Championnat du monde d’échecs 2016 à New York – Les neurotransmetteurs vont être en surchauffe pendant trois semaines. Y aura-t-il un contrôle antidopage ?

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Le Norvégien Magnus Carlsen et le Russe Sergueï Kariakine

Le Championnat du monde d’échecs 2016 se déroule à New York du 11 au 30 novembre. C’est la première fois en cent trente ans de duels officiels à ce niveau de la compétition, que les deux adversaires au titre suprême ont moins de 30 ans.

La condition physique et la gestion des nerfs en situation d’extrêmes tensions jouent un rôle déterminant pour atteindre le graal des ‘’pousseurs de bois professionnels’’.

Sur ce thème qui peut vous intéresser, nous vous conseillons la lecture de deux articles publiés dans ce blog le 26 janvier 2016 :

       Dictionnaire du dopage – Jeux de société (bridge, échecs, poker, vidéo…)

       Le poker, les échecs sont-ils des sports ? ‘’Les grosses têtes ont-elles besoin de muscles ?’’

Corticoïdes (suite) – Historique de la détection des corticoïdes dans le cadre d’un contrôle antidopage

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1999

Tour de France : détections à titre préventif

2000

Tour de France : le Français Emmanuel Magnien est le premier positif sanctionné par l’UCI

 

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Cycliste professionnel de 1993 à 2003

 

 Depuis le 7 août, la Fédération française de cyclisme (FFC) alertée par l’Union cycliste internationale (UCI), a ouvert une procédure disciplinaire à l’encontre du coureur de la FDJ, Emmanuel Magnien, contrôlé lors du Tour de France le 18 juillet à Morzine à l’issue de la 16e étape. L’analyse a révélé qu’une injection intramusculaire de cortisone (Kenacort® 80 : triamcinolone acétonide) lui avait été faite avant le départ du Tour pour traiter une allergie au pollen.

kenacort Afin de stimuler la consommation, les publicités des médicaments font souvent appel au vélo ou à la bicyclette

Or, ce genre d’injection de corticoïdes est formellement interdit par la loi française et l’UCI, même accompagnée – ce qui était le cas pour Magnien – d’une justification thérapeutique. Gérard Guillaume, le médecin de la Française des Jeux, rapporte les faits dans Le Figaro du 18 août 2000 : « Trois jours avant le début du Tour, il a eu besoin d’un soin tout à fait classique, une injection intramusculaire de corticoïde, dans ce genre de pathologie (a priori une allergie au pollen). Je l’ai averti, il a pris ses responsabilités et a dit  ‘’ Je n’ai pas le choix, je veux faire le Tour’’. Je ne pouvais pas l’empêcher de partir. »

Dans un premier temps, la FFC condamne le coureur à six mois avec sursis. L’UCI, face à cette sanction trop légère, fait appel devant le Tribunal arbitral du sport qui, le 18 septembre 2000, inflige à Magnien une suspension de six mois (dont trois mois ferme) et interdiction de participer aux Jeux de Sydney.

Parallèlement, le médecin de la FDJ, le 17 septembre 2001 est suspendu trois mois pour avoir pratiqué une injection de corticoïdes par voie intramusculaire sur le coureur Emmanuel Magnien.

 

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Docteur Gérard Guillaume, médecin de la FDJ

 

 2002

France  – Tous les sports sont concernés par la détection des ‘’corticos’’

Alors qu’ils n’étaient recherchés que sur les cyclistes, les corticostéroïdes sont dorénavant dépistés dans tous les sports depuis le 1er janvier 2002

Corticoïdes (suite) – Ces derniers temps, malgré l’hypermédiatisation des trois joueurs de rugby du Racing 92 testés positifs aux corticoïdes, la presse dite spécialisée est restée muette par ignorance sur les débuts du dépistage urinaire de ces substances dans le cadre d’un contrôle antidopage

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En septembre 1999, le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) publiait un communiqué relatif à la nouvelle détection des corticoïdes de synthèse. Ce texte nous apprend qu’en réalité pour les années 1999 et 2000, la recherche n’était effectuée que dans un cadre préventif…

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 Informations émanant du LNDD relatives à l’identification de certaines substances illicites

 Corticoïdes de synthèse (bétaméthasone, cortivazol, prednisolone, triamcinolone)

La détection et l’identification en routine des différents représentants de cette classe thérapeutique ne peut être acquise par les techniques de chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse utilisées classiquement par les Laboratoires antidopage. La seule méthode pour identifier ce type de composés est la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse.

Des instruments de ce type présentant une fiabilité suffisante et adaptés à un fonctionnement de routine n’ont été commercialisés que depuis 3 ans. Ce n’est donc que récemment que le LNDD a pu opérer une diversification analytique pour aborder la problématique des corticoïdes de synthèse et développer des méthodes de détection et d’identification de ces substances dans l’urine. Cette technique a été appliquée, dans un cadre préventif, pour le Tour de France 1999 avec l’accord de l’UCI et la déclaration des cas «positifs» figurait en annexe des rapports d’analyses antidopage classiques.

Les possibilités actuelles du Laboratoire se limitent à l’analyse de 2000 à 3000 échantillons par an. Il est donc impossible de généraliser dans l’immédiat la détection des corticoïdes de synthèse dans un cadre répressif sur 9000 échantillons, nombre correspondant au total des analyses effectuées chaque année. Le LNDD peut donc cibler dans l’immédiat son action dans un cadre préventif et sur une population à risque (à hauteur de 2000 à 3000 échantillons par an). Dans un délai d’un an, la totalité des analyses concernant ces substances pourra être effectuée dans le cadre répressif des contrôles antidopage.

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 Corticoïdes naturels (cortisol, cortisone)

 A l’instar de ce qui a été mis en œuvre récemment pour la testostérone, l’usage illicite des corticoïdes naturels pourrait être révélé par l’analyse isotopique du carbone. La faisabilité de cette approche isotopique a été confirmée en 1998/1999 dans le cadre de travaux entrepris par le LNDD en collaboration avec le Service central d’analyse du CNRS de Vernaison. La technique a été implantée au LNDD et la validation sera entreprise au LNDD entre le 1er novembre 1999 et le 1er mai 2000. Il est donc prévu d’appliquer cette technique à cette date tout d’abord dans un cadre préventif comme pour les corticoïdes de synthèse et en 2001 de la généraliser dans le cadre répressif.

  ANNÉE 2000 ANNÉE 2001
Corticoïdes de synthèse A partir de janvier à titre préventif

2000 à 3000 échantillons urinaires

9000 à titre répressif
Corticoïdes naturels A partir de mai à titre préventif

2000 à 3000 échantillons urinaires

9000 à titre répressif

 

Des histoires de volatils, lévriers, taureaux… chargés pour satisfaire l’ego de leurs propriétaires !

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Mises à part quelques exceptions où les animaux sauvages ou domestiques se défoncent en absorbant des plantes hallucinogènes présentes dans la nature, la quasi-totalité des animaux dopés le sont par les hommes. En dehors des chevaux (hippisme) qui feront l’objet d’une fiche à part, tous les animaux de compétition : chiens (de traineaux, lévriers, whippets…), pigeons, chameaux, éléphants, taureaux (corrida, bullriding…), cerfs, vaches valaisannes, certaines fédérations telles la fédération colombophile internationale, pratiquent des contrôles antidopage sur leurs animaux, d’autres non. Plusieurs instances internationales dans un souci de protection de l’animal contre les agissements de l’homme pour sa gloire personnelle, ont une liste de substances prohibées plus étendue que celle de l’Agence mondiale antidopage pour les humains.

Par exemple, la caféine – un véritable dopant dont les effets ergogéniques ont été bien démontrés par de multiples études scientifiques – n’est plus prohibée chez l’homme depuis 2004. En revanche, ce tonique séculaire est encore aujourd’hui illégal en milieu hippique mais également chez les colombophiles. Tout dernièrement, au début de l’année 2016, un pigeon a été testé positif à la triméthylxanthine (caféine).

Afin d’éclairer ce thème du dopage animal, nous vous proposons un cocktail d’histoires colligées depuis plus d’un siècle. Rappelons que la triche étant consubstantielle à l’homme, notamment dans une situation de compétition, le survoltage artificiel des volatils et des quadrupèdes fait partie des moyens utilisés par le coach et son poulain pour atteindre les marches du podium et de la gloire. En pastichant Anatole France, on peut écrire que « sans le dopage, l’éthique périrait de désespoir et d’ennui ».Dr JPDM

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