Tour de France ton histoire – Stop à l’idée reçue : dopage des années amphétamines/1960 égale mort précoce !

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Mes récentes études sur la durée de vie des cyclistes exerçant à cette époque prouvent le contraire.

DECRYPTAGE –

Dans les années 1960, les amphétamines, alors largement utilisées dans le peloton, s’imposent comme les principaux « amplificateurs » de performance. À l’époque, la pratique est banalisée, presque tolérée.

Très vite pourtant, le corps médical tire la sonnette d’alarme. Les risques pour la santé sont jugés majeurs, voire vitaux. Face à ces inquiétudes croissantes, les pouvoirs publics réagissent : les premières politiques de lutte antidopage voient le jour…

Mais plusieurs décennies plus tard, contre toute attente, ces athlètes affichent une durée de vie supérieure de 7 à 8 ans par rapport à la moyenne de la population masculine ayant 25 ans en 1959-1960 (écartant ainsi le biais de la mortalité infantile).

Le cyclisme de haut niveau, avec ses volumes d’entraînement extrêmes, aurait des effets protecteurs durables sur l’organisme, notamment au plan cardiovasculaire alors que l’impact  supposé négatif des amphets (l’important c’est la dose) n’a pas suffi à annuler les bénéfices physiologiques d’une activité physique intense— bien supérieure à celle promise aujourd’hui par les hormones et autres solutions anti-âge.

CONTROVERSE : une attaque diffamatoire sournoise

C’est en lisant en novembre dernier, dans Sud-Ouest la phrase hallucinante d’aversion envers les cyclistes d’une athlète, étudiante en 5e année de médecine, qui affirmait sans sourciller et sans aucune preuve : « que tous les cyclistes dopés ont tous un cancer des testicules à 40 ans, sont infertiles ou, s’ils ont des enfants, ceux-ci ont des retards de développement » – sans que Sud-Ouest qui lui a donné une telle tribune ni les instances cyclistes ne s’émeuvent de ces divagations diffamatoires – que je décidai de publier mes travaux poursuivis depuis des années sur la durée de vie des coureurs ayant pris au moins une fois le départ du Tour de France.

Les chiffres ne mentent pas : du 1er Tour de 1903 à celui de 1960, les Géants de la route, malgré leur médicalisation de la performance, ont une durée de vie supérieure à la moyenne des hommes en France.

Quant aux instances antidopage, leur stratégie est à revoir en profondeur. Brandir la peur de la maladie et de la mort jeune, c’est totalement à côté de la plaque !

Mon étude, exclusive et originale, sur la durée de vie des coureurs du Tour de France des années 1960 vient bousculer les idées reçues. Là où beaucoup se contentent de relayer des croyances toutes faites, j’apporte une analyse rigoureuse qui invite à penser autrement et à sortir d’un certain conformisme stérile.

Dans l’imaginaire collectif, le dopage est associé à la tricherie, aux scandales et aux carrières brisées. À une époque où le Tour de France était déjà l’une des épreuves les plus exigeantes au monde, de nombreux coureurs, malgré l’usage répandu de substances dopantes,  affichent une étonnante longévité.

Pour démontrer la dangerosité du dopage, les partisans de la lutte antidopage ont souvent mis en avant quelques cas de cyclistes décédés relativement jeunes (avant 60 ans). Ces exemples, parfois emblématiques — Jacques Anquetil, Louison Bobet, Roger Rivière, Raymond Mastrotto — ont servi à crédibiliser leur discours sur les dangers des substances de performance. Mais qu’en est-il de l’ensemble du peloton ?

Bien sûr, lors du Tour de France 1959, sur les 12 coureurs sélectionnés en équipe de France, cinq ne dépassèrent pas la soixantaine, soit 41,7 %. Pourtant, rapportés aux 120 partants, ces décès prématurés n’ont pas d’impact significatif sur la longévité globale du peloton.

Les chiffres sont sans appel


Sur les 128 partants, la durée de vie moyenne s’élève à 80 ans et 6 mois, soit un avantage de 8 ans et 5 mois par rapport à la population masculine générale.


Au 7 avril 2026, 22 coureurs du Tour 1959 sont encore en vie. Ils sont même 32 survivants pour l’édition 1960, preuve supplémentaire d’une longévité remarquable.

Tous les anciens coureurs du Tour de France que j’ai interrogés au sujet des « pastilles » consommées dans les années 1950-1960 ont reconnu, sans exception, avoir eu recours à des amphétamines — notamment le Maxiton®, le Tonédron® ou encore la Corydrane®.

Certains en faisaient un usage intensif, à l’image de ce vainqueur du Tour qui plongeait la langue dans sa boîte de médicaments pour avaler tous les comprimés qui s’y collaient. La majorité, toutefois, limitait leur consommation aux périodes de compétition.

Au final, le respect des doses recommandées par les laboratoires, associé à une certaine prudence (notamment en cas de forte chaleur), ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur la longévité de ces athlètes de haut niveau.

Malgré ces constats, les cyclistes continuent d’être régulièrement critiqués par certains médias et pseudo-spécialistes, notamment sur les risques sanitaires liés au dopage. Face à ces attaques, le silence du monde du cyclisme interroge.

  • Une étude scientifique menée sur 786 coureurs français du Tour de France (1947–2012) a montré qu’ils vivaient en moyenne 6,3 années de plus que la population masculine générale.
    Cette recherche, conduite par l’INSERM et l’IRMES, a été publiée le 3 septembre 2013 dans l’European Heart Journal et présentée au congrès de la Société européenne de cardiologie à Amsterdam. Elle a été largement relayée par des médias tels que Le Nouvel Obs, Le Point, Libération ou Le Parisien
  • Depuis 2021, j’ai moi-même publié à plusieurs reprises des travaux confirmant cette tendance.

CONCLUSION

Depuis 1903, malgré un dopage présent dès les premières éditions, les coureurs du Tour de France — les « Géants de la route » — affichent une longévité nettement supérieure, de plusieurs années, à celle de la population masculine française.

POUR EN SAVOIR PLUS – Blog JPDM – Autres liens à consulter sur la longévité des cyclistes

  • Tour de France ton histoire – Et si le Monument n° 1 du cyclisme était un élixir de longévité ? Les anciens cyclistes du Tour de France décédés ces quatre dernières années (2022-2025) ont bénéficié d’un avantage de longévité d’environ 7 ans 2 mois par rapport à la population générale de cette période – publié le 01 janvier 2026
  • Tour de France ton histoire : dès la 1re édition en 1903, les coureurs ont une durée de vie hors norme. Et ce malgré le dopage ! Dès l’édition inaugurale de 1903, les Géants de la Route présentent une durée de vie moyenne nettement supérieure à celle de la population française de leur époque en dépit de l’usage alors courant d’amplificateurs artificiels de performance, autrement dit de produits dopants – publié le 05 janvier 2026

Tour des Flandres ton histoire – En chiffres remarquables : les plus et les moins des 83 lauréats

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Classiques-Monuments : Le Tour des Flandres/ Le Ronde

POUR EN SAVOIR PLUS – Blog JPDM – Autres liens sur le Tour des Flandres

  1. Tour des Flandres – Tous les ‘’plus’’ : les lauréats récidivistes, les plus grands, les plus lourds… et le portrait-robot d’un vainqueur établi sur les 101 éditions – publié le 30 mars 2018
  2. Tour des Flandres – Le morphotype d’un cador du Ronde bascule au décours des années 2000. Auscultation d’une épreuve plus que centenaire ayant vu le jour en 1913. Tous les « plus »: les lauréats récidivistes, les plus grands, les plus lourds … et le portrait-robot du probable lauréat 2021 établi à partir des vainqueurs des 104 éditions de 1913 à 2020. La 105e édition a lieu demain dimanche 4 avril 2021 – publié le 04 avril 2021

3. Actualité cycliste – Tour des Flandres : le bonus du morphotype. Le Danois Kasper Asgreen n’est pas un vainqueur inattendu comme les consultants d’Eurosport nous l’ont répété dans le final et à l’arrivée du 105e Ronde – publié le 05 avril 2021

4. Tour des Flandres 2023 – Un monument à la hauteur d’une course à très haute intensité à 44,083 km/h, record de l’épreuve battu. Tout savoir sur les 107 éditions du Ronde van Vlaanderen  – publié le  05 avril 2023

Tour des Flandres 2023 – Un Monument à la hauteur d’une course à très haute intensité à 44,083 km/h, record de l’épreuve battu ! – Docteur Jean-Pierre de Mondenard (dopagedemondenard.com)

Tour de France 1910 – Octave Lapize, 7e rang de la « liste glorieuse » d’Henri Desgrange, au coeur d’un duel d’anthologie

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La 8e édition du Tour de France, en 1910, reste l’une des plus marquantes de l’histoire.

Elle est dominée par un affrontement spectaculaire entre le tenant du titre François Faber, le « Géant de Colombes », et Octave Lapize, surnommé « l’As des As ». Coéquipiers au sein de la formation Alcyon dirigée par Alphonse Baugé, les deux hommes se livrent une bataille sans merci.

Après 4 734 kilomètres et 15 étapes, le verdict est infime : Lapize s’impose avec 63 points, contre 67 pour Faber.

Mais cette édition entre surtout dans la légende pour une innovation majeure. Sous l’impulsion d’Alphonse Steines, le peloton découvre pour la première fois les Pyrénées. Entre Luchon et Bayonne, une étape hors norme de 326 kilomètres enchaîne cinq cols — Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Soulor et Aubisque — et forge le mythe des « forçats de la route ». Un tournant décisif dans l’histoire de la Grande Boucle.

Figure dominante de son époque, Octave Lapize ne brille pas seulement sur le Tour. Il impose sa loi sur les grandes classiques, avec trois victoires consécutives sur Paris-Roubaix (1909, 1910,1911), Paris-Bruxelles (1911, 1912,1913) et au championnat de France (1911, 1912, 1913). Un palmarès qui fait de lui l’un des premiers cadors des pionniers de la Belle Epoque du cyclisme.

Tour de France – Statistiques : nombre de Tours, durée de carrière, âge de la retraite des 61 vainqueurs (1903-2018)

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Comparé aux 39 coureurs du peloton ayant pris leur retraite en 2024 et aux 48 en 2025

Après une analyse récente portant sur les 39 puis 48 cyclistes retraités en 2024 et 2025, tous ayant disputé au moins une édition de la Grande Boucle, plusieurs enseignements émergent lorsqu’on compare leurs parcours à ceux des 61 vainqueurs du Tour de France retirés entre 1903 et 2018.

Cette comparaison repose sur trois indicateurs principaux :

  • le nombre moyen de saisons professionnelles,
  • l’âge moyen au moment de la retraite,
  • le nombre moyen de participations au Tour de France.

La période 2006-2018 se distingue par une durée de carrière particulièrement élevée, supérieure à celle des quatre périodes précédentes.

Les coureurs retraités en 2024-2025 totalisent en moyenne 14,25 saisons professionnelles, contre 15,3 pour les vainqueurs de la période 1919-1939, un chiffre légèrement supérieur à celui observé entre 2006 et 2018 (15,1).

La première période (1903-1914) fait exception, avec seulement 8,5 saisons en moyenne. Cette singularité s’explique par le déclenchement de la Première Guerre mondiale le 3 août 1914. En effet, la carrière de 6 vainqueurs sur 10 a été interrompue par le conflit : trois y ont perdu la vie, un autre s’est suicidé et deux ont vu leur carrière fortement perturbée par la désorganisation des compétitions cyclistes durant la guerre.

Les vainqueurs des périodes 2006-2018 (36,1 ans) et 1919-1939 (36,2 ans) mettent fin à leur carrière plus tardivement que les coureurs retraités en 2024-2025, qui arrêtent en moyenne plus jeunes.

Par ailleurs, les périodes 1947-1977 et 1978-1998, avec 13,7 et 13,2 saisons au compteur, sensiblement inférieures aux périodes antérieure 1919-1939 (15,3) et 2006-2018 (15,1) et postérieure, témoignent que les affaires de dopage ont réduit le nombre de saisons mais aussi l’âge de la retraite (cf graph 2).

Ainsi, successivement, les affaires de dopage sont venues impacter l’activité des cyclistes du Tour de France : premiers contrôles antidopage sur la route du Tour et grève des coureurs (1966), décès du Britannique Tom Simpson sur les pentes du Mt Ventoux (1967), exclusion d’Eddy Merckx du Giro pour test positif (1969), triche par substitution d’urine du maillot jaune Michel Pollentier à l’Alpe d’Huez (1978), affaire Festina où l’ensemble de l’équipe est exclu du Tour à la suite des aveux du directeur sportif et du soigneur (1998).

À l’inverse, les lauréats de la période 1903-1914 se retirent nettement plus tôt, avec un âge moyen de 31,5 ans, conséquence directe du contexte historique lié à la guerre.

Depuis 1978, les vainqueurs du Tour participent plus fréquemment à l’épreuve :

  • 9,7 participations en moyenne entre 1978 et 1998,
  • 8,9 entre 2006 et 2018.

En comparaison, les coureurs retraités en 2024-2025 affichent une moyenne nettement plus faible, avec seulement 4,8 participations.

Ce contraste s’explique notamment par les bénéfices sportifs, médiatiques et financiers liés à une victoire sur le Tour, qui incitent les lauréats à revenir pour viser d’autres succès (étapes, classements annexes, primes).

À l’inverse, de nombreux coureurs du peloton 2024-2025 n’ont participé qu’à peu d’éditions, voire une seule car cantonné au rôle d’équipier, souvent moins valorisé, au service d’un leader.

La plus grande diversité de vainqueurs s’observe entre 1903 et 1914.

La raison du plus grand nombre de vainqueurs différents est due principalement à l’absence de la notion d’équipe avec un leader unique mais au recrutement par les constructeurs de cycles des meilleures pédales de l’époque au sein d’un même groupe. Par exemple, en 1909, l’équipe Alcyon est dirigée par Alphonse Baugé ne comporte que des cadors. Sur les 6 ‘’coéquipiers’’, on dénombre un ancien lauréat Louis Trousselier (1er en 1905), deux futurs vainqueurs : François Faber (1er en 1909), Gustave Garrigou (1er en 1911) et deux futurs seconds : Paul Duboc en 1911 et Jean Alavoine en 1919 et 1922.

Difficile pour le directeur sportif de faire régner l’esprit d’équipe. Dans les comptes-rendus de ces années, il est signalé que l’entraide entre coureurs n’est pas la priorité. Lors d’un incident ou accident de machine, la victime doit réparer toute seule.

De même, en 1910, sur 10 coureurs composant le team Alcyon, on dénombre quatre anciens ou futurs gagnants de la Grande Boucle.

Aujourd’hui, les formations susceptibles de conquérir le maillot jaune n’ont qu’un seul leader au départ. Si défaillance de ce n° 1, le reste du groupe se met au service du lieutenant.

Ce n’est qu’à partir de 1930 et la création des équipes nationales sous le contrôle d’un directeur technique que la cohésion va s’installer au service d’un leader désigné au départ. Pendant cette période de l’entre-deux guerres, on va comptabiliser six vainqueurs récidivistes (Lambot, Bottecchia, Frantz, Leducq, Magne, S. Maes).

A la bascule des années 2000, l’avènement de Lance Armstrong avec à sa solde l’équipe US Postal, va booster l’organisation des équipes dont la création suivra le professionnalisme de l’Américain et de ses boys : Sky-Ineos, Visma, UAE Emirates.

Pour en revenir au commentaire du graphique 4

Au cours des périodes suivantes, les victoires répétées deviennent plus fréquentes, certains coureurs remportant plusieurs éditions.

La période 2006-2018 semble marquer un retour à une plus grande diversité de vainqueurs. Toutefois, cette impression est biaisée par l’absence de Lance Armstrong, vainqueur de sept Tours entre 1999 et 2005, dont les titres ont été annulés. Sans cette disqualification, la concentration des victoires aurait été plus marquée.

Sur ce graphique, on constate que le nombre de vainqueurs différents diminue régulièrement depuis la 1re période 1903-1914 à 1978-1998. En revanche, la période 2006-2018 remonte en raison de la disqualification pour dopage de Lance Armstrong, lauréat de 7 Tours consécutifs. Si on maintient l’Américain (colonne orange), le résultat est concordant avec l’ensemble des périodes.

Remarque : avoir disqualifié Armstrong est une imposture car de nombreux lauréats du Tour ont avoué carburer aux amplificateurs artificiels de performances ou, durant leur carrière ont été contrôlés positifs.

L’étude globale met en évidence plusieurs caractéristiques des vainqueurs du Tour de France :

  • une participation plus fréquente à l’épreuve,
  • une grande polyvalence, combinant qualités de grimpeur et de rouleur,
  • un encadrement collectif structuré, avec une équipe dédiée à leur protection,
  • et, depuis le milieu des années 1990, des progrès décisifs dans la préparation scientifique et la médicalisation de la performance.

Tour de France – Rayon lecture : « Histoires insolites et curieuses du sport » par Louis Nore (City Editions)

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Louis Nore, ancien responsable des sports à La Marseillaise, et Sylvain Letouzé, tous deux auteurs publiés par City Editions, semblent avoir une passion commune pour les récits originaux. Cependant, leurs livres donnent parfois l’impression qu’ils prennent des libertés avec la réalité, un peu trop !

Le livre de Louis Nore a du mal à convaincre, tout comme celui de son collègue Letouzé, qui partage la même maison d’édition. Les deux ouvrages, malheureusement, peinent à répondre aux attentes des amateurs de sport passionnés de détails précis.

L’éditeur n’hésite pas à qualifier Nore de « spécialiste encyclopédique du sport », ce qui est difficile à croire, surtout au regard de certaines erreurs grossières, notamment sur le cyclisme.

Certaines anecdotes de Nore, censées être emblématiques, s’éloignent trop des faits rapportés par les témoins de l’époque, ce qui peut prêter à confusion.

En fichier joint (PDF) : Critiques argumentées de l’ouvrage Histoires insolites et curieuses du sport

Tour de France : vague de départs, 48 ex-coureurs de la Ronde de juillet ont quitté le peloton en 2025

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Ils étaient 36 en 2022 et 39 en 2024

Philippe Fetter, archiviste de longue date, expert en états civils de cyclistes, a passé  au peigne fin la carrière des 48 cyclistes émérites qui ont décidé d’arrêter le cyclisme de haut niveau au terme de la saison 2025.

Parmi les 48 retraités, quelques stars du peloton des mois de juillet. Des vainqueurs de la Grande Boucle : Chris Froome (4 fois), Geraint Thomas (1 fois). Deux podiums : Romain Bardet, un 4e Simon Yates. Mais aussi un champion du monde, Rui Costa, des lauréats de classiques-monuments : Arnaud Démare (1), Jakob Fuglsang (4), Alexander Kristoff (2)

CONTRIBUTION AU DÉCRYPTAGE DU PARCOURS DES ACTEURS DU TOUR DE FRANCE

C’est ASO et ses services qui devraient faire ce travail à destination des journalistes, des passionnés, des historiens, des chercheurs… Mais visiblement l’organisateur du Monument numéro 1 n’a que faire de ceux qui quittent le devant de la scène. Les responsables devraient être au service de la course et des coureurs et non l’inverse. Dommage.

En fichier joint (PDF) : Les 48 retraités du Tour de France 2025 : carrière et palmarès détaillé pour chacun d’eux

Dictionnaire du dopage – Les anti-inflammatoires, ces médicaments autorisés qui dopent les sportifs… mais qui font disqualifier les chevaux de compétition !

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AINS – Substances légales devenues la norme

d’autant plus qu’ils ont de nombreux effets collatéraux et répondent ainsi à deux occurrences sur trois pour figurer ipso facto dans la liste des illicites :

  • Effets sur la performance.
  • Dangereux pour la santé du consommateur.

Les AINS sont autorisés par le Code mondial chez l’Homme alors que les autorités hippiques et les fédérations de courses les interdisent depuis des décennies chez le cheval de compétition.

La crédibilité de l’Agence mondiale antidopage (AMA) est de plus en plus remise en question.

Compétition mondiale par excellence, les Jeux olympiques exercent une pression considérable sur les athlètes. À ce niveau, la quête de performance absolue devient un puissant moteur… y compris pour recourir à des amplificateurs artificiels, souvent interdits.

Les Jeux olympiques encouragent indirectement le dopage. Et pourtant, ce sont leurs propres organisateurs qui pilotent la lutte antidopage.

La situation frôle l’absurde : c’est un peu comme si le patron d’une entreprise était aussi son délégué syndical.

Être sélectionné aux Jeux représente déjà une réussite exceptionnelle. Mais pour y parvenir, puis pour y briller, les athlètes cherchent les fameux gains marginaux capables de faire la différence. Or ces gains figurent bien souvent sur la liste des produits interdits.

Première ambition : se qualifier.
Deuxième objectif : entrer dans les huit finalistes, ceux dont le nom restera gravé dans les livres de résultats.

Mais quand il s’agit de monter sur le podium, la pression atteint son paroxysme. À ce niveau, le dopage devient une pratique largement répandue — à une condition essentielle : ne pas se faire prendre.

Les organisateurs des Jeux olympiques et des grandes compétitions internationales se défendent naturellement de favoriser ce phénomène. C’est humain.

Mais ce sont pourtant ces mêmes institutions qui, avec l’AMA et l’ITA, dirigent la lutte antidopage.

Le résultat ? Des statistiques dérisoires : chaque année, moins de 1 % des athlètes contrôlés sont déclarés positifs.

Faut-il en conclure que les sportifs sont devenus miraculeusement vertueux ? Ou bien que les laboratoires antidopage ne recherchent pas — ou ne détectent pas — les substances réellement utilisées ?

Ces chiffres arrangent évidemment les instances sportives. Car si le taux réel de tricheurs atteignait des niveaux comparables à ceux observés dans d’autres domaines de la société — fraude aux examens, travail dissimulé, vente de tabac aux mineurs — les Jeux olympiques et leurs valeurs proclamées pourraient vaciller.

À cela s’ajoute un angle mort : certaines substances ne sont pas considérées comme dopantes alors qu’elles sont massivement consommées dans le sport de haut niveau.

C’est notamment le cas des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Dans de nombreuses disciplines — football, handball, rugby, tennis — leur usage est quasi banal.

Les rares enquêtes disponibles sont éloquentes :

  • 91 % des footballeurs en consomment,
  • environ 50 % des trailers et des handballeurs,
  • jusqu’à 100 % des joueurs de football américain.

Une question simple se pose alors :
pourquoi les AINS sont-ils interdits dans les courses hippiques et les sports équestres… mais autorisés chez les sportifs humains ?

On attend toujours une réponse claire.

En revanche, les mêmes institutions dénoncent avec vigueur le projet des Enhanced Games, où le dopage serait assumé et réglementé. Leur principal argument : le risque d’une catastrophe sanitaire pour les athlètes.

Pourtant, aucune démonstration solide n’a établi que le dopage réduisait la longévité des sportifs.

Pour aller plus loin

Pour comprendre l’ampleur de la consommation d’anti-inflammatoires dans le sport de compétition et leur rôle possible dans la performance, nous vous proposons de consulter la fiche actualisée et enrichie du Dictionnaire du dopage.

Tour de France ton histoire – En 1907 et 1908, dans la  »Liste glorieuse » d’Henri Desgrange, Lucien Petit-Breton est le 5e lauréat

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Il en est même le premier double-vainqueur

Bien que né en France en 1882, Lucien Mazan (nom de naissance) a passé toute sa jeunesse en Argentine d’où son surnom ‘’L’Argentin’’. Mais, rapidement, en fréquentant le peloton cycliste, il se fait appelé Breton pour ne pas indisposer son père qui n’apprécie pas l’activité de cycliste comme honorable car proche de saltimbanque puis, rapidement pour ne pas faire doublon avec un coureur qui a pour nom Breton, il s’octroie le patronyme de  Petit-Breton pendant sa carrière et jusqu’à son destin tragique en 1917.

Lucien devient professionnel en 1902 et le restera jusqu’en 1914.

Comme deux autres vainqueurs du Tour, François Faber (1er en 1909) et Octave Lapize (1er en 1910), Lucien P.-B. perdra la vie pendant la guerre de 1914-1918 lors d’un accident impliquant une charrette.

Des cris de bête sauvage à répétition

Que ce soit sur la piste (six jours, Bol d’Or) ou sur la route (Tour de France), Petit-Breton se singularise par cette tactique inusitée jusqu’alors dans le peloton. Son fils, Yves Petit-Breton, auteur d’une plaquette-hommage à son père publiée en 1978, résume ce comportement : « Il était téméraire, il n’hésitait pas à partir dès le départ et s’il était rejoint, il redémarrait à nouveau. Il répétait l’attaque dix à vingt fois s’il le fallait. A chaque démarrage, il prévenait ses adversaires en hurlant très fort. »

A notre connaissance, les ‘’crises’’ de Petit-Breton ont eu pour émule le Suisse Ferdi Kübler, lauréat du Tour 1950 surnommé le Champion hennissant, l’Homme-Cheval ou le Fou pédalant. C’est un hors-série de Route et Piste en 1952 qui en témoigne : « Les coureurs qui ont eu la chance d’être à ses côtés dans une échappée de fin de course alors que l’arrivée est proche, gardent de Ferdi un souvenir inoubliable. Nerveux comme un pur-sang, il encourage les uns, les autres et lui-même à aller plus vite : ‘’Pense à ta fille !’’, ‘’Pense à ta femme !’’, ‘’Allez Ferdi, allez Ferdi !’’. Criant plus haut et plus fort à mesure que le rythme s’accélère, il arrive ainsi à se survolter, à se donner la fièvre et à se présenter dans une sorte d’état second au moment du sprint. Qui pourrait le battre, alors ? »

Depuis les années 1960 dans le tennis, les joueurs ‘’grynt’’ ou poussent des cris puissants en frappant la balle. Ce phénomène n’est pas juste instinctif ou anecdotique : plusieurs études et analyses démontrent qu’il sert à améliorer l’expiration, la puissance ou même à ‘’effacer’’ le son de la balle sur la raquette gênant l’adversaire pour anticiper la trajectoire.

Chez les joueuses, Monica Seles a fortement popularisé ces vocalisations au début des années 1990.

En revanche, dans le cyclisme professionnel, les vociférations ou cris ‘’à la Petit-Breton’’ ne sont pas une norme rituelle liée à l’effort ou à l’attaque comme cela peut l’être au tennis.

– Tout savoir sur  Lucien Petit-Breton dit L’Argentin, champion hors norme des pionniers des premiers Tour de France. Dans la Liste glorieuse chère à Henri Desgrange, il se situe depuis 1903 en 5e position.

– Le document exclusif que nous proposons passe en revue son état civil et ses parentés cyclites, son palmarès détaillé avec les dates attenantes.

– Durant sa carrière pro, notamment les incidents de parcours, les blessures, les problèmes de santé ainsi que les sorties de route sont répertoriés et analysés.

– Puis sont abordés l’entraînement, l’alimentation, la course, les pratiques irrégulières nombreuses à l’époque.

– La dernière partie du document regroupe les références précises des livres et articles qui lui sont dédiés : livres, documents, hors-séries : 30 ; articles : 24, film : 1

Tour de France – En 1909, dans la  »liste glorieuse » d’Henri Desgrange, François Faber, le Géant de Colombes, est le 6e lauréat

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Le Tour de France 1909, 7e édition, fut l’un des plus difficiles de l’histoire accompagné de pluie, boue, grêle et vent. Et pourtant avec son gabarit hors norme (1,78 m / 91 kg), le Colosse de Colombes va dominer l’épreuve longue de 14 étapes en restant leader de la 2e à la 14e étape. Encore mieux : Faber va remporter cinq étapes d’affilée à travers les Vosges et les Alpes. Série inégalée à ce jour.

Aujourd’hui, un tel exploit ne pourrait sans doute être réalisé que par Tadej Pogacar lui-même.

Né en France d’un père luxembourgeois, il optera à sa majorité pour la nationalité du Grand-Duché. En 1914, Faber s’engagera dans la Légion étrangère au service de la France. Tué à l’ennemi le 09 mai 1915 près d’Arras, son corps ne sera jamais retrouvé, il obtiendra la mention honorifique posthume de ‘’Mort pour la France’’ et fait partie des 63 cyclistes morts ‘’Morts pour la France’’ (MPLF) ou pour leur pays (MPLP) lors du conflit mondial 1914-1918.

Par rapport aux 665 concurrents ayant pris le départ du Tour de France de 1903 à 1914, cela donne 9,47% de décès parmi les cyclistes ayant participé aux TDF avant la guerre de 1914 (60 Français, 1 Belge, 1 Italien, 1 Luxembourgeois).

Par ailleurs, il est qualifié par la presse de Géant de Colombes en raison de ses mensurations et de la commune où il vécut pendant toute sa jeunesse. Sauf que son gabarit va être gonflé par de nombreux auteurs, laxistes sur les faits précis.

Sa taille, notamment, va passer de 1,78 m à 1,92 m. En réalité, il faut attendre 2005 pour que le journaliste Pascal Leroy, auteur d’un livre sur Faber, obtienne la fiche de la Légion étrangère sur laquelle est mentionné : 1,78 m.

L’Homme-locomotive, autre surnom de Faber, décédé le 09 mai 1915, ne connaîtra pas sa fille Raymonde née cinq jours plus tôt, le 05 mai 1915 à Colombes. Un courrier de son épouse lui apprendra la naissance de son enfant.

Pour la petite histoire – Un autre lauréat du Tour de France, René Pottier, vainqueur en 1906, ne saura jamais que sa fille, Renée, naissait le 22 juin 1907. Il s’était suicidé le 25 janvier précédant !

En fichier joint (PDF) – François Faber – Document complet