Le public s’en fout-il vraiment du dopage ?

Par défaut

L’évolution en baisse du chiffre des téléspectateurs et des spectateurs sur le bord des routes tant à s’inscrire en faux contre l’indifférence des aficionados de la petite reine vis-à-vis de la triche biologique du peloton. En réalité, les fans du vélo en ont marre du dopage et du pouvoir sportif incapable de marginaliser le fléau qui poursuit sa progression.

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 Le maillot jaune Chris Froome au milieu de la foule du Tour de France

 Un sondage récent montre que près des trois quarts des Français (73%) doutent de l’honnêteté des performances sportives et sont favorables à une suspension à vie des athlètes dopés. C’est L’Equipe.fr qui, le 16 octobre dernier, reprend une dépêche de l’Agence France-Presse : « Un sondage révèle que 73% des Français doutent de l’honnêteté des performances sportives. La même part est favorable à une suspension à vie des athlètes convaincus de dopage. Selon un sondage Odoxa pour RTL et Winamax paru dimanche, près de trois quarts des Français (73%) « doutent très souvent (24%) ou régulièrement (49%) de l’honnêteté d’une performance sportive »  et pensent que son auteur est dopé. La même part est favorable à une suspension à vie des sportifs convaincus de dopage. Le cyclisme est selon les 1003 sondés le sport le plus touché (94%) devant l’athlétisme (85%), le football (65%), le tennis (59%), et enfin le rugby (42%) « en dépit des dernières révélations sur les prises de corticoïdes par les joueurs du Racing 92 » pointe le sondage.  La question des Autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), mise en lumière par le piratage de l’Agence mondiale antidopage (AMA) par le groupe de hackers russes Fancy Bears, divise en revanche nettement plus : moins de la moitié des sondés (48%) estime qu’une interdiction est nécessaire. »

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 Un passage du Tour de France au Mont Ventoux

 POST-IT –

 En ce qui concerne les AUT, je suis quasi certain qu’une majorité des sondeurs et des Français soumis à la question, ignorent tout sur la définition et la réglementation de cette autorisation de  se soigner avec des substances prohibées dans le but de participer à une compétition malgré un problème de santé plus ou moins réel. Pour cette raison, le chiffre de 48% ne me paraît pas crédible.

PUBLIC  (pour ou contre le dopage)

 Même si Benjamin Disraeli, un homme politique et écrivain britannique du 19e siècle, affirmait : « Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques », on peut estimer que dans le cas des enquêtes d’opinion sur le dopage, ces dernières, constamment supérieures à 69%, sont crédibles. Bien que le public ne soit pas dupe du fait que la triche biologique concerne une très grande partie du peloton (les autres sports ne sont pas épargnés), il ne peut se résoudre à accepter que l’on arrête la grande boucle un certain temps pour faire le ménage. En revanche, il est pour des sanctions plus drastiques à l’encontre des fraudeurs. Depuis 1977, nous avons colligé la plupart des enquêtes et sondages sur l’avis du public face à la thématique du dopage. Au final, à l’inverse de ‘’l’opinion publique des journalistes sportifs’’ coincés par leur conflit d’intérêt (les journaux sont les organisateurs des courses cyclistes mais aussi d’autres épreuves, marathons, courses au large, etc.), le véritable public est contre le dopage et les dopés.

 1977 – CONTRE –  90% sont pour le contrôle antidopage

 » Pour une immense majorité de nos lecteurs, la cause paraît entendue. Interrogés sur l’obligation d’un contrôle antidopage, 90 p. cent d’entre eux ont répondu affirmativement. Sur cette masse, 40 p. 100 appuient leur opinion sur des considérations médicales, morales et aussi sur la nécessité de mettre tous les sportifs à égalité devant l’application d’une telle mesure. 40 p. cent précisent que ce contrôle ne doit plus être réservé à quelques sports individuels (cyclisme, entre autres), mais imposé à tous les pratiquants de tous les sports. 16 p. cent font observer que les fraudeurs faussent la pratique du sport. 4 p. 100 cependant estiment que le contrôle devrait être réservé aux seuls amateurs, puisqu’on ne sanctionne pas dans la vie professionnelle les gens qui se dopent lorsque leurs occupations exigent un « coup de collier ».

Pour l’anecdote, nous donnons enfin l’opinion d’un lecteur qui pense qu’un contrôle étendu au football ne le serait que pour la forme pour la raison qu’il est pratiquement impossible de se doper dans ce sport. Nous lui laissons, bien entendu, la paternité de cette appréciation. 90 ôtés de 100, il reste 10. C’est donc à peine 10 p. 100 de nos correspondants qui sont contre l’extension d’un contrôle étendu à tous les sports. Mais leurs raisons s’appuient davantage sur la difficulté à effectuer de manière satisfaisante un tel contrôle que sur la non-nocivité du dopage… » [L’Équipe, 08.01.1977]

 1977 – CONTRE – Les sorciers du sport : 77%

« La lettre d’un étudiant en médecine de Bordeaux qui entend préparer la spécialité de médecin du sport et qui exprimait son inquiétude devant la direction que semblait prendre cette branche, avait retenu notre attention. Elle posait la question : « La médecine du sport doit-elle rester dans son rôle traditionnel qui est de soigner et d’amener l’athlète dan sa meilleure forme au moment voulu et dans sa meilleure santé ? Ou bien doit-elle, utilisant les récentes découvertes de la chimie, de la toxicologie même, rechercher d’abord la performance, considérée comme but suprême et source de progrès ? » [L’Équipe, 28.03.1977]

 1978 – CONTRE – 75% sont favorables aux contrôles antidopage

 » Le thème de notre débat était cette fois : « Etes-vous pour ou contre les contrôles antidopage dans les sports d’équipe, tels qu’ils viennent d’être recommandés par le secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports ». Le football, le rugby ou le basket seraient donc soumis au même régime que le cyclisme ou l’athlétisme. A une majorité confortable (75%), nos lecteurs se sont prononcés en faveur de cette mesure. « Pas de discrimination, il n’y a pas de raison pour que Jean-Baptiste Piedvache ou Bernard Hinault soient les seuls concernés par les contrôles… » « Ces contrôles sont justifiés, en toute circonstance, pour l’effet de dissuasion qu’ils provoquent ». Parmi nos correspondants, les « contre » (15%) s’expriment au nom de la liberté individuelle ou s’élèvent contre ces manœuvres lourdes de soupçons : « Soumet-on le Prix Goncourt à un contrôle ou des hommes politiques après un débat ?» Certains lecteurs enfin se prononcent à la fois pour ou contre (10%). Ils admettent le principe du contrôle mais seulement pour les sports amateurs. » [L’Équipe, 13.02.1978]

 1978 – CONTRE – 57% condamnent le doping parce qu’il est dangereux pour la santé

« Selon un sondage exclusif réalisé par la Sofres à la demande du Pèlerin : 57% des Français estiment qu’il faut condamner le doping parce qu’il est dangereux pour la vie de l’athlète ; 34% parce qu’il fausse les résultats des compétitions ; 53% retireraient leur estime et leur admiration à un champion s’ils apprenaient qu’il se dope. » [Le Pèlerin, 04.06.1978]

 1997 – SANCTIONS – Pas assez sévères : 44%

Texte et commentaires du journaliste Jean-Julien Ezvan : « Les Français expriment, dans un sondage commandé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, leur souci de fermeté pour prévenir et lutter contre le dopage. Le dopage est un fléau. Ce mal insidieux louvoie et gangrène le milieu, pollue l’image du sportif. Un sondage commandé par le ministère de la Jeunesse et des Sports le condamne. Réalisé par CSA les 29 et 30 décembre 1997, auprès d’un échantillon national représentatif de 1 002 personnes âgées de 18 ans et plus, il illustre la préoccupation évidente de la population, quels que soient l’âge ou la catégorie socioprofessionnelle, face à l’ampleur du mal. Ainsi, 58% des Français jugent que le dopage dans le milieu sportif est un problème « très grave » pendant que 34% le considèrent encore comme « assez grave ». Alors, pour qualifier ce mal à éradiquer, la « tricherie » est le mot clé pour 64% des personnes consultées. 21% des sondés préfèrent l’assimiler à une « drogue » quand pour 9% ça ne représente qu’un « stimulant comme un autre », voire même « un soutien médical » pour la frange marginale (4%)

Après les définitions, les sanctions. La série de contrôles positifs ayant meublé le paysage sportif français n’a pas laissé l’opinion perplexe face à un sportif clamant ensuite son innocence. Pour 40%, le sportif incriminé « ment », pour 33% c’est « l’entourage qui lui a fourni des produits dopants », pendant que seuls 10% estiment qu’il est « innocent, victime d’une erreur de dépistage ». La rigueur demeure de mise, même si la gronde n’est pas occultée des débats, au moment de punir. En effet, 44% des personnes interrogées estiment que les sanctions actuelles ne sont « pas assez sévères », 36% les considèrent « justes », tandis que 10% les trouvent « trop sévères ». Pour prévenir l’arsenal répressif « l’information des sportifs dès leur plus jeune âge » (53%), « l’augmentation de la prévention et du suivi médical des sportifs de haut niveau » (39%), « les sanctions sur l’entourage du sportif en cas de dopage » (36%) et « l’exemplarité des sanctions » (15%) sont par ordre d’impact les armes, les mesures prônées par le panel consulté.

Si, enfin, parmi les sportifs suspectés de dopage dans les grandes compétitions, les doutes les plus avoués entourent de « façon importante » l’haltérophilie et l’athlétisme (70%) devant le cyclisme (67%), le football (62%) et la natation (41%), une large majorité des sondés (69%) pense que l’on peut être un champion sans se doper. Réconfortant. »  [Le Figaro, 10.01.1998]

 1999 – LOI ANTIDOPAGE – Oui massif de la part des sondés

 » L’ensemble des thèmes contenus dans la loi sur la lutte contre le dopage recueille un « oui » massif de la part des 970 personnes de plus de 18 ans sondées les 26 et 27 novembre par l’Ifop pour le compte du ministère de la Jeunesse et des Sports. La mesure jugée la plus efficace (à 84%) est la mise en place d’un suivi médical obligatoire pour les athlètes de haut niveau. Egalement plébiscités : le renforcement des poursuites judiciaires à l’encontre des pourvoyeurs (76%), la création d’un conseil indépendant (73%) et l’obligation faite aux médecins d’interdire de pratique un sportif dopé (72%). Les Français sont moins favorables (65%) à l’allongement des sanctions. » [Le Parisien (avec AFP), 08.01.1999]

 1999 –  POUR – 68% des Français souhaitent que le Tour de France ait lieu

« Plus de deux Français sur trois (68%) souhaitent que malgré les affaires de dopage, le Tour de France ait lieu normalement cette année, contre 24% qui sont favorables à sa suspension pour une année, selon un sondage de l’IFOP que publie Le Journal du Dimanche. Six pour cent des personnes interrogées sont favorables à un arrêt définitif de l’épreuve.Concernant les deux champions les plus controversés dans les affaires de dopage, une proportion similaire de Français souhaite leur participation au prochain Tour de France : 65% pour Richard Virenque et 61% pour Marco Pantani, contre 30% qui s’y déclarent opposés. Ce sondage a été réalisé les 10 et 11 juin auprès d’un échantillon de 1 012 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus. »[Agence Associated Press, 12.06.1999]

 2003 – CONTRE – A 74% les Européens identifient le dopage comme le problème n° 1 du sport

« Une majorité de citoyens européens s’inquiète de la proportion prise dans le sport par le dopage et l’argent, révèle un sondage de l’Union européenne. L’enquête menée par la Commission exécutive de l’UE, montre que 74% des 16 000 Européens interrogés identifient le dopage comme le problème numéro un du sport.  En Suède, le chiffre monte même jusqu’à 91%. Le sondage souligne également que l’Union européenne devrait plus s’impliquer dans la lutte antidopage. Un total de 58% des personnes interrogées estiment que c’est l’argent qui est le plus grand problème, une inquiétude essentiellement formulée par les Allemands et les Français. » [Agence Reuters, 21.11.2003]

2008 – CONTRE – Le retour de Lance Armstrong : 69%

« Armstrong n’est pas le bienvenu – Telles sont les conclusions d’un sondage réalisé pour Stade 2 par l’Institut Opinion Way (auprès d’un échantillon de 1026 personnes, représentatif de la population française). A la question : « Souhaitez-vous que Lance Armstrong soit au départ du Tour 2009 ? », 69% des personnes interrogées se prononcent contre un retour du septuple vainqueur de la grande boucle sur les routes du Tour, seuls 29% accueillent favorablement cette hypothèse. Dans cette même étude, 49% des sondés jugent que le retour à la compétition du Texan est « une mauvaise chose pour le cyclisme » contre 9% qui estiment que c’est « une bonne chose » alors que 41% n’y voient « ni une bonne ni une mauvaise chose ». [L’Équipe, 27.10.2008]

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 La foule dans la montée de l’Alpe d’Huez lors du Tour de France

 2008 – CONTRE – 85% de la population refuserait de se doper contre beaucoup d’argent

« Se doper pour de l’argent ? Les Français répondent. Un nombre minoritaire de personnes que nous avons interrogées nous ont répondu qu’elles accepteraient de se doper si cela leur permettait de gagner beaucoup d’argent. Et vous, accepteriez-vous de le faire à cette condition ?

(1) Ensemble de la population            (2) 15 – 24 ans

Certainement pas                               (1)  59 %         (2) 36 %

Probablement pas                             (1)  26 %        (2) 34 %

Probablement                                    (1)  12 %        (2) 22 %

Certainement                                     (1)    3%         (2)   8%

 85 % de la population française refuserait de se doper contre beaucoup d’argent. Et 70 % des jeunes de 15 – 24 ans. [Source : Sportimat, août 2008 – Base 1 000 Français adultes (15 ans et +) interrogés] [Source : Sport, 2008, n° 189, 03 octobre, p 8]

2009 – BASEBALL – 77% contre le ‘’Temple de la renommée’’ pour Mark McGwire

Texte du journaliste Jean-François Bégin : « Le repentir. Il aura fallu cinq années à Mark McGwire pour finalement comprendre. Cinq années depuis cette journée fatidique de 2005 où l’ancien recordman des coups de circuit a fait perdre à ses fans ce qu’il leur restait d’illusions en disant au Congrès américain qu’il « n’était pas ici pour parler du passé ». Sa contrition tardive ne lui ouvrira probablement pas les portes du Temple de la renommée – à peine 22,4% des électeurs ont inscrit son nom sur leur bulletin de vote cette année, très loin des 75%  requis, mais là n’est pas l’essentiel. En avouant qu’il a utilisé des stéroïdes anabolisants  pendant la majeure partie de sa carrière, McGwire ne fait pas que soulager sa conscience. Il donne aux amateurs de baseball l’occasion de tourner la page sur les mensonges d’une carrière gonflée aux hormones. » [La Presse Montréal, 13.01.2010]

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 2012 – CONTRE –  68% estiment que la 99e édition du TDF n’est pas plus propre que les précédentes

« Une large majorité des Français (68%) estime que le dopage est « présent » parmi les coureurs du Tour de France, dont l’édition 2012 a été marquée par une nouvelle affaire avec la mise en examen de Rémy Di Grégorio (Cofidis), selon un sondage IFOP pour Sud Ouest Dimanche. A la question « Pensez-vous que cette année le dopage est très présent, assez présent, peu présent ou pas présent du tout parmi les coureurs du Tour de France ? », 25% jugent qu’il est « très présent » et 43% « assez présent » (68% au total). A l’inverse, l’enquête révèle que 29% des sondés estiment que le dopage est « peu présent », 3% seulement jugeant qu’il n’est « pas présent du tout » au sein du peloton, régulièrement secoué par des affaires de dopage. L’IFOP note que « les femmes (72%), les personnes âgées de 25 à 49 ans (75%), les professions libérales et cadres supérieurs (77%), les employés (77%) et les professions intermédiaires (73%) se montrent les plus dubitatifs quant à la propreté des coureurs ». Ce sondage a été réalisé alors que le coureur de Cofidis, Rémy Di Grégorio, placé en garde à vue mardi 10 juillet, a été mis en examen deux jours plus tard dans une affaire de dopage présumé. Dans les enquêtes IFOP précédentes, « en 2001, puis en 2007, une proportion équivalente de personnes (78%) déclarait avoir des doutes sur l’honnêteté d’un coureur vainqueur d’étape sur le Tour de France. Cinq années plus tard, les Français se montrent donc toujours suspicieux », observe l’institut de sondage. Sondage réalisé par téléphone les 12 et 13 juillet, sur un échantillon de 1 008 personnes représentatif de la population française, selon la méthode des quotas. » [Agence France-Presse / Le Parisien, 14.07.2012]

 p-2On se lève tous pour le Tour de France

 Controverse : d’accord, pas d’accord

 Avis contradictoires de quelques intervenants du débat sur les rapports des spectateurs (bord des routes, TV) avec le dopage. Le public s’en fout-il vraiment de voir rouler des « cornues pédalantes ? » ou, au contraire, n’est pas indifférent à cette dérive en désertant les bords des routes et les canapés TV ? Les pour et les contre.

 Le public n’est pas pour le dopage

 Daniel Bilalian (FRA), directeur des sports de France Télévisions de 2004 à 2016 : « L’an dernier, avec l’exclusion de plusieurs leaders avant le départ du Tour et la fin de la Coupe du monde de football, nous avions réalisé une première semaine désastreuse en audience qui s’était relevée pour chuter en raison des affaires de dopage. Cette année, nous avons eu une bonne première semaine, une deuxième pratiquement stable et une troisième en nette baisse due aux mêmes affaires de dopage. Cela prouve que le public n’est pas insensible et que ces affaires ont un impact réel. » [Le Monde, 01.08.2007]

 Patrice Clerc (FRA), président d’Amaury Sport Organisation de 2000 à 2008 : « Le public attend la garantie du respect des règles, le renforcement des moyens de contrôle, l’application ferme des sanctions en cas de faute et une information transparente. »        [in « Luttons contre le dopage, non contre le Tour » .- Selection Reader’s Digest, 2001, juillet, pp 33-35 (p 34)]

 Pr Jean-Paul Escande (FRA), ex-président de la Commission nationale de lutte contre le dopage (1990-1996) : « Le public se fout que ses chanteurs, ses acteurs, ses politiciens ou ses chercheurs se dopent. Pas ses champions. »   [Journal du Dimanche, 26.10.1997]

 Dr Alain Garnier (FRA), mission médecine du sport et lutte antidopage du ministère de la Jeunesse et des Sports : « Les enjeux de la lutte antidopage peuvent être effectivement différents vus par le mouvement sportif ou par la société civile. L’enjeu pour les états est avant tout de sauver une culture sportive et un modèle de société : les valeurs humanistes du sport sont alors mises en avant. L’enjeu pour l’économie du sport est de sauver sa crédibilité afin qu’il puisse perdurer, car le dopage fera fuir à terme le public, mais aussi par voie de conséquence les sponsors. On constate donc que si les motivations diffèrent, l’objectif est commun. »   Sport dans la cité, 1996, n° 146, 1er  ter, p 13]

 Mathieu Ladagnous (FRA), cycliste professionnel depuis 2006 

As-tu ressenti que le public changeait vis-à-vis des coureurs ?  « Je pense que la vision des gens commence déjà à évoluer. Si à une époque les coureurs qui passaient les cols avec le gruppetto se faisaient traiter de bons à rien, aujourd’hui ils nous soutiennent. Peut-être même plus que ceux qui font la course à l’avant. Je suis fier d’avoir fait partie du gruppetto. Le public nous encourage vraiment sur le fait que nous soyons des coureurs propres. »  [Cyclismag.com, 10.12.2007]

Alexandre de Mérode (BEL), président de la commission médicale du CIO de 1967 à 2002 : « Curieusement, le public aujourd’hui attend du sport une espèce de code d’honneur, une certaine forme de propreté morale et intellectuelle bien proche de l’idéal des gentlemen de 1905… »  [Le Figaro, 17.08.1998]

Michael Rasmussen (DAN), cycliste professionnel de 2001 à 2007 et de 2009 à 2011 : « Oui, c’est vrai, j’ai été hué pendant la 16e étape du Tour 2007. Je crois qu’il y a beaucoup de frustrations dans le public et dans le peloton, notamment après ce qui s’est passé avec Alexandre Vinokourov. Cette frustration s’est reportée sur moi. Je comprends maintenant ce que Lance Armstrong a vécu pendant sept ans et mon respect pour lui grandit de jour en jour. »  [Libération, 26.07.2007]

 Eddy Seigneur (FRA), cycliste professionnel de 1991 à 2005 :

1 -« J’ai très mal vécu le Tour 1998. On a mis tout le monde dans le même panier ! Moi, dans un col, j’ai même pris des tomates dans la tronche ! Quand vous n’y êtes pour rien, je peux vous dire que ce n’est pas agréable. Je roulais depuis plus de 4 heures quand des abrutis ont trouvé intelligent de me canarder… C’est vraiment lamentable ! Si jamais je les retrouve ceux-là ! »  [Le Sport, 1999, n° 5, février, p 38]

 2 – « Moi, je peux vous dire que sur la route, on se faisait traiter de fainéants, de dopés, de trop payés ! A côté de cela, c’est vrai que d’autres nous ont montré leur soutien. » [Le Sport, 1999, n° 5, février, p 38]

 3 –  » Mais, une grande partie du public a manifesté de l’hostilité à notre égard. Surtout après notre protestation de Tarascon. Les gens sur le bord de la route semblent ignorer que nous sommes des salariés comme les autres. » [Le Sport, 1999, n° 5, février, p 38]

 Le public s’en « tape » complètement

 Christophe Brissonneau (FRA), ancien athlète et sociologue à l’université Paris-Descartes : « La réflexion des gens au bord des routes du Tour peut se résumer à : ces gens sont des travailleurs de l’extrême. Ils prennent des produits pour tenir la cadence et monter tous ces cols. Encore aujourd’hui, il y a une saturation, non pas du dopage, mais des affaires de dopage dans l’opinion. Les gens veulent voir du fantastique. Et c’est nous, les observateurs, qui voulons de l’éthique, de la pureté. Les gens ne veulent plus entendre parler du dopage comme un problème ou comme un scandale. »  [Libération, 13.10.2008]

 Guillaume Fabert (FRA), écrivain : « Et le public, avide de performances, se fiche complètement de la composition exacte de ce qui coule dans les veines de ses ‘’superchampions’’. »   [in « Les Z’Héros du sport » .- Paris, éd. Régine Deforges, 1990 .- 98 p (p 29)]

 Laurent Fignon (FRA), cycliste professionnel de 1982 à 1993 : « Le public, qui est toujours là, qui dit qu’il n’ignore rien du dopage, mais qui s’en fiche et qui triche sans doute aussi un peu dans sa vie de tous les jours. »   [Le Monde, 10.07.2001]

 Dr Henri Fucs (FRA), ex-médecin du groupe sportif Sonolor-Lejeune : « Le public est en général peu intéressé de savoir par quel miracle de travail, de volonté, d’énergie, l’athlète en est arrivé à un aussi haut niveau de performances. Il est assez peu au courant des problèmes de dopage (…), il est également assez indifférent aux divers dangers courus par l’athlète. »  [L’Équipe, 13.08.1983]

 Philippe Gaumont (FRA), cycliste professionnel de 1994 à 2003 : « Les gens se moquent de savoir si les coureurs sont dopés ou non. Qu’on se charge la gueule ? S’en foutent complètement des mafias du vélo, des coups de bordure, de toutes ces histoires. Ils veulent du spectacle. »  [Libération, 08.04.2001]

 Jacques Julliard (FRA), chroniqueur au Nouvel Observateur : « Le football a eu, il y a quelques années, son héros quasi anonyme. Il se nommait Jacques Glassmann et jouait arrière à Valenciennes. Tout seul, comme l’est Christophe Bassons, il eut le courage de dénoncer le système Tapie, c’est-à-dire le truquage des matches. Qu’arriva-t-il alors ? Le public sportif le traita-t-il en héros ? Vous voulez rire ! il fut hué chaque fois qu’il apparaissait sur un terrain, mis en quarantaine, lâché par les autorités sportives. Il dut se réfugier à La Réunion avant de mettre fin à sa carrière. »   [Le Nouvel Observateur, 22.08.1999) 

Jeannie Longo (FRA), cycliste de haut niveau, 8 participations aux JO (1984-2008) Votre sport est souvent associé au dopage. En souffrez-vous ? « Que dire ? A force d’annoncer tout et son contraire, le public n’y comprend plus rien. Lui ne demande qu’à voir des belles images, c’est tout ! La cuisine interne, il s’en moque. »   [Télé 7 Jours, 19.08.2000]

 Georges Vigarello (FRA), historien, sociologue, directeur de recherche à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) : « Pire, le dopage magnifie le spectacle : il rend le cycliste toujours plus brillant, plus effervescent, plus spectaculaire. Ainsi, le public est indifférent au traitement du corps, pourvu que le spectacle soit marquant. Cette indifférence est renforcée par une relative impunité du dopage, par la faiblesse des sanctions et de la croisade des pouvoirs publics contre ces pratiques. »  [La Croix, 27.08.2012]

 

POST-IT – Lance Armstrong face au public du Tour

 Pendant son septennat victorieux sur les routes de l’Hexagone, le Boss du peloton a eu à souffrir de l’hostilité grandissante du public. Curieusement, et contre l’évidence des images et des sons des bords des routes, ce sont les voix de l’organisation et de L’Equipe qui ont défendu Armstrong. Et bien sûr le peuple américain qui grâce à la magie de son combat victorieux contre le cancer, ne pouvait penser une seconde que le Sanglier d’Austin était à la fois un grand tricheur autant qu’un grand dopé.

 Le public : pour ou contre Armstrong

 2001 – Un certain malaise dans le public

 Texte du journaliste Philippe Brunel : « Dans ce Tour de France, l’Américain a creusé, ces deux derniers jours, tant à l’Alpe qu’à Chamrousse, des écarts chronométriques conformes à la hiérarchie en cours. Mais ses victoires ont suscité, à tort ou à raison, un certain malaise dans le public. Dans l’ascension de l’Alpe-d’Huez, alors qu’il était en train de réaliser une prouesse athlétique de premier ordre, le double vainqueur du Tour s’est fait siffler par de nombreux spectateurs. Certains exprimaient un anti-américanisme primaire mais les autres ?  En dix ans de carrière, le Texan n’a pas réussi à tisser un lien d’affection réciproque avec le public du Tour qui lui témoigne des sentiments ambivalents d’admiration et de rejet. Tout se passe comme si les spectateurs ne voulaient pas croire au mythe, croire qu’on puisse réchapper d’un cancer et gagner la course la plus dure au monde. L’histoire d’Armstrong qui est toujours dans une procédure juridique en France, après la découverte de produits suspects dans le Tour 2000 – concentre trop de rumeurs, trop d’interdits, trop de suspicions pour qu’on puisse accueillir ses performances sereinement. » [L’Équipe, 19.07.2001]

 2002 – Tour de France : « Le public du Ventoux l’a mis en colère »

Témoignage du Boss du peloton : « Si j’avais gagné un dollar à chaque fois qu’un spectateur m’a traité de dopé, je serais vraiment très riche. » Quelques minutes après son arrivée, hier, Lance Armstrong n’avait toujours pas digéré l’accueil musclé que lui a réservé l’impressionnant public massé dans l’ascension du mont Ventoux. « Le public n’a pas été très sportif, ça m’a déçu, a ajouté le maillot jaune, le regard noir. Quand dix personnes vous encouragent et qu’une seule vous hue, vous n’entendez qu’elle. Je ne comprends pas cette mentalité. Mais je ne suis pas là pour me lier d’amitié avec les gens qui ont un peu trop bu sur le bord de la route. Je ne m’occupe pas d’eux. Et, dans trois ou quatre ans, quand je serai tranquillement avec mes enfants à la plage à boire une bière bien fraîche, je les aurais oubliés. » Disert et franchement agacé par les noms d’oiseaux qu’il a entendus hier, Lance Armstrong a fini par lancer un appel à ses détracteurs. « Si vous n’aimez pas le cyclisme et que vous avez envie de crier sur les coureurs, restez chez vous ! » [Le Parisien, 22.07.2002]

 2002 – Eddy Merckx (BEL) : l’impopularité « c’est la rançon des champions »

Aujourd’hui, après quatre Tours de France, il n’est guère populaire. Comme vous à l’époque. Comment l’expliquez-vous ?

Eddy Merck : « C’est la rançon des champions. Moi, je suis devenu populaire le jour où j’ai été battu. Mais ce qui s’est passé dans l’étape du Ventoux n’est pas très joli (Armstrong y a été conspué « dopé, dopé »). Je crois que c’est propre à la France, surtout quand il n’y a pas de coureur français pour gagner le Tour. Il est difficile d’imaginer cela en Belgique, où l’on ne méprise pas les champions. »

Peut-il craindre un coup de point, comme vous sur le Tour 75 ?

« Il faut espérer que ce genre d’agression ne se reproduise plus jamais. Heureusement, il n’y a pas de hooliganisme dans le cyclisme. » [Le Journal du Dimanche, 28.07.2002]

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2002 – Jean-Marie Leblanc : les Français aiment Armstrong

Jean-Marie Leblanc, le patron du Tour de 1989 à 2006, est catégorique : la France du Tour aime le champion du Tour de France. « L’osmose s’est parfaitement réalisée entre le public et les coureurs, via Laurent Jalabert, via Richard Virenque et via Lance Armstrong aussi. A l’exception de l’incident du Ventoux, il a été mieux apprécié cette année. Sans doute parce qu’il s’est obligé à parler notre langue, ce qui le rend plus sympathique et plus proche. » [Le Journal du Dimanche, 28.07.2002]

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 Lance Armstrong en compagnie de Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour de France

 2003 – « Fait vibrer quelques cœurs »

Témoignage de la journaliste Frédérique Galametz : « Sûr que le leader américain a gagné en popularité sur ce Tour : ses soucis, ses chutes, sa douleur exprimée à l’occasion ont su incontestablement faire vibrer quelques cœurs. » [L’Équipe, 28.07.2003]

 2004 – Tour de France – Armstrong : « Ne me huez pas tout en encourageant Virenque… »

Vous avez souvent paru agacé par l’attitude des spectateurs sur ce Tour ?

L.A. : « J’ai été perturbé par une minorité de spectateurs. Il y a des gens qui me huaient mais je pense que ces gens-là ne savent pas quel genre de champion ils veulent. Veulent-ils un champion qui ne travaille pas et qui n’aime pas son sport ? Ne me huez pas tout en encourageant quelqu’un qui a été impliqué dans le plus gros scandale de dopage de notre sport. Ça n’a pas de sens. Mais si Jacques Anquetil était vivant, il vous dirait qu’on le huait tout le temps. Si Eddy Merckx était dans cette pièce, il vous dirait qu’on le huait tout le temps. Si je suis en leur compagnie, ça me va. Ça ne me perturbe pas, particulièrement dans un pays où parfois on aime plus le deuxième que le premier. Mais je dois le répéter, je ne veux pas généraliser, parce qu’une grande majorité du public me soutient vraiment. » Agence Associated Press, 24.07.2004]

2004 – Sondage d’ESPN (USA) : 72% le croient non coupable

« Un sondage réalisé mardi 23 août par la chaîne de télévision sportive américaine ESPN indique que 72% des téléspectateurs ne croient pas à la culpabilité de l’Américain Lance Armstrong, accusé par le quotidien sportif français L’Équipe de dopage à l’ÉPO lors du Tour de France cycliste en 1999. La consultation a été réalisée auprès de 56 821 personnes ; 28% d’entre elles sont d’un avis contraire. Sur la même chaîne, Dave Chaner, directeur du circuit professionnel américain dans lequel le septuple vainqueur du Tour de France a débuté sa carrière, a également volé au secours d’Armstrong. « Lance n’a rien à cacher » a-t-il déclaré. Il a été contrôlé et contrôlé à nouveau plus que n’importe quel autre athlète. Je ne sais pas ce que le test a trouvé et comment il a été effectué mais je ne peux pas croire qu’il se soit dopé. » [La Dernière Heure les Sports, 25.08.2005]

2005 – Journal du Dimanche : au 3e rang des sportifs les plus antipathiques

Texte du journaliste Philippe Brunel : « En dépit de ses multiples victoires, d’une longue surexposition médiatique, Lance Armstrong continue d’intriguer. Il suffit de lire les commentaires, les sondages (en juillet dernier dans Le Journal du Dimanche, il apparaissait au troisième rang des sportifs les plus antipathiques derrière Michaël Schumacher et Nicolas Anelka), de tendre aussi l’oreille sur son passage, pour s’apercevoir qu’il n’a pas encore réussi à pénétrer le cœur du public. Ce qui n’a jamais été son but. « Je n’ai jamais été un bon client de la célébrité, dit-il, et puis, ce qui compte, c’est de gagner le Tour, pas d’être sympathique. » Le plus étrange, c’est qu’il avait tout pour devenir une icône : un nom culturellement légendaire, une stature de héros tragique, à l’égal des grands mythes de l’histoire. Avec en plus une trajectoire fulgurante. » [L’Équipe, 01.07.2005]

 2008 – Le Figaro.fr : Armstrong est-il le bienvenu dans le peloton ?

Les internautes du quotidien répondent NON massivement à la question sur le retour de l’Américain après trois ans de retraite :  

Lance Armstrong est-il le bienvenu dans le peloton en 2009 ?

OUI                 21.51 %

NON                78,49 % 

[Le Figaro.fr, 02.12.2008]

 

Vladimir Poutine, un président  »expert en dopage » qui, d’un côté, est pour la médicalisation de la performance et dans le même temps fustige les AUT

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Le chef d’état russe estime que pour être un sportif performant il faut être un grand malade, sous traitement, de préférence avec des substances appartenant à la liste des molécules prohibées en et hors compétition. Depuis plusieurs mois, le président russe a eu l’occasion à plusieurs reprises de s’inviter dans les affaires de dopage.

 

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Vladimir Poutine, ceinture noire de judo

 

La médicalisation de la performance est un concept vieux comme le sport

 En avril 2016, en pleine médiatisation du fameux meldonium – produit interdit depuis le 1er janvier 2016 et consommé par le gratin des sportifs russes – Poutine avait doctement expliqué : « Le produit n’a jamais été un produit dopant, il n’influence pas les performances. Le meldonium maintient simplement le muscle cardiaque en bon état quand il est soumis à des efforts soutenus. »

A l’époque où le président – ceinture noire de judo – s’exprimait (mi avril 2016), trente-neuf sportifs russes, dont la joueuse de tennis Maria Sharapova, avaient été contrôlés positifs au meldonium depuis le début de son interdiction. Souvent, certains experts sans avoir fait d’essais de la substance sur des athlètes en pleine activité de compétition, affirment que le médicament est curatif sur un malade mais inopérant sur un sportif.

Rappelons à ces « sachants » que, régulièrement, des études effectuées en laboratoire ou dans le cadre de compétitions donnent des résultats très différents, voire diamétralement opposés.

 POST-IT Tonicorine-Fructose : un médicament français destiné à la fois aux cardiaques et aux sportifs. Le meldonium des années 1960 !

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                  Publicité parue dans l’hebdomadaire médical La Presse médicale en 1960

Cette spécialité des laboratoires Lematte et Boinot a pénétré les rayons des pharmacies hexagonales en 1960 et les a quittés en 1977. Dans le Résumé des caractéristiques du produit (RCP), on note que Tonicorine-Fructose® est une association de camphre, d’une amine cardiotonique (élevant le tonus cardiaque tout en excitant les centres respiratoires) et de fructose (un glucide assurant la nutrition de la fibre cardiaque). Curieusement, cette spécialité comporte dans ses indications, en dehors des pathologies cardiaques et pulmonaires, un problème de santé inattendu : ‘’l’effort sportif’’.

Donc, dès cette époque, on médicalise la performance.

En réalité, en 1914, dans le premier dictionnaire Vidal, il y avait bien ‘’Kolayo’’ (association de Kola-caféine et de coca), une spécialité des laboratoires Sauter ayant pour indications : anémie, débilité générale, neurasthénie et stimulant pour cyclistes.

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                                                               Dictionnaire Vidal 1966

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                                   Résumé des caractéristiques du produit (RCP) Vidal 1966

 Au final, on constate que la médecine depuis plus d’un siècle soigne la performance comme si c’était une maladie. Donc avec le meldonium, un médicament destiné aux cardiaques et aux sportifs en phase de suractivité, les Russes n’ont fait que suivre le mouvement.

Pour en revenir à Poutine, le président omniscient ‘’en tout et n’importe quoi’’ en remet une couche, le 11 octobre 2016, en affirmant « que si l’on ne réglait pas le problème des autorisations de produits à des fins thérapeutiques, à l’avenir seuls les asthmatiques pourront gagner les grandes compétitions ».

 La lutte antidopage en mode AMA autorise un sport à plusieurs vitesses

 L’Agence télégraphique suisse (ATS) revient sur cette saillie médiatique de Vladimir : « Le président russe a critiqué le système des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), mis en lumière par le piratage de l’Agence mondiale antidopage (AMA) par le groupe de hackers russes Fancy Bears. Le groupe russe d’espionnage informatique Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de Fancy Bears, est à l’origine du piratage de la base de données Adams, le système de gestion et de localisation des sportifs susceptibles d’être contrôlés de façon inopinée par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et de la divulgation, en plusieurs vagues en septembre, d’informations médicales confidentielles concernant plus d’une centaine d’athlètes. Parmi eux figurent notamment les joueuses de tennis américaines Serena et Venus Williams, le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal, la gymnaste américaine multiple championne olympique Simone Biles, ou encore les cyclistes britanniques Bradley Wiggins et Christopher Froome. »

Les données publiées par les Fancy Bears révèlent que ces sportifs ont bénéficié d’AUT leur permettant de prendre des médicaments inscrits sur la liste rouge des produits interdits.

 2017 – La compétition à 4 vitesses sous le contrôle bienveillant de l’AMA

 A l’inverse des automobiles, la plus rapide est la 1 devant la 2, la 3 et la 4

 1 – Substances indétectables : EPO génériques, transfusions autologues, etc.

2 – AUT : glucocorticoïdes, salbutamol.

3 –  Programme de surveillance (Liste jaune) : caféine, nicotine, tramadol

4 – Borderlines : dopants non listés (Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.)

Avec cette dérive, on comprend mieux pourquoi les tests positifs sont peu nombreux et ne reflètent en rien la pandémie dopante du sport mondial. Entre les substances interdites mais toujours indécelables (transfusions sanguines autologues, EPO génériques…), les AUT (autorisation de prendre des dopants sous couvert d’un problème de santé fictif), les substances dopantes non prohibées mais néanmoins efficaces qui sont dans le programme de surveillance de l’AMA tells que caféine, nicotine, tramadol, glucocorticoïdes, bêta-2-agonistes… et les produits borderlines (dopants non prohibés : Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.) il ya de quoi « se préparer » sans risque de se faire gauler par les gendarmes de l’AMA.

Dr Jean-Pierre de Mondenard

Alpinisme et positive attitude

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                      Aucun sport n’est épargné par le dopage 

C’est l’homme face  à la compétition avec les autres ou avec lui-même qui recherche – en étant meilleur grâce aux drogues de la performance – à se valoriser auprès de son entourage, voire beaucoup plus (spectateurs).

Dans ce blog, nous avons déjà épinglé les forçats de la langue de bois ainsi que les adeptes indécrottables de la méthode Coué nous expliquant que dans leur sport favori pour ‘’différentes raisons’’ le dopage était inconnu.

Après le judo, la natation et le tennis (tous les trois déjà publiés), nous vous proposons l’alpinisme et son cortège de valeurs, d’air pur, de spiritualité, de conquérants de l’inutile mais aussi… de dopage comme les autres…

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Dictionnaire du dopage, éditions Masson 1991 et réédition en 2004

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             édité en 1991                                                               réédition en 2004                 

Régulièrement, nous sommes sollicités par des étudiants, journalistes, chercheurs ou tout simplement passionnés de sport mais pas seulement des résultats et des performances qui souhaitent consulter ou se procurer le Dictionnaire du dopage.

A ce jour, il est épuisé chez l’éditeur et indisponibles sur Amazon. Néanmoins, on peut le consulter dans toutes les bonnes bibliothèques universitaires.

A titre d’information, le Dictionnaire du dopage paru en 2004 aux éditions Masson est une 2e édition très augmentée du Dictionnaire des substances et procédés dopants en pratique sportive publié chez le même éditeur en 1991. Ce dernier fait 280 pages et celui de 2004, 1237 pages. Afin d’illustrer l’intérêt historique de ces ouvrages, nous présentons dans ce blog quelques commentaires de presse ou autre écrits au moment de leur sortie en libraire. L’ensemble des journalistes, médecins et experts ont surtout été impressionnés par la somme d’informations présentées. Curieusement, aucun retour du côté de la lutte antidopage officielle mais, en vérité, je ne suis pas déçu car je m’y attendais « un peu beaucoup ».

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Punchline Dr de Mondenard

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N° 57

Le tramadol, un antalgique puissant, consommé en fin de course pour – malgré le mal aux jambes – appuyer plus fort sur les pédales, peut provoquer chutes et addictions. Il répond ainsi aux trois critères du dopage :

  • Booste la performance,
  • Présente des risques pour la santé,
  • Bafoue l’éthique sportive.

Et pourtant, alors que deux suffisent pour être prohibé, malgré plusieurs demandes officielles : MPCC, UCI, Sky, le tramadol ne figure toujours pas en liste rouge. Probablement que l’Agence mondiale antidopage (AMA) attend pour l’inscrire dans le Code mondial antidopage une chute mortelle.

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Corticoïdes (suite) – Les infiltrations de corticoïdes dans l’environnement rapproché d’une compétition sportive, ce n’est pas de la thérapeutique mais jouer son va-tout pour la perf.

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Les conséquences peuvent être immédiates (retards de cicatrisation, ruptures spontanées de tendons, infections) ou décalées dans le temps. Au final, elles sont souvent handicapantes.

Infiltrations péri et intra-articulaires : les bavures

1971 –  ATHLÉTISME – Jean Wadoux (FRA), spécialiste des 1 500 et 5 000 m (34 sélections internationales entre 1962 et 1971 : « Le mal empirait par la faute de la cortisone »

 « En France, Jean Wadoux fut l’un des premiers athlètes à évoquer ce danger lorsqu’il se rendit compte il y a quatre ans (1971) que le mal empirait par la faute de la cortisone : « La cortisone possède des vertus anti-inflammatoires qui ne sont pas ignorées dans le domaine de l’athlétisme où il est arrivé fréquemment que l’on soigne les tendinites par une injection au niveau du tendon malade. Or, un médecin américain, le Dr Robert Kerlan, estime que beaucoup d’accidents sérieux se sont produits par la faute de la cortisone. Celle-ci, en apaisant les douleurs, peut donner à l’athlète la sensation que son tendon est guéri. Plus de mal. Reprise d’activité. C’est là que l’accident très grave peut intervenir parfois. » [L’Equipe, 15.05.1975]

 

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Le Français Jean Wadoux, spécialiste des 1500 et 5000 m

 

1976 – EFFET SECONDAIRE – La rupture spontanée

 « II faut se rappeler qu’un nombre d’effets locaux indésirables comme la nécrose du collagène peuvent survenir si l’on injecte fréquemment de la cortisone dans une articulation ou un tendon enflammé. Kennedy et Willis ont démontré dans leur expérience sur des animaux que des doses physiologiques de corticoïdes injectés directement dans un tendon sain peuvent l’affaiblir significativement jusqu’à plus de 14 jours après l’injection. En raison de cette constatation, ils mettent en garde leurs patients recevant des corticoïdes locaux de s’abstenir de toute activité musculaire pendant au moins deux semaines afin d’éviter une rupture spontanée des tendons. » [An. J. sports Med, 1976, 1, p 11]

1978 – MÉDECINE – Le déclin des infiltrations de corticoïdes

« Sur le plan local, les corticoïdes ont aussi des effets néfastes, rançon de leur pouvoir anti-inflammatoire. En particulier les infiltrations des lésions tendineuses représentent un danger réel, non seulement par le risque d’une injection intratendineuse mais aussi par le retard apport, à la prolifération des fibroblastes : les corticoïdes empêchent la cicatrisation des lésions et favorisent ultérieurement la rupture par nécrose tendineuse.  Ce fait, qui a reçu confirmation expérimentale chez l’animal, est particulièrement important au tendon d’Achille, au point que les tendinites achilléennes ne sauraient en aucun cas être traitées par injection locales de corticoïdes. Des faits analogues ont pu être considérés également comme facteurs favorisant des ruptures de la coiffe des muscles rotateurs de l’épaule, lorsque celle-ci est soumise à des infiltrations répétées de corticoïdes. »[Philippe Pointud et Georges Manigand. – Le déclin des infiltrations locales en rhumatologie. – Rev. Prat., 1978, 28, n° 1, p 39]

1980 – CYCLISME – Cyrille Guimard (FRA), cycliste professionnel de 1968 à 1976 puis    directeur sportif : « Au lieu des infiltrations on aurait dû m’obliger à abandonner »

« La grande erreur fut, pendant le Tour 1972, de me faire subir des infiltrations au lieu de m’obliger à abandonner car c’est dans les toutes dernières étapes que j’ai courues que se sont créées, au niveau des tendons, des lésions et des traumatismes irréversibles. » [in « Un vélo dans la tête » (avec Bernard Pascuito). – Paris, éd. Solar, 1980. – 192 p (p 146)]

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1981 – EFFET SECONDAIRE – Dr Don O’Donoghue (USA), médecin du sport :           « L’injection de corticoïdes intraveineuse y interrompt la circulation »

« Les tendons sont peu irrigués. L’injection de corticoïdes y interrompt la circulation sanguine, et les tissus meurent. Rien d’étonnant à ce que le tendon ne se déchire ensuite au premier effort. » [in « La médecine sportive. Prévention – entraînement – alimentation – soins » de Gabe Mirkin .- Montréal (CAN), les Éditions de l’Homme, 1981 .- 322 p (p 296)]

1984 – CYCLISME – Pacho Rodriguez (COL), cycliste professionnel de 1984 à 1988 :             « En vingt kilomètres le toubib lui fera quatre infiltrations »

 Lors de la course par étapes le Dauphiné Libéré, le Colombien Pacho Rodriguez est en conflit avec ses genoux. Le journal L’Équipe témoigne : « Col de Rousset – Traversée de Grenoble, la radio de la course lance le message suivant : Le 101 réclame le médecin. Le 101 c’est Pacho Rodriguez, le maillot jaune. Il commence son calvaire. La veille, en descendant de vélo, il a dit à un confrère colombien : « J’ai mal aux genoux ». Dimanche matin, les articulations n’en peuvent plus. En vingt kilomètres, le toubib lui fera quatre infiltrations.[NDLR : d’anesthésiques]L’homme est à bout. Finalement, juste avant d’attaquer l’horrible côte de la Morte, Rodriguez mettra les pouces. » [L’Équipe, 04.06.1984]

 

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Le cycliste colombien Pacho Rodriguez

 

1985 – EFFET SECONDAIRE – Peuvent entraîner des ruptures tendineuses

« II a été prouvé expérimentalement que les corticoïdes modifiaient le métabolisme et la structure de la fibre de collagène, entraînant une fragilité accrue aux contraintes mécaniques / .. ./  Il faut proscrire des infiltrations locales de corticoïdes qui accélèrent le processus dégénératif et peuvent entraîner des ruptures. »[Pr François Bonnel .- Panorama du Médecin, 16.04.1985]

 1986 – Armée: mort pour une contracture du mollet

 « Denis Merle, élève sous-officier à L’ENSOA de Saint-MaixentS (Deux-Sèvres), avait subi à l’infirmerie de la caserne, une infiltration d’anesthésique et de décontracturant musculaire pour une simple déchirure du mollet. Deux heures plus tard, il était découvert dans le coma. Et c’est plus d’une heure après que l’armée confiait Denis au Samu.

Le lendemain, à quatorze heures, les médecins décidaient de débrancher les appareils de réanimation et constataient le décès (… ). Les causes de cette mort risquent de n’être jamais établies avec certitude. A Saint-Maixent, la vie ordinaire  d’un élève sous-officier, c’est avant tout un entraînement physique de haut niveau, mené tambour battant. Après trois mois d’entraînement et de sélection tout allait bien, si ce n’est une légère douleur dans le mollet, ressentie après des séances physiques difficiles (…). Le lundi 6 janvier, vers neuf heures trente, Denis Merle se rend à l’infirmerie à cause de sa douleur dans le mollet. Là, le médecin capitaine Luciano lui fait une infiltration de Xylocaïne®, un anesthésique local, et de Coltramyl®, un décontracturant musculaire dérivé de la Colchicine, au niveau des vertèbres lombaires et une injection du même type au niveau de la zone douloureuse. Aussitôt après, Denis rejoignit sa chambrée où il s’allongea seul. Vers onze heures trente, ses camarades de promotion le découvrent sur son lit en chien de fusil, il ne peut plus parler, a les yeux révulsés et de l’écume aux lèvres. Transporté à l’infirmerie, on lui fait une injection de calmant en intraveineuse et une autre de Coltramyl®. Peu après, le jeune militaire fait un arrêt cardiaque (…). Evacué par le Samu vers le service de réanimation de l’hôpital de Niort, le premier électroencéphalogramme crache son verdict: désespérément plat. Il ne variera plus. » [Libération, 11 .03.1987]

1987 – EFFET SECONDAIRE – Sensation de flush facial après une injection intra-            articulaire

« Un groupe d’une centaine de patients ont été traités par une injection intra- articulaire de 40 mg d’acétonide de triamcinolone dans le genou. Quarante d’entre eux ont ressenti un flush facial qui a été important chez quinze sujets, en moyenne dix neuf heures après l’injection, sensation qui s’est prolongée trente six heures. Dans ce groupe, cette réaction a été plus fréquente chez les femmes. » [Br. Med. J., 1987,295, p 1380]

1987 –  FOOTBALL – Diego Maradona (ARG) : augmentent le tour de taille

 « J’en ai marre de tous ces gens qui me manquent de respect. » Diego Maradona est passé, en quelques mois, de 73,5 kg à 78,5 kg et fait de  plus en plus « petit gros ».« C’est surtout à cause de tous les corticoïdes que j’ai pris pour soigner ma cheville et calmer la douleur » affirme t-il. L’Argentin de Naples se rendra dès cette semaine à la villa Eden de Merano, près de la frontière autrichienne (au nord de l’Italie) pour suivre une cure d’amaigrissement.[Le Sport, 14.10.1987]

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1988 – ATHLÉTISME – 11 infiltrations par le staff médical de l’équipe de France…

 « De nombreux exemples confirment que la pratique des infiltrations est régulièrement vouée à l’échec. Ainsi, ce hurdler français victime de problèmes aux adducteurs ayant subi ONZE infiltrations par le staff médical tricolore et qui doit stopper en demi-finale olympique en 1988. Il doit attendre plusieurs mois avant de fouler à nouveau les pistes. » [Dr Jean-Pierre de Mondenard (FRA), médecin du sport depuis 1973 in « Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

 1989 – EFFET SECONDAIRE – Jamais sur un genou arthrosique sec

« Elles sont utilisées dans les tendinites (celles de la patte d’oie est la plus courante) et dans la pathologie articulaire si, et seulement s’il existe un épanchement articulaire. Un genou arthrosique sec ne doit pas être infiltré. Les douleurs proviennent alors sans doute de l’usure des cartilages et pas d’une réaction inflammatoire synoviale. Il ne faut pas oublier que les cortisoniques intra-articulaires tuent les chrondroblastes et les chondrocytes et peuvent ainsi participer à la détérioration du genou. » [Symptômes, n° 47, 07.09.1989, sup. au n° 4359 du Quotidien du Médecin]

1990 – FOOTBALL – Guy Roux (FRA), entraîneur de l’AJ Auxerre de 1961 à 2005 : « Ça ne pardonne pas »

 « Ce dernier confirmait en 1990 que la pratique des infiltrations était un leurre : « Philippe Vercruysse, Abedi Pelé, Dragan Stojkovic, ont payé les piqûres qui leur ont été faites pour pouvoir jouer en Coupe d’Europe. Ça ne pardonne pas. » [in « Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

2000 – FOOTBALL – Ronaldo (BRE) : un ratage célèbre

Commentaire du Dr Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport français depuis 1973 : « Autre ratage célèbre : le 12 juillet 1998, en passant à travers sa finale contre la France, l’attaquant brésilien Ronaldo, apparaît comme une énième victime des infiltrations. Souffrant des genoux depuis le début du mondial, le corps médical de la Selesao, lui faisait régulièrement des infiltrations pour pouvoir jouer malgré son handicap. On a vu le résultat les deux années suivantes. Peu de matches joués et surtout rupture partielle du tendon rotulien droit, une première fois en novembre 1999, et rupture totale quelques mois plus tard en avril 2000, blessure exceptionnelle chez un footballeur. Dans le cas de Ronaldo, ses genoux refusaient de jouer mais son entourage le voulait sur le terrain. Alors, on injecte et peu importe l’avenir immédiat ou à long terme des articulations et des tendons rétifs. » [Dr Jean-Pierre de Mondenard. – Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

 2012 – GYMNASTIQUE – Laurent Guezelec (FRA), entraîneur national des gymnastes     hommes : « On sait que ce n’est pas bon pour les tendons »

« Danny Rodriguez souffre d’une fissure du biceps brachial depuis deux ans (il avait été opéré en janvier 2010), on savait que ça pouvait arriver, admet le coach. Soit on réparait l’épaule et il n’allait pas aux Jeux, soit on la soignait avec des infiltrations dont on sait que ce n’est pas bon pour les tendons. C’était un pari que le gymnaste et l’encadrement avaient accepté en conscience. » (épilogue : rupture du tendon du biceps et forfait pour les Jeux olympiques de Londres) [L’Équipe, 28.06.2012]

2015 – FOOTBALL – Clément Grenier (FRA), professionnel depuis 2008 : un staphylocoque en prime

« En fait, la vraie problématique reste ce staphylocoque (bactérie contractée lors d’une infiltration effectuée il y a un an) qui me gêne encore. Un muscle, un os, on arrive à trouver des solutions pour le guérir : là, non. » [L’Equipe, 06.03.2015]

 

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Le footballeur français Clément Grenier

 

 

 

 

 

 

 

Cyclisme – En 2017, le tramadol, un antalgique puissant, omniprésent dans le peloton en fin de course, ne sera toujours pas traqué par l’AMA

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Le tramadol, un antalgique avalé en ‘’fin de course’’ est en ligne de mire du MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible), de l’UCI (Union cycliste internationale), de la Sky et de la CADF (Fondation de droit suisse supervisant le programme antidopage de l’UCI) qui militent tous les quatre pour le bouter au-dehors des pharmacies du peloton en le faisant interdire par l’AMA (Agence mondiale antidopage).

Depuis 2012, cette dernière résiste en le laissant croupir sur la liste de surveillance. En 2017, il sera toujours regardé du coin de l’œil par les gendarmes de l’AMA. En 2013, le MPCC a alerté l’UCI et l’AMA afin que cet antalgique de niveau 2 – le tramadol – soit enfin inscrit sur la liste rouge dans le but de stopper sa consommation sportive.

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 La Sky demande son interdiction

La direction de l’équipe britannique Sky – celle de Wiggings et de Chris Froome – en a fait de même en demandant le 28 avril 2014 l’inscription du tramadol à la liste des produits interdits par l’AMA. A cette date, la formation du triple lauréat du maillot jaune affirmait ne plus avoir employé ce médicament : « Sky n’en donne pas à ses coureurs, en compétition comme à l’entraînement, ni comme mesure préventive ni en cas de douleurs existantes », indiqué un porte-parole de l’équipe. « Nous croyons que ses effets secondaires, vertiges et somnolence, sont causes de risques pour la sécurité des coureurs », avait-il ajouté. « Le tramadol n’est pas interdit par l’Agence mondiale, mais telle a été notre position résolue ces deux dernières saisons, et nos médecins comme nos coureurs le savent. A notre avis, il devrait figurer sur la liste, et son utilisation clinique devrait être sous le contrôle du système d’exemption thérapeutique » avait-il conclu.

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Après le MPCC et la Sky, c’est la directrice de la CADF, la docteure Francesca Rossi, qui a  interpellé l’AMA afin qu’elle inscrive le tramadol sur la liste rouge mais l’instance a choisi de maintenir la substance sur la liste jaune dite « Programme de surveillance ». Rossi, pour convaincre l’instance mondiale avait révélé « une statistique qui montre que si le tramadol était interdit dans le cyclisme, il y aurait 675 cas positifs, soit 5,2% de l’ensemble des licenciés en World TourPar rapport aux autres sports, c’est un chiffre énorme. Je pense qu’il y a un abus manifeste. » a-t-elle déclaré à Faenza en Italie lors d’une réunion de médecins exerçant dans le cyclisme.

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 En dernière heure de course

Plusieurs témoignages rapportent que cet « agoniste des récepteurs morphiniques » du système nerveux central est consommé par certains, notamment pendant la dernière heure des courses d’un jour pour « effacer » les douleurs de jambe omniprésentes dans cette partie du parcours où les aspirants au podium cherchent à faire la décision. Dans les effets indésirables, il est noté que le tramadol peut provoquer une somnolence, des vertiges et une hypoglycémie. Ces trois actions collatérales pourraient expliquer en partie un certain pourcentage du nombre de chutes enregistrées tout au long de la saison.

 Une conduite dopante

Le tramadol n’est délivré en France que sur ordonnance et est inscrit sur la liste 1 des substances dangereuses. Cet antalgique de niveau 2 est prescrit en médecine pour des douleurs faibles à modérées après échec du paracétamol (Doliprane®), des anti-inflammatoires ou de l’aspirine. Rappelons que prendre un médicament dans le cadre d’une compétition alors que l’on ne souffre d’aucune affection répertoriée, même si le produit ne figure pas dans la liste, s’apparente à une conduite dopante.

 POST-IT – La famille nombreuse du tramadol, toujours en liste jaune (*) depuis 2012 

Nom commercial

MSM (mis sur le marché) RDM (retiré du marché)
Biodalgic® 2000  
Contramal® 1999  
Ixprim® (+ paracétamol) 2003  
Monoalgic® 2005  
Monocrixo® 2004  
Monotramal® 2005  
Orozamudol® 2005  
Prédalgic® 1999 2002
Takadol® 2001  
Topalgic® 1997  
Trasedal® 2001  
Zaldiar® (+ paracétamol) 2003  
Zamidol® 1999  
Zumalgic® 1999  

 (*) Liste jaune = programme de surveillance de l’AMA. Les produits figurant dans cette liste jaune ne sont pas prohibés mais pourront le devenir si l’instance mondiale en constate le mésusage.

 REPÈRES 

  1. Créé par l’homme dans les années 1970
  2. Disponible dans les pharmacies françaises depuis 1997
  3. En France : délivré que sur ordonnance
  4. Inscrit en liste I
  5. Depuis le 31 janvier 2011, l’Agence du médicament indique que le tramadol fait partie de la liste des médicaments à surveiller
  6. Antalgique central agoniste des récepteurs morphiniques
  7. Présent en grandes quantités au sein d’extraits d’une plante africaine ‘’Nauclea latifolia’’

 POST-IT – Antalgiques centraux et périphériques : faites la différence

 Un antalgique est une substance qui abolit la sensibilité à la douleur. On distingue deux types d’analgésiques ou d’antalgiques.

Les premiers sont les analgésiques narcotiques (souvent appelés morphiniques), qui agissent au niveau central, en élevant le seuil de la perception douloureuses par un effet sur des récepteurs spécifiques. Ils ont une action puissante sur la douleur mais sont en même temps sédatifs et euphorisants ; de plus, ils présentent l’inconvénient de produire une accoutumance et d’entraîner parfois une toxicomanie. Le tramadol fait partie de ce groupe.

Les seconds sont les analgésiques dits « périphériques » parce qu’ils agissent sur les récepteurs périphériques de perception de la douleur. Ils ne sont pas euphorisants et, en principe, ne sont pas sédatifs ; le type en est le paracétamol.