Dopage – Rugby – Un ancien décathlonien champion de France en 1966 et 1967, passe au XV en 1re division de 1969 à 1978 avec un solide bagage d’expert en stéroïdes anabolisants. La preuve par une interview « sans langue de bois »…

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[publié le 31 mai 2017]

Alors que l’ovalie de Bernard Laporte et Mourad Boudjellal nous sert à chaque dérapage de joueurs épinglés par la patrouille antidopage, le discours lénifiant que, au choix, le produit en cause :

  • est une drogue sociale (‘’il faut que jeunesse se passe’’)
  • n’est pas sur la liste des substances interdites,
  • n’améliore pas les performances,
  • ne savait pas…

Ces arguments-bidons ne tiennent pas la route. L’utilisation d’adjuvants illicites de l’effort date des années 1960 ; de nombreux témoignages confirment que les amphets faisaient partie de la panoplie des rugbymen il y a déjà près de 60 ans. Mais, au tournant de la décennie 1960-1970, les engrais musculaires (stéroïdes anabolisants) ont commencé à faire leur apparition sur les pelouses du championnat de France de 1re division.

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Stéroïde anabolisant injectable : Dynabolon®. Sur le marché officiel du médicament français de 1964 à 1997

Pour en faire la démonstration, nous vous proposons une interview d’un ancien athlète au gabarit impressionnant pour l’époque des années 1970 spécialiste du décathlon passé ensuite au rugby à XV.

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Stéroïde anabolisant injectable : Deca-Durabolin®.Sur le marché officiel du médicament français de 1964 à 1995

 CASTANG

Athlétisme magazine, 1969, n° 4, mars, p 31

Dans ce commentaire pro-anabolisant, on constate que le Sisteronais s’arrange avec sa conscience pour faire la différence entre le Maxiton® (amphétamine) – un dopant dangereux – et les stéroïdes anabolisants, produits assimilés à la diététique !

Contrairement à ce que dit Castang, tous les stéroïdes anabolisants ne sont pas en vente libre mais certains en 1969 au moment de l’interview sont déjà au tableau C (produits dangereux nécessitant une prescription médicale).

Les stéroïdes anabolisants sont apparus sur la liste rouge du Comité international olympique (CIO) en 1974 et ont été considérés dès le départ comme des produits qualifiés de ‘’lourds’’ (puissants) au même titre que, quelques années plus tard, les transfusions sanguines, l’EPO, les hormones de croissance… Ajoutons que depuis l’année 2000, mis à part le Nilevar®, tous les stéroïdes anabolisants ont été retirés du marché français du médicament. En 2017, certains sont toujours disponibles au marché noir (internet).

repères castang

POST-IT

Signalons pour compléter la relation rugby-athlétisme que dans la première partie du XXe siècle, il n’était pas rare que certains internationaux de rugby l’étaient également en athlétisme. Ci-joint une liste non exhaustive.

 

Docteur Jean-Pierre de Mondenard

Les affaires de dopage décodées, commentées par un expert indépendant de toutes les instances nationales et internationales

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Dopage – Rugby – Un ancien décathlonien champion de France en 1966 et 1967, passe au XV en 1re division de 1969 à 1978 avec un solide bagage d’expert en stéroïdes anabolisants. La preuve par une interview « sans langue de bois »…

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[publié le 31 mai 2017]

Alors que l’ovalie de Bernard Laporte et Mourad Boudjelal nous sert à chaque dérapage de joueurs épinglés par la patrouille antidopage, le discours lénifiant que, au choix, le produit en cause :

  • est une drogue sociale (‘’il faut que jeunesse se passe’’)
  • n’est pas sur la liste des substances interdites,
  • n’améliore pas les performances,
  • ne savait pas…

Ces arguments-bidons ne tiennent pas la route. L’utilisation d’adjuvants illicites de l’effort date des années 1960 ; de nombreux témoignages confirment que les amphets faisaient partie de la panoplie des rugbymen il y a déjà près de 60 ans. Mais, au tournant de la décennie 1960-1970, les engrais musculaires (stéroïdes anabolisants) ont commencé à faire leur apparition sur les pelouses du championnat de France de 1re division.

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Stéroïde anabolisant injectable : Dynabolon®. Sur le marché officiel du médicament français de 1964 à 1997

Pour en faire la démonstration, nous vous proposons une interview d’un ancien athlète au gabarit impressionnant pour l’époque des années 1970 spécialiste du décathlon passé ensuite au rugby à XV.

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Stéroïde anabolisant injectable : Deca-Durabolin®.Sur le marché officiel du médicament français de 1964 à 1995

 CASTANG

Athlétisme magazine, 1969, n° 4, mars, p 31

Dans ce commentaire pro-anabolisant, on constate que le Sisteronais s’arrange avec sa conscience pour faire la différence entre le Maxiton® (amphétamine) – un dopant dangereux – et les stéroïdes anabolisants, produits assimilés à la diététique !

Contrairement à ce que dit Castang, tous les stéroïdes anabolisants ne sont pas en vente libre mais certains en 1969 au moment de l’interview sont déjà au tableau C (produits dangereux nécessitant une prescription médicale).

Les stéroïdes anabolisants sont apparus sur la liste rouge du Comité international olympique (CIO) en 1974 et ont été considérés dès le départ comme des produits qualifiés de ‘’lourds’’ (puissants) au même titre que, quelques années plus tard, les transfusions sanguines, l’EPO, les hormones de croissance… Ajoutons que depuis l’année 2000, mis à part le Nilevar®, tous les stéroïdes anabolisants ont été retirés du marché français du médicament. En 2017, certains sont toujours disponibles au marché noir (internet).

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Signalons pour compléter la relation rugby-athlétisme que dans la première partie du XXe siècle, il n’était pas rare que certains internationaux de rugby l’étaient également en athlétisme. Ci-joint une liste non exhaustive

 

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Dopage – La confusion entre stéroïdes anabolisants et corticosurrénaliens perdure grâce aux médias sportifs, avec en tête L’Equipe

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[publié le 10 avril 2017]

La formation médicale des journalistes de ce quotidien est proche de zéro, notamment en ce qui concerne les drogues de la performance.

 Dans son édition du 8 avril, le quotidien sportif révèle que Jemina Sumgong, la Kényane championne olympique du marathon à Rio, a été contrôlée positive à l’EPO lors d’un test pratiqué hors compétition dans son pays.

 

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L’Equipe, 08 avril 2017

 

Une injection locale autorisée

Dans ce même article, le signataire du papier rappelle que la marathonienne est une récidiviste. Déjà en 2012 : « Sumgong, entraînée par son mari, Noah Talam, avait été contrôlée positive au prednisolone, un stéroïde, mais sa suspension de deux ans avait été annulée quand elle avait pu prouver que son injection était destinée à soigner une hanche. »

Ce cas est exemplaire car il montre une fois de plus que la presse sportive est insuffisamment éduquée – l’expression est faible – sur tout ce qui touche les substances illicites.

Rappelons qu’il y a deux familles de stéroïdes aux effets distincts : les stéroïdes anabolisants et les glucocorticoïdes. En anglais cela donne anabolic steroid et adrenocortical steroid. Au final, n’écrire que le mot stéroïde, c’est comme de parler d’une personne sans préciser son nom.

Pour Sumgong, c’est bien un corticostéroïde – prednisolone – qui est en cause. Pour cette famille de stéroïdes interdite seulement en compétition, l’athlète kenyane a pu démontrer qu’elle avait subi une injection locale (autorisée) pour traiter un problème de hanche. En revanche, si elle avait pris un stéroïde anabolisant, une substance interdite à la fois en compétition et à l’entraînement, elle n’aurait pu faire valoir aucune excuse et aurait pris le tarif plein.

Deux catégories : S1 et S9

En résumé, au plan des substances prohibées, les stéroïdes se distinguent en deux catégories : les anabolisants (appartiennent à la section S1 de la liste AMA) et les glucocorticoïdes (section S9).

Les stéroïdes anabolisants avec comme chef de file la testostérone, font partie des substances non spécifiées qui n’acceptent aucune excuse. De leur côté, les glucocorticoïdes figurent dans la catégorie des substances spécifiées où une défense argumentée – notamment des soins médicaux – peut faire réduire voire annuler la sanction.

Ajoutons que la prednisolone, un corticostéroïde, est du genre féminin.

Pour y voir plus clair, nous proposons les trois différences majeures entre les deux familles qui portent à la fois sur leurs indications thérapeutiques, leurs effets secondaires et leurs classifications dans la liste des substances interdites.

STOP ANABOLISANTS           STOP CORTICOIDES

Stéroïdes :  »lisez la différence »

Les 3 différences entre stéroïdes anabolisants et glucocorticoïdes

 

Dopage – Confusion entre stéroïdes anabolisants et glucocorticoïdes

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[publié le 08 avril 2017]

Depuis 1999 et la détection des glucocorticoïdes dans les contrôles antidopage, la presse mélange les deux familles de stéroïdes anabos et corticos.

Le trois-quarts néozélandais du Racing 92, Joe Rokocoko, a subi à ses dépens les effets boomerang d’une traduction erronée.

Depuis quasiment 20 ans, à plusieurs reprises, j’ai rectifié la confusion entre les deux catégories de stéroïdes aux effets distincts : ‘’bâtisseurs’’ pour les premiers et anti-inflammatoires pour les seconds.

1998 – La vie à la limite, de Sid Watkins

La première fois, c’était en 1998 pour le compte de la revue bimestrielle Sport et Vie dans laquelle j’intervenais régulièrement à la rubrique Livres. Cette fois-là, je commentais l’ouvrage écrit par le médecin de la F1 Sid Watkins paru aux éditions Solar un an plus tôt. Le traducteur y mélangeait les stéroïdes dérivés de l’hormone mâle et ceux originaires de la corticosurrénale en faisant dire à Watkins qu’il traitait la paralysie faciale de Ayrton Senna avec de la testostérone alors qu’en réalité c’était avec des corticostéroïdes.

 

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Dr JPDM

 

2000 – Tragédie à l’Everest, de Jon Krakauer

Le 10 mai 1996, le Toit du monde fut le théâtre d’une véritable hécatombe. En route vers le sommet, quatre expéditions furent prises dans une violente tempête. En vingt-quatre heurs, huit alpinistes – dont deux guides réputés – trouvèrent la mort. Envoyé spécial du magazine américain Outside, Jon Krakauer faisait partie des survivants. Salué par le magazine Time comme le meilleur document de l’année 1997, ce livre raconte la mode des expéditions commerciales du début des années 1990 amenant au sommet de l’Everest des gens plus ou moins sportifs pouvant débourser  – à l’époque – 8 000 euros.

Cet ouvrage hypercaptivant nous décrit abondamment la médicalisation de l’exploit individuel. Les seringues de corticoïdes destinées à parer toutes sortes de défaillances sont omniprésentes tout au long du récit.

Alors que l’auteur, Krakauer, nous parle de dexaméthasone (glucocorticoïde), le journaliste du Monde – Alain Giraudo – qui en fait l’analyse dans son quotidien, se plante en confondant les corticoïdes avec les anabolisants : « Jon Krakauer, nous dit Giraudo, raconte comment il s’est fait une piqûre d’un anabolisant permettant de fixer l’oxygène lors de la descente vers le col sud. Ce geste lui a permis de survivre. Il en a été de même pour presque tous les rescapés de cette hallucinante odyssée. Tous les candidats à un sommet de plus de 8 000 mètres emportent avec eux cette seringue magique. »

Quand on n’est pas pharmacologue ou médecin, on interroge un vrai spécialiste même si on exerce au journal Le Monde.

 

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Tragédie à l’Everest, éd. presses de la Cité, 1997

 

 

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Dr JPDM

 

 2002 – Hein Verbruggen (Ned), pseudo-expert des drogues de la performance et accessoirement président de l’UCI de 1991 à 2005

 L’homme qui a accompagné la pandémie du dopage au sein du cyclisme, n’a pas arrêté de donner son avis sur les substances dopantes alors qu’il n’y connaissait strictement rien. D’ailleurs, on retrouve cette dérive chez de nombreux présidents de fédérations nationales ou internationales. Les journalistes leur donnant la parole, notamment sur la triche biologique, dans leur réponse ils ne se privent pas de causer à tort et à travers !

Ici, ce n’est pas la confusion entre stéroïdes anabolisants et glucocorticoïdes mais notre homme –  – ancien responsable de la publicité des barres chocolatées  ‘’Mars’’ – nie la dangerosité des anti-inflammatoires stéroïdiens (corticoïdes).

 

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Dr JPDM

 

 

2004 – Rugby – Ma grammaire fait du rugby

 Dès le début du XXIe siècle, le rugby confondait les deux familles de stéroïdes. Douze ans plus tard, lors de l’affaire des corticos concernant le Racing 92, rien n’a changé. La rédaction de Rugby Mag – revue fédérale – était probablement … à la plage !

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2004 – Tennis – Stéroïdes : les faux amis

 On est toujours dans la confusion des stéroïdes mais là c’est le tennis qui est concerné. La partie se joue entre John McEnroe et Tatum O’Neal, son ex-femme, qui n’arrivent pas à communiquer car le joueur pense anti-inflammatoire et Madame O’Neal anabolisants.

 faux amis

Le Grand Bêtisier de L’Equipe (suite) : « le clostébol figure sur la liste rouge depuis le 1er janvier 2015 »

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En réalité, ce stéroïde anabolisant apparaît sur la nomenclature des substances prohibées par le CIO dès 1984 !

 La skieuse de fond norvégienne Therese Johaug, multimédaillée aux Jeux et aux Championnats du monde, a  été contrôlé positive au clostébol le 16 septembre dernier lors d’un stage en altitude à Livino en Italie.

Dans l’article du quotidien sportif paru le 14 octobre, il est écrit : « Des traces de clostébol, un stéroïde anabolisant figurant depuis le 1er janvier 2015 sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage. »

En réalité, depuis 1984, le clostébol y est inscrit en toutes lettres et en tête de liste des stéroïdes anabolisants prohibés par le CIO, soit depuis 32 ans. En 2004, l’AMA a succédé au CIO pour éditer sous sa seule responsabilité la liste rouge. Le clostébol y est présent sans interruption jusqu’à aujourd’hui. Depuis son inscription en liste rouge en 1984, quelques cas positifs ont alimenté la chronique du dopage au clostébol : le footballeur italien Christiano Pavone (1998), la sauteuse en longueur brésilienne Maurren Higa Maggi (2003), le footballeur hondurien Sergio Mendoza (2008)…

 

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La skieuse de fond norvégienne Therese Johaug

 

EPILOGUE –  Compte tenu que L’Equipe, même informée du mastic sur l’erreur de date de l’apparition du clostébol en liste rouge, ne passera aucun addenda rectificatif, des futurs journalistes-compilateurs – c’est-à-dire ceux qui ne croisent jamais leurs sources – vont prendre pour argent comptant la fausse date du 1er janvier 2015. Une fois de plus : Merci L’Equipe pour cette contribution à la désinformation.

Effets secondaires – La créatine a-t-elle précipité la défaillance rénale de Jonah Lomu ?

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Elle n’est probablement pas la seule impliquée…

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Tout d’abord, rétablissions la vérité. Contrairement à ce qu’écrit François Quivoron dans International, la créatine n’est pas interdite et ne l’a jamais été ni par le CIO ni par l’AMA. Un exemple supplémentaire que la plupart des plumitifs qui commente les affaires de dopage sont des ignares. Ils n’ont aucune légitimité à s’exprimer sur la question mis à part s’ils ouvrent les guillemets pour faire parler un sachant.

CREATINE LOMU article  International, 01.03.2016

Pour en revenir à Lomu, l’un de ses anciens coéquipiers sous le maillot des Auckland Blues souffre lui aussi d’un syndrome néphrotique ayant nécessité – comme la star des Blacks – d’une transplantation rénale. Ce syndrome est la résultante d’une atteinte rénale provoquant une fuite urinaire exagérée des protéines, ce qui se traduit par un œdème généralisé avec hyperlipidémie sanguine. La créatine étant un produit du catabolisme azoté (protéines), on voit mal le staff médical néo-zélandais laisser Lomu consommer cette substance ergogène après le diagnostic de sa maladie en 1995 alors que sa carrière internationale – commencée en 1994 – s’est poursuivie jusqu’en 2002.

CREATINE LOMU  L’Equipe, 01.03.2016

D’autre part, plusieurs produits hyperrépandus dans le milieu sportif peuvent, au fil du temps, abîmer le rein. Par exemple, les stéroïdes anabolisants (interdits par la réglementation antidopage) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) consommés comme des bonbons, notamment dans les spécialités athlétiques telles que le rugby, le football, le hockey sur glace où les blessures musculo-ligamentaires et les contusions sont fréquentes.

 

 

C’est grâce aux seuls haltères qu’Arnold Schwarzenegger s’est construit un corps massif aux muscles hypertrophiés

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Gouverneur de Californie de 2003 à 2010, Arnold Schwarzenegger, a reconnu un quart de siècle après sa carrière de M. Muscle, en 2005 dans un entretien à la chaîne de télévision ABC , avoir utilisé des stéroïdes anabolisants prescrits par des médecins quand il faisait du culturisme dans sa jeunesse. « C’est ce que l’on faisait à l’époque. Mais je recommande vivement aux gens de ne pas prendre de médicament » a-t-il ajouté.

Interrogé sur d’éventuels regrets, il a répondu : « Non, je n’ai pas de regrets à ce sujet parce qu’à cette époque, il s’agissait d’une nouveauté venant sur le marché et nous allions chez le docteur qui les délivrait sur ordonnance ». Le gouverneur de Californie, ancien champion de culturisme et acteur de cinéma, s’est déclaré en faveur de l’interdiction de la vente de stéroïdes dans son État. « Nous voulons que le sport reste propre et pouvoir parler de bodybuilding et non de ‘body-destroying’ (destruction du corps) » a-t-il ajouté.

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Une orgie frisant le viol collectif

Lors de cet entretien, atteint sûrement de l’amnésie classique des politiciens et des hommes en vue, il s’est bien gardé de compléter son cursus en oubliant d’ajouter que, dans une interview datant de 1977, il admettait s’être livré à une orgie frisant le viol collectif et la consommation de drogues douces. « Oui, j’ai fumé de la marijuana et du hasch, pas de drogue dure » avait déclaré il y a près de 30 ans Schwarzenegger, alors un culturiste rêvant de cinéma, dans un entretien exhumé par un site internet très lu : « The smoking gun ».
« Chez les culturistes, on aime faire la fête. Un jour, au gymnase Gold’s de Venice (en banlieue de Los Angeles), là où les meilleurs s’entraînent, il y a eu une jeune noire qui est sortie toute nue. On lui a tous sauté dessus et on l’a emmené en haut » avait raconté Schwarzenegger au magazine Qui en 1977, en expliquant en termes très crus que plusieurs des hommes présents avaient eu des relations sexuelles avec la jeune femme. « Je n’ai aucun problème sexuel mais je suis sûr que beaucoup de culturistes en ont » avait-il ajouté. L’acteur républicain avait dû se défendre quelques jours avant l’élection d’octobre 2003 durant une émission de radio, en expliquant qu’il n’aurait jamais pu imaginer en 1977 qu’il en viendrait un jour à se présenter à une élection aux Etats-Unis. « Je n’ai jamais vécu pour être un homme politique, ni gouverneur de Californie. De toute évidence, j’ai dit des choses obscènes et dingues et scandaleuses parce que j’étais comme ça à l’époque ».

Un véritable obsédé sexuel

Casserole supplémentaire, en février 2001. Des articles l’accusent d’être un mari volage multipliant les infidélités et se conduisant de manière peu élégante. Son épouse, la journaliste Maria Shriver a bien sûr eu vent de toutes ces rumeurs et doute très sérieusement de la fidélité de son acteur de mari. Les deux époux se sont confrontés à ce propos et Arnold lui a affirmé qu’il ne s’agissait que de rumeurs et rien de plus. Un « ami » bien pensant du couple déclare que Schwarzy est un véritable obsédé sexuel qui profite des tournages pour faire l’amour dans sa loge avec des assistantes, notamment.
Autre avatar, la prédiction funeste du Dr Willi Heppe, un cardiologue allemand : « Nous verrons très bientôt la mort d’un acteur autrichien très connu qui en impose au monde entier par sa force » avait affirmé le 21 septembre 1998 le docteur Willi Heppe après la mort de la sprinteuse américaine Florence Griffith-Joyner. Trois fois médaillée olympique à Séoul, la sportive est morte à l’âge de 39 ans des suites d’une « crise d’épilepsie ». Attaqué en justice pour fausse déclaration par Terminator, le médecin spécialiste du cœur qui avait prédit la mort de l’acteur Arnold Schwarzenegger, a été condamné mardi 30 novembre 1999 par un tribunal de Berlin, à verser 20 000 marks (10 225 euros) de dommages-intérêts à la vedette américaine d’origine autrichienne, âgé alors de 52 ans Le tribunal a estimé que les propos de M. Heppe, 60 ans, très connu à Berlin où il suit notamment les coureurs du marathon de la ville, constituait une atteinte aux droits de la personne. L’interprète de Terminator auquel la déclaration avait vivement déplu, réclamait 50 000 DM (25 560 euros) de dommages et intérêts.
A la lumière de la consommation de stéroïdes anabolisants et de leurs effets secondaires, analysons les comportements de la star du bodybuilding qui, à l’époque de ses titres de Mr Olympia (1970-1980) pesait 115 kg pour 1 m 89 avec un tour de biceps de 60 cm et de cuisse de 73 cm !

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Une dizaine de fois l’amour au quotidien

Rappelons que les stéroïdes anabolisants, dérivés synthétiques de la testostérone, l’hormone mâle, principal vecteur biologique de l’activité sexuelle, peuvent booster le désir et l’envie du sexe opposé. Des culturistes m’ont avoué que lors de cures d’anabolisants, il faisait quotidiennement une dizaine de fois l’amour. Naturellement, leurs conjointes ne résistaient pas très longtemps à ce surrégime et prenaient pour la plupart, rapidement, la fuite. Par nature, l’homme ayant tendance à être volage, sous anabolisants il ne peut qu’exagérer cette tendance. Mais, attention, au fil du temps, c’est la panne des gonades qui guète l’impénitent accro des pilules d’érection.  Autre effet secondaire, l’augmentation du mauvais cholestérol. Des plaques d’athérome se déposent alors sur la paroi interne des artères, favorisant l’obstruction de l’écoulement sanguin, d’où infarctus, artérite. Des sportifs, notamment des culturistes, ont dû se faire amputer d’une ou des deux jambes par suite de surconsommation d’anabolisants. Ces encombrements artériels augmentent le travail du cœur qu’ils dilatent. Les valves deviennent défectueuses et doivent souvent être opérées (en 1997 Arnold subit une opération chirurgicale du cœur). Le rétrécissement artériel est aussi la cause d’hypertension.

Des valves défectueuses

Le Dr Willi Heppe a effectivement eu tort d’annoncer dans la presse la mort prochaine de l’acteur-politicien américain mais personne ne peut prouver que le problème de valves cardiaques de Schwarzenegger n’est pas dû à la foultitude de stéroïdes anabolisants consommés tout au long de sa carrière, et peut-être même après, alors que paradoxalement il était surnommé pendant son adolescence « Schwarzi le chétif ».  Maintenant que Conan le Barbare a avoué qu’il avait hypertrophié ses muscles grâce aux stéroïdes, on aimerait que pour une meilleure connaissance de ces drogues, il nous dévoile les doses absorbées. De même, pourquoi, alors qu’il avait été nommé par George Bush père, en 1989, président du Physical Fitness and Sports Council (sorte de ministère de la Jeunesse et des Sports), il s’était tu sans état d’âme sur les effets délétères (body-destroying) des anabolisants ? Pourtant, dès cette époque, selon une enquête de la fameuse clinique Mayo, on sait qu’un million d’Américains utilisent régulièrement des stéroïdes anabolisants en tablettes ou en injections. Ce chiffre étant probablement sous-évalué lorsqu’on sait que l’essentiel du trafic se fait sous le manteau, au marché noir.

Remplacé par Flo-Jo

Clin d’œil étonnant : lorsqu’Arnold Schwarzenegger a démissionné de son poste en mai 1993 – en raison du changement de président des Etats-Unis (le républicain George Bush senior avait laissé la place au démocrate Bill Clinton) – c’est Florence Griffith-Joyner, autre experte en anabolisants, qui a été nommée à sa place !
Mais il n’y a pas qu’aux Etats-Unis où l’on récompense les pros de la dope puisque le PAF, que ce soit sur France télévisions ou Eurosport est encombré de consultants anciens spécialistes de la dope. De même, les radios nationales recrutent leurs experts-conseils parmi les sportifs de haut niveau au passé par forcément clean.
Autre question : on aimerait comprendre également comment l’ancien président George W. Bush (junior) pouvait ignorer la consommation de ces suppléments hormonaux par les stars du sport américain alors qu’il était lié de longue date avec Schwarzy et les Rangers Texas.
Comment adhérer aux explications de la Maison Blanche qui a indiqué le 7 février 2005 que : « Le président Bush ignorait que des joueurs des Rangers du Texas utilisaient des stéroïdes à l’époque où il était un administrateur de l’équipe ».
Dans un livre paru à la même époque, Jose Canseco dévoile qu’il a initié Rafael Palmeiro, Ivan Rodriguez et Juan Gonzalez aux stéroïdes après qu’ils eurent été échangés aux Rangers en 1992, a rapporté le journal Daily news de New York. Canseco a avancé que Bush, partenaire d’affaires chez les Rangers à l’époque, savait sûrement ce qui se passait.

Bush n’en savait rien…

Le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Scott McClellan, a affirmé avoir discuté avec Bush de l’utilisation présumée de stéroïdes. « Si cela s’est réellement produit, il n’en savait rien, a dit McClellan. Il admet que depuis quelque temps déjà, l’usage de stéroïdes est un problème qui gagne en importance dans le sport professionnel, particulièrement au baseball majeur. C’est la raison pour laquelle le président veut que son gouvernement s’attaque prioritairement à ce problème. »
Vous avez dit hypocrite…. ?

MARCEL ROUET

 

Citations

Arnold Schwarzenegger (AUT-USA)

N : 30.07.1947 – Graz (AUT)

  • Surnoms :
  • Arnold Strong
  • Le Chêne autrichien (Austrian oak)
  • Schwarzou
  • Schwarzy
  • Le Chétif (jeune)
  • Le Tsar de la forme
  • Ventre de baudruche (par Joe Gold)
  • Potelé

« J’ai pris des stéroïdes anabolisants à une époque où la législation était extrêmement floue et où nous ignorions tout des dommages qu’ils pouvaient causer à l’organisme. Bien sûr, aujourd’hui je suis opposé à leur utilisation et je pense que cela ne vaut pas le coup de courir le risque de détruire sa santé pour telle ou telle discipline sportive. » Voici, 21.10.1991

« L’acteur, ancien M. Univers, a reconnu avoir pris des anabolisants lors de sa carrière de culturiste. Il s’agissait selon lui, de ‘’donner le petit coup de reins avant les championnats’’ mais rien à voir selon lui avec les ‘’doses qu’ingurgitent aujourd’hui les adeptes du bodybuilding’’. Impact Médecin Hebdo, 1997, n° 359, 1er avril, p 21

« On avait un sacré esprit de compétition, comme c’est souvent le cas entre frères. » [in Total Recall. – Paris, éd. Presses de la Cité, 2012. – 656 p (p 19)]

TOTAL RECALLPHOTO ARNOLD

 

 

« Le public m’apportait de la force, de la motivation et mon égo s’exprimait plus librement. J’ai compris que le regard d’autrui me galvanisait. » (p 44)

 « Je gagnais tellement en masse musculaire que je devais changer d’uniforme tous les trois mois. » (p 47)

« Pendant des mois pour le concours de M. Univers 1967, j’ai dépensé la quasi-totalité de mon salaire en nourriture, en vitamines et en comprimés protéinés. » (p 73)

 » De plus, j’avais vingt ans et à cet âge-là, on pense qu’on est immortel. » (p 74)

« Les stéroïdes anabolisants pouvaient certes aider à gagner mais l’avantage conféré ne valait guère mieux que celui d’un beau bronzage. » (p 75)

« J’étais convaincu que le sport était une guerre non seulement physique mais aussi psychologique. » (p 116)

« A l’âge de dix ans, je voulais être suffisamment bon dans un domaine pour être reconnu. Maintenant [NDLR : candidat gouverneur de Californie], je voulais être suffisamment bon dans un autre domaine pour être encore plus reconnu qu’avant. » (p 19)

« C’est pareil avec la violence dans mes films. Je tue des gens parce que, contrairement à ceux qui me critiquent, je ne crois pas que la violence à l’écran engendre la violence dans les rues ou les foyers. Sans quoi le meurtre n’aurait pas existé avant l’invention du cinéma, or la Bible en est remplie. » (pp 634-635)