Vladimir Poutine, un président  »expert en dopage » qui, d’un côté, est pour la médicalisation de la performance et dans le même temps fustige les AUT

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Le chef d’état russe estime que pour être un sportif performant il faut être un grand malade, sous traitement, de préférence avec des substances appartenant à la liste des molécules prohibées en et hors compétition. Depuis plusieurs mois, le président russe a eu l’occasion à plusieurs reprises de s’inviter dans les affaires de dopage.

 

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Vladimir Poutine, ceinture noire de judo

 

La médicalisation de la performance est un concept vieux comme le sport

 En avril 2016, en pleine médiatisation du fameux meldonium – produit interdit depuis le 1er janvier 2016 et consommé par le gratin des sportifs russes – Poutine avait doctement expliqué : « Le produit n’a jamais été un produit dopant, il n’influence pas les performances. Le meldonium maintient simplement le muscle cardiaque en bon état quand il est soumis à des efforts soutenus. »

A l’époque où le président – ceinture noire de judo – s’exprimait (mi avril 2016), trente-neuf sportifs russes, dont la joueuse de tennis Maria Sharapova, avaient été contrôlés positifs au meldonium depuis le début de son interdiction. Souvent, certains experts sans avoir fait d’essais de la substance sur des athlètes en pleine activité de compétition, affirment que le médicament est curatif sur un malade mais inopérant sur un sportif.

Rappelons à ces « sachants » que, régulièrement, des études effectuées en laboratoire ou dans le cadre de compétitions donnent des résultats très différents, voire diamétralement opposés.

 POST-IT Tonicorine-Fructose : un médicament français destiné à la fois aux cardiaques et aux sportifs. Le meldonium des années 1960 !

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                  Publicité parue dans l’hebdomadaire médical La Presse médicale en 1960

Cette spécialité des laboratoires Lematte et Boinot a pénétré les rayons des pharmacies hexagonales en 1960 et les a quittés en 1977. Dans le Résumé des caractéristiques du produit (RCP), on note que Tonicorine-Fructose® est une association de camphre, d’une amine cardiotonique (élevant le tonus cardiaque tout en excitant les centres respiratoires) et de fructose (un glucide assurant la nutrition de la fibre cardiaque). Curieusement, cette spécialité comporte dans ses indications, en dehors des pathologies cardiaques et pulmonaires, un problème de santé inattendu : ‘’l’effort sportif’’.

Donc, dès cette époque, on médicalise la performance.

En réalité, en 1914, dans le premier dictionnaire Vidal, il y avait bien ‘’Kolayo’’ (association de Kola-caféine et de coca), une spécialité des laboratoires Sauter ayant pour indications : anémie, débilité générale, neurasthénie et stimulant pour cyclistes.

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                                                               Dictionnaire Vidal 1966

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                                   Résumé des caractéristiques du produit (RCP) Vidal 1966

 Au final, on constate que la médecine depuis plus d’un siècle soigne la performance comme si c’était une maladie. Donc avec le meldonium, un médicament destiné aux cardiaques et aux sportifs en phase de suractivité, les Russes n’ont fait que suivre le mouvement.

Pour en revenir à Poutine, le président omniscient ‘’en tout et n’importe quoi’’ en remet une couche, le 11 octobre 2016, en affirmant « que si l’on ne réglait pas le problème des autorisations de produits à des fins thérapeutiques, à l’avenir seuls les asthmatiques pourront gagner les grandes compétitions ».

 La lutte antidopage en mode AMA autorise un sport à plusieurs vitesses

 L’Agence télégraphique suisse (ATS) revient sur cette saillie médiatique de Vladimir : « Le président russe a critiqué le système des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), mis en lumière par le piratage de l’Agence mondiale antidopage (AMA) par le groupe de hackers russes Fancy Bears. Le groupe russe d’espionnage informatique Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de Fancy Bears, est à l’origine du piratage de la base de données Adams, le système de gestion et de localisation des sportifs susceptibles d’être contrôlés de façon inopinée par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et de la divulgation, en plusieurs vagues en septembre, d’informations médicales confidentielles concernant plus d’une centaine d’athlètes. Parmi eux figurent notamment les joueuses de tennis américaines Serena et Venus Williams, le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal, la gymnaste américaine multiple championne olympique Simone Biles, ou encore les cyclistes britanniques Bradley Wiggins et Christopher Froome. »

Les données publiées par les Fancy Bears révèlent que ces sportifs ont bénéficié d’AUT leur permettant de prendre des médicaments inscrits sur la liste rouge des produits interdits.

 2017 – La compétition à 4 vitesses sous le contrôle bienveillant de l’AMA

 A l’inverse des automobiles, la plus rapide est la 1 devant la 2, la 3 et la 4

 1 – Substances indétectables : EPO génériques, transfusions autologues, etc.

2 – AUT : glucocorticoïdes, salbutamol.

3 –  Programme de surveillance (Liste jaune) : caféine, nicotine, tramadol

4 – Borderlines : dopants non listés (Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.)

Avec cette dérive, on comprend mieux pourquoi les tests positifs sont peu nombreux et ne reflètent en rien la pandémie dopante du sport mondial. Entre les substances interdites mais toujours indécelables (transfusions sanguines autologues, EPO génériques…), les AUT (autorisation de prendre des dopants sous couvert d’un problème de santé fictif), les substances dopantes non prohibées mais néanmoins efficaces qui sont dans le programme de surveillance de l’AMA tells que caféine, nicotine, tramadol, glucocorticoïdes, bêta-2-agonistes… et les produits borderlines (dopants non prohibés : Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.) il ya de quoi « se préparer » sans risque de se faire gauler par les gendarmes de l’AMA.

Dr Jean-Pierre de Mondenard

Alpinisme et positive attitude

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                      Aucun sport n’est épargné par le dopage 

C’est l’homme face  à la compétition avec les autres ou avec lui-même qui recherche – en étant meilleur grâce aux drogues de la performance – à se valoriser auprès de son entourage, voire beaucoup plus (spectateurs).

Dans ce blog, nous avons déjà épinglé les forçats de la langue de bois ainsi que les adeptes indécrottables de la méthode Coué nous expliquant que dans leur sport favori pour ‘’différentes raisons’’ le dopage était inconnu.

Après le judo, la natation et le tennis (tous les trois déjà publiés), nous vous proposons l’alpinisme et son cortège de valeurs, d’air pur, de spiritualité, de conquérants de l’inutile mais aussi… de dopage comme les autres…

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Dictionnaire du dopage, éditions Masson 1991 et réédition en 2004

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             édité en 1991                                                               réédition en 2004                 

Régulièrement, nous sommes sollicités par des étudiants, journalistes, chercheurs ou tout simplement passionnés de sport mais pas seulement des résultats et des performances qui souhaitent consulter ou se procurer le Dictionnaire du dopage.

A ce jour, il est épuisé chez l’éditeur et indisponibles sur Amazon. Néanmoins, on peut le consulter dans toutes les bonnes bibliothèques universitaires.

A titre d’information, le Dictionnaire du dopage paru en 2004 aux éditions Masson est une 2e édition très augmentée du Dictionnaire des substances et procédés dopants en pratique sportive publié chez le même éditeur en 1991. Ce dernier fait 280 pages et celui de 2004, 1237 pages. Afin d’illustrer l’intérêt historique de ces ouvrages, nous présentons dans ce blog quelques commentaires de presse ou autre écrits au moment de leur sortie en libraire. L’ensemble des journalistes, médecins et experts ont surtout été impressionnés par la somme d’informations présentées. Curieusement, aucun retour du côté de la lutte antidopage officielle mais, en vérité, je ne suis pas déçu car je m’y attendais « un peu beaucoup ».

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Punchline Dr de Mondenard

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N° 57

Le tramadol, un antalgique puissant, consommé en fin de course pour – malgré le mal aux jambes – appuyer plus fort sur les pédales, peut provoquer chutes et addictions. Il répond ainsi aux trois critères du dopage :

  • Booste la performance,
  • Présente des risques pour la santé,
  • Bafoue l’éthique sportive.

Et pourtant, alors que deux suffisent pour être prohibé, malgré plusieurs demandes officielles : MPCC, UCI, Sky, le tramadol ne figure toujours pas en liste rouge. Probablement que l’Agence mondiale antidopage (AMA) attend pour l’inscrire dans le Code mondial antidopage une chute mortelle.

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Corticoïdes (suite) – Les infiltrations de corticoïdes dans l’environnement rapproché d’une compétition sportive, ce n’est pas de la thérapeutique mais jouer son va-tout pour la perf.

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Les conséquences peuvent être immédiates (retards de cicatrisation, ruptures spontanées de tendons, infections) ou décalées dans le temps. Au final, elles sont souvent handicapantes.

Infiltrations péri et intra-articulaires : les bavures

1971 –  ATHLÉTISME – Jean Wadoux (FRA), spécialiste des 1 500 et 5 000 m (34 sélections internationales entre 1962 et 1971 : « Le mal empirait par la faute de la cortisone »

 « En France, Jean Wadoux fut l’un des premiers athlètes à évoquer ce danger lorsqu’il se rendit compte il y a quatre ans (1971) que le mal empirait par la faute de la cortisone : « La cortisone possède des vertus anti-inflammatoires qui ne sont pas ignorées dans le domaine de l’athlétisme où il est arrivé fréquemment que l’on soigne les tendinites par une injection au niveau du tendon malade. Or, un médecin américain, le Dr Robert Kerlan, estime que beaucoup d’accidents sérieux se sont produits par la faute de la cortisone. Celle-ci, en apaisant les douleurs, peut donner à l’athlète la sensation que son tendon est guéri. Plus de mal. Reprise d’activité. C’est là que l’accident très grave peut intervenir parfois. » [L’Equipe, 15.05.1975]

 

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Le Français Jean Wadoux, spécialiste des 1500 et 5000 m

 

1976 – EFFET SECONDAIRE – La rupture spontanée

 « II faut se rappeler qu’un nombre d’effets locaux indésirables comme la nécrose du collagène peuvent survenir si l’on injecte fréquemment de la cortisone dans une articulation ou un tendon enflammé. Kennedy et Willis ont démontré dans leur expérience sur des animaux que des doses physiologiques de corticoïdes injectés directement dans un tendon sain peuvent l’affaiblir significativement jusqu’à plus de 14 jours après l’injection. En raison de cette constatation, ils mettent en garde leurs patients recevant des corticoïdes locaux de s’abstenir de toute activité musculaire pendant au moins deux semaines afin d’éviter une rupture spontanée des tendons. » [An. J. sports Med, 1976, 1, p 11]

1978 – MÉDECINE – Le déclin des infiltrations de corticoïdes

« Sur le plan local, les corticoïdes ont aussi des effets néfastes, rançon de leur pouvoir anti-inflammatoire. En particulier les infiltrations des lésions tendineuses représentent un danger réel, non seulement par le risque d’une injection intratendineuse mais aussi par le retard apport, à la prolifération des fibroblastes : les corticoïdes empêchent la cicatrisation des lésions et favorisent ultérieurement la rupture par nécrose tendineuse.  Ce fait, qui a reçu confirmation expérimentale chez l’animal, est particulièrement important au tendon d’Achille, au point que les tendinites achilléennes ne sauraient en aucun cas être traitées par injection locales de corticoïdes. Des faits analogues ont pu être considérés également comme facteurs favorisant des ruptures de la coiffe des muscles rotateurs de l’épaule, lorsque celle-ci est soumise à des infiltrations répétées de corticoïdes. »[Philippe Pointud et Georges Manigand. – Le déclin des infiltrations locales en rhumatologie. – Rev. Prat., 1978, 28, n° 1, p 39]

1980 – CYCLISME – Cyrille Guimard (FRA), cycliste professionnel de 1968 à 1976 puis    directeur sportif : « Au lieu des infiltrations on aurait dû m’obliger à abandonner »

« La grande erreur fut, pendant le Tour 1972, de me faire subir des infiltrations au lieu de m’obliger à abandonner car c’est dans les toutes dernières étapes que j’ai courues que se sont créées, au niveau des tendons, des lésions et des traumatismes irréversibles. » [in « Un vélo dans la tête » (avec Bernard Pascuito). – Paris, éd. Solar, 1980. – 192 p (p 146)]

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1981 – EFFET SECONDAIRE – Dr Don O’Donoghue (USA), médecin du sport :           « L’injection de corticoïdes intraveineuse y interrompt la circulation »

« Les tendons sont peu irrigués. L’injection de corticoïdes y interrompt la circulation sanguine, et les tissus meurent. Rien d’étonnant à ce que le tendon ne se déchire ensuite au premier effort. » [in « La médecine sportive. Prévention – entraînement – alimentation – soins » de Gabe Mirkin .- Montréal (CAN), les Éditions de l’Homme, 1981 .- 322 p (p 296)]

1984 – CYCLISME – Pacho Rodriguez (COL), cycliste professionnel de 1984 à 1988 :             « En vingt kilomètres le toubib lui fera quatre infiltrations »

 Lors de la course par étapes le Dauphiné Libéré, le Colombien Pacho Rodriguez est en conflit avec ses genoux. Le journal L’Équipe témoigne : « Col de Rousset – Traversée de Grenoble, la radio de la course lance le message suivant : Le 101 réclame le médecin. Le 101 c’est Pacho Rodriguez, le maillot jaune. Il commence son calvaire. La veille, en descendant de vélo, il a dit à un confrère colombien : « J’ai mal aux genoux ». Dimanche matin, les articulations n’en peuvent plus. En vingt kilomètres, le toubib lui fera quatre infiltrations.[NDLR : d’anesthésiques]L’homme est à bout. Finalement, juste avant d’attaquer l’horrible côte de la Morte, Rodriguez mettra les pouces. » [L’Équipe, 04.06.1984]

 

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Le cycliste colombien Pacho Rodriguez

 

1985 – EFFET SECONDAIRE – Peuvent entraîner des ruptures tendineuses

« II a été prouvé expérimentalement que les corticoïdes modifiaient le métabolisme et la structure de la fibre de collagène, entraînant une fragilité accrue aux contraintes mécaniques / .. ./  Il faut proscrire des infiltrations locales de corticoïdes qui accélèrent le processus dégénératif et peuvent entraîner des ruptures. »[Pr François Bonnel .- Panorama du Médecin, 16.04.1985]

 1986 – Armée: mort pour une contracture du mollet

 « Denis Merle, élève sous-officier à L’ENSOA de Saint-MaixentS (Deux-Sèvres), avait subi à l’infirmerie de la caserne, une infiltration d’anesthésique et de décontracturant musculaire pour une simple déchirure du mollet. Deux heures plus tard, il était découvert dans le coma. Et c’est plus d’une heure après que l’armée confiait Denis au Samu.

Le lendemain, à quatorze heures, les médecins décidaient de débrancher les appareils de réanimation et constataient le décès (… ). Les causes de cette mort risquent de n’être jamais établies avec certitude. A Saint-Maixent, la vie ordinaire  d’un élève sous-officier, c’est avant tout un entraînement physique de haut niveau, mené tambour battant. Après trois mois d’entraînement et de sélection tout allait bien, si ce n’est une légère douleur dans le mollet, ressentie après des séances physiques difficiles (…). Le lundi 6 janvier, vers neuf heures trente, Denis Merle se rend à l’infirmerie à cause de sa douleur dans le mollet. Là, le médecin capitaine Luciano lui fait une infiltration de Xylocaïne®, un anesthésique local, et de Coltramyl®, un décontracturant musculaire dérivé de la Colchicine, au niveau des vertèbres lombaires et une injection du même type au niveau de la zone douloureuse. Aussitôt après, Denis rejoignit sa chambrée où il s’allongea seul. Vers onze heures trente, ses camarades de promotion le découvrent sur son lit en chien de fusil, il ne peut plus parler, a les yeux révulsés et de l’écume aux lèvres. Transporté à l’infirmerie, on lui fait une injection de calmant en intraveineuse et une autre de Coltramyl®. Peu après, le jeune militaire fait un arrêt cardiaque (…). Evacué par le Samu vers le service de réanimation de l’hôpital de Niort, le premier électroencéphalogramme crache son verdict: désespérément plat. Il ne variera plus. » [Libération, 11 .03.1987]

1987 – EFFET SECONDAIRE – Sensation de flush facial après une injection intra-            articulaire

« Un groupe d’une centaine de patients ont été traités par une injection intra- articulaire de 40 mg d’acétonide de triamcinolone dans le genou. Quarante d’entre eux ont ressenti un flush facial qui a été important chez quinze sujets, en moyenne dix neuf heures après l’injection, sensation qui s’est prolongée trente six heures. Dans ce groupe, cette réaction a été plus fréquente chez les femmes. » [Br. Med. J., 1987,295, p 1380]

1987 –  FOOTBALL – Diego Maradona (ARG) : augmentent le tour de taille

 « J’en ai marre de tous ces gens qui me manquent de respect. » Diego Maradona est passé, en quelques mois, de 73,5 kg à 78,5 kg et fait de  plus en plus « petit gros ».« C’est surtout à cause de tous les corticoïdes que j’ai pris pour soigner ma cheville et calmer la douleur » affirme t-il. L’Argentin de Naples se rendra dès cette semaine à la villa Eden de Merano, près de la frontière autrichienne (au nord de l’Italie) pour suivre une cure d’amaigrissement.[Le Sport, 14.10.1987]

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1988 – ATHLÉTISME – 11 infiltrations par le staff médical de l’équipe de France…

 « De nombreux exemples confirment que la pratique des infiltrations est régulièrement vouée à l’échec. Ainsi, ce hurdler français victime de problèmes aux adducteurs ayant subi ONZE infiltrations par le staff médical tricolore et qui doit stopper en demi-finale olympique en 1988. Il doit attendre plusieurs mois avant de fouler à nouveau les pistes. » [Dr Jean-Pierre de Mondenard (FRA), médecin du sport depuis 1973 in « Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

 1989 – EFFET SECONDAIRE – Jamais sur un genou arthrosique sec

« Elles sont utilisées dans les tendinites (celles de la patte d’oie est la plus courante) et dans la pathologie articulaire si, et seulement s’il existe un épanchement articulaire. Un genou arthrosique sec ne doit pas être infiltré. Les douleurs proviennent alors sans doute de l’usure des cartilages et pas d’une réaction inflammatoire synoviale. Il ne faut pas oublier que les cortisoniques intra-articulaires tuent les chrondroblastes et les chondrocytes et peuvent ainsi participer à la détérioration du genou. » [Symptômes, n° 47, 07.09.1989, sup. au n° 4359 du Quotidien du Médecin]

1990 – FOOTBALL – Guy Roux (FRA), entraîneur de l’AJ Auxerre de 1961 à 2005 : « Ça ne pardonne pas »

 « Ce dernier confirmait en 1990 que la pratique des infiltrations était un leurre : « Philippe Vercruysse, Abedi Pelé, Dragan Stojkovic, ont payé les piqûres qui leur ont été faites pour pouvoir jouer en Coupe d’Europe. Ça ne pardonne pas. » [in « Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

2000 – FOOTBALL – Ronaldo (BRE) : un ratage célèbre

Commentaire du Dr Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport français depuis 1973 : « Autre ratage célèbre : le 12 juillet 1998, en passant à travers sa finale contre la France, l’attaquant brésilien Ronaldo, apparaît comme une énième victime des infiltrations. Souffrant des genoux depuis le début du mondial, le corps médical de la Selesao, lui faisait régulièrement des infiltrations pour pouvoir jouer malgré son handicap. On a vu le résultat les deux années suivantes. Peu de matches joués et surtout rupture partielle du tendon rotulien droit, une première fois en novembre 1999, et rupture totale quelques mois plus tard en avril 2000, blessure exceptionnelle chez un footballeur. Dans le cas de Ronaldo, ses genoux refusaient de jouer mais son entourage le voulait sur le terrain. Alors, on injecte et peu importe l’avenir immédiat ou à long terme des articulations et des tendons rétifs. » [Dr Jean-Pierre de Mondenard. – Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

 2012 – GYMNASTIQUE – Laurent Guezelec (FRA), entraîneur national des gymnastes     hommes : « On sait que ce n’est pas bon pour les tendons »

« Danny Rodriguez souffre d’une fissure du biceps brachial depuis deux ans (il avait été opéré en janvier 2010), on savait que ça pouvait arriver, admet le coach. Soit on réparait l’épaule et il n’allait pas aux Jeux, soit on la soignait avec des infiltrations dont on sait que ce n’est pas bon pour les tendons. C’était un pari que le gymnaste et l’encadrement avaient accepté en conscience. » (épilogue : rupture du tendon du biceps et forfait pour les Jeux olympiques de Londres) [L’Équipe, 28.06.2012]

2015 – FOOTBALL – Clément Grenier (FRA), professionnel depuis 2008 : un staphylocoque en prime

« En fait, la vraie problématique reste ce staphylocoque (bactérie contractée lors d’une infiltration effectuée il y a un an) qui me gêne encore. Un muscle, un os, on arrive à trouver des solutions pour le guérir : là, non. » [L’Equipe, 06.03.2015]

 

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Le footballeur français Clément Grenier

 

 

 

 

 

 

 

Cyclisme – En 2017, le tramadol, un antalgique puissant, omniprésent dans le peloton en fin de course, ne sera toujours pas traqué par l’AMA

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Le tramadol, un antalgique avalé en ‘’fin de course’’ est en ligne de mire du MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible), de l’UCI (Union cycliste internationale), de la Sky et de la CADF (Fondation de droit suisse supervisant le programme antidopage de l’UCI) qui militent tous les quatre pour le bouter au-dehors des pharmacies du peloton en le faisant interdire par l’AMA (Agence mondiale antidopage).

Depuis 2012, cette dernière résiste en le laissant croupir sur la liste de surveillance. En 2017, il sera toujours regardé du coin de l’œil par les gendarmes de l’AMA. En 2013, le MPCC a alerté l’UCI et l’AMA afin que cet antalgique de niveau 2 – le tramadol – soit enfin inscrit sur la liste rouge dans le but de stopper sa consommation sportive.

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 La Sky demande son interdiction

La direction de l’équipe britannique Sky – celle de Wiggings et de Chris Froome – en a fait de même en demandant le 28 avril 2014 l’inscription du tramadol à la liste des produits interdits par l’AMA. A cette date, la formation du triple lauréat du maillot jaune affirmait ne plus avoir employé ce médicament : « Sky n’en donne pas à ses coureurs, en compétition comme à l’entraînement, ni comme mesure préventive ni en cas de douleurs existantes », indiqué un porte-parole de l’équipe. « Nous croyons que ses effets secondaires, vertiges et somnolence, sont causes de risques pour la sécurité des coureurs », avait-il ajouté. « Le tramadol n’est pas interdit par l’Agence mondiale, mais telle a été notre position résolue ces deux dernières saisons, et nos médecins comme nos coureurs le savent. A notre avis, il devrait figurer sur la liste, et son utilisation clinique devrait être sous le contrôle du système d’exemption thérapeutique » avait-il conclu.

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Après le MPCC et la Sky, c’est la directrice de la CADF, la docteure Francesca Rossi, qui a  interpellé l’AMA afin qu’elle inscrive le tramadol sur la liste rouge mais l’instance a choisi de maintenir la substance sur la liste jaune dite « Programme de surveillance ». Rossi, pour convaincre l’instance mondiale avait révélé « une statistique qui montre que si le tramadol était interdit dans le cyclisme, il y aurait 675 cas positifs, soit 5,2% de l’ensemble des licenciés en World TourPar rapport aux autres sports, c’est un chiffre énorme. Je pense qu’il y a un abus manifeste. » a-t-elle déclaré à Faenza en Italie lors d’une réunion de médecins exerçant dans le cyclisme.

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 En dernière heure de course

Plusieurs témoignages rapportent que cet « agoniste des récepteurs morphiniques » du système nerveux central est consommé par certains, notamment pendant la dernière heure des courses d’un jour pour « effacer » les douleurs de jambe omniprésentes dans cette partie du parcours où les aspirants au podium cherchent à faire la décision. Dans les effets indésirables, il est noté que le tramadol peut provoquer une somnolence, des vertiges et une hypoglycémie. Ces trois actions collatérales pourraient expliquer en partie un certain pourcentage du nombre de chutes enregistrées tout au long de la saison.

 Une conduite dopante

Le tramadol n’est délivré en France que sur ordonnance et est inscrit sur la liste 1 des substances dangereuses. Cet antalgique de niveau 2 est prescrit en médecine pour des douleurs faibles à modérées après échec du paracétamol (Doliprane®), des anti-inflammatoires ou de l’aspirine. Rappelons que prendre un médicament dans le cadre d’une compétition alors que l’on ne souffre d’aucune affection répertoriée, même si le produit ne figure pas dans la liste, s’apparente à une conduite dopante.

 POST-IT – La famille nombreuse du tramadol, toujours en liste jaune (*) depuis 2012 

Nom commercial

MSM (mis sur le marché) RDM (retiré du marché)
Biodalgic® 2000  
Contramal® 1999  
Ixprim® (+ paracétamol) 2003  
Monoalgic® 2005  
Monocrixo® 2004  
Monotramal® 2005  
Orozamudol® 2005  
Prédalgic® 1999 2002
Takadol® 2001  
Topalgic® 1997  
Trasedal® 2001  
Zaldiar® (+ paracétamol) 2003  
Zamidol® 1999  
Zumalgic® 1999  

 (*) Liste jaune = programme de surveillance de l’AMA. Les produits figurant dans cette liste jaune ne sont pas prohibés mais pourront le devenir si l’instance mondiale en constate le mésusage.

 REPÈRES 

  1. Créé par l’homme dans les années 1970
  2. Disponible dans les pharmacies françaises depuis 1997
  3. En France : délivré que sur ordonnance
  4. Inscrit en liste I
  5. Depuis le 31 janvier 2011, l’Agence du médicament indique que le tramadol fait partie de la liste des médicaments à surveiller
  6. Antalgique central agoniste des récepteurs morphiniques
  7. Présent en grandes quantités au sein d’extraits d’une plante africaine ‘’Nauclea latifolia’’

 POST-IT – Antalgiques centraux et périphériques : faites la différence

 Un antalgique est une substance qui abolit la sensibilité à la douleur. On distingue deux types d’analgésiques ou d’antalgiques.

Les premiers sont les analgésiques narcotiques (souvent appelés morphiniques), qui agissent au niveau central, en élevant le seuil de la perception douloureuses par un effet sur des récepteurs spécifiques. Ils ont une action puissante sur la douleur mais sont en même temps sédatifs et euphorisants ; de plus, ils présentent l’inconvénient de produire une accoutumance et d’entraîner parfois une toxicomanie. Le tramadol fait partie de ce groupe.

Les seconds sont les analgésiques dits « périphériques » parce qu’ils agissent sur les récepteurs périphériques de perception de la douleur. Ils ne sont pas euphorisants et, en principe, ne sont pas sédatifs ; le type en est le paracétamol.