La lutte antidopage olympique récompense la triche !

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La grande mascarade continue : en cause le CIO, l’AMA et les Fédés internationales (ici celle de l’haltérophilie)

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Trois institutions en conflit d’intérêt : lutter contre le dopage et organiser le spectacle

En lisant L’Equipe du 15 septembre, on apprend « en restant sérieux » que l’haltérophile polonais Tomasz Zielinski – exclu de la sélection olympique aux Jeux de Rio 2016 pour contrôle positif à un stéroïde anabolisant (nandrolone) – va récupérer une médaille des Jeux de Londres (2012).

 

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L’Equipe, 15 septembre 2016

 

Classé neuvième dans la capitale britannique, il va pouvoir se mettre autour du cou la breloque de bronze car six de ses adversaires – dont les quatre premiers – ont été épinglés lors des réanalyses a posteriori des Jeux olympiques de 2012.

 

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Thomasz Zielinski

 

 Morale de l’histoire : la triche est récompensée par les instances internationales !

Disqualifié pour dopage pendant deux ans, Zielinski va tout de même récupérer une médaille de bronze pour violation des règles antidopage de ses adversaires quatre ans plus tôt.

Rappelons que si le Polonais est passé à travers en 2012, cela ne veut surtout pas dire qu’il n’était pas dopé (substances indécelables, masquants, microdoses, etc.) mais qu’il a été plus futé que les organisations antidopage du Comité international olympique (CIO), de l’Agence mondiale antidopage (AMA), et de la Fédération internationale d’haltérophilie (IWF). 

Un grand bravo à tous les incapables de ces institutions « moralisatrices » qui sont payés pour être nuls avec les fonds des états-membres (eux-mêmes bien silencieux sur l’usage de leurs subsides).

 Comment un athlète pris aux stéroïdes anabolisants peut-il récupérer une médaille dans une compétition antérieure car ses adversaires de l’époque ont été flashés à rebours par les gendarmes de l’instance ?

 PUNCHLINE = L’équation : « Pas positif, pas dopé » est une formule aussi creuse qu’inexacte

Natation – La FINA confirme par son laxisme qu’elle n’est pas la bonne entité pour lutter efficacement contre le dopage

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piscine

Moins d’un mois après la fin des Jeux de Rio 2016 (5 – 21 août) trois membres de la direction des contrôles antidopage (DCRB) de la Fédération internationale de natation (FINA) jettent l’éponge pour avoir été désavoués par l’Uruguayen Julio Maglione, le président de l’Institution sportive de tutelle depuis 2009 et ancien nageur de compétition.

 

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Julio Maglione, président de la FINA

 

En cause : les effets collatéraux de l’épidémie de cas positifs au meldonium dans le sport russe. Faisant suite au rapport McLaren démontrant le dopage d’Etat dans toutes les spécialités sportives du pays dirigé par Vladimir Poutine, le Comité international olympique recommande à toutes les fédérations internationales – natation comprise – de faire recontrôler par un ’’organisme crédible’’, en dehors du territoire russe, l’ensemble des athlètes de ce pays.

Au final, les 37 nageurs russes sélectionnés par leur fédération, ont été accrédités à Rio sans être testés par une structure indépendante, d’où la démission des trois experts antidopage dont le président canadien Andrew Pije qui, au contraire, souhaitaient une expertise analytique beaucoup plus pointue pour l’ensemble des nageurs.

Les Fédérations internationales nous ‘’gavent’’ de leur commission indépendante antidopage mais ignorent leurs recommandations de fermeté dès qu’il faut trancher dans le vif en éliminant les éléments phare de son sport (ici les nageurs russes) !

Une fois de plus, la preuve est donnée que l’antidopage doit être retiré du milieu sportif et notamment des fédérations internationales, FINA en tête.

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Une affirmation péremptoire : l’Ultimate Fighting Championship (UFC) aurait le meilleur programme antidopage du monde !!!

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C’est en tout cas l’allégation de Jeff Novitzky, l’ancien enquêteur fédéral américain des affaires Balco (2003) et ensuite Armstrong (2011-2012), aujourd’hui chargé de la lutte antidopage de l’UFC.

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Jeff Novitzky

 

Pour deux raisons majeures, on n’est pas obligé de le croire !

Premièrement, chaque fois qu’une Fédé internationale est soumise à la question de la triche biologique, elle se targue d’avoir mis en place le programme antidopage « le plus sophistiqué » de la planète sportive.

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L’Equipe, 1er septembre 2016

 

Le cyclisme, le football, le rugby, le tennis ainsi que l’Espagne (elle a probablement quelque chose à cacher), nous ont déjà abreuvé de ces affirmations péremptoires : « On est les meilleurs », « On est les précurseurs », « On est un exemple de lutte antidopage », etc.

Ces belles prises de position s’adressent aux gogos et n’ont que le mérite d’occuper le terrain. Mais ce n’est pas ce qui va changer la donne tant qu’il existera des substances indécelables ou des produits borderlines (dopants non référencés sur la liste rouge), aucune lutte antidopage ne peut se prévaloir d’être efficace.

Novitzky a beau attester dans l’entretien accordé à l’Equipe du 01 septembre 2016 que c’est son sport (UFC) qui a le meilleur programme en précisant : « Qui d’autre peut réaliser des tests 365 jours par an ou 24 heures sur 24 ? », mais dans la même interview, il se garde bien de donner la formule magique pour épingler les substances indétectables. C’est comme sur les routes, il n’y a que la mise en place de radars performants qui a fait baisser l’accidentologie et la mortalité.

Les laboratoires antidopage accrédités laissant passer encore trop de molécules à travers leurs filets à larges mailles.

Rappelons qu’au mois de juin dernier, la structure analytique des Jeux olympiques de Rio avait perdu son label officiel pour avoir – lors d’une évaluation pilotée par l’AMA – sur des échantillons-tests anonymes, donné des résultats inattendus.

En effet, les experts de l’AMA avaient expédié un lot d’échantillons contenant soit des urines vierges de tout produit dopant, soit des lots contaminés. Contre toute attente, Rio avait trouvé des molécules interdites dans les urines PROPRES ! Signalons également le laboratoire de Moscou à la solde du dopage piloté par l’Etat russe. Dans ces conditions difficile de croire à l’efficacité de la lutte antidopage, même à la mode Novitzky.

Au final, ce n’est pas avec la méthode Coué que l’on viendra à bout du fléau numéro un du sport de compétition.

UEFA – Sakho innocenté c’est un camouflet de plus pour la lutte antidopage du football

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Déjà que les bilans des contrôles antidopage de l’UEFA – que ce soit en saison régulière ou à l’Euro – surfe autour de zéro positif, lorsqu’elle épingle un joueur l’instance n’a qu’un seul objectif : trouver une excuse ou un vice de forme pour blanchir le fautif.

Le contrôle positif du Français Mamadou Sakho à un brûleur de graisse en est un bon exemple.

Rappelons les faits :  le 17 mars 2016, le vice-capitaine des Bleus est contrôlé positif à un fat burner (brûleur de graisse) à la suite de la rencontre Liverpool (son club) – Manchester United (1-1) en huitième de finale retour de la Ligue Europa. Le 23 avril, la radio RMC révèle que le défenseur français de Liverpool aurait consommé un brûleur de graisse dont il ne connaissait pas la composition « dans un intérêt purement personnel et thérapeutique afin d’éliminer sa masse graisseuse ».

 

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Mamadou Sakho

Privé de sélection pour l’Euro

Le joueur, dans un premier temps, est suspendu provisoirement par Liverpool, d’un commun accord, en attendant « des examens complémentaires ». Dans la foulée, l’UEFA s’empare du dossier et le suspend à titre conservatoire pour 30 jours jusqu’au 28 mai dernier. Premier effet collatéral de cette bourde : Didier Deschamps ne le sélectionnera pas pour l’Euro. Le 8 juillet, deux jours avant la finale perdue par la France (0-1) contre le Portugal, la commission de discipline de l’UEFA blanchit Sakho de son contrôle positif et dans un communiqué justifie ses motivations : « Après audition des avocats du joueur, des experts de laboratoires agréés par l’Agence mondiale antidopage (AMA) la commission de contrôle, d’éthique et de discipline a décidé de classer le dossier. »

De nombreux éléments montrent que l’instance européenne du foot s’assoit sur les faits.

–   Le produit incriminé – l’higénamine, un bêtastimulant brûleur de graisse comme le clenbutérol – est détecté dans les urines de Sakho. Si le laboratoire antidopage britannique (le match ayant eu lieu à Liverpool) transmet un procès-verbal de test positif c’est que le produit obligatoirement fait partie de la liste sinon il ne l’aurait pas mentionné dans son rapport.

 Mise en garde sur l’higénamine, faux ami

 –       Le 12 février, donc un mois avant le test non-négatif du défenseur des Reds, l’Organisation nationale antidopage de Wallonie (ONAD) mettait en garde les consommateurs :

–      « Higénamine : attention, faux ami

L’higénamine (ou norcoclaurine), composante de compléments alimentaires, fait partie de la liste des substances interdites. Prudence. Non, un produit d’origine naturelle n’est pas forcément sans dangers. C’est le cas de l’higénamine ou norcoclaurine, un composant chimique naturel, extrait de plantes et utilisé dans la composition de compléments alimentaires. Ce composant est un bêta 2 agoniste et peut être dangereux pour votre santé. C’est pourquoi il fait partie de la liste des substances et méthodes interdites. En consommer est donc un fait de dopage. Nous vous rappelons de rester vigilant lors de l’achat et de la consommation de tout complément alimentaire. » Commentaire de l’ONAD du 12.02.2016

Donc l’higénamine est bien un produit prohibé connu comme tel par des instances antidopage et ce avant le match Liverpool-Manchester United.

–       Par ailleurs, même si la substance n’est pas listée nominativement, il n’y a aucun doute sur son classement parmi les dopants. En effet, à propos des stimulants, il est précisé dans la nomenclature établie par l’AMA depuis 2004 que sont interdites une bonne soixantaine de molécules mais aussi « d’autres substances possédant une structure chimique similaire ou un (des) effet(s) biologique(s) similaire(s). »

C’est le cas de l’higénamine, un bêtastimulant ayant des propriétés voisines de celles de l’éphédrine.

Pour les mêmes faits que Sakho, Diego Maradona a pris 15 mois ferme 

Pour mémoire, rappelons qu’aujourd’hui Diego Maradona devant cette mansuétude de l’UEFA envers Mamadou Sakho, doit l’avoir mauvaise, lui qui, en juin 1994, lors de la Coupe du monde aux Etats-Unis, a été exclu de l’épreuve pour un contrôle positif à un brûleur de graisse contenant de l’éphédrine. Il avait pris 15 mois ferme et 15400 euros d’amende.

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Diego Maradona

Devant une telle mascarade de justice antidopage de l’UEFA, on attend que l’AMA et la FIFA fassent appel de cette non-sanction. Les deux instances ont le pouvoir de faire redresser le jugement. Peu probable qu’elles le fassent !

Au final, on a la confirmation une fois de plus que les affaires de dopage ne peuvent être traitées sereinement, sans conflit d’intérêt, par les instances sportives.

A quand une lutte efficace forcément assurée par une structure véritablement indépendante ?

Question subsidiaire : pourquoi des brûleurs de graisse ?

Pour quelle raison des sportifs de haut niveau qui s’entraînent au moins deux fois par jour sont-ils amenés à consommer de tels produits, surtout qu’à la fin des matchs, lorsqu’ils enlèvent leur maillot pour montrer leur musculature, on s’aperçoit qu’ils sont hyper affûtés avec un faible pourcentage de graisse ? On comprend mieux lorsqu’on sait que ces compléments alimentaires contenant de l’higénamine (le produit incriminé chez Sakho) ont des effets stimulants améliorant à la fois le temps de réaction, la vitesse de démarrage, la vista, la lecture du jeu et même la détente verticale. En clair, toutes les prises d’informations le sont en accéléré.

Euro 2016 – Des radars antidopage particulièrement inefficaces (texte modifié le 5 juillet 2016)

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  • FOOT 2

Un communiqué de l’UEFA posté le 30 juin annonce fièrement que les 1 818 échantillons prélevés depuis le 1er janvier – dont 354 pendant le tournoi de l’Euro 2016 – se sont tous révélés négatifs.

UUN GROS PAQUET DE TRICHEURS

Un tel bilan est confondant de nullité lorsqu’on sait que depuis 2002 et une étude de la FIFA elle-même, que 92% des footballeurs de haut niveau sont prêts à tricher pour le gain du match (tirage de maillot, poussée dans le dos, tacle au niveau des tibias, main volontaire furtive, insultes répétées, écarter les bras, ceinturer l’adversaire, simulation de fautes dans la surface de réparation … le tout étant destiné à entraver les meilleurs). Ainsi pour vaincre, de nombreux joueurs seraient donc prêts à casser sans état d’âme des concurrents (coups de coude, tacles sur les tibias) sans pour autant penser à piocher dans la pharmacie haute performance ? Cela paraît complètement improbable compte tenu de l’esprit de compétition poussé à l’extrême régnant dans le sport de haut niveau.

Comme pour une entreprise privée classée dans le CAC 40 et dans la mesure où la triche est consubstantielle à l’homme, un bilan si négatif (0 positif pour près de 2000 tests), dans la foulée, entraînerait obligatoirement la chute des dirigeants de la société alors qu’à l’UEFA les responsables ne seront pas inquiétés et encore moins débarqués.

  •    TUBES ESSAI

Qui peut croire raisonnablement qu’aucun footballeur de l’Euro ne touche au fruit défendu ? On atteint le même niveau de désinformation en affirmant qu’il y a zéro politique corrompu ni aucun policier ripoux ou aucun curé pédophile….

Au final, devant de tels résultats, on ne peut qu’imaginer que ce sont au choix les radars antidopage qui sont nuls ou les instances dirigeantes qui ne communiquent pas les cas positifs. Et pourquoi pas les deux à la fois ?

DES SANCTIONS AU PIFOMETRE

Signalons le cas exemplaire de l’international français Mamadou Sakho, contrôlé positif le 17 mars à un brûleur de graisse (higénamine), suspendu un mois à titre conservatoire par l’UEFA et puis c’est tout ! Pour la même faute, Diego Maradona en juin 1994, lors du Mondial, testé lui aussi à un brûleur de graisse (Ripped Fuel) écope de 15 mois ferme et 15400 euros d’amende. Dans le foot, les règles antidopage sont pour le moins très fluctuantes.

Tant que ce seront les Fédérations internationales (UEFA, FIFA) qui feront la police, on sera toujours en plein dans le conflit d’intérêt entre assurer le spectacle et l’entraver en épinglant les tricheurs (cf étude de la FIFA, voir plus haut)

UEFA

 

 

Depuis 50 ans, on attend une lutte réellement indépendante du monde du sport

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Comme Georges Clémenceau l’avait dit en son temps à propos de la guerre qui, elle, était une chose trop grave pour la confier à des militaires, on peut pour les mêmes raisons admettre – vu la consommation galopante des drogues de la performance – que la lutte antidopage est une chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains du ministère des Sports, du CNOSF, de l’AFLD et de l’AMA.

 

Lutte antidopage internationale : constat de carence

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LA PREUVE PAR NEUF OU LA LABELLISATION PROPRE DES TRICHEURS TESTES NEGATIFS

sans-titre (3)    AMA

De Grenoble en 1968 à Sotchi en 2014, 38 816 tests antidopage ont été pratiqués. Ils ont révélé 150 cas positifs.

Qui peut sérieusement croire, en dehors des dirigeants sportifs internationaux, que seulement quatre athlètes sur mille sont dopés ?  [1]

En 2014, et contrairement aux discours rassurants du pouvoir sportif s’appuyant sur des statistiques trompeuses, la consommation de substances dopantes par les athlètes ne fait que croître et les méthodes utilisées pour tricher sont devenues de plus en plus performantes tout en étant très difficilement décelables.

DUBINRapport du juge indépendant Dubin, non médiatisé par le CIO et l’AMA

Le contrôle antidopage, seule arme des instances olympiques pour marginaliser le fléau qui s’étend bien sûr en dehors du monde sportif, n’est qu’un leurre faiblement dissuasif puisqu’il est toujours incapable – quarante-six ans après le début des premiers tests olympiques en 1968 à Grenoble et Mexico – de garantir l’absence de fraude. Le rapport du juge Charles Dubin, responsable de la « Commission d’enquête sur le recours aux drogues et aux pratiques interdites pour améliorer la performance athlétique », mise en place par le gouvernement canadien après la disqualification de Ben Johnson,

BEN JOHNSONBen Johnson, lauréat du 100 m des JO 1988 déchu pour test positif au stanozolol

le livre-témoignage de Charlie Francis l’entraîneur du sprinter déchu et le livre-document de Brigitte Berendonk, ex-athlète de RDA ayant eu accès aux dossiers secrets de la Stasi, ont confirmé, preuves à l’appui, que de nombreux podiums avaient été investis par des athlètes dopés.

CHARLE FRANCIS Le livre-témoignage de Charlie Francis, entraîneur de Ben Johnson

Mis à part les affidés du système, plus personne aujourd’hui ne croit que ces chiffres collent même de très loin à la réalité du dopage. De plus, il faut préciser qu’au sein de ce petit peloton des 150 sanctionnés olympiques, figurent quatre athlètes en traitement pour une affection respiratoire qui, aujourd’hui avec les seuils existants, ne seraient pas inquiétés et une cinquième bavure, encore moins admissible puisque le seul défaut de ce volleyeur japonais mis au banc de l’olympisme en 1984 à Los Angeles, était d’avoir naturellement un taux d’hormone mâle supérieur au « taux légal » du Comité international olympique (CIO). Ainsi, la lutte antidopage olympique et les multiples possibilités de se sublimer qu’elle tolère aboutit à neuf effets pervers principaux :

1 – La crédibilisation des sportifs dopés ou le « blanchiment » des médailles. Dès que l’athlète a obtenu son titre et subi le contrôle passoire, il se trouve ipso facto légitimé par le CIO. Dérive supplémentaire : on arrive au paradoxe aberrant que les athlètes spécialistes de la dope et suspectés d’en prendre, afin de couper court à la rumeur, réclament haut et fort des contrôles les plus perfectionnés possibles, sachant très bien que les risques de se faire épingler aux tests sont très faibles,

2 – L’avantage, face à la performance, des groupes d’athlètes encadrés financièrement et scientifiquement. Les substances et les procédés dopants coûtent chers et leur utilisation optimale nécessite le concours de spécialistes aguerris. Ainsi, les athlètes d’élite ont accès à toutes sortes d’informations, notamment quoi prendre et comment passer « la conscience tranquille » un test antidopage, mais les moins fortunés, qui n’arriveront pas à atteindre le même niveau, se retrouveront écartés des podiums par manque de subsides et de connaissances médico-biologiques.

3 – La suspicion du grand public à l’encontre de tout athlète réalisant un exploit. L’homme de la rue a de la peine à croire que l’on puisse être à la fois performant et « propre ».

4 – L’impossibilité pour l’athlète respectant l’éthique sportive de prouver qu’il ne prend rien. Le contrôle négatif étant toujours incapable d’affirmer l’absence de dope.

5 – L’extension du fléau se trouve particulièrement « sublimée » en raison de la quasi obligation de consommer « le fruit défendu » par ceux qui briguent les médailles olympiques et veulent devancer les « bien préparés ». Dans certaines spécialités sportives, les performances des dopés étant inaccessibles par des moyens naturels, il faut obligatoirement en prendre si l’on veut monter sur l’une des trois marches du podium. Dans ce loft de la performance, plus on tend vers le haut niveau, plus les manipulations biologiques se sophistiquent, plus la quête des médailles olympiques avec les retombées médiatiques et financières attenantes concourent à une véritable « grande école » de la triche. Cette dérive, loin d’être marginale, comme le CIO adepte de la méthode Coué, tente de le faire croire par médias-liges interposés – de grands entretiens leur sont accordés sans la moindre contradiction –  est copieusement encouragée par la présence chronique dans la liste rouge de nombreuses substances indécelables et donc sans risque de contrôle positif pour les consommateurs. Rappelons que parmi ces derniers, figure toujours l’ACTH, un secrétagogue de corticoïdes et d’anabolisants par la glande surrénale, connu depuis la fin des années 1960 et toujours consommé par les tricheurs à l’abri de tout risque de se faire épingler.

6 – La condamnation et la rétrogradation d’innocents qui, sans arrière-pensée de coup de pouce illégal, soignent un asthme, une grippe ou un refroidissement. A contrario, les pros de la dope savent ‘’se soigner’’ sans tomber dans le filet à larges mailles du contrôle.

7 – L’illusion de lutter efficacement contre le dopage en publiant des statistiques de cas positifs ridiculement faibles. Le maigre pourcentage de contrevenants épinglés ne traduit ni la peur du gendarme, ni les performances de la lutte des pouvoirs sportifs mais davantage une meilleure connaissance des substances indécelables et des programmes de préparation biochimique permettant  aux athlètes chasseurs de médailles, de podiums et de lauriers, de déjouer facilement les contrôles. Au total, s’il est parfaitement injuste de déclarer que «  tous les sportifs de haut niveau se dopent », en revanche il est licite d’affirmer qu’en dehors des fouilles de valise par la police et mis à part les imbéciles et les imprudents, « tous les sportifs peuvent se doper sans se faire prendre. »

8 – Dans l’espoir de rendre les tricheurs plus « timides », la peur du gendarme relayée par les ondes et les écrits, autrement dit la force de l’intox, fait partie intégrante de plus en plus de l’arsenal antidopage. Ainsi, on va annoncer à grand renfort médiatique qu’une nouvelle machine analytique « haute performance » va tout détecter – notamment les substances réputées indécelables –  alors qu’en réalité les responsables savent pertinemment qu’elle n’est pas encore au point ou encore que telle substance, par exemple l’hormone de croissance (hGH), est maintenant détectable alors que c’est faux en pratique. Signalons qu’aux derniers Jeux de Londres (2012) et Sotchi (2014), elle n’était pas recherchée.

9 – Résultats des courses : le pouvoir sportif étant incapable d’éradiquer, voire de maîtriser le fléau, préfère concentrer ses plus vives attaques contre ceux qui dénoncent le dopage et laisser en paix les dealers de tous poils (sorciers, gourous et médecins marron). En clair, on fait la guerre aux pompiers plutôt qu’aux pyromanes. C’est certainement beaucoup plus facile mais d’une nullité consternante.

Au total, l’inefficacité chronique de la lutte des pouvoirs sportifs et notamment du CIO et de l’Agence mondiale antidopage (AMA), nouvelle structure « indépendante » créée le 10 novembre 1999, aboutit au paradoxe pervers de faire l’apologie du dopage en récompensant des athlètes sublimés par la chimie. Où  est la différence morphologique entre les clones de Ben Johnson, les lauréats actuels des épreuves de sprint (100 et 200 m) et le Canadien vainqueur déchu du 100 m de Séoul en 1988 ?

Devant les performances exceptionnelles réalisées, visiblement inaccessibles pour un athlète normal et sain, tout le milieu sportif comprend que pour réussir, il faut tricher.

[Article écrit en mars 2014, après les JO de Sotchi]

[1] Sotchi : 2 453 tests pour 6 cas positifs = 0,24%

Lutte antidopage : verrouillée à double tour par le monde du sport… pour la rendre inefficace

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Pourquoi cela perdure-t-il depuis cinq décennies ?  C’est la sempiternelle question que me posent les journalistes. Le monde du sport (ministère des Sports, Fédérations, Comité national olympique et sportif français (CNOSF) reçoit des subsides (+ contrats avec les médias) en fonction des médailles obtenues et du nombre de licenciés forcément boostés par les perfs médiatisées des dopés, très attractives pour les jeunes. A part les décérébrés, qui peut croire encore que c’est le monde du sport qui va être performant pour épingler les tricheurs ?

Cet état de fait dure depuis …. 50 ans et le mouvement sportif (CNOSF, ministère des Sports, Fédérations, etc.) – grand hypocrite s’il en est – joue les vierges effarouchées en s’insurgeant contre la suspicion du public qui voit dans tout exploit l’influence des drogues de la performance. Résumons les intérêts spécifiques de chaque institution et différents partenaires du sportif pour comprendre qu’il y a conflit d’intérêt avec une lutte antidopage efficace.

Le Ministère des Sports, dit de la performance et de l’exploit, veut des médailles et un budget à la hauteur

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Le CNOSF : veut des médailles et des subsides

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La Fédération : veut des subsides et des licenciés

Le Dirigeant : est souvent arrivé à son plus haut niveau d’incompétence accompagné de petits pouvoirs et de bombances régulières

Le Sportif : veut être sur le podium et reconnu (sinon à quoi bon faire de la compétition ?)

Le Parent : ‘’trop fier’’ de son enfant

Le Politique : veut plastronner à côté du champion

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Le Pays : veut se valoriser par les résultats et les médailles de ses sportifs

Le Sponsor : de facto veut des résultats et des médailles pour son image

Le Médecin : face au champion, redevient supporter et il est prêt à tout pour gagner sa confiance, son ‘’amitié’’ et être sur la photo à ses côtés ainsi qu’à sa table

Le Laboratoire national antidopage : malgré les demandes réitérées à l’infini par ses responsables successifs, manque toujours de moyens autant humains que financiers pour faire à la fois des analyses en nombre et des recherches efficaces sur les nouvelles molécules

Le Directeur sportif (ou l’entraîneur) : très souvent ancien sportif, lui-même dopé, se moque (ou pire encourage) les comportements déviants de ses ouailles.

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Le Média : ne ‘’vit’’ que par les évènements sportifs qu’il a souvent créé lui-même

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L’Entrepreneur : ‘’vit’’ lui aussi des évènements sportifs (constructions et infrastructures diverses)

Conclusion : Tout est donc organisé pour que seule la performance soit valorisée au détriment du bien-être et de la santé du sportif.

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Denis Masseglia, le président du CNOSF, lors du 12e colloque national de lutte contre le dopage à Paris début mars 2012 a  » regretté la tendance à caricaturer et à dire que les tricheurs ont toujours un peu d’avance. Avec les produits du type sang ou urine congelés qui permettent par la suite de livrer toutes les indications, un tricheur est tout le temps démasqué ». [Agence France-Presse, 23.03.2012]

 

Lutte antidopage olympique : le zéro pointé des statistiques

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« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges,

les sacrés mensonges et les statistiques. »

Mark Twain (USA) (1835-1910), journaliste, romancier

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La tricherie semble bel et bien admise comme une pratique normale par les autorités régissant l’olympisme. Les multiples possibilités de se doper sans se faire prendre aboutissent à un effet pervers : la crédibilisation des dopés.

Depuis longtemps – mis à part le Comité international olympique (CIO), l’Agence mondiale antidopage (AMA), les Fédérations internationales (UCI, FIFA, IAAF, ITF) – tout le monde sait que la négativité des contrôles antidopage pour clamer que l’on ne se dope pas, est un argument non recevable. Ce qui, bien sûr, est intolérable pour ceux qui jouent le jeu. On arrive ainsi au paradoxe aberrant que les athlètes spécialistes de la dope, demandent hypocritement toujours plus de contrôles sachant très bien que les risques encourus sont faibles, voire nuls pour les pros des manipulations biologiques. A chaque olympiade depuis 1968, date des premiers Jeux contrôlés, les résultats des tests antidopage sont très rassurants puisque les laboratoires « haute performance » du CIO, ne détectent que quelques cas.

Moins de 4 pour mille

Sur les 38 816 tests effectués depuis les JO d’hiver de Grenoble, seuls 150 se sont avérés positifs, soit 0,39 pour cent ! Autrement dit, moins de 4 pour mille (voir tableau détaillé des contrôles aux Jeux olympiques). Est-ce à dire que la lutte antidopage est efficace ou au contraire que les fraudeurs savent parfaitement contourner l’obstacle sans se faire prendre ?Les sportifs, dans leur majorité, sont pour les contrôles à condition d’être certains que ceux qui se dopent soient pris et sanctionnés à coup sûr. Howard Payne, sommité en haltérophilie de l’Université britannique de Birmingham, affirme à ce sujet : « La presque totalité des athlètes auxquels j’ai parlé accueillerait avec joie les examens antidoping, s’ils étaient certains qu’aucun médicament n’y échapperait. ». Malheureusement, cette certitude réclamée par les sportifs et les entraîneurs n’est toujours pas envisageable dans un avenir rapproché. Nous allons le démontrer en analysant tous les points faibles de la lutte antidopage qui expliquent clairement : « que courent toujours les hormonés, les anabolisés, les cortisonés, les transfusés, les drogués, la plupart du temps sous couvert des fédérations ».

Que les imprudents et les mal conseillés

Cet avis péremptoire prononcé un an avant les Jeux de Séoul, et toujours d’actualité, s’est vu d’ailleurs confirmé par un pionnier de la lutte antidopage olympique Sir Arthur Gold, le Président de la British Olympic Association : « Tant que le dépistage sera ce qu’il est, nous n’attraperons que les imprudents et les mal conseillés. » Durant de nombreuses années, maints produits dopants ont été consommés en toute impunité. C’est le cas entre autres des stéroïdes anabolisants, utilisés par les sportifs depuis 1954 et interdits en 1974 par le Comité International Olympique (CIO), des bêta-bloquants, employés depuis 1978 (au moins) et interdits en novembre 1985, ou de la célèbre caféine, utilisée depuis un siècle comme stimulant tous azimuts et interdite seulement en 1983 par le CIO puis autorisée à nouveau en 2004 pour ne pas désobliger Coca-Cola, l’un des sponsors principaux des valeurs olympiques.Mais de nombreux dopants, notamment plusieurs hormones naturelles, en raison de l’absence de méthode analytique validée par la communauté scientifique ou de seuil irréfutable de positivité, ne sont toujours pas recherchés lors des contrôles antidopage. Ainsi, en est-il de l’hormone de croissance (hGH) qui, tout à la fois, stimule la croissance individuelle des fibres musculaires et leur nombre (l’hGH n’était pas recherchée à Londres en 2012 ni à Sotchi en 2014), de l’hormone corticotrophine (ACTH ou Synacthène®) utilisée pour accroître la synthèse de cortisone, de la gonadoréline (hormone sécrétée par l’hypothalamus) qui déclenche la sécrétion d’hormone mâle par le testicule et de la somatostatine qui bloque la sécrétion de l’hGH et « permet » d’orienter la croissance des gymnastes. Mais aussi de la transfusion sanguine autologue (avec son propre sang prélevé, stocké et réinjecté en fonction des compétitions) qui augmente le nombre de globules rouges en facilitant l’oxygénation musculaire

Stanozolol, 25 ans après

 Par ailleurs, des substances cataloguées détectables ne l’étaient pas à coup sûr. Ainsi en novembre dernier, Hans Geyer, l’un des responsables scientifiques du laboratoire antidopage de Cologne (Allemagne), lors d’une conférence, a révélé que grâce à une nouvelle méthode de détection des stéroïdes anabolisants exogènes, 260 cas qui jusqu’alors seraient passés inaperçus, ont été testés positifs : « Maintenant nous avons une méthode plus sensible et depuis que nous l’avons lancée en novembre l’an dernier, nous avons trouvé environ 180 cas positifs au stanozolol et 80 cas positifs à l’Oral-Turinabol®, que nous n’aurions jamais détectés avant » a expliqué le scientifique.

Oral-Turinabol Oral-Turinabol : la pilule miracle des Allemands de l’Est, indécelable de 1974 à 2013

Cette méthode, qui se base sur la recherche d’un métabolite de longue durée dans l’urine, a été mise au point par le laboratoire antidopage allemand pour le volet concernant le stanozolol, le stéroïde trouvé dans les urines de Ben Johnson au terme de la finale du 100 mètres des Jeux olympiques de Séoul en 1988, et par le laboratoire de Moscou pour l’Oral-Turinabol® (dérivé de la testostérone, l’hormone mâle) le produit dopant de l’ancienne Allemagne de l’Est mis sur le marché local en 1965.

bjohnson2804_468x552        Ben Johnson dominant la finale olympique de Séoul en 1988           imagesXU7FAR45

                      Le stéroïde anabolisant qui a fait tomber  Ben Johnson aux JO 1988

Mais l’information majeure de cette avancée analytique c’est que pendant 25 ans, depuis l’affaire Ben Johnson, des centaines de sportifs plus malins que le Canadien sont passés à travers les radars de la lutte antidopage car ils savaient quand il fallait stopper la prise du fameux stéroïde anabolisant ! De même, la RDA entre 1968 et 1988 a glané 519 médailles olympiques en subissant plusieurs centaines de contrôles – tous négatifs – alors que l’ensemble des sélectionnés est-allemands absorbaient de l’Oral-Turinabol®. Tout ce petit monde peut adresser un grand merci au CIO.

Siphonner la vessie

 Nul n’a besoin d’être un grand devin pour imaginer que les sportifs olympiques puisent abondamment dans ces nombreuses substances hormonales indétectables. En outre, les moyens de tricher au contrôle ne manquent pas. Le remplacement des urines contenant le produit illicite par celles d’un tiers n’est pas aussi rare qu’on pourrait le penser. Une poire en caoutchouc ou un sachet d’urine dissimulés sous l’aisselle, dans le vagin ou le rectum sont des techniques courantes, de même que le siphonage de la vessie. Celui-ci, un peu plus sophistiqué, consiste à faire injecter de l’urine « pure » dans la vessie à travers l’abdomen ou à l’aide d’une sonde souple par voie urétrale, après avoir uriné dans un coin discret.

sans-titre (4) David Howman, directeur de l’AMA

 Le contrôle négatif n’est pas une preuve de non dopage

Dans la réalité, les faits sont souvent têtus et plusieurs exemples sont là pour démontrer sans ambages que de faire référence à la négativité des contrôles antidopage pour clamer que l’on ne se dope pas ou que tel ou tel sport est propre, n’est certainement pas un argument massue. Par exemple, de 1986 aux Jeux olympiques de Séoul (1988), soit pendant deux ans, Ben Johnson, le vainqueur du 100 mètres, contrôlé positif au stanozolol (un stéroïde anabolisant) avait subi dix-neuf tests, tous négatifs, alors qu’il suivait de fréquentes cures hormonales pendant cette même période. De même, pendant une vingtaine d’années, jusqu’à la réunification des deux Allemagne en 1990 et l’affaire du trio des Wundermädchen Krabbe-Breuer-Derr, deux athlètes d’Allemagne de l’Est – la lanceuse de poids Ilona Slupianek en 1977 lors de la coupe d’Europe et le cycliste Norbert Dürpisch à l’occasion des championnats du monde 1978 – se font prendre dans les filets du contrôle antidopage alors que « 200% » des athlètes de RDA étaient survoltés artificiellement. Le 26 août 1993, les autorités allemandes ont révélé des documents autant secrets qu’irréfutables, établissant que la police secrète d’Allemagne de l’Est, la Stasi, dirigeait et contrôlait tout le processus de la « dope » systématique commencé en 1971.

De plus, on n’effectue la plupart du temps, que des contrôles a posteriori, c’est-à-dire après l’épreuve qui, comme le soulignait Alexandre de Mérode, président de la Commission médicale du CIO de 1967 à 2002, « n’atteignent que les plus stupides et les plus imprudents. »

FLORENCE 1                          FLORENCE 2

Le recours aux produits qui « effacent » les traces de dopants en les diluant est également un moyen de tricher. Les diurétiques, qui accélèrent l’élimination du dopant, de même que le probénécide qui ralentit l’élimination de stéroïdes anabolisants étaient utilisés, depuis le milieu des années 1970, et n’ont été interdits par le CIO qu’à partir de 1987 et 1988. Mais d’autres substances ou systèmes « effaçants » plus ou moins efficaces restent disponibles. Des doses infimes de plusieurs anabolisants différents auraient un effet global sur le muscle identique à un seul dopant pris à dose plus élevée, tout en permettant l’élimination rapide de chacun des produits et leur non-détection. Le couplage d’un anabolisant avec un stimulant cardiaque, l’heptaminol, donne une grosse molécule qui filtre difficilement à travers les reins et est donc indétectable.

Des contrôles préventifs pour se jouer des tests officiels

 L’une des causes essentielles de l’inefficacité des contrôles antidopage est l’absence d’une réelle lutte internationale. En effet, de nombreux pays, pour éviter d’envoyer aux Jeux olympiques des sportifs dopés, font des contrôles préventifs avant le départ. Les différents témoignages provenant d’athlètes soviétiques et des dossiers de la Stasi (ex-police secrète de RDA) confirment que cette pratique était généralisée dans le bloc de l’Est et qu’elle a débuté vraisemblablement dès 1972, aux JO de Munich. Ce n’est qu’à partir des JO de Montréal en 1976 que ces contrôles officieux à visée prophylactique étaient principalement effectués afin de vérifier que l’arrêt de la cure d’anabolisants (prohibés en 1974) avait bien été stoppé à temps. Si l’interruption était trop tardive et qu’il persistait des résidus d’hormones exogènes, les athlètes restaient à la maison et le motif de leur forfait était au choix : une blessure, une maladie, un mariage, une grossesse etc. Anthony Daly, directeur des services médicaux des JO de Los Angeles, a confirmé dans une interview parue dans un quotidien sportif, cette pratique des contrôles officieux destinés à planifier l’utilisation des dopants de l’entraînement : « Certains pays sont équipés d’un matériel sophistiqué qui leur permet de procéder à des contrôles de leurs sélectionnés avant les compétitions officielles. Les « positifs » seront écartés systématiquement et la sélection présente aux JO échappera à toute punition. Il aura suffi d’établir un calendrier de l’utilisation de certaines drogues et d’en arrêter l’absorption suffisamment à l’avance. Pour les pays « pauvres », qui n’ont pas d’équipement antidopage, ces contrôles sont impossibles et leurs représentants risquent d’être pris en flagrant délit alors qu’ils ne seraient pas plus coupables que ceux qui auraient été au préalable soumis à un précontrôle. »

Le seul moyen de prévenir cette escalade serait d’étendre les contrôles antidopage aux entraînements. Pour Anthony Daly, la solution n’est pas simple : « Pour mettre sur pied un programme mondial de contrôle, nous nous heurtons avant tout à des problèmes politiques. C’est aussi difficile que d’obtenir des pays du monde qu’ils réduisent leur armement. »

Hors compétition, la Norvège innove

 En 1977, la Norvège a été la première nation à instaurer de façon systématique des contrôles hors compétition. En 1988, onze ans plus tard, 75% de l’ensemble des tests effectués dans ce pays scandinave l’étaient à l’improviste. Or, les contrôles vraiment inopinés donnent sur les seules substances détectables, environ 10 à 30 % de cas positifs. Les tests de dépistage effectués a posteriori à la suite des épreuves olympiques sont, eux, loin de ces résultats. Ainsi, les treize Jeux olympiques d’hiver ayant eu lieu entre 1968 (Grenoble) et 2014 (Sotchi) n’ont eu officiellement que 0,27 % de cas positifs (28 cas sur 10 217 analyses) et les douze Jeux d’été, de Mexico à Londres, que 0,43 % (122 positifs sur 28 599 analyses).

De surcroît, si l’on considère le coût faramineux – 27 millions d’euros – des installations antidopage de Sotchi (construction du laboratoire et équipement analytique), on ne peut que constater que c’est beaucoup d’argent pour des résultats somme toute très modestes.  Les patrons d’une entreprise qui auraient un tel bilan seraient rapidement priés d’aller exercer leurs « talents » ailleurs. En effet, ils sont soient incompétents ou n’ont pas les coudées franches pour aboutir. Dans les deux cas, ils doivent passer le témoin. Lorsqu’on sait comment fonctionnent les élections au sein de l’olympisme, il est douteux que les choses changent rapidement.

Et au lieu de la devise olympique : « Plus vite, plus haut, plus fort » (Citius, Altius, Fortius) du Père Didon, il faut dorénavant proclamer « Toujours plus de triche, plus de dopage, plus d’argent ».

Un grand merci au CIO pour la promotion de ces belles valeurs !

 (*) en 2013, le budget de l’AMA était de 19 millions d’euros et celui de l’AFLD de 7 millions

 Article écrit le 17 mars 2014 après les Jeux olympiques de Sotchi.

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