà dans le temps additionnel, comme si on lui avait greffé un troisième poumon. Mis à part Sepp Blatter, le président, et les deux médecins FIFA Dvorak et D’Hooghe, qui peut croire une seconde que le dopage ne sert à rien dans le foot….

Au final, le discours FIFA ne tient pas la route et prouve l’hypocrisie de ce milieu. Dans son livre ‘’La Face cachée du foot business’’, Patrick Mendelewitsch, agent agréé FIFA/FFF depuis 2001, parle de la règle des trois S : secret, silence et solidarité. Si on comprend ça, on a tout compris.

Afin d’enfoncer le clou démontrant clairement que le football faisant appel à des aptitudes physiques élevées – donc très réceptives aux substances dopantes – nous proposons onze témoignages d’experts du ballon rond accréditant la thèse que le physique joue un rôle prépondérant dans le jeu de la balle au pied.

 La preuve par onze que le physique (sensible au dopage) n’est pas anecdotique

 1 – 1922 – Lucien Gamblin (FRA) : « Grandes qualités techniques et manque de souffle égal mauvais match »

Avis de l’ancien international (17 sélections) devenu journaliste expert des choses du football : « Le joueur qui arrive sur le terrain, sans posséder un bon souffle ne fera jamais qu’un mauvais match. Combien ai-je vu de joueurs possédant de grandes qualités et ne faisant jamais de parties transcendantes, uniquement parce que leur souffle était insuffisant ! » [Lucien Gamblin .- La « forme » en football association. – Très Sport, 1922, n° 6, 1er octobre, pp 13-14 (p 14)]

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très Sport, 1924, n° 25, 1er mai, hors texte

  2 – 1934 – Percy Smith (GBR) : la vitesse présuppose la force physique

« C’est aussi à Percy Smith, manager de Tottenham Hotspur, que nous devons la révélation du secret de la vitesse de jeu – la plus grande en Angleterre – de l’équipe de Tottenham. « La vitesse est le grand atout que nous possédons maintenant. La vitesse présuppose avant tout la force physique et le bien-être corporel, en un mot : la jeunesse. Nous l’avons. Mais ce n’est pas tout. Il ne suffit pas d’avoir la vitesse : il faut la garder. Le ballon doit être utilisé le plus complètement possible, c’est-à-dire que le « laisser-courir » du ballon représente le principe essentiel de cette vitesse constamment soutenue. Pour obtenir ce résultat, nous avons institué un entraînement spécial, qui consiste principalement en un travail de sprinters avec souliers à pointe. Les joueurs prennent départs sur départs. Nous insistons sur le style du coureur de vitesse, afin d’en arriver au point où la plus grande rapidité est obtenue avec un minimum de dépense d’énergie. La préparation physique préalable est obtenue par une gymnastique rigoureuse. A cela s’ajoute l’entraînement habituel pour le maintien en forme : travail du ballon ; boxe, travail de l’appareil à ramer, massage et repos. Une de mes innovations : le jeu de la tête, qui est une des difficultés pour mes joueurs de petite taille, est particulièrement étudié, à l’aide d’un ballon fixé par une corde, à près de 8 pieds (2 m 10 environ) du sol, ce qui oblige le joueur à sauter haut et à frapper du front le ballon. » [Le Speaker. – Au jour le jour en marge des grandes épreuves sportives. –  Le Miroir des Sports, 1934, n° 758, 10 avril, p 238]

3 – 1961 – Just Fontaine (FRA) (international et entraîneur) : « On a besoin de joueurs-athlètes »

Témoignage du meilleur buteur de la Coupe du monde 1958 (13 réalisations, record toujours en cours) : « Tant que nos joueurs ne seront pas aussi des athlètes, nous connaîtrons de douloureuses désillusions ». [Le Miroir des Sports, 1961, n° 868, 07 août, p 3

fontaine

Joueur, sélectionneur de l’équipe de France, entraîneur

 4 – 1965 – Pierre Lagoutte (FRA) : la vitesse ‘’arme absolue’’

« Aujourd’hui, dans tous les sorts on cherche à aller plus vite. A technique égale, à moyens physiques égaux c’est toujours le plus rapide dans ses gestes ou dans ses actions qui finit par triompher. Tout le monde sait qu’il est beaucoup plus difficile d’être un excellent conducteur à 120 km/heure qu’à 35. Il est bien évident aussi que les erreurs commises à grande vitesse sont sans appel. Il en est ainsi en football. » [Pierre Lagoutte (FRA), journaliste spécialiste du football. – Le Miroir des Sports, 1965, n° 1076, 24 mai, p 13]

 5 – 1972 – 1987 – Dominique Rocheteau (FRA) : « Il faut se soumettre à  un entraînement impitoyable »

 Témoignage de l’attaquant international de l’AS Saint-Etienne (1972-1980) et du PSG (1980-1987) :

  1. « ‘’L’Athlé’’ me servira beaucoup sur les terrains de foot, quand il s’agira de déborder l’adversaire et de lui prendre quelques secondes décisives. » [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (p 25)]

2- « A Saint-Etienne, on ne plaisante pas avec la préparation physique. Aux yeux de Robert Herbin, l’entraîneur des Verts, elle constitue l’une des conditions essentielles à une performance de qualité le jour du match. Depuis qu’il a remplacé Albert Batteux au poste d’entraîneur, au début de la saison, il a toujours insisté sur la résistance et l’endurance. Si un joueur rentre aux vestiaires sans se sentir fatigué, c’est qu’il ne s’est pas donné à fond. » (pp 49-50) [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (pp 49-50)]

rocheteau

49 sélections internationales entre 1975 et 1986

3 – « La vie d’un footballeur professionnel ne consiste pas seulement à dribbler, tirer au but et s’amuser avec un ballon. Pour se donner à fond sur un terrain, pour exprimer pleinement ses possibilités, il est indispensable de se soumettre à un entraînement impitoyable. Ça, Robby l’a parfaitement compris. La réussite du club, notamment en Coupe d’Europe, est à ce prix. Les footballeurs français ont toujours souffert d’une infériorité physique par rapport à leurs adversaires européens. La saison dernière, les Verts ont montré que ce handicap traditionnel n’a rien d’une fatalité. » [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (p 75)]

4 – « Je ne peux pas donner le meilleur de moi-même si je suis à la traîne physiquement. » [in « On m’appelait l’Ange vert… ». – Paris, éd. Le Cherche Midi, 2005. – 292 p (p 185)]

6 – 1978 – Michel Hidalgo (FRA) : seuls ceux qui ont une « grosse cylindrée » pourront tenir le coup

 Témoignage du sélectionneur de l’équipe de France qui conduit cette dernière à la phase finale de la Coupe du monde en Argentine en 1978 : « Seconde notion nouvelle et capitale : celle du travail. On ne surmonte pas une faiblesse en l’esquivant, ni un défaut en le masquant. Aujourd’hui les dons ne suffisent plus. Les meilleurs joueurs sont évidemment les plus doués, mais ce sont aussi et surtout ceux qui ont travaillé et qui continuent à travailler le plus sérieusement et le plus intensément. L’entraînement actuel est né d’un mariage entre l’empirisme et la science. On s’entraîne mieux qu’il y a vingt ans, c’est certain. On s’entraîne surtout avec plus de fréquence et d’intensité, parce qu’on possède des données scientifiques qui n’existaient pas à l’époque. Le plus gros progrès a été réalisé dans le travail d’endurance et dans le travail de résistance. L’endurance étant la qualité qui permet de produire un effort moyen le plus longtemps possible et la résistance donnant les moyens de répéter des efforts brefs et violents le plus souvent possible. (…)

Et si l’équipe rémoise domina à l’époque ses rivales et le football français, si elle obtint les résultats que l’on connaît, c’est parce qu’elle pratiqua certes un jeu brillant parce qu’elle alignait des individualités de talent, mais c’est aussi parce que sa valeur athlétique était également supérieure. Des joueurs comme Robert Jonquet, Raymond Kopa, Jean Templin, Robert Siatka, Jean Vincent, Raymond Cicci, Armand Penverne, René Bliard, tous bons techniciens, étaient aussi pourvus de grosses qualités physiques et fort bien préparés. (…)

 

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Entraîneur-sélectionneur de  l’équipe de France de 1976 à 1984

Aujourd’hui, on peut savoir très vite et très tôt si le garçon de seize-dix-sept ans, enrôlé dans un centre de formation est taillé pour faire un footballeur pro, s’il possède la mentalité nécessaire, l’ambition et la volonté de réussir, l’organisme susceptible de résister à un travail intensif. Seuls ceux qui ont ce que j’appellerais une « grosse cylindrée » pourront tenir le coup ! (…). Les progrès dans le domaine athlétique (c’est-à-dire en vitesse, en puissance et en détente) ont été considérables. Les balles sont disputées avec plus d’acharnement parce que le marquage est plus sévère et les luttes pour la possession du ballon plus intenses. Les duels sont plus nombreux. La vitesse est de plus en plus prédominante. Elle est une qualité primordiale, la qualité de base. Le rythme, ou plutôt le changement de rythme, est plus constant qu’avant. » [Michel Hidalgo .- Football en liberté (collaboration de Jean-Philippe Rethacker). – Paris, éd. Ramsay, 1978. – 251 p (pp 58, 59, 63 et 80)]

 7 – 1981- 1989 – Diego Maradona (ARG) : « J’ai pris du coffre »

 Témoignage de Diego Maradona, quatre-vingt onze sélectons internationales entre 1977 et 1994, vainqueur de la Coupe du monde 1986 :

1 – « J’arrivais à Barcelone. Barcelone ! Un sacré club, le meilleur du monde, plus encore que la Juventus Turin. Seulement, je ne connaissais pas la mentalité catalane (…) je passais d’un football au cours normal à quelque chose de totalement différent. Je ne parvenais pas à saisir le truc ; lors des entraînements, je prenais même des coups de pied à hauteur de la bouche ! Ce n’était plus du foot. Les meilleurs joueurs espagnols jouaient au Barça. Je ne veux pas me mettre à dos mes équipiers d’alors, mais j’ai mal vécu ce changement brutal qui me faisait passer d’un football technique à un autre terriblement physique : ils ne faisaient que courir et courir, et moi, je ne pouvais pas suivre. Ainsi, selon le test de Cooper, je culminais à 2 700 tandis que les autres montaient à 5 000, voire 6 000. Avant même de jouer au ballon, ils étaient coureurs de fond, comme Victor et Periko Alonso (…). Le problème était simple : soit je prenais leur foulée, soit j’abandonnais. Alors, j’ai pris du coffre, privilégiant mon développement physique tout en délaissant quelque peu mes qualités gestuelles. A partir de ce moment, mes partenaires m’ont écouté : c’est moi qui imprimais le rythme. Je leur transmettais ma technique mais sans les départir de leur puissance de feu. » [in « Moi, Diego ». – Paris, éd. Calmann-Lévy, 2001. – 321 p (p 73)]

diego

77 sélections internationales entre 1977 et 1994

2 – 9 sur 10 pour le démarrage

Texte du journaliste indépendant Michel Di Tria : « Il est amusant de considérer poste par poste la valeur technique de Maradona. Sur un total de 10, Pelé lui a un jour attribué la note finale de 9 ». Par exemple pour le démarrage, le Brésilien notre 9. Di Tria commente : « C’est surtout dans ses phases de méforme que le démarrage de l’Argentin laisse le plus à désirer. Et quand ce défaut apparaît, c’est tout l’édifice qui s’écroule. Maradona est alors forcé de s’appuyer uniquement sur son expérience, sur l’abus du dribble pour réussir avec peine ce qu’il parvient à faire beaucoup plus aisément quand son démarrage est efficace. » [Michel Di Tria .- Maradona. – Lausanne (SUI), éd. Favre, 1990. – 191 p (p 78)]

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Contrôlé positif à deux reprises : cocaïne (1991) et éphédrine (1994). A chaque fois, a pris 15 mois de suspension

8 – 1998 – Arsène Wenger (FRA) : « Seules les équipes physiques sont capables de bien jouer au football »

Témoignage du « professeur » d’Arsenal en place depuis 20 ans : « Seules les équipes physiques sont capables de bien jouer au football : il faut courir vite, sauter haut et se donner à fond. Les équipes qui nous affrontent, nous ou Manchester United, sont toutes comme cela, ce qui signifie que nous sommes exposés à des adversaires très combatifs. Nous devons résoudre les problèmes qu’ils nous posent. Il faut se battre tout en respectant les règles. Je pense que c’est ce que nous faisons. » [Tom Oldfield. – Arsène Wenger, un pur génie. – Enghien-les-Bains (95), éd. Premium, 2011. – 335 p (p 76)]

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Coach de l’équipe d’Arsenal depuis 1996

 9 – 2002 – Dr Jean-Marcel Ferret (FRA) : des champions hors normes

Témoignage du médecin des Bleus, en exercice de 1993 à 2004 :

Depuis 25 ans, la physionomie des joueurs a-t-elle évolué ?  « Au niveau biométrique, c’est-à-dire le rapport taille/poids c’est le jour et la nuit. En 1976, lorsque j’ai commencé à Lyon, la moyenne était de 1,77 m pour 72 kg. Vingt-deux ans plus tard, le groupe des champions du monde était à 1 m 83 pour 81 kilos. Et je ne vous parle pas du rapport poids/puissance ! Les Djibril Cissé, Thierry Henry ou Nicolas Anelka sont grands mais, surtout, ils vont vite. »

Côté physiologie, y-a-t-il eu aussi transformation ?  « Oui. Un joueur aujourd’hui est capable de fournir 20% d’effort en plus. Dans les années 80, un athlète moyen avait une capacité respiratoire de 52 ml d’oxygène par minute et par kilo. Elle est de 62 aujourd’hui. Les gars sont capables de beaucoup plus d’efforts et, surtout, de manière beaucoup plus répétée. » [Télé 7 Jours, 14.09.2002]

 10 – 2002 – ­Dominique Rocheteau et Denis Chaumier : caractéristiques des joueurs de très, très haut niveau

Dans la dernière livraison de leur guide du football paru en 2002, l’ancien attaquant international des Verts et du PSG et le rédacteur en chef de France Football, en s’appuyant sur l’avis de techniciens confirmés – tous d’anciens entraîneurs nationaux – ont dressé la liste des caractéristiques des joueurs de très, très haut niveau. Sur les dix atouts qu’ils ont sélectionnés, les qualités athlétiques arrivent en troisième position. Elles font partie du podium.

1 – Des joueurs de haut niveau qui ont une influence sur le jeu, au même titre que des entraîneursde haut niveau ;

2 – Des joueurs complets et efficaces sur le plan collectif ;

3 – Des joueurs disposant d’énormes qualités athlétiques (vitesse explosive et endurance-puissance) ;

4 – Des joueurs à forte personnalité qui ne craignent pas l’échec et qui ont une mentalité de gagneur ;

5 – Un effectif de grande qualité, avec des remplaçants capables de gagner un match ;

6 – Une grande maturité tactique et la capacité de s’adapter aux circonstances du jeu ;

7 – Une philosophie de jeu bien définie ;

8 – Des éléments créatifs qui peuvent être déterminants pour le succès

9 – De la discipline, de la rigueur et une grande notion de l’effort collectif ;

10 – Une aptitude à dicter le rythme d’un match.

[Didier Chaumier et Dominique Rocheteau .- Le Guide du football 2002. – Paris, éd. de La Lucarne, 2001. – 1231 p (p 1170)]

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 11 – 2004 – Lilian Thuram (FRA) : « Une importance croissante de la dimension physique »

Commentaire du plus capé des internationaux français : « On accorde une importance croissante à la dimension physique dans le football moderne. » [in « 8 juillet 1998 ». – Paris, éd. Anne Carrière, 2004. – 205 p (p 177)] 

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142 sélections internationales entre 1994 et 2008

 

 

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N° 58

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Pourquoi le dopage est-il de plus en plus attractif pour les footballeurs ? C’est Benoît Pedretti, l’expérimenté milieu nanceien qui, dans L’Equipe du 13 novembre, en décryptant l’évolution du jeu en quinze ans de carrière, nous met sur la piste : « Aujourd’hui, c’est beaucoup plus de physique : on nous demande avant tout de courir, d’aller au duel ». Or les drogues de la performance sont hyperefficaces sur le physique.

 

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Benoît Pedretti

 

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N° 56

 

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Des infiltrations à répétition

 

A l’attention de toutes les fédérations où l’on autorise les infiltrations pour permettre à un compétiteur de participer à une épreuve alors qu’il est blessé (basketball, football, gymnastique, rugby, tennis, etc.), nous vous signalons le cas autant éclairant qu’exemplaire du joueur argentin Gabriel Batistuta – une star du foot des années 1991-2003 (78 sélections, 54 buts), surnommé Batigoldétruit par les infiltrations. C’est sa fiche Wikipédia qui dresse son bulletin de (mauvaise) santé suite aux fameuses piqûres pratiquées par des médecins de la performance, adeptes du ‘’serment d’hypocrite’’

 

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Le footballeur argentin Gabriel Batistuta

 

« L’Argentin Gabriel Batistuta, celui qui a été élu joueur du siècle de la Fiorentina avait régulièrement joué dans les années 1990 sous infiltration. Aujourd’hui, ses tendons seraient littéralement en compote, selon le témoignage de son ami journaliste Luca Calamia recueilli par le quotidien italien Il Corriere della Sera. « Il ne peut pas rester debout pendant plus d’une demi-heure. Toutes les infiltrations qu’il a subies (durant sa carrière, ndlr) ont complètement déchiré ses tendons ». Opéré du genou il y a un an et demi, Gabriel Batistuta, dont une statue a été érigée en son honneur devant le stade de la Fiorentina, ne peut plus pratiquer de sport en contact avec le sol. »

Football – Jamie Vardy, l’attaquant anglais, aime les drogues de la performance : caféine, nicotine, alcool, etc.

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Qu’en pensent la FIFA et l’UEFA, deux instances qui martèlent que la culture du dopage n’existe pas dans le foot et que tous les joueurs de la planète carburent à l’eau minérale ?

 

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Jamie Vardy

 

Contre exemple : Jamie Vardy, qui, dans sa biographie publiée en feuilleton dans Le Sun révèle qu’il s’était longtemps soigné à la vodka-Skittles mais aujourd’hui il boit trois verres de porto (soit 25 cl) chaque veille de match : « Ça m’aide à m’endormir plus facilement » témoigne l’attaquant de Leicester.

 Pour être en forme : caféine + nicotine

Il ajoute que pour être en forme le jour de la rencontre de Premier League ou lors d’une joute internationale, il s’administre trois cannettes de boissons énergisantes (caféine) et un double expresso. L’alcool n’est pas prohibé dans le foot. Depuis 2004, la caféine a été retirée de la liste rouge alors qu’à partir de 1982, elle était proscrite par les instances internationales antidopage.

On peut estimer avec les puristes que le porto n’est pas la mer à boire… Mais Jamie Verdy est un adepte de stimulants tous azimuts puisqu’il consomme aussi bien de la caféine (déjà signalée)  mais aussi à l’occasion du dernier Euro joué en France de la nicotine en sachet. Là, c’est moins cool par rapport à l’éthique sportive. La consommation de ce coup de pouce est mise au jour par le site web@20minutes.ch : « L’attaquant Jamie Vardy a été repéré mardi 14 juin 2016 à la sortie d’un kiosque avec à la main des stimulants qu’on ne classe généralement pas parmi les plus sains : une canette de boisson énergisante sucrée ainsi qu’une boîte de tabac à chiquer (aussi appelé snuff ou snus). Caféine et nicotine, il n’en fallait pas plus pour exciter les médias du pays, à deux jours d’un choc fratricide capital contre le Pays de Galles à Lens. Si les deux substances incriminées ne sont pas sur la liste des produits dopants interdits par l’Agence mondiale antidopage (AMA), elles figurent toutefois parmi les produits faisant l’objet d’une recherche avancée. En compétition, de nombreux sportifs utilisent des poches de tabac à chiquer sous leurs lèvres, au contact de leurs gencives, où on estime qu’elles produisent au mieux leur effet stimulant. »

 

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Une boîte de tabac à chiquer (Snus)

 

 Pour plaire à Coca-Cola

 On le sait depuis que la lutte antidopage officielle a été mise en place au milieu des années 1960 que caféine et nicotine sont des stimulants efficaces sur les aptitudes du corps à l’effort. La caféine, prohibée par le CIO de 1982 à 2004, date à laquelle elle a été retirée de la liste pour ne pas ‘’contrarier’’ Coca-Cola le sponsor principal de l’instance olympique dont les revenus sont basés sur la boisson caféinée.

En revanche, même si la nicotine n’a jamais figuré sur la liste rouge, elle est apparue en 2012 sur le programme de surveillance de l’AMA afin de vérifier sa fréquence dans les urines des sportifs pour, éventuellement, si des abus sont signalés par des structures analytiques, la coucher en toutes lettres sur la liste rouge.

Le comportement de Jamie Vardy, qui chique du tabac dans l’environnement immédiat de l’Euro 2016, nous ramène quasiment un siècle en arrière pour un cas similaire, celui de William Meredith – un international Gallois au CV footballistique étonnant :

 

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William  »Billy » Meredith (1874-1958) – sous les couleurs de Manchester United

 

 Ailier droit de Manchester City (1894-1906) puis de Manchester United (1906-1921) puis retour à Manchester City (1921-1924), il disputa quelques mois avant son 50e anniversaire, le 24 mars 1924, la demi-finale de la Coupe d’Angleterre contre Newcastle faisant ainsi de lui l’un des plus vieux joueurs à avoir participé à la Coupe d’Angleterre.

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 A noter qu’il a été 48 fois international entre 1895 et 1920, soit pendant un quart de siècle. Toujours sur le registre de la longévité en crampons, il a longtemps été le joueur le plus âgé ayant disputé une rencontre internationale (45 ans et 229 jours) quand il a affronté l’Angleterre avec le Pays de Galles, le 15 mars 1920.

 Déjà en 1920, dans un but de performance, on chiquait du tabac sur le terrain

 Devant cette aptitude exceptionnelle à se maintenir au sommet, certains spécialistes du football s’en étonnaient d’autant plus : « Lorsqu’on sait qu’il chiquait  du tabac sur le terrain ». Malheureusement nos experts de la presse du ballon rond ignorent que cette voie d’administration non fumée n’altère pas les performances respiratoires et même booste certaines caractéristiques favorables au ballon rond telles que temps de réaction, capacité visuelle, concentration, mise en action, vigilance… Il faut signaler que depuis quelques années, cette pratique stimulante avec du TNF (tabac non fumé) est revenue à la mode, notamment dans le baseball et le basketball US, dans les pays nordiques (ski, slalom, biathlon). Par contagion, cette pratique s’est répandue en France chez les skieurs de compétitions puis dans les écoles de ski et parmi les adolescents des régions montagneuses. C’est un vrai dopant, difficile à interdire et à sanctionner dans la mesure où il est quasi impossible de faire la distinction entre un sportif dopé au TNF et un fumeur.

 Depuis 2012 sur la liste de surveillance de l’AMA

Depuis le début de l’année 2012, l’Agence mondiale antidopage (AMA) estimant que ce type de dopage n’était pas anecdotique et pouvait avoir des effets délétères pour la santé des ‘’chiqueurs’’, a décidé d’inclure la nicotine dans son programme de surveillance.

Pour en revenir à Jamie Vardy, le monde du foot va le défendre mordicus en nous édulcorant ses penchants (alcool, caféine, nicotine) comme étant des drogues sociales ou récréatives, donc acceptable puisqu’il faut bien sûr que jeunesse se passe, sauf que ces trois adjuvants, il les prend pour mieux jouer au foot !

Différentes études ont bien montré l’influence positive de la caféine et de la nicotine sur les performances gestuelles du joueur. Et en plus, on ne sait pas ce qu’il absorbe ou s‘injecte à l’abri des regards indiscrets. Les tabloïds anglais sont restés à la porte des vestiaires et de son habitation.

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N° 38

 Quel est le cycliste sur route qui a été décoré de la Légion d’Honneur ou de l’ordre de l’Empire britannique et qui ne s’est jamais dopé ?

Poser la question c’est espérer que les géants de la route concernés portant la rosette et qui n’ont pas encore avoué, le fassent. La parole est à Jalabert (mis en cause par une commission d’enquête sénatoriale), Indurain (déclarations d’un coéquipier), Poulidor (aveux récents à minima lors de l’émission Cash Investigation du 27 juin 2016), Hinault (suspicion légitime), Longo (son mari-entraîneur a été épinglé par la patrouille), Wiggins (AUT de complaisance), et consorts…Anquetil, Thévenet et Armstrong, eux, ont reconnu leurs pratiques déviantes.

On attend que les autres se grandissent !

 

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Raymond Poulidor lors de l’émission Cash Investigation

 

 N° 39

 Le football télévisé, c’est l’école de la triche. En dehors du dopage invisible bien verrouillé par la FIFA, l’UEFA et consorts, que dire du footballeur moderne dont les bras et les coudes jouent dans le résultat un rôle tout autant déterminant que les jambes et les pieds ? Les arbitres sont incapables de visualiser et de sanctionner tous les gestes répréhensibles. Les quelques cartons distribués au pifomètre ne font qu’accentuer la rancœur des épinglés. Rappelons qu’une étude de la FIFA effectuée en 2002 auprès des footballeurs de haut niveau avait enregistré que 92% d’entre eux étaient prêts à tricher pour le gain du match.

Et après ça, on nous vante les valeurs sociales du ballon rond…

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