CIO – Lutte antidopage : le message est de plus en plus mou

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Alors que les affaires de dopage se multiplient, notamment en Russie, au Kenya, au Maroc, en Jamaïque, le président du Comité international olympique (CIO) l’Allemand Thomas Bach – ancien champion olympique de fleuret par équipes en 1976 – n’arrête pas de temporiser et de ne pas prendre les décisions fortes qui s’imposent.

BACH

Il est certain qu’aucun président du CIO n’est la bonne personne pour combattre le dopage. On ne peut être à la fois patron de l’entreprise organisant le spectacle et en même temps le gendarme qui, par ses actions antidopage, pénalise la fête.

Cela fait cinquante ans que ce conflit d’intérêt existe, qu’il se renforce à chaque olympiade avec des droit TV exponentiels et que le dopage est toujours en pleine forme !

Merci, président Bach.

Ventoux – Défaillance de Jean Malléjac et arrêt de carrière de Kubler. L’Equipe nous la raconte !

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Le 18 juillet 1955, le Ventoux est au menu des géants de la route. La montée s’effectue par Bédoin, le versant sud, le plus dur surtout lorsque le soleil tape. Dans L’Equipe du 14 juillet 2016, Eric Caritoux avec l’aide de l’ancien Tour de France Raphaël Géminiani – fantastique coureur mais baratineur invétéré – nous raconte le malaise de Jean Malléjac sur les pentes surchauffées du géant de Provence. La question est posée par le journaliste de L’Equipe Philippe Brunel : La réputation du Ventoux comme col meurtrier a longtemps été liée au décès de Simpson en 1967. C’est toujours vrai ?

Eric Caritoux : « Avant lui, Malléjac en plein malaise était reparti à l’envers (en 1955) et c’est là aussi que Kubler (vainqueur du Tour 1950) a fini sa carrière. Géminiani me l’a raconté ! Il était dans sa roue et l’avait averti : ‘’Ferdi fais gaffe, le Ventoux c’est pas un col comme les autres’’ et Kubler avait répondu : ‘’Ferdi aussi, pas comme les autres’’. Mais il s’est effondré. »

Nous préférons comme toujours les commentaires des témoins visuels, en l’occurrence le journaliste Georges Pagnoud correspondant du Télégramme de Brest : « Le 18 juillet, lors de la onzième étape Marseille-Avignon (198 kilomètres), le Français Jean Malléjac (1929-2000), l’équipier tricolore de Louison Bobet (futur vainqueur de cette édition) est victime d’une terrible défaillance sur les pentes surchauffées du mont Ventoux.  

Il fallait lui desserrer les mâchoires 

Le journaliste Georges Pagnoud témoin de la scène, raconte : « Il fallait lui desserrer les mâchoires pour essayer de le faire boire et ce n’est qu’un quart d’heure plus tard, après qu’il eut reçu une piqûre de Solucamphre et respiré un ballon d’oxygène, que Malléjac sortit de son évanouissement. Transporté dans l’ambulance, il n’avait pas cependant recouvré complètement ses esprits. Il se débattait, gesticulait, criait, demandait son vélo, voulait sortir, si bien qu’il fallut l’attacher. »

Évacué vers une clinique d’Avignon, Malléjac fut soupçonné d’avoir pioché dans la boîte à pharmacie, mais il protesta véhémentement contre cette accusation. Une enquête judiciaire a même été ouverte, sans résultat d’ailleurs sauf la mise à l’écart d’un lampiste, le soigneur du grimpeur luxembourgeois Charly Gaul mais aussi de Malléjac. En 1981, soit vingt-cinq ans plus tard, le Breton niait toujours s’être dopé. Devant les caméras de télévision d’Antenne 2 et le micro de Jean-Paul Ollivier, il contestait cette accusation : « Je ne vois absolument pas pour quelle raison je serais allé me doper pour une étape aussi dure que celle du Ventoux. » Donc,  si l’on comprend bien Malléjac « la charge » s’avère tout juste suffisante pour un simple échauffement ! Le Gars de Landerneau aurait dû trouver autre chose pour espérer nous convaincre.

Malléjac 1

Mlléjac 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Mallejac 3

Difficile au vu de ces trois photos de croire que Malléjac est « reparti à l’envers » à vélo ! C’est plutôt en ambulance que le Français a rejoint un bâtiment médicalisé en Avignon.

Ce n’est que deux ans après le Ventoux que l’Aigle d’Adliswil a pris sa retraite

 En ce qui concerne Ferdi Kubler ce n’est bien sûr pas le Ventoux qui a mis un terme à sa carrière puisque le Suisse sera encore coureur professionnel en 1956 et 1957.

ferdi kublerD’ailleurs, un mois après le TDF 1955, il finira 14e au Championnat du monde et le 11 mars 1956 remportera Milan-Turin.

A mon point de vue, je me répète, mais je préfère les faits, c’est-à-dire la réalité qui est toujours plus intéressante que la légende.

Tour de France – Le  »colosse » François Faber, pedestrian occasionnel, alors qu’il est leader du Tour 1909, remporte l’étape Belfort-Lyon… à pied

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FABER PIED

FR court

Chris Froome,  »coureur à pied »

 

Le Luxembourgeois François Faber – qui domine la 7e édition du Tour (1909) de la tête et des épaules, et leader de la course depuis la 2e étape – lors de la 4e est victime d’un incident matériel qui le contraint à finir l’étape en courant pédestrement le vélo à la main.

Cette épopée, je l’ai racontée dans « 36 histoires du Tour de France ». A posteriori, elle a été quelque peu romancée par la presse. Dans ces cas-là, il faut toujours privilégier la version de l’intéressé : « Ça marchait trop bien, soudain, un choc ! C’est ma chaîne qui, bloquée par la boue, s’en va au septième ciel. Et dire que je suis à l’entrée de Lyon. Je songe à Cambronne et à la Vieille Garde. Je pousse un juron aussi énergique que le courageux Georges Devilly (NDLR : six Tours de France entre 1906 et 1913, cinq abandons et lanterne rouge en 1909). Mais moi, je me rends… pédestrement jusqu’au contrôle. Ah ! je ne « rigolais plus », comme dirait Georges Abran ! (NDLR : collaborateur de l’organisation du Tour). J’enviais à ce moment critique les jambes de Jacques Keyser (NDLR : champion de course à pied de l’époque Faber). Enfin, tant bien que mal, je gagnai le contrôle, la sueur de mon corps faisant frissonner mon maillot ! »        [in « Tour de France : 100 ans, tome 1 » .- Paris, éd. L’Équipe, 2002 .- 255 p (p 69)]

36 HISTOIRES DU TDF

 « L’histoire de la chaîne cassée, du soulier perdu, de la bécane portée sur le dos et du footing de 7 km, pour le seul François Faber, vainqueur de la 4e étape Belfort-Lyon avec 10 minutes d’avance, est entrée pour l’éternité dans la légende du Tour »

 En réalité, en passant la ligne, le géant de Colombes tenait son vélo par la main droite, ses chaussures aux pieds.

Lors de la septième édition du Tour, le Luxembourgeois François Faber – un géant de la route au double sens figuré et physique (1,78 m pour 86-91 kg) – domine l’épreuve de la tête et des épaules et de bout en bout. Il va réussir l’exploit, dans des conditions climatiques défavorables, inégalé à ce jour, de remporter cinq étapes successivement.

Le géant de Colombes mène le train  

Lors de la 4e étape Belfort-Lyon, le géant de Colombes, tel est son surnom, pendant 300 km, se laisse accompagner par Constant Ménager, beaucoup plus petit et donc peu efficace pour mener le train et le protéger du vent. Faber va le laisser en plan afin de poursuivre seul son odyssée. Il atteindra l’avance maximale d’une heure et dix minutes. Mais, à l’entrée de Lyon terme de l’étape, sa chaîne se bloque et se casse en raison de la boue accumulée depuis Belfort. Dans un texte publié après le Tour, le Luxembourgeois expliquera qu’il s’est rendu « pédestrement jusqu’au contrôle ». Les historiens de la Grande Boucle vont s’en donner à cœur joie pour bâtir la légende sur ce final hors du commun.

Certains vont nous dire qu’il perdit une chaussure et passa la ligne nu-pieds, d’autres qu’il portait la bécane sur le dos et, enfin, suivant les auteurs dont la plupart n’étaient pas présents, la distance parcourue en course à pied, variait de un à sept kilomètres !

Courant à côté de son vélo

 Bien sûr, nous non plus n’étions pas sur place ou dans une voiture suiveuse le 11 juillet 1909 pour observer cet incident de course.

Mais une photo de Faber pedestrian publiée à l’époque, montre le leader du classement général courant à côté de son vélo, ce qui bien sûr est beaucoup plus facile que de le porter sur le dos, tout en le tenant de la main droite, par la potence.

En raison de la foule massée le long de la chaussée et de la présence de photographes, il est probable que le cliché témoigne du proche passage de la ligne d’arrivée.

Froome en 2016 a eu des prédécesseurs : Faber en 1909, Deloffre en 1913, c’est donc bien du déjà vu

 Jules Deloffre termine pieds nus ( ?) la quinzième et dernière étape Dunkerque-Paris du Tour 1913 

L’acrobate Jules Deloffre, deuxième au général de la catégorie des isolés, casse sa roue quelques mètres avant de pénétrer au Parc. Il apparaît, en dixième position sur la piste en ciment, trottinant, son vélo sur l’épaule et les pieds nus. Les chroniqueurs de l’époque révèlent ne pas savoir où il avait perdu ses chaussures. La photo de son parcours pédestre publiée dans La Vie au Grand Air n’apporte pas la preuve qu’il soit pieds nus.

DELOFFRE                                  EQUIPE

 

Tour de France et course à pied du leader : plus de 10 km pour Christophe, la roue avant à la main, le reste du vélo sur le dos

 E. CHRISTOPHE

 Tour 1913 – Eugène Christophe, en haut du Tourmalet, est virtuel leader de l’épreuve. Quelques centaines de mètres après avoir abordé la descente, il casse sa fourche et se retrouve à pied à traîner son vélo et sa roue avant pour rejoindre la forge de St-Marie-de-Campan, 14 kilomètres plus loin.

Cri-Cri témoigne de son périple devenu un fait mythique de la Grande Boucle : « À quelques kilomètres du sommet du col du Tourmalet, je descendais pour changer de développement et Philippe Thys en profitait pour me distancer. J’atteignis le haut de la montagne avec quelques centaines de mètres de retard sur mon concurrent, mais, au classement général, j’avais environ une demi-heure d’avance sur lui. [NDLA :en réalité 17 min 8 sec.)

 J’étais en tête du classement général

 Donc, à ce moment précis de la course, je me trouvais en tête du classement général et il me restait, dans l’étape, pour améliorer ma situation, les cols d’Aspin et de Peyresourde.

Je pensais à tout cela au commencement de la descente, quand soudain, « adieu veau, vache, cochon, couvée », je sentis ma direction se bloquer. Un rapide coup d’œil sur l’avant de mon cadre me permit immédiatement de constater que ma fourche s’affaissait. (…)

J’étais à 2 000 mètres d’altitude et à 17 kilomètres du premier village, où il me serait possible de trouver un atelier pour réparer ma fourche. Le règlement ne m’autorisait ni à changer de machine, ni à en emprunter une momentanément. Il me fallut parcourir ces 17 kilomètres avec mon vélo sur le dos, en portant ma roue. J’essayai de courir, de prendre au plus court par les sentiers, mais cela ne dura pas longtemps, car je glissais avec mes souliers cyclistes sans talons, et je risquais de descendre plus vite que je ne l’aurais voulu. Au bout d’un certain temps, les camarades lâchés à l’Aubisque me passaient en bolides dans la descente. C’est à ce moment que j’éprouvai le plus de peine. Je ne pus m’empêcher de pleurer comme un enfant en voyant mes efforts annulés et ma première place perdue à tout jamais. J’étais prêt à abandonner. (…)

 J’allais courbé en deux, ma roue avant me servant d’appui

 Alors, toujours à pied, je continuai mon calvaire. Je ne puis dire combien les derniers kilomètres me parurent longs, combien mon vélo me parut lourd. J’allais courbé en deux, ma roue avant me servant d’appui comme une canne. Je venais de courir 255 kilomètres, dont trois cols très durs,  après six étapes de 2 261 kilomètres en onze jours. Imaginez combien le coup me paraissait pénible. J’arrivai enfin chez un charron-forgeron de Sainte-Marie-de-Campan et, n’ayant pas le droit de changer le tube de ma fourche, je me mis en devoir de raccorder les deux morceaux cassés. Pour percer mes trous de goupille avec le matériel pas très moderne dont je disposais, il me fallut faire tourner la machine à percer par le forgeron. Cela me valut 10 minutes de pénalisation de la part des commissaires qui surveillaient mon travail, et ce, sur la réclamation des constructeurs concurrents qui étaient également présents [NDLA : officiellement 3 minutes]. Je n’étais plus a dix minutes près, c’est entendu, mais cela ne m’en parut pas moins mesquin. La question commerciale l’emportait un peu trop sur le côté sportif.

 FORGE

 

 Une fois ma fourche réparée et remontée avec la moitié des billes en moins, je demandai à la patronne de lui acheter un morceau de pain et du beurre. Cette brave femme ne voulut point accepter mon argent. Elle ne se doutait pas qu’elle risquait de me faire encore pénaliser par ces commerçants rapaces qui épiaient tous mes mouvements. » [Eugène Christophe (FRA), in « Mes mémoires » .- Le Miroir des Sports, 1923, n° 143, 29 mars, p 197]

 

 

 

 

 

Actualités Tour de France

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ARRÊT SUR IMAGE

 Chris Froome n’a rien inventé. C’est Charles Nieuport, 3e du championnat de France de vitesse 1898, surnommé La Sole, précurseur de l’aérodynamisme, qui a initié cette position.

cycliste penché

Charles Nieuport

froome 1

                               Chris Froome

BOOSTER SON SOUFFLE : Le Powerbreathe est-il efficace ?

 L’entraîneur de Peter Sagan, l’Espagnol Francisco Patxi Vila, un ancien coureur de Ibanesto et Lampre, nous apprend que le sprinteur de la Tinkoff utilise depuis 2015 un appareil destiné à augmenter l’aptitude inspiratoire :

VILA                                               Francisco Patxi Vila, alors coureur à La Lampre

« Cet appareil entraîne les muscles respiratoires. Suite à la position des coureurs à vélo, le cœur et les poumons compriment le diaphragme et empêchent de bien respirer. Le Powerbreathe, que Sky et Frederik van Lierde, le lauréat de l’Ironman, connaissent bien, permet de résoudre le problème. C’est un petit effort : cinq fois par semaine, deux fois cinq minutes par jour. D’ailleurs, je le fais aussi. »

Je suis dubitatif sur l’efficacité réelle du Powerbreathe chez un cycliste de compétition sur route.

Tenir un guidon crée une chaîne articulaire fermée et optimise le travail des muscles respiratoires intercostaux notamment. Rappelons que les cyclistes ont des capacités pulmonaires très élevées en raison de la position assise, mains fixées au guidon facilitant le travail des muscles de la cage thoracique dans une plus grande amplitude.

POWERAppareils  Powerbreathe

Signalons également que les asthmatiques s’agrippent aux montants des lits (quand il en existe) afin d’augmenter l’efficacité de leurs muscles thoraciques. Que l’appareil améliore les insuffisants respiratoires, intégré dans un programme de rééducation, c’est fort possible.

Pour les cyclistes de compétition, j’y crois beaucoup moins !

La seule pratique du vélo de compétition, notamment dans les parcours bosselés, doit être plus performante que n’importe quel appareil, même avec une charge réglable intervenant sur l’inspiration.

Est-ce que les concepteurs ont déjà fait une étude comparative Powerbrathe versus la course Liège-Bastogne-Liège ?

J’attends le résultat pour me faire un avis crédible.

STAGE EN ALTITUDE – Est-ce le stage ou l’altitude qui donne un plus ?

 Sportmagazine, l’excellente revue belge, dans son hors série sur le Tour 2016 et ses différentes interviews de coureurs, a posé la question des bénéfices des stages en altitude à certains cadors du peloton.

Pour Alberto Contador c’est plus le stage que l’altitude qui bonifie son potentiel : « Avec moi, ça a toujours bien fonctionné mais ce n’est pas tellement l’altitude qui m’intéresse : c’est la concentration, le fait de pouvoir consacrer chaque minute de la journée au vélo et rien qu’à cela. Les entraînements sont bons, je peux me faire masser chaque jour et c’est très calme. Difficile de mener la même vie en restant à la maison. »

Pour Peter sagan, le champion du monde en exercice depuis le 27 septembre 2015, c’est son entraîneur espagnol Francisco Patxi Vila – un ancien coureur pro – qui s’exprime pour lui : « Peter répond aux lois physiologiques normales, de ce point de vue. Elles disent qu’après un stage en altitude, on se sent bien quatre jours puis qu’on marque le coup jusqu’au onzième jour avant de progresser jusqu’au jour 21, pour atteindre son summum durant les jours 35 à 37. J’avais programmé ce pic pour fin mars, début avril, de l’E3 jusqu’à Roubaix. Le Circuit et Kuurne, fin février, n’étaient donc que des entraînements, Peter n’était pas super. Ça allait déjà mieux à la Strade Bianche et à Tirreno à partir de l’E3 il a été en pleine forme. Un timming parfait. »

De son côté, Fabio Aru, le dernier lauréat de la Vuelta, en est un partisan convaincu : « Je crois fermement en notre approche avec ces stages en altitude ».

A contrario, Thibaut Pinot, le leader de la FDJ n’a pas la même attraction que ses confrères envers les stages en altitude : « Pour commencer, l’altitude ne produit que peu d’effets sur mon corps. Je m’en suis aperçu l’an passé, lorsque j’ai remporté une étape du Tour d Suisse à Söldene 2 700 m au-dessus du niveau de la mer. Et puis, si je partais pour trois semaines de stage d’altitude avant le Tour, je ne me sentirais pas frais mentalement au moment du départ. Pour bien me sentir, je dois pouvoir m’entraîner chez moi, dans un environnement familier. A la FDJ, on n’effectue pas trop de stages et cela me convient. Je suis parfaitement capable de bien m’entraîner seul. Dans cette équipe, on écoute les coureurs. C’est aussi une question de confiance, beaucoup d’équipes emmènent leurs coureurs en stage parce qu’ils ne sont pas certains de leur rigueur dans le travail qu’ils pourraient effectuer chez eux. »

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Christopher Froome à l’entraînement sur les pentes du volcan Teide à Tenerife

 

 

Tour de France – Le vent joue les perturbateurs sur le Ventoux

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Ce n’est pas la première fois que le zéphire s’invite de façon tonitruante dans la Grande Boucle au point d’obliger les organisateurs à neutraliser, voire à modifier, une partie du parcours.

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Le mont Ventoux dit aussi mont chauve

C’est Jacques Goddet, l’ancien patron de la course entre 1947 et 1987, qui signale dans ses mémoires, à cause du vent, la neutralisation de la 11e étape Montpellier-Argelès-sur-Mer du Tour 1973 :

vent

Face au vent, dans les roues,  »on se la coule »

 

« Le meilleur règlement du monde est bien incapable de tout prévoir à l’intérieur d’un sport confronté à tant d’impondérables. Je me rap­pelle qu’en 1973, durant l’étape Montpellier-Argelès-sur-Mer, nous dûmes, Félix Lévitan et moi, prendre, avec l’accord du président du jury, une décision imprévisible, totalement anormale: accorder le droit, plus exactement ordonner, à tous les coureurs de rouler collés aux voi­tures suiveuses, disposées à cet effet en file serrée sur le côté de la route où soufflait le vent, formant ainsi un rempart. Une tramontane de cyclone s’était levée ! Il était devenu indispensable de s’abriter contre son souffle dévastateur, si violent qu’il clouait littéralement sur la route nos pourtant vaillants pédaleurs. La course fut ainsi neutralisée. Nous risquions en effet de ne pas pouvoir joindre notre ville-étape, ou tout au moins d’y parvenir à une heure où la fée TV se fût évaporée de la ligne d’arrivée. Le peloton entier se fût-il auto-éliminé ? Ce fut en tout cas le spectacle le plus insolite jamais vu dans mes cinquante-trois Tours! Les spectateurs, réfugiés derrière les platanes pour ne pas être balayés, sem­blèrent en comprendre le pourquoi. » [Jacques Goddet. – L’Équipée belle. – Paris, éd. Robert Laffont-Stock, 1991. – 526 p (p 188)]

Euro – Le Guronsan, l’arme des Bleus contre l’Allemagne de Manuel Neuer, Mesut Ozil et Thomas Muller ?

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La quotidien Sport Bild affirme que les Bleus de Deschamps, pendant la demi-finale de l’Euro 2016 contre la Nationalmannschaft (2-0 le 7 juillet), ont carburé au Guronsan.

GURONSAN

Une boîte de Guronsan contient deux tubes de 15 comprimés chacun

Un reporter du quotidien allemand fonde son accusation sur une photo qu’il a prise dans le vestiaire où ont transité les joueurs français. On y voit un tube de cette substance. Ce médicament antifatigue est connu de la planète sportive depuis 1963. En raison de la présence de caféine (50 mg par comprimé), il a figuré sur la liste rouge de 1982 à 2004. Il en a été retiré non en raison de son inefficacité sur la performance mais parce que le sponsor n° 1 du sport mondial s’appelle… Coca-Cola (la boisson contient de la caféine).

En résumé : la caféine, qui n’est donc plus sur la liste des interdictions de l’AMA depuis 2004, l’est toujours sur une liste de surveillance afin d’en apprécier le mésusage sportif sans pour autant exposer le consommateur à une sanction.

–       Prendre du Guronsan pour jouer au foot s’apparente à une conduite dopante

–       L’amélioration des performances par la caféine a été prouvée par des études scientifiques néo-zélandaises : détente verticale, précision du tir, vitesse de la mise en action.

Rien ne prouve que ce soit Hugo Lloris et ses partenaires qui ont consommé le Guronsan mais en observant le calme de Deschamps et de ses adjoints, il est peu probable que le staff en ait pris.

DESCHAMPS BANC

Didier Deschamps et Guy Stephan sur le banc

Mais la présence du Guronsan dans le vestiaire témoigne forcément qu’il a servi lors de cette demi-finale. On doute que Noël Le Graet, président de la FFF, va diligenter une enquête….

Pour rappel, quand Jean-Pierre Papin jouait à Marseille, il consommait six comprimés avant de pénétrer sur le terrain !

Jean Pierre papin

Jean-Pierre Papin, à l’OM de 1986 à 1992

 

 

 

Tour de France – Les mégaveines des cyclistes

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L’Equipe du 13 juillet publie une photo des membres inférieurs de Samuel Dumoulin après l’arrivée de la 10e étape Escaldes-Engordan/Revel où le capitaine de route de l’équipe AG2R La Mondiale a pris la 5e place. Ce document montre des veines très apparentes sur les cuisses et mollets du sprinteur de poche. Dans L’Equipe, seulement un constat sans aucune explication. Dommage.

JAMBES DUMOULIN

Les jambes de Samuel Dumoulin à l’arrivée de la 10e étape du Tour de France (photo L’Equipe)

Devant une telle image, faut-il parler de varices ou de veines turgescentes dites « athlétiques » ?

 

 Pourquoi les veines superficielles des sportifs entraînés et affûtés gonflent-elles de façon très visible, notamment après l’effort et à l’arrêt ?

 Les phlébologues répondent qu’à l’occasion du travail musculaire se produit une augmentation considérable du débit de la circulation sanguine de la jambe qui peut aller jusqu’à vingt et même quarante fois son volume normal. La thermorégulation est la cause principale de ce chambardement circulatoire. Au cours de l’effort, les trois quarts de l’énergie dépensée sont convertis en chaleur qui, pour éviter une augmentation de la température centrale, doit être évacuée. Cette tâche est dévolue au système circulatoire. On assiste :

  • à un déplacement du sang vers le territoire cutané correspondant aux muscles en activité,
  • à une augmentation du volume sanguin au niveau du plexus veineux cutané,
  • à une majoration importante du stockage du sang au niveau des veines des membres inférieurs,
  • à une accentuation des échanges thermiques entre les tissus profonds et superficiels : le sang veineux profond, satellite de l’artère qui le réchauffe, se refroidit dans la peau au contact de l’air. L’organisme peut, selon les besoins de la thermorégulation, modifier ces échanges entre la circulation profonde et superficielle.

Selon des spécialistes interrogés par Panorama du Médecin, à long terme, les sports d’endurance entraînent une augmentation progressive du volume plasmatique dont une grande partie est stockée dans le compartiment veineux des membres inférieurs. Cette surcharge hydraulique fonctionnelle de la voie du retour veineux vers le cœur se traduit par une turgescence veineuse appelée veine « athlétique » qu’il convient de distinguer des varices. En effet, ces veines turgescentes sont encore valvulées (les valvules fonctionnent normalement sans fuite à contrecourant), n’ont aucun retentissement sur la trophicité cutanée et n’engendrent aucun trouble fonctionnel.

Sur la photo, on voit que le sportif est à l’arrêt. La position debout immobile ne permet plus d’actionner la pompe veineuse plantaire ni la contraction du mollet, soit les deux mécanismes principaux impliqués dans le retour veineux vers le cœur. D’autre part, les veines superficielles se dilatent afin de faciliter l’évacuation de la chaleur.

Au final, on comprend pourquoi il est utile, dans le but d’accélérer la récupération et la protection du système veineux, de porter en post-effort des chaussettes de contention.

 

 

Tour de France – Mark Cavendish « a du métier »

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Le Cav (son surnom), le sprinteur de Dimension Data qui a déjà remporté trois étapes, a été filmé entre Escaldes-Engordaux et Revel par une caméra forcément indiscrète le montrant bien à l’abri du vent derrière une voiture d’assistance Mavic.

 

CAVENDISH VOITURE

Le maillot vert du Tour, Mark Cavendish, protégé par la voiture Mavic

 

Cet épisode ne fait que confirmer « l’étrange facilité » du Britannique à revenir dans les délais lors des étapes de montagne alors qu’il est lâché dès le premier 4e catégorie de l’étape. Récemment, l’un des consultants d’Eurosport lorsqu’il décrivait l’intervention d’un coupe-vent motorisé (l’abri d’une voiture) associait le comportement du chauffeur du véhicule et du coureur bénéficiaire à l’expression « avoir du métier ». Effectivement, aujourd’hui, le langage du peloton systématiquement édulcore la réalité des faits. Ainsi, tricher devient « avoir du métier », se doper perd de sa violence avec « se soigner » un synonyme beaucoup moins agressif. Le Cav n’est pas le seul à « avoir du métier » mais en revanche on peut se poser la question pour savoir si les commissaires en ont… du métier ?

 

cavendish

Après le coupe-vent motorisé (voiture Mavic), le bidon motorisé

UEFA – Sakho innocenté c’est un camouflet de plus pour la lutte antidopage du football

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Déjà que les bilans des contrôles antidopage de l’UEFA – que ce soit en saison régulière ou à l’Euro – surfe autour de zéro positif, lorsqu’elle épingle un joueur l’instance n’a qu’un seul objectif : trouver une excuse ou un vice de forme pour blanchir le fautif.

Le contrôle positif du Français Mamadou Sakho à un brûleur de graisse en est un bon exemple.

Rappelons les faits :  le 17 mars 2016, le vice-capitaine des Bleus est contrôlé positif à un fat burner (brûleur de graisse) à la suite de la rencontre Liverpool (son club) – Manchester United (1-1) en huitième de finale retour de la Ligue Europa. Le 23 avril, la radio RMC révèle que le défenseur français de Liverpool aurait consommé un brûleur de graisse dont il ne connaissait pas la composition « dans un intérêt purement personnel et thérapeutique afin d’éliminer sa masse graisseuse ».

 

MAMADOU

Mamadou Sakho

Privé de sélection pour l’Euro

Le joueur, dans un premier temps, est suspendu provisoirement par Liverpool, d’un commun accord, en attendant « des examens complémentaires ». Dans la foulée, l’UEFA s’empare du dossier et le suspend à titre conservatoire pour 30 jours jusqu’au 28 mai dernier. Premier effet collatéral de cette bourde : Didier Deschamps ne le sélectionnera pas pour l’Euro. Le 8 juillet, deux jours avant la finale perdue par la France (0-1) contre le Portugal, la commission de discipline de l’UEFA blanchit Sakho de son contrôle positif et dans un communiqué justifie ses motivations : « Après audition des avocats du joueur, des experts de laboratoires agréés par l’Agence mondiale antidopage (AMA) la commission de contrôle, d’éthique et de discipline a décidé de classer le dossier. »

De nombreux éléments montrent que l’instance européenne du foot s’assoit sur les faits.

–   Le produit incriminé – l’higénamine, un bêtastimulant brûleur de graisse comme le clenbutérol – est détecté dans les urines de Sakho. Si le laboratoire antidopage britannique (le match ayant eu lieu à Liverpool) transmet un procès-verbal de test positif c’est que le produit obligatoirement fait partie de la liste sinon il ne l’aurait pas mentionné dans son rapport.

 Mise en garde sur l’higénamine, faux ami

 –       Le 12 février, donc un mois avant le test non-négatif du défenseur des Reds, l’Organisation nationale antidopage de Wallonie (ONAD) mettait en garde les consommateurs :

–      « Higénamine : attention, faux ami

L’higénamine (ou norcoclaurine), composante de compléments alimentaires, fait partie de la liste des substances interdites. Prudence. Non, un produit d’origine naturelle n’est pas forcément sans dangers. C’est le cas de l’higénamine ou norcoclaurine, un composant chimique naturel, extrait de plantes et utilisé dans la composition de compléments alimentaires. Ce composant est un bêta 2 agoniste et peut être dangereux pour votre santé. C’est pourquoi il fait partie de la liste des substances et méthodes interdites. En consommer est donc un fait de dopage. Nous vous rappelons de rester vigilant lors de l’achat et de la consommation de tout complément alimentaire. » Commentaire de l’ONAD du 12.02.2016

Donc l’higénamine est bien un produit prohibé connu comme tel par des instances antidopage et ce avant le match Liverpool-Manchester United.

–       Par ailleurs, même si la substance n’est pas listée nominativement, il n’y a aucun doute sur son classement parmi les dopants. En effet, à propos des stimulants, il est précisé dans la nomenclature établie par l’AMA depuis 2004 que sont interdites une bonne soixantaine de molécules mais aussi « d’autres substances possédant une structure chimique similaire ou un (des) effet(s) biologique(s) similaire(s). »

C’est le cas de l’higénamine, un bêtastimulant ayant des propriétés voisines de celles de l’éphédrine.

Pour les mêmes faits que Sakho, Diego Maradona a pris 15 mois ferme 

Pour mémoire, rappelons qu’aujourd’hui Diego Maradona devant cette mansuétude de l’UEFA envers Mamadou Sakho, doit l’avoir mauvaise, lui qui, en juin 1994, lors de la Coupe du monde aux Etats-Unis, a été exclu de l’épreuve pour un contrôle positif à un brûleur de graisse contenant de l’éphédrine. Il avait pris 15 mois ferme et 15400 euros d’amende.

MARADONA

Diego Maradona

Devant une telle mascarade de justice antidopage de l’UEFA, on attend que l’AMA et la FIFA fassent appel de cette non-sanction. Les deux instances ont le pouvoir de faire redresser le jugement. Peu probable qu’elles le fassent !

Au final, on a la confirmation une fois de plus que les affaires de dopage ne peuvent être traitées sereinement, sans conflit d’intérêt, par les instances sportives.

A quand une lutte efficace forcément assurée par une structure véritablement indépendante ?

Question subsidiaire : pourquoi des brûleurs de graisse ?

Pour quelle raison des sportifs de haut niveau qui s’entraînent au moins deux fois par jour sont-ils amenés à consommer de tels produits, surtout qu’à la fin des matchs, lorsqu’ils enlèvent leur maillot pour montrer leur musculature, on s’aperçoit qu’ils sont hyper affûtés avec un faible pourcentage de graisse ? On comprend mieux lorsqu’on sait que ces compléments alimentaires contenant de l’higénamine (le produit incriminé chez Sakho) ont des effets stimulants améliorant à la fois le temps de réaction, la vitesse de démarrage, la vista, la lecture du jeu et même la détente verticale. En clair, toutes les prises d’informations le sont en accéléré.