Antidopage – AFLD : bilan 2016 commenté par L’Equipe. Cette dernière donne la parole à… trois personnes de l’Agence. Bonjour l’analyse impartiale des résultats des contrôles !

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[publié le 16 juin 2017]

L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a présenté mardi 13 juin son rapport d’activité 2016. L’Equipe, le quotidien sportif bien connu, commente les principaux points forts en donnant la parole à seulement trois personnalités, toutes appartenant à l’Agence antidopage française.

AFLD : on n’est jamais si bien servi que par soi-même

C’est un peu comme les chiffres du chômage commentés dans la presse en exclusivité et uniquement par le ministre du travail !

Parmi elles, deux non-médecins dont la légitimité pour parler correctement des substances pharmaceutiques et biologiques est nulle.

 

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Bruno Genevois, président de l’Agence française de lutte contre le dopage depuis 2010 ; spécialiste de droit public

 

De nous annoncer que seulement 1,9% des sportifs contrôlés ont présenté des résultats anormaux, montre bien l’étendue des carences de l’AFLD. Qui peut croire qu’un tel résultat traduit la réalité de la triche biologique française ?

Toutes les enquêtes l’ont démontré : lorsque la police s’en mêle, les chiffres des tricheurs sont d’une autre ampleur.

Parmi les « points forts » distingués par L’Equipe, il y a le paragraphe intitulé « Rugby et cocaïne » : « La consommation de cocaïne [qui n’est répréhensible par les autorités sportives qu’en compétition] est devenue préoccupante dans le rugby et le rugby à XIII. »

En d’autres termes, l’Agence mondiale antidopage (AMA) autorise à l’entraînement les stimulants (cocaïne et amphétamines). Et on veut nous faire croire que le CIO, l’AMA et l’AFLD luttent contre le dopage ?

STOP COCAINE    AMPHETAMINES

A l’entraînement aussi !

15 ans de surplace

Dès 2003, à propos du cas de Pieter De Villiers contrôlé positif à la cocaïne et à l’ecstasy (métamphétamine) qui n’avait pas été sanctionné au prétexte que les substances en cause des stimulants étaient prohibées seulement en compétition mais pas à l’entraînement, j’avais dans la presse (Sport et Vie, Sud-Ouest, Le Point) stigmatisé l’absurdité de la règle libéralisant cocaïne et amphétamines à l’entraînement. Dans Le Point du 14 février 2003, j’expliquais que cocaïne et amphétamine n’étaient pas que des drogues récréative ou sociale : « La cocaïne est utilisée dans les salles de musculation pour éteindre la douleur et pousser l’entraînement jusqu’à l’extrême limite. Quant à l’ecstasy, c’est une amphétamine et, à ce titre, elle possède un effet excitant et défatigant également très efficace pour soulever de la fonte. »

Bref, la frontière entre produits stupéfiants et substances dopantes n’existe pas.

Cela fait 15 ans que les sportifs peuvent – avec l’approbation de l’AMA – se doper à l’entraînement en prenant des stimulants réglementairement prohibés seulement en compétition.

Vous avez dit hypocrisie ? Comme c’est bizarre !

 

A lire – Rugby : la cocaïne, de longue date, est un véritable produit dopant au même titre que les amphets – Blog JPDM, 10 mars 2017

Dopage – Une « énième chance » offerte aux Russes qui, pourtant, ont toujours été les plus gros contributeurs en innovations d’aides illicites à la performance

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[publié le 12 avril 2017]

Récemment, le nouveau directeur de l’AMA (Agence mondiale antidopage), Olivier Niggli, a estimé que les autorités russes étaient sur le bon chemin avec « une vraie volonté de changer ». Visiblement, la méthode Coué fait partie de l’arsenal antidopage de l’AMA.

 Depuis le 1er juillet 2016, le Suisse Olivier Niggli, nouveau directeur général de l’AMA, avocat de formation, est présenté dans sa biographie publiée par l’instance filiale du CIO, comme ayant une longue et riche expérience dans le domaine de la lutte contre le dopage, notamment à titre de directeur des affaires juridiques et de chef des finances de l’AMA de 2001 à 2011.

Le CV du directeur de l’AMA est exagérément carencé sur les produits dopants

 Donc, il ignore tout des substances facilitant la performance. Ni médecin, ni pharmacologue, ni physiologiste, c’est-à-dire rien sur la connaissance de la médicalisation de l’effort.

Dans une interview parue dans L’Equipe du 22 novembre dernier, on voit bien que ce personnage n’est pas là pour lutter contre le fléau puisqu’il estime que les autorités russes sont sur le bon chemin avec « une vraie volonté de changer ».

Rappelons à ce monsieur que l’URSS et la Russie sont les plus gros contributeurs en innovations dopantes depuis 1952.

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Ont-ils droit à ‘’une cinquième chance’’ ?

 On va nous rétorquer que les Russes ont droit à « une deuxième chance », sauf que depuis la fin des années 70 et la mise en place de la lutte antidopage internationale, à de nombreuses reprises, soit ‘’plusieurs chances’’, les Russes ont été sur le point d’être exclus dans certaines spécialités sportives (athlétisme en 1978, haltérophilie en 1993, aviron en 2007, biathlon en 2015) et qu’au dernier moment, on a trouvé un arrangement…. en espèces sonnantes et trébuchantes ! Rappelons la règle de certaines Fédérations internationales qui prévoit une suspension d’un an à toute instance nationale et à ses sélectionnés qui compterait plus de trois athlètes positifs dans l’année.

Dans les faits, pour éviter la mise à l’écart des nations phares qui par leur absence dans une compétition mondiale porteraient préjudice au renom de l’évènement, les Fédérations internationales proposent comme deal aux pays contrevenants une sanction financière qui peut être payée en plusieurs versements. Ainsi, le tour est joué pour que les pseudo-valeurs du sport continuent à enfumer le discours des instances dirigeantes du monde du sport et des ministères de tutelle.

 

 

 

 

Dopage – Le CIO et l’AMA, trop souvent à la bourre pour la détection des substances dopantes, rattrapent enfin trente ans de retard sur l’Oral-Turinabol, le stéroïde qui a fait la gloire de la RDA

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[publié le 1er avril 2017]

Mais pendant ces trois décennies, combien de tricheurs ont été médaillés grâce au ‘’T.bol’’ ?

A posteriori, cinq ans après les Jeux de Londres (2012), quatre Russes sont contrôlés positifs au Turinabol® (un stéroïde anabolisant sorti des cornues des pharmaciens d’Allemagne de l’Est en 1965) et indétectable depuis son apparition sur la liste rouge en 1984, soit près de trois décennies.

L’Oral-Turinabol® resté silencieux de 1974 à 2012, refait surface en 2017

Bravo pour l’AMA (Agence mondiale antidopage) et son mentor, le CIO (Comité international olympique) !

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L’Equipe, 31 mars 2017

L’interdiction sportive des stéroïdes anabolisants date de 1974. Mais dès 1972, Roger Bannister, le premier homme à être descendu sous les 4 minutes au mile (3’59’’40 à Oxford le 6 mai 1954) devenu médecin neurologue mais aussi président du Conseil britannique des sports, révèlait que : « Les deux tiers des lutteurs et des haltérophiles ayant participé aux JO de Munich (1972), ainsi qu’un certain nombre de lanceurs, ont reconnu qu’ils avaient utilisé des stéroïdes anabolisants ».

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Roger Bannister, le 1er sous les 4 mn au mile, puis médecin neurologue et président du conseil britannique des sports

Les premiers tests sur les engrais musculaires auront lieu en 1976 aux JO de Montréal. Bilan des éprouvettes : 9 positifs aux stéroïdes anabolisants dont 8 haltérophiles. Si on arrêtait la cure de stéroïdes 15 jours avant les épreuves, ni vu ni connu, les dopés échappaient aux radars olympiques.

RDA – 519 médailles de 1968 à 1988 et aucun positif !

 En 1965, le laboratoire est-allemand Jenapharm Gmbh invente l’Oral-Turinabol®, un dérivé de synthèse de la testostérone l’hormone mâle. Cerise sur le gâteau : il est indétectable si l’on arrête le traitement cinq jours avant les épreuves. De 1968 à 1988, ce stéroïde va être consommé par 10 000 athlètes de RDA. Résultat : 519 MEDAILLES ET AUCUN POSITIF. Un ratio unique au monde.

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Plaquettes d’Oral-Turinabol® commercialisées par Jenapharm de 1965 à 1994

Sauf que l’Oral-Turinabol® va continuer ses prouesses au sein de la gent sportive des Pays de l’Est. Puisqu’encore aujourd’hui, il est toujours commercialisé par d’autres laboratoires signalés sur internet.

Il faut attendre 2013 pour que deux structures analytiques – Cologne et Moscou – mettent au point la technique pour épingler les tricheurs au Turinabol® et au stanozolol. D’où les contrôles positifs à rebours sur les Jeux de Pékin (2008) et de Londres (2012) [voir l’articulet de L’Equipe du 31 mars]

En 2012 : 80 cas positifs à l’Oral-Turinabol®

C’est l’Agence France-Presse (AFP) qui témoigne de cette avancée de la lutte officielle mais cette dernière est restée de longues années les bras croisés. En novembre 2013, l’AFP rapporte les découvertes des deux entités analytiques : « La mise au point d’une nouvelle méthode de détection des stéroïdes anabolisants a abouti en un an à plus de 260 cas positifs qui n’auraient pas pu être décelés sans cela auparavant, a expliqué  un chercheur du laboratoire antidopage de Cologne. ‘’Maintenant nous avons une méthode plus sensible et depuis que nous l’avons lancée en novembre l’an dernier (2012), nous avons trouvé environ 180 cas positifs au stanozolol et 80 cas positifs à l’Oral-Turinabol® que nous n’aurions jamais détectés avant’’ a expliqué Hans Geyer, un des scientifiques de ce laboratoire allemand lors d’une conférence au siège de la Fifa à Zurich.

oral-t-bol-drachensang-100caps-15mgOral-Turinabol® vendu sur internet en 2017

Cette méthode, qui se base sur la recherche d’un métabolite de longue durée dans l’urine, a été mise au point par le laboratoire antidopage allemand pour le volet concernant le stanozolol, le stéroïde trouvé dans les urines de Ben Johnson au terme du 100 m des JO de Séoul en 1988, et par le laboratoire de Moscou pour l’Oral-Turinabol® (déhydrochlorométhyl-testostérone), Le produit dopant de l’ancienne Allemagne de l’Est. Ces résultats ont surpris les chercheurs : ‘’Avant, nous n’avions pas un cas positif à l’Oral-Turinabol® par an, soudain nous mettons au point une nouvelle méthode qui est plus sensible et nous avons maintenant une immense augmentation. Cela veut dire que probablement les athlètes savaient quand il fallait arrêter de prendre ces substances pour ne pas être contrôlés positifs’’ a fait valoir Hans Geyer. »

Le constat est aveuglant. Tout cela montre bien que de 1974 à 2012, des centaines de médailles ont été obtenues grâce à l’Oral-Turinabol® mais aussi au stanozolol. Visiblement, Ben Johnson contrôlé positif au stanozolo en 1988 lors de la finale du 100 m qu’il avait dominé n’était pas un top expert en protocole de dopage.

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Ben Johnson, champion olympique du 100 m en 1988 ; déclassé pour contrôle positif au stanozolol

Pour nous, il y a longtemps que le constat est fait : l’AMA n’est pas la bonne structure pour lutter efficacement contre la triche.

 

 

 

Dopage – Viagra : le team Sky l’aurait testé en 2010 au moment de la création de l’équipe par Dave Brailsford, le grand spécialiste des gains marginaux

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[publié le 19 mars 2017]

Récemment, le quotidien britannique Daily Mail a annoncé dans ses colonnes que la formation cycliste britannique aurait testé les fameuses pilules bleues lors d’un stage en altitude avant la première saison du Team Sky.

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Le petit comprimé losangique bleu le plus connu des ascensionnistes : alpinistes, cyclistes, footballeurs…

A ce jour, le Viagra® n’est toujours pas listé dans le Code mondial antidopage ni dans le programme de surveillance. Mais on sait que des intérêts autres que sportifs déterminent la présence ou non d’une substance dans le codex des produits prohibés. Par exemple, la caféine, un dopant efficace connu et utilisé de longue date par un panel conséquent de compétiteurs, n’expose plus depuis 2004 à un contrôle positif.

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Publicité de Coca-Cola dans le sport – ici le tennis – datant de 1923

Caféine, liste rouge, Coca-Cola : la trilogie impossible

 L’explication de cette étonnante mansuétude à l’encontre de la triméthylxanthine est due tout simplement au fait qu’il ne faut pas être désagréable au bailleur de fonds du Comité international olympique (CIO), la société Coca-Cola. Rappelons que la ‘’petite bouteille brune’’ contient de la caféine. Depuis septembre 2015, afin de probablement augmenter sensiblement la présence de caféine dans le sport, le géant du café GDE n° 2 mondial s’est associé au CNOSF (le Comité olympique français). Ces deux grands partenaires du sport peuvent dire merci à l’AMA.

imagesKBGYLYKNLe monde du sport olympique aux ordres de Coca-Cola

De même pour le Viagra® et ses proches parents, les voir couchés sur la liste rouge ne serait pas opportun pour bon nombre de membres du CIO – d’un âge certain – faisant peut-être appel à ce genre de stimulant sexuel ?

In fine, pour un sociétaire de l’aréopage olympien, dont la majorité dépasse la soixantaine, et qui  potentiellement est dépendant du Viagra®, ce dernier n’aspire pas à être vu par son entourage proche comme consommateur d’un produit étiqueté dopant, notamment sur la notice fournie avec les comprimés losangique bleus.

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Viagra®  ou Cialis®, deux produits utilisés par les sportifs de compétition mais toujours non inscrits sur la liste rouge de l’AMA

De toute façon, tant que les règles du dopage seront sous contrôle de l’AMA (Agence mondiale antidopage qui en réalité devrait se décliner comme l’Agence mondiale d’aide au dopage), il n’y a aucun espoir que l’éthique sportive soit une valeur de l’olympisme.

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Ou AGENCE MONDIALE D’AIDE AU DOPAGE ?

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Pour en savoir plus sur le Viagra® dans le sport, nous vous proposons la fiche enrichie et actualisée à 2017 du « Dictionnaire du dopage » paru en 2004 aux éditions Masson.

la suite…

Punchline Dr de Mondenard

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[publié le 8 décembre 2016]

N° 61

Produits dopants autorisés par l’Agence mondiale antidopage (AMA) –

Depuis 2004, l’AMA autorise un certain nombre de produits dopants sans que le sportif/consommateur ne risque quoi que ce soit comme sanction. Ces drogues de la performance parfaitement connues de la part des tricheurs, figurent dans un programme de surveillance. C’est ce que j’appelle la liste jaune = pas de suspension, qui en 2017, comporte un minimum de 13 produits dopants autorisés.

 

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Document publié par l’AMA en septembre 2016

 

Certains ne sont signalés que sous leur nom de famille, par exemple les glucocorticoïdes hors compétition. Cette dernière comprend une ribambelle de rejetons.

Parmi les dopants autorisés, on trouve la caféine dont il a été démontré à de multiples reprises qu’elle était très efficace dans la majorité des disciplines sportives, dont l’escrime.

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Escrime et caféine : un long parcours commun. Un champion olympique m’avait révélé qu’il buvait quotidiennement deux litres de café par jour pour s’entraîner.

Mais le footballeur aussi peut en tirer un méga profit : plus de précision dans les passes et une détente verticale majorée. Un international français absorbait avant les matches six comprimés de Guronsan® (caféine + vitamine C). Les sportifs du monde entier peuvent dire merci à l’AMA. guronsan-2

Médicament qui contient de la caféine, autorisé depuis 2004 – sans restriction – et hypeconsommé dans le monde du sport quel que soit le niveau de pratique. En dehors des comprimés et des boissons (Red Bull, coca-cola) la caféine existe en injectable

Au final, dans les bilans publiés par cette instance internationale, les différentes fédérations et le MPCC, on se glorifie du faible nombre de cas positifs désespérément bloqués autour de 1 à 3%. La liste jaune permet de mieux comprendre pourquoi il y a si peu de stimulés épinglés.

 

Vladimir Poutine, un président  »expert en dopage » qui, d’un côté, est pour la médicalisation de la performance et dans le même temps fustige les AUT

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Le chef d’état russe estime que pour être un sportif performant il faut être un grand malade, sous traitement, de préférence avec des substances appartenant à la liste des molécules prohibées en et hors compétition. Depuis plusieurs mois, le président russe a eu l’occasion à plusieurs reprises de s’inviter dans les affaires de dopage.

 

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Vladimir Poutine, ceinture noire de judo

 

La médicalisation de la performance est un concept vieux comme le sport

 En avril 2016, en pleine médiatisation du fameux meldonium – produit interdit depuis le 1er janvier 2016 et consommé par le gratin des sportifs russes – Poutine avait doctement expliqué : « Le produit n’a jamais été un produit dopant, il n’influence pas les performances. Le meldonium maintient simplement le muscle cardiaque en bon état quand il est soumis à des efforts soutenus. »

A l’époque où le président – ceinture noire de judo – s’exprimait (mi avril 2016), trente-neuf sportifs russes, dont la joueuse de tennis Maria Sharapova, avaient été contrôlés positifs au meldonium depuis le début de son interdiction. Souvent, certains experts sans avoir fait d’essais de la substance sur des athlètes en pleine activité de compétition, affirment que le médicament est curatif sur un malade mais inopérant sur un sportif.

Rappelons à ces « sachants » que, régulièrement, des études effectuées en laboratoire ou dans le cadre de compétitions donnent des résultats très différents, voire diamétralement opposés.

 POST-IT Tonicorine-Fructose : un médicament français destiné à la fois aux cardiaques et aux sportifs. Le meldonium des années 1960 !

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                  Publicité parue dans l’hebdomadaire médical La Presse médicale en 1960

Cette spécialité des laboratoires Lematte et Boinot a pénétré les rayons des pharmacies hexagonales en 1960 et les a quittés en 1977. Dans le Résumé des caractéristiques du produit (RCP), on note que Tonicorine-Fructose® est une association de camphre, d’une amine cardiotonique (élevant le tonus cardiaque tout en excitant les centres respiratoires) et de fructose (un glucide assurant la nutrition de la fibre cardiaque). Curieusement, cette spécialité comporte dans ses indications, en dehors des pathologies cardiaques et pulmonaires, un problème de santé inattendu : ‘’l’effort sportif’’.

Donc, dès cette époque, on médicalise la performance.

En réalité, en 1914, dans le premier dictionnaire Vidal, il y avait bien ‘’Kolayo’’ (association de Kola-caféine et de coca), une spécialité des laboratoires Sauter ayant pour indications : anémie, débilité générale, neurasthénie et stimulant pour cyclistes.

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                                                               Dictionnaire Vidal 1966

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                                   Résumé des caractéristiques du produit (RCP) Vidal 1966

 Au final, on constate que la médecine depuis plus d’un siècle soigne la performance comme si c’était une maladie. Donc avec le meldonium, un médicament destiné aux cardiaques et aux sportifs en phase de suractivité, les Russes n’ont fait que suivre le mouvement.

Pour en revenir à Poutine, le président omniscient ‘’en tout et n’importe quoi’’ en remet une couche, le 11 octobre 2016, en affirmant « que si l’on ne réglait pas le problème des autorisations de produits à des fins thérapeutiques, à l’avenir seuls les asthmatiques pourront gagner les grandes compétitions ».

 La lutte antidopage en mode AMA autorise un sport à plusieurs vitesses

 L’Agence télégraphique suisse (ATS) revient sur cette saillie médiatique de Vladimir : « Le président russe a critiqué le système des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT), mis en lumière par le piratage de l’Agence mondiale antidopage (AMA) par le groupe de hackers russes Fancy Bears. Le groupe russe d’espionnage informatique Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de Fancy Bears, est à l’origine du piratage de la base de données Adams, le système de gestion et de localisation des sportifs susceptibles d’être contrôlés de façon inopinée par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et de la divulgation, en plusieurs vagues en septembre, d’informations médicales confidentielles concernant plus d’une centaine d’athlètes. Parmi eux figurent notamment les joueuses de tennis américaines Serena et Venus Williams, le joueur de tennis espagnol Rafael Nadal, la gymnaste américaine multiple championne olympique Simone Biles, ou encore les cyclistes britanniques Bradley Wiggins et Christopher Froome. »

Les données publiées par les Fancy Bears révèlent que ces sportifs ont bénéficié d’AUT leur permettant de prendre des médicaments inscrits sur la liste rouge des produits interdits.

 2017 – La compétition à 4 vitesses sous le contrôle bienveillant de l’AMA

 A l’inverse des automobiles, la plus rapide est la 1 devant la 2, la 3 et la 4

 1 – Substances indétectables : EPO génériques, transfusions autologues, etc.

2 – AUT : glucocorticoïdes, salbutamol.

3 –  Programme de surveillance (Liste jaune) : caféine, nicotine, tramadol

4 – Borderlines : dopants non listés (Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.)

Avec cette dérive, on comprend mieux pourquoi les tests positifs sont peu nombreux et ne reflètent en rien la pandémie dopante du sport mondial. Entre les substances interdites mais toujours indécelables (transfusions sanguines autologues, EPO génériques…), les AUT (autorisation de prendre des dopants sous couvert d’un problème de santé fictif), les substances dopantes non prohibées mais néanmoins efficaces qui sont dans le programme de surveillance de l’AMA tells que caféine, nicotine, tramadol, glucocorticoïdes, bêta-2-agonistes… et les produits borderlines (dopants non prohibés : Actovegin®, Néoton®, Viagra®, etc.) il ya de quoi « se préparer » sans risque de se faire gauler par les gendarmes de l’AMA.

Dr Jean-Pierre de Mondenard

Cyclisme – En 2017, le tramadol, un antalgique puissant, omniprésent dans le peloton en fin de course, ne sera toujours pas traqué par l’AMA

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Le tramadol, un antalgique avalé en ‘’fin de course’’ est en ligne de mire du MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible), de l’UCI (Union cycliste internationale), de la Sky et de la CADF (Fondation de droit suisse supervisant le programme antidopage de l’UCI) qui militent tous les quatre pour le bouter au-dehors des pharmacies du peloton en le faisant interdire par l’AMA (Agence mondiale antidopage).

Depuis 2012, cette dernière résiste en le laissant croupir sur la liste de surveillance. En 2017, il sera toujours regardé du coin de l’œil par les gendarmes de l’AMA. En 2013, le MPCC a alerté l’UCI et l’AMA afin que cet antalgique de niveau 2 – le tramadol – soit enfin inscrit sur la liste rouge dans le but de stopper sa consommation sportive.

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 La Sky demande son interdiction

La direction de l’équipe britannique Sky – celle de Wiggings et de Chris Froome – en a fait de même en demandant le 28 avril 2014 l’inscription du tramadol à la liste des produits interdits par l’AMA. A cette date, la formation du triple lauréat du maillot jaune affirmait ne plus avoir employé ce médicament : « Sky n’en donne pas à ses coureurs, en compétition comme à l’entraînement, ni comme mesure préventive ni en cas de douleurs existantes », indiqué un porte-parole de l’équipe. « Nous croyons que ses effets secondaires, vertiges et somnolence, sont causes de risques pour la sécurité des coureurs », avait-il ajouté. « Le tramadol n’est pas interdit par l’Agence mondiale, mais telle a été notre position résolue ces deux dernières saisons, et nos médecins comme nos coureurs le savent. A notre avis, il devrait figurer sur la liste, et son utilisation clinique devrait être sous le contrôle du système d’exemption thérapeutique » avait-il conclu.

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Après le MPCC et la Sky, c’est la directrice de la CADF, la docteure Francesca Rossi, qui a  interpellé l’AMA afin qu’elle inscrive le tramadol sur la liste rouge mais l’instance a choisi de maintenir la substance sur la liste jaune dite « Programme de surveillance ». Rossi, pour convaincre l’instance mondiale avait révélé « une statistique qui montre que si le tramadol était interdit dans le cyclisme, il y aurait 675 cas positifs, soit 5,2% de l’ensemble des licenciés en World TourPar rapport aux autres sports, c’est un chiffre énorme. Je pense qu’il y a un abus manifeste. » a-t-elle déclaré à Faenza en Italie lors d’une réunion de médecins exerçant dans le cyclisme.

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 En dernière heure de course

Plusieurs témoignages rapportent que cet « agoniste des récepteurs morphiniques » du système nerveux central est consommé par certains, notamment pendant la dernière heure des courses d’un jour pour « effacer » les douleurs de jambe omniprésentes dans cette partie du parcours où les aspirants au podium cherchent à faire la décision. Dans les effets indésirables, il est noté que le tramadol peut provoquer une somnolence, des vertiges et une hypoglycémie. Ces trois actions collatérales pourraient expliquer en partie un certain pourcentage du nombre de chutes enregistrées tout au long de la saison.

 Une conduite dopante

Le tramadol n’est délivré en France que sur ordonnance et est inscrit sur la liste 1 des substances dangereuses. Cet antalgique de niveau 2 est prescrit en médecine pour des douleurs faibles à modérées après échec du paracétamol (Doliprane®), des anti-inflammatoires ou de l’aspirine. Rappelons que prendre un médicament dans le cadre d’une compétition alors que l’on ne souffre d’aucune affection répertoriée, même si le produit ne figure pas dans la liste, s’apparente à une conduite dopante.

 POST-IT – La famille nombreuse du tramadol, toujours en liste jaune (*) depuis 2012 

Nom commercial

MSM (mis sur le marché) RDM (retiré du marché)
Biodalgic® 2000  
Contramal® 1999  
Ixprim® (+ paracétamol) 2003  
Monoalgic® 2005  
Monocrixo® 2004  
Monotramal® 2005  
Orozamudol® 2005  
Prédalgic® 1999 2002
Takadol® 2001  
Topalgic® 1997  
Trasedal® 2001  
Zaldiar® (+ paracétamol) 2003  
Zamidol® 1999  
Zumalgic® 1999  

 (*) Liste jaune = programme de surveillance de l’AMA. Les produits figurant dans cette liste jaune ne sont pas prohibés mais pourront le devenir si l’instance mondiale en constate le mésusage.

 REPÈRES 

  1. Créé par l’homme dans les années 1970
  2. Disponible dans les pharmacies françaises depuis 1997
  3. En France : délivré que sur ordonnance
  4. Inscrit en liste I
  5. Depuis le 31 janvier 2011, l’Agence du médicament indique que le tramadol fait partie de la liste des médicaments à surveiller
  6. Antalgique central agoniste des récepteurs morphiniques
  7. Présent en grandes quantités au sein d’extraits d’une plante africaine ‘’Nauclea latifolia’’

 POST-IT – Antalgiques centraux et périphériques : faites la différence

 Un antalgique est une substance qui abolit la sensibilité à la douleur. On distingue deux types d’analgésiques ou d’antalgiques.

Les premiers sont les analgésiques narcotiques (souvent appelés morphiniques), qui agissent au niveau central, en élevant le seuil de la perception douloureuses par un effet sur des récepteurs spécifiques. Ils ont une action puissante sur la douleur mais sont en même temps sédatifs et euphorisants ; de plus, ils présentent l’inconvénient de produire une accoutumance et d’entraîner parfois une toxicomanie. Le tramadol fait partie de ce groupe.

Les seconds sont les analgésiques dits « périphériques » parce qu’ils agissent sur les récepteurs périphériques de perception de la douleur. Ils ne sont pas euphorisants et, en principe, ne sont pas sédatifs ; le type en est le paracétamol.

Punchline Dr de Mondenard

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N° 51

Récemment, il a été décidé de la création d’une Agence  »réellement indépendante » pour traiter les affaires de dopage qui doit être chapeautée par l’Agence mondiale antidopage (AMA). On frise le ridicule une fois de plus. Ou l’AMA est véritablement indépendante et on ne voit pas l’intérêt d’une nouvelle entité faisant doublon ou alors l’AMA n’est pas indépendante du monde sportif (ce que tout le monde sait) et à partir de là ce n’est pas cette dernière qui doit coiffer la nouvelle structure indépendante, mais l’inverse.

C’est-à-dire que l’AMA doit être sous étroite surveillance.

Les corticoïdes injectés localement pour une compétition, sont en liste jaune depuis 2015

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L’Agence mondiale antidopage (AMA), depuis sa main mise sur la liste rouge en 2004, a instauré dans le même temps une liste jaune dans une rubrique intitulée : Programme de surveillance que l’instance mondiale légitime ainsi : « Le Code mondial antidopage (4.5) spécifie que « l’AMA, en consultation avec les autres signataires et les gouvernements, établira un programme de surveillance portant sur d’autres substances ne figurant pas dans la Liste des interdictions, mais qu’elle souhaite néanmoins suivre pour pouvoir en déterminer les indices de mésusage dans le sport. »

 

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Des injections sur la sellette

 

Ainsi, chaque année, sont incluses dans la liste de surveillance différentes substances. Depuis 2012, sont en ligne de mire, les glucocorticoïdes mais seulement hors compétition (toutes voies d’administrations, infiltrations comprises). En revanche, depuis 2015, en compétition, l’ensemble des voies locales – périarticulaires et articulaires comprises (connues sous le nom d’infiltrations) – sont dans l’œil du viseur.

Tous ces ajouts dans le programme de surveillance démontrent bien que l’AMA n’est pas insensible à la dérive galopante des infiltrations.

Rappelons le fameux meldonium, médicament russe destiné aux cardiaques et consommé dans un but de performance par les athlètes, avait figuré en 2015 en et hors compétition sur le fameux Programme de Surveillance pour être officiellement inscrit en liste rouge au 1er janvier 2016. Dans les mois suivants, un nombre conséquent de sportifs russes ont été épinglés par la patrouille dont la championne de tennis Maria Sharapova.

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Tour de France – Geert Leinders, médecin de la Rabobank de Rasmussen puis de la Sky de Froome de 2010 à 2012, fait partie de la liste noire de l’AMA

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Dans L’Equipe du 11 juillet, on lit une ITW de Michael Rasmussen, le Danois qui fut en passe de remporter le Tour 2007 mais retiré de la course par son équipe après sa victoire au sommet de l’Aubisque pour avoir menti sur ses lieux d’entraînement et donc la possibilité de le contrôler au plan du dopage pendant cette période propice aux préparations haute performance. L’entretien de Chicken (son surnom de coureur) signé par Philippe Brunel, revient sur l’épisode Rabobank-Rasmussen du Tour 2007 :

 

RASMUSSEN

Le Danois Michael Rasmussen, exclu du Tour 2007

 

 Que vous inspire avec le recul l’attitude des responsables de la Rabobank ?

« Ils savaient tous où je m’entraînais. Mais en me licenciant, ils voulaient sauver l’équipe, les apparences. Après, on a su que le docteur belge Geert Leinders (ex-médecin de l’équipe depuis 1996) envoyait Michael Boogerd et Denis Menchov (deux anciens coureurs de l’équipe) dans un laboratoire (Humanplasma) en Autriche, ce que j’ignorais jusqu’en 2005. »

A aucun moment dans L’Equipe, on ne rappelle que ce praticien – après la fin de l’équipe Rabobank en 2009 – a été recruté pendant deux ans (2010-2012) pour des gains marginaux par David Brailsford, le manageur du team Sky, avant que son passé de dopeur ne le rattrape. Depuis 2015, le Dr Leinders figure sur la liste noire des 114 personnages à ne pas fréquenter lorsqu’on est sportif de compétition.

Signalons que Chris Froome appartenait à l’équipe Sky entre 2010 et 2012, période au cours de laquelle il a fait 2e (2011) et 4e (2012) de la Vuelta et 2e du Tour de France 2012 et que le médecin des gains marginaux s’appelait donc  … Leinders. Cette information ne figure pas dans L’Equipe. Pourquoi ?

PODIUM 2012

Chris Froome, 2e du Tour de France 2012, derrière son compatriote Bradley Wiggins