Le rugby : est-il un sport avec des  »valeurs » ou un combat de rue encensé par la presse sportive ?

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L’Equipe du 11 février revient sur le match France-Irlande 1982 remporté 22-9 par le XV de France sur la pelouse du Parc des Princes. Victoire qui lui évitera la cuillère de bois mais pas les critiques sur sa façon de concevoir le sport. Alors qu’actuellement des pages entières sont consacrées aux commotions cérébrales et à leurs conséquences sur l’avenir mental des joueurs, le quotidien sportif hexagonal glorifie les joueurs dont le seul objectif est de balancer des coups plus ou moins sournois à l’adversaire !

RUGBY-L'EQUIPE

Question de marrons…

 C’est la mémoire de Jean-François Imbernon, l’un des acteurs de ce France-Irlande, qui est sollicitée pour faire revivre ce combat où il est souvent question de « marrons ». Déjà, le titre « Sur ses côtes à pieds joints » montre l’étendue du peu de respect de l’adversaire et des lois du jeu. Une grande partie de l’interview concerne les coups tordus, défendus, pour faire mal. Rappelons qu’à l’époque, le médecin de l’équipe de France distribuait à ses ouailles du Captagon®, une amphétamine qui facilitait l’agressivité et la violence.

On est en 2016 et on glorifie toujours de tels comportements.

Si les joueurs veulent taper sur leurs adversaires, qu’ils prennent donc une licence à la Fédération de boxe, de catch, de sumo ou de MMA…

La première notion que l’on devrait apprendre aux compétiteurs et aux journalistes sportifs c’est le respect du corps. On constate dans l’entretien qu’Imbernon joue la rencontre avec une cheville en vrac,  donc déjà lui-même ne respecte en rien son corps qui est pourtant son partenaire n° 1 pour toute une vie alors comment peut-il respecter celui de l’adversaire ? Au final, le plus désolant – le mot est faible – c’est que le journaliste – lui-même à l’abri des coups – glorifie sans vergogne la castagne.

Le rugby joué avec de tels instincts et une telle mentalité ne m’intéresse pas. Et pourtant on nous ‘’gonfle’’ à longueur d’ouvrages, d’interviews et d’articles sur les valeurs du rugby.

Des valeurs abstraites

A la tirade pour le moins naïve de Bernard Lapasset, ancien président de la FFR (Fédération française de rugby) de décembre 1991 à mai 2008 : « Si nous avons quelque chose à vendre, ce sont nos valeurs. D’autant que nous sommes dans l’air du temps. La solidarité, le respect des autres et des règles, la générosité sont d’actualité. Les chefs d’entreprise s’identifient de plus en plus à ces valeurs-là », je préfère celle de l’animateur de RMC Sports mais aussi international à quatre reprises, Vincent Moscato, qui n’est pas dupe de la nature humaine : « Mais il n’y a pas plus de valeurs au rugby qu’ailleurs ! Le rugby, c’est la vie, c’est une question de pouvoir. Le nombre de trahisons qu’il y a dans ce sport est égal au football ou ailleurs. Dans le rugby, c’est le jeu qui a de la valeur. Mais les hommes… pas plus qu’ailleurs ! Simplement, le jeu a une telle valeur d’exigence, de combat, que des fois, il déteint sur les hommes et leur donne quelques vertus. »

Visiblement, le JEU n’avait pas imprégné à la fois Jean-François Imbernon – le deuxième ligne de Perpignan entre 1972 et 1985 et 23 fois international entre 1976 et 1983 – auteur des propos et Philippe Pailhories, l’envoyé spécial de l’Équipe qui les avait recueillis.

Au final, ce qui nous dérange n’est pas que les rugbymen se tapent dessus à bras raccourcis mais que les plumitifs les mettent en valeur comme des actes commis par « des hommes, des vrais ! »

Dictionnaire Vidal 2016 : les mêmes erreurs perdurent depuis 2005 !

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Récemment, sur ce blog, je vous faisais part des carences du dictionnaire des médicaments Vidal qui dans les RCP (résumé des caractéristiques du produit) mentionnait que le Guronsan® (caféine) et les pastilles Drill® (tétracaïne) notamment ne devaient plus depuis 2004 comporter – par rapport au dopage – la mise en garde aux sportifs. En effet, à cette date, l’Agence mondiale antidopage (AMA) avait retiré des interdictions : caféine, tétracaïne et aussi phényléphrine.

Le Vidal 2016 vient de sortir en début d’année et les RCP des médicaments contenant caféine, tétracaïne et phényléphrine sont toujours affublées de la mise en garde aux sportifs. De même, les notices dans les boîtes des médicaments sont toujours obsolètes depuis 2004.

VIDAL 2016

 

Précisons que les RCP du Vidal sont sous le contrôle de l’Agence du médicament. Donc, en vérité, c’est cette Agence d’Etat qui doit être montrée du doigt pour son manque de professionnalisme.

Vélo à assistance électrique : existe depuis 2008

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 Selon Danilo Di Luca, vainqueur du Giro 2007 mais aussi grand consommateur de potions magiques (plusieurs fois épinglé par la patrouille antidopage) au moment de sa retraite, contraint et forcé après la fin de la saison 2013 (suspendu à vie le 5 décembre par le tribunal national antidopage du Comité olympique italien – CONI – ), avait lors d’une interview à la télévision italienne lâché quelques vérités dérangeantes sur le milieu qu’il quittait sans trop de regrets : « Depuis cinq à six ans, il existe un petit appareil qui se met sur le vélo et permet de développer 150 watts ».

DANILODILUCA

                                                       Danilo Di Luca 

Dans les compétitions, quelle que soit la catégorie, je suis obligatoirement contre le dopage technologique. Dans le cas où cette aide mécanique à la performance serait autorisée, on assisterait alors à des compétitions de machines avec des moteurs de plus en plus gonflés en watts. Très rapidement, le public se désintéresserait de ce genre de spectacle.

En revanche, pour ceux qui ne font pas de compétition mais dont la valeur physique baisse avec l’âge tout en voulant encore gravir des cols ou emprunter des parcours accidentés sans risquer le surmenage cardiaque et qui sans cette aide n’y arriveraient pas, pourquoi pas… ?

CYCLOTRACTEUR

 

 

Effets collatéraux du dopage technologique : c’est la santé des non-motorisés qui trinque !

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 Le « dopage mécanique » consiste à utiliser des méthodes illégales d’augmentation de la performance de 3 à 5% grâce à une technique utilisant un petit moteur électrique dissimulé dans le cadre d’un vélo ou dans les roues. Rappelons que l’EPO et la transfusion sanguine donnent un bonus de 5 à 10% (tous les sportifs ne sont pas répondeurs au même niveau).

Néanmois, dans le règlement de l’Union cycliste internationale (UCI) pour cette fraude totalement en désaccord avec la notion d’éthique sportive, les athlètes épinglés ne sont mis à pied que 6 mois, l’instance uceienne arguant que la santé des compétiteurs-tricheurs n’est pas en jeu. Pourtant, avec un tel handicap, les concurrents fair play – pour suivre les adeptes du vélo avec assistance électrique (VAE) – sont obligés de se mettre automatiquement dans le rouge lors des démarrages, des ascensions, des échappées, soit chaque fois qu’ils doivent répondre aux attaques décisives.

Ajoutons que le but de la compétition, c’est de performer, de se faire remarquer. Personne ne souhaite être largué, ni même terminer dans le peloton des battus autrement dit avec les etc… Comment se valoriser avec de tels résultats ?

Donc les motorisés, en imposant aux autres un effort exagéré, les contraint à prendre des risques avec leur santé. In fine, le dopage technologique est mauvais pour la santé des autres alors que la manipulation biologique expose à la fois le consommateur de drogues de la performance mais aussi son adversaire qui tente – arcbouté sur sa machine – de le suivre jusqu’à ce qu’il explose.

TENNIS – Le Top 100 : trop  »propre » pour être honnête ?

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Le tennisman italien Fabio Fognini, lors de l’interview donnée au site Tennis World Italia du 23.12.2015, en est pénétré : « Je peux vous assurer que dans le Top 100 personne ne se dope. Je parle seulement du Top 100 parce que je connais les joueurs, je joue contre eux. De toute façon, on nous teste 20 fois par an, il est impossible de tricher »

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Une fois de plus, la désinformation est entretenue par le milieu et les joueurs eux-mêmes mais aussi les plumitifs qui retranscrivent leurs propos pro domo sans sourciller, ni ajouter un bémol à de telles affirmations non vérifiables dans la mesure où depuis le début de la lutte antidopage au milieu des années 1960 il existe des substances indétectables. Il est donc impossible à qui que ce soit d’affirmer quel joueur se dope ou pas.

Cependant, Fognini n’est sûr que des cent premiers. Est-ce à dire qu’au-delà, il ne répond de rien et lui-même avant ce classement, a-t-il dû user de drogues de la performance  pour rejoindre le Top 100?

Martelons encore et toujours qu’un contrôle négatif ne prouve rien et que des athlètes tel Lance Armstrong a pu passer « plus de 500 contrôles » tous négatifs et être dopé tout le long de sa carrière. Ajoutons qu’ils sont nombreux à avoir subi des dizaines de contrôles négatifs alors qu’ils étaient dopés. Alors que chaque fois que la police, la gendarmerie, les douanes perquisitionnent les habitations et les valises, les scores des positifs s’envolent ! Le jeu pour les sportifs étant de prendre des produits efficaces mais indécelables.

En réalité, les laboratoires cherchent des produits que les sportifs ne prennent plus et ces derniers consomment des substances que les laboratoires ne trouvent pas.

La triche étant consubstantielle à l’homme, il n’y a aucune raison technique, tactique, physique, physiologique, morphologique scientifiquement argumentée pour affirmer que le dopage est inefficace sur un court de tennis.

Se poser encore la question de savoir si telle ou telle spécialité sportive est touchée par le dopage, relève d’une démarche intellectuelle totalement dépassée. L’usage de produits dopants existe depuis la nuit des temps, au même titre que le vol, le mensonge, la tricherie et fait partie de la nature humaine et non de telle pratique sportive. Or, d’un aveu unanime, les présidents, médecins et joueurs de tennis affirment : « Il n’y a pas de dopage dans mon sport » et avancent comme argument à la soi-disante inefficacité des pilules de l’effort : « Le tennis requiert des qualités de réflexe et d’intelligence qui risquent d’être perturbées par le produit » ou « On ne connaît pas à l’avance la durée du match » et « Elles perturbent la précision du geste ». Ces avis sont loin d’être partagés par le physiologiste François Ruff qui, dès le début des années 1980 dans le quotidien L’Aurore du 1er septembre, avait bien décodé ces faux arguments : « Le dopage n’épargne aucun sport en principe. Qu’il soit d’adresse ou non, qu’il soit ou non de durée variable. Car on peut prendre un dopage à la carte, par doses successives et en mélangeant les produits suivant les effets qu’on en attend» Au fil des ans, j’ai relevé toute une série de pseudo-arguments véhiculés par le milieu de la petite balle jaune.

POSITIVE ATTITUDE

« Les forçats de la langue de bois »

Arguments angéliques, minimalistes ou tout simplement bidons du ‘’milieu des courts’’ :

          « On ne connaît pas à l’avance la durée du match »

          « Les dopants perturbent la précision du geste »

            « Avec tous ces contrôles, on ne peut pas tricher »

            « Trop compliqué pour se doper »

            « Parce que le tennis n’est pas un sport d’équipe mais un sport individuel »

            « Les joueurs de tennis sont trop individualistes et ne font que se croiser »

            « La cocaïne n’améliore pas les performances »

            « Les joueurs ont une haute idée de l’éthique »

Argument ultime :  »le tennis va peut-être être contaminé par la triche biologique car il devient de plus en plus physique ». On touche là l’hypocrisie maximale des accros du filet car dès 1922 – soit près d’un siècle – le journaliste Paul Hamelle dans le Miroir des Sports avait constaté que : « Le tennis devient un sport de plus en plus athlétique ».

TENNIS

Aujourd’hui, alors que les cadors des courts dépassent tous 1,90 m et que les balles de service peuvent atteindre plus de 200 km/heure, les courts de tennis seraient épargnés par le dopage ! Poser la question, c’est y répondre. N’est-ce pas le Kid de Las Vegas ?