TDF – Le chiffre remarquable : 140

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Dans un texte sur Lucien Aimar, lauréat du Tour 1966, publié L’Equipe le 22 juillet dernier, il est rappelé que dans la descente du Ventoux en 1967, Lulu s’est fait chronométrer à 140 km/h.

C’est plus facile de lâcher les freins sur une route avec zéro circulation. En effet dans la Grande Boucle, sécurisée a priori à 100%, il est impossible de se retrouver nez à nez avec un véhicule débouchant d’un virage en sens inverse.

De même, la position du descendeur  des années 1960 n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Alors que Chris Froome vainqueur le 9 juillet dernier de la 8e étape Pau-Bagnères-de-Luchon en descente (col de Peyresourde) ne dépassait pas, malgré sa position aérodynamique, les 90 km/h.

Peut-on croire à la réalité de cette pointe maximale de 140 km/h réalisée par le Hyérois ?

LUCIEN AIMAR

Lucien Aimar

 

 

Le grand patron de l’équipe Sky s’intéresse de près au Brain Doping ou stimulation électrique cérébrale des sportifs, méthode boostant les performances, déjà connue des athlètes soviétiques depuis le début des années 1970 !

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LA découverte de l’été…

 Dans Libération du 21 juillet, on nous annonce comme si c’était LA découverte de l’été que le brain doping, une nouvelle technique d’amélioration artificielle des performances [NDLA : stimulation électrique cérébrale] devrait bientôt débarquer dans le cyclisme et d’autres sports.

Pour faire le buzz et allécher le lecteur, le sous-titre cite l’équipe du maillot jaune du Tour, Chris Froome, qui serait la première à avoir déclaré publiquement son intérêt pour la « Transcranial Current Stimulation (TCS) du nom scientifique de la méthode. Le team Sky a été le premier à évoquer cette méthode agissant sur le cerveau, pas encore assimilée à un produit dopant. » Dans le texte de Libération qui s’apparente à un communiqué de presse d’une société vendant un régime miracle et infaillible pour perdre plusieurs kilos en quelques jours sans faire d’effort physique et sans avoir faim, on relève les mots classiques de l’enfumage : « le premier à évoquer cette méthode », « une nouvelle technique d’amélioration artificielle des performances », « selon de récentes études », « le premier acteur », etc.

 

CASQUE

Casque moderne de marque Halo, commercialisé à un prix abordable

 

 Présente dans le sport depuis le début des années 1970

En réalité, dès le début des années 1970 – il y a donc 46 ans – les Soviétiques (tiens, tiens comme on les retrouve !) utilisaient cette méthode high tech pour soi-disant augmenter leur endurance de … 30% !

Dans mon premier ouvrage sur la triche biologique « Le dossier noir du dopage » écrit en collaboration avec Bernard Chevalier en 1981 aux éditions Hachette, j’avais abordé ce procédé assimilé au dopage.

LE DOSSIER NOIR DU DOPAGE       PAGE D N

Le Dossier Noir du dopage, éditions Hachette 1981. – 270 p (p 118)

Dans Libération, il est écrit que Dave Brailsford, le grand manitou de la Sky et des « gains marginaux » (mais pas que) a essayé lui-même la technique TCS pendant une partie de fléchettes. Il n’est pas indiqué s’il a amélioré son score mais si c’est le cas, cela peut servir à son équipe de cyclistes dans leur concours de fléchettes hypodermiques, intramusculaires et intraveineuses.

BRAISLFORD

Dave Brailsford, patron de l’équipe Sky, adepte de la stimulation électrique cérébrale    et amateur de fléchettes…

 L’AFLD manque d’informations pour la lister en rouge

Interrogé sur la qualification de procédé prohibé ou non par le quotidien français fondé en 1973, le professeur Xavier Bigard, conseiller scientifique de l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage) tape en touche : « Nous manquons d’informations pour considérer que cette méthode est dopante ». Au lieu de rester les bras croisés, les ‘’experts’’ de l’AMA, de l’AFLD et du CIO doivent se rapprocher de la Russie pour accroître rapidement leur information défaillante.

Rappelons que le Meldonium – un dopant consommé larga manu par la Russie et ses satellites depuis le début des années 2000 – n’a été interdit par l’AMA qu’en janvier 2016. C’est ce que l’on appelle un comportement tardigrade.

POST-IT

Au final, et de toute façon si interdiction il y a, elle sera sans effet sur la diffusion du procédé dans la mesure où la Transcranial Current Stimulation (TCS) est indécelable.

TDF – Greg LeMond – pour rabaisser Lance Armstrong au niveau d’un coureur de rang inférieur – s’appuie sur la physiologie qu’il a apprise dans L’Equipe. Quelle imposture !

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L’entretien de L’Equipe du 18 juillet signé Philippe Brunel était consacré à Greg LeMond redevenu, par la grâce de l’UCI, le seul américain lauréat du Tour.

 

entretien

L’Equipe, 18 juillet 2016

 

 

  •  Le VO2 max : on écrit bien le pour le volume maximal d’oxygène
  • A notre connaissance, Ed Coyle n’a jamais été sanctionné par l’UCI

Une grande partie de l’interview est consacrée au suivi physiologique d’Armstrong par Ed Coyle (directeur du laboratoire de performance humaine de l’université du Texas à Austin).

 

LEMOND

Greg Lemond

 

La Pintade (surnom du triple vainqueur du Tour) s’appuie sur les chiffres du VO2 max d’Armstrong fournis par Ed Coyle pour affirmer qu’avec ce faible niveau, le Texan ne pouvait atteindre 475 à 500 watts en montagne pendant trente minutes même avec de l’EPO ou une transfusion sanguine.

 

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Lance Armstrong lors d’un test d’effort

 

Sauf que les tests effectués par Coyle l’étaient en période de faible activité cycliste [janvier, novembre, août 1997 (époque à laquelle Armstrong était convalescent de son cancer des testicules)]. Il faut savoir que pendant cette période, les chiffres du VO2 max peuvent chuter de 30%.

Donc, toute la démonstration du Kid de Sacramento, physiologiste autoproclamé, tombe à l’eau !

 

gl

Greg Lemond lors d’un test d’effort

 

Un coureur expérimenté comme LeMond devrait savoir qu’à l’intersaison, les chiffres d’un bilan d’aptitude physiologique sont ‘’mauvais’’. Par exemple, en dehors du VO2 max, le pourcentage de graisse double : de 5-6% pendant la saison, il passe à 10-11%, voire plus, l’hiver. Pour être à la fois plus précis et plus clair, je renvoie les lecteurs à un article que j’avais rédigé pour le n° 100 de la revue bimestrielle Sport et Vie de janvier-février 2007.

Ce texte analysait l’ouvrage « LA Officiel » paru en juin 2006. Il est probable que LeMond s’est inspiré des commentaires de Michaël Ashenden, un hématologue orienté vers les manipulations sanguines, qui, visiblement, n’a jamais assuré un suivi de VO2 max tout au long de la saison d’un cycliste de compétition ! ..

POST-IT

Dans cet article, mon but n’est pas de faire passer Lance Armstrong pour un ‘’mec bien’’, respectueux de l’éthique mais de montrer que l’on peut faire dire n’importe quoi avec les chiffres, notamment ceux du VO2 max des champions. Des résultats peuvent être biaisés par le manque de rigueur des hommes de laboratoire pratiquant les tests mais aussi par l’interprétation erronée des chiffres comme c’est le cas ici par Greg LeMond et Michael Ashenden ; celui-ci a pourtant un cursus de physiologiste mais probablement pas celui d’un spécialiste assurant le suivi médical d’un cycliste de compétition tout au long de la saison.

LA OFFICIEL (critique livre)Télécharger le dossier complet

Athlétisme – Depuis les années 1960, les athlètes américains investissent les podiums olympiques et mondiaux grâce à la dope

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Il n’y a pas que les Russes qui carburent aux drogues

de la performance

Punchline Jean-Pierre de Mondenard : « Pour connaître les pays les plus pointus sur la médicalisation de la performance (euphémisme du dopage) il suffit de consulter le classement des médailles par nation aux Jeux olympiques et aux différents mondiaux (athlé, natation, cyclisme, etc.).Amoureux du sport, on aimerait vraiment croire que les médailles sont propres mais l’impéritie des instances sportives internationales et nationales (corruption, racket, truquage, etc.) nous conforte dans notre analyse. »

 Alors que tout le monde se focalise sur un dopage d’état en Russie faisant croire que le reste de la planète sportive est épargnée et, à la demande d’un lecteur du réseau Facebook, nous reproduisons un article écrit en décembre 2004 sur la course aux armements biologiques des athlètes américains dès le début des années 1960. 

Suite aux révélations de Victor Conte, le nutritionniste du sport exerçant en Californie, l’élite du sport américain s’enfonce dans le scandale. Mis à part les naïfs et les incompétents très présents dans toutes les instances sportives, notamment du côté de Lausanne (ville où se trouve le CIO), qui peut croire une seconde que ces pratiques sont nouvelles et que tous les podiums investis depuis près de quarante ans par les athlètes à la bannière étoilée, et ce malgré la prohibition du dopage, l’étaient par des champions carburant uniquement à l’eau de source ?

 

STUPEFIANTES

L’Equipe, 28 juin 1966 –  [en 1966, le Dianabol (un stéroïde anabolisant) ne figure pas encore sur la liste rouge mais il est consommé exclusivement pour booster les performances sportives

Des qualités naturelles et un entraînement novateur seraient les seules explications des exploits des athlètes américains !!!

 Qui peut encore avaler aujourd’hui que les Etats-Unis ont été jusqu’à l’affaire Balco épargnés par le fléau et que leur domination sur la piste ne serait que la résultante de leurs qualités naturelles associées à un entraînement particulièrement novateur ? Dans l’affirmative, cela voudrait dire qu’il existe des surhommes dont le gène est répandu exclusivement aux Etats-Unis. Cette éventualité n’est, bien sûr, pas crédible.

Sans remonter aux premières joutes athlétiques des Jeux de 1896 à Athènes, signalons que le coach américain Tom Eckner révélait au décours des années 1960 « que ces derniers temps, 70% de tous les athlètes US ont consommé plus ou moins régulièrement du Dianabol®, un stéroïde anabolisant préparé par le laboratoire suisse CIBA Il paraît que très rapidement après l’absorption, on constate une augmentation considérable du potentiel musculaire » L’épidémie de Dianabol® est confirmée par le perchiste Ron Morris : « Je ne connais aucun athlète américain de concours qui n’emploie pas le Dianabol®. Tous sont enthousiastes et je connais même des lutteurs et des boxeurs qui l’utilisent. » Des sprinters ayant émis l’avis que la vitesse initiale pouvait être diminuée, Bill Tooney (le futur champion olympique du décathlon 1968) a confirmé que les stéroïdes anabolisants bien au contraire amélioraient la vitesse : « Avec le Dianabol®, je me sens aussi plus rapide ». A l’époque déjà, certains émettaient des doutes sérieux sur l’innocuité de telles substances, notamment au niveau cardiaque et mental.

bill tooney

Bill Tooney (USA), champion olympique du décathlon en 1968 (8193 pts)

 

 « De jour en jour, je me sens de plus en plus fort »

La connaissance d’un risque n’étant pas un argument suffisant pour freiner les chercheurs d’or olympique d’autant plus qu’il faut du temps pour en subir les contraintes négatives, les commentaires de Bill Tooney résumaient bien le comportement des athlètes face à ce type d’inquiétudes : « Je n’ai aucune crainte. Depuis dix-huit mois, j’utilise régulièrement ce produit. Tout ce que je constate c’est que de jour en jour, je me sens de plus en plus fort. » Avec de tels effets, nul doute que le produit attire d’autres compétiteurs. L’un des meilleurs lanceurs de poids français, Alain Drufin, témoigne : « Lorsque je suis parti pour les Etats-Unis en 1965, j’ignorais tout des anabolisants. C’est en arrivant à l’université de Californie du Sud à Los Angeles que j’en ai découvert l’existence. Tous les lanceurs en prenaient, certains à hautes doses. »

A la même époque, la chronique des vestiaires faisait état de la présence de saladiers remplis de pilules multicolores dans lesquels, à l’occasion des entraînements, les athlètes piochaient à pleines mains.

Autre révélation qui démontre qu’outre-Atlantique la culture du dopage est très fortement implantée dans les enceintes sportives, notamment dans la Ligue Nationale de Football (LNF). L’ancien joueur des Cardinals de Saint Louis, Dave Meggyesy, s’est lancé dans un violent réquisitoire afin de démontrer que le football professionnel est une industrie déshumanisante. Dans son ouvrage « Out of Their League » paru en 1971, Meggyesy fera état de fraudes, manipulations de combats, de tactiques d’intimidation, de racisme, de violence extrême et d’utilisation massive de dopants : « Dans la LNF, j’ai vu des joueurs se gaver de stéroïdes anabolisants, d’amphétamines et de barbituriques, à un rythme effarant. La plupart des entraîneurs sont d’ailleurs au courant de cette question et, pour autant que le rendement de jeu augmente, ils encouragent cette pratique. »

Autre dérive : l’implication des dirigeants sportifs. Un an avant les Jeux de 1984 à Los Angeles, le Comité olympique américain (USOC) décida d’éduquer les sportifs à la bannière étoilée à déjouer les contrôles antidopage.

 Un programme éducatif pour contourner les tests de dopage

C’est le journaliste d’investigation, de nationalité anglaise, Andrew Jennings qui dans son livre « Main basse sur les JO », paru en 1992 aux éditions Flammarion, révèle la manœuvre : « L’USOC lança ce que, par euphémisme, on appela un « programme éducatif et non répressif sur les tests de dopage » au laboratoire agréé du CIO installé en Californie pour la préparation des JO. Officiellement, ce dispositif était destiné à familiariser les athlètes avec les procédures de contrôles avant les Jeux. La farce était transparente ; pas besoin de cours pour apprendre à uriner dans un flacon. C’était un don du ciel pour les dopés. Ils se pressèrent pour utiliser le laboratoire et découvrir plus précisément à quelle vitesse leur organisme se débarrassait des traces suspectes de stéroïdes. » Parallèlement, à chaque fois qu’un athlète américain était pris dans la nasse du contrôle antidopage, il était immédiatement blanchi pour vice de forme par sa fédération nationale ou une commission d’enquête made in USA.

 

main basse

Andrew Jennings : « Main basse sur les JO », éditions Flammarion, 1992

 

Des athlètes protégés par la Fédération

Voici la liste non exhaustive des athlètes ayant été soutenus et protégés : Mary Slaney, ex-Decker, championne du monde des 1500 et 3000 m en 1983, Sandra Farmer-Patrick, vice-championne olympique du 400 m haies, Stephen Flenoy, spécialiste du 400 m haies, tous les trois contrôlés positifs à la testostérone (hormone mâle) en juin 1996 lors des sélections pour Atlanta. Randy Barnes, le recordman du monde du lancer de poids,  Harry Butch Reynolds recordman du monde du 400 m, contrôlé positif à la nandrolone en août 1992, le sprinter Denis Mitchell contrôlé positif à la testostérone le 1er avril 1998 et qui avait invoqué, pour expliquer ce test hors norme, avoir fait quatre fois l’amour avec sa femme la nuit précédant le contrôle…

 

denis mitchell

Denis Mitchell (USA), 3e au 100 m des JO d’Atlanta en 1996

 

Pendant les Jeux de Sydney en 2000, un responsable de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a révélé que les États-Unis ont passé sous silence des cas de dopage concernant 10 à 12 athlètes au cours des deux dernières années.

Sur ces cas, Arne Ljungqvist, patron de la Commission médicale de l’IAAF, avait affirmé à la télévision britannique Channel 4 que la Fédération américaine d’athlétisme (USATF) n’avait jamais communiquée à l’IAAF des rapports de cas positifs transmis par le laboratoire d‘Indianapolis. La controverse concernant l’aptitude de l’USATF à camoufler ses problèmes de dopage s’est trouvée confortée lorsque la presse australienne avait découvert que le lanceur de poids américain C.J Hunter, mari de Marion Jones, la double championne olympique du 100 et 200 m, avait subi plusieurs contrôles positifs à la nandrolone, un anabolisant très répandu dans les urines de la gent athlétique.

 Préserver l’anonymat le plus longtemps possible

La fédération américaine n’avait évoqué le nom de Hunter qu’après les révélations de l’IAAF et du Comité international olympique (CIO). Pour sa défense, l’USATF estime que l’anonymat doit être préservé tant que l’enquête sur une affaire n’est pas terminée. Ce à quoi lui répond le vice-président du CIO, le Canadien Dick Pound : « Rien ne permet de s’exonérer de l’obligation de nommer les personnes impliquées. Si vous êtes accusés de meurtre, c’est rendu public. On n’attend pas le verdict pour l’annoncer. » De son côté, l’un des responsables du comité olympique américain, Norm Black, se rebiffe en dénonçant la chasse aux sorcières contre les athlètes de l’Oncle Sam.

 

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Dick Pound, vice-président du CIO de 1987 à 1991 et de 1996 à 2000; président de l’AMA de 1999 à 2007

 

Plus récemment, en avril 2003, le docteur Wade Exum, responsable de la lutte antidopage de l’USOC entre 1991 et 2000, a fourni plus de 30 000 pages de documents aux magazines Sports Illustrated et Orange County Register. Selon lui, ils contiennent des preuves que des athlètes comme Carl Lewis ou la joueuse de tennis Mary Joe Fernandez ont été contrôlés positifs mais autorisés à concourir par l’USOC.

 Carl Lewis contrôlé positif à trois reprises

Exum affirme que Lewis avait été contrôlé à trois reprises à des stimulants interdits par le Comité international olympique (CIO) lors des sélections américaines de 1988. Le Comité olympique américain avait d’abord disqualifié Lewis avant d’accepter son appel sur la base d’un usage par inadvertance. Aux JO de Séoul, Lewis avait ensuite obtenu la médaille d’or du saut en longueur et du 100 mètres après la disqualification de Ben Johnson, vainqueur sur la piste et auteur d’un nouveau record de monde, pour usages de stéroïdes anabolisants.

 

carl lewis

Carl Lewis (USA), 9 médailles d’or aux Jeux olympiques (4 en 1984, 2 en 1988, 2 en 1992, 1 en 1996) 

 

 

L’USOC a affirmé que les accusations d’Exum étaient non fondées. Pour sa défense, cette dernière affirme que depuis le mois d’octobre 2000, les contrôles antidopage sont de la responsabilité de l’Agence américaine antidopage, une nouvelle organisation indépendante.

Ce comportement laxiste, qui n’est pas propre à la fédération américaine d’athlétisme, montre bien que les contrôles et les sanctions pour croître en efficacité se doivent impérativement de ne plus être sous la responsabilité d’un pouvoir sportif. Le changement ne peut venir que d’un organisme réellement indépendant au milieu sportif.

Qui connaît dans nos démocraties occidentales un tribunal où c’est sa propre famille qui juge un prévenu ?

 Dr Jean-Pierre de Mondenard (publié le 17.12.2004)

Hinault se met à jour avec l’histoire du Tour 1986 ! On attend qu’il fasse de même avec le dopage …

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Dans L’Equipe du 19 juillet, on apprend enfin que Bernard Hinault n’a pas favorisé la victoire de Greg LeMond en 1986 mais qu’il l’a combattu pour tenter une 6e victoire sur le Tour.

Le signataire de l’article, Philippe Brunel, révèle que sur lequipe.fr, L’Equipe Explore audio le Breton « confesse qu’il avait effectivement cherché à évaluer LeMond afin de savoir s’il était digne ou pas de gagner le Tour. ‘’Oui, c’est vrai, je ne lui ai pas donné le Tour’’ admet le Breton qui, sur le tard, se met à jour avec l’histoire. »

 

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Greg Lemond dans la roue de Bernard Hinault dans le Tour 1986

 

 Par la même occasion, on aurait aimé que le reporter de L’Equipe soit un peu plus journaliste en aidant Hinault à se mettre à jour sur les drogues de la performance qu’il aurait consommé durant sa carrière.

On espère qu’il ne lui faudra pas autant de temps pour avouer, qu’à Raymond Poulidor qui, alors qu’il a rangé son vélo de compétition depuis fin 1977, a concédé seulement quatre décennies plus tard lors de l’émission de France 2 « Cash Investigation » du 27 juin dernier, qu’il avait pris du Maxiton (une amphétamine, substance prohibée depuis 1966)

poulidor

Raymond Poulidor

Punchlines de Mondenard

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« Dans le sport, la triche, le mensonge, l’hypocrisie sont des défauts humains très répandus. Mais ce qui est particulièrement choquant, c’est l’inefficacité complice des gardiens du temple de l’éthique (instances antidopage, corps arbitral, commissaires de course…) »

« Tant que les analphabètes du corps – les journalistes sportifs – qui n’ont fait aucune étude sur le fonctionnement de l’organisme, commenteront les exploits de l’effort physique, on sera constamment désinformé sur tout ce qui concerne la nutrition, la physiologie, la traumatologie, la biomécanique… des athlètes. »

« Il y a ceux qui respectent les règlements et il y a ceux, les plus nombreux, qui, selon l’expression du milieu, ‘’ont du métier’’, c’est-à-dire qu’ils trichent (bidon motorisé, coupe-vent sur quatre roues, entente entre équipes…) »

« Pour connaître les pays les plus pointus sur la médicalisation de la performance (euphémisme du dopage) il suffit de consulter le classement des médailles par nation aux Jeux olympiques et aux différents mondiaux (athlé, natation, cyclisme, etc.). Amoureux du sport, on aimerait vraiment croire que les médailles sont propres mais l’impéritie des instances sportives internationales et nationales (corruption, racket, truquage, etc.) nous conforte dans notre analyse. »

 

Tour de France – La Sky est pistonnée par l’organisateur

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Avec la bénédiction d’ASO, on est passé des « gains marginaux » aux « gains maximaux »

Depuis 2012, les médias nous parlent en continu de la recherche scientifique du staff de l’équipe Sky pour la traque des « gains marginaux » (plateau ovoïde, boisson énergétique aux corps cétoniques, maillots à la fois anti UVA et anti UVB, surmatelas personnalisé accompagnant les coureurs tout au longe de l’épreuve) mais grâce à l’organisateur ASO, Froome et ses équipiers ne dédaignent pas les « gains maximaux ».

 

gendarme

L’Equipe, 17 juillet 2016

 

L’escorte de  gendarmerie est réservée à Froome et ses boys

C’est le leader de Cannondale, Pierre Rolland, qui s’insurge contre un avantage considérable en terme de récupération spécialement réservé à Froome et ses boys :

Dans une course à étapes telle que la Grande Boucle, le problème n° 1 c’est la récupération. Or, le temps passé dans les embouteillages après une arrivée, notamment en altitude, peut induire des temps de récupération totalement différents entre les pistonnés et les autres.

Récemment, dans Cyclosport magazine, je m’étais insurgé contre cet avantage accordé aux cadors du peloton initié par Lance Armstrong et son hélicoptère privé qui l’attendait aux arrivées en altitude. Ce genre d’avantage est injuste et au final ne fait que favoriser la triche.

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Cyclosport Magazine, 2015, n° 106, juin

 

 

Tour de France – Georges Groussard n’est pas l’unique porteur du maillot jaune culminant à 1,59 m

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georges groussard

Dans L’Equipe du 4 juillet, on nous annonce que la route du Tour lors de la 3e étape Granville-Angers passe à Fougères (km 87,5), commune de Bretagne dans le département de l’Ile-et-Vilaine, où est né Georges Groussard, maillot jaune pendant neuf jours lors du Tour 1964.

Le quotidien sportif à propos du Petit Coq de Fougères (surnom de Georges Groussard) ajoute une précision sujette à contestation : « Le plus petit (1,59 m) maillot jaune du Tour ».

 

PETIT MJ

l’Equipe, 4 juillet 2016

 

Une fois de plus, on constate que les historiens de L’Equipe ont des archives pour le moins incomplètes. En dehors de Georges Groussard, trois autres coureurs ont porté la précieuse tunique alors que leurs tailles ne dépassaient pas 1,59 m. Ainsi le Français Jacques Marinelli, maillot jaune du Tour 1949 de la 4e à la 9e étape, mesurait 1,59 m tout comme Jean Robic (visite médicale du Tour 1959 : 1,58 m), lauréat du Tour 1947 mais porteur de la tunique de leader seulement le dernier jour sur le podium après l’arrivée au Parc des Princes.

 

Marinelli

Jacques Marinelli

 

 

ROBIC EN JAUNE

Jean Robic après sa victoire dans le 34e Tour de France

 

Donc, il n’a pas porté le maillot jaune pendant ce Tour mais lors de la 11e étape de l’édition Tour 1954. On trouve également dans la confrérie des moins de 1,60 : l’Allemand Karl Künde qui portait le paletot doré pendant le Tour 1966 de la 12e à la 15e étape. Il culminait sous la toise à 1,59 m pour 50 kg. Il faut préciser que la taille varie avec l’heure de la visite médicale (début ou fin de journée) et après une activité sportive prolongée (1 à 2 cm de moins).

Kunde en jaune

Tour 1966 : Karl Künde maillot jaune de 1,59 m

Football – L’affaire Mamadou Sakho démontre que les instances ne luttent pas sérieusement contre le dopage

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MAMADOU

Mamadou Sakho

 

En dehors du fait que la substance incriminée, l’higénamine, était bien interdite et connue comme telle avant le 17 mars date du contrôle de l’international français lors du match de Ligue Europa Liverpool-Manchester United, on comprend difficilement la mansuétude de l’UEFA.

Sauf si l’on sait que la règle intangible des Fédérations internationales est de montrer qu’elles luttent avec pugnacité contre le fléau (urine et sang testés, passeport biologique, localisation des joueurs pour contrôle inopiné, horaires nocturnes des tests sur des joueurs ciblés) tout en espérant surtout n’attraper personne pour ne pas écorner l’image de leur sport.

UEFA

Si Sakho avait été contrôlé positif à l’higénamine (un bêtastimulant) dans le championnat de France de Ligue 1, un procès-verbal du labo de Châtenay-Malabry (92) aurait été transmis à la fédé dirigée par Noël Le Graet engageant ainsi une procédure par sa commission antidopage. Si cette dernière avait rendu un jugement de relaxe acceptant les explications « d’ignorance » du joueur, nul doute que l’AFLD (Agence française de lutte antidopage) – le gendarme placé au-dessus des fédérations, responsable de la traque des tricheurs sur le sol français, aurait repris en mains le dossier Sakho avec, au bout de la procédure, une suspension de plusieurs mois pour le défenseur de Liverpool. Dans le cas présent du contrôle de Sakho lors d’un match de Ligue Europa c’est à l’AMA ou à la FIFA d’assumer le rôle de gendarme indépendant reprenant le dossier afin de vérifier que l’UEFA a joué pleinement son rôle de garant de l’éthique. Il est peu probable que ces deux instances aient réellement envie d’entrer en conflit contre la forte confédération européenne.

 

AFLD

Le  »super gendarme » français

 

 Des substances spécifiées au service des tricheurs

Pour bien comprendre la mansuétude anormale de l’UEFA, il faut signaler que depuis 2004, le Code mondial antidopage stipule que la liste des interdictions comprend des substances spécifiées, notamment parmi de nombreux stimulants tels que l’higénamine, susceptibles d’entraîner une violation ‘’non intentionnelle’’ des règlements antidopage, compte tenu de leur présence fréquente dans des compléments alimentaires.

Le Code prévoit que toutes les substances interdites – à l’exception des substances comprises dans les catégories lourdes comme les agents anabolisants (testostérone, stéroïdes) et les hormones (EPO, hormone de croissance), ainsi que les stimulants forts (amphets, cocaïne…) deviennent des-« substances spécifiées» à des fins de sanction. Cela signifie que quand un sportif peut établir comment une substance spécifiée est entrée dans son corps ou est entrée en sa possession, et que cette substance spécifiée n’était pas destinée à améliorer sa performance sportive,-la sanction peut être réduite au minimum à une réprimande sans période de suspension, et au maximum à une suspension de deux ans. Il est important de noter que ces substances spécifiées, telles que définies dans le Code, ne sont pas nécessairement des agents dopants moins importants que les autres substances interdites (par exemple, un stimulant listé comme étant une substance spécifiée pourrait être efficace pour un sportif en compétition).

Pour cette raison, un sportif qui ne satisfait pas aux critères de réduction pourrait se voir imposer une suspension pouvant aller jusqu’à 4 ans en cas de circonstances aggravantes. Cependant, il existe de plus grandes probabilités que les substances spécifiées, par opposition aux autres substances interdites, pussent faire l’objet d’explications crédibles non liées au dopage. Précisons que l’higénamine (un bêtastimulant) améliore les performances de vista du footballeur (accélération instantanée, détente verticale, etc.) et qu’à ce titre fait partie de la liste rouge.

 Les brûleurs de graisse ont bon dos

 Camouflée dans une préparation commercialisée dans la catégorie des brûleurs de graisse, elle (l’higénamine) permet au joueur et à ses avocats d’affirmer ignorer la présence de cette molécule indésirable, de jouer l’ingénu et de faire ainsi croire la main sur le cœur n’avoir jamais voulu tricher. Ces dernières années, de nombreux sportifs, afin d’éviter une longue suspension – voire d’espérer une simple amende – se sont défendus avec l’excuse du brûleur de graisse contaminé.

Cette modulation des sanctions est de la responsabilité de la Fédération internationale de football qui n’a signé le Code mondial antidopage le 21 mai 2004 qu’à la condition impérative qu’il y ait, suivant le type de substances, une graduation des poursuites disciplinaires. Les footballeurs qui ne sont pas tous idiots ont compris qu’on pouvait se doper avec des substances efficaces (certains stimulants dans la section des spécifiés) et qu’ensuite avec l’aide d’un bon avocat, on pouvait jouer les naïfs en expliquant que le produit en cause dans le test positif n’était pas listé sur le code de l’AMA ni précisé en toutes lettres sur la boîte.

Au final, après être passé devant la commission had oc, on en ressort sans la moindre sanction. On peut alors adresser un grand merci à l’UEFA et à la FIFA qui autorisent le dopage sans gros risque de sanction.

 Hexagone – Qu’en pense le capitaine ?

 

le graet

Noël Le Graet

 

 Du côté français, je ne suis pas sûr que Noël Le Graet soit la bonne personne pour faire peur aux dopés du ballon rond. Avec son long passé dans le milieu du foot [président de l’En Avant de Guingamp (1972-1991 et 2002-2011) et président de la Ligue nationale de football depuis 2011], il a quand même osé affirmer sur la radio RTL Sports : « Le dopage, je n’y crois pas en football ».

Rappelons que la responsabilité d’un dirigeant commence avec le refus de savoir.

Ajoutons que c’est la compétition qui génère le dopage et ce d’autant plus qu’elle est médiatisée. Il n’y a aucune raison que les footballeurs soient épargnés par cette dérive ou alors il faut imaginer qu’ils sont recrutés chez les enfants de chœur alors que les autres sportifs (athlètes, cyclistes, haltérophiles, footballeurs américains, hockeyeurs) le sont chez les malfrats.

 

les absents

L’Equipe, 13 juillet 2016 – Noël Le Graet n’a jamais été un grand pourfendeur du dopage

 

Décryptage – Stimulants spécifiés, c’est quoi ?

 Sur la demande de la Fédération internationale de football, le Code mondial antidopage distingue des substances lourdes (dénommées ‘’non spécifiées’’) dont le tarif minimum est de deux ans quel que soit l’excuse du joueur et de son avocat et des substances dites ‘’spécifiées’’ (moins puissantes) qui donnent la possibilité aux sportifs d’invoquer une absorption par ignorance sans l’intention d’améliorer leurs performances.

Avec les stimulants spécifiés, la sanction peut être réduite (au minimum un avertissement et au maximum deux ans pleins).

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Depuis, les sportifs jouent sur cette distinction pour se doper avec un stimulant spécifié et grâce à un bon avocat s’en tirer avec un simple avertissement, voire être blanchi complètement.

Merci la FIFA, l’UEFA et la FFF !

 

Tour de France – Bryan Coquard dit Le Coq prend 3 cm sous la toise et passe de 1,69 m à 1,72 m à 24 ans. Galéjade ou vérité scientifique ?

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COQUARD

Bryan Coquard

 

Dans L’Equipe du 14 juillet, on nous raconte qu’à la suite d’une nouvelle mesure, le chef de file de Direct Energie, Bryan Coquard, dossard 171, dit Le Coq, 2e de la 4e étape pour quelques millimètres, aurait pris trois centimètres de taille – rien que ça ! – alors qu’il a 24 ans et qu’il est rare de grandir à cet âge à moins d’avoir une maladie impliquant des facteurs de croissance.

Néanmoins, il faut savoir que la mesure sous la toise varie avec l’horaire et l’activité physique. 

Variations de la taille suivant l’heure de la mesure et l’activité physique

 La mesure de la taille d’un individu sédentaire classique assis toute la journée à son bureau, dans les transports, à table pour les repas et devant la télévision, varie d’un centimètre entre le matin et le soir. De même, chez un cycliste, après trois heures de selle, la taille diminue de un à deux centimètres. Précisions, afin de rassurer les rase-mottes, que pendant le repos nocturne, on récupère les centimètres ‘’perdus’’. En effet, les disques intervertébraux (intercalés entre les vertèbres du rachis) agissent comme des éponges. Durant le jour, ils subissent une forte pression et le liquide en est ‘’éjecté’’ mais lorsque le sujet est allongé la nuit, ce liquide est réabsorbé et de ce fait la colonne vertébrale s’allonge, ajoutant un à deux centimètres à la taille. De même, lors de la position assise, les muscles postérieurs des cuisses sont écrasés et se raccourcissent un peu.

Au final, pour les petits, s’ils veulent paraître sous la toise à leur avantage, ils doivent effectuer la mesure le matin. En revanche, si la mesure est effectuée après le protocole d’arrivée dans les suites rapprochées après une étape de 237,5 km, légèrement vallonnée comme la 4e entre Saumur et Limoges, menée tambour battant et se terminant par un sprint au millimètre, on peut enregistrer un débours de taille de un à deux centimètres, voire plus, suivant l’humidité de l’air et la déshydratation surajoutée qui s’en suit.