L’Equipe – Journalistes, faites un gros effort afin de réduire votre ignorance sur le dopage et sa lutte…

Par défaut

L'EQUIPE

Dans L’Equipe du 4 juillet donnant le parcours de la 4e étape arrivant à Vittel, la page 20 revient sur cette ville d’eau où s’est déroulé le Grand Départ du Tour  1968.

L’année précédente, le 13 juillet, le coureur britannique Tom Simpson avait perdu la vie sur les pentes du Mont Ventoux. L’examen post-mortem et le contenu des poches de son maillot mettent en évidence que les amphétamines ont joué un rôle certain dans ce décès, faisant de Simpson le martyr du dopage.

Un décès sans réel impact sur le peloton

Dans l’articulet du quotidien sportif, il est écrit : « Tom Simpson était mort dans le Ventoux, créant un choc énorme dans l’opinion et le peloton ».

 

EQUIPE

L’Equipe, 04 juillet 2017

 

Peut-être que le public avait vraiment été marqué par cette défaillance fatale vue en direct à la télévision ; en revanche, le peloton avait continué ses pratiques dopantes à base d’amphétamines, les mêmes que celles du champion du monde 1965. En effet, une semaine après l’ascension du Géant de Provence, deux coureurs – Julio Jimenez (le 2e du général) et Désiré Letort (le 3e) vont se faire épingler aux amphets au terme de la 20e étape au sommet du Puy-de-Dôme. La très récente mort du coureur britannique ne les avait pas vraiment perturbés.

Un an plus tard, lors du Tour 1968, les tests vont montrer la présence chez deux concurrents du Tour que les amphets font toujours partie du viatique des Géants de la Route.

La méthode Coué des slogans

 Rappelons que depuis que la lutte antidopage existe, les slogans marketing de la presse du style « Tour du renouveau, Tour de la prise de conscience, etc. » sont constamment rattrapés par la réalité : « Plus ça change, plus c’est la même chose ».

Par ailleurs, deux jours plus tard, le 06 juillet toujours dans L’Equipe, Philippe Brunel un ‘’spécialiste’’ de la mort de Simpson –  et qui avait 10 ans en 1967- s’intéresse à la Grande Boucle  1968 qualifiée par les organisateurs de « Tour de la santé » avec seulement deux cas positifs aux amphets – José Samyn et Jean Stablinski – appartenant tous les deux à l’équipe de France. Brunel commente : « Sur 163 contrôles, deux s’étaient révélés positifs, frappant deux membres de l’équipe de France, José Samyn, un lampiste ‘’fusillé pour l’exemple’’ pour avoir tenté de résorber les séquelles d’une chute avec de la corydrane (un stimulant composé d’aspirine et d’amphétamines très en vogue dans les années 1950-1960 chez les intellectuels et prohibé par le docteur Dumas à partir de 1968. »

Le Corydrane® est du genre masculin

Dans ce court texte de quelques  lignes, on dénombre quatre erreurs. Corydrane en tant que spécialité pharmaceutique prend un C majuscule. Ce médicament est du genre masculin. On écrit le Corydrane® même si Wikipedia lui attribue le sexe féminin, d’ailleurs écrit aussi avec un e final dans les interviews de Jean-Paul Sartre, un gros consommateur de ce produit. Là ce n’est pas forcément le philosophe qui est responsable mais plus certainement le journaliste qui a recueilli les propos de l’auteur de « La critique de la raison dialectique ».

Dès 1966, le Corydrane®  fait partie de la liste des substances illicites. Dernier point, le Corydrane® ne contient pas des amphétamines au pluriel mais une seule : le « tartrate d’amphétamine »

 

3

Catalogue des laboratoires Delagrange édité en 1962 : Corydrane® est du genre masculin

Cet articulet de L’Equipe est une ‘’bonne’’ contribution à l’ignorance et non à la connaissance.

 

Dopage – L’Equipe toujours aussi mal informée…

Par défaut
[publié le 2 juillet 2017]

L'EQUIPE

Les études formant au métier de journaliste sportif sont quasi inexistantes au plan de la pharmacologie et de la physiologie de l’effort. Les Forçats de l’observation sportive, surnommés ainsi par Georges Rozet (auteur de l’ouvrage de référence Les fêtes du muscle en 1914), doivent, sans rien y connaître, juger les performances du corps et, en plus,

ils n’exploitent pas leur riche fonds de documentation.

Dernier exemple en date.

L’Equipe du 29 juin annonce dans un articulet qu’un cycliste italien âgé de 14 ans s’est fait prendre par la patrouille à la mestérolone, un stéroïde anabolisant.

enfant 2

L’Equipe, 29 juin 2017

Dans l’articulet, il est précisé que, selon la Gazzetta dello Sport : « Jamais un sportif aussi jeune n’avait été testé positif à un test antidopage ».

Sauf que, en 1989, on sait grâce au quotidien basé à Boulogne, que des enfants de 12 ans, en URSS, ont été testés positifs à des stéroïdes anabolisants.

enfant 1

L’Equipe, 08 janvier 1989

 

De même, en Afrique du Sud en 1995, une écolière de 14 ans est ‘’tombée’’ dans les rets antidopage. Singularisée à l’époque, il y a 22 ans, comme « la plus jeune sportive au monde à avoir été contrôlée positive ».

 

enfant 3

L’Equipe, 24 avril 1995

 

 

 L’une des premières qualités du journaliste sportif devrait être, systématiquement, de consulter les archives de son journal et non de ‘’recopier’’ les dépêches d’agence sans vérification de la source.

Par ailleurs, écrire : « la mestérolone, un stéroïde anabolisant » sans autre précision s’avère sans intérêt puisque la totalité des lecteurs va se poser la question :’’C’est quoi ce truc ?’’.

La mestérolone, un anabolisant de type androgénique, avait la particularité en 1998 lorsque Christophe Moreau avait été épinglé lors du Critérium International, de disparaître des urines en 15 jours.

Ajoutons que la mestérolone commercialise en France sous le nom de Proviron® est une proche parente de l’hormone mâle (testostérone). Parmi les contre-indications, on note les sujets prépubertaires. C’est le cas de notre jeune cycliste italien.

Il faut être un Dr Mabuse pour doper un jeune de 14 ans à ce stéroïde anabolisant androgène (SAA) qui renforce les caractères sexuels masculins.

proviron    proviron.2

Proviron (mestérolone) commercialisée en France de 1975 à 1998 et sa notice très succincte concernant les contre-indications et effets néfastes

En France, il a été présent en pharmacie de 1975 à 1998. Vingt ans après, il n’est plus disponible légalement. Malheureusement, les forcenés des drogues de la performance peuvent le trouver sur le net mais sans qu’ils soient sûrs de ne pas se faire gruger par l’acquisition d’un produit falsifié.

L’Equipe toujours fâchée avec les blessures…

Par défaut
[publié le 1er juillet 2017]

Il y a deux croisés par genou mais en réalité, et 9 fois sur 10, lors d’une entorse (torsion), on ne s’en pète qu’un à la fois.

Mais, systématiquement, le quotidien du sport avec ses ‘’experts’’ en traumatologie, les dézinguent tous les deux d’un coup.

 L’articulation d’un genou comporte 2 ménisques (interne et externe), 2 ligaments croisés (antérieur et postérieur), 2 ailerons rotuliens (interne et externe) et 2 ligaments latéraux (interne et externe).

Mais on a aussi deux pieds, deux hanches, deux jambes. Il est rarissime que lors d’un match de foot ou de rugby, on abîme les deux à la fois. Or, c’est seulement dans L’Equipe où on se rompt les deux croisés en même temps.

Dans la vraie vie des stades, 90% des ruptures concernent le ligament croisé antérieur.

Pourquoi écrire correctement : le sportif X s’est rompu le ménisque interne ou externe, la jambe droite ou gauche, la hanche droite ou gauche au singulier et les croisés au pluriel ?

La preuve pas les textes : échantillonnage des analphabètes en anatomie.

Ci-dessous quelques exemples puisés dans L’Equipe où l’on nous sert la ‘’mort’’ des croisés au pluriel.

19.11.2016, p 26        Foot – rupture des ligaments croisés de Morgon

19.11.2016, p 32        Foot – Carasco qui a été opéré d’une rupture des LC survenue le 23.01.2016

02.05.2017, p 18        Rugby – Patricio Albacete (rupture des LC)

03.05.2017, p 26        Rugby – Vincent Martin (idem)

22.05.2017, p 39        Foot – Zlatan Ibra (idem)

29.05.2017, p 24        Foot – Zlatan Ibra (idem)

27.05.2017, p 8          Foot – Alexandre Letellier (idem)

Inversement, lorsque le Belge Eden Hazard – joueur de Chelsea – se fracture la cheville droite, il n’est pas mentionné dans L’Equipe (05 juin 2017, p 15) que ce sont les deux chevilles.

POST-IT

Journalistes dits sportifs, arrêtez d’écrire « lésions des croisés » alors que la plupart du temps, c’est un seul qui est touché. Les lecteurs méritent une information correcte. Ce sont eux qui vous paient !!!!

ligament 1

Chaque genou comporte 2 ménisques, 2 croisés, 2 latéraux, 2 ailerons. Il est rare qu’on pète les deux à la fois.

Comme disait le philosophe et homme politique Mahatma Gandhi : « L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ».

 

 

Punchlines dopage…

Par défaut
[publié le 22 juin 2017

1.  Les grandes fédérations telles que celles du football, du rugby, du tennis, du cyclisme – comme elles ne peuvent pas communiquer sur le nombre extrêmement faible des cas positifs enregistrés par leur organisation antidopage – se répandent dans les médias pour marteler qu’elles ont le programme de surveillance le plus performant de la planète sportive.

agassi

André Agassi explique qu’en tennis il n’est pas possible de jouer dopé…

Cela fait franchement sourire lorsqu’André Agassi explique qu’en tennis, il n’est pas possible de jouer dopé car les moyens mis dans la traque des tricheurs sont en tête de tous les programmes antidopage…

ffc  ffrfifa

Logo_Fédération_Française_de_Tennis_(2015_-_Présent)

4 fédérations internationales voulant nous faire croire qu’elles ont le meilleur programme de surveillance antidopage

Au final, ces fédérations ne communiquent plus sur les cas épinglés – peu nombreux- mais sur la Task force de son organisation antidopage.

2.  Un contrôle négatif ne prouve pas l’absence de dopage. En 1976, l’année où Lucien Van Impe remporte le jackpot, une seule substance prohibée et indécelable figure dans la liste : la pémoline. Selon le coureur belge Walter Godefroot, 90% du peloton ‘’marche’’ à ce stimulant du système nerveux central. En revanche, déjà largement utilisés, les corticoïdes ne seront prohibés qu’en 1978 et détectables seulement… vingt ans plus tard, en 1999. De même, les stéroïdes anabolisants présents dans la pharmacopée dopante depuis le début des années 1960, figureront sur la liste rouge eux aussi en 1978 et ne seront détectables – pas tous – qu’à partir de 1979. Et pour deux des plus consommés par les candidats au podium – Stanozolol et Oral-Turinabol – il faudra attendre 2013 pour qu’ils soient identifiables à coup sûr.  A titre de comparaison, s’appuyer sur les chiffres des contrôles antidopage pour quantifier la triche revient à utiliser un réveille-matin  pour chronométrer une finale du 100 mètres aux Jeux olympiques.

3.  3913460-Point-d-exclamation-de-couleur-rouge-les-objets-sur-blanc-Banque-d'imagesMalgré le dopage, si tu n’as pas bossé et pas de talent, tu ne gagnes pas. Oui, mais si tu n’es pas dopé, tu ne gagnes pas non plus !

4.  Vous qui cherchez des Pokémon rares, je vous propose un jeu plus facile et moins chronophage. En effet, le quotidien L’Equipe  qui, probablement par manque de moyens, ne peut pas se payer un relecteur pour tout ce qui concerne la traumatologie sportive (les blessures), la physiologie de l’effort et les questions du dopage, alimente ses articles de nombreuses erreurs. Merci de relever les boulettes, fautes et autres confusions que je ne manquerai pas de publier dans ce blog. Peut-être que cette institution de monopole de la presse sportive fera un effort pour arrêter de mépriser ses  fidèles lecteurs.

lequipe

Le quotidien L’Equipe alimente ses articles de très nombreuses erreur

5.  Mis à part les ministres concernés et les dirigeants des fédérations pour croire aux valeurs du sport, il faut avoir les neurotransmetteurs bloqués à la super glue. Rappelons que l’homme, consubstantiellement, est programmé pour tricher. Toutes les enquêtes sur les activités humaines le démontrent quotidiennement : travail au noir, vente de tabac aux mineurs, triche aux examens universitaires, emplois fictifs rétribués par les partis politiques, bidonnage des études scientifiques et, bien sûr, dopage

6.  Les effets pervers du cannabis : Campagne présidentielle 2017 – Le cannabis perturbe les neurotransmetteurs des hommes politiques !

7.  Vu comment se sont terminées les affaires Mamadou Sakho (foot), Brice Dulin (rugby) et Yannick Nyanga (rugby), on a l’impression que les médecins appartenant aux commissions antidopage de l’UEFA et de la FFR sont, au choix :

  • Pas très pointus sur le dopage;
  • N’ont pas droit à la parole;
  • Ne sont pas indépendants.

8. Le monde du sport (ministères, fédérations, dirigeants de clubs, entraîneurs, staffs médicaux, institutions) doit à la fois lutter contre le dopage et favoriser l’excellence des performances. C’est antinomique. Ça dure depuis plus de 50 ans. C’est inefficace et pourtant ça continue. Avec l’actuelle ministre des Sports qui a gravi les échelons dans le milieu de la performance depuis au moins vingt ans et qui – à ma connaissance – n’a jamais milité pour changer la donne, il est probable que la triche biologique sera toujours omniprésente les prochaines années !

flessel 1

flessel 2

Laura Flessel, ex-escrimeuse et ministre des Sports depuis le 17 mai 2017

 

L’Equipe – Le cyclisme mis à la portion congrue sur les couvertures du quotidien sportif : 80% pour le foot versus 0,7% pour le vélo. Visiblement, ce dernier n’a plus la cote

Par défaut
[publié le 1er juin 2017]

Depuis le 1er janvier 2017, afin de déterminer qu’elle était la place du vélo de compétition dans le journal de la maison Amaury, j’ai consulté les 150 ‘’UNES’’.

Le foot écrase tout

Le foot, comme on pouvait le prévoir, atteint 120 couvertures, soit 80%. Arrive ensuite en 2e position le rugby, loin derrière, avec 11 premières pages, soit 7,3%.

Les autres spécialités sportives se suivent avec des scores faméliques :

Depuis le début de la saison, se sont courues les classiques-monuments centenaires : Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix mais aussi la Flèche Wallonne et l’Amstel Gold Race. L’Equipe n’a jamais fait sa ‘’UNE’’ sur ces classiques et particulièrement sur Paris-Roubaix, surnommée à la fois l’Enfer du Nord et la Reine des classiques.

 

Jacques Goddet, l’emblématique patron de L’Equipe, là où il se trouve, doit pour le moins se sentir trahi. Les courses par étapes d’une semaine n’ont pas eu droit, elles non plus, d’être avec leur vainqueur mis en première page. Même Paris-Nice a été écarté de la ‘’UNE’’.

Une seule ‘’UNE’’ cycliste en 150 numéros

 La seule couverture cycliste est parue le 5 mai, la veille du départ du 100e Giro. Le patron du quotidien sportif a concédé une faveur marketing en habillant de rose (couleur du maillot du leader) les 48 pages du journal.

L’Equipe du 05 mai 2017. Seule couverture consacrée au vélo depuis le 1er janvier 2017

C’est bien mais c’est très maigre, à l’image du pourcentage de graisse des géants de la route actuels…

Pendant trois semaines, on a assisté à un Tour d’Italie très disputé retransmis sur la chaîne L’Equipe, avec au final un beau vainqueur le Néerlandais Tom Dumoulin.

Un an plus tôt, à la Vuelta 2015, il avait laissé entrevoir des aptitudes de rouleur-grimpeur candidat à la victoire finale dans un grand Tour. Malgré cette belle prestation au Giro 2017 devant des adversaires de qualité tels que Nairo Quintana, Vincenzo Nibali et Thibaut Pinot, Dumoulin n’a pas eu droit à la couverture mais seulement à la page 30, alors que Pinot, 4e au général, au pied du podium, lui, avait deux pages.

Avoir deux poids deux mesures

 Un tel traitement journalistique illustre parfaitement l’expression « avoir deux poids deux mesures ».

Quoi qu’il en soit, les cyclistes pratiquants passionnés par la compétition des professionnels doivent se révolter devant les carences du quotidien sportif ne laissant présager rien de bon pour le futur.

D’autant qu’aujourd’hui – 1er juin – dans L’Equipe, en 36 pages, zéro article ni articulet sur le vélo n’est publié alors que le Critérium du Dauphiné démarre dans trois jours et le Tour de France dans un mois.

On a l’impression que la direction de Boulogne-Billancourt veut dégager le vélo de ses colonnes.

Tour d’Italie – La chaîne l’Equipe brille par ses scores d’audiences mais beaucoup moins par les commentaires de ses envoyés spéciaux

Par défaut

C’est grâce à ses champions que le vélo attire toujours autant de spectateurs et de téléspectateurs. L’Equipe, dans son édition du 25 mai s’en glorifie en titrant un articulet dans la page Extra médias « Journée record pour la chaîne L’Equipe »

 

extra

L’Equipe, 25 mai 2017

 

Tout le milieu cycliste sait que je m’intéresse aux compétitions depuis le début des années 1970. La 100e édition du Giro ne pouvait me laisser indifférent, notamment sa 16e étape phare du  23 mai entre Rovetta et Bormio avec le Mortirolo (1 854 m) et la double ascension du Stelvio (2 758 et 2 502 m). Curieusement, l’arrêt précipité du maillot rose Tom Dumoulin dans la deuxième ascension du Stelvio (l’Umbrailpass le versant suisse) a été escamoté par les envoyés spéciaux de L’Equipe sur la course.

De même, pendant le commentaire du direct, on a eu droit à partir de l’arrêt impromptu du maillot rose, au diagnostic de ‘‘problèmes liés à l’estomac ou troubles gastriques’’.

Résumons les faits : Dumoulin, prit d’une envie pressante, s’arrête sur le bord de la route, jette son vélo, retire son maillot de leader, baisse son cuissard pour satisfaire ‘’un gros besoin naturel’’.

dumou 1  dumou 2

Tom Dumoulin obligé de s’arrêter pour satisfaire un gros besoin naturel (capture d’écran de la chaîne L’Equipe)

L’opération va prendre un peu moins d’une minute. Livré à lui-même, quasiment seul pendant les 30 derniers kilomètres, le leader de l’équipe Sunweb réalise un exploit en ne perdant que deux minutes sur Vincenzo Nibali et Nairo Quintana ces deux principaux adversaires pour le général. Chapeau l’artiste !

Pour en revenir à cet incident de transit, rappelons aux commentateurs de la chaîne L’Equipe que lorsque c’est l’estomac qui est patraque, l’évacuation se fait par voie haute (bouche et donc vomissement) alors que lorsque l’intestin manifeste son désaccord (accélération du transit) c’est par le rectum que la sortie s’effectue.

Donc, de nous assommer avec des troubles de l’estomac alors qu’en réalité c’est l’intestin qui est en cause (sécrétions hydriques intestinales exagérées) montre l’étendue de l’ignorance du fonctionnement du corps par les spécialistes de la chaîne L’Equipe.

Quelques minutes avant cet incident digestif, somme toute lourd de conséquences, on a vu à l’écran Dumoulin se tenir à la portière de sa voiture tout en discutant pendant quelques instants avec son directeur sportif. Etait-il en train – car il sentait déjà les prémices des troubles digestifs – de lui demander conseil sur la conduite à tenir ? On ne sait pas puisque la question ne lui a pas été posée …

 

 

Tour d’Italie – L’Equipe : pourquoi tant d’approximations dans la relation des faits ?

Par défaut
[publié le 18 mai 2017]

t

dumoulin

L’Equipe, 19 mai 2016

dumoulin 2

L’Equipe, 17 mai 2017

Durant l’année 2016, pour les 70 ans de L’Equipe, et publiée à plusieurs reprises, une pub faisant  la promotion du quotidien vantait tous les termes d’anatomie appris en dehors de l’école, plus précisément dans les colonnes de la « bible des sportifs ». Visiblement, l’envoyé spécial sur le Giro depuis des années, notamment en 2016 et 2017, a certainement feinté à de nombreuses reprises les cours d’anatomie de L’Equipe !

Dopage – La confusion entre stéroïdes anabolisants et corticosurrénaliens perdure grâce aux médias sportifs, avec en tête L’Equipe

Par défaut
[publié le 10 avril 2017]

La formation médicale des journalistes de ce quotidien est proche de zéro, notamment en ce qui concerne les drogues de la performance.

 Dans son édition du 8 avril, le quotidien sportif révèle que Jemina Sumgong, la Kényane championne olympique du marathon à Rio, a été contrôlée positive à l’EPO lors d’un test pratiqué hors compétition dans son pays.

 

sumsong

L’Equipe, 08 avril 2017

 

Une injection locale autorisée

Dans ce même article, le signataire du papier rappelle que la marathonienne est une récidiviste. Déjà en 2012 : « Sumgong, entraînée par son mari, Noah Talam, avait été contrôlée positive au prednisolone, un stéroïde, mais sa suspension de deux ans avait été annulée quand elle avait pu prouver que son injection était destinée à soigner une hanche. »

Ce cas est exemplaire car il montre une fois de plus que la presse sportive est insuffisamment éduquée – l’expression est faible – sur tout ce qui touche les substances illicites.

Rappelons qu’il y a deux familles de stéroïdes aux effets distincts : les stéroïdes anabolisants et les glucocorticoïdes. En anglais cela donne anabolic steroid et adrenocortical steroid. Au final, n’écrire que le mot stéroïde, c’est comme de parler d’une personne sans préciser son nom.

Pour Sumgong, c’est bien un corticostéroïde – prednisolone – qui est en cause. Pour cette famille de stéroïdes interdite seulement en compétition, l’athlète kenyane a pu démontrer qu’elle avait subi une injection locale (autorisée) pour traiter un problème de hanche. En revanche, si elle avait pris un stéroïde anabolisant, une substance interdite à la fois en compétition et à l’entraînement, elle n’aurait pu faire valoir aucune excuse et aurait pris le tarif plein.

Deux catégories : S1 et S9

En résumé, au plan des substances prohibées, les stéroïdes se distinguent en deux catégories : les anabolisants (appartiennent à la section S1 de la liste AMA) et les glucocorticoïdes (section S9).

Les stéroïdes anabolisants avec comme chef de file la testostérone, font partie des substances non spécifiées qui n’acceptent aucune excuse. De leur côté, les glucocorticoïdes figurent dans la catégorie des substances spécifiées où une défense argumentée – notamment des soins médicaux – peut faire réduire voire annuler la sanction.

Ajoutons que la prednisolone, un corticostéroïde, est du genre féminin.

Pour y voir plus clair, nous proposons les trois différences majeures entre les deux familles qui portent à la fois sur leurs indications thérapeutiques, leurs effets secondaires et leurs classifications dans la liste des substances interdites.

STOP ANABOLISANTS           STOP CORTICOIDES

Stéroïdes :  »lisez la différence »

Les 3 différences entre stéroïdes anabolisants et glucocorticoïdes

 

Tour de France – L’Equipe et les blessures – On constate que les journalistes du quotidien sportif ne maîtrisent pas le sujet

Par défaut
[publié le 22 mars 2017]

Le 21 mars, L’Equipe publie une page sur « la nouvelle vie d’Andy Schleck », lauréat du Tour 2010 sur tapis vert pour un contrôle positif de l’Espagnol Alberto Contador ayant entraîné le déclassement de ce dernier.

Il est rare de péter les deux

Dans le texte consacré au cadet des frères Schleck, le journaliste auteur de l’article, explique les raisons de l’arrêt de la carrière du Luxembourgeois : « Il s’est retiré prématurément du peloton, à vingt-neuf ans seulement, à cause d’une blessure de footballeur (rupture des ligaments croisés) d’un genou. »

Déjà l’auteur de ces lignes ignore qu’il est rare que dans un accident sportif (foot, chute à vélo, etc.), on se rompt les deux croisés en même temps. C’est même exceptionnel. D’autre part, dans les suites de rupture du LCAE, le croisé antérieur le plus souvent touché, on propose le vélo comme rééducation. Lors du Tour de France 2014, le 07 juillet à l’occasion de la 3e étape Cambridge-Londres, Andy a chuté, se rompant un croisé probablement, l’antérieur. Pour que sa carrière soit définitivement stoppée, il fallait qu’en plus l’articulation fémoro-patellaire soit touchée. Effectivement, la jointure rotulienne (avec le fémur) étant l’articulation du pédalage c’est surtout lorsqu’elle est abîmée qu’elle devient le talon d’Achille du géant de la route. De nombreux cyclistes ont mis un point final à leur parcours sur deux roues pour une patella en mauvais état.

Ajoutons que plusieurs footballeurs ont continué leur carrière internationale malgré un ligament croisé rompu non opéré.

ANDY

L’Equipe, 21 mars 2017

POST-IT

AFFECTIONS DU GENOU QUI STOPPENT LA CARRIERE D’UN CYCLISTE DE COMPETITION

–       Fracture de la rotule

–       Syndrome rotulien

–       Chondropathie rotulienne

Le cartilage avait lui aussi morflé

 Afin d’avoir une réponse cohérente sur le véritable responsable de cet arrêt définitif du lauréat du Tour 2010, j’ai consulté la presse du 10 juillet 2014 qui relate le détail des blessures du cadet des Schleck victime d’une chute due à un spectateur mal placé, provoquant une vague en tête du peloton. Une IRM a révélé une rupture partielle des ligaments croisés ainsi que des collatéraux (dits aussi latéraux), une lésion du ménisque du genou droit (NDLA : lequel ? Il y en a deux : interne ou externe ?). « En plus de cela, selon le médecin de l’équipe Trek, le docteur Andreas Gösele, le cartilage derrière le genou a été endommagé ».

Il est donc plus que probable que l’arrêt de la carrière d’Andy soit en relation directe avec cette atteinte du cartilage.

l'EQ 2

L’Equipe, 10 juillet 2014

Attention à la faute d’impression

 Chers lecteurs, il faut toujours avoir en mémoire la punchline de Mark Twain, le célèbre romancier et journaliste américain, auteur de Tom Sawyer qui avait bien repéré le maillon faible de l’information : « Faites attention quand vous lirez des livres (NDLR : ou des journaux) sur la santé. Vous pourriez mourir d’une faute d’impression. »

Une image pour comprendre

schema

 

Dopage – Salazar, comme L’Equipe par le passé, fait la publicité de la L.Carnitine

Par défaut
[publié le 17 mars 2017]

Le quotidien sportif nous l’a fait à l’envers. Ses journalistes s’acharnent sur Alberto Salazar, triple vainqueur du marathon de New York au début des années 1980, mais surtout coach d’une structure d’entraînement top niveau – Nike Oregon Project – qui abrite en son sain la star des pistes d’athlétisme, le Britannique Mo Farah, lui-même quadruple champion olympique 2008-2012 (5 000 m  et 10 000 m).

Un complément expérimental à base de L-Carnitine

 En effet, à plusieurs reprises, les plumitifs de L’Equipe s’en sont pris aux thérapeutiques borderline du natif de La Havane et à son groupe d’athlètes. Par exemple, dans l’édition du 27 février dernier : « Le rapport de l’USADA, obtenu par le groupe de hackers russes Fancy Bears, indique que le coach abusait de médicaments sur ordonnance et administrait un complément expérimental à base de L-Carnitine, un acide aminé présent dans le corps. Le journal affirme avoir vu des documents montrant que Salazar avait administré ce produit par injections à Mo Farah et à une demi-douzaine de coureurs américains et que l’USADA avait conclu que ces traitements avaient « presque certainement » enfreint les règles antidopage. »

L 2

L’Equipe, 27 février 2017

Or, par un effet pendulaire étonnant, le journal créé par Jacques Goddet le 28 février 1946 – il y a 71 ans – a publié de 1987 à 1992 plusieurs publicités sur la fameuse L.Carnitine.

Dépasser vos limites et améliorez vos perfs de 10%

 Des slogans ne laissaient aucun doute sur la finalité du message : « Vous voulez dépasser vos limites ? Faites le plein d’énergie avec la L.Carnitine, la vitamine des grands sportifs américains ».

Autres réclames stimulantes : « Permet aux sportifs :

–       D’augmenter leur endurance,

–       D’améliorer leurs performances de 10% [NDLA : l’EPO, selon la plupart des experts, booste le rendement de 6 à 12%]

–       D’éliminer les crampes,

–       De faciliter la récupération,

–       De brûler les graisses »

 L 3

 Ajoutons qu’en pleine affaire Pedro Delgado (vainqueur du Tour de France 1988 malgré – en cours d’épreuve – un contrôle positif au probénécide interdit officiellement depuis le début de l’année 1987), L’Equipe passe des publicités pour des lecteurs cyclistes : « Roulez à la L.Carnitine ».

Rappelons que même si la Carnitine ne figure pas dans la liste rouge de l’AMA ni dans le programme de surveillance, elle répond parfaitement à la définition d’une conduite dopante puisqu’elle est consommée dans le seul but de performer et non de soigner une affection.

L 1

Publicité publiée pendant l’affaire Pedro Delgado, L’Equipe, 22 juillet 1988