Dopage – Salazar, comme L’Equipe par le passé, fait la publicité de la L.Carnitine

Par défaut
[publié le 17 mars 2017]

Le quotidien sportif nous l’a fait à l’envers. Ses journalistes s’acharnent sur Alberto Salazar, triple vainqueur du marathon de New York au début des années 1980, mais surtout coach d’une structure d’entraînement top niveau – Nike Oregon Project – qui abrite en son sain la star des pistes d’athlétisme, le Britannique Mo Farah, lui-même quadruple champion olympique 2008-2012 (5 000 m  et 10 000 m).

Un complément expérimental à base de L-Carnitine

 En effet, à plusieurs reprises, les plumitifs de L’Equipe s’en sont pris aux thérapeutiques borderline du natif de La Havane et à son groupe d’athlètes. Par exemple, dans l’édition du 27 février dernier : « Le rapport de l’USADA, obtenu par le groupe de hackers russes Fancy Bears, indique que le coach abusait de médicaments sur ordonnance et administrait un complément expérimental à base de L-Carnitine, un acide aminé présent dans le corps. Le journal affirme avoir vu des documents montrant que Salazar avait administré ce produit par injections à Mo Farah et à une demi-douzaine de coureurs américains et que l’USADA avait conclu que ces traitements avaient « presque certainement » enfreint les règles antidopage. »

L 2

L’Equipe, 27 février 2017

Or, par un effet pendulaire étonnant, le journal créé par Jacques Goddet le 28 février 1946 – il y a 71 ans – a publié de 1987 à 1992 plusieurs publicités sur la fameuse L.Carnitine.

Dépasser vos limites et améliorez vos perfs de 10%

 Des slogans ne laissaient aucun doute sur la finalité du message : « Vous voulez dépasser vos limites ? Faites le plein d’énergie avec la L.Carnitine, la vitamine des grands sportifs américains ».

Autres réclames stimulantes : « Permet aux sportifs :

–       D’augmenter leur endurance,

–       D’améliorer leurs performances de 10% [NDLA : l’EPO, selon la plupart des experts, booste le rendement de 6 à 12%]

–       D’éliminer les crampes,

–       De faciliter la récupération,

–       De brûler les graisses »

 L 3

 Ajoutons qu’en pleine affaire Pedro Delgado (vainqueur du Tour de France 1988 malgré – en cours d’épreuve – un contrôle positif au probénécide interdit officiellement depuis le début de l’année 1987), L’Equipe passe des publicités pour des lecteurs cyclistes : « Roulez à la L.Carnitine ».

Rappelons que même si la Carnitine ne figure pas dans la liste rouge de l’AMA ni dans le programme de surveillance, elle répond parfaitement à la définition d’une conduite dopante puisqu’elle est consommée dans le seul but de performer et non de soigner une affection.

L 1

Publicité publiée pendant l’affaire Pedro Delgado, L’Equipe, 22 juillet 1988

 

 

Cyclisme – Paris-Nice : L’Equipe et les emplois fictifs…

Par défaut
[publié le 13 mars 2017]

L’Equipe de samedi 11 mars nous donne un aperçu éclairant sur l’ignorance de ses journalistes ‘’experts en cyclisme’’ et l’absence chronique de relecteurs (emplois fictifs).

Pages 38-39, le quotidien fait la présentation de la 7e étape au profil déterminant pour la victoire finale. En effet, plusieurs cols sont au programme dont le très redouté col de la Couillole, une difficulté inhabituelle à cette période de la saison.

Caractéristiques du col de la Couillole :

Altitude                       : 1 678 m

Distance                       : 16,7 km

Dénivelé                       : 1 181 m

Pourcentage moyen      : 7,1%

Sur la page 38 de L’Equipe, figure en grand et en gras l’altitude de… 1 778 m !!

couillole

       couillole.2 jpg

L’Equipe, samedi 11 mars 2017

 

Résultats des courses : comme L’Equipe est la bible des commentateurs du direct, notamment pour Les Rois de la Pédale d’Eurosport, on a eu droit pendant toute la 7e étape à la fausse altitude de la Couillole dépassant pour les ‘’spécialistes’’ du micro largement 1 700 m. Aucun des chroniqueurs d’Eurosport, dont au moins un, avait reconnu le col à vélo, n’a rectifié l’erreur donnant la bonne altitude : 1 678 m

Bonjour la désinformation.

images3HTGARKW

Col de Couillole, véritable altitude : 1678 m

POST-IT

Ce col, je l’ai grimpé six fois. Ma première ascension remonte au 10 juillet 1972, du côté Est – le plus dur – celui qui était proposé au peloton de Paris-Nice 2017.

    col couilloleJPDM – Col de la Couillole, 10 juillet 1972

L’Equipe confond caisson hyperbare et chambre d’altitude

Par défaut
[publié le 09 mars 2017]

Caisson hyperbare = hyperoxie

Chambre d’altitude = hypoxie

C’est du même niveau que de faire l’amalgame entre un catabolisant (glucocorticoïde) et un anabolisant (stéroïde anabolisant, testostérone)   

Ça commence à être lassant. Dès que l’on aborde la physiologie, la médecine (maladies et blessures), le dopage, le quotidien sportif se plante plus que la moyenne.

La dernière en date c’est lorsque une journaliste de L’Equipe, dans la page Extra du 8 mars, nous fait le portait d’Alberto Salazar, ancien triple vainqueur du marathon de New York, aujourd’hui responsable d’une structure d’entraînement top niveau – Nike Oregon Project – créée en 2001.

On apprend dans ce papier que le natif de La Havane (Cuba) est un perfectionniste, toujours à la recherche de ‘’gains marginaux’’ comme Dave Brailsford le team manageur de l’équipe cycliste Sky.

La journaliste du quotidien sportif écrit qu’ « il est l’un des premiers à se préparer dans un caisson hyperbare reconstituant les conditions d’une altitude de 2 000 m, à dormir dans une chambre hypoxique recréant la raréfaction de l’oxygène à 4 000 m d’altitude. »

Première erreur : les Soviétiques, dès les années 1960 (rappelons que Salazar, né en 1958, aurait eu du mal à l’âge de 2 ans à jouer le rôle de pionnier), utilisaient des chambres d’hypoxie pour booster le corps à produire plus d’EPO et, par ricochet, des globules rouges. D’écrire qu’il se préparait dans un caisson hyperbare pour reconstituer les conditions à une altitude de 2000 m s’appelle une grosse boulette !

En effet, un tel caisson n’a rien à voir avec l’hypoxie mais à son contraire avec l’hyperoxie. Quand on n’a pas la légitimité pour parler de physiologie, on s’adresse a minima à Wikipedia, ce que n’a pas fait la collaboratrice de L’Equipe. Les caissons hyperbares sont destinés à soigner des accidents de plongée sous-marine dits de décompression ainsi que des pathologies où il est nécessaire de réoxygéner les tissus (en sport, on s’en sert pour des blessures musculaires à répétition).

Wikipedia : Le caisson hyperbare, également appelé caisson de recompression ou chambre hyperbare, est une installation médicotechnique étanche au sein de laquelle un ou plusieurs patients peuvent être exposés à une pression supérieure à la pression atmosphérique, ce qui permet principalement d’accroître l’oxygénation des tissus. Lors du traitement hyperbare, un médicament, le plus souvent un gaz thérapeutique comme l’air médical, l’oxygène médical, ou un mélange de gaz médicinaux (héliox, nitrox…), peut également être administré via un masque. Le traitement est généralement supervisé depuis l’extérieur de l’enceinte hyperbare par un opérateur hyperbare selon un protocole établi à l’avance. [Dernière modification de cette page le  20.05.2016]

En revanche, les chambres d’altitude créent une hypoxie normobare. Elles n’abaissent pas la pression atmosphérique mais modifie la composition de l’air en diminuant la part de l’oxygène, ce qui favorise l’adaptation du corps à cette situation de manque en boostant la production de globules rouges de façon endogène dite naturelle.

En résumé, les caissons hyperbares augmentent l’apport d’O; les chambres d’altitude le diminuent.

salazar

 

L’Equipe, 08 mars 2017

Dopage – L’Equipe a vraiment beaucoup de mal à faire la différence entre un fluidifiant bronchique et un décongestionnant nasal

Par défaut
[publié le 03 mars 2017]

Ce sont bien sûr deux problèmes respiratoires différents. L’un concerne les bronches et l’autre le nez.

 

leq-2

L’Equipe, 02 mars 2017

 

Convoyage – 1 500 km pour un produit disponible à la pharmacie du coin (La Toussuire), c’est le comble du trajet chronophage !

Ce cafouillage médico-physiopathologique et anatomique concerne le fameux paquet convoyé par un employé de l’équipe Sky, Simon Cope, de Manchester à La Toussuire en Savoie et remis à Bradley Wiggins, le soir de sa victoire dans le Dauphiné 2011.

Selon le manageur du team anglais, Dave Brailsford, il s’agissait de Fluimicil®, un banal fluidifiant bronchique (il n’a pas été précisé la forme galénique : sachets, solution buvable, comprimés effervescents, ampoules injectables, solution injectable pour perfusion).

fluimicil

Fluimicil, toux grasse – Boîte de 30 sachets ; prix 5,67 euros

 POST-IT – L’Equipe patauge entre décongestionnant et fluidifiant !

L’Equipe, 20.12.2016 : « Il s’agissait d’un décongestionnant nasal, le Fluimicil® »

L’Equipe, 07.01.2017 : « Expectorant pour la toux » 

L’Equipe, 12.012017 : « Le paquet contenait du Fluimicil®, un expectorant pour la toux« 

L’Equipe (hebdo), 18.02.2017 : « Il s’agissait de Fluimicil®, un banal fluidifiant pour les bronches »

L’Equipe, 22.02.2017 : « Un banal fluidifiant bronchique »

L’Equipe, 02.03.2017 : « Un banal décongestionnant nasal »

Sauf que cela a l’air très confus pour les journalistes de L’Equipe qui, dans l’édition du quotidien sportif du 20 décembre font du Fluimicil®, un décongestionnant nasal, et ensuite pendant deux mois, le Fluimicil® va changer d’indication thérapeutique, se transformant en fluidifiant bronchique ! Et puis, par un coup de baguette magique, le 02 mars 2017, redeviendra un décongestionnant nasal.

Le Fluimicil® agit en priorité sur les sécrétions bronchiques

En réalité le Fluimicil® est prescrit pour des problèmes d’hypersécrétion bronchqiue en fluidifiant ces dernières ils facilitent leur expulsion par la toux.

Cette pirouette thérapeutique au fil des semaines est probablement due au fait que deux rubricards de la page cyclisme ont traité le sujet, l’un en décembre et en mars, l’autre en janvier et février. Visiblement, il manque un responsable pour harmoniser les informations santé. Avec L’Equipe, c’est toujours le lecteur qui trinque. Si, par exemple, à l’arrivée de Milan-Sanremo, il était écrit dans ce même journal, que le vainqueur lors du sprint tirait un braquet de 39 x 25, tout le monde penserait que le journaliste a bu un coup de trop ! Avec les termes médicaux, il faut être également précis, sinon plus.

Rappelons l’éclairante punchline du journaliste-romancier américain Mark Twain (1835-1910) : « Faites attention quand vous lirez des livres sur la santé. Vous pourriez mourir d’une faute d’impression.»

nez

Rappel anatomique – Les fosses nasales ou cavités nasales au nombre de deux ont des fonctions différentes de celle de l’arbre bronchique. De plus, la distance fosses nasales-pharynx-larynx-trachée-bronches fait pas moins de 30 cm.

 

 

L’Equipe – Le Grand Bêtisier XXL continue…

Par défaut
[publié le 18 février 2017]

En contradiction avec les faits, L’Equipe du 16 février 2017 nous raconte que Lance Armstrong a battu Marco Pantani au sommet du Ventoux, le 13 juillet, lors de la 12e étape du Tour de France 2000 !

Le 16 février dernier, Philippe Brunel nous propose un mastic de gros calibre. Son article intitulé : « Armstrong rattrapé par son passé » s’interroge sur l’utilisation par le Texan d’un vélo à moteur dès sa première victoire finale du Tour 1999.

Des performances artificielles

En place à L’Equipe depuis 1980, Brunel, qui a pourtant fait ses classes sous la houlette de Pierre Chany, une grande plume de la presse sportive, nous sort un résultat inversé inattendu…

Dans son article, l’ancien cycliste amateur de l’AC XXe devenu journaliste, afin d’accréditer sa thèse des performances artificielles du Sanglier d’Austin a listé quelques pistes :

1 – La vitesse de jambes : « On n’avait jamais vu un coureur tourner aussi vite les jambes en montagne, sans accroc, sans discordance dans la pédalée » (voir POST-IT sur la fable de la vitesse de jambes)

2 – Le fait qu’l batte des supergrimpeurs en montagne, notamment Marco Pantani, sur l’emblématique ascension du Géant de Provence : « Et sur le Ventoux, où avait-il (Armstrong) PUISÉ LA FORCE DE BATTRE Marco Pantani, le dopé, qui voyait en lui – de manière prophétique – non pas un coureur cycliste mais un ‘’personnage fictif’, un ‘’héros de bande dessinée’’, une sorte de ‘’Spiderman’’. »

Une bévue inexpliquable…

Cette bévue est d’autant plus étonnante que ce journaliste, fleuron de la rubrique vélo à L’Equipe, spécialiste du cyclisme transalpin, a publié après la mort de Pantani un livre complet sur le lauréat du Tour 1998. Rappelons la passe d’arme entre Marco Pantani et Lance Armstrong dans le final de la 12e étape Carpentras-Le Mont Ventoux le 13 juillet 2000.

A la télévision, en plan serré comme en large, on voit bien que, le petit Italien a du mal à suivre mais l’Américain – bien que plus fort  – ne lui dispute pas le sprint à fond. Et Pantani gagne l’étape !!!

imagesoofb8m6o

sans-titre-png-2

Au passage de la ligne d’arrivée, 1er Pantani, 2e Armstrong

classementTour de France 2000 – Les vainqueurs d’étape – Marco Pantani gagne la 12e devant Lance Armstrong

Le lendemain, dans L’Equipe du 17 février 2017 qui suit la publication du papier de Brunel sur l’éventuel vélo à moteur utilisé par le Cauchemar de Greg LeMond, on ne trouvera aucun errata. Visiblement, dans le quotidien basé à Boulogne-Billancourt, tout le monde s’en fout des lecteurs. Ou alors ils fonctionnent comme François Fillon : « N’avoue jamais » … que tu t’es planté.

POST-IT

Armstrong : la fable de la vitesse de jambes abracadabrantesque

Dès 1955, Jean Leulliot, un journaliste féru de technique cycliste, avait décrit à propos de Charly Gaul – un grimpeur exceptionnel souvent stimulé aux amphétamines – des cadences de pédalage de 110 à 115 tours-minute qui, quarante-quatre ans plus tard, ne seront pas dépassées par l’Américain :

Charly Gaul :

Texte du journaliste Jean Leulliot : « Charly Gaul est le seul coureur à qui le qualificatif de phénomène puisse être accordé. Le Luxembourgeois, âgé seulement de 22 ans, a adopté les principes des cyclotouristes et cela lui a réussi à merveille. Il pousse de petits développements et, grâce à un entraînement intensif, il tourne les jambes à une grande vitesse. Il ne pousse pas… il tourne. Sa cadence tours-minutes est beaucoup plus élevée que celle des autres coureurs. Le nombre de tours-pédales est de 60 tours-minutes, ce qui correspond aux pulsations du cœur. Or, Charly Gaul, quand il attaque dans un col, tourne à 110 ou 115 et sur le plat il tourne à 70-75. L’emploi des petits développements lui donne une efficacité fantastique dans ses démarrages en montagne. Il n’est pas rare de le voir employer 47 x 25, soit 3,95 m en montagne, alors qu’en ce passage Louison Bobet employait 47 x 21, soit 4,70 m.Presque toujours, Gaul s’est servi de 50 centimètres de moins que le champion du monde. » [Route et Piste, 03.08.1955]

gaul

Charly Gaul dans le col du Galibier, Tour de France 1955

Lance Armstrong :

Lance Armstrong évoque souvent l’augmentation de sa fréquence de pédalage pour expliquer sa force, notamment en montagne : « C’est comme si on disait à quelqu’un qui n’a jamais utilisé un ordinateur qu’il suffisait d’appuyer sur les touches pour savoir s’en servir. On a beaucoup dit qu’il effectuait 110 ou 115 coups de pédale par minute mais, pendant le contre-la-montre entre Fribourg et Mulhouse (Tour 2000), il tournait plutôt à 100 à 105 coups de pédales à la minute. » [Antoine Vayer. Le Monde, 22.07.2000]

Des bourdes à répétition

 Ce coup de moins bien de Brunel va être précédé d’une bourde de très haut niveau le 10 octobre dernier, signée par un autre rédacteur du fameux quotidien sportif et qui évoque la sortie involontaire et définitive de Ronaldo, le footballeur brésilien lors de la finale du Mondial 1998 au Stade de France.

Ainsi, selon ce journaliste sportif, le Fenomeno – l’attaquant vedette de la Seleçao – aurait quitté le terrain en plein match pour avoir fait une crise d’épilepsie provoquée par des infiltrations de corticoïdes quelques heures avant le début de la rencontre.

La bévue était tellement énorme que l’on pouvait penser qu’il l’avait fait exprès !

Visiblement, à L’Equipe, on a la mémoire qui flanche.

Méforme passagère ou mal plus profond ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Equipe et Le Monde toujours aussi incompétents sur le dopage !

Par défaut
[publié le 20 décembre 2016]

Dans L’Equipe du 20 décembre et Le Monde de la veille, on a droit à la même erreur concernant le mystérieux paquet reçu par Bradley Wiggings lors du Dauphiné 2011.

Selon le manageur de l’équipe Sky, Dave Brailsford : « Richard Freeman [le médecin de l’équipe Sky] m’a dit que c’était du Fluimicil, un décongestionannt nasal, autorisé par l’Agence mondiale antidopage », a précisé le dirigeant.

 

brailsford

L’Equipe, 20 décembre 2016

 

Les textes de l’Equipe et du Monde sont très proches, pas signés, donc probablement tirés d’une dépêche d’agence. Le travail d’un journaliste est de contrôler les informations, voire les reconsidérer à l’aune d’expertises plus importantes. Or, le Fluimicil n’est pas un ‘’décongestionnant nasal’’ mais un fluidifiant bronchique actif sur la zone anatomique de l’appareil respiratoire très en-dessous après le nez et la gorge (voir schéma). Le Fluimicil en fluidifiant les sécrétions bronchiques facilite leur écoulement et ainsi favorise leur expulsion par la toux.

En revanche, un décongestionnant nasal est prescrit pour combattre l’inflammation de la muqueuse nasale et ses sécrétions exagérées.

bronches

Schéma de l’appareil respiratoire. De haut en bas : muqueuses nasales, trachée, bronches

N’appartenant pas à une gazette de supermarché, les journalistes de ces deux médias prestigieux, L’Equipe et Le Monde, ont un devoir de précision dans l’information et ne pas gober sans aucune vérification les dépêches reçues. Un constat que je fais régulièrement est leur carence sur les médicaments et autres drogues de la performance.

De plus, on relève une autre bourde. En 2011, la course à étapes de la région de Grenoble ne s’appelle plus Dauphiné Libéré mais Critérium du Dauphiné. Elle a été rachetée par ASO en 2010 et, pour cette raison, a changé de nom.

Un conseil aux deux quotidiens : entourez-vous d’un sachant confirmé pour relire les textes.

 

Le Grand Bêtisier de L’Equipe (suite) : « le clostébol figure sur la liste rouge depuis le 1er janvier 2015 »

Par défaut

En réalité, ce stéroïde anabolisant apparaît sur la nomenclature des substances prohibées par le CIO dès 1984 !

 La skieuse de fond norvégienne Therese Johaug, multimédaillée aux Jeux et aux Championnats du monde, a  été contrôlé positive au clostébol le 16 septembre dernier lors d’un stage en altitude à Livino en Italie.

Dans l’article du quotidien sportif paru le 14 octobre, il est écrit : « Des traces de clostébol, un stéroïde anabolisant figurant depuis le 1er janvier 2015 sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage. »

En réalité, depuis 1984, le clostébol y est inscrit en toutes lettres et en tête de liste des stéroïdes anabolisants prohibés par le CIO, soit depuis 32 ans. En 2004, l’AMA a succédé au CIO pour éditer sous sa seule responsabilité la liste rouge. Le clostébol y est présent sans interruption jusqu’à aujourd’hui. Depuis son inscription en liste rouge en 1984, quelques cas positifs ont alimenté la chronique du dopage au clostébol : le footballeur italien Christiano Pavone (1998), la sauteuse en longueur brésilienne Maurren Higa Maggi (2003), le footballeur hondurien Sergio Mendoza (2008)…

 

media-image-316749-article-fb

La skieuse de fond norvégienne Therese Johaug

 

EPILOGUE –  Compte tenu que L’Equipe, même informée du mastic sur l’erreur de date de l’apparition du clostébol en liste rouge, ne passera aucun addenda rectificatif, des futurs journalistes-compilateurs – c’est-à-dire ceux qui ne croisent jamais leurs sources – vont prendre pour argent comptant la fausse date du 1er janvier 2015. Une fois de plus : Merci L’Equipe pour cette contribution à la désinformation.

Le Grand Bêtisier des corticoïdes – L’Equipe nous en raconte une bien belle !

Par défaut

Afin de démontrer que les corticos injectables administrés dans l’environnement d’un match ne sont pas sans dangers pour le joueur, le quotidien du sport nous raconte une énorme fable !

L’histoire remonte à la finale du Mondial 1998 entre la France et le Brésil. L’attaquant vedette de la Seleçao, Ronaldo, aurait quitté le terrain en plein match pour avoir fait une crise d’épilepsie provoquée par des infiltrations de corticoïdes avant le début de la rencontre.

 

lquipe

L’Equipe, samedi 8 octobre 2016

 

 Rappelons les faits. Ronaldo est victime d’une crise épileptiforme avec perte de connaissance sept heurs avant la finale du Mondial au Stade de France, le 12 juillet 1998. Citant des « sources liées à l’encadrement des Auriverde », O Globo – le principal quotidien de Rio – mettait en cause « une réaction à une infiltration de cortisone associée à un anesthésique » (au genou droit). Il Fenomeno  passe une partie de l’après-midi en clinique pour examens médicaux (scanner cérébral…). Jusqu’à dix minutes du coup d’envoi, il ne figure pas sur la feuille de match. Au final, il va jouer toute la partie mais à un niveau inférieur, ne pesant qu’à de très rares occasions sur la défense tricolore. Il ne fait pas de crise d’épilepsie en plein match. Les spectateurs s’en souviendraient et cet évènement aurait provoqué un tsunami médiatique !

Pourquoi tant de faits erronés alors que Gilles Simon, le journaliste de l’Equipe qui a  signé l’article du 16 octobre 2016, était présent au Stade de France le 12 juillet 1998 ?

Deuxième interrogation : pourquoi aucun rectificatif le lendemain ? Trois hypothèses sont possibles :

1 – Les lecteurs du journal n’ayant pas regardé la finale France-Brésil du 12.07.1998 n’ont pas réagi ;

2 – Ces derniers ne lisant pas les pages consacrées aux corticos sont restés silencieux ;

3 – Prévenu du mastic, le rédacteur s’est abstenu de passer un addenda rétablissant la réalité des faits.

Maintenant, pour l’éternité, des journalistes compilateurs vont raconter cette fable. Merci L’Équipe !

 

L’Equipe et les blessures, c’est pas gagné !

Par défaut

Les analphabètes du corps qui sévissent à L’Equipe sont omniprésents dans les sports co pour exprimer leurs carences sur les blessures.

L'EQUIPELe talonneur Jean-Charles Orioli,

ORIOLI

lors du match Toulon-Pau du 27 août, tente un shoot de footballeur, manque le ballon et se blesse. Le journaliste de L’Equipe en conclusion de son articulet nous informe : « Il va passer une IRM à Toulon pour savoir s’il s’agit d’une contracture ou d’une déchirure ».

 

ORIOLI 1

L’Equipe, 29 août 2016

 

Pourtant, il n’y a pas photo : dans un tel geste de tir dans le vide, le muscle est étiré au-delà de sa longueur et se déchire (voir résultats de l’IRM : 15 cm de déchirure).

 

ORIOLI 2

L’Equipe, 05 septembre 2016

 

En revanche, une contracture se voit surtout à la fatigue (fin de partie, répétitions de matchs, ambiances thermiques défavorables, chaussures neuves…) et se caractérise par une détérioration neuromusculaire (le muscle reste contracté) plutôt qu’une détérioration anatomique des fibres musculaires.

Visiblement, les journalistes de L’Équipe n’ont jamais été éduqués sur le fonctionnement du corps à l’effort ainsi que sur les pannes de moteur et autres blessures.

Ces carences répétées (j’en ai déjà signalé de nombreuses) doivent pousser la direction du journal à faire un effort sur l’éducation de ses collaborateurs. Si rien ne change c’est qu’à L’Equipe on se fiche royalement du lecteur !

TDF – Greg LeMond – pour rabaisser Lance Armstrong au niveau d’un coureur de rang inférieur – s’appuie sur la physiologie qu’il a apprise dans L’Equipe. Quelle imposture !

Par défaut

L’entretien de L’Equipe du 18 juillet signé Philippe Brunel était consacré à Greg LeMond redevenu, par la grâce de l’UCI, le seul américain lauréat du Tour.

 

entretien

L’Equipe, 18 juillet 2016

 

 

  •  Le VO2 max : on écrit bien le pour le volume maximal d’oxygène
  • A notre connaissance, Ed Coyle n’a jamais été sanctionné par l’UCI

Une grande partie de l’interview est consacrée au suivi physiologique d’Armstrong par Ed Coyle (directeur du laboratoire de performance humaine de l’université du Texas à Austin).

 

LEMOND

Greg Lemond

 

La Pintade (surnom du triple vainqueur du Tour) s’appuie sur les chiffres du VO2 max d’Armstrong fournis par Ed Coyle pour affirmer qu’avec ce faible niveau, le Texan ne pouvait atteindre 475 à 500 watts en montagne pendant trente minutes même avec de l’EPO ou une transfusion sanguine.

 

LA

Lance Armstrong lors d’un test d’effort

 

Sauf que les tests effectués par Coyle l’étaient en période de faible activité cycliste [janvier, novembre, août 1997 (époque à laquelle Armstrong était convalescent de son cancer des testicules)]. Il faut savoir que pendant cette période, les chiffres du VO2 max peuvent chuter de 30%.

Donc, toute la démonstration du Kid de Sacramento, physiologiste autoproclamé, tombe à l’eau !

 

gl

Greg Lemond lors d’un test d’effort

 

Un coureur expérimenté comme LeMond devrait savoir qu’à l’intersaison, les chiffres d’un bilan d’aptitude physiologique sont ‘’mauvais’’. Par exemple, en dehors du VO2 max, le pourcentage de graisse double : de 5-6% pendant la saison, il passe à 10-11%, voire plus, l’hiver. Pour être à la fois plus précis et plus clair, je renvoie les lecteurs à un article que j’avais rédigé pour le n° 100 de la revue bimestrielle Sport et Vie de janvier-février 2007.

Ce texte analysait l’ouvrage « LA Officiel » paru en juin 2006. Il est probable que LeMond s’est inspiré des commentaires de Michaël Ashenden, un hématologue orienté vers les manipulations sanguines, qui, visiblement, n’a jamais assuré un suivi de VO2 max tout au long de la saison d’un cycliste de compétition ! ..

POST-IT

Dans cet article, mon but n’est pas de faire passer Lance Armstrong pour un ‘’mec bien’’, respectueux de l’éthique mais de montrer que l’on peut faire dire n’importe quoi avec les chiffres, notamment ceux du VO2 max des champions. Des résultats peuvent être biaisés par le manque de rigueur des hommes de laboratoire pratiquant les tests mais aussi par l’interprétation erronée des chiffres comme c’est le cas ici par Greg LeMond et Michael Ashenden ; celui-ci a pourtant un cursus de physiologiste mais probablement pas celui d’un spécialiste assurant le suivi médical d’un cycliste de compétition tout au long de la saison.

LA OFFICIEL (critique livre)Télécharger le dossier complet