Punchline Dr JPDM – Tennis : langue de bois ou méthode Coué ?

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[publié le 09 février 2017]

N° 85

Je n’affirmerai jamais comme Mme Roselyne Bachelot, ex-ministre de la Santé et des Sports – reconvertie en animatrice de radio et télévision – que Rafaël Nadal se dope mais je dirais que depuis la suspicion de sa présence dans l’affaire Puerto (qui a touché principalement en 2006 le cyclisme mais d’autres sports ont été soupçonnés : football, tennis… ), mais surtout en mettant en avant, comme Lance Armstrong, la négativité de tous ses contrôles antidopage, il ne m’a jamais convaincu par son discours : « Tous mes adversaires sont propres, les contrôles antidopage organisés par la fédération internationale (FIT) sont infranchissables ».

Il répète en boucle lors de ses interviews : « Je crois en mes rivaux et suis certain que tous les joueurs que j’affronte sont propres. Je crois à l’efficacité du système antidopage de la FIT ainsi qu’aux valeurs du sport. »

En français, cela s’appelle, au choix : la langue de bois ou la méthode Coué.

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Roselyne Bachelot                                                 Rafaël Nadal

 

Au final, il serait tellement naïf qu’il ignorerait même que la triche est consubstantielle à l’homme, notamment en compétition. Par ailleurs si les journalistes sont prêts à gober le discours édulcoré de Nadal, tant mieux pour eux !

Tennis – Cellules souches et PRP la confusion impossible…

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[publié le 06 février 2017]

Le site Tennis Actu expose au grand jour son ignorance criarde du dopage et des techniques thérapeutiques. Comment peut-on écrire sur les drogues de la performance alors que l’on n’a aucune légitimité ? Une fois de plus c’est se moquer du lecteur.

 

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Rafaël Nadal, un adepte des cellules souches et du PRP

Dans sa livraison du 03 février 2017, le journaliste de Tennis Actu aurait mieux fait de s’abstenir de vouloir jouer au sachant alors que c’est un analphabète du corps comme la plupart des journalistes sportifs. Ce site consacré au tennis nous explique à propos des traitements subis par Rafaël Nadal depuis 2010 : « Relativement récentes, ces cellules souches sont également connues sous la forme d’une technique médicale appelée PRP (plasma riche en plaquettes) ».

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Tennis Actu, 03 février 2017

EN RÉALITÉ, CE SONT DEUX MÉTHODES THÉRAPEUTIQUES TRÈS DISTINCTES.

  • Les cellules souches ont la propriété de se multiplier et de se différencier pour ‘’restaurer’’ un tissu plus ou moins endommagé.
  • En revanche, l’injection de PRP (plasma riche en plaquettes) ou blood spining consiste à prélever quelques cc de sang qui sont passés à la centrifugeuse afin d’en isoler les plaquettes (cellules sanguines sans noyau jouant un rôle dans la coagulation) contenant des facteurs de croissance. Ces derniers seront alors injectés dans une articulation, un ligament, un muscle dans le but de régénérer les tissus lésés.

Si les deux techniques sont différentes, elles peuvent être associées dans le même temps pour obtenir – après intervention chirurgicale – une cicatrisation précoce et un retour plus rapide sur les aires de sport.

Lorsqu’un tennisman, pendant un match, s’éclipse pour rejoindre le vestiaire, ce n’est pas pour se faire une injection de cellules souches ou de PRP car, à la suite d’une piqûre de ce type, il faut s’astreindre à plusieurs jours de repos total.

Eventuellement, un anesthésique local par infiltration peut se pratiquer dans le vestiaire.

Quoi qu’il en soit, les cellules souches tout comme le PRP ne sont pas prohibés par l’Agence mondiale antidopage (AMA)

POST-IT

ABLOOD SPINNING ou centrifugation sanguine dit aussi PRP [platelet-rich plasma (PRP)]

                         

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Entrer une légende

            Réglementation de l’AMA :

  • 2005 : mise en garde (méthode controversée)
  • 2010 : prohibée par voie musculaire ; autorisée pour les tendons, ligaments, cartilages avec déclaration d’usage
  • 2011 : toutes les voies d’injection sont autorisées

« En dépit de la présence de certains facteurs de croissance, les PRP ont été retirées de la Liste puisque les études actuelles ne démontrent pas de potentiel d’amélioration de la performance au-delà d’un effet thérapeutique. Il est à noter que les facteurs de croissance individuels sont interdits lorsqu’ils sont administrés séparément sous forme de substances purifiées, tel que précisé dans la section S.2.5. » [communiqué septembre 2013]

B – CELLULES SOUCHES : elles sont prohibées en permanence (en et hors compétition) depuis 2003, font partie des ‘’substances non spécifiées’’ (aucune excuse de négligence n’est recevable)

 

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Les cellules souches sont réinjectées dans l’articulation

 

 Liste AMA  2003 : C. dopage génétique

Le dopage génique ou génétique est défini comme étant l’usage non thérapeutique de gènes, d’éléments génétiques et/ou de cellules qui ont la capacité d’augmenter la performance sportive

Liste AMA  2005 : M3. Dopage génétique  

L’utilisation non thérapeutique de cellules, gènes, éléments génétiques ou de la modulation de l’expression génique, ayant la capacité d’augmenter la performance sportive, est interdite.

Liste AMA  2009 : M3. Dopage génétique

Le transfert de cellules ou d’éléments génétiques ou l’utilisation de cellules, d’éléments génétiques ou d’agents pharmacologiques modulant l’expression génique endogène et ayant la capacité d’augmenter la performance sportive,  est interdite

Liste AMA  2011 : M3. Dopage génétique 

Ce qui suit, ayant la capacité potentielle d’améliorer la performance sportive, est interdit :

  1. Le transfert d’acides nucléiques ou de séquences d’acides nucléiques,
  2. L’utilisation de cellules normales ou génétiquement modifiées,
  3. L’utilisation d’agents affectant directement ou indirectement des fonctions connues pour influencer la performance sportive par altération de l’expression génique.

Liste AMA  2017 : M3. Dopage génétique 

Ce qui suit, ayant la capacité potentielle d’améliorer la performance sportive, est interdit :

  1. Le transfert de polymères d’acides nucléiques ou d’analogues d’acides nucléiques

  2. L’utilisation de cellules normales ou génétiquement modifiées.

 

Le 06 février 2017, nous avons directement interrogé l’AMA qui nous a répondu : « Les cellules souches en tant que telles ne sont pas interdites dans un but thérapeutique sauf si elles conduisent à une augmentation de la performance » …

la suite…

Tennis – Comme pour le foot, le physique fait de plus en plus pencher la balance pour enquiller les perfs…

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Et le dopage peut parfaitement booster les breaks décisifs.

 Dans L’Equipe du 21 novembre 2016, Patrick Mouratoglou, l’entraîneur de Serena Williams, décrypte l’évolution du tennis en prenant l’exemple d’Andy Murray le nouveau n° 1.

« Andy numéro 1 mondial, c’est le triomphe du tennis d’aujourd’hui. Novak a le même tennis que lui, Rafa est plus typé terre battue, mais tous les trois ont les mêmes qualités : ultraphysiques, très durs à déborder, très intenses, faisant très peu de fautes. Ils cherchent à être agressifs ou plus exactement à dominer l’échange mais toujours en jouant un tennis pourcentage. »

 

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Andy Murray

 

Face à de telles caractéristiques, qui peut encore soutenir que le dopage serait inopérant sur les courts. Rappelons que les drogues de la performance font sauter plus haut, taper plus fort et plus longtemps, démarrer et courir plus vite, maintenir son niveau physique plus longtemps, booster sa vigilance et sa concentration pour lire plus vite le jeu…

Ajoutons que dans tous les sports comme dans le tennis, le physique prend le pouvoir et le dopage avec. Les contrôles antidopage négatifs ne sont pas la preuve que le coup de pouce biologique est refoulé en dehors des courts.

Compte tenu de cette carence des analyses biologiques et bien que le Britannique, ces derniers temps, demande plus de contrôles, rien ne modifiera la suspicion que l’on peut avoir sur son évolution physique.

 POST-IT –  Murray veut plus de contrôles

 « Cette année, j’ai été contrôlé plus que jamais, entre 20 et 30 fois. Je suis pour plus de contrôles. Plus il y a en a, mieux c’estLe prize money dans le tennis est extrêmement élevé, on doit regarder combien on dépense dans les tests antidopage. Ce qui est arrivé en Russie est vraiment mauvais, mais je ne pense pas que le problème soit seulement la Russie ou l’athlétisme. C’est aux instances dirigeantes de savoir à quel point elles veulent lutter contre le dopage. » Andy Murray (ECO), tennisman professionnel depuis 2005, n° 1 mondial fin 2016 [Orangesports, 13.11.2015]

 Commentaires JPDM – Déjà, de ne pas savoir de façon précise combien il a passé de contrôles antidopage dans l’année paraît suspect. L’écart de 33 % (‘’entre 20 et 30 fois’’) dans le nombre des tests effectués nécessite une explication. C’est comme de se glorifier en annonçant que l’on a remporté 30 tournois alors qu’en réalité, 20 est le bon chiffre.

Par ailleurs, s’il a subi 30 contrôles, tous négatifs, deux diagnostics sont possibles :

  • Soit il ne dope pas ; c’est possible mais la preuve manque (voir le 2e diagnostic)
  • Soit les contrôles c’est du vent ; on penche pour cette seconde hypothèse.

 PUNCHLINE Dr de Mondenard

 Les maîtres des courts et autres consultants nous serinent à longueur d’année que le dopage au tennis n’est pas déterminant car il n’améliore pas le toucher, la précision, la concentration, etc. Alors que, parallèlement, on nous dit que le jeu de la petite balle jaune est de plus en plus physique. Or, les drogues de la performance permettent de courir plus vite, plus longtemps, démarrer sur les chapeaux de roues, sauter plus haut (détente verticale), taper au fil des sets de plus en plus fort sur la balle afin de dézinguer la résistance de l’adversaire. D’affirmer que la dope ne sert à rien pour grimper dans la hiérarchie, c’est enfumer le public en voulant lui faire croire que le tennis n’est pas plus physique que de jouer au babyfoot.

En réalité, les AUT sont destinées à légaliser le dopage et sont surtout contraires à l’éthique médicale

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Pourquoi la lutte antidopage hippique interdit-elle toutes les substances en considérant qu’un cheval malade ou blessé – le temps d’être soigné – reste au pré ou à l’écurie et ne peut reprendre la compétition que lorsqu’il n’est plus sous traitement et que les substances médicamenteuses ont été éliminées ?

Chez l’homme, dans le cadre d’une compétition, il est possible de prendre des produits dopants pour traiter des affections aussi banales que tendinites (infiltration de glucocorticoïdes), irritation bronchique, inflammation cutanée, etc.

 

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Les sœurs Williams

 

Les sœurs Williams citées par les hackers ‘’russes’’ mais avec elles de nombreux autres sportifs ayant participés aux jeux de Rio en août dernier, sont ‘’dénoncés’’ comme ayant des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) permettant l’usage légal de corticoïdes lors des compétitions. En dehors des AUT, ces substances font partie de la liste rouge. Il y a une forte probabilité que les deux sisters des courts aient lu la biographie d’André Agassi « Open » parue en 2009 et comportant de nombreux passages où le King de Las Vegas explique en long et en large le soutien inestimable de ces substances, à la fois anti-inflammatoires puissantes et euphorisantes.

 

open

éditions Plon, 2009

 

A l’époque de la carrière d’Agassi les corticoïdes ne sont pas interdits ni recherchés par les instances du tennis, donc il n’est pas nécessaire d’obtenir des AUT. En 2004, l’Américain ne manque pas d’air pour glorifier la lutte antidopage sur les courts : « Une des choses que l’on peut dire, c’est que notre sport est à la pointe – ou l’un de ceux les plus à la pointe de la lutte contre le dopage. Je suis certain grâce aux contrôles antidopage de l’ATP que les performances de mes adversaires ne sont pas améliorées par des produits interdits. Je suis persuadé de jouer contre des gens clean. » [Associated Press, 13.01.2004]

 Agassi et le dopage – Un spécialiste des médications de soutien prohibées

 Une contamination accidentelle aux amphétamines

En novembre 2009, à l’occasion de la sortie de sa biographie ‘’Open’’, André Agassi, le lauréat de huit titres en Grand Chelem, fait des aveux a posteriori d’un contrôle positif à la métamphétamine, un stimulant, lors d’un tournoi en septembre 1997. L’ATP accepte « l’excuse-bidon » d’une contamination à son insu du joueur américain. Il n’a pas eu la moindre sanction ou même une simple réprimande.

Des injections de corticoïdes ‘’en rafale’’

 « La négociation tourne largement autour du coup de fouet, une injection de cortisone qui calme momentanément la douleur. Mais avant que le coup de fouet fasse effet, il provoque lui aussi ses propres souffrances. J’ai reçu une de ces piqûres il y a quelques jours, je serai donc capable de jouer ce soir. C’était la troisième injection cette année, la treizième de ma carrière et de loin la plus inquiétante. » (p 13)

« C’est à peine si je peux tenir un téléphone, alors une raquette ! Pourtant j’ai envie d’y aller (…) Et puis j’ai un titre à défendre. Je n’ai pas le choix. Juste avant de partir, Gil Reyes prend un rendez-vous chez un médecin réputé être le meilleur de Seattle, pour qu’il m’administre de la cortisone. L’injection fait de l’effet. Je débarque en Europe capable de remuer le poignet sans douleur. » (p 228)

« Au cours des derniers mois, Gil a durci ma préparation physique. Il m’a fait subir un régime de guerrier spartiate et je me sens affuté comme une lame de rasoir. J’ai aussi droit à une piqûre de cortisone, ma troisième de l’année. Il est recommandé de ne pas en dépasser quatre par an. Il y a des risques, préviennent les médecins. On ne connaît pas les conséquences à long terme de la cortisone sur la colonne vertébrale et le foie. Mais je m’en fous. Du moment que mon dos se tient à carreau. »  (p 467)

« Au premier jour, je joue contre le Roumain Andrei Pavel. Mon dos m’agrippe à la moitié du match, mais même sir je dois me tenir raide comme une baguette, j’arrive à me dégoter une victoire. Je demande à Darren Cahill de prendre les dispositions pour une injection de cortisone le lendemain. Malgré cette piqûre, je ne sais pas si j’arriverai à disputer mon prochain match » (p 483)

Au moment de sa retraite, Agassi – non sans humour – envisage d’appeler son futur chien Cortisone ! « Pour les enfants, la retraite est synonyme d’animal domestique. Nous leur avons promis, Stefanie Graff et moi, que lorsque je cesserai l’entraînement et que nous ne courrons plus à travers le monde, on achètera un chien. On pourrait peut-être l’appeler Cortisone. » (p 15)

Ce n’est pas sûr qu’il ait tenu sa promesse de donner le nom de cortisone à son cabot !

Dans les ouvrages médicaux sérieux respectant le serment d’Hippocrate, à aucun moment il n’est signalé dans les indications thérapeutiques de la cortisone qu’elle doit être absorbée ou injectée dans l’environnement immédiat de l’effort ou dans un but de performance.

Dès 1980, le Comité international olympique avait déjà ‘’injecté’’ le ver dans le fruit en tolérant les injections d’anesthésiques locaux ou de glucocorticoïdes « seulement dans le but de permettre à l’athlète de poursuivre la compétition ». En 1998, j’avais souligné dans la revue Sport et Vie cette carence du CIO et de sa commission d’analphabètes du corps.

 

justification

Sport et Vie, 1998, n° 48, mai-juin, p 27

POST-IT

 La comparaison avec la lutte antidopage exercée dans le sport hippique où la quasi-totalité des médications sont prohibées en compétition (je le répète : on peut et doit soigner les chevaux en dehors des courses) n’est pas hors sujet. Cette réglementation très stricte n’a qu’un but : préserver la santé des chevaux.

Cette différence d’objectif avec les hommes (AUT = autorisation de tricher et de se doper) montre bien que l’amélioration de la race humaine n’est pas la préoccupation du Comité international olympique.

Signalons que dès 1906, et même avant, le leitmotiv de la Société des courses se concentre sur la santé des quadrupèdes. C’est ce que nous explique le journaliste Fernand Bidault dans La Vie au Grand Air : « L’amélioration de la race chevaline nous intéresse beaucoup plus qu’une amélioration semblable de la race humaine. La constatation d’un record suffit à notre bonheur. Et il est logique que la descendance des athlètes à deux pieds ne soit pour nous l’objet d’aucune étude, puisque nous n’y attachons aucun prix. » [La Vie au Grand Air, 1906, n° 423, 27 octobre, p 790]

 Les chevaux mieux soignés que les hommes

Gustave Barrier (FRA), inspecteur général des Ecoles vétérinaires : « Il faut combattre le ‘’doping’’, non tant parce que c’est une manœuvre déloyale qui fausse le résultat des courses, que parce qu’il constitue un danger pour le cheval qui le subit, et porte atteinte à l’intégrité de ses aptitudes génésiques, s’il doit être ultérieurement utilisé comme reproducteur. » [Congrès hippique, 19.06.1913]

Jean-Philippe Bouchard (FRA), journaliste à France Football : « Si la prise de conscience – récente et médiatique – au sujet du dopage s’amplifie, le monde du sport va se trouver confronté à une alternative qu’il n’avait pas réussi à ignorer jusque-là : bannir réellement le dopage ou l’officialiser. Refuser le dopage, comme tous les bons sentiments l’exigent, c’est d’abord tenter de le détecter. C’est loin d’être le cas. Aujourd’hui, les moyens de détection chez les chevaux sont plus importants que chez les hommes. » [Marianne, 10.11.1997]

Dr Stanislas Burstin (FRA), médecin fédéral de la FFF : « On est frappé de stupeur à l’idée de l’inertie face au dopage, des athlètes, comparée à la sévérité des mesures et à l’efficacité du contrôle des courses de chevaux. » [France Football Officiel, 26.07.1960]

 Daniel Courtot (FRA), laboratoire de toxicologie de l’école vétérinaire de Lyon : « Faire effectuer à un cheval une épreuve alors qu’il serait dans l’impossibilité de concourir sans l’aide d’anesthésiques locaux pour masquer une boiterie, est un procédé dangereux. En effet, l’origine de cette boiterie peut être une lésion dont la gravité ne peut que s’accroître à la suite d’un effort physique. » [Daniel Courtot. – le dopage chez le cheval. – Paris, éd. André Leson, 1977. – 59 p (p 33)]

Dr Georges Maylin (USA), professeur associé de toxicologie à l’Université Cornell (USA) : « Les hommes serviraient la plupart du temps de « cobayes » dans l’utilisation des drogues avant qu’elles ne deviennent d’un usage courant dans les courses hippiques. » [L’Équipe, 03.01.1981]

 

cheval

Test de la fonction cardiorespiratoire chez un cheval à l’effort

 

 

Tennis – C’est avec un grand oui que l’on peut affirmer que le dopage est efficace sur les courts. Pourquoi ?

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Aujourd’hui, c’est sur le physique que la hiérarchie et la sélection des sportifs s’opèrent. Dans le tennis, les musculairement denses, les bien taillés, les gabarits prennent le pouvoir. Or, le dopage agit en priorité sur la force, la puissance, la vitesse, la détente verticale,  la célérité de la mise en action, les démarrages et les accélérations à répétition, l’endurance et la résistance. Au final, il n’y a aucune raison physiologique, morphologique, technique, tactique ou mentale qui ferait que le dopage serait inopérant chez les tennismen. Ce constat est également valable pour tous les sports, notamment ceux dont les acteurs clament haut et fort que le dopage est inefficace dans leur spécialité.

La perfusion au service de la performance : c’est interdit… depuis 2005

La lutte antidopage ne peut être exercée que par des organismes indépendants. La preuve lors des Internationaux d’Australie en janvier 2013, Gilles Simon – en vue de son huitième de finale face à Andy Murray – bénéficie d’une perfusion de récupération. Or, ce genre de coup de pouce est prohibé par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2005. Elle figure dans le groupe des méthodes interdites M2. Manipulation physique et chimique au paragraphe 2. « Les perfusions intraveineuses et/ou injections de plus de 50 ml par période de 6 heures, sauf celles reçues légitimement dans le cadre d’admissions hospitalières, les procédures chirurgicales ou lors d’examens cliniques. »

Dans le cas du français, c’est le médecin du tournoi qui l’a mis sous perfusion à la sortie des courts après son match fleuve face à Gaël Monfils. Si, médicalement, la perfusion était justifiée, en aucun cas elle ne devait autoriser Gilles Simon à poursuivre l’Open d’Australie.

Pour moi, c’est une dérive de la réglementation à mettre sur le compte de la Fédération internationale de tennis qui a été incapable de la faire respecter. Comme pour la liste rouge de l’AMA concernant la perfusion, c’est exactement le même principe de précaution qui anime le monde du rugby lors des commotions cérébrales où, systématiquement à la suite d’un traumatisme crânien avec altération de la conscience, un protocole établissant le degré de perturbation cognitif du sujet traumatisé, est empêché de reprendre la partie, voire de rester au repos plusieurs semaines.

COMMUNIQUE TENNIS

Dans le cas du tennis, ce n’est pas la tête qui a pris un coup mais le corps. Si médicalement la perfusion s’impose, en aucun cas elle n’est destinée à permettre au joueur de continuer le tournoi ce qu’a fait Simon et probablement que ce dernier croit dur comme fer qu’il n’a pas transgressé le code mondial antidopage !

PERFUSION   Perfusion de récupération (vestiaire) = dopage

PERFUSION 2 Perfusion thérapeutique = mise au repos

 

 

Tennis – Match Murray-Becker arbitré par… Ivan Lendl

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L’Ecossais Andy Murray suspecte la présence de dopage sur les courts siglés ATP.

Récemment, il s’en fait l’écho dans la presse. L’Allemand Boris Becker, l’actuel entraîneur de Novak Djokovic, dans la foulée, lui rétorque : « Sans preuve, il faut se taire ». Etonnamment dans des écrits antérieurs de Boum-Boum on retrouve les mêmes soupçons sur la présence de drogues de la performance dans son sport de prédilection ; c’était en décembre 1993, il y a donc 32 ans !

BECKER-LENDL

Boris Becker-Ivan Lendl

 A l’époque, c’est Ivan Lendl encore en activité mais sur le déclin qui avait joué le pompier de service en dénonçant le comportement inadéquat de Becker : « L’ATP doit réagir et fortement. Il y a plusieurs possibilités : a) Becker a des preuves de ce qu’il avance, dans ce cas il doit les donner ; b) il n’a pas de preuve, et dans ce cas, il doit s’excuser ; c) il n’a pas de preuve et il ne s’excuse pas, alors l’ATP doit le sanctionner, sinon les gens vont croire qu’il a raison. En ce qui me concerne, si jamais un jour j’avais eu des doutes et pas de preuve, je me serais tu ; mais de toute façon ça n’a jamais été le cas. » Afin d’illustrer cette passe d’armes entre Murray et Becker, nous avons colligé les citations du joueur allemand – triple vainqueur de Wimbledon – évoquant le dopage dans le tennis. C’est tout et son contraire…

TENNIS – NEGATIVE ATTITUDE

Citations BORIS BECKER

 

Tennis – Les forçats de la langue de bois

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Dans ce blog nous avons abordé à plusieurs reprises les relations entre dopage et petite balle jaune : Fabio Fognini et l’absence de fraude dans le peloton du Top 100 ; Maria Sharapova et la consommation généralisée du meldonium par les sportifs russes ; le match par média interposé entre Andy Murray et Boris Becker, le premier s’interrogeant sur les capacités physiques exceptionnelles de certains joueurs, l’autre le reprenant de volée pour dire « tant qu’on n’a pas de preuve, on se la ferme. » Pour finir, lors de la finale du Tournoi de Monte-Carlo, l’image de Gaël Monfils saoulé des balles de Rafael Nadal, s’appuyant sur sa raquette verticale posée au sol comme une canne pour se reposer entre les points.

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       Gaël Monfils n’en peut plus des balles de plomb de Rafael Nadal

Aujourd’hui, nous vous proposons la litanie des explications bidons du ‘’milieu des courts’’ dont la plus nulle est de vouloir faire croire au bon peuple des supporteurs qu’aucune pilule absorbée dans l’environnement immédiat d’un match ne peut améliorer « la coordination, la faculté de sentir la balle, la réceptivité ou le timing. » C’est possible sauf que la majorité des drogues de la performance, déjà depuis plusieurs décennies, ne sont pas consommées juste avant la partie mais en amont des compétitions. Ainsi utilisées, elles améliorent efficacement les qualités athlétiques et ce dans toutes les spécialités sportives (tennis, foot, rugby, course à pied, cyclisme, etc.). Résultats des courts : on se déplace et on démarre plus vite, on saute plus haut (smash), on frappe plus fort avec plus de précision, on tient plus longtemps l’échange et on est toujours vaillant au tie-break du cinquième set.

Voici l’abécédaire de A à V des joueurs, officiels, médecins, journalistes tous convaincus que le dopage « n’est pas efficace pour aider les joueurs » !

Lecteurs, vous n’êtres pas obligés de les croire…

TENNIS – Abécédaire de A à V

 

Tennis – Suspicion légitime

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L’Anglais Andy Murray, 2e mondial à l’ATP, a été repris de volée par Boris Becker pour avoir suspecté certains adversaires curieusement jamais fatigués (voir l’Equipe du 19 avril). Pour Boris Becker, actuel entraîneur de Novak Djokovic : « Tant qu’il n’y a pas de preuve, les joueurs sont 100% innocents ».

EXPRESSO

Avec un tel discours, le dopage a de beaux jours devant lui. Depuis cinquante ans, le monde du sport lutte contre le fléau sans grande efficacité pour la simple raison qu’il existe en pagaille des substances indécelables en liste rouge. Devant des performances étonnantes, c’est bien la suspicion légitime qui prédomine face à la présomption d’innocence.

Lors de la finale du Tournoi de Monte Carlo entre Rafael Nadal et Gaël Monfils, on a bien vu que ce dernier – pour le troisième set – était groggy dans les cordes ; il n’arrivait plus à retourner les boulets de canon de son adversaire surpuissant. Il n’en pouvait plus physiquement. Les deux premiers sets l’avaient laminé.

Régulièrement, on nous vante les qualités athlétiques du Français qui, selon les entraîneurs, serait capable de réussir dans de nombreux sports. Eh bien, là, face à l’Espagnol, Monfils a bâché le dernier set, vaincu par les coups de boutoir à répétition de Nadal. Depuis quelques années, cette domination musculaire du Taureau de Monacor interpelle de nombreux observateurs de la planète tennis. On trouve parmi eux Yannick Noah en novembre 2011, les Guignols de l’Info en février 2012, Daniel Koellerer – un ancien joueur pro – en septembre 2013, l’ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot en mars 2016.

NADAL 2

Dans le même temps, le nonuple champion de Roland-Garros (2005-2014) nous assène : « Aucun sportif de haut niveau n’est dopé. » Pour le moins, cela relève de la méthode Coué sans pour autant écarter d’un iota la suspicion légitime du dopage. D’autant qu’en dehors d’avoir carbonisé Monfils en deux sets, Nadal – après chaque manche – a disparu du court central en direction du vestiaire. Pourquoi ? A 29 ans, difficile de croire qu’il a des problèmes de prostate. Avec ce genre de comportement non justifié, le doute ne peut que croître !