Verticale de la Tour Eiffel 2017 c’est demain ! Cette ascension a plus d’un siècle d’existence (111 ans). Documents à l’appui.

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[publié le 15 mars 2017]

A l’occasion de l’édition 2017, un direct est programmé ce jeudi sur Eurosport 2 à 20 h 40.  Tour 2

                                         Illustration du site verticaletoureiffel.fr

 Le premier lauréat, Eugène Forestier, était cycliste de compétition. Il a remporté la grimpette inaugurale le 26 novembre 1905.

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Pour mieux connaître cette épreuve, je vous propose quelques écrits et informations sur l’histoire de cette ascension séculaire.

1905 – TOUR EIFFEL – Des cyclistes champions de l’escalier   

Alors qu’aujourd’hui les cyclards professionnels fuient les escaliers de peur de s’épuiser et de se faire mal aux jambes, il y a un peu plus d’un siècle était proposée aux sportmen l’ascension des 729 marches de la Tour Eiffel. Cette compétition a eu lieu le dimanche 26 novembre 1905. Patronné par le quotidien Les Sports de Georges Prades, le championnat de l’escalier consistait à grimper les 729 marches conduisant au 2e étage, à une altitude de 115 mètres.

Le vainqueur, Eugène Forestier, âgé de 28 ans, cycliste de compétition, remporte cette première édition en 3’ 12’’ 4/5 ; le prix de sa victoire : un vélo ! Signalons que le palmarès routier de Forestier comporte plusieurs places d’honneur : 2e aux Championnats de France amateurs, 15e au Tour de France 1908 et 10e à Paris-Brest-Paris 1921. Le compte rendu du championnat de l’escalier publié dans La Vie au Grand Air du 1er décembre 1905 constate que : « Malgré le vent, fort gênant pour l’exécution de leur performance, les 50 premiers concurrents ont tous fait le parcours dans un temps variant entre 3’12’’ 4/5 et 4’9’’ ; parmi eux, les cyclistes sont les plus nombreux. Est-ce à dire qu’ils soient ‘’sur les escaliers’’, supérieurs aux coureurs à pied ? Cela est possible. Ce qui est le plus certain c’est que les premiers étaient spécialement entraînés à ce sport ? »

Comme quoi, les géants de la route peuvent ‘’bien marcher’’ dans les courses d’escalier.

 1906- 2e ASCENSION de la Tour Eiffel le 18 novembre 

 Lauréat : Eugène Neveu

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     Autres épreuves

 1903 – LE CHAMPIONNAT DE L’ESCALIER à La Butte Montmartre – 256 marches

 Le 14 juillet 1903, La Revue Sportive organisait la grimpette du Sacré-Cœur par les 256 marches de la rue Foyatier. Le meilleur temps ( ?) a été réalisé par Ferdinand de Baeder à la fois directeur, organisateur, starter et concurrent efficace.

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 1978 – EMPIRE STATE BUILDING RUN’UP – 86 étages et 1 576 marches

 Record masculin : 9 min 33 sec. par Paul Crake (AUS) en 2003 ; record féminin : Andrea Mayr (AUT), 11 min 23 sec en 2006 

Depuis 1978, chaque année, une course extrême a lieu dans l’escalier de l’Empire State Building. La 40e édition a été disputée le 17 février 2017. En ascenseur, il faut seulement 55 secondes pour atteindre le sommet du bâtiment à la pointe argentée.

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1985 – TOUR MONTPARNASSE : 20 avril

Epreuve réservée aux Grandes Ecoles. Ascension des 59 étages et 1 214 marches de la Tour Montparnasse. 1er : Jean-Paul Bobes des Arts et métiers en 6 mn 46 sec.

A noter que l’ascenseur met 38 secondes.

2017 – LE CIRCUIT MONDIAL des courses d’escaliers recense plus de 200 épreuves à travers le monde

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Pour le site Rue 89 : « La plus longue se situe à Radebeul, en Allemagne, dans la banlieue de Dresde. Le chiffre donne le tournis : 39 700 marches pour 8 848 m de dénivelé. La hauteur de l’Everest. Pour Thomas Dold (8 victoires à New York de 2006 à 2013), la plus belle se déroule dans les Alpes suisses. La Niesen Treppenlauf compte 11 674 marches, parallèles à un funiculaire. Départ dans la vallée, arrivée au sommet. Les plus affûtés les montent au petit trop. Les autres marchent. Et certains finissent à quatre pattes. »

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 Pour compléter l’information sur course et escaliers, nous vous proposons :

1 – Le palmarès des Championnats de l’escalier dans la Tour Eiffel depuis 1905

2 – La Tour Eiffel en chiffres

3 – Escaliers en chiffres

HISTORIQUE.CHAMPIONNAT DE L’ESCALIER

CHIFFRES РESCALIERS (mont̩e des marches)

HISTORIQUE.CHAMPIONNAT DE L’ESCALIER

RUGBY – Arrêt sur image : le match Stade Français-Racing du 24 novembre 1907

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[publié le 15 mars 2017]

A l’occasion de la fusion Racing 92 – Stade Français qui secoue le monde de l’ovalie, il est bon de rappeler que ces deux géants du rugby tricolore ont ferraillé pour le titre de Champion de France entre 1892 et 1908 : 8 titres à 3 pour le Stade Français.

En feuilletant La Vie au Grand Air, fabuleuse revue de sport illustrée, nous avons retrouvé une image d’une confrontation en cours de saison entre les deux clubs de la capitale.

C’était au Polo de Bagatelle (Paris, 16e) le 24 novembre 1907. Le Stade l’avait remporté 11-0 (3 essais)

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La Vie au Grand Air, 1907, n° 480, 30 novembre, p 436

 

Cyclisme – Paris-Nice : L’Equipe et les emplois fictifs…

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[publié le 13 mars 2017]

L’Equipe de samedi 11 mars nous donne un aperçu éclairant sur l’ignorance de ses journalistes ‘’experts en cyclisme’’ et l’absence chronique de relecteurs (emplois fictifs).

Pages 38-39, le quotidien fait la présentation de la 7e étape au profil déterminant pour la victoire finale. En effet, plusieurs cols sont au programme dont le très redouté col de la Couillole, une difficulté inhabituelle à cette période de la saison.

Caractéristiques du col de la Couillole :

Altitude                       : 1 678 m

Distance                       : 16,7 km

Dénivelé                       : 1 181 m

Pourcentage moyen      : 7,1%

Sur la page 38 de L’Equipe, figure en grand et en gras l’altitude de… 1 778 m !!

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L’Equipe, samedi 11 mars 2017

 

Résultats des courses : comme L’Equipe est la bible des commentateurs du direct, notamment pour Les Rois de la Pédale d’Eurosport, on a eu droit pendant toute la 7e étape à la fausse altitude de la Couillole dépassant pour les ‘’spécialistes’’ du micro largement 1 700 m. Aucun des chroniqueurs d’Eurosport, dont au moins un, avait reconnu le col à vélo, n’a rectifié l’erreur donnant la bonne altitude : 1 678 m

Bonjour la désinformation.

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Col de Couillole, véritable altitude : 1678 m

POST-IT

Ce col, je l’ai grimpé six fois. Ma première ascension remonte au 10 juillet 1972, du côté Est – le plus dur – celui qui était proposé au peloton de Paris-Nice 2017.

    col couilloleJPDM – Col de la Couillole, 10 juillet 1972

Dopage – Rugby : la cocaïne, de longue date, est un véritable produit dopant au même titre que les amphets

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[publié le 10 mars 2017]

Que le milieu sportif en général et le rugby en particulier – à chaque contrôle positif de l’un d’eux – n’ait comme défense que le mot festif à la bouche montre bien qu’avec eux le dopage n’est pas près d’être marginalisé.

La cocaïne et un vrai dopant. Lire ci-dessous les bonus attendus :

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Rugby – Des franchissements de ligne suspects

POST-IT – Les bonus attendus : effets recherchés par les sportifs.

  • Accentuer l’acuité cérébrale afin de mieux percevoir et plus vite la lecture du jeu (sports d’équipe, tennis, etc.)
  • Exalter vigilance et mémorisation
  • Stimuler l’humeur : euphorie
  • Ajuster les réflexes
  • Jouer relâché pour libérer ses coups le long des lignes (tennis)
  • Tenter des coups (tennis) ou des tirs (football, basketball) « impossibles »
  • Se sentir imbattable, invincible, pourvu de forces décuplées (sports d’équipes et individuels)
  • Franchir les barrières, les obstacles ou les parois qu’en temps normal seraient jugées hors des limites humaines (alpinisme, escalade)
  • Tous ces « avantages » sont obtenus pour une durée de 20 à 40 minutes après avoir reniflé une dose de cocaïne
  • Augmenter l’endurance sans viatique nutritionnel surajouté
  • En musculation, permet de mieux supporter les sensations douloureuses au cours des dernières répétitions des séries très intenses, ce qui aide le sportif à se dépasser. De plus, elle sensibilise les muscles à l’action du système nerveux, ce qui augmente la force (rugby, haltérophilie, sports dans lesquels la masse physique peut faire la différence…).

Le docteur Claude Olievenstein, l’un des grands spécialistes des drogues,  expliquait il y a près de 40 ans les effets favorables de la coke sur la performance :

La prise de coke est-elle compatible avec l’effort sportif de haute compétition ? 

« Bien sûr ! La cocaïne a un effet excitant et défatigant. Lorsque l’intoxication n’est pas dans sa phase avancée, elle donne des réflexes mieux ajustés. Elle procure une euphorie qui se double d’un sentiment de toute-puissance et d’invulnérabilité. Elle augmente la clairvoyance. En cela, ses effets sont assez comparables à ceux des amphétamines. J’ai été, en tennis, surpris plus d’une fois par les dilatations de pupilles… C’était visible à la télévision ! »

 STOP COCAINE

Autorisée dans l’intervalle des compétitions !!!

Compte tenu qu’elle est facilement détectable, elle est devenue un produit stimulant de l’entraînement et des contraintes de vie de la haute compétition, notamment en raison de la surdose des chocs et autres plaquages sur des années.

Autorisée par l’AMA (Agence mondiale antidopage) dans l’intervalle des compétitions, elle booste les charges d’entraînement et donc le résultat des matches.

Plusieurs joueurs du Top 14 ont eu récemment maille à partie avec la cocaïne, un stimulant souvent plus efficace que les amphétamines. Rappelons que l’AMA distingue des substances interdites seulement en compétition et les autorisent pendant l’entraînement. La cocaïne appartient à cette catégorie et peut être consommée en toute liberté du lundi au samedi si, bien sûr les matches ont lieu le dimanche.

Une règle absurde qui pousse à nous interroger sur la véritable qualification des experts du Comité liste de l’Agence antidopage.

La permission de se doper à la cocaïne à l’entraînement existe depuis 2002-2003 et la main mise de l’AMA sur l’antidopage planétaire

Il y a 14 ans, Pieter De Villiers, un international français d’origine sud-africaine, lors d’un contrôle inopiné au centre de musculation du Stade Français à l’Aquaboulevard, avait été testé positif à la cocaïne et à l’ecstasy (métamphétamine). Il n’avait pas été sanctionné au prétexte que les substances en tant que stimulants n’étaient pas prohibées en dehors de la compétition. Rien n’a donc changé depuis 14 ans dans le petit monde des instances sportives fédérales et antidopage. Aujourd’hui, je n’ai pas besoin de réécrire un article, j’avais dans Sud-Ouest Dimanche et le bimestriel Sport et Vie, ainsi que dans l’hebdomadaire Le Point au début de l’année 2003 déjà, détaillé l’absurdité de la règle libéralisant la cocaïne à l’entraînement.

Au final, on constate que l’Agence mondiale antidopage n’est pas la bonne structure pour lutter efficacement contre le dopage en laissant les sportifs se sublimer pendant les entraînements (certains en ont trois par jour) pour booster leurs performances en compétition.

Merci l’AMA.

POST-IT – Drogue ou dopant ?

Le quotidien L’Equipe a mis 32 ans pour comprendre que la cocaïne dans le sport pouvait être un dopant efficace. Le 21 novembre 1985, deux collaborateurs de la rubrique tennis écrivent sur la cocaïne une page entière titrée « Blanc comme neige ? » et, pour bien montrer dans quel camp ils sont alors qu’ils n’ont aucune légitimité pour donner un avis sur la substance, leurs textes se déclinent sous la manchette : « Dossier drogue ».

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L’Equipe,  21 novembre 1985

J’apparais dans un encadré alors qu’aucun des deux plumitifs ne m’a jamais contacté directement. A l’époque, dans les médias, je mettais en garde le milieu sportif dans son ensemble que la cocaïne n’était pas qu’une drogue sociale, récréative ou festive mais aussi un vrai produit dopant. D’ailleurs, elle avait commencé ‘’sa carrière’’ au XVe siècle en tant que soutien de l’effort physique. Par un effet pendulaire dont les journalistes ont le secret, dans L’Equipe du 28 février 2017, ils se sont mis à trois pour titrer leur papier « Il est urgent d’agir » en admettant en chœur que « l’usage [de cocaïne] peut être récréatif mais son action dopante est réelle. »

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L’Equipe, 21 novembre 1985

LES FLOPS

Sport et vie

SUD OUEST

BIB – Cocaïne et dopage (JPDM)

COCAINE ET RUGBY (depuis 2002)

L’Equipe confond caisson hyperbare et chambre d’altitude

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[publié le 09 mars 2017]

Caisson hyperbare = hyperoxie

Chambre d’altitude = hypoxie

C’est du même niveau que de faire l’amalgame entre un catabolisant (glucocorticoïde) et un anabolisant (stéroïde anabolisant, testostérone)   

Ça commence à être lassant. Dès que l’on aborde la physiologie, la médecine (maladies et blessures), le dopage, le quotidien sportif se plante plus que la moyenne.

La dernière en date c’est lorsque une journaliste de L’Equipe, dans la page Extra du 8 mars, nous fait le portait d’Alberto Salazar, ancien triple vainqueur du marathon de New York, aujourd’hui responsable d’une structure d’entraînement top niveau – Nike Oregon Project – créée en 2001.

On apprend dans ce papier que le natif de La Havane (Cuba) est un perfectionniste, toujours à la recherche de ‘’gains marginaux’’ comme Dave Brailsford le team manageur de l’équipe cycliste Sky.

La journaliste du quotidien sportif écrit qu’ « il est l’un des premiers à se préparer dans un caisson hyperbare reconstituant les conditions d’une altitude de 2 000 m, à dormir dans une chambre hypoxique recréant la raréfaction de l’oxygène à 4 000 m d’altitude. »

Première erreur : les Soviétiques, dès les années 1960 (rappelons que Salazar, né en 1958, aurait eu du mal à l’âge de 2 ans à jouer le rôle de pionnier), utilisaient des chambres d’hypoxie pour booster le corps à produire plus d’EPO et, par ricochet, des globules rouges. D’écrire qu’il se préparait dans un caisson hyperbare pour reconstituer les conditions à une altitude de 2000 m s’appelle une grosse boulette !

En effet, un tel caisson n’a rien à voir avec l’hypoxie mais à son contraire avec l’hyperoxie. Quand on n’a pas la légitimité pour parler de physiologie, on s’adresse a minima à Wikipedia, ce que n’a pas fait la collaboratrice de L’Equipe. Les caissons hyperbares sont destinés à soigner des accidents de plongée sous-marine dits de décompression ainsi que des pathologies où il est nécessaire de réoxygéner les tissus (en sport, on s’en sert pour des blessures musculaires à répétition).

Wikipedia : Le caisson hyperbare, également appelé caisson de recompression ou chambre hyperbare, est une installation médicotechnique étanche au sein de laquelle un ou plusieurs patients peuvent être exposés à une pression supérieure à la pression atmosphérique, ce qui permet principalement d’accroître l’oxygénation des tissus. Lors du traitement hyperbare, un médicament, le plus souvent un gaz thérapeutique comme l’air médical, l’oxygène médical, ou un mélange de gaz médicinaux (héliox, nitrox…), peut également être administré via un masque. Le traitement est généralement supervisé depuis l’extérieur de l’enceinte hyperbare par un opérateur hyperbare selon un protocole établi à l’avance. [Dernière modification de cette page le  20.05.2016]

En revanche, les chambres d’altitude créent une hypoxie normobare. Elles n’abaissent pas la pression atmosphérique mais modifie la composition de l’air en diminuant la part de l’oxygène, ce qui favorise l’adaptation du corps à cette situation de manque en boostant la production de globules rouges de façon endogène dite naturelle.

En résumé, les caissons hyperbares augmentent l’apport d’O; les chambres d’altitude le diminuent.

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L’Equipe, 08 mars 2017

Dopage – Rugby Mag, la revue fédérale, toujours aphone sur la triche biologique

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[09 mars 2017]

C’est ce qu’on appelle un silence assourdissant ou, autrement dit, une énième « valeur du rugby »

Le numéro de mars du magazine de la Fédération française de rugby vient de sortir et toujours aucun commentaire sur les affaires de dopage ayant secoué l’ovalie depuis octobre dernier (corticoïdes, higénamine, cocaïne).

Pas de mise en garde sur les dangers de ces produits ; aucune information de prévention sur les compléments alimentaires et les risques d’un contrôle antidopage positif avec toutes les conséquences psychologiques d’un tel avatar pour le joueur.

Cela fait donc six numéros de Rugby Mag – d’octobre à mars – et 324 pages sans informations sur le fléau n° 1 de la triche biologique de notre société hypermédicalisée.

En conclusion, on peut s’interroger : que font la Fédé, son président et ses médecins ?

Poser la question c’est y répondre.

RUGBY

Rugby Mag, revue fédérale, mars 2017

Malgré des vaisseaux  »autoroutes », l’infirmière antidopage s’y reprend à trois fois pour piquer la veine de Kevin Mayer

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[publié le 08 mars 2017]

Visiblement, les prises de sang effectuées dans le cadre de la lutte antidopage sont pratiquées par des ‘’petites mains’’ inexpertes en intraveineuses.

Le décathlonien français Kevin Mayer, récent champion d’Europe d’heptathlon en salle, en témoigne puisque c’est seulement à la troisième tentative que l’infirmière serbe a réussi à trouver l’entrée de ‘’l’autoroute’’.

Rappelons que les sportifs de compétition, notamment en athlétisme, ont des veines superficielles larges et bombées surnommées ‘’autoroutes’’ dans le jargon des vestiaires. Les veines de la pliure et de la face interne du coude de Kevin Mayer en témoignent.

En principe, elles facilitent les intraveineuses…

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L’Equipe, 03 mars 2017

 Petit Robert du corps –

Veines sportives : pour ceux qui aiment en savoir plus, dans Cyclosport Magazine, un mensuel consacré au cyclisme de compétition auquel je collabore depuis 2004, j’ai traité le sujet des grosses veines des sportifs. Bonne lecture.

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Cyclosport Magazine, 2014, n° 94, mars, p 51

Dopage – Record toutes catégories : un cycliste testé positif à 12 substances bat d’une courte tête un rugbyman qui, lui, avait pris un cocktail de… 11 produits

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[publié le 07 mars 2017]

En fait, ce sont les sportifs et les personnes âgées qui creusent le trou de la sécu.

Depuis les années 1960, on sait que la médicalisation de la performance a atteint un niveau difficilement dépassable. Dans la confrérie des avaleurs de « dragées de confort », il y a des sportifs boulimiques.

Incroyable mais vrai : 50 comprimés par jour

 C’est ainsi que l’on peut apprendre en lisant l’ouvrage « La Médecine sportive » du docteur américain Gabe Mirkin, que Bob Scharf, le recordman officieux de cette spécialité non encore reconnue par les instances internationales, courait dans les années 1960 à un très bon niveau. Sa dose quotidienne : 50 comprimés sélectionnés dans 19 préparations médicamenteuses différentes.. Pour justifier ce score impressionnant, l’athlète répondait par cette boutade : «  Si elles sont efficaces, je n’en serai que meilleur, sinon, je n’aurai perdu que de l’argent. »

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 La Médecine sportive. – Les Editions de l’Homme, 1981, 322 p

Cinquante-deux ans plus tard, le demi-d’ouverture bien connu au RC Toulon, Jonny Wilkinson, dans son autobiographie « Mémoires d’un perfectionniste » publiée en 2012, témoigne à propos de la Coupe du monde 2003 en Australie, que l’équipe de Grande-Bretagne était gavée quotidiennement de pilules multicolores : « Certains ont droit à une trentaine de différentes pilules ou comprimés à avaler chaque jour. Ils y tiennent tellement qu’au beau milieu de la nuit on doit se réveiller à intervalles réguliers pour avaler nos doses de protéines ».

Donc, la médicalisation de la performance remonte à des décennies. Pour les deux exemples cités, la plupart des substances ne faisaient pas partie de la liste rouge.

Mémoire d’un perfectionniste. – éditions JC Lattès, 2012, 440 p

12 substances interdites pour un seul homme

En revanche, récemment, deux sportifs – l’un cycliste, l’autre rugbyman – ont atteint des records de consommation de produits dopants. Un pédaleur ‘’allumé’’ dépasse d’une courte tête un rugbyman ‘’survolté’’.

Pour le cycliste, l’affaire s’est déroulée en 2011. C’est RTLsport.be qui la rapporte : « Le Français Alexandre Dougnier a été suspendu trois ans par la Fédération française de cyclisme, après avoir été contrôle positif à pas moins de 12 substances interdites, le 17 mai 2011 à l’occasion d’une épreuve de kermesse à Aubervilliers en France. Ce coureur de 3e catégorie à l’AC Boulogne-Billancourt, présentait dans ses urines des traces de 3’hydroxystanozolol, de 16b-hydroxystanozolol, de 4B-hydroxystanozolol, de 4-méthylhexanamine, de prednisolone, d’oxandrolone, d’épioxandrolone, de tuaminoheptane, de trimacinolone acétonide, de 6B-hydroxymétandiénone et de 17-epiméthandiénone, selon les détails du communiqué de la fédération. »

Le rugbyman dans la roue du cycliste

 En mars 2016, avec ironie, la Gazzetta dello Sport, à propos d’un joueur à XV, salue un véritable record. C’est l’Agence France-Presse via Le Monde qui, le 25 mars 2016, répercute l’information : « Davide Vasta, joueur de l’Amatori Catania, un club de Série B, le troisième échelon du rugby italien, a été contrôlé positif à onze substances interdites lors d’un contrôle hors compétition. Parmi les substances détectées, ce contrôle a permis de déceler essentiellement des anabolisants, notamment la testostérone, le méthandrosténolone, la mestérolone ou la nandrolone. »

Selon le quotidien italien, le onzième produit décelé était probablement utilisé pour « redimensionner les glandes mammaires », le cocktail d’anabolisants ingurgité par le rugbyman pouvant provoquer un développement des seins chez les hommes. Le joueur a été suspendu à titre conservatoire.

Donc, jusqu’à preuve du contraire, c’est le cycliste le recordman du monde et ce pour une molécule de plus.

Alberto Salazar loin derrière

 Sur le même thème de l’hypermédicalisation tous azimuts, L’Equipe du 2 mars 2017, a fait une enquête forcément exclusive visant « la dérive médicamenteuse des athlètes d’Alberto Salazar, coach responsable du Nike Oregon Project (NOP), structure à laquelle appartient le britannique Mo Farah le quadruple champion olympique 5000-10000 m des JO 2012-2016. »

Quand on lit les ordonnances publiées dans L’Equipe à propos des athlètes du Nike Oregon Project Galen Rupp et Shannon Rowbury, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Salazar joue petit bras.

Le 22 mai 2016, Rowbury, l’athlète américaine spécialiste du 1500 m absorbe les prescriptions de son ordonnance la plus longue qui ne comportent qu’une quinzaine de comprimés. Chiffre très éloigné du marathonien Bob Scharf et des rugbymen de l’équipe d’Angleterre championne du monde 2003.

Une fois de plus, on nous « gonfle » !

    

                                       L’Equipe, 2 mars 2017

POST-IT – Alberto Salazar, un spécialiste des épreuves de fond, au mental jusqu’au boutiste

L’Américain Alberto Salazar, l’un des meilleurs marathoniens des années 1980, a été victime en 1982 d’une hypothermie. Le 19 avril, à l’arrivée du marathon de Boston qu’il avait remporté en 2 heures 8 minutes 51 sec., Salazar dut faire appel aux soins énergiques des médecins pour le… réchauffer. En effet, sa température corporelle tomba à 32°, soit 5° en dessous du niveau thermique de repos et à plus de 6°5 de la température habituelle à la fin d’un 42 km 195 couru par 21° de température ambiante.

Coup de froid : les 4 points boosters

Enveloppé d’épaisses couvertures de laine, l’Américain reçut une perfusion de trois litres de sérum physiologique « enrichi » en dextrose et en sels minéraux. Après 40 minutes de goutte à goutte, sa température remonta progressivement à 36°1. Salazar put alors retourner chez lui.

Alberto Salazar à l’arrivée  du marathon de Boston 1982 a reçu une perfusion de trois litres de sérum enrichie en glucose et sels minéraux

Le cas Salazar n’est pas isolé puisque à l’arrivée de ce même marathon de Boston, nombreux furent les concurrents qui se présentèrent sur la ligne d’arrivée dans le même état que le vainqueur. Dave Costill, physiologiste spécialiste du marathon, a révélé à cette occasion qu’il avait enregistré un 29°4 de température rectale. Ce genre de défaillance survient lorsque quatre facteurs s’ajoutent :

  • ensoleillement direct (absence de nuages qui réfléchissent une partie des rayons),
  • degré hygrométrique bas,
  • fort vent contraire (dès l’arrivée favorise le refroidissement du corps),
  • vitesse de course élevée (lors de l’épreuve de Boston, le meilleur performer mondial (MPM) de l’époque a dû s’employer à fond pour vaincre son compatriote Dick Beardsley, battu seulement de 2 secondes sur… 42 km 195).

L’explication de ce phénomène est la suivante ; lorsque la course arrive à son terme, le coureur, comme ses vêtements, est couvert de sueur. L’évaporation et le refroidissement, en raison du vent, continuent avec la même intensité que durant l’épreuve, alors que la production de chaleur diminue brutalement.

4 ans avant l’hypothermie, il s’était coltiné un coup de… chaud !

 La régulation thermique se trouvant ainsi profondément perturbée, et en très peu de temps, la température du corps qui avait grimpé pendant l’exercice, peut chuter très bas pour atteindre le stade d’hypothermie tel que celui qu’a présenté Salazar lors du marathon de Boston. Pour éviter cette conséquence fâcheuse, il est indispensable de rester actif après l’effort de manière à limiter le refroidissement, par ailleurs inévitable, puisque la chaleur alors produite est beaucoup moins importante que celle dégagée pendant la course.

A l’inverse, Salazar, à l’arrivée de The Falmouth Road Race – épreuve de 7 miles en août 1978 dans l’Etat de Massachusetts –  a été victime d’un coup de chaleur. Sa température corporelle avait atteint 41°5 sous l’action conjuguée d’un temps chaud et humide et d’un effort intense. Pour le refroidir, on avait dû le plonger dans une baignoire de glace et on pensait sa dernière heure arrivée. Ce jour là, son père, qui se trouvait parmi les spectateurs, avait déclaré : « Un jour, à force de faire des efforts aussi inouïs, mon fils mourra. » Le 30 juin 2007, le triple vainqueur lauréat du marathon de Big Apple est victime d’une attaque cardiaque qui nécessite 8 jours d’hospitalisation.

Alberto Salazar (vêtu de noir)  accompagnant Lance Armstrong lors du marathon de New York 2006

Pour l’anecdote, âgé de 48 ans le 5 novembre 2006, Alberto Salazar a accompagné pendant 16 km le cycliste Lance Armstrong lors de son premier marathon de New York. Joan Benoit Samuelson, la championne olympique de 1984, a fait les 16 km suivants et c’est le Marocain Hicham El Guerrouj – champion olympique du 1500 m en 2004 – qui a couru les 10 derniers kilomètres. En raison de ses sanctions pour dopage dans le Tour de France, le temps d’Armstrong – 2 h 59’ 36 sec. – a été effacé en 2012 par les organisateurs de l’épreuve newyorkaise.

 

 

 

 

 

 

Dopage – L’Equipe a vraiment beaucoup de mal à faire la différence entre un fluidifiant bronchique et un décongestionnant nasal

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[publié le 03 mars 2017]

Ce sont bien sûr deux problèmes respiratoires différents. L’un concerne les bronches et l’autre le nez.

 

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L’Equipe, 02 mars 2017

 

Convoyage – 1 500 km pour un produit disponible à la pharmacie du coin (La Toussuire), c’est le comble du trajet chronophage !

Ce cafouillage médico-physiopathologique et anatomique concerne le fameux paquet convoyé par un employé de l’équipe Sky, Simon Cope, de Manchester à La Toussuire en Savoie et remis à Bradley Wiggins, le soir de sa victoire dans le Dauphiné 2011.

Selon le manageur du team anglais, Dave Brailsford, il s’agissait de Fluimicil®, un banal fluidifiant bronchique (il n’a pas été précisé la forme galénique : sachets, solution buvable, comprimés effervescents, ampoules injectables, solution injectable pour perfusion).

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Fluimicil, toux grasse – Boîte de 30 sachets ; prix 5,67 euros

 POST-IT – L’Equipe patauge entre décongestionnant et fluidifiant !

L’Equipe, 20.12.2016 : « Il s’agissait d’un décongestionnant nasal, le Fluimicil® »

L’Equipe, 07.01.2017 : « Expectorant pour la toux » 

L’Equipe, 12.012017 : « Le paquet contenait du Fluimicil®, un expectorant pour la toux« 

L’Equipe (hebdo), 18.02.2017 : « Il s’agissait de Fluimicil®, un banal fluidifiant pour les bronches »

L’Equipe, 22.02.2017 : « Un banal fluidifiant bronchique »

L’Equipe, 02.03.2017 : « Un banal décongestionnant nasal »

Sauf que cela a l’air très confus pour les journalistes de L’Equipe qui, dans l’édition du quotidien sportif du 20 décembre font du Fluimicil®, un décongestionnant nasal, et ensuite pendant deux mois, le Fluimicil® va changer d’indication thérapeutique, se transformant en fluidifiant bronchique ! Et puis, par un coup de baguette magique, le 02 mars 2017, redeviendra un décongestionnant nasal.

Le Fluimicil® agit en priorité sur les sécrétions bronchiques

En réalité le Fluimicil® est prescrit pour des problèmes d’hypersécrétion bronchqiue en fluidifiant ces dernières ils facilitent leur expulsion par la toux.

Cette pirouette thérapeutique au fil des semaines est probablement due au fait que deux rubricards de la page cyclisme ont traité le sujet, l’un en décembre et en mars, l’autre en janvier et février. Visiblement, il manque un responsable pour harmoniser les informations santé. Avec L’Equipe, c’est toujours le lecteur qui trinque. Si, par exemple, à l’arrivée de Milan-Sanremo, il était écrit dans ce même journal, que le vainqueur lors du sprint tirait un braquet de 39 x 25, tout le monde penserait que le journaliste a bu un coup de trop ! Avec les termes médicaux, il faut être également précis, sinon plus.

Rappelons l’éclairante punchline du journaliste-romancier américain Mark Twain (1835-1910) : « Faites attention quand vous lirez des livres sur la santé. Vous pourriez mourir d’une faute d’impression.»

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Rappel anatomique – Les fosses nasales ou cavités nasales au nombre de deux ont des fonctions différentes de celle de l’arbre bronchique. De plus, la distance fosses nasales-pharynx-larynx-trachée-bronches fait pas moins de 30 cm.

 

 

Punchline Dr de Mondenard

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[publié le 03 mars 2017]

N° 89

Dopage – ‘’Traces’’ ne signifie pas des ‘’petites quantités’’ mais uniquement présence de la substance interdite

Lorsqu’on parle de la présence de ‘’traces’’ d’un produit dopant dans les urines d’un sportif, pour les laboratoires d’analyse cela ne veut pas dire qu’il n’y en que très peu mais que la substance prohibée est présente dans l’échantillon testé.

Peu importe la quantité trouvée, la sanction sera la même.

En revanche, la liste rouge comprend aussi des substances avec un seuil (glucocorticoïdes, salbutamol, testostérone, nandrolone, etc.). Le sportif ne sera alors positif que s’il dépasse le seuil et, dans ce cas, il sera susceptible d’être suspendu.

En résumé, le terme de ‘’traces’’ signifie la présence et non la quantité.

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Laboratoire antidopage – La présence du mot ‘’traces’’ sur un rapport d’analyses signifie la présence de la substance et non la quantité