lutte antidopage
Dopage – En France, la lutte contre les substances illicites est-elle entre les mains de chefs compétents et motivés ? Pas sûr !
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Lutte antidopage – De charybde en scylla…
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Rugby – Le dopage selon… Bernard Laporte
Par défaut[publié le 21 avril 2017]
Lors de la Commission d’enquête sénatoriale sur l’efficacité de la lutte contre le dopage, Bernard Laporte successivement joueur, entraîneur, secrétaire d’Etat aux Sports, manageur du RC Toulon, a été reçu au Palais du Luxembourg, le 10 avril 2013.

Bernard Laporte lors de son audition au Sénat, le 10 avril 2013
Il ne savait pas que le Captagon® était interdit…
Après avoir prêté serment, il a dû réponde aux questions sur le dopage formulées par le rapporteur Jean-Jacques Lozach.

Bernard Laporte et Jean-Jacques Lozach, rapporteur de la commission d’enquête sénatoriale sur le dopage, 10 avril 2013
L’une d’elles concernait son cas personnel : « Au cours de votre parcours sportif, avez-vous été confronté à des cas de dopage ? »
Bernard Laporte : « Non, je n’ai jamais eu affaire à un partenaire ni entraîné un joueur qui se dopait. Il y a vingt-cinq ans, quand je jouais, nous prenions tous des cachets de Captagon®, sans savoir que c’était interdit. A revoir les matches, je peux dire que ce n’est pas ça qui nous rendait meilleur ! »
Comme tous les dopés du rugby des années 1970-1990, Laporte avoue qu’il prenait donc bien du Captagon® [NDLR : une amphétamine, le dopant-phare de cette époque, qui, pour Laporte, ne rendait pas meilleur !] Pour toutes les drogues de la performance, le consommateur se défend en expliquant que le produit était inefficace. Ben, voyons !!!
Il faudra qu’il se mette d’accord avec Serge Simon, son vice-président, qui dans L’Equipe, à propos des comprimés de Captagon® racontait « quand tu sais que ce sont des amphétamines, tu te dis que ce n’est pas de la gnognote. »
A-t-il consulté une seule fois la liste des substances illicites ?
Lorsque Laporte met en avant son ignorance de la présence du ‘’Cap’’ sur la liste rouge, on a vraiment du mal à le croire. La fénétylline (Captagon®) figure en toutes lettres dans les interdictions dès 1969. Ainsi, depuis le début de la carrière de Bernard Laporte en 1981 à l’UA Gaillac jusqu’à sa dernière licence de joueur en 1993 au CA Bordeaux-Bègles, le Captagon® est dans la nomenclature fédérale des substances prohibées. De deux choses l’une : où il n’a jamais consulté la réglementation antidopage ou il nous prend pour des billes….
POST-IT – CAPTAGON® (fénétylline) : sur la liste rouge depuis 1969
« Les rugbymen et les footeux des trente glorieuses (1964-1993) étaient très accros au comprimé blanc, non sécable, surnommé Cap »
Ce stimulant du système nerveux central aux effets psychotiques puissants, commercialisé au milieu des années 1960, a rapidement pénétré les milieux sportif et étudiant. Doué de propriétés intéressantes pour accroître les performances des compétiteurs en tous genres : agressivité, confiance en soi, antalgique, antifatigue…
Appartenant dès son introduction au marché du médicament à un tableau, il n’était donc pas disponible à la vente libre (sans ordonnance). A partir de 1978, il était même passé au tableau des stupéfiants nécessitant une ordonnance tirée d’un carnet à souche. C’est pourquoi, dans tous les témoignages recueillis notamment en équipe de France de rugby de 1964 à1993, c’est le médecin lui-même – de la main à la main – qui fournissait le Captagon® aux joueurs du XV de France. Pour faciliter sa prescription, le praticien le présentait comme une vitamine inoffensive.
Depuis deux décennies, le Captagon® n’est plus disponible dans les pharmacies hexagonales mais peut toujours se commander sur internet via des pays extracommunautaires.
Sans avoir fait d’études de médecine ni de pharmacologie, il donne un avis péremptoire sur les drogues de la performance.
Depuis le début de l’année 2000, Bernard Laporte, à plusieurs reprises, a été sollicité pour s’exprimer sur le thème des substances illicites facilitant le rendement sportif.
Notons qu’il défend systématiquement les joueurs impliqués dans des affaires de contrôles positifs ; qu’il a pour idoles ou maîtres à penser des personnages très borderline tels que Lance Armstrong ou Bernard Tapie (voir Citations Bernard Laporte, en fichier joint).
Après la lecture des 39 extraits de presse rassemblés ci-après, nous vous laissons la liberté de croire ou pas à la sincérité de l’ex-secrétaire d’Etat aux Sports sous la gouvernance de Nicolas Sarkozy (président de la République) et François Fillon (Premier ministre).
POST-IT – Les valeurs du rugby : faites votre choix !
1 – Selon Bernard Laporte :
« Les valeurs du rugby : le courage, le partage, l’abnégation, la combativité, le respect, n’ont rien à voir avec celles du football. Quand je vois ces mecs-là se rouler par terre pour obtenir un coup franc alors même que leur adversaire ne les a pas effleurés, ça m’énerve. La simulation, la tricherie n’ont pas de place chez nous. Et l’image des footballeurs est à mille lieues de celle des rugbymen : les grosses voitures, les belles montres, l’argent qui coule à flots ne font pas partie de notre vocabulaire. » [in « Le rugby que j’aime ». – éd. Solar, 2016. – pp 80-81]
Même si c’est en contradiction avec le partage pour l’homme aux ‘’7 bouquins’’, l’égoïsme doit être une valeur cardinale : « Derrière nous, il y a nos partenaires, la ville, la région, tous ces gens qui viennent nous soutenir, match après match, que l’on gagne ou que l’on perde. Le club, c’est leur âme, leur identité. Notre devoir, c’est de leur rendre leur fierté. Leur honneur. On doit faire oublier Toulouse et Clermont. On ne doit parler que de Toulon. Il faut être égoïste : tout gagner et ne rien laisser aux autres. Pour que les gens n’aient pas envie de parler que de nous. Et parce que c’est ça. Le sport de haut niveau, c’est le seul endroit où tu peux, où tu dois, être égoïste. » [in « Le rugby que j’aime ». – éd. Solar, 2016. – p 30]
2 – Selon Mourad Boudjellal :
Le président du RC Toulon, dans son second opus ‘’Un président devrait dire ça plus souvent…’’, consacre un chapitre au thème « Des valeurs du rugby tu te moqueras » :
« Je considère qu’il existe aujourd’hui davantage de valeurs dans le football que dans le rugby où prime l’égoïsme le plus absolu. Les fameuses valeurs du rugby constituent un gros mensonge. J’y suis depuis dix ans et je les cherche encore. Dans toutes les commissions siègent des hommes corrompus moralement, qui n’ont pas la légitimité pour y être à cause de conflits d’intérêts. » [in « Un président devrait dire ça plus souvent… » éd. Robert Laffont, 2017 (p 30)]
Repères Bernard Laporte
Surnoms :
- Bernie le dingue (par Serge Simon)
- Le kaiser
- Eagle IV (pour phonétiquement : ygueule fort)
- Kaiser Soze
Né le 01 juillet 1964 – Rodez (12)
- 1,85 m – 78 kg
- Trois frères, une sœur
- Epouses : Nadine (1re) ; Manon Sieraczek (2e)
- Deux enfants (jumeaux)
- Deux stades portent son nom : Gaillac (Tarn), Cadaujac (Gironde)
- Plus jeune entraîneur de première division à 29 ans (SBUC)
- Plus jeune entraîneur d’une équipe nationale : remporte le premier super grand chelem en 2002
Joueur :
– Champion de France 1991; Finaliste Challenge Yves du Manoir 1991
Entraîneur :
– Stade Bordelais (1993-1995)
– Stade Français (1995-1999)
– Equipe de France (1999-2007)
– RC Toulon (2011-2016)
Palmarès :
- Bègles
- Champion de France 1993
- Stade Français
- Champion de France 1998
- Coupe de France 1999
- RC Toulon
- Champion de France 2014
- Coupe d’Europe 2013, 2014, 2015
- Tournoi des 6 Nations 2002 (GC), 2004 (GC), 2006, 2007
- Coupe du monde 2003 (4e), 2007 (4e)
Dirigeant :
– Président de la FFR depuis le 3 décembre 2016

Fichier joint : Citations Bernard Laporte
Le manque de professionnalisme de la lutte antidopage française
Par défaut[publié le 15 février 2017]
L’AFLD et le ministère des Sports devraient être sanctionnés pour leurs informations contradictoires.
Depuis 1986, par étapes successives, la France se targue de mettre le paquet sur la prévention, notamment grâce à la collaboration du dictionnaire Vidal : en début d’ouvrage, liste indicative des spécialités pharmaceutiques françaises contenant des produits dopants et, pour chaque spécialité médicamenteuse renfermant un principe actif pouvant entraîner un contrôle positif, une mise en garde aux sportifs les informe de ce risque dans chaque Résumé des caractéristiques du produit (RCP) concerné.
Mais là où le bât blesse, c’est que depuis l’édition 2005 les informations concernant le dopage sont contradictoires entre la liste placée en tête du Vidal et les RCP de ce même dictionnaire.
Prenons pour exemple le Nasacort®, un spray nasal dont la composition comporte un glucocorticoïde, la triamcinolone, molécule inscrite dans la liste de l’Agence mondiale antidopage (AMA).
Sur la nomenclature du ministère des Sports, page 27, où sont listées les spécialités commençant par N, on constate l’absence du Nasacort®. En revanche, dans le RCP de la même spécialité, il est indiqué page 1865 : « L’attention des sportifs sera attirée sur le fait que cette spécialité contient un principe actif pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors de contrôles antidopage »
Ces deux informations contradictoires page 27 et 1865, datant de 1998 et toujours présentes dans l’édition 2017 du Vidal, font pour le moins désordre, voire amateur !
Comment un médecin « lambda » et a fortiori un sportif peuvent-il comprendre un message dont la clarté n’est vraiment pas évidente ?
Ajoutons que la notice du médicament figurant dans le conditionnement (boîte) présente depuis 2005 les mêmes erreurs que celles des RCP du Vidal.
Vidal 2017 : trois substances – caféine, phényléphrine et tétracaïne – sont prohibées par erreur !!!!!

Liste des spécialités pharmaceutiques présentes dans le Vidal 2017 avec la mise en garde aux sportifs alors quelles ne sont pas considérées comme dopantes par l’AMA. Certaines ne figurent plus en liste rouge depuis… 2005
POST-IT
Contribution du dictionnaire Vidal à une meilleure connaissance des risques de contrôle positif
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Depuis décembre dernier, le site du Vidal (Vidal.fr) a fait le ménage en actualisant les mises en garde aux sportifs sauf que pour les substances délivrées par ordonnance la mention n’est pas accessible au grand public.
On attend depuis l’édition papier 2005 que le Vidal soit en accord avec le Code mondial antidopage, ce qui n’est pas encore le cas avec la dernière édition sortie au début de l’année 2017.
Compte tenu des modifications récentes (décembre 2016) apparues sur vidal.fr, il est probable que le Vidal 2018 contiendra enfin les mentions exactes.

A priori en 2018, le Vidal tirage papier sera enfin à jour
Les entraîneurs russes suspendus par l’IAAF sont toujours à la manette pour doper tous azimuts
Par défaut[publié le 23 janvier 2017]
C’est la chaîne de télévision publique allemande ARD qui, sur la base du témoignage d’un lanceur d’alerte, révèle que des entraîneurs russes suspendus par l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) continuent à exercer leurs talents d’experts-dopage.
Une fois de plus, il se vérifie qu’en Russie le dopage fait partie de l’éthique sportive et que pour le combattre efficacement, il faut virer toutes les Instances : IAAF, CIO, AMA qui ont pour premiers objectifs les performances et les records et non l’éthique et le respect des règles.

C’est sûr que sans aide ergogène, les exploits vont se raréfier et les spectateurs rester chez eux. Pour le changement, il n’y a rien à attendre du monde du sport
Il est urgentissime de définir et mettre en place une structure antidopage indépendante et privée avec des experts jugés sur leur rendement mais aussi remerciés en fonction de leurs carences. Il n’y a rien à attendre de ‘’fonctionnaires’’ incompétents nommés uniquement pour leur seule appartenance à un corps d’Etat.
Le dopage concerne des pros du sport, cela implique que la lutte antidopage soit impérativement entre les mains de spécialistes aguerris.
Depuis cinquante ans, rien n’a jamais changé ; c’est toujours le monde du sport qui dirige la manœuvre antidopage. Les faits sont bigrement têtus.
Au final, alors que les affaires s’accumulent, on nous annonce régulièrement le CHANGEMENT, alors qu’en réalité c’est toujours la même chose.
Punchline Dr de Mondenard
Par défautN° 62
Depuis la grande époque de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS, les dirigeants soviétiques puis leurs homologues russes – pour engranger un maximum de médailles – sont à la fois à la tête de la lutte antidopage avec des bilans très médiocres mais parallèlement, ils organisent le dopage dans leurs pays avec des résultats qui leur permettent d’être toujours dans le peloton de tête des pays médaillés.
Pour rappel : le concept juridique de conflit d’intérêt est inconnu en Russie.


Les médailles olympiques de Sotchi en 2014
Punchline Dr de Mondenard
Par défautN° 54
Avec l’existence d’un certain nombre de substances prohibées indétectables dès le début, la lutte antidopage était forcément vouée à l’échec. Cela fait cinquante ans que ça dure et cette situation a donc participé à la progression inexorable du dopage. La responsabilité du pouvoir politique est fortement engagée en laissant depuis un demi-siècle la lutte aux mains des instances sportives plus enclines à féliciter qu’à sanctionner. C’est ce qu’on appelle un conflit d’intérêt omniprésent depuis le 1er juin 1965, date de la première loi française sur les drogues de la performance (à l’époque, seuls les stimulants sont considérés dopants).

Idée reçue des tenants de l’antidopage : la dope est inefficace… sauf que CETTE AFFIRMATION est TOTALEMENT FAUSSE
Par défautContrairement à ce qu’annonçaient au début de la lutte antidopage les tenants d’un sport propre, les drogues de la performance sont efficaces, et pas qu’un peu !
Encore dernièrement lors d’une conférence dans le Nord, un représentant d’un organisme régional de la Jeunesse et des Sports revenait sur le thème en martelant que le dopage ne jouait qu’un petit rôle et que c’était l’entraînement qui faisait la différence.
Malheureusement, les témoignages des experts (pratiquants) montrent bien qu’avec l’arme biologique il n’y a pas photo pour creuser l’écart avec les concurrents non dopés.
Jacques Anquetil (FRA), cycliste professionnel de 1953 à 1969 :
- « Sans stimulants, les grandes performances ne seraient jamais battues. »[Radio-Télévision Française (RTF) « Cinq colonnes à la une », 07.04.1961]
Jacques Anquetil
- « Moi aussi, je me suis dopé. Moi aussi, comme tous les autres coureurs, il m’est arrivé d’être frappé par le brutal coup de pompe qui, à un moment capital de la course, vous laisse privé de jambes, de réactions, le cœur et la têtes vides. Alors j’ai fouillé dans ma musette, la main tremblante pour y cueillir les deux comprimés de Corydrane® ou de Maxiton® qui pouvaient me donner le coup de fouet nécessaire pour surmonter la défaillance. » [France Dimanche, 11.07.1967]
Pierre Chany (FRA), journaliste sportif : « Ce doping, devenu d’usage courant dans les sports de compétition, qui fausse aujourd’hui les véritables critères de valeur et confond les notions les plus sûres, au point que les rares qui n’en usent pas n’osent plus le faire remarquer. Car nous en sommes arrivés à ce point, et j’en prends les coureurs cyclistes à témoin, où celui qui ne boit pas la drogue apparaît comme un arriéré, où celui qui déclare « ne pas y toucher » est tenu pour un menteur. Et c’est vrai qu’il ment dans la plupart des cas… » [[L’Équipe, 29.03.1960]
Enrico Crispi (ITA), journaliste à La Notte : « Il semble très difficile d’éliminer le doping car Jacques Anquetil, par exemple, qui obtient avec lui des moyennes de l’ordre de 47 km/h, alors que Fausto Coppi n’atteignait que le 42 ou le 43, n’admettra pas de renoncer à une pratique qui lui ôterait la majeure partie de ses moyens. » [L’Équipe, 09.07.1962]
Serge Demierre (SUI), cycliste professionnel de 1977 à 1991 : « En quelques années, la course est devenue irréelle. Soudain, je ne voyais plus que les talons de coureurs qui ne m’avaient pourtant jamais battu. Pire, le seul fait de suivre le rythme tout à coup infernal du peloton relevait de l’exploit ou, en tout cas, d’un effort surhumain. Finalement, j’en ai eu marre de passer pour un imbécile, pour un tocard, d’être proprement ridiculisé. » [Info Dimanche, 31.01.1999]
Edouard Fachleitner (FRA), cycliste professionnel de 1943 à 1952 : « En 1951, je me suis rendu compte qu’il se passait des choses ‘’bizarres’’. Des coureurs d’une valeur moyenne se mirent tout d’un coup à ‘’marcher’’. Cherchez l’erreur. La métamorphose de ces coureurs-là me laissait songeur et, à vrai dire, suspicieux quant à certaines pratiques. » [in « Edouard Fachleitner. L’odyssée du berger de Manosque“ de Yvan André. – Château-Arnoux (04), Imp. B. Vial, 2003. – 135 p (p 125)]
Paul Fournel (FRA), écrivain : « Le problème c’est que le dopage est devenu efficace et qu’il ne s’agit plus de prendre deux amphétamines. Aujourd’hui, les coureurs augmentent leur potentiel de 20 à 30%, c’est là qu’est le souci. » [L’Équipe, 25.10.2007]
Dawn Fraser (AUS), triple championne olympique du 100 m NL (1956, 1960, 1964) :
- « Un écrivain scientifique anglais, Chapman Pincher, prétend avoir recueilli des observations concluantes chez des nageurs, des coureurs à pied et des lanceurs de poids. Il rapporte qu’une dose convenable d’amphétamine, administrée environ trois heures avant une épreuve olympique, peut transformer un zéro en champion.» (p 121)]
2. « A titre expérimental, on a donné certaines pilules à un groupe d’athlètes ; les uns ont reçu des dopants véritables, les autres des placebos ; naturellement, ni les uns ni les autres n’étaient dans le secret. Chapman Pincher, un journaliste scientifique anglais, rapporte que les athlètes ayant absorbé des dopants ont tous accompli des performances supérieures à leur moyenne habituelle. » (p 121)]
3. « Selon un journaliste scientifique anglais, Chapman Pincher, au-dessus de 100 mètres, le dopage donne une différence d’une demi-seconde chez les nageurs de nage libre. Dans la nage papillon, plus de trois secondes. Au-dessus de 200 mètres en brasse française, on a enregistré des améliorations de près de trois secondes. Au-dessus du mile, la pilule pourrait donner jusqu’à 16 secondes de différence. » [in « Championne olympique. Les revers de 3 médailles d’or. – Paris, éd. Plon, 1965. – 300 p (pp 121-122)]
Raphaël Géminiani (FRA), cycliste professionnel de 1946 à 1960 : « Si personne ne prenait de stimulants il n’y aurait pas un seul coureur qui terminerait le Tour de France tant l’épreuve est pénible. » [Bastide R. et coll. – Le Tour devant les stimulants. – But et Club, Le Miroir des Sports, 1962, n° 919, 12 juillet, pp 7-11 et 19 (p 9)]
Raphaël Geminiani
Jean Graczyk (FRA), cycliste professionnel de 1957 à 1972 :
- « Celui qui ne prend pas de stimulants ne peut pas filer dans les courses actuelles où l’allure est devenue trop rapide. » [[L’Équipe, 29.03.1960]
2 . « Le dopage ça fait mal à la santé mais ça augmente les forces. » [L’Équipe, 29.03.1960]
Greg LeMond (USA), cycliste professionnel de 1981 à 1994 : « Il y a toujours eu un problème avec le dopage dans notre sport mais, depuis dix ans, les produits sont tellement performants qu’ils peuvent changer un athlète physiologiquement. On peut transformer une mule en un étalon ! » [Le Monde, 16.07.2004]
Félix Lévitan (FRA) (1911-2007), patron du Tour de France de 1962 à 1986 :
- « Celui qui ne se dope pas est un pauvre type voué par avance à la défaite. » [Le Miroir des Sports, 20.04.1965]
Félix Lévitan
- « Plus graves sont les doutes nés à Belgrade (championnats d’Europe de natation). Car s’il est effectivement mis à la disposition des athlètes de l’Allemagne de l’Est des produits indécelables à l’analyse (à tout le moins inconnus des analystes qui les décèlent, s’ils les décèlent, et parce qu’ils sont inconnus n’entraînent pas de sanctions fédérales : amendes et suspensions…) s’il est effectivement mis à la disposition des représentants de la RDA de tels produits, rien n’empêche les sportifs de l’Ouest de s’en procurer ou de les obtenir de chimistes amis et grâce à ces produits d’établir et de maintenir leur supériorité sur des rivaux respectueux des règles du jeu? » [RTL, 17.09.1973]
Erwann Mentheour (FRA), cycliste professionnel de 1994 à 1997 :
- « Avec le dopage, tout le monde monte d’une marche mais si tu es un tocard, tu auras beau te doper, tu ne seras pas devant. Je n’incrimine surtout pas les coureurs, car ce sont tous des mecs d’exception. Les champions ne sont ni des voleurs, ni des tricheurs. Leur réussite est d’abord due à une énorme somme de travail, à des sacrifices que l’homme de la rue ne peut pas imaginer. » [L’Équipe, 23.01.1998]
2. « Ce sont les Italiens, les précurseurs. En fait, c’est à la Gewiss, l’équipe phare du début des années 90, qu’ils ont été les premiers à maîtriser le protocole d’administration de l’ÉPO combiné aux hormones de croissance. Je me souviens, tous les coureurs français se disaient : « C’est pas possible ces Gewiss, comment font-ils pour marcher aussi bien ?» [France Soir, 02.09.1999]
Erwann Mentheour
3. « C’est un monde fou : si tu fais 30 000 bornes de vélo sans rien prendre, tu tombes malade et tu finis dernier. Si tu prends de la dope, tu pédales mais tu roules, c’est le cas de le dire, à tombeau ouvert ! » [Paris Match, 11.02.1999]
Pierre Naudin (FRA), journaliste sportif, écrivain et ancien cycliste amateur : « Un fait est certain qui constitue une des ombres des Tours d’après-guerre : les coureurs ne peuvent réaliser leurs performances qu’avec le secours de la médecine. L’aisance d’un Hugo Koblet était facilitée par des doses massives de stimulants. Il pédalait certes très vite. » [in « La foire au muscle ». – Paris, éd. les Editeurs Français réunis, 1961. – 377 p (p 283)]
Dr Jean-François Ratel (FRA), médecin du sport : « Les dopants sont soit inefficaces et inoffensifs, soit encore inefficaces mais déjà dangereux, soit efficaces et toujours dangereux. Jamais ils ne sont efficaces et inoffensifs. » [Aventure sportive sans médecin .- Paris, éd. Amphora, 1986 .- 159 p (p 42)]
Roger Rivière (FRA), cycliste professionnel de 1957 à 1960 : « À mon avis, il est impossible de battre un record de l’heure à vélo sans être dopé. Je ne peux pas croire qu’on puisse enrouler un braquet aussi monstrueux, par exemple, que celui que Jacques Anquetil a poussé pendant une heure, au Vigorelli de Milan, sans avoir pris quelque chose. » [L’Équipe, 25.10.1967]
Lucien Van Impe (BEL), cycliste professionnel de 1969 à 1987 : « Si on parle du dopage, c’est qu’il existe. Je ne dirai jamais comme certains tentent de le faire croire qu’il ne change rien aux choses. Il n’y a qu’à se souvenir d’Hitler. C’est le premier à l’avoir utilisé pour galvaniser ses armées ! » [Vélo, 1987 , n° 222, novembre, p 13]
Lucien Van Impe
En réalité, les AUT sont destinées à légaliser le dopage et sont surtout contraires à l’éthique médicale
Par défautPourquoi la lutte antidopage hippique interdit-elle toutes les substances en considérant qu’un cheval malade ou blessé – le temps d’être soigné – reste au pré ou à l’écurie et ne peut reprendre la compétition que lorsqu’il n’est plus sous traitement et que les substances médicamenteuses ont été éliminées ?
Chez l’homme, dans le cadre d’une compétition, il est possible de prendre des produits dopants pour traiter des affections aussi banales que tendinites (infiltration de glucocorticoïdes), irritation bronchique, inflammation cutanée, etc.

Les sœurs Williams
Les sœurs Williams citées par les hackers ‘’russes’’ mais avec elles de nombreux autres sportifs ayant participés aux jeux de Rio en août dernier, sont ‘’dénoncés’’ comme ayant des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) permettant l’usage légal de corticoïdes lors des compétitions. En dehors des AUT, ces substances font partie de la liste rouge. Il y a une forte probabilité que les deux sisters des courts aient lu la biographie d’André Agassi « Open » parue en 2009 et comportant de nombreux passages où le King de Las Vegas explique en long et en large le soutien inestimable de ces substances, à la fois anti-inflammatoires puissantes et euphorisantes.

éditions Plon, 2009
A l’époque de la carrière d’Agassi les corticoïdes ne sont pas interdits ni recherchés par les instances du tennis, donc il n’est pas nécessaire d’obtenir des AUT. En 2004, l’Américain ne manque pas d’air pour glorifier la lutte antidopage sur les courts : « Une des choses que l’on peut dire, c’est que notre sport est à la pointe – ou l’un de ceux les plus à la pointe de la lutte contre le dopage. Je suis certain grâce aux contrôles antidopage de l’ATP que les performances de mes adversaires ne sont pas améliorées par des produits interdits. Je suis persuadé de jouer contre des gens clean. » [Associated Press, 13.01.2004]
Agassi et le dopage – Un spécialiste des médications de soutien prohibées
Une contamination accidentelle aux amphétamines
En novembre 2009, à l’occasion de la sortie de sa biographie ‘’Open’’, André Agassi, le lauréat de huit titres en Grand Chelem, fait des aveux a posteriori d’un contrôle positif à la métamphétamine, un stimulant, lors d’un tournoi en septembre 1997. L’ATP accepte « l’excuse-bidon » d’une contamination à son insu du joueur américain. Il n’a pas eu la moindre sanction ou même une simple réprimande.
Des injections de corticoïdes ‘’en rafale’’
« La négociation tourne largement autour du coup de fouet, une injection de cortisone qui calme momentanément la douleur. Mais avant que le coup de fouet fasse effet, il provoque lui aussi ses propres souffrances. J’ai reçu une de ces piqûres il y a quelques jours, je serai donc capable de jouer ce soir. C’était la troisième injection cette année, la treizième de ma carrière et de loin la plus inquiétante. » (p 13)
« C’est à peine si je peux tenir un téléphone, alors une raquette ! Pourtant j’ai envie d’y aller (…) Et puis j’ai un titre à défendre. Je n’ai pas le choix. Juste avant de partir, Gil Reyes prend un rendez-vous chez un médecin réputé être le meilleur de Seattle, pour qu’il m’administre de la cortisone. L’injection fait de l’effet. Je débarque en Europe capable de remuer le poignet sans douleur. » (p 228)
« Au cours des derniers mois, Gil a durci ma préparation physique. Il m’a fait subir un régime de guerrier spartiate et je me sens affuté comme une lame de rasoir. J’ai aussi droit à une piqûre de cortisone, ma troisième de l’année. Il est recommandé de ne pas en dépasser quatre par an. Il y a des risques, préviennent les médecins. On ne connaît pas les conséquences à long terme de la cortisone sur la colonne vertébrale et le foie. Mais je m’en fous. Du moment que mon dos se tient à carreau. » (p 467)
« Au premier jour, je joue contre le Roumain Andrei Pavel. Mon dos m’agrippe à la moitié du match, mais même sir je dois me tenir raide comme une baguette, j’arrive à me dégoter une victoire. Je demande à Darren Cahill de prendre les dispositions pour une injection de cortisone le lendemain. Malgré cette piqûre, je ne sais pas si j’arriverai à disputer mon prochain match » (p 483)
Au moment de sa retraite, Agassi – non sans humour – envisage d’appeler son futur chien Cortisone ! « Pour les enfants, la retraite est synonyme d’animal domestique. Nous leur avons promis, Stefanie Graff et moi, que lorsque je cesserai l’entraînement et que nous ne courrons plus à travers le monde, on achètera un chien. On pourrait peut-être l’appeler Cortisone. » (p 15)
Ce n’est pas sûr qu’il ait tenu sa promesse de donner le nom de cortisone à son cabot !
Dans les ouvrages médicaux sérieux respectant le serment d’Hippocrate, à aucun moment il n’est signalé dans les indications thérapeutiques de la cortisone qu’elle doit être absorbée ou injectée dans l’environnement immédiat de l’effort ou dans un but de performance.
Dès 1980, le Comité international olympique avait déjà ‘’injecté’’ le ver dans le fruit en tolérant les injections d’anesthésiques locaux ou de glucocorticoïdes « seulement dans le but de permettre à l’athlète de poursuivre la compétition ». En 1998, j’avais souligné dans la revue Sport et Vie cette carence du CIO et de sa commission d’analphabètes du corps.

Sport et Vie, 1998, n° 48, mai-juin, p 27
POST-IT
La comparaison avec la lutte antidopage exercée dans le sport hippique où la quasi-totalité des médications sont prohibées en compétition (je le répète : on peut et doit soigner les chevaux en dehors des courses) n’est pas hors sujet. Cette réglementation très stricte n’a qu’un but : préserver la santé des chevaux.
Cette différence d’objectif avec les hommes (AUT = autorisation de tricher et de se doper) montre bien que l’amélioration de la race humaine n’est pas la préoccupation du Comité international olympique.
Signalons que dès 1906, et même avant, le leitmotiv de la Société des courses se concentre sur la santé des quadrupèdes. C’est ce que nous explique le journaliste Fernand Bidault dans La Vie au Grand Air : « L’amélioration de la race chevaline nous intéresse beaucoup plus qu’une amélioration semblable de la race humaine. La constatation d’un record suffit à notre bonheur. Et il est logique que la descendance des athlètes à deux pieds ne soit pour nous l’objet d’aucune étude, puisque nous n’y attachons aucun prix. » [La Vie au Grand Air, 1906, n° 423, 27 octobre, p 790]
Les chevaux mieux soignés que les hommes
Gustave Barrier (FRA), inspecteur général des Ecoles vétérinaires : « Il faut combattre le ‘’doping’’, non tant parce que c’est une manœuvre déloyale qui fausse le résultat des courses, que parce qu’il constitue un danger pour le cheval qui le subit, et porte atteinte à l’intégrité de ses aptitudes génésiques, s’il doit être ultérieurement utilisé comme reproducteur. » [Congrès hippique, 19.06.1913]
Jean-Philippe Bouchard (FRA), journaliste à France Football : « Si la prise de conscience – récente et médiatique – au sujet du dopage s’amplifie, le monde du sport va se trouver confronté à une alternative qu’il n’avait pas réussi à ignorer jusque-là : bannir réellement le dopage ou l’officialiser. Refuser le dopage, comme tous les bons sentiments l’exigent, c’est d’abord tenter de le détecter. C’est loin d’être le cas. Aujourd’hui, les moyens de détection chez les chevaux sont plus importants que chez les hommes. » [Marianne, 10.11.1997]
Dr Stanislas Burstin (FRA), médecin fédéral de la FFF : « On est frappé de stupeur à l’idée de l’inertie face au dopage, des athlètes, comparée à la sévérité des mesures et à l’efficacité du contrôle des courses de chevaux. » [France Football Officiel, 26.07.1960]
Daniel Courtot (FRA), laboratoire de toxicologie de l’école vétérinaire de Lyon : « Faire effectuer à un cheval une épreuve alors qu’il serait dans l’impossibilité de concourir sans l’aide d’anesthésiques locaux pour masquer une boiterie, est un procédé dangereux. En effet, l’origine de cette boiterie peut être une lésion dont la gravité ne peut que s’accroître à la suite d’un effort physique. » [Daniel Courtot. – le dopage chez le cheval. – Paris, éd. André Leson, 1977. – 59 p (p 33)]
Dr Georges Maylin (USA), professeur associé de toxicologie à l’Université Cornell (USA) : « Les hommes serviraient la plupart du temps de « cobayes » dans l’utilisation des drogues avant qu’elles ne deviennent d’un usage courant dans les courses hippiques. » [L’Équipe, 03.01.1981]

Test de la fonction cardiorespiratoire chez un cheval à l’effort






