Méfaits sportifs des corticoïdes

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Glissades et tacles incontrôlés

 La cortisone est une hormone sécrétée par la zone corticale, située à la périphérie des glandes surrénales. On fabrique à des fins thérapeutiques des dérivés de synthèse de la cortisone, regroupés avec elle sous l’appellation de « glucocorticoïdes ou glucocorticostéroïdes ». Depuis l’introduction dans l’arsenal médical des hormones cortico-surrénales et de leurs dérivés de synthèse, leur champ d’application n’a fait que croître au même titre que les spécialités pharmaceutiques s’en réclamant. Les corticoïdes sont des drogues polyvalentes dont l’usage est tentant pour le thérapeute, notamment dans le domaine anti-inflammatoire, mais cette médaille a son revers, et un revers hors du commun.

Peu de drogues sont capables de tels effets salutaires et en même temps responsables d’accidents aussi sérieux que divers ! Les corticoïdes possèdent plusieurs propriétés : c’est de l’exagération de ces propriétés que naissent les accidents thérapeutiques. Tout d’abord, l’action anti-inflammatoire entraîne un certain nombre de complications viscérales et infectieuses dont la survenue peut être précoce, en particulier chez certains sujets prédisposés. Ensuite, l’introduction d’un composé hormonal, même à des doses thérapeutiques, réalise un état artificiel d’hyperimprégnation et cette hormone médicamenteuse interfère dans l’équilibre de toutes les hormones de l’organisme et le perturbe. Malgré ces risques, les sportifs les consomment pour leurs effets antifatigue, euphorisant et, bien sûr, anti-inflammatoire.

Le cas exemplaire, en 1979, du basketteur Bill Walton résume bien les dérives de la médicalisation intensive de la performance.

 1965  – Dr Kaare Rodahl : « Les corticostéroïdes affectent les protéines contractiles du muscle »

Per-Olof Astrand et Kaare Rodahl, professeurs de physiologie : « Lors d’études très précises de l’équilibre métabolique, au cours desquelles étaient étudiées sur l’homme jeune, en bonne santé, les effets de l’administration quotidienne de 20 à 40 mg de triamcinolone (Kénacort®  – Labo Squibb -) sur la force musculaire, l’équilibre azoté et le poids corporel, on a pu montrer que l’administration de corticoïdes détermine une augmentation de l’équilibre urinaire d’azote, une perte de poids et une diminution de la force musculaire. (Rodahl et coll., 1965). En administrant simultanément des agents anabolisants tels que la méthyltestostérone, il est possible de réduire ces modifications, mais non de les annuler. Ceci montre que chez l’homme, les processus cataboliques que provoque le traitement par les corticostéroïdes affectent les protéines contractiles du muscle. » [Astrand P.O. et Rodahl K. .- Effets des agents anabolisants et antianabolisants in « Manuel de physiologie de l’exercice musculaire » .- Paris, éd. Masson, 1973 .- 606 p (p 88)]

 1967  – Sensation de fatigue et insuffisance surrénalienne : pas de rapport !

Georges Le Moan, professeur de pharmacologie à Paris : « Assimilant abusivement la sensation de fatigue à une insuffisance corticosurrénalienne, certains ont préconisé l’emploi d’hormones sécrétées par cette glande (minéralocorticoïdes, glucocorticoïdes) ou susceptibles d’en augmenter la sécrétion (ACTH). En fait, pour qui connaît la subtilité des interactions hormonales, les insuffisances surrénaliennes qu’elles peuvent créer, les contre-indications de leur emploi, une telle pratique est extrêmement dangereuse. Signalons qu’au cours des traitements prolongés, elles peuvent provoquer des syndromes d’excitations psychiques. Ces hormones sont inscrites au tableau A. Leur emploi chez les sportifs, sauf nécessité thérapeutique, doit donc être rigoureusement interdit. » [Le Moan G. .- Le dopage des intellectuels et des sportifs .- Prod. et Prob. Pharm., 1967, 22, n° 1, janvier, pp 5-15 (p 10)]

 1975  – HALTÉROPHILIE – Le drame de Kaarlo Kangasniemi (Finlande)

Témoignage de Kaarlo Kangasniemi : « Médaillé d’or aux JO de Mexico en 1968, améliorant 17 records mondiaux dans trois catégories différentes de 1968 à 1972, le Finnois est victime en 1975 d’une surdose d’anabolisants et de corticoïdes : « Durant les années qui précédèrent mon titre olympique, je soulevais entre 50 et 70 tonnes par semaine, c’est-à-dire de 2 500 à 3 500 tonnes de fonte par an. C’était fou. Au printemps 1968, souffrant des muscles abdominaux et sur les conseils d’un médecin, j’ai commencé à prendre des anabolisants. Deux cachets par jour, suivis d’une injection intramusculaire. Ce traitement me permit de guérir vite et je me sentais beaucoup plus fort. L’engrenage infernal commençait et, des années durant, j’ai continué à jouer avec mon poids sans personne pour me conseiller puisque j’étais mon propre entraîneur. Ce furent ensuite les blessures à répétition et les opérations. On me traita après à la cortisone et… le drame se produisit à l’automne 1975. D’un côté, les anabolisants m’avaient doté d’une masse musculaire trop concentrée et, de l’autre, la cortisone avait fragilisé l’ossature. En plein effort, à Kajaali, alors que je tentais de soulever une barre à 160 kg, le muscle de l’omoplate gauche a éclaté et la barre m’est retombée d’abord sur la tête puis sur la nuque. J’ai perdu connaissance. Ma vie était foutue. J’étais paraplégique. »

 

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Kaarlo Kangasniemi

 

 Médaille d’or aux Jeux olympiques d’été de 1968 dans la catégorie des 82,5-90kg

 Aujourd’hui, Kangasniemi ne peut que se lamenter sur ses erreurs : « Je donnerais toutes mes médailles pour récupérer la santé. » Il ajoute en guise d’avertissement à l’intention de ses cadets : « On ne se rend pas compte des dangers encourus. Les progrès réalisés sont tellement foudroyants, obtenus Si facilement que la notion de risque n’apparaît jamais ou trop tard. Je le sais bien, moi qui en ai subi – et continue d’en subir – toutes les conséquences. » [L’Equipe, 18.05.1977]

Épilogue : Après trente ans de rééducation, le Finlandais a vaincu la paraplégie puisqu’en 1997 il a fait les championnats du monde vétérans au Canada.

 1978  – CYCLISME – Pierre Chany (FRA) : « Des carrières abrégées par douzaines »

Témoignage du journaliste Pierre Chany : « Au cours de la saison écoulée (1978), plusieurs coureurs ont cessé brutalement leur activité, à l’encontre d’une tradition qui voyait les routiers déclinants prendre leur retraite à la fin de l’année seulement. Parmi eux, Eddy Merckx, le plus grand, le plus titré, le plus admirable, qui ne parvenait plus à suivre des coureurs de troisième zone. Son état de santé est préoccupant. Mais de quel mal souffre-t-il ? Peut-être le dira-t-on un jour, comme vient de nous le dire Bernard Thévenet. Dans le même temps, Freddy Maertens a sombré. Un membre de son entourage affirme que le déclin accéléré de Merckx l’a traumatisé, qu’il a changé aussitôt de méthode, que son psychisme a flanché et que, pardi ! Les résultats s’en ressentent.

Les exemples de carrières abrégées se comptent maintenant par douzaines : le Danois Leif Mortensen, un bel athlète pourtant, contraint de renoncer parce que l’usage de la cortisone l’avait conduit à un état de dégradation extrême ; Alain Santy qui accusait naguère les « soigneurs » de l’avoir anéanti alors que chacun voyait en lui un futur grand champion; et beaucoup d’autres encore, parmi lesquels des malheureux atteints d’impuissance sexuelle, heureusement souvent temporaire. » [Chany P. .- 17 coureurs morts de crise cardiaque .- Paris-Match, 1978, n° 1539, 26 novembre, pp 93 et 102]

 1979 – Pr Philippe Réville (FRA) : « Le muscle en prend un coup »

Communication au colloque ‘’Poids et sport’’ du Pr Philippe Réville, endocrinologue à Strasbourg : « Le catabolisme musculaire est aggravé par :

  • la sédentarité,
  • l’involution sénile,
  • les hormones, en particulier la cortisone.

La cortisolémie influence le catabolisme musculaire et dans la corticothérapie prolongée, il y a déperdition de la masse musculaire. Les biopsies osseuses permettent de façon précise de déterminer les zones de formation osseuse et les zones de résorption. Il y a un rapport assez constant entre la formation et la destruction. Chez les sujets sous thérapeutique cortisonique prolongée, les zones de résorption sont plus importantes que les zones de formation osseuse. La cortisone a donc un effet ostéolytique et catabolique. C’est pourquoi, il est curieux de trouver des articles mentionnant des dopages à la cortisone.

Cette hormone qui stimule l’appétit, a peut-être un effet antifatigue et euphorisant, mais il y a un grand nombre d’arguments contre ce dopage. Dans un récent rapport, l’Académie de Médecine les a résumés. Donner de la cortisone est inutile parce qu’à l’effort on en fabrique beaucoup et plus d’ailleurs qu’à la dose ingérée, que ce dopage à la cortisone est illogique parce qu’il met au repos la sécrétion prolongée de l’ACTH et, qu’enfin, cet effet est dangereux parce que, même s’il est euphorisant, le catabolisme protidique est important et si l’utilisation est prolongée ce catabolisme va diminuer les masses musculaires. » [Réville Ph. .- Hormone et poids – communication au colloque ‘Poids et Sport le 28 janvier 1979’ .- Neuilly-sur-Seine (92), éd. Labo Servier, 1979, 1er vol. .- 67 p (pp 6-30)]

 1979  – BASKETBALL – Rich Nichols (USA) : « La cortisone expose au désastre »

 Texte de Rich Nichols : « Le jeu doit continuer. Les athlètes professionnels reçoivent des centaines de milliers de dollars pour se produire. L’attitude qui prévaut est qu’ils doivent concourir. Ce n’est pas trop que de demander à ces athlètes de jouer en ayant mal. Les antidouleurs sont disponibles, tous sont tranquillement encouragés à les utiliser. De nombreux athlètes professionnels prennent régulièrement des anti-inflammatoires et des anesthésiants locaux. Dans certains cas, les médecins de l’équipe administrent de la cortisone – des mixtures anesthésiantes qui permettent aux athlètes de se produire malgré la présence d’une grave blessure -. La pression pour qu’ils jouent tout en étant blessé est énorme et souvent irrésistible. Même des concurrents à principes, fermement convaincus que s’il faut prendre des médicaments, la compétition n’est plus valable, succombent parfois. Les médicaments vont endormir le mal. Malheureusement, effacer la douleur par des médicaments afin de faciliter la performance athlétique, aggrave la blessure préexistante. Il est surprenant néanmoins que peu d’athlètes professionnels aient poursuivi en justice leurs médecins pour leur avoir négligemment administré le produit fatal. Bill Walton est une exception à signaler. En 1978, Bill Walton, le fabuleux centre des NBA’s Portland Trail Blazers, aux cheveux et à la barbe rousse, qui ne se nourrissait que de produits naturels, mena son équipe au sommet du basket-ball professionnel.

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Bill Walton

Champion NBA en 1977 avec les Trail Blazers de Portland et en 1986 avec les Celtics de Boston. Il est introduit au Hall of Fame en 1993.

Mais sa saison de rêve devait se terminer par une accumulation de blessures désastreuses. Fin février, il se blessa à la cheville gauche. Le médecin de l’équipe, le Dr Bob Cook, annonça que Walton serait de retour dans les 10 jours. Mais, 30 jours plus tard, Walton pouvait à peine marcher. D’autres joueurs indispensables étant blessés Walton devait jouer coûte que coûte les finales. Malgré sa grande douleur, il essaya de courir sur son pied blessé. A contrecœur, il prit des médicaments pour soulager sa douleur. Walton fut convaincu que sans Butazolidine® (AINS) et/ou Décadron® (corticoïde) (l’un et l’autre mélangés à des anesthésiants de la douleur sont extrêmement efficaces pour masquer le mal), il ne serait pas capable de jouer. Malgré les drogues, la douleur persista. Mais les finales approchaient. Walton, tant bien que mal, joua la première partie d’une série contre les Seattle Super Sonics. En dépit d’une douleur infernale dans la cheville gauche, Walton conduisit les Blazers à la victoire. 

Le lendemain, marcher était devenu un véritable chemin de croix, courir était impossible. La seconde partie n’avait lieu que deux jours plus tard. Comment Walton pourrait-il être prêt à jouer. Le docteur Bob Cook informa Walton qu’une piqûre de xylocaïne, mêlée à des doses de Décadron® (corticoïdes) et de Butazolidine®  (AINS) déjà utilisées, calmerait la douleur. Les Blazers gagnèrent la seconde partie, mais ce faisant ils perdirent leur meilleur atout : Walton. Le matin après la partie, Cook fit de nouvelles radios. Cette fois, les résultats furent positifs : Walton souffrait d’une fracture de la cheville gauche.

Walton avait joué beaucoup trop longtemps sur son pied blessé. Il pensait que les antidouleurs et les médicaments type cortisone prescrits par Cook contribueraient à réduire la blessure. L’action en justice fut le seul moyen de réparer la conduite thérapeutique apparemment « négligente » de Cook. Walton poursuivit Cook devant les tribunaux ainsi que 20 médecins anonymes de la Clinique Orthopédique de la ville d’Oregon. Dans un procès intenté le 20 mars 1980, la star de la NBA (National Basketball Association) déclara que bien qu’il se soit plaint continuellement de douleurs et de gêne, Cook avait fait preuve de négligence en ne diagnostiquant pas une fracture et lui a prescrit des doses orales et des injections d’un médicament consistant en de la Butazolidine® (AINS), du Décadron® (corticoïde) et de la xylocaïne et l’a encouragé à s’appuyer sur son pied. De plus, déclara Walton, le 21 avril 1979, après avoir omis de diagnostiquer la fracture, Cook lui a administré deux injections du mélange déjà mentionné afin de le faire jouer. John Bassett, l’avoué de Walton à qui on demandait récemment si les injections de xylocaïne couplées à l’ingestion orale de Décadron®  (corticoïde) et de Butazolidine®  (AINS) avaient empêché Walton de ressentir sa blessure en cours de jeu, répondit : « Personne n’en est absolument certain. Mais d’après l’expert médical, la lésion osseuse a été aggravée par l’utilisation de Décadron® et de xylocaïne, du fait que des tensions ont pu être exercées sur l’os déjà abîmé, à tel point qu’elles ont finit par fracturer complètement l’os.« 

Bassett affirme que même avant la blessure qui le rendra peut-être infirme, la star des Blazers s’était vu prescrire par les médecins de l’équipe des substances agissant sur la douleur, en de nombreuses occasions. A chaque fois, les résultats furent désastreux. « Il termina avec une jambe cassée en 1976 et un scaphoïde tarsien fracturé en 1979, ajoute Bassett, il n’y a aucun doute que les médicaments ont contribué au dommage physique qui mettra peut-être fin à la carrière de Walton« . Il est à remarquer que Walton n’a pas poursuivi les Portland Trail Blazers. Il a poursuivi les médecins de l’équipe, indépendamment responsables. Walton, à l’origine, réclamait cinq millions de dollars pour perte de salaire et frais médicaux. Cinq jours avant le procès, Walton et Cook réglèrent la question en dehors de la Cour. La décision d’utiliser des médicaments n’était malheureusement pas inhabituelle, mais sa réaction était nouvelle. Il s’est défendu. Une cour de justice a été son terrain de bataille. En un sens, son combat n’était pas dirigé contre un médecin mais contre une mentalité qui exige que les athlètes se sacrifient pour le plaisir de la foule. » [Rich Nichols, Runner’s World, 1984, 19, n° 3, p 96]

 1986 –  Fait chuter la testostérone

« Les corticoïdes au long cours réduisent les taux plasmatiques de testostérone de moitié chez les hommes dans leur sixième décade par le biais d’une altération de la libération hypothalamique des releasing hormones des gonadotrophines. » [Ann. of Int Med., 1986, 104, 5, pp 648-651]

 1988 –  Diminution de la force mécanique du tendon

« Lors de traitements prolongés ou d’injections répétées de corticoïdes (dose équivalente à trois injections ou un traitement per os d’une durée supérieure à un mois), on a pu constater une diminution de la force mécanique du tendon et de son poids, ainsi qu’une altération de la fibrogenèse. En corollaire, on a décrit des ruptures tendineuses après l’administration per os de 30 mg de Cortancyl® (corticoïde) pendant 15 jours ou trois semaines. Toutes ces ruptures tendineuses ont porté sur les tendons d’Achille ou rotuliens, et ce alors que les efforts fournis étaient minimes. Il semble pour cette raison justifié de contre-indiquer toute activité sportive lors d’une corticothérapie prolongée. » [Le Quotidien du Médecin, 11.04.1988]

 1989 –  NATATION – Catherine Plewinski  (FRA) : « L’apparence d’un ballon de foot »

« Catherine Plewinski, championne de France du 100 m papillon : normal, penserez-vous. Au retour d’une randonnée de ski de fond d’une vingtaine de kilomètres au mois de mai, le visage de Catherine arbore un coup de soleil géant. Ordonnance : pommade à la cortisone. En appliquant celle-ci, Catherine passe sa main sur le lobe percé d’une de ses oreilles qui suppure depuis quelques temps. Dans les heures qui suivent, la face de la nageuse prend l’aspect d’un ballon de foot : une infection ultrarapide. Hospitalisation de nuit, d’urgence – on la place sous perfusion ! – et le verdict tombe enfin : staphylocoque. Et non, comme on l’avait cru longtemps, un virus contracté aux Antilles, voire la « dingue », autre mal tropical qui a la particularité de développer des ganglions. Quelques jours de traitement approprié et l’affaire est réglée. Mais on a cru un instant à la septicémie et c’est une fille affaiblie, psychologiquement lasse, qui quitte l’hôpital. » [Le Figaro, 21.07.1989]

Le Grand Bêtisier des corticoïdes – L’Equipe nous en raconte une bien belle !

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Afin de démontrer que les corticos injectables administrés dans l’environnement d’un match ne sont pas sans dangers pour le joueur, le quotidien du sport nous raconte une énorme fable !

L’histoire remonte à la finale du Mondial 1998 entre la France et le Brésil. L’attaquant vedette de la Seleçao, Ronaldo, aurait quitté le terrain en plein match pour avoir fait une crise d’épilepsie provoquée par des infiltrations de corticoïdes avant le début de la rencontre.

 

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L’Equipe, samedi 8 octobre 2016

 

 Rappelons les faits. Ronaldo est victime d’une crise épileptiforme avec perte de connaissance sept heurs avant la finale du Mondial au Stade de France, le 12 juillet 1998. Citant des « sources liées à l’encadrement des Auriverde », O Globo – le principal quotidien de Rio – mettait en cause « une réaction à une infiltration de cortisone associée à un anesthésique » (au genou droit). Il Fenomeno  passe une partie de l’après-midi en clinique pour examens médicaux (scanner cérébral…). Jusqu’à dix minutes du coup d’envoi, il ne figure pas sur la feuille de match. Au final, il va jouer toute la partie mais à un niveau inférieur, ne pesant qu’à de très rares occasions sur la défense tricolore. Il ne fait pas de crise d’épilepsie en plein match. Les spectateurs s’en souviendraient et cet évènement aurait provoqué un tsunami médiatique !

Pourquoi tant de faits erronés alors que Gilles Simon, le journaliste de l’Equipe qui a  signé l’article du 16 octobre 2016, était présent au Stade de France le 12 juillet 1998 ?

Deuxième interrogation : pourquoi aucun rectificatif le lendemain ? Trois hypothèses sont possibles :

1 – Les lecteurs du journal n’ayant pas regardé la finale France-Brésil du 12.07.1998 n’ont pas réagi ;

2 – Ces derniers ne lisant pas les pages consacrées aux corticos sont restés silencieux ;

3 – Prévenu du mastic, le rédacteur s’est abstenu de passer un addenda rétablissant la réalité des faits.

Maintenant, pour l’éternité, des journalistes compilateurs vont raconter cette fable. Merci L’Équipe !

 

Infiltrations dans l’environnement immédiat d’une compétition sportive : ce n’est pas de la médecine, c’est du dopage !

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Des témoins à charge

 Y-a-t-il une différence entre prendre des amphétamines afin de stimuler le corps fatigué à aller plus loin et la méthode des infiltrations ? Aucune !

Dans les deux situations, on pousse l’organisme au-delà de ses aptitudes, qu’elles soient physiologiques ou mécaniques, on l’expose à des risques aggravés.

POST-IT – Injections dans l’environnement immédiat d’un match. En 1998, l’International Rugby Board – l’organisme international qui gère le rugby à XV et à VII – (désormais World Rugby depuis 2014), était contre.

IRB – Règlement 13 – Médical :

13.1.4 – Tout joueur incapable de prendre part à un match sans l’administration d’un produit ou des injections pour soulager la douleur ou une maladie sérieuse, doit être considéré inapte à jouer.

Pr François Bonnel (FRA), chirurgien orthopédique au CHU-Hôpital Lapeyronie à Montpellier (Hérault) : « Il a été prouvé expérimentalement que les corticoïdes modifiaient le métabolisme et la structure de la fibre de collagène, entraînant une fragilité accrue aux contraintes mécaniques (…) Il faut proscrire des infiltrations locales de corticoïdes qui accélèrent le processus dégénératif et peuvent entraîner des ruptures. » [Panorama du Médecin, 16.04.1985]

Clément Grenier (FRA), footballeur professionnel depuis 2008 : « En fait, la vraie problématique reste ce staphylocoque (bactérie contractée lors d’une infiltration effectuée il y a un an) qui me gêne encore. Un muscle, un os, on arrive à trouver des solutions pour le guérir : là, non. » [L’Equipe, 06.03.2015]

Laurent Guelezec (FRA), entraîneur national des gymnastes hommes : « Danny Rodriguez souffre d’une fissure du biceps depuis deux ans (il avait été opéré en janvier 2010), on savait que ça pouvait arriver, admet le coach. Soit on réparait l’épaule et il n’allait pas aux Jeux, soit on la soignait avec des infiltrations dont on sait que ce n’est pas bon pour les tendons. C’était un pari que le gymnaste et l’encadrement avaient accepté en conscience. » (épilogue : rupture du tendon du biceps et forfait pour les Jeux olympiques de Londres)  [L’Équipe, 28.06.2012]

 Cyrille Guimard (FRA), cycliste professionnel de 1968 à 1976, puis directeur sportif : « La grande erreur fut, pendant le Tour 1972, de me faire subir des infiltrations au lieu de m’obliger à abandonner car c’est dans les toutes dernières étapes que j’ai courues que se sont créées, au niveau des tendons, des lésions et des traumatismes irréversibles. »  [in « Un vélo dans la tête » (avec Bernard Pascuito). – Paris, éd. Solar, 1980. – 192 p (p 146)]

 

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Cyrille Guimard, cycliste professionnel de 1968 à 1976

 

Dr Jean-Pierre de Mondenard (FRA), médecin du sport depuis 1973 : « De nombreux exemples confirment que la pratique des infiltrations est régulièrement vouée à l’échec. Ainsi, ce hurdler français victime de problèmes aux adducteurs ayant subi ONZE infiltrations par le staff médical tricolore et qui doit stopper en demi-finale olympique en 1988. Il doit attendre plusieurs mois avant de fouler à nouveau les pistes. » [in « Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

Dr Don O’Donoghue (USA), médecin du sport : « Les tendons sont peu irrigués. L’injection de corticoïdes y interrompt la circulation sanguine, et les tissus meurent. Rien d’étonnant à ce que le tendon ne se déchire ensuite au premier effort. » [in « La médecine sportive. Prévention – entraînement – alimentation – soins » de Gabe Mirkin .- Montréal (CAN), les Éditions de l’Homme, 1981 .- 322 p (p 296)]

Pacho Rodriguez (COL), cycliste professionnel de 1984 à 1988 : Lors de la course par étapes le Dauphiné Libéré, le Colombien Pacho Rodriguez est en conflit avec ses genoux. Le journal L’Équipe témoigne : « Col de Rousset – Traversée de Grenoble, la radio de la course lance le message suivant : Le 101 réclame le médecin. Le 101 c’est Pacho Rodriguez, le maillot jaune. Il commence son calvaire. La veille, en descendant de vélo, il a dit à un confrère colombien : « J’ai mal aux genoux ». Dimanche matin, les articulations n’en peuvent plus. En vingt kilomètres, le toubib lui fera quatre infiltrations.  L’homme est à bout. Finalement, juste avant d’attaquer l’horrible côte de la Morte, Rodriguez mettra les pouces. » [L’Équipe, 04.06.1984]

Ronaldo (BRE), footballeur : Commentaire du Dr Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport français depuis 1973 : « Autre ratage célèbre : le 12 juillet 1998, en passant à travers sa finale contre la France, l’attaquant brésilien Ronaldo, apparaît comme une énième victime des infiltrations. Souffrant des genoux depuis le début du mondial, le corps médical de la Selesao, lui faisait régulièrement des infiltrations pour pouvoir jouer malgré son handicap. On a vu le résultat les deux années suivantes. Peu de matches joués et surtout rupture partielle du tendon rotulien droit, une première fois en novembre 1999, et rupture totale quelques mois plus tard en avril 2000, blessure exceptionnelle chez un footballeur. Dans le cas de Ronaldo, ses genoux refusaient de jouer mais son entourage le voulait sur le terrain. Alors, on injecte et peu importe l’avenir immédiat ou à long terme des articulations et des tendons rétifs. » [Dr Jean-Pierre de Mondenard. – Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

 

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Le Brésilien Ronaldo dit Il Fenomeno

 

Guy Roux (FRA), entraîneur de l’AJ Auxerre de 1961 à 2005 : « Ce dernier confirmait en 1990 que la pratique des infiltrations était un leurre : « Philippe Vercruysse, Abedi Pelé, Dragan Stojkovic, ont payé les piqûres qui leur ont été faites pour pouvoir jouer en Coupe d’Europe. Ça ne pardonne pas. » [in « Dopage : l’imposture des performances. – Paris, éd. Chiron, 2000. – 287 p (p 196)]

Jean Wadoux (FRA), spécialiste des 1 500 et 5 000 m (34 sélections internationales entre 1962 et 1971), fut l’un des premiers athlètes à évoquer ce danger lorsqu’il se rendit compte il y a quatre ans (1971) que le mal empirait par la faute de la cortisone : « La cortisone possède des vertus anti-inflammatoires qui ne sont pas ignorées dans le domaine de l’athlétisme où il est arrivé fréquemment que l’on soigne les tendinites par une injection au niveau du tendon malade. Or, un médecin américain, le Dr Robert Kerlan, estime que beaucoup d’accidents sérieux se sont produits par la faute de la cortisone. Celle-ci, en apaisant les douleurs, peut donner à l’athlète la sensation que son tendon est guéri. Plus de mal. Reprise d’activité. C’est là que l’accident très grave peut intervenir parfois. » [L’Equipe, 15.05.1975]

 

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Terminologie

Dans le langage sportif, le terme corticoïde ou « cortico » est synonyme de glucocorticoïdes, lequel regroupe l’ensemble des hormones sécrétées par la zone moyenne dite fasciculée de la corticosurrénale (cortisone, hydrocortisone ou cortisol…), de leurs dérivés et, par extension, de leurs dérivés dits synthétiques car fabriqués par les laboratoires pharmaceutiques (prednisone, bétaméthasone, triamcinolone…). La zone réticulée la plus interne de la corticosurrénale sécrète des stéroïdes sexuels (synonymes de stéroïdes anabolisants), essentiellement et ce, chez l’homme comme chez la femme, une petite quantité d’androgènes dont la nature est différente de celle de la testostérone testiculaire. Si la surrénale sécrète à la fois des glucocorticoïdes et des stéroïdes anabolisants, elle sécrète aussi d’autres hormones : aldostérone (à la périphérie la plus externe de la glande), adrénaline et noradrénaline (par la partie centrale dite médullaire).

UCI – Huit jours de mise à pied obligatoire

Les corticostéroïdes, anti-inflammatoires efficaces, sont prohibés en pratique sportive pour leurs effets euphorisants et stimulants. Ils sont prescrits en médecine sportive pour soigner des problèmes de l’appareil locomoteur (tendinites…) Mais ils sont constamment voués à l’échec si, par exemple, on se fait injecter des corticos pendant une course par étapes et que l’on continue à pédaler. Puisque le geste de plier les genoux à l’infini va entretenir le mal.

Depuis juin 2011, l’Union cycliste internationale (UCI), a déjà réglementé cette situation en imposant un repos de quarante-huit heures après toute injection de ce genre, obligeant dans une course par étapes le coureur ayant subi ce type de traitement à abandonner. Le 11 février 2013, l’instance fédérale a durci sa réglementation en allongeant à huit jours la durée de l’arrêt de course après une injection de corticoïdes à des fins thérapeutiques. Le repos du geste douloureux étant le meilleur anti-inflammatoire, il est contraire à l’éthique médicale de pratiquer de telles injections au décours d’une épreuve cycliste notamment par étapes ainsi que dans les jours précédents une compétition sportive, quelque soit la spécialité et ce même si l’athlète est demandeur.

Pour une fois, l’UCI se préoccupe de la santé de ses licenciés…

Stéroïdes à contresens

 Dans la pharmacopée, il existe deux types de stéroïdes : les corticoïdes ou glucocorticoïdes et les stéroïdes anabolisants. En France, implicitement, le terme stéroïde est synonyme d’anabolisant. Afin de ne pas s’exposer à un contresens, cet amalgame mérite d’être dénoncé. Régulièrement, dans la presse, on constate la confusion entre glucocorticoïdes (cortisol, cortisone, …) et stéroïdes anabolisants (testostérone, nandrolone, stanozolol,…) qui sont tous les deux des stéroïdes. Les premiers sont des anti-inflammatoires puissants qui bloquent un processus général réactionnel de tout ou partie de l’organisme à une agression, qu’elle soit chimique, physique (tendinite), bactérienne (angine) ou virale alors que les stéroïdes anabolisants agissent sur la croissance des tissus d’où le terme anabolisant (ils construisent le corps). Donc, leurs effets sont diamétralement opposés. Ainsi, lorsqu’on parle de stéroïdes sans autre précision, on définit des groupes d’hormones (génitales et corticosurrénales) dont la formule chimique dérive de la famille des stérols qui sont formés à partir du cholestérol.

Dans le dopage, on distingue les glucocorticoïdes qui sont interdits uniquement en compétition et qui peuvent bénéficier d’une justification thérapeutique, les sanctions sont variables. De leur côté, les stéroïdes anabolisants dont le chef de file est la testostérone (hormone mâle) sont prohibés pendant et hors compétition avec des sanctions non modulables. Au final, lorsqu’on écrit stéroïdes sans précision, surtout à propos du dopage, on n’est pas très explicité sur la nature du produit. D’où l’intérêt de singulariser le stéroïde impliqué dans tel ou tel cas de sportif contrôlé positif. C’est comme lors d’un commentaire radiophonique de match de foot opposant l’OM au PSG si le journaliste parle des joueurs sans préciser à quel club ils appartiennent – en dehors des initiés – les auditeurs seront rapidement largués.

Punchline Dr de Mondenard

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N° 48

Y-a-t-il une différence entre prendre des amphétamines afin de stimuler le corps fatigué à aller plus loin et la méthode des infiltrations ? Aucune ! Dans les deux situations, on pousse l’organisme au-delà de ses aptitudes, qu’elles soient physiologiques ou mécaniques, on l’expose ainsi à des risques aggravés.

Infiltrations articulaires et périarticulaires de glucocorticoïdes – Chronologie de la réglementation : les étapes

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uci             sans-titre                   ama

Depuis 2011, en compétition sportive, les injections articulaires et périarticulaires ne nécessitent plus aucun document préalable telle qu’une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques).

En revanche, dans le milieu hippique, la règle antidopage est conforme à l’éthique des soins puisqu’un cheval blessé ou malade reste au pré le temps du traitement et ne peut participer à aucune compétition sous médication, quelle que soit la voie d’administration.

 1984 – Liste CIO – Simple mise en garde pour l’ensemble des voies d’administration

Recommandations pour les Jeux olympiques de Los Angeles : « Ces hormones se trouvent à l’état naturel dans le corps humain, donc à l’état endogène, et peuvent également être administrées par voies médicamenteuses exogènes. Contrairement à ce qui s’est passé avec la testostérone, la différentiation des substances endogènes et des substances exogènes n’a pas encore été possible en laboratoire mais les recherches sont arrivées à un point où il sera possible de la réaliser dans un avenir probablement proche (NDLR : premiers contrôles en 1999, soit 15 ans après cette déclaration de la Commission médicale du CIO !). Ces substances ne sont donc pas reprises dans la liste des substances prohibées par la Commission médicale du Comité international olympique (CM-CIO). Cette liste doit être faite trois ans avant les Jeux olympiques afin de permettre aux laboratoires accrédités de prendre toutes les mesures nécessaires. Cependant, vu les graves dangers de la prise de corticostéroïdes, la CM-CIO met en garde les athlètes contre cette pratique qu’elle condamne de la façon la plus formelle. » [Dr Albert Dirix. – Medical Guide. – Lausanne, éd. Comité international olympique, 1984. – 47 p (pp 13-14)]

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 1987 – Liste CIO / UCI

Tout médecin d’équipe désirant administrer des corticostéroïdes à un concurrent par voie intra-articulaire ou en application locale doit, avant la compétition, en informer par écrit la commission médicale du CIO ou de l’UCI.

 

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Hydrocortancyl injectable 2,5 mg

 

 1991 – Liste MJS (avril) (établie sur la base de l’arrêté du 3 janvier 1991)

Apparition de la mention J (justification thérapeutique). Les infiltrations sont interdites et ne bénéficient pas de la mention J.

 2003 – Liste CIO, UCI, MJS (arrêté du 31.07.2003)

Les infiltrations ne sont pas interdites mais, lorsque le règlement d’une autorité responsable le prévoit, une notification peut s’avérer nécessaire.

 2004 – Liste AMA

Les infiltrations nécessitent une notification médicale justifiant le traitement [Autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT)]

 2005 – Liste AMA

Glucocorticoïdes – Toute autre voie (infiltration intra-articulaire, péritendineuse) nécessite une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques abrégée.

 

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Altim injectable 3,75 mg

 

 2011 – Liste AMA

Les infiltrations périarticulaires et intramusculaires ne sont pas interdites et ne nécessitent aucun document préalable.

S9 Glucocorticoïdes : la section reste inchangée au regard de la Liste 2010 pour ce qui est des voies d’administration des glucocorticoïdes. Une supervision constante quant à l’usage de ces substances continue d’être exercée. Les travaux de développement de niveaux seuils pour détecter et mieux rapporter ces substances sont en cours. Il est anticipé que d’autres modifications seront apportées à cette section dans un proche avenir. Les références à la « déclaration d’usage » et à « l’autorisation d’usage à des fins thérapeutiques » ont été supprimées.

 2011 – Liste UCI Encadrement des infiltrations

L’Union cycliste internationale (UCI) a récemment validé plusieurs mesures originales de lutte contre le dopage, notamment l’encadrement des infiltrations : « Chaque coureur dont l’état de santé nécessite une infiltration de cortisone devra se voir prescrire dans la foulée une période de repos obligatoire de quarante-huit heures. Cette décision n’est pas novatrice, elle se rapproche des règles de bonnes conduites médicales que s’imposent les équipes membres du MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible), lesquelles s’engagent à laisser au repos chaque coureur infiltré durant huit jours. Sur une épreuve comme le Tour, la décision de l’UCI n’est pas neutre puisque chaque coureur ayant subi ce genre de soins devra quitter l’épreuve. » [L’Équipe, 25.06.2011]

 

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Kenacort injectable 40 mg

 

 

 2012 – Liste AMA

Tous les glucocorticoïdes sont interdits lorsqu’ils sont administrés par voie orale, intraveineuse, intramusculaire ou rectale. Les voies intra-articulaire et périarticulaire ne sont pas prohibées et ne nécessite pas d’AUT.

 2013 – Liste UCI Huit jours de mise à pied obligatoire

« Les corticostéroïdes, anti-inflammatoires efficaces, sont prohibés en pratique sportive pour leurs effets euphorisants et stimulants. Ils sont prescrits en médecine sportive pour soigner des problèmes de l’appareil locomoteur (tendinites…) Mais ils sont constamment voués à l’échec si, par exemple, on se fait injecter des corticos pendant une course par étapes et que l’on continue à pédaler. Puisque le geste de plier les genoux à l’infini va entretenir le mal.

Depuis juin 2011, l’Union cycliste internationale (UCI), a déjà réglementé cette situation en imposant un repos de quarante-huit heures après toute injection de ce genre, obligeant dans une course par étapes le coureur ayant subi ce type de traitement à abandonner. Le 11 février 2013, l’instance fédérale a durci sa réglementation en allongeant à huit jours la durée de l’arrêt de course après une injection de corticoïdes à des fins thérapeutiques. Le repos du geste douloureux étant le meilleur anti-inflammatoire, il est contraire à l’éthique médicale de pratiquer de telles injections au décours d’une épreuve cycliste notamment par étapes ainsi que dans les jours précédents une compétition sportive, quelque soit la spécialité et ce même si l’athlète est demandeur.

Pour une fois, l’UCI se préoccupe de la santé de ses licenciés… »

[Dr Jean-Pierre de Mondenard – BLOG : dopagedemondenard.com, 15.12.2015]

 2017 – Liste AMA (libellé inchangé)

Tous les glucocorticoïdes sont interdits lorsqu’ils sont administrés par voie orale, intraveineuse, intramusculaire ou rectale. Les voies intra-articulaire et périarticulaire ne sont pas prohibées et ne nécessite pas d’AUT.

 Légende des différents siglesCIO : Comité international olympique;  UCI : Union cycliste internationale;  MJS :       Ministère de la Jeunesse et des Sports (France);  AMA : Agence mondiale antidopage

 Corticoïdes – Pour info, j’avais déjà traité le sujet concernant le flou et l’ambiguité de la réglementation

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N° 46

Infiltration d’un corticoïde par voies intra-articulaire ou périarticulaire, dans l’environnement immédiat d’une compétition :

  • Une telle injection, associée à l’effort c’est contraire à un acte thérapeutique rationnel
  • C’est en opposition à l’éthique médicale (« Soigner mais ne pas nuire »)
  • C’est faire passer la performance avant le respect du corps. En clair, une partie du corps (muscle, articulation, etc.) ne veut pas jouer au foot, au rugby, courir etc. Et l’athlète concerné et son médecin, lui disent – avec l’injection – « Ferme là et joue (ou court…)»

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 Serment du Conseil de l’Ordre des médecins (2012) :

« Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité (…)

Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux (…) 

Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. » (…)

 N° 47

A méditer par tous les sportifs (et leurs médecins) confrontés à une blessure et partisans de jouer, coûte que coûte, avec le secours d’une thérapeutique médicamenteuse.

C’est le philosophe allemand Arthur Schopenhauer qui a bien appréhendé le comportement humain : « La plus grande sottise de l’homme c’est d’échanger sa santé contre n’importe quel avantage. »

 

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Arthur Schopenhauer (1788-1860)

 

 

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FOOTBALL – La FIFA et l’UEFA nous bassinent depuis des lustres sur l’inefficacité du dopage sur les terrains de foot et que la culture de cette dérive des drogues de la performance est inconnue des joueurs Avec de tels postulats infondés, les instances du ballon rond sont quasi certaines d’obtenir haut la main la médaille d’or de l’hypocrisie et du gros mensonge

fifa   uefa

N° 41

FOOTBALL – Sepp Blatter et Michel Platini ayant reçu un carton rouge pour plusieurs années, on espère sans trop y croire que la lutte antidopage dans le football va être enfin crédible. Sauf que si les responsables des commissions médicales respectives de la FIFA et de l’UEFA restent en place, on est sûr que rien ne va changer.

uefa     fifa-blatter

 N° 42

A tous ceux qui me critiquent depuis des lustres sans le moindre argument étayé par des faits ou des chiffres (établis par des structures indépendantes du monde du sport), mis à part d’affirmer sans avoir débattu une seule fois avec moi, que je suis au choix : aigri, jaloux, envieux, ou que je n’aime pas le sport ( ! ) et les sportifs – notamment les cyclistes professionnels – que le dopage est mon fonds de commerce … A tous ces « sans argument » je dis : continuez, cela me stimule !

 N° 43

Pour tous les adeptes des drogues de la performance qui pensent à tort qu’en me critiquant, ils vont me freiner, je leur conseille de lire la punchline de Paul Bourrillon, de Marmande, champion du monde de vitesse 1893 : « Il vaut mieux avoir beaucoup d’ennemis que trop d’amis. Le nombre de gens hostiles constitue, sans aucun doute, le thermomètre parfait du succès. Plus ils sont nombreux, plus vous avez de valeur. » [La Vie au Grand Air, 01.02.1913]

 

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Paul Bourrillon

 

 N° 44

Sans le recours à des analyses sophistiquées, les dopés sont faciles à reconnaître. Il suffit de lire ou d’écouter leurs arguments :

  • « Où commence le dopage ? (pour jeter le trouble, il n’y a que les tricheurs qui posent cette question éculée !)
  • « Ce n’est pas possible de faire tant d’efforts à l’eau claire »
  • « Je ne réponds pas aux questions sur le dopage »
  • « On ne peut pas se soigner. Les médicaments efficaces contre le rhume sont prohibés »
  • « Les anabolisants ne servent à rien dans mon sport »
  • « L’EPO sous contrôle médical n’es pas dangereuse »
  • « Tous mes contrôles sont négatifs ».

 N° 45

Les adeptes des drogues de la performance en ont marre d’être stigmatisés de longue date et donc contre-attaquent en critiquant à tout va ceux qui révèlent le dopage (les pompiers) et non les tricheurs (les pyromanes). Ainsi, ils affirment pour les décrédibiliser que les tenants de l’éthique sportive « ont pour fonds de commerce de passer dans les médias ou de publier des ouvrages sur le sujet qui fâche ».

Afin d’éclairer leur lanterne vacillante, à tous ces partisans du statu quo on rappellera que dès 1979, le comité des ministres du Conseil d’ l’Europe – conscient du manque à gagner – avait recommandé de « venir en aide » à ceux qui étaient dans le camp de l’antidopage.

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Football – Jamie Vardy, l’attaquant anglais, aime les drogues de la performance : caféine, nicotine, alcool, etc.

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Qu’en pensent la FIFA et l’UEFA, deux instances qui martèlent que la culture du dopage n’existe pas dans le foot et que tous les joueurs de la planète carburent à l’eau minérale ?

 

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Jamie Vardy

 

Contre exemple : Jamie Vardy, qui, dans sa biographie publiée en feuilleton dans Le Sun révèle qu’il s’était longtemps soigné à la vodka-Skittles mais aujourd’hui il boit trois verres de porto (soit 25 cl) chaque veille de match : « Ça m’aide à m’endormir plus facilement » témoigne l’attaquant de Leicester.

 Pour être en forme : caféine + nicotine

Il ajoute que pour être en forme le jour de la rencontre de Premier League ou lors d’une joute internationale, il s’administre trois cannettes de boissons énergisantes (caféine) et un double expresso. L’alcool n’est pas prohibé dans le foot. Depuis 2004, la caféine a été retirée de la liste rouge alors qu’à partir de 1982, elle était proscrite par les instances internationales antidopage.

On peut estimer avec les puristes que le porto n’est pas la mer à boire… Mais Jamie Verdy est un adepte de stimulants tous azimuts puisqu’il consomme aussi bien de la caféine (déjà signalée)  mais aussi à l’occasion du dernier Euro joué en France de la nicotine en sachet. Là, c’est moins cool par rapport à l’éthique sportive. La consommation de ce coup de pouce est mise au jour par le site web@20minutes.ch : « L’attaquant Jamie Vardy a été repéré mardi 14 juin 2016 à la sortie d’un kiosque avec à la main des stimulants qu’on ne classe généralement pas parmi les plus sains : une canette de boisson énergisante sucrée ainsi qu’une boîte de tabac à chiquer (aussi appelé snuff ou snus). Caféine et nicotine, il n’en fallait pas plus pour exciter les médias du pays, à deux jours d’un choc fratricide capital contre le Pays de Galles à Lens. Si les deux substances incriminées ne sont pas sur la liste des produits dopants interdits par l’Agence mondiale antidopage (AMA), elles figurent toutefois parmi les produits faisant l’objet d’une recherche avancée. En compétition, de nombreux sportifs utilisent des poches de tabac à chiquer sous leurs lèvres, au contact de leurs gencives, où on estime qu’elles produisent au mieux leur effet stimulant. »

 

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Une boîte de tabac à chiquer (Snus)

 

 Pour plaire à Coca-Cola

 On le sait depuis que la lutte antidopage officielle a été mise en place au milieu des années 1960 que caféine et nicotine sont des stimulants efficaces sur les aptitudes du corps à l’effort. La caféine, prohibée par le CIO de 1982 à 2004, date à laquelle elle a été retirée de la liste pour ne pas ‘’contrarier’’ Coca-Cola le sponsor principal de l’instance olympique dont les revenus sont basés sur la boisson caféinée.

En revanche, même si la nicotine n’a jamais figuré sur la liste rouge, elle est apparue en 2012 sur le programme de surveillance de l’AMA afin de vérifier sa fréquence dans les urines des sportifs pour, éventuellement, si des abus sont signalés par des structures analytiques, la coucher en toutes lettres sur la liste rouge.

Le comportement de Jamie Vardy, qui chique du tabac dans l’environnement immédiat de l’Euro 2016, nous ramène quasiment un siècle en arrière pour un cas similaire, celui de William Meredith – un international Gallois au CV footballistique étonnant :

 

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William  »Billy » Meredith (1874-1958) – sous les couleurs de Manchester United

 

 Ailier droit de Manchester City (1894-1906) puis de Manchester United (1906-1921) puis retour à Manchester City (1921-1924), il disputa quelques mois avant son 50e anniversaire, le 24 mars 1924, la demi-finale de la Coupe d’Angleterre contre Newcastle faisant ainsi de lui l’un des plus vieux joueurs à avoir participé à la Coupe d’Angleterre.

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 A noter qu’il a été 48 fois international entre 1895 et 1920, soit pendant un quart de siècle. Toujours sur le registre de la longévité en crampons, il a longtemps été le joueur le plus âgé ayant disputé une rencontre internationale (45 ans et 229 jours) quand il a affronté l’Angleterre avec le Pays de Galles, le 15 mars 1920.

 Déjà en 1920, dans un but de performance, on chiquait du tabac sur le terrain

 Devant cette aptitude exceptionnelle à se maintenir au sommet, certains spécialistes du football s’en étonnaient d’autant plus : « Lorsqu’on sait qu’il chiquait  du tabac sur le terrain ». Malheureusement nos experts de la presse du ballon rond ignorent que cette voie d’administration non fumée n’altère pas les performances respiratoires et même booste certaines caractéristiques favorables au ballon rond telles que temps de réaction, capacité visuelle, concentration, mise en action, vigilance… Il faut signaler que depuis quelques années, cette pratique stimulante avec du TNF (tabac non fumé) est revenue à la mode, notamment dans le baseball et le basketball US, dans les pays nordiques (ski, slalom, biathlon). Par contagion, cette pratique s’est répandue en France chez les skieurs de compétitions puis dans les écoles de ski et parmi les adolescents des régions montagneuses. C’est un vrai dopant, difficile à interdire et à sanctionner dans la mesure où il est quasi impossible de faire la distinction entre un sportif dopé au TNF et un fumeur.

 Depuis 2012 sur la liste de surveillance de l’AMA

Depuis le début de l’année 2012, l’Agence mondiale antidopage (AMA) estimant que ce type de dopage n’était pas anecdotique et pouvait avoir des effets délétères pour la santé des ‘’chiqueurs’’, a décidé d’inclure la nicotine dans son programme de surveillance.

Pour en revenir à Jamie Vardy, le monde du foot va le défendre mordicus en nous édulcorant ses penchants (alcool, caféine, nicotine) comme étant des drogues sociales ou récréatives, donc acceptable puisqu’il faut bien sûr que jeunesse se passe, sauf que ces trois adjuvants, il les prend pour mieux jouer au foot !

Différentes études ont bien montré l’influence positive de la caféine et de la nicotine sur les performances gestuelles du joueur. Et en plus, on ne sait pas ce qu’il absorbe ou s‘injecte à l’abri des regards indiscrets. Les tabloïds anglais sont restés à la porte des vestiaires et de son habitation.

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Indépendance : le maître mot de l’antidopage

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Les Fédérations internationales (FIFA, UCI, IAAF, etc.) et le CIO sont des entreprises de spectacles. Elles ne peuvent être à la fois l’organisateur et le garant des règles de l’éthique sportive et médicale. En droit, cela s’appelle un conflit d’intérêt et pourtant cette situation dure depuis cinquante ans  et ne pose aucun problème aux responsables politiques de tous bords.

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Ces instances sportives sont en conflit d’intérêt pour lutter efficacement contre le dopage

1988 – LE SPORT – Stephan Caron (FRA) : un organisme supranational de type UNESCO

« Si la lutte antidopage continue comme ça, on n’arrivera plus à faire la part entre la vraie performance et la vraie fausse performance. Je ne vois qu’une solution au problème : il faut que les sportifs prennent en main leur destin en créant par exemple une fondation dotée de moyens financiers qui serait placée sous l’autorité d’un organisme supranational de type UNESCO pour lui donner une véritable légitimité. Cette fondation permettrait de financer la recherche, d‘assurer la prévention et de mettre en place des moyens juridiques adaptés. C’est à ce prix seulement que le sportif retrouvera toute sa grandeur et qu’il pourra continuer à jouer pleinement son rôle de modèle vis-à-vis des jeunes. » Stephan Caron, 3e du 100 m nage libre des JO 1988 [Le Sport, 13.12.1996]

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Stephan Caron

1998 – L’EQUIPE – Jacques Chirac (FRA) : un organisme indépendant

« C’est très difficile de maîtriser le phénomène du dopage si on n’accepte pas une vraie discipline. C’est difficile aussi pour une fédération de sanctionner. Il faudrait un organisme indépendant, pour juger de tous les cas, scientifiquement, techniquement. Et les sanctions doivent aller au-delà du sportif. Mais, là aussi, il faudra une harmonisation européenne, bien sûr, mais surtout mondiale. » Jacques Chirac, président de la République française de 1997 à 2007 [L’Équipe, 28.01.1998]

 1998 – LIBÉRATION – Daniel Baal (FRA) : les fédérations ne doivent pas s’occuper du  dopage

« Les fédérations ne doivent pas s’occuper de la lutte antidopage. Mais si on veut attendre qu’un organisme indépendant se mettre en place, il faudra patienter des années… » Daniel Baal, président de la FFC de 1993 à 2001 [Libération, 12.10.1998]

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1999 – LE FIGARO – Philippe Lamblin (FRA) : totalement indépendant des fédérations, une sorte d’ONU

« Personnellement, je souhaite que soit mise en place une sorte d’ONU pour la lutte contre le dopage. Une structure totalement indépendante des fédérations. Une structure transversale tous sports confondus, qui éviterait que, pour le même produit, on prenne trois mois en athlétisme, six en football, ces derniers généralement purgés pendant la trêve. Mais en la matière, je suis considéré comme un Don Quichotte. » Philippe Lamblin, président de la Fédération française d’athlétisme de 1997 à 2001 [Le Figaro, 20.08.1999]

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Philippe Lamblin

 2000 – AGENCE FRANCE-PRESSE – Greg LeMond (USA) : le cyclise doit se distancer du  CIO, de l’UCI

« Je suis en faveur d’une coopération entre différents organes indépendants qui pourraient par exemple contrôler toutes les irrégularités, les corruptions ou les pots-de-vin concernant les histories de dopage. Je ne veux pas paraître critique mais le Comité international olympique n’est pas lavé de tout soupçon. Le cyclisme doit se distancer du CIO, de l’UCI pour éviter les conflits d’intérêts. Ainsi pourra-t-on enfin aboutir à un environnement sain. » Greg LeMond, cycliste professionnel de 1981 à 1994 [Agence France-Presse, 16.12.2000]

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Greg LeMond

2016 – ASSOCIATION MONDIALE DES OLYMPIENS (AMO) – Création d’un organisme de  contrôle indépendant des pays, des sports et des organisateurs

« Le plan Joël Bouzou. A la veille de la réunion de Lausanne, l’Association mondiale des olympiens présidée par l’ancien pentathlète tricolore Joël Bouzou (quatre participations aux JO de 1980 à 1992) a lancé hier un appel pour la création ‘’d’un mécanisme permanent permettant aux athlètes propres de concourir, même si leur pays ou leur sport est suspendu’’. Il s’agit là d’un des trois points d’un plan contre le dopage, dont les autres piliers sont un plus grand financement de la lutte antidopage et la création d’un organisme de contrôle indépendant des pays, des sports et des organisateurs. » Joël Bouzou (FRA), président de l’AMO et ancien pentathlète olympique [L’Equipe, 21.06.2016]

2016 – L’ÉQUIPE – Gilles Simon (FRA) : l’exception sportive a vécu

« L’affaire de l’IAAF, comme les accusations de l’ancien directeur du laboratoire de Moscou sur des contrôles russes truqués lors des JO de Sotchi en 2014, rappelle la nécessité de confier l’antidopage à une institution indépendante, structurellement et financièrement, des fédérations. L’exception sportive a sans douté vécu et les idéaux dont on pare le sport ne se sont jamais cognés aussi frontalement à la réalité de nos sociétés. » Gille Simon, responsable de la rubrique cyclisme à l’Equipe et du mensuel Vélo Magazine[L’Equipe, 24.06.2016]

Indépendance tous azimuts : chronologie des punchlines du Dr JPDM

« Les déclarations du prince de Mérode qui affirmait en 1992 que « seuls les imprudents se laissent prendre » confirment l’impuissance du CIO. Pour être efficace les contrôles antidopage devraient être faits par un organisme indépendant. » [in « Le CIO est complice », propos recueillis par Régis Gasquet). – Sport’s Magazine, 1996, n° 25, septembre, p 92]

« Il faut évacuer la lutte antidopage du milieu sportif ou la confier à un pouvoir réellement indépendant comme lors des enquêtes sur le sang contaminé ou les hormones de croissance. » [L’Humanité, 17.07.1998]

« La solution est la création d’une commission internationale indépendante du mouvement sportif et qui comprendrait des chercheurs de très haut niveau qui soient aussi bien payés que les grands sportifs. » [Le Journal du Dimanche, 26.07.1998]

« Il ne faut plus attendre pour mettre les moyens ; dès maintenant, il faut créer des laboratoires performants avec des chercheurs indépendants. Des médecins qui ne sont plus les copains des dirigeants sportifs ou des directeurs d’équipes. Des scientifiques bien payés et qui ne font que ça. » [Pèlerin Magazine, 1998, n° 6035, 31 juillet, p 16]

« La seule façon d’agir efficacement consisterait à sortir la lutte antidopage des griffes du CIO. C’est comme si le patron d’une entreprise était aussi le délégué syndical. » [Info Dimanche, 20.12.1998]

« Le problème réside dans le mélange des genres. Tant que les fédérations et les pouvoirs publics organiseront des contrôles en binôme, les résultats seront sujets à caution. » [Impact Médecin Hebdo, 1999, n° 455, 4 juin, p 41]

« Pour sortir de l’enfer de la tricherie, il faut retirer au monde sportif la responsabilité des contrôles pour la confier à un organisme indépendant comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS). » [Pèlerin Magazine, 25.06.1999, p 32]

« De même qu’un chef d’entreprise ne peut être délégué syndical, les instances sportives ne peuvent pas organiser et veiller sur la morale des épreuves. » [Pèlerin Magazine, 25.06.1999, p 32]

« Il faut retirer les contrôles et les sanctions aux pouvoirs sportifs et au ministère des Sports et les confier à un organisme indépendant. C’est la condition sine qua non pour éviter les dérives. Par ailleurs, cet organisme indépendant doit être aussi contrôlable et intégrer dans son enceinte un laboratoire d’observation et de recherche. » [Impact Médecin Hebdo, 1999, n° 472, 3 décembre, p 51]

« Quant à l’information et l’éducation, elles sont du ressort des fédérations. Si cette mission n’est pas remplie, l’organisme indépendant doit veiller à pénaliser. » [Impact Médecin Hebdo, 1999, n° 472, 3 décembre, p 51]

« Le ministère des sports ne peut être à la fois celui de la performance comme celui de la lutte antidopage. Il ne peut d’un côté vouloir engranger un max de médailles et de l’autre faire la chasse aux tricheurs. C’est ce que l’on appelle un conflit d’intérêt. »

« Depuis des lustres, les fédérations et les organisateurs ont cherché à préserver l’image de leur sport plutôt que d’affronter le dopage. »

« Dans le sport, la triche, le mensonge, l’hypocrisie sont des défauts humains très répandus.

Mais ce qui est particulièrement choquant, c’est l’inefficacité complice des gardiens du temple de l’éthique (instances antidopage, corps arbitral, commissaires de course…) » [blog JPDM, 20.07.2016]

« Les dirigeants sportifs les plus hauts dans la hiérarchie sont les responsables n° 1 du dopage par leurs aptitudes à minimiser le fléau. Depuis 50 ans, afin de glorifier leur action, leur message sous-évalue la réalité. »

 

Commentaires d’un lecteur du blog, assidu et pointu sur le dopage et ses à-côtés

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Guillaume Rocher – Talence (33)

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« Depuis une dizaine d’années, je parcours la toile à la recherche de documents concernant le dopage dans le sport.

D’un naturel perfectionniste et pointilleux, j’ai souvent été déçu car je suis tombé sur des articles souvent incomplets, peu aboutis ou contenant de nombreuses informations erronées.

Des ‘’bavardages’’ superficiels 

Beaucoup de sites prônent l’innovation alors qu’ils ne font que relater des faits sans aucun approfondissement.

Il y a quelques mois, j’ai découvert par hasard un nouveau blog créé fin 2015 : j’ai tout d’abord jeté un coup d’œil furtivement pensant avoir fait le tour sur le sujet.

En m’y penchant de plus près, j’ai été très agréablement surpris.

Détrompez vous, ce blog ne ressemble à aucun autre et il se révèle être une véritable mine d’or. Il contient des articles très fouillés et argumentés : les analyses sont pertinentes, rigoureuses et vous trouverez sur ce site un bon nombre d’anecdotes, de données et d’archives totalement inédites.

L’auteur du blog n’est autre que le docteur de Mondenard, grand expert sur les questions de dopage. Il est incontestablement la grande référence francophone en la matière. Il écrit depuis plus de quarante ans et continue encore à nous faire partager son savoir dans des revues sportives. En outre, la plume du docteur est exquise et teintée d’humour.

Indépendant des différentes institutions 

Dès la page d’accueil, nous rentrons directement dans le vif du sujet par une énonciation claire et sans concession des multiples causes du dopage.Il nous est rappelé à juste titre qu’il faut de solides connaissances en médecine, archives sportives et surtout être indépendant des différentes institutions s’occupant du dopage pour pouvoir prétendre discuter sérieusement sur le sujet.

Le blog s’articule autour de quatre grandes parties:

-« Qui suis-je »: biographie détaillée de l’auteur et un aperçu de son impressionnante bibliographie.

-« Dictionnaire du dopage »: un historique des différentes méthodes employées et des articles percutants sur les substances. En 2004, l’auteur publie d’ailleurs une véritable bible sur le dopage de plus de 1200 pages. Cet ouvrage demeure l’unique dictionnaire au monde écrit tout seul.

-« Actualités »: il s’agit surement de la rubrique principale et qui constitue le cœur du blog: partie très active sur les dernières polémiques. Le docteur passe au peigne fin tous les sports et revisite minutieusement toutes les affaires sans langue de bois.

Des Grands Témoins s’expriment sans limites

 -« Grands témoins » laisse la parole à des médecins, entraineurs, reporters qui ont été au contact d’athlètes lors de grandes compétitions

En outre, pour ne rien louper, je vous conseille vivement  l’onglet « archives des articles » en bas à gauche : vous y trouverez ici de manière chronologique tous les écrits du docteur depuis la création du site. D’autre part, nous pouvons reprocher à certains experts ou organismes de lutte antidopage de ne pas être complètement neutres, mais Jean Pierre de Mondenard  quant à lui  travaille de manière totalement indépendante.

Le sujet du dopage est complexe : difficile à maîtriser sans de fortes notions de médecine, de pharmacologie et de physiologie.

Par ailleurs, il est amusant de souligner que certains journalistes s’autoproclament spécialistes du dopage alors qu’ils n’ont aucun savoir médical/aucune notion en pharmacologie. Par conséquent, il n’est guère étonnant de retrouver de grossières erreurs dans leurs écrits.

Qui de mieux pour disséquer ce fléau qu’un médecin expert en traumatologie du sport, qui a déjà soigné les coureurs du Tour de France (de 1973 a 1975), qui a déjà effectué des contrôles antidopage, et qui pratique lui même assidûment le cyclisme (huit tours du monde à son actif).

Je vous recommande donc vivement d’aller visiter son blog, qui est alimenté très régulièrement. Je vous invite également à  livrer vos impressions dans les commentaires. »